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Origine de la doctrine des peines �ternelles. - Arguments � l'appui des peines �ternelles. - Impossibilit� mat�rielle des peines �ternelles. - La doctrine des peines �ternelles a fait son temps. - Ez�chiel contre l'�ternit� des peines et le p�ch� originel.
1. - La croyance � l'�ternit� des peines perd chaque jour tellement de terrain que, sans �tre proph�te, chacun peut en pr�voir la fin prochaine. Elle a �t� combattue par des arguments si puissants et si p�remptoires, qu'il semble presque superflu de s'en occuper d�sormais, et qu'il suffit de la laisser s'�teindre. Cependant on ne peut se dissimuler que, toute caduque qu'elle est, elle est encore le point de ralliement des adversaires des id�es nouvelles, celui qu'ils d�fendent avec le plus d'acharnement, parce que c'est un des c�t�s les plus vuln�rables et qu'ils pr�voient les cons�quences de sa chute. A ce point de vue, cette question m�rite un examen s�rieux.
2. - La doctrine des peines �ternelles, comme celle de l'enfer mat�riel, a eu sa raison d'�tre, alors que cette crainte pouvait �tre un frein pour les hommes peu avanc�s intellectuellement et moralement. De m�me qu'ils n'eussent �t� que peu ou point impressionn�s par l'id�e de peines morales, ils ne l'auraient pas �t� davantage par celle de peines temporaires ; ils n'eussent m�me pas compris la justice des peines gradu�es et proportionn�es, parce qu'ils n'�taient pas aptes � saisir les nuances souvent d�licates du bien et du mal, ni la valeur relative des circonstances att�nuantes ou aggravantes.
3. - Plus les hommes sont rapproch�s de l'�tat primitif, plus ils sont mat�riels ; le sens moral est celui qui se d�veloppe en eux le plus tardivement. Par cette raison m�me, ils ne peuvent se faire qu'une id�e tr�s imparfaite de Dieu et de ses attributs, et une non moins vague de la vie future. Ils assimilent Dieu � leur propre nature ; c'est pour eux un souverain absolu, d'autant plus redoutable qu'il est invisible, comme un monarque despote qui, cach� dans son palais, ne se montre jamais � ses sujets. Il n'est puissant que par la force mat�rielle, car ils ne comprennent pas la puissance morale ; ils ne le voient qu'arm� de la foudre, ou au milieu des �clairs et des temp�tes, semant sur son passage la ruine et la d�solation, � l'exemple des guerriers invincibles. Un Dieu de mansu�tude et de mis�ricorde ne serait pas un Dieu, mais un �tre faible qui ne saurait se faire ob�ir. La vengeance implacable, les ch�timents terribles, �ternels, n'avaient rien de contraire � l'id�e qu'ils se faisaient de Dieu, rien qui r�pugn�t � leur raison. Implacables eux-m�mes dans leurs ressentiments, cruels envers leurs ennemis, sans piti� pour les vaincus, Dieu, qui leur �tait sup�rieur, devait �tre encore plus terrible.
Pour de tels hommes, il fallait des croyances religieuses assimil�es � leur nature encore fruste. Une religion toute spirituelle, tout d'amour et de charit�, ne pouvait s'allier avec la brutalit� des moeurs et des passions. Ne bl�mons donc pas Mo�se de sa l�gislation draconienne, qui suffisait � peine pour contenir son peuple indocile, ni d'avoir fait de Dieu un Dieu vengeur. Il le fallait � cette �poque ; la douce doctrine de J�sus n'e�t point trouv� d'�cho et aurait �t� impuissante.
4. - A mesure que l'Esprit s'est d�velopp�, le voile mat�riel s'est peu � peu dissip�, et les hommes ont �t� plus aptes � comprendre les choses spirituelles ; mais cela n'est arriv� que graduellement. Quand J�sus est venu, il a pu annoncer un Dieu cl�ment, parler de son royaume qui n'est pas de ce monde, et dire aux hommes : �Aimez-vous les uns les autres, faites du bien � ceux qui vous ha�ssent� ; tandis que les Anciens disaient : �Oeil pour oeil, dent pour dent.�
Or, quels �taient les hommes qui vivaient du temps de J�sus ? Etaient-ce des �mes nouvellement cr��es et incarn�es ? Si cela �tait, Dieu aurait donc cr�� au temps de J�sus des �mes plus avanc�es qu'au temps de Mo�se. Mais, alors, que seraient devenues ces derni�res ? Auraient-elles langui pendant l'�ternit� dans l'abrutissement ? Le simple bon sens repousse cette supposition. Non ; c'�taient les m�mes �mes qui, apr�s avoir v�cu sous l'empire de la loi mosa�que, avaient, durant plusieurs existences, acquis un d�veloppement suffisant pour comprendre une doctrine plus �lev�e, et qui aujourd'hui sont assez avanc�es pour recevoir un enseignement encore plus complet.
5. - Cependant, le Christ n'a pu r�v�ler � ses contemporains tous les myst�res de l'avenir ; lui-m�me dit : �J'aurais encore beaucoup de choses � vous dire, mais vous ne les comprendriez pas ; c'est pourquoi je vous parle en paraboles.� Sur tout ce qui regarde la morale, c'est-�-dire les devoirs d'homme � homme, il a �t� tr�s explicite, parce que, touchant � la corde sensible de la vie mat�rielle, il savait �tre compris ; sur les autres points, il se borne � semer, sous forme all�gorique, les germes de ce qui devra �tre d�velopp� plus tard.
La doctrine des peines et des r�compenses futures appartient � ce dernier ordre d'id�es. A l'�gard des peines surtout, il ne pouvait rompre tout � coup avec les id�es re�ues. Il venait tracer aux hommes de nouveaux devoirs : la charit� et l'amour du prochain rempla�ant l'esprit de haine et de vengeance, l'abn�gation substitu�e � l'�go�sme :* c'�tait d�j� beaucoup ; il ne pouvait rationnellement affaiblir la crainte du ch�timent r�serv� aux pr�varicateurs, sans affaiblir en m�me temps l'id�e du devoir. Il promettait le royaume des cieux aux bons ; ce royaume �tait donc interdit aux mauvais ; o� iraient-ils ? Il fallait une contre-partie de nature � impressionner des intelligences encore trop mat�rielles pour s'identifier avec la vie spirituelle ; car on ne doit pas perdre de vue que J�sus s'adressait au peuple, � la partie la moins �clair�e de la soci�t�, pour laquelle il fallait des images en quelque sorte palpables, et non des id�es subtiles. C'est pourquoi il n'entre point � cet �gard dans des d�tails superflus : il lui suffisait d'opposer une punition � la r�compense ; il n'en fallait pas davantage � cette �poque.
6. - Si J�sus a menac� les coupables du feu �ternel, il les a aussi menac�s d'�tre jet�s dans la G�henne ; or, qu'�tait-ce que la G�henne ? Un lieu aux environs de J�rusalem, une voirie o� l'on jetait les immondices de la ville. Faudrait-il donc aussi prendre ceci � la lettre ? C'�tait une de ces figures �nergiques � l'aide desquelles il impressionnait les masses. Il en est de m�me du feu �ternel. Si telle n'e�t pas �t� sa pens�e, il serait en contradiction avec lui-m�me en exaltant la cl�mence et la mis�ricorde de Dieu, car la cl�mence et l'inexorabilit� sont des contraires qui s'annulent. Ce serait donc se m�prendre �trangement sur le sens des paroles de J�sus, que d'y voir la sanction du dogme des peines �ternelles, alors que tout son enseignement proclame la mansu�tude du Cr�ateur.
Dans l'Oraison dominicale, il nous apprend � dire : �Seigneur, pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons � ceux qui nous ont offens�s.� Si le coupable n'avait aucun pardon � esp�rer, il serait inutile de le demander. Mais ce pardon est-il sans condition ? Est-ce une gr�ce, une remise pure et simple de la peine encourue ? Non ; la mesure de ce pardon est subordonn�e � la mani�re dont nous aurons pardonn� ; c'est-�-dire que si nous ne pardonnons pas, nous ne serons pas pardonn�s. Dieu, faisant de l'oubli des offenses une condition absolue, ne pouvait pas exiger que l'homme faible f�t ce que lui, tout-puissant, ne ferait pas. L'Oraison dominicale est une protestation journali�re contre l'�ternelle vengeance de Dieu.
7. - Pour des hommes qui n'avaient qu'une notion confuse de la spiritualit� de l'�me, l'id�e du feu mat�riel n'avait rien de choquant, d'autant moins, qu'elle �tait dans la croyance vulgaire puis�e dans celle de l'enfer des Pa�ens, presque universellement r�pandue. L'�ternit� de la peine n'avait non plus rien qui r�pugn�t � des gens soumis depuis des si�cles � la l�gislation du terrible J�hovah. Dans la pens�e de J�sus, le feu �ternel ne pouvait donc �tre qu'une figure ; peu lui importait que cette figure f�t prise � la lettre, si elle devait servir de frein ; il savait bien que le temps et le progr�s devaient se charger d'en faire comprendre le sens all�gorique, alors surtout que, selon sa pr�diction, l'Esprit de V�rit� viendrait �clairer les hommes sur toutes choses.
Le caract�re essentiel des peines irr�vocables, c'est l'inefficacit� du repentir ; or, jamais J�sus n'a dit que le repentir ne trouverait point gr�ce devant Dieu. En toute occasion, au contraire, il montre Dieu cl�ment, mis�ricordieux, pr�t � recevoir l'enfant prodigue rentr� sous le toit paternel. Il ne le montre inflexible que pour le p�cheur endurci ; mais, s'il tient le ch�timent d'une main, dans l'autre il tient toujours le pardon pr�t � s'�tendre sur le coupable d�s que celui-ci revient sinc�rement � lui. Ce n'est certes pas l� le tableau d'un Dieu sans piti�. Aussi est-il � remarquer que J�sus n'a prononc� contre personne, m�me contre les plus grands coupables, de condamnation irr�missible.
8. - Toutes les religions primitives, d'accord avec le caract�re des peuples, ont eu des dieux guerriers qui combattaient � la t�te des arm�es. Le J�hovah des H�breux leur fournissait mille moyens d'exterminer leurs ennemis ; il les r�compensait par la victoire ou les punissait par la d�faite. D'apr�s l'id�e qu'on se faisait de Dieu, on croyait l'honorer ou l'apaiser avec le sang des animaux ou des hommes : de l� les sacrifices sanglants qui ont jou� un si grand r�le dans toutes les religions anciennes. Les Juifs avaient aboli les sacrifices humains ; les Chr�tiens, malgr� les enseignements du Christ, ont longtemps cru honorer le Cr�ateur en livrant par milliers aux flammes et aux tortures ceux qu'ils appelaient h�r�tiques ; c'�taient sous une autre forme, de v�ritables sacrifices humains, puisqu'ils le faisaient pour la plus grande gloire de Dieu, et avec accompagnement de c�r�monies religieuses. Aujourd'hui m�me, ils invoquent encore le Dieu des arm�es avant le combat et le glorifient apr�s la victoire, et cela souvent pour les causes les plus injustes et les plus anti-chr�tiennes.
9. - Combien l'homme est lent � se d�faire de ses pr�jug�s, de ses habitudes, de ses id�es premi�res ! Quarante si�cles nous s�parent de Mo�se, et notre g�n�ration chr�tienne voit encore des traces des anciens usages barbares consacr�s, ou du moins approuv�s par la religion actuelle ! Il a fallu la puissance de l'opinion des non-orthodoxes, de ceux qui sont regard�s comme des h�r�tiques, pour mettre un terme aux b�chers, et faire comprendre la v�ritable grandeur de Dieu. Mais, � d�faut des b�chers, les pers�cutions mat�rielles et morales sont encore en pleine vigueur, tant l'id�e d'un Dieu cruel est enracin�e en l'homme. Nourri dans des sentiments qui lui sont inculqu�s d�s l'enfance, l'homme peut-il s'�tonner que le Dieu qu'on lui pr�sente comme honor� par des actes barbares condamne � des tortures �ternelles, et voie sans piti� les souffrances des damn�s ?
Oui, ce sont des philosophes, des impies, selon quelques-uns, qui ont �t� scandalis�s de voir le nom de Dieu profan� par des actes indignes de lui ; ce sont eux qui l'ont montr� aux hommes dans toute sa grandeur, en le d�pouillant des passions et des petitesses humaines que lui pr�tait une croyance non �clair�e. La religion y a gagn� en dignit� ce qu'elle a perdu en prestige ext�rieur ; car s'il y a moins d'hommes attach�s � la forme, il y en a davantage qui sont plus sinc�rement religieux par le coeur et les sentiments.
Mais, � c�t� de ceux-l�, combien en est-il qui, s'arr�tant � la surface, ont �t� conduits � la n�gation de toute providence ! Faute d'avoir su mettre � propos les croyances religieuses en harmonie avec le progr�s de la raison humaine, on a fait na�tre chez les uns le d�isme, chez d'autres l'incr�dulit� absolue, chez d'autres le panth�isme, c'est-�-dire que l'homme s'est fait lui-m�me dieu, faute d'en voir un assez parfait.
10. - Revenons au dogme de l'�ternit� des peines. Le principal argument que l'on invoque en sa faveur est celui-ci :
�Il est admis, parmi les hommes, que la gravit� de l'offense est proportionn�e � la qualit� de l'offens�. Celle qui est commise envers un souverain, �tant consid�r�e comme plus grave que celle qui ne concerne qu'un simple particulier, est punie plus s�v�rement. Or Dieu est plus qu'un souverain ; puisqu'il est infini, l'offense envers lui est infinie, et doit avoir un ch�timent infini, c'est-�-dire �ternel.�
R�futation. - Toute r�futation est un raisonnement qui doit avoir son point de d�part, une base sur laquelle il s'appuie, des pr�misses, en un mot. Nous prenons ces pr�misses dans les attributs m�mes de Dieu :
Dieu est unique, �ternel, immuable, immat�riel, tout-puissant, souverainement juste et bon, infini dans toutes ses perfections.
Il est impossible de concevoir Dieu autrement qu'avec l'infini des perfections ; sans quoi il ne serait pas Dieu, car on pourrait concevoir un �tre poss�dant ce qui lui manquerait. Pour qu'il soit seul au-dessus de tous les �tres, il faut qu'aucun ne puisse le surpasser ni l'�galer en quoi que ce soit. Donc, il faut qu'il soit infini en tout.
Les attributs de Dieu, �tant infinis, ne sont susceptibles ni d'augmentation ni de diminution ; sans cela, ils ne seraient pas infinis et Dieu ne serait pas parfait. Si l'on �tait la plus petite parcelle d'un seul de ses attributs, on n'aurait plus Dieu, puisqu'il pourrait exister un �tre plus parfait.
L'infini d'une qualit� exclut la possibilit� de l'existence d'une qualit� contraire qui l'amoindrirait ou l'annulerait. Un �tre infiniment bon ne peut avoir la plus petite parcelle de m�chancet�, ni l'�tre infiniment mauvais avoir la plus petite parcelle de bont� ; de m�me qu'un objet ne saurait �tre d'un noir absolu avec la plus l�g�re nuance de blanc, ni d'un blanc absolu avec la plus petite tache de noir.
Ce point de d�part pos�, � l'argument ci-dessus on oppose les arguments ci-apr�s :
11. - Un �tre infini peut seul faire quelque chose d'infini. L'homme, �tant limit� dans ses vertus, dans ses connaissances, dans sa puissance, dans ses aptitudes, dans son existence terrestre, ne peut produire que des choses limit�es.
Si l'homme pouvait �tre infini dans ce qu'il fait de mal, il le serait �galement dans ce qu'il fait de bien, et alors il serait �gal � Dieu. Mais, si l'homme �tait infini dans ce qu'il fait de bien, il ne ferait point de mal, car le bien absolu est l'exclusion de tout mal.
En admettant qu'une offense temporaire envers la Divinit� puisse �tre infinie, Dieu, s'en vengeant par un ch�timent infini, serait infiniment vindicatif ; s'il est infiniment vindicatif, il ne peut �tre infiniment bon et mis�ricordieux, car l'un de ces attributs est la n�gation de l'autre. S'il n'est pas infiniment bon, il n'est pas parfait, et s'il n'est pas parfait, il n'est pas Dieu.
Si Dieu est inexorable pour le coupable repentant, il n'est pas mis�ricordieux ; s'il n'est pas mis�ricordieux, il n'est pas infiniment bon.
Pourquoi Dieu ferait-il � l'homme une loi du pardon, s'il ne devait pas pardonner lui-m�me ? Il en r�sulterait que l'homme qui pardonne � ses ennemis, et leur rend le bien pour le mal, serait meilleur que Dieu qui reste sourd au repentir de celui qui l'a offens�, et lui refuse, pour l'�ternit�, le plus l�ger adoucissement !
Dieu, qui est partout et voit tout, doit voir les tortures des damn�s. S'il est insensible � leurs g�missements pendant l'�ternit�, il est �ternellement sans piti� ; s'il est sans piti�, il n'est pas infiniment bon.
12. - A cela, on r�pond que le p�cheur qui se repent avant de mourir �prouve la mis�ricorde de Dieu, et qu'alors le plus grand coupable peut trouver gr�ce devant lui.
Ceci n'est pas mis en doute, et l'on con�oit que Dieu ne pardonne qu'au repentir, et soit inflexible envers les endurcis ; mais, s'il est plein de mis�ricorde pour l'�me qui se repent avant d'avoir quitt� son corps, pourquoi cesse-t-il de l'�tre pour celle qui se repent apr�s la mort ? Pourquoi le repentir n'aurait-il d'efficacit� que pendant la vie, qui n'est qu'un instant, et n'en aurait-il plus pendant l'�ternit�, qui n'a point de fin ? Si la bont� et la mis�ricorde de Dieu sont circonscrites dans un temps donn�, elles ne sont pas infinies, et Dieu n'est pas infiniment bon.
13. - Dieu est souverainement juste. La souveraine justice n'est pas la justice la plus inexorable, ni celle qui laisse toute faute impunie ; c'est celle qui tient le compte le plus rigoureux du bien et du mal, qui r�compense l'un et punit l'autre dans la plus �quitable proportion, et ne se trompe jamais.
Si, pour une faute temporaire, qui toujours est le r�sultat de la nature imparfaite de l'homme, et souvent du milieu o� il se trouve, l'�me peut �tre punie �ternellement, sans espoir d'adoucissement ni de pardon, il n'y a aucune proportion entre la faute et la punition : donc il n'y a pas justice.
Si le coupable revient � Dieu, se repent et demande � r�parer le mal qu'il a fait, c'est un retour au bien, aux bons sentiments. Si le ch�timent est irr�vocable, ce retour au bien est sans fruit ; puisqu'il n'est pas tenu compte du bien, ce n'est pas de la justice. Parmi les hommes, le condamn� qui s'amende voit sa peine commu�e, parfois m�me lev�e ; il y aurait donc, dans la justice humaine, plus d'�quit� que dans la justice divine !
Si la condamnation est irr�vocable, le repentir est inutile ; le coupable, n'ayant rien � esp�rer de son retour au bien, persiste dans le mal ; de sorte que non seulement Dieu le condamne � souffrir perp�tuellement, mais encore � rester dans le mal pour l'�ternit�. Ce ne serait l� ni de la justice ni de la bont�.
14. - Etant infini en toutes choses, Dieu doit tout conna�tre, le pass� et l'avenir ; il doit savoir, au moment de la cr�ation d'une �me, si elle faillira assez gravement pour �tre damn�e �ternellement. S'il ne le sait pas, son savoir n'est pas infini, et alors il n'est pas Dieu. S'il le sait, il cr�e volontairement un �tre vou�, d�s sa formation, � des tortures sans fin, et alors il n'est pas bon.
Si Dieu, touch� du repentir d'un damn�, peut �tendre sur lui sa mis�ricorde et le retirer de l'enfer, il n'y a plus de peines �ternelles, et le jugement prononc� par les hommes est r�voqu�.
15. - La doctrine des peines �ternelles absolues conduit donc forc�ment � la n�gation ou � l'amoindrissement de quelques-uns des attributs de Dieu ; elle est par cons�quent inconciliable avec la perfection infinie ; d'o� l'on arrive � cette conclusion :
Si Dieu est parfait, la condamnation �ternelle n'existe pas ; si elle existe, Dieu n'est pas parfait.
16. - On invoque encore en faveur du dogme de l'�ternit� des peines l'argument suivant :
�La r�compense accord�e aux bons, �tant �ternelle, doit avoir pour contre-partie une punition �ternelle. Il est juste de proportionner la punition � la r�compense.�
R�futation. - Dieu cr�e-t-il l'�me en vue de la rendre heureuse ou malheureuse !* Evidemment, le bonheur de la cr�ature doit �tre le but de sa cr�ation, autrement Dieu ne serait pas bon. Elle atteint le bonheur par son propre m�rite ; le m�rite acquis, elle n'en peut perdre le fruit, autrement elle d�g�n�rerait ; l'�ternit� du bonheur est donc la cons�quence de son immortalit�.
Mais, avant d'arriver � la perfection, elle a des luttes � soutenir, des combats � livrer aux mauvaises passions. Dieu ne l'ayant pas cr��e parfaite, mais susceptible de le devenir, afin qu'elle ait le m�rite de ses oeuvres, elle peut faillir. Ses chutes sont les cons�quences de sa faiblesse naturelle. Si, pour une chute, elle devait �tre punie �ternellement, on pourrait demander pourquoi Dieu ne l'a pas cr��e plus forte. La punition qu'elle subit est un avertissement qu'elle a mal fait, et qui doit avoir pour r�sultat de la ramener dans la bonne voie. Si la peine �tait irr�missible, son d�sir de mieux faire serait superflu ; d�s lors, le but providentiel de la cr�ation ne pourrait �tre atteint, car il y aurait des �tres pr�destin�s au bonheur et d'autres au malheur. Si une �me coupable se repent, elle peut devenir bonne ; pouvant devenir bonne, elle peut aspirer au bonheur ; Dieu serait-il juste de lui en refuser les moyens ?
Le bien �tant le but final de la cr�ation, le bonheur, qui en est le prix, doit �tre �ternel ; le ch�timent, qui est un moyen d'y arriver, doit �tre temporaire. La plus vulgaire notion de justice, m�me parmi les hommes, dit qu'on ne peut ch�tier perp�tuellement celui qui a le d�sir et la volont� de bien faire.
17. - Un dernier argument en faveur de l'�ternit� des peines est celui-ci :
�La crainte d'un ch�timent �ternel est un frein ; si on l'�te, l'homme, ne redoutant plus rien, se livrera � tous les d�bordements.�
R�futation. - Ce raisonnement serait juste, si la non-�ternit� des peines entra�nait la suppression de toute sanction p�nale. L'�tat heureux ou malheureux dans la vie future est une cons�quence rigoureuse de la justice de Dieu, car une identit� de situation entre l'homme bon et le pervers serait la n�gation de cette justice. Mais, pour n'�tre pas �ternel, le ch�timent n'en est pas moins p�nible ; on le redoute d'autant plus qu'on y croit davantage, et l'on y croit d'autant plus qu'il est plus rationnel. Une p�nalit� � laquelle on ne croit pas n'est plus un frein, et l'�ternit� des peines est de ce nombre.
La croyance aux peines �ternelles, comme nous l'avons dit, a eu son utilit� et sa raison d'�tre � une certaine �poque ; aujourd'hui, non seulement elle ne touche plus, mais elle fait des incr�dules. Avant de la poser comme une n�cessit�, il faudrait en d�montrer la r�alit�. Il faudrait, surtout, qu'on en v�t l'efficacit� sur ceux qui la pr�conisent et s'efforcent de la d�montrer. Malheureusement, parmi ceux-ci, beaucoup trop prouvent par leurs actes qu'ils n'en sont nullement effray�s. Si elle est impuissante � r�primer le mal chez ceux qui disent y croire, quel empire peut-elle avoir sur ceux qui n'y croient pas ?
18. - Jusqu'ici, le dogme de l'�ternit� des peines n'a �t� combattu que par le raisonnement ; nous allons le montrer en contradiction avec les faits positifs que nous avons sous les yeux, et en prouver l'impossibilit�.
Selon ce dogme, le sort de l'�me est irr�vocablement fix� apr�s la mort. C'est donc un point d'arr�t d�finitif oppos� au progr�s. Or l'�me progresse-t-elle, oui ou non ? L� est toute la question. Si elle progresse, l'�ternit� des peines est impossible.
Peut-on douter de ce progr�s, quand on voit l'immense vari�t� d'aptitudes morales et intellectuelles qui existent sur la terre, depuis le sauvage jusqu'� l'homme civilis� ? Quand on voit la diff�rence que pr�sente un m�me peuple d'un si�cle � l'autre ? Si l'on admet que ce ne sont plus les m�mes �mes, il faut admettre alors que Dieu cr�e des �mes � tous les degr�s d'avancement selon les temps et les lieux ; qu'il favorise les unes, tandis qu'il voue les autres � une inf�riorit� perp�tuelle : ce qui est incompatible avec la justice, qui doit �tre la m�me pour toutes les cr�atures.
19. - Il est incontestable que l'�me, arri�r�e intellectuellement et moralement, comme celle des peuples barbares, ne peut avoir les m�mes �l�ments de bonheur, les m�mes aptitudes � jouir des splendeurs de l'infini, que celle dont toutes les facult�s sont largement d�velopp�es. Si donc ces �mes ne progressent pas, elles ne peuvent, dans les conditions les plus favorables, jouir � perp�tuit� que d'un bonheur pour ainsi dire n�gatif. On arrive donc forc�ment, pour �tre d'accord avec la rigoureuse justice, � cette cons�quence que les �mes les plus avanc�es sont les m�mes que celles qui �taient arri�r�es et qui ont progress�. Mais ici nous touchons � la grande question de la pluralit� des existences, comme seul moyen rationnel de r�soudre la difficult�. Cependant nous en ferons abstraction et nous consid�rerons l'�me dans une seule existence.
20. - Voici, comme on en voit tant, un jeune homme de vingt ans, ignorant, aux instincts vicieux, niant Dieu et son �me, se livrant au d�sordre et commettant toutes sortes de m�faits. N�anmoins, il se trouve dans un milieu favorable ; il travaille, il s'instruit, peu � peu se corrige et finalement devient pieux. N'est-ce pas un exemple palpable du progr�s de l'�me pendant la vie, et n'en voit-on pas tous les jours de pareils ? Cet homme meurt saintement dans un �ge avanc�, et naturellement son salut est assur�. Mais quel e�t �t� son sort, si un accident l'e�t fait mourir quarante ou cinquante ans plus t�t ? Il �tait dans toutes les conditions voulues pour �tre damn� ; or, une fois damn�, tout progr�s �tait arr�t�. Voil� donc un homme sauv� parce qu'il a v�cu longtemps, et qui, selon la doctrine des peines �ternelles, e�t �t� � jamais perdu s'il e�t moins v�cu, ce qui pouvait r�sulter d'un accident fortuit. D�s lors que son �me a pu progresser dans un temps donn�, pourquoi n'aurait-elle pas progress� dans le m�me temps apr�s la mort, si une cause ind�pendante de sa volont� l'e�t emp�ch� de le faire pendant sa vie ? Pourquoi Dieu lui en aurait-il refus� les moyens ? Le repentir, quoique tardif, n'en f�t pas moins venu en son temps ; mais si, d�s l'instant de sa mort, une condamnation irr�missible l'e�t frapp�, son repentir e�t �t� sans fruit pour l'�ternit�, et son aptitude � progresser � jamais d�truite.
21. - Le dogme de l'�ternit� absolue des peines est donc inconciliable avec le progr�s de l'�me, puisqu'il y opposerait un obstacle invincible. Ces deux principes s'annulent forc�ment l'un par l'autre ; si l'un existe, l'autre ne peut exister. Lequel des deux existe ? La loi du progr�s est patente : ce n'est pas une th�orie, c'est un fait constat� par l'exp�rience ; c'est une loi de nature, loi divine, imprescriptible ; donc, puisqu'elle existe, et qu'elle ne peut se concilier avec l'autre, c'est que l'autre n'existe pas. Si le dogme de l'�ternit� des peines �tait une v�rit�, saint Augustin, saint Paul et beaucoup d'autres n'eussent jamais vu le ciel s'ils fussent morts avant le progr�s qui a amen� leur conversion.
A cette derni�re assertion, on r�pond que la conversion de ces saints personnages n'est point un r�sultat du progr�s de l'�me, mais de la gr�ce qui leur fut accord�e et dont ils furent touch�s.
Mais ici c'est jouer sur les mots. S'ils ont fait le mal, et plus tard le bien, c'est qu'ils sont devenus meilleurs ; donc ils ont progress�,* Dieu leur aurait donc, par une faveur sp�ciale, accord� la gr�ce de se corriger ? Pourquoi � eux plut�t qu'� d'autres ? C'est toujours la doctrine des privil�ges, incompatible avec la justice de Dieu et son �gal amour pour toutes ses cr�atures.
Selon la doctrine spirite, d'accord avec les paroles m�mes de l'Evangile, avec la logique et la plus rigoureuse justice, l'homme est le fils de ses oeuvres, pendant cette vie et apr�s la mort ; il ne doit rien � la faveur : Dieu le r�compense de ses efforts, et le punit de sa n�gligence aussi longtemps qu'il est n�gligent.
22. - La croyance � l'�ternit� des peines mat�rielles est rest�e comme une crainte salutaire jusqu'� ce que les hommes fussent en �tat de comprendre la puissance morale. Tels sont les enfants que l'on contient pendant un temps par la menace de certains �tres chim�riques � l'aide desquels on les effraye ; mais il arrive un moment o� la raison de l'enfant fait d'elle-m�me justice des contes dont on l'a berc�, et o� il serait absurde de pr�tendre les gouverner par les m�mes moyens. Si ceux qui le dirigent persistaient � lui affirmer que ces fables sont des v�rit�s qu'il faut prendre � la lettre, ils perdraient sa confiance.
Ainsi en est-il aujourd'hui de l'humanit� ; elle est sortie de l'enfance et a secou� ses lisi�res. L'homme n'est plus cet instrument passif qui pliait sous la force mat�rielle, ni cet �tre cr�dule qui acceptait tout, les yeux ferm�s.
23. - La croyance est un acte de l'entendement, c'est pour cela qu'elle ne peut �tre impos�e. Si, pendant une certaine p�riode de l'humanit�, le dogme de l'�ternit� des peines a pu �tre inoffensif, salutaire m�me, il arrive un moment o� il devient dangereux. En effet, d�s l'instant que vous l'imposez comme v�rit� absolue, lorsque la raison le repousse, il en r�sulte n�cessairement de deux choses l'une : ou l'homme qui veut croire se fait une croyance plus rationnelle, et alors il se s�pare de vous ; ou bien il ne croit plus � rien du tout. Il est �vident, pour quiconque a �tudi� la question de sang-froid, que, de nos jours, le dogme de l'�ternit� des peines a fait plus de mat�rialistes et d'ath�es que tous les philosophes.
Les id�es suivent un cours incessamment progressif ; on ne peut gouverner les hommes qu'en suivant ce cours ; vouloir l'arr�ter ou le faire r�trograder, ou simplement rester en arri�re, alors qu'il avance, c'est se perdre. Suivre ou ne pas suivre ce mouvement est une question de vie ou de mort, pour les religions aussi bien que pour les gouvernements. Est-ce un bien ? est-ce un mal ? Assur�ment, c'est un mal aux yeux de ceux qui, vivant sur le pass�, voient ce pass� leur �chapper ; pour ceux qui voient l'avenir, c'est la loi du progr�s qui est une loi de Dieu, et, contre les lois de Dieu, toute r�sistance est inutile ; lutter contre sa volont�, c'est vouloir se briser.
Pourquoi donc vouloir � toute force soutenir une croyance qui tombe en d�su�tude, et qui, en d�finitive, fait plus de tort que de bien � la religion ? H�las ! c'est triste � dire, mais une question mat�rielle domine ici la question religieuse. Cette croyance a �t� largement exploit�e, � l'aide de la pens�e entretenue qu'avec de l'argent on pouvait se faire ouvrir les portes du ciel, et se pr�server de l'enfer. Les sommes qu'elle a rapport�es, et qu'elle rapporte encore, sont incalculables ; c'est l'imp�t pr�lev� sur la peur de l'�ternit�. Cet imp�t �tant facultatif, le produit est proportionn� � la croyance ; si la croyance n'existe plus, le produit devient nul. L'enfant donne volontiers son g�teau � celui qui lui promet de chasser le loup-garou ; mais lorsque l'enfant ne croit plus au loup-garou, il garde son g�teau.
24. - La nouvelle r�v�lation donnant des id�es plus saines de la vie future, et prouvant qu'on peut faire son salut par ses propres oeuvres, doit rencontrer une opposition d'autant plus vive, qu'elle tarit une source plus importante de produits. Il en est ainsi chaque fois qu'une d�couverte ou une invention viennent changer les habitudes. Ceux qui vivent des anciens proc�d�s co�teux les pr�nent et d�crient les nouveaux, plus �conomiques. Croit-on, par exemple, que l'imprimerie, malgr� les services qu'elle devait rendre � l'humanit�, dut �tre acclam�e par la nombreuse classe des copistes ? Non, certes ; ils durent la maudire. Ainsi en a-t-il �t� des machines, des chemins de fer et de cent autres choses.
Aux yeux des incr�dules, le dogme de l'�ternit� des peines est une question futile dont ils se rient ; aux yeux du philosophe, il a une gravit� sociale par les abus auxquels il donne lieu ; l'homme vraiment religieux voit la dignit� de la religion int�ress�e � la destruction de ces abus et de leur cause.
25. - A ceux qui pr�tendent trouver dans la Bible la justification de l'�ternit� des peines, on peut opposer des textes contraires qui ne laissent aucune ambigu�t�. Les paroles suivantes d'Ez�chiel sont la n�gation la plus explicite non seulement des peines irr�missibles, mais de la responsabilit� que la faute du p�re du genre humain aurait fait peser sur sa race :
1. Le Seigneur me parla de nouveau et me dit : - 2. D'o� vient que vous vous servez parmi vous de cette parabole, et que vous l'avez tourn�e en proverbe dans Isra�l : Les p�res, dites-vous, ont mang� des raisins verts, et les dents des enfants en sont agac�es ? - 3. Je jure par moi-m�me, dit le Seigneur Dieu, que cette parabole ne passera plus parmi vous en proverbe dans Isra�l ; - 4. Car toutes les �mes sont � moi ; l'�me du fils est � moi comme l'�me du p�re ; l'�me qui a p�ch� mourra elle-m�me.
5. Si un homme est juste, s'il agit selon l'�quit� et la justice ; - 7. S'il n'attriste et n'opprime personne ; s'il rend � son d�biteur le gage qu'il lui avait donn� ; s'il ne prend rien du bien d'autrui par violence ; s'il donne de son pain � celui qui a faim ; s'il couvre de v�tements ceux qui �taient nus ; - 8. S'il ne pr�te point � usure et ne re�oit point plus qu'il n'a donn� ; s'il d�tourne sa main de l'iniquit�, et s'il rend un jugement �quitable entre deux hommes qui plaident ensemble ; - 9. S'il marche dans la voie de mes pr�ceptes, et garde mes ordonnances pour agir selon la v�rit� ; celui-l� est juste, et il vivra tr�s certainement, dit le Seigneur Dieu.
10. Si cet homme a un fils qui soit un voleur et qui r�pande le sang, ou qui commette quelqu'une de ces fautes ; - 13. Ce fils mourra tr�s certainement, puisqu'il a fait toutes ces actions d�testables, et son sang sera sur sa t�te.
14. Si cet homme a un fils qui, voyant tous les crimes que son p�re avait commis, en soit saisi de crainte, et se garde bien de l'imiter ; - 17. Celui-l� ne mourra point � cause de l'iniquit� de son p�re, mais il vivra tr�s certainement. - 18. Son p�re, qui avait opprim� les autres par des calomnies, et qui avait commis des actions criminelles au milieu de son peuple, est mort � cause de sa propre iniquit�.
19. Si vous dites : Pourquoi le fils n'a-t-il pas port� l'iniquit� de son p�re ? C'est parce que le fils a agi selon l'�quit� et la justice ; qu'il a gard� tous mes pr�ceptes, et qu'il les a pratiqu�s ; c'est pourquoi il vivra tr�s certainement.
20. L'�me qui a p�ch� mourra elle-m�me : Le fils ne portera point l'iniquit� du p�re, et le p�re ne portera point l'iniquit� du fils ; la justice du juste sera sur lui, et l'impi�t� de l'impie sera sur lui.
21. Si l'impie fait p�nitence de tous les p�ch�s qu'il avait commis ; s'il garde tous mes pr�ceptes, et s'il agit selon l'�quit� et la justice, il vivra certainement et ne mourra point. - 22. Je ne me souviendrai plus de toutes les iniquit�s qu'il avait commises ; il vivra dans les oeuvres de justice qu'il aura faites.
23. Est-ce que je veux la mort de l'impie ? dit le Seigneur Dieu ; et ne veux-je pas plut�t qu'il se convertisse, et qu'il se retire de sa mauvaise voie, et qu'il vive ? (Ez�chiel, ch. XXVIII.)
Dites-leur ces paroles : Je jure par moi-m�me, dit le Seigneur Dieu, que je ne veux point la mort de l'impie, mais que je veux que l'impie se convertisse, qu'il quitte sa mauvaise voie et qu'il vive. (Ez�chiel, ch. XXXIII, v. 11.)
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