Le Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec


N� 6. - SUR LES RELATIONS DES PREMIERS CHRETIENS AVEC LES ESPRITS.

 

Dans la langue philosophique grecque, le mot d�mon (da�mon) �tait synonyme de g�nie ou d'esprit. Tel le d�mon de Socrate. On distinguait entre les bons et les m�chants d�mons ; Platon donne m�me � Dieu le nom de tout-puissant d�mon. Le christianisme a adopt� ces termes en partie, mais il en a chang� le sens[1] . Aux bons d�mons il a donn� le nom d'anges, et les mauvais sont devenus les d�mons, sans adjectif. Le mot esprit (pneuma) est rest� l'expression usit�e pour d�signer une intelligence priv�e de corps charnel.
Ce mot pneuma, S. J�r�me l'a traduit par spiritus, reconnaissant avec les Evang�listes qu'il y a de bons et de mauvais esprits. L'id�e de diviniser l'Esprit n'est venue qu'au deuxi�me si�cle. C'est seulement apr�s la Vulgate que le mot sanctus fut constamment accol� au mot spiritus, cette combinaison ne r�ussissant, la plupart du temps, qu'� rendre le sens plus obscur et parfois m�me inintelligible. Les traducteurs fran�ais des livres canoniques ont encore surench�ri sur ce point et contribu� � d�naturer le sens primitif. En voici un exemple parmi beaucoup d'autres : on lit dans Luc (ch. XI, texte grec) :
10. � Celui qui demande, obtient ; celui qui cherche trouve ; il sera ouvert � celui qui frappe. � - 13. � Si donc vous, bien que vous soyez mauvais, savez donner de bonnes choses � vos enfants, � combien plus forte raison votre P�re enverra-t-il du ciel un bon esprit � ceux qui le lui demanderont.
Les traductions fran�aises portent le Saint-Esprit. C'est un contresens. Dans la Vulgate, traduction du grec en latin, il est dit Spiritum bonum, mot � mot Esprit bon ; la Vulgate ne parle nullement de l'Esprit saint. Le texte grec primitif est encore plus pr�cis, et il n'en saurait �tre autrement ; puis l'Esprit saint, comme troisi�me personne de la Trinit�, n'a �t� imagin� qu'� la fin du deuxi�me si�cle.
Il faut remarquer toutefois que, dans certains cas, la Bible parle de l'Esprit saint, mais toujours dans le sens d'esprit familier, d'esprit attach� � une personne. Ainsi, dans l'Ancien Testament (Daniel, XIII, 45)[2] , il est dit : � Le Seigneur suscita l'Esprit saint d'un jeune homme nomm� Daniel. �
Au sujet du commerce des premiers chr�tiens avec les esprits, les passages suivants des Ecritures m�ritent encore de retenir notre attention :
Actes, XXI, 4 :
Et ils dirent � Paul, sous l'influence de l'esprit, qu'il ne mont�t pas � J�rusalem. �
Certaines traductions fran�aises portent Saint-Esprit.
I. Cor., XIV, 30, 31. Il s'agit de l'ordre � �tablir dans les r�unions des fid�les :
Que si l'un de ceux qui sont assis (dans le temple) a une r�v�lation, que le premier se taise. Car vous pouvez tous proph�tiser l'un apr�s l'autre, afin que tous apprennent et que tous soient exhort�s. �
Il r�sulte de cette instruction que proph�tiser n'�tait autre chose que transmettre un enseignement ; c'est encore le r�le du m�dium parlant ou � incorporations.
Actes, XXIII, 6-9. Paul, s'adressant � une assembl�e, disait :
C'est � cause de l'esp�rance d'une autre vie et de la r�surrection des morts que l'on veut me condamner...
Il s'�leva un grand bruit, et quelques-uns des Pharisiens contestaient, en disant :
Nous ne trouvons point de mal en cet homme. Que savons-nous si un esprit ou un ange ne lui a point parl� ?
Actes, XVI, 16, 17, 18. Paul avait �t� averti en songe de passer en Mac�doine avec Timoth�e :
Ils rencontr�rent une jeune servante qui, ayant un esprit de Python, apportait un grand gain � ses ma�tres en devinant. Elle se mit � les suivre pendant plusieurs jours, en criant : Ces hommes sont des serviteurs du Tr�s-Haut, qui vous annoncent la voie du salut. �
L'expression � esprit de Python � d�signe, dans le langage du temps, un mauvais esprit. Elle �tait employ�e par les Juifs orthodoxes, qui admettaient seulement le proph�tisme officiel, reconnu, garanti par l'autorit� sacerdotale, lorsque ses enseignements �taient conformes aux siens ; par contre, ils condamnaient le proph�tisme populaire, pratiqu� surtout par des femmes qui en tiraient parti, comme le font encore de nos jours certains m�diums r�tribu�s. Mais cette qualification d' � esprit de Python � �tait souvent arbitraire. Nous en trouvons la preuve dans ce fait que la voyante ou � pythonisse � d'Endor, qui servit d'interm�diaire � Sa�l pour communiquer avec l'Esprit de Samuel, poss�dait, elle aussi, suivant l'expression biblique, un � esprit de Python �. Il n'est pas possible cependant de confondre l'Esprit du proph�te Samuel avec des esprits d'ordre inf�rieur. La sc�ne d�crite par la Bible est d'une imposante grandeur ; elle pr�sente tous les caract�res d'une manifestation �lev�e[3] .
Dans le cas de la jeune servante, cit� plus haut au sujet de Paul, si l'on admet que les mauvais esprits pouvaient pr�cher l'Evangile � la suite des ap�tres, il devenait difficile de distinguer la source des inspirations.
C'est � quoi on s'appliquait en toutes circonstances dans les assembl�es des fid�les. Nous en trouvons l'affirmation dans un document c�l�bre, dont nous donnons ici l'analyse :
La Didach�, petit trait� d�couvert en 1873 dans la biblioth�que du patriarcat de J�rusalem, � Constantinople, compos� probablement en Egypte entre les ann�es 120 et 160, r�pand un jour nouveau sur l'organisation de l'Eglise chr�tienne au commencement du deuxi�me si�cle, sur son culte et sa foi ; il comprend plusieurs parties : la premi�re, essentiellement morale, embrasse six chapitres destin�s � l'instruction des cat�chum�nes. Ce qui frappe surtout dans ce cat�chisme, c'est l'absence compl�te de tout �l�ment dogmatique. La deuxi�me partie traite du culte, c'est-�-dire du bapt�me, de la pri�re et de la communion ; la troisi�me renferme une liturgie et une discipline. Elle recommande l'observation du dimanche ; elle fournit des r�gles pour discerner les vrais proph�tes (lisez m�diums) des faux ; elle indique les conditions requises pour �tre �v�que ou diacre, et se termine par un chapitre sur les choses finales et la Parousie ou retour du Christ.
Cet ouvrage pr�sente un tableau de l'Eglise primitive bien diff�rent de celui qu'on s'imagine habituellement[4] . Les chr�tiens d'alors connaissaient parfaitement les pratiques n�cessaires pour entrer en relation avec les esprits, et ils ne se faisaient pas faute d'y recourir. En voici deux exemples tout � fait remarquables :
Le pape saint L�on avait �crit � Flavien, �v�que de Constantinople, une lettre c�l�bre sur l'h�r�sie d'Eutych�s et de Nestorius, mais, avant de l'exp�dier, il la d�posa dans le tombeau de saint Pierre, qu'il avait fait ouvrir, et aupr�s duquel il se mit � prier et � je�ner pendant quatre jours, conjurant le prince des ap�tres de corriger lui-m�me ce qui pourrait avoir �chapp� � sa faiblesse et � sa prudence, de contraire � la foi et aux int�r�ts de son Eglise. Au bout de quatre jours, le prince des ap�tres lui apparut et lui dit : � J'ai lu et j'ai corrig�. � Le pape fait ouvrir le tombeau et trouve en effet l'�crit corrig�[5] .
Mais voici mieux encore. Suivant Gr�goire de C�sar�e[6] et apr�s lui Nic�phore[7] , un concile tout entier aurait �voqu� les Esprits :
� Pendant que le concile tenait encore ses s�ances, et avant que les P�res aient pu en signer les d�cisions, deux pieux �v�ques, Chrysanthus et Mysonius, vinrent � mourir. Le concile, apr�s avoir rendu sa sentence, regrettant vivement de n'avoir pu joindre leur vote � tous les autres, se porte en corps � leur tombeau et l'un des P�res prenant la parole : � Tr�s saints pasteurs, dit-il, nous avons tous ensemble achev� notre carri�re et combattu les combats du Seigneur ; si notre oeuvre lui est agr�able, veuillez nous le faire savoir en y apposant votre signature. � Aussit�t la d�cision fut cachet�e et d�pos�e dans le tombeau, sur lequel on apposa le sceau du concile. Apr�s avoir pass� toute la nuit en pri�re, le lendemain, au point du jour, on brise les m�mes sceaux, et l'on trouve au bas du manuscrit les lignes suivantes rev�tues des paraphes et des signatures des d�funts consult�s : � Nous, Chrysanthus et Mysonius, qui avons consenti, avec tous les P�res, au premier et saint Concile Oecum�nique, quoique � pr�sent d�pouill�s de nos corps, nous avons pourtant souscrit, de notre propre main, � leur d�cision. � L'Eglise, ajoute Nic�phore, consid�ra cette manifestation comme un triomphe remarquable et positif sur ses ennemis[8] . �
Ce sont l� deux faits d'�criture directe, ph�nom�ne constat� aussi de nos jours[9] .
De m�me que les Pharisiens accusaient certains proph�tes d'�tre anim�s de � l'esprit de Python �, de m�me, parmi les pr�tres catholiques de nos jours, il en est qui attribuent les manifestations spirites aux d�mons ou esprits infernaux : � Ce sont les d�mons �, dit l'archev�que de Toulouse, dans son mandement du car�me, 1875, � puisqu'il n'est pas permis de consulter les morts ; Dieu leur refuse la facult� de satisfaire � nos vaines curiosit�s. �
Il ne refusa cependant pas � Samuel, dans le cas rappel� plus haut, de satisfaire � la curiosit� de Sa�l � Endor.
Mais tous les pr�tres catholiques ne partagent pas cette opinion. Au sein du clerg�, des esprits p�n�trants ont compris l'importance des manifestations spirites et leur v�ritable caract�re.
Le P�re Lacordaire �crivait, le 20 juin 1853, � Mme Svetchine, � propos des tables tournantes :
Peut-�tre aussi, par cette divulgation, Dieu veut-il proportionner le d�veloppement des forces spirituelles au d�veloppement des forces mat�rielles, afin que l'homme n'oublie pas, en pr�sence des merveilles de la m�canique, qu'il y a deux mondes inclus l'un dans l'autre, le monde des corps et le monde des esprits.
Le P�re P. Le Brun, de l'Oratoire, dans son ouvrage intitul� : Histoire des pratiques superstitieuses, t. VI, p. 358, s'exprime ainsi :
� Les �mes qui jouissent de la b�atitude �ternelle, toutes ab�m�es dans la contemplation de la gloire de Dieu, ne laissent pas de s'int�resser encore � ce qui regarde les hommes dont elles ont �prouv� les mis�res ; et, comme elles sont parvenues au bonheur des anges, tous les �crivains sacr�s leur attribuent le privil�ge de pouvoir, sous des corps a�riens, se rendre visibles � leurs fr�res qui sont encore sur la terre, pour les consoler et leur apprendre les volont�s divines. �
L'�minent pr�lat anglais Mgr Benson, fils de feu l'archev�que de Cantorbery, converti � la religion catholique, et qui fait partie du dioc�se de Westminster, � Londres, expose dans le Daily Express[10] , sa mani�re de voir sur le spiritisme. � Je suis convaincu, dit-il, que certaines manifestations psychiques nous permettent des relations avec l'�me des morts...
� Toute la race humaine sent la pr�sence r�elle des �mes autour d'elle depuis des si�cles. On a enregistr� des manifestations des Esprits et parl� de maisons hant�es. Le ph�nom�ne a un fond absolu de v�rit�... Pour ma part, j'imagine que le monde des Esprits s'agite autour de nous, exer�ant sa puissance, mais que certains de ces esprits, dans des cas dont les conditions exactes nous �chappent, apparaissent v�ritablement. �
Dans ses Lettres � Mlle Th. V.[11] , le P. Didon �crit ces paroles, au sujet d'une personne qui vient de mourir : � ... moi qui crois � l'action constante des esprits et des morts sur nous, je crois volontiers que cet �tre disparu vous garde et vous assiste invisiblement. �
Et plus loin, nous lisons :
� Je crois � l'influence divine que les morts et les saints exercent myst�rieusement sur nous. Je vis en communion profonde avec ces invisibles et j'exp�rimente avec d�lices les bienfaits de leur secret voisinage. �
Le docteur Joseph Lapponi, m�decin de deux papes : L�on XIII et Pie X, relate dans son ouvrage : l'Hypnotisme et le Spiritisme, de nombreux ph�nom�nes spirites, dont il admet l'authenticit�.
Ainsi, d'un c�t�, dans l'Eglise catholique, on condamne le spiritisme comme contraire aux lois de Dieu et de l'Eglise, et, de l'autre, on le consid�re comme un auxiliaire de la religion. En pr�sence de telles contradictions, grande doit �tre la perplexit� des croyants.
Il en est de m�me au sein des Eglises protestantes. Beaucoup de pasteurs, et non des moins �minents, viennent au spiritisme sans d�tours. Le pasteur B�nezech, de Montauban, nous �crivait en f�vrier 1905, au sujet de ph�nom�nes observ�s par lui-m�me :
� Je pressens que le spiritisme pourrait bien devenir une religion positive, non pas � la mani�re des religions r�v�l�es, mais en qualit� de religion �tablie sur des faits d'exp�rience et pleinement d'accord avec le rationalisme et la science. Chose �trange ! � notre �poque de mat�rialisme, o� les Eglises semblent sur le point de se d�sorganiser et de se dissoudre, la pens�e religieuse nous revient par des savants, accompagn�e du merveilleux des temps anciens. Mais ce merveilleux que je distingue du miracle, puisqu'il n'est qu'un naturel sup�rieur et rare, ne sera plus au service d'une Eglise particuli�rement honor�e des faveurs de la divinit� ; il sera la propri�t� de l'humanit�, sans distinction de cultes. Comme cela est plus grand et plus moral ! �
A Londres, le r�v�rend Haweis pr�chait nagu�re la � doctrine des Morts � dans l'�glise de Marylebone, et invitait ses auditeurs � passer dans la sacristie apr�s ses sermons, pour examiner des photographies d'esprits.
Plus r�cemment encore, dans l'�glise Saint-Jacques, le m�me orateur pr�chait sur � les tendances du spiritualisme moderne �, et concluait en disant que � les faits spirites sont en parfaite concordance avec le m�canisme g�n�ral et les th�ories de la religion chr�tienne �. (Traduit de la revue Light, de Londres, 7 ao�t 1897.)
Un certain nombre de pasteurs am�ricains sont entr�s dans cet ordre d'id�es.
Les Neue Spiritualistische Bl�tter du 16 mars 1893 publient la traduction d'un article de M. Savage, pasteur de l'Eglise unitaire de Boston, dans lequel ce penseur, cet �crivain de m�rite bien connu aux Etats-Unis, relate ses recherches dans le domaine psychique, et raconte de quelle fa�on il fut amen� � ajouter foi aux faits spirites.
Nous reproduisons ici une partie de cet article :
� A l'�gard de ces questions, j'�tais, comme jadis les honn�tes gens de J�rusalem, de Corinthe et de Rome � l'�gard du christianisme : il me semblait que c'�tait une superstition pestilentielle. Une fois, me fondant sur mon ignorance invincible, je fis contre ces id�es un discours en quatre points, apr�s lequel je m'�tonnai fort qu'il y e�t encore parmi mes connaissances des gens �clair�s persistant tout de m�me � y croire... Je reconnus qu'il �tait de mon devoir d'�tudier consciencieusement ces ph�nom�nes, jusqu'� ce que je me sois fait une opinion intelligente sur leur valeur. Tels furent principalement les motifs qui me port�rent vers ces longues recherches.
� Dans ces recherches, j'ai suivi la m�thode scientifique, la seule qui, selon moi, m�ne � la connaissance. Par une observation minutieuse, j'ai toujours cherch� � me convaincre si j'avais affaire � un fait r�el, et je n'ai accord� mon attention � aucune des manifestations qui se produisent dans les t�n�bres, ou dans des conditions o� je ne pouvais pas �tre s�r de mon affaire. Sans pr�tendre que les manifestations obtenues dans des conditions pareilles soient n�cessairement dues � la fraude, je ne leur attribuai aucune valeur ; de plus, quoique je reconnusse fort bien qu'une chose reproduite dans d'autres conditions n'est pas une simple imitation, j'appris � fond l'art des escamoteurs, qui me devint assez familier. La majeure partie des manifestations qu'il me fallut reconna�tre pour r�elles et qui eurent pour effet de me convaincre, eurent lieu en pr�sence de quelques amis s�rs et sans m�dium de profession.
� Une fois certain d'avoir affaire � un fait, j'appelai � mon aide toutes les th�ories possibles pour l'expliquer sans avoir recours � celle des esprits. Je ne dis pas : sans avoir recours � une explication surnaturelle, mais sans avoir recours � la th�orie des esprits, car je ne crois � rien de surnaturel. S'il y a des esprits, notre incapacit� � les voir ne les rend pas plus surnaturels que ne l'est, pour la science, l'atome que nous ne voyons pas davantage.
� Or, j'ai d�couvert des faits qui prouvent que le moi ne meurt pas et qu'apr�s ce que nous appelons la mort, il est capable, dans de certaines conditions, d'entrer encore en communication avec nous. �
� Le r�v�rend J. Page Hopps, dans une r�union de pasteurs � Manchester, affirmait � la communion des esprits dans le visible et l'invisible �, et proposait la fondation d'une Eglise dont les voies seraient � les messages d'en haut. � (Aurore, juillet 1893.)
Dans un article du Pontefract Express, du 29 janvier 1898, le r�v�rend C. Ware, ministre de l'Eglise m�thodiste, parle longuement des Actes des Ap�tres. Il engage les chr�tiens � � faire une �tude approfondie de ce livre, au point de vue des faits innombrables et merveilleux qu'il relate et qui ne sont autres que des ph�nom�nes spirites. Il fait remarquer qu'au d�but de l'�tablissement du christianisme, deux classes de coop�rateurs se trouvent constamment en contact : ce sont les esprits d�sincarn�s et les incarn�s. Le r�v�rend Ware mentionne tous les ph�nom�nes extraordinaires qui accompagn�rent la pr�dication des disciples, apr�s que les langues de feu eurent �t� r�pandues sur leurs t�tes, et l'ardente ferveur communiqu�e aux premiers chr�tiens par ces ph�nom�nes, qui tous se reproduisent actuellement dans les s�ances spirites �.
Le pasteur hollandais Beversluis, au Congr�s spiritualiste tenu � Paris en 1900, pronon�ait ces paroles :
� J'ai acquis la certitude que le spiritisme est vrai... Cette lumi�re c�leste fait dispara�tre la peur de l'enfer, de Satan et de ce Dieu terrible du calvinisme qui hait ses cr�atures et les condamne � une punition �ternelle. Au lieu de cette frayeur, le spiritisme fait na�tre une confiance d'enfant et un d�vouement tendre au Dieu d'amour. �
Enfin, dans une lettre publi�e le 1� f�vrier 1906 par le Daily Mail, le v�n�rable archidiacre Colley s'exprime en ces termes :
� Je suis spirite depuis plus de trente-trois ans..., et je puis dire que... je n'ai jamais vu, ou bien rarement, que le spiritisme ait produit autre chose que du bien, se montrant une force pour l'�l�vation intellectuelle et morale de soi-m�me, pour l'am�lioration humaine, un soulagement dans le malheur, une cause de satisfaction dans l'existence... Le spiritisme est en outre une cure pour le manque de foi, surtout parce qu'il fournit une preuve scientifique de la continuation de la vie au-del� de la tombe. �
Et il continue en disant qu'� son avis, le spiritisme est comme le couronnement de tout ce qu'il y a de plus pr�cieux dans chaque religion[12] .

[1] Voir, � ce sujet, S. JUSTIN, Apolog�tique, I, 18, passage cit� plus loin dans la note 8.

[2] Dans certaines Bibles, ce chapitre figure � part sous le titre d'Histoire de Suzanne.

[3] Voir I, Sam., XXVIII, 6 et suiv.

[4] Traduction fran�aise par Paul Sabatier, docteur en th�ologie. Paris, Fischbacher, 1885.

[5] Sophronius, chap. CXLVII.

[6] Dans Lipoman, t. VI. Discours sur le Synode de Nic�e.

[7] Livre VIII, chap. XXIII.

[8] Voir Revue scientifique et morale du Spiritisme, f�vrier 1900.

[9] Voir LEON DENIS, Dans l'Invisible : Spiritisme et M�diumnit�, chap. XVIII.

[10] Reproduit par le Matin du 15 avril 1912.

[11] 4 octobre 1875, 4 ao�t 1876.

[12] Voir Annales des Sciences psychiques, f�vrier 1906, p. 120.

 

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