Le Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec


IX. CONDITIONS D'EXPERIMENTATION.


L��tude des ph�nom�nes est d�une importance capitale ; c�est sur elle que repose le spiritisme tout entier ; mais, trop souvent, le d�faut de m�thode, le manque de suite et de direction dans les exp�riences, rendent st�riles le bon vouloir des m�diums et les l�gitimes aspirations des chercheurs. C�est � ces causes qu�il faut attribuer les r�sultats peu concluants que l�on obtient dans tant de milieux. On exp�rimente au hasard, fi�vreusement, sans souci des conditions n�cessaires ; on a h�te d�obtenir des ph�nom�nes transcendants. Par, suite m�me de l��tat d�esprit que l�on apporte dans les recherches, on accumule les difficult�s et si, au bout de quelques s�ances, on n�obtient que des faits insignifiants, des banalit�s ou des mystifications, on se d�courage et on s��loigne.

Si, au contraire, des r�sultats satisfaisants se produisent, ils font souvent na�tre, avec un enthousiasme irr�fl�chi, une tendance f�cheuse � la cr�dulit�, une disposition � attribuer aux esprits des d�funts tous les ph�nom�nes obtenus. En pareil cas, les d�ceptions ne se font pas attendre. Ces d�ceptions sont n�cessaires, car elles ram�nent le doute et, avec lui, l��quilibre mental, le sens critique, indispensable dans toute �tude et, plus que partout ailleurs, dans ce domaine des recherches psychiques, o� la suggestion, l�inconscient et la supercherie peuvent se m�ler � chaque pas aux manifestations du monde invisible.

En d�autres milieux, on critique � 1a l�g�re, on accuse les groupes de mauvaise direction, les m�diums d�insuffisance, les assistants d�ignorance ou de mysticisme. On se plaint de n�obtenir que des communications d�nu�es d�int�r�t scientifique et consistant en exhortations morales ressass�es.

Ces critiques ne sont pas toujours sans fondement ; mais on oublie g�n�ralement que nul bien ne s�acquiert sans peine, qu�on ne doit pas vouloir cueillir les fruits avant leur maturit�. En tout il faut patience et mesure. Les facult�s m�dianimiques, comme toutes choses, sont soumises � la loi de progression et de d�veloppement. Au lieu de critiques st�riles, il vaut mieux, par le concours des bonnes volont�s r�unies, faciliter la t�che du m�dium en formant autour de lui une atmosph�re de sympathie, qui lui soit � la fois un soutien, un encouragement, une protection.

Il est indispensable de soumettre les productions m�dianimiques à un contr�le s�rieux et d�apporter dans les recherches un esprit d�analyse toujours en �veil.

Le d�faut de bienveillance, la critique outr�e, le d�nigrement syst�matique peuvent, toutefois, d�courager le m�dium, le pousser au renoncement ou bien l��loigner des r�unions nombreuses, pour le confiner dans les groupes de famille, dans les cercles restreints, o� il rencontrera une meilleure ambiance, sans doute, mais o� ses travaux ne profiteront qu�� un petit nombre d��lus.

Avant tout, un double �cueil est donc � �viter. Si trop de scepticisme nuit, la cr�dulit� excessive n�est pas un danger moindre. Il faut �viter l�un et l�autre avec un soin �gal et rester dans une sage moyenne.

C�est parmi les hommes de science, nous l�avons vu, que l�on rencontre les pr�jug�s, les pr�ventions les plus inv�t�r�es � l�endroit des faits spirites.

Ils veulent imposer � ces recherches les r�gles de la science orthodoxe et positive, qu�ils consid�rent comme les seuls fondements de la certitude, et si ces r�gles ne sont pas adopt�es et suivies, ils rejettent sans piti� tous les r�sultats obtenus.

Cependant, l�exp�rience nous d�montre que chaque science a ses r�gles propres. On ne peut �tudier avec fruit un ordre nouveau de ph�nom�nes en s�inspirant des lois et des conditions qui r�gissent des faits d�un ordre tout diff�rent. C�est seulement au moyen de recherches personnelles ou gr�ce � l�exp�rience acquise dans cette voie par les chercheurs consciencieux, et non en vertu de th�ories � priori, que l�on peut d�terminer les lois qui gouvernent les ph�nom�nes occultes. Ces lois sont des plus subtiles et des plus compliqu�es. Leur �tude exige un esprit attentif et impartial. Mais comment exiger de l�impartialit� chez ceux dont les int�r�ts, le renom, l�amour-propre sont �troitement li�s � des syst�mes ou � des croyances que le spiritisme peut �branler ?

� Pour trouver la v�rit� �, a dit un penseur c�l�bre, � il faut la chercher d�un c�ur simple. � C�est pourquoi, sans doute, certains savants, bourr�s de th�ories pr�con�ues, pli�s par l�habitude aux rigueurs d�une m�thode routini�re, r�ussissent moins dans ces recherches que des hommes simplement intelligents, mais dou�s de sens pratique et d�un esprit ind�pendant. Ceux-ci se bornent � observer les faits en eux-m�mes et � en d�gager les cons�quences logiques, tandis que l�homme de science s�attachera surtout � la m�thode, f�t-elle improductive. Ce qui importe, avant tout, dans ce domaine, ce sont les r�sultats, et la seule m�thode, par�t-elle, d�fectueuse � d�aucuns, doit �tre bonne � nos yeux, qui les produira.

Il n�est pas n�cessaire d��tre un math�maticien, un astronome, un m�decin de talent, pour entreprendre, avec chance, de succ�s, des investigations en mati�re de spiritisme ; il suffit de conna�tre les conditions � remplir et de s�y soumettre. Ces conditions, aucune autre science ne peut nous les indiquer. L�exp�rimentation assidue et les r�v�lations des Esprits-guides, seules, nous permettent de les �tablir d�une mani�re pr�cise.

Les savants tiennent peu de compte des affinit�s psychiques et de l�orientation des pens�es, qui constituent cependant un facteur important du probl�me spirite. Ils sont port�s � consid�rer le m�dium comme un appareil de laboratoire, comme une machine qui doit produire des effets � volont�, et ils usent envers lui d�un sans-g�ne excessif. Les Intelligences invisibles qui le dirigent sont assimil�es par eux � des forces m�caniques. En g�n�ral, ils se refusent � voir en elles des �tres libres et conscients, dont la volont� entre pour une grande part dans les manifestations, qui ont leurs id�es, leurs desseins, leur but, � nous inconnus, et qui ne jugent pas toujours � propos d�intervenir, les uns parce que la d�sinvolture et les vues trop mat�rielles des exp�rimentateurs les �loignent ; les autres, parce que, trop inf�rieurs, ils ne sentent pas la n�cessit� de d�montrer aux hommes les r�alit�s de la survivance.

Pourtant, il faut reconna�tre que les exigences et les proc�d�s des savants peuvent �tre justifi�s, dans une certaine mesure, par les fraudes, � l�aide desquelles on a, trop souvent, simul� ou travesti les ph�nom�nes.

Non seulement d�habiles prestidigitateurs se sont livr�s � ce genre d�exercices, mais de v�ritables m�diums ont plusieurs fois �t� pris en flagrant d�lit de supercherie. De l�, la r�serve bien l�gitime de certains chercheurs et l�obligation o� ils se trouvent d��liminer, dans les exp�riences, tout ce qui a un caract�re suspect, tout �l�ment de doute, toute cause d�illusion.

Il est certain que, dans le ph�nom�ne des apports, par exemple, il faudra une grande accumulation de preuves, d�une �vidence irr�cusable, pour croire � la d�mat�rialisation et � la reconstitution successives d�objets traversant les murailles, plut�t que d�admettre qu�ils ont �t� apport�s par quelqu�un des assistants.

Cependant, la suspicion ne doit pas �tre pouss�e jusqu�au point d�imposer au ph�nom�ne des conditions qui le rendent impossible, comme dans le cas du docteur Ferroul et des professeurs de Montpellier visant la lecture � distance � travers des plaques de verre.

L�interposition de ce corps, cr�ant un obstacle insurmontable � l�action du m�dium, faisait de cette exp�rience le digne pendant de celle qui consisterait, dans un but de contr�le, � inonder d�une �clatante lumi�re le cabinet noir d�un photographe, au cours de ses op�rations.

L�ignorance des causes en action et des conditions dans lesquelles elles se manifestent, explique les fr�quents insucc�s de ceux-l� m�mes qui, croyant faire la le�on aux autres, ne r�ussissent, qu�� d�montrer l�insuffisance des r�gles de leur propre science, lorsqu�on veut les appliquer � cet ordre de recherches.

En outre, l�esprit de suspicion et de malveillance, dont on entoure le m�dium, attire les entit�s inf�rieures, qui se complaisent au d�sordre et poussent le sujet � des actes frauduleux. Lorsque ces �l�ments font irruption dans un groupe, le meilleur parti � prendre est de lever la s�ance. C�est surtout dans ce cas que la pr�sence et les avis d�un Esprit-guide sont d�un grand secours, et ceux qui, en �tant d�pourvus, se livrent � des exp�riences, s�exposent � de graves m�comptes.

Un m�dium est un instrument d�licat, un r�servoir de forces qui ne se renouvellent pas ind�finiment et qu�il faut utiliser avec mesure. Les esprits �clair�s, les exp�rimentateurs s�rieux, soucieux de la sant� des sujets, savent s�arr�ter aux premiers sympt�mes d��puisement ; les Esprits l�gers et trompeurs qui affluent dans les r�unions mal dirig�es, o� ne r�gnent ni l�harmonie ni l��l�vation des pens�es, ont moins de scrupules. Entrant dans les vues des chercheurs inexp�riment�s, ils ne craindront pas d�outrepasser les forces du m�dium pour produire des ph�nom�nes sans int�r�t et m�me pour mystifier les assistants.

Presque toujours, des causes, des forces, des influences diverses sont � l��uvre dans les exp�riences ; parfois m�me elles se contrarient et se combattent. De l�, une certaine confusion, un m�lange de vrai et de faux, de choses �videntes et douteuses qu�il n�est pas toujours facile de distinguer.

Les savants reconnaissent eux-m�mes que, dans la plupart des cas, la suggestion peut jouer un grand r�le. Il en r�sulte que, pour obtenir des ph�nom�nes spirites vraiment sinc�res et spontan�s, on devrait s�abstenir avec soin de tout ce qui peut influencer le m�dium et troubler l�action des Esprits. Or, c�est ce dont certains hommes de science[1] semblent se soucier le moins. Ils ne se font pas faute de d�ranger le sujet par des questions inopportunes, pu�riles, insidieuses. Ils troublent les s�ances par des conversations particuli�res et des colloques. Alors que le calme, le silence, l�attention sont indispensables, les uns, changent de place, vont et viennent, interrompent les manifestations en cours, malgr� les injonctions des Esprits ; d�autres, comme certain docteur de notre connaissance, fument et boivent de la bi�re pendant les exp�riences.

Dans de telles conditions, si peu s�rieuses, si peu honn�tes, comment peut-on oser formuler des conclusions ?

Quelquefois, l�exp�rience suit une marche normale, satisfaisante ; le ph�nom�ne se d�veloppe, plein de promesses. Tout � coup, une cause nouvelle agit ; une volont� intervient ; un courant d�id�es contraires entre en jeu ; l�action m�dianimique se trouble, d�vie ; elle ne produit plus que des effets en d�saccord avec les esp�rances du d�but. Des faits r�els semblent c�toyer l�illusoire ; des manifestations vulgaires succ�dent � des s�ances imposantes. Comment d�m�ler cet enchev�trement qui vous laisse perplexe ? Comment en �viter le retour ?

Ici, la n�cessit� de la discipline dans les s�ances se fait vivement sentir et, plus encore, l�assistance d�un Esprit �lev�, dont la volont� forte commande � tous les courants contraires.

Lorsque l�harmonie des conditions est �tablie, lorsque la force d�en haut est suffisante, on ne voit pas se produire ces contradictions, ces incoh�rences, qui proviennent, soit de forces inconscientes, soit d�Esprits arri�r�s, soit m�me de l��tat mental des assistants. Le ph�nom�ne se d�roule alors dans sa grandeur majestueuse, et le fait probant appara�t.

Mais pour cela, pour obtenir cette assistance d�en haut, il faut l�union, l��l�vation des pens�es et des c�urs ; il faut le recueillement et la pri�re.

Les Entit�s sup�rieures ne se mettent pas volontiers au service des exp�rimentateurs que n�animent pas un sinc�re d�sir de s�instruire, un amour profond du vrai et du bien.

Ceux qui font du spiritisme un jeu, un frivole amusement, n�ont � en attendre qu�incoh�rence et mystifications.

Parfois m�me, il peut �tre un danger. Certaines personnes se complaisent � des entretiens m�dianimiques avec des Esprits inf�rieurs, avec des �mes vicieuses et d�grad�es ; et cela, sans intention bienfaisante, sans but de r�g�n�ration, mues par un sentiment de curiosit� et un d�sir d�amusement. Alors qu�elles n�auraient pas support� la fr�quentation de ces �tres durant leur vie terrestre, elles ne craignent pas de les convier, apr�s d�c�s, � des entretiens de mauvais go�t, sans se rendre compte qu�elles se livrent ainsi � de dangereuses influences magn�tiques.

Si vous entrez en rapport avec des �mes perverses, que ce soit dans le but de leur rel�vement moral, de leur r�demption, sous la protection d�un guide s�r ; sans quoi vous vous exposeriez � une promiscuit� malsaine, � des obsessions redoutables. N�abordez ces r�gions de l�Au-del� qu�avec une pens�e haute et forte, qui soit pour vous comme une arme tourn�e contre le mal.

La m�diumnit�, ce pouvoir merveilleux, a �t� donn�e � l�homme pour un noble usage. En l�avilissant, vous vous aviliriez vous-m�me, et d�un pur effluve, c�leste vous feriez un souffle empoisonn� !

L�initi� antique, comme, de nos jours, les Orientaux, ne se livrait aux �vocations qu�apr�s s��tre purifi� par l�abstinence, la m�ditation et la pri�re. La communication avec l�invisible �tait un acte religieux, qu�il accomplissait avec un sentiment de respect et de v�n�ration pour les morts.

Rien n�est plus diff�rent que la fa�on de proc�der de certains exp�rimentateurs modernes. Ils se rendent aux lieux, de r�union apr�s un copieux d�ner, parfum�s de tabac, avec le d�sir intense d�obtenir des manifestations bruyantes ou des renseignements profitables � leurs int�r�ts mat�riels. Et ils s��tonnent, dans ces conditions, de ne voir venir � eux que des Esprits de fraude et de mensonge, qui les abusent et se plaisent � leur causer de nombreuses d�ceptions !

Malgr� la r�pugnance des savants actuels pour les moyens � l�aide desquels se r�alise la haute communion des �mes, il faudra bien y recourir, si l�on ne veut faire du spiritisme une source nouvelle d�abus et de maux.

L��tat d�esprit des assistants, leur action fluidique et mentale est donc, dans les s�ances, un �l�ment important de r�ussite ou d�insucc�s. Plus le m�dium est sensible, plus il ressent l�influence magn�tique des exp�rimentateurs. Dans une assembl�e compos�e en majorit� d�incr�dules dont les pens�es hostiles convergent sur le sujet, le ph�nom�ne se produit difficilement. La premi�re des conditions est d��carter toute id�e pr�con�ue, afin de laisser � l�Esprit sa libert� d�action. J�ai pu me rendre compte, en certains cas, qu�une volont� forte et persistante peut paralyser le sujet, s�il est faible, et faire obstacle aux manifestations.

Les pens�es divergentes se heurtent et forment une sorte de chaos fluidique, que la volont� des Invisibles ne parvient pas toujours � dominer. C�est ce qui rend les r�sultats si probl�matiques dans les assembl�es nombreuses, de composition h�t�rog�ne, dans les soir�es th��trales, par exemple, comme l�exp�rience l�a d�montr�. Les personnes avides de propagande publique, qui, sans se soucier des pr�cautions n�cessaires, se risquent dans cette voie, s�exposent � de graves �checs. Les m�diums y courent de r�els dangers. Non seulement ils se trouvent � la merci des Esprits arri�r�s, qui se complaisent parmi les foules, mais encore ils se mettent � la discr�tion de tout malintentionn�, qui, se posant en savant, exigera d�eux des exp�riences contraires aux v�ritables lois du spiritisme et, lorsqu�il aura us� et abus� de leurs forces sans r�sultat pratique, persuadera les spectateurs qu�il n�y a dans cet ordre d�id�es, qu�erreur ou supercherie.

On comprendra, d�apr�s cela, qu�il y ait presque toujours affinit� entre les membres d�un cercle et les Entit�s agissantes. Les influences humaines attirent des intelligences similaires et les manifestations rev�tent un caract�re en harmonie avec les dispositions, les go�ts, les aptitudes du milieu.

Certains critiques en ont voulu conclure que les communications spirites ne sont qu�un reflet des pens�es des assistants. Cette opinion est facile � r�futer. Il suffit de rappeler les r�v�lations de noms, de faits, de dates, inconnus de tous, qui se sont produites dans tant de cas et ont �t� reconnues exactes apr�s contr�le [2].

Des mots, des messages en langues ignor�es des assistants ont �t� obtenus ; des m�diums ont reproduit m�caniquement la signature, le style, la forme de l��criture de d�c�d�s qu�ils n�avaient jamais connus. Parfois aussi, des exp�rimentateurs instruits n�obtiennent que des choses vulgaires, alors que parmi des illettr�s on a vu se produire des communications remarquables par le style et l��l�vation.

Les analogies que l�on remarque entre les membres d�un groupe et les Esprits qui le guident ne proviennent pas seulement des sympathies acquises et des similitudes de vues ; elles se rattachent aussi aux exigences de la transmission fluidique.

Dans les manifestations intellectuelles, l�Esprit a besoin d�un agent et d�un milieu qui lui offrent les ressources n�cessaires pour exposer ses vues et les faire comprendre. De l�, une tendance � se rapprocher des hommes avec qui il se trouve en communion d�id�es ou de sentiments.

Nous savons que, dans les ph�nom�nes de l��criture, de l�incorporation et m�me, parfois, de la typtologie, la pens�e de l�Esprit traverse le cerveau du m�dium, et celui-ci ne laisse passer qu�un certain nombre de vibrations, celles qui se trouvent en harmonie avec son propre �tat psychique [3]. De m�me qu�un rayon de lumi�re, en traversant un vitrail color�, se d�compose et ne projette au del� qu�une quantit� r�duite de vibrations, ainsi le message de l�Esprit, quelle que soit la richesse des termes et des images qui le composent, sera transmis dans la limite restreinte des formes et des expressions famili�res au m�dium et contenues dans son cerveau.

Cette r�gle est g�n�rale. Cependant, nous avons vu qu�un Esprit, puissant en force et en volont�, peut contraindre un m�dium � transmettre des enseignements sup�rieurs � ses connaissances et indiquer des faits que sa m�moire n�a pas enregistr�s.

Quant aux lacunes et aux contradictions que pr�sentent entre elles les communications, ce dont on fait souvent un argument contre le spiritisme, il ne faut pas perdre de vue que les Esprits, comme les hommes, repr�sentent tous les degr�s de l��volution.

La mort ne donne pas la science int�grale, et, quoique leurs perceptions soient plus �tendues que les n�tres, ils ne p�n�trent que peu � peu et dans la mesure de leur avancement les secrets de l�immense univers.           

L�atmosph�re terrestre est peupl�e d�Esprits inf�rieurs comme intelligence et moralit�, � qui leur pesanteur sp�cifique ne permet pas de monter plus haut. Ce sont eux qui r�pondent � nos appels et se communiquent le plus souvent. Ceux qui se sont hauss�s � une vie sup�rieure ne reviennent vers nous qu�en mission. Leurs manifestations sont plus rares.

Elles portent un caract�re de grandeur, qui ne permet pas de les confondre dans l�ensemble des autres communications.

Si les pens�es divergentes des assistants sont une cause de trouble et d�insucc�s, par un effet contraire, les pens�es dirig�es vers un objectif commun, surtout lorsqu�il est �lev�, produisent des vibrations harmoniques introduisant dans le milieu une impression de calme, de s�r�nit�, dont le m�dium se p�n�tre et qui facilite l�action des Esprits. Ceux-ci, au lieu d�avoir � lutter par la volont�, n�ont plus qu�� associer leurs efforts aux intentions des assistants ; d�s lors, la diff�rence des r�sultats est consid�rable.

C�est pourquoi, dans les r�unions de notre groupe d��tudes, nous r�clamons constamment le silence, le recueillement, l�union des pens�es et, afin de les rendre plus faciles, afin d�orienter l�assistance vers de hauts sujets, nous ouvrons toujours les s�ances, par un appel collectif, par une invocation improvis�e, � la puissance infinie et � ses invisibles agents, et dans cette invocation nous mettons toutes les ressources de notre esprit, tous les �lans spontan�s de notre c�ur.

En outre, dans les s�ances � effets physiques, lorsque des ph�nom�nes d�apports, �criture directe, mat�rialisations, y sont demand�s, il est bon d�employer un moyen artificiel pour fixer sur un point les pens�es des assistants. On peut adopter un signe et le placer en imagination au-dessus du m�dium, par exemple, une croix, un triangle, une fleur, et de temps � autre, au cours de la s�ance, rappeler le signe de convention, ramener vers lui l�attention flottante et toujours pr�te � se rel�cher.

Ce proc�d� remplace avec avantage les chants vulgaires, peu �difiants, auxquels on a recours dans certaines r�unions et qui impressionnent d�sagr�ablement les personnes au go�t d�licat, � l�esprit cultiv�. Il n�est applicable que dans l�obscurit�. R�gle g�n�rale, la lumi�re exerce une action dissolvante sur les fluides. Dans tous les cas o� elle n�est pas indispensable, comme pour l��criture semi-m�canique, on fera bien d�en diminuer l�intensit� et m�me de s�en priver tout � fait, lorsque, par exemple, on poss�de des m�diums voyants et � incorporation.

La musique, les chants graves et religieux peuvent aussi contribuer puissamment � r�aliser l�harmonie des fluides et des pens�es. Celle-ci ne suffit pas encore. Dans les s�ances, � l�union des pens�es, il faut ajouter l�union des c�urs. Lorsque l�antipathie r�gne entre les membres d�un groupe, l�action des Esprits �lev�s s�affaiblit et s�annule. Il faut, pour obtenir leur intervention assidue, que l�harmonie morale, m�re de l�harmonie fluidique, se fasse dans les c�urs et que tous les adeptes, dans la poursuite d�un but commun, se sentent unis par un sentiment de sinc�re et bienveillante cordialit�.

Les lois les plus myst�rieuses de la pens�e se r�v�lent dans les exp�riences. Parfois, lorsque les membres d�un groupe sont en proie � de vives pr�occupations, le langage du m�dium pourra s�en ressentir. Il en sera de m�me de l�action des Esprits sur les m�diums, et r�ciproquement. Quel que soit l�empire d�un Esprit sur un sujet, si celui-ci est inquiet, soucieux, agit�, les communications porteront la trace de cet �tat troubl�. Les intelligences qui se manifestent, lorsqu�elles sont peu avanc�es, peuvent aussi subir l�influence des assistants.

Il y a, d�une fa�on g�n�rale, une r�ciprocit� d�influence entre le milieu terrestre et les Entit�s invisibles, dont il faut tenir compte dans l�analyse des ph�nom�nes. Mais l�Esprit �lev� �chappe, par sa sup�riorit� m�me, par les forces dont il dispose, à ces influences, les domine, les r�git et s�affirme avec une autorit� qui ne laisse place � aucun doute. C�est pourquoi il faut rechercher par-dessus tout l�intervention des �mes sup�rieures et la faciliter, en nous pla�ant dans les conditions qu�elles nous imposent et sans lesquelles nous ne pouvons attirer � nous que des Esprits m�diocres, peu capables de nous servir de guides et de traduire fid�lement les hauts enseignements de l�espace.

Les groupes peu nombreux et de composition homog�ne sont ceux qui pr�sentent le plus de chances de succ�s. S�il est d�j� difficile d�harmoniser les vibrations de cinq ou six personnes entre elles et avec les fluides de l�Esprit, a fortiori il est �vident que les difficult�s s�accroissent avec le nombre des assistants. Il est sage de ne pas d�passer le nombre de dix � douze personnes, prises dans les deux sexes, toujours les m�mes autant que possible, surtout au d�but des exp�riences.

Le renouvellement fr�quent de l�assistance, en n�cessitant un continuel travail de fusion et d�assimilation de la part des Esprits, compromet ou tout au moins retarde les r�sultats. S�il est bon, au point de vue de la propagande, d�ouvrir les cercles � de nouveaux adeptes, il faut au moins qu�un noyau de membres anciens reste compact et constitue une majorit� invariable.

Il convient de se r�unir � jours et � heures fixes et dans le m�me lieu. Les Esprits peuvent ainsi s�assurer les �l�ments fluidiques qui leur sont n�cessaires, et les lieux de r�union, en s�impr�gnant de ces fluides, deviennent de plus en plus favorables aux manifestations.

La pers�v�rance est une des qualit�s indispensables �. l�exp�rimentateur. On se d�pite souvent de passer une soir�e infructueuse dans l�attente des ph�nom�nes. Nous savons qu�une action invisible, lente et progressive, s�accomplit au cours des s�ances. La concentration des forces n�cessaires ne se r�alise parfois qu�apr�s bien des soir�es de t�tonnements et d�efforts.

Les exemples suivants nous montreront que la patience est souvent la condition du succ�s.

En 1855, le professeur Mapes forma, � New-York, un cercle de douze personnes, hommes de talent et, sceptiques, qui s�engag�rent � se r�unir, avec un m�dium, vingt fois de suite.

Pendant les dix-huit premi�res soir�es, les ph�nom�nes pr�sent�rent un caract�re si insuffisant et si trivial que beaucoup, parmi les assistants, d�ploraient la perte d�un temps pr�cieux ; mais, au cours des deux derni�res s�ances, il se produisit des faits tellement remarquables, que l��tude fut poursuivie par le m�me cercle durant quatre ann�es ; tous ses membres devinrent des adeptes convaincus[4].

En 1861, le banquier Livermore, exp�rimentant avec le m�dium Kate Fox, dans le but d�obtenir des mat�rialisations de l�Esprit de sa femme Estelle, ne vit se dessiner sa forme. qu�� la vingt-quatri�me s�ance. Plus tard, il put s�entretenir avec l�Esprit de son �pouse et obtenir des messages directs[5]. Faute de pers�v�rance, aucun de ces r�sultats n�e�t �t� atteint.

On comprendra, d�apr�s ces faits, combien il est n�cessaire d�apporter une attention rigoureuse � la composition des groupes et aux conditions d�exp�rimentation. Suivant la nature du milieu, la facult� du m�dium produira des effets tr�s divers. Tant�t elle se manifestera par des ph�nom�nes d�un caract�re �quivoque, qui porteront au doute et � la m�fiance ; les s�ances laisseront alors une impression de malaise ind�finissable ; tant�t elle se r�v�lera par des effets si puissants, que devant eux toute incertitude s��vanouira.

J�ai assist�, pour ma part, � bien des s�ances nulles ou insignifiantes ; mais je puis dire aussi que j�ai vu des m�diums admirablement inspir�s dans leurs heures d�extase et de sommeil magn�tique. J�en ai vu d�autres �crire d�un trait, parfois m�me dans l�obscurit�, des pages splendides de style, admirables de force et d��l�vation. J�ai vu, par milliers, des ph�nom�nes d�incorporation, qui permettaient � des habitants de l�espace de s�emparer, pendant quelques heures, des organes d�un m�dium et de prononcer des paroles, des discours, avec de tels accents, que tous ceux qui les entendaient emportaient de ces r�unions un souvenir ineffa�able.

Pour l�observateur attentif qui a �tudi� tous les aspects du ph�nom�ne, il y a comme une gradation, comme une �chelle ascendante, qui va depuis les coups frapp�s et les mouvements des tables, jusqu�aux plus hautes productions de la pens�e. C�est un engrenage qui s�empare de l�exp�rimentateur impartial, et dont tous les hommes soucieux de la v�rit� ressentiront t�t ou tard la puissance.

Malgr� les h�sitations, les d�dains, les hostilit�s, il faudra bien en venir un jour, d�une mani�re plus g�n�rale, � l��tude des faits physiques ; celle-ci, par un encha�nement rigoureux, conduira � la psychographie, puis, par la vision et l�audition, � l�incorporation ; et, d�s que l�on voudra rechercher les causes r�elles de ces ph�nom�nes, on se trouvera en face du grand probl�me de la survivance.

A mesure que l�observateur avancera dans ce domaine, il se sentira �lev� peu � peu au-dessus du plan mat�riel. Il sera amen� � reconna�tre que les faits physiques ne sont qu�un acheminement vers des ph�nom�nes plus �minents et que tous, dans leur ensemble, concourent � la manifestation, de cette v�rit� que l��me humaine est imp�rissable, que ses destin�es sont �ternelles. D�s lors, il concevra des lois de l�univers, de l�ordre et de l�harmonie des choses, une id�e grandissante, avec une notion toujours plus profonde du but de la vie et de ses imp�rieux devoirs.

Dans les ph�nom�nes, il faut donc distinguer trois causes en action : la volont� des exp�rimentateurs, les forces ext�rioris�es du m�dium et des assistants, et l�intervention des Esprits.

Les ph�nom�nes eux-m�mes peuvent se diviser en deux grandes cat�gories : les faits magn�tiques et les faits m�dianimiques ; mais les uns et les autres se m�lent �troitement et souvent se confondent.

Le m�dium, � l��tat de sommeil magn�tique, se trouve dans trois �tats distincts, qui peuvent se succ�der en lui et � chacun desquels se rattache tout un ordre de ph�nom�nes ; ce sont :

1� L��tat l�ger d�hypnose, favorable aux faits t�l�pathiques et � la transmission de pens�e ; toutefois, ceux qui se produisent dans cet �tat sont g�n�ralement peu concluants ; le d�gagement du corps fluidique du m�dium est incomplet, et son action personnelle peut se m�ler � la suggestion de l�Esprit.

2� Le sommeil magn�tique r�el, qui permet au corps fluidique du m�dium de s�ext�rioriser et d�agir � distance.

3� Le sommeil profond, � la faveur duquel se produisent les apparitions, les mat�rialisations, la l�vitation du m�dium, les incorporations. Le sommeil m�dianimique, en ses phases diverses, peut �tre provoqu�, tant�t par un des exp�rimentateurs, tant�t directement par l�Esprit. Nous croyons pr�f�rable de laisser agir l�influence occulte quand elle est suffisante. On �vitera ainsi l�objection habituelle que l�action du magn�tiseur favorise la suggestion.

Les faits spirites peuvent �tre subdivis�s en quatre classes :

1� La typtologie et le ph�nom�ne des tables. Dans ce genre d�exp�riences, il faut �liminer avec soin les causes physiques, les mouvements involontaires, le magn�tisme des assistants, la suggestion mentale. Tous les faits explicables par ces seules causes �tant �cart�s, il restera un nombre consid�rable de ph�nom�nes qui d�montrent l�intervention d�intelligences autres que celles des personnes pr�sentes.

2� L��criture automatique. Beaucoup de messages obtenus par ce proc�d� peuvent �tre attribu�s � la suggestion inconsciente. Comme nous l�avons vu, la pens�e pouvant s�ext�rioriser, il arrive, dans certains cas, que la pens�e du m�dium r�pond � sa propre question. Il y aurait l� un ph�nom�ne d�autosuggestion involontaire. Mais l�action de l�Esprit se r�v�le dans les cas o� des �critures inconnues sont trac�es, o� des d�tails, des faits, des r�v�lations, constituant autant d��l�ments d�identit�, sont obtenus par ce mode d�exp�rimentation [6].

3� L�incorporation. Dans les ph�nom�nes de cet ordre, l�inconscient du m�dium peut jouer un certain r�le. Il existe en chacun de nous des acquis mentaux, des aptitudes, des souvenirs, toute une accumulation de richesses intellectuelles, fruit de nos existences ant�rieures, qui sont ensevelies dans les profondeurs de la conscience et nous restent inconnues pendant l��tat de veille. C�est ce qui constitue l�inconscient ou plut�t le subconscient.

Dans les cas de d�gagement somnambulique et d�ext�riorisation, ces puissances se r�veillent ; elles vibrent et rayonnent autour du corps fluidique du m�dium ; la psych� recouvre ses ressources cach�es et entre en action. Mais il est facile de reconna�tre les cas nombreux o� des personnalit�s occultes prennent possession de l�organisme du m�dium et viennent se substituer � son propre esprit. Ces personnalit�s s�affirment par des traits caract�ristiques, une voix, des gestes qui leur sont propres, par des d�tails psychologiques qui ne permettent pas de les confondre avec l�inconscient du m�dium [7].

4� Les mat�rialisations. Ces ph�nom�nes, se produisant dans l�obscurit�, n�cessitent un rigoureux contr�le. Dans ce but, on peut faire usage, soit de balances munies d�appareils enregistreurs permettant de constater la d�perdition de poids, du m�dium, comme dans les exp�riences d�Armstrong et Reimers[8], soit, � l�exemple de W. Crookes et de l�ing�nieur Varley, de batteries �lectriques, auxquelles le m�dium est reli� par un courant emp�chant tout mouvement �quivoque de sa part.

En ce qui concerne les manifestations spirites proprement dites, quel sera le crit�rium de certitude ? O� sera la preuve de l�intervention des Esprits ?

Cette preuve, avons-nous dit, consiste dans l�ensemble des d�tails qui permettent d��tablir, une identit� pr�cise. Ici l�exp�rimentateur seul peut �tre juge, et sa conviction ne peut s�asseoir que sur la constatation de ces traits caract�ristiques, inconnus du m�dium, et parfois m�me des assistants, par lesquels se r�v�le la personnalit� de l��tre invisible [9].

Pour acqu�rir une certitude et multiplier les moyens de contr�le, il est bon de varier les exp�riences, de les compl�ter les unes par les autres, en recourant aux divers genres de m�diumnit�. De l�ensemble des t�moignages et des r�sultats obtenus, nous pourrons ainsi d�gager la somme de preuves la plus consid�rable qu�il soit possible d�atteindre dans ce domaine o� plusieurs causes agissent et souvent se confondent.

Il est parfois cruel et d�cevant de savoir, de sentir pr�s de nous un �tre aim�, un �tre disparu, sans pouvoir nous entretenir avec lui, et si, dou� de m�diumnit�, nous cherchons � obtenir un message, de nous apercevoir, lorsque le crayon court, rapide, sur le papier, que notre pens�e se m�le � la sienne d�une mani�re si intime, que nous ne pouvons les s�parer l�une de l�autre et d�terminer ce qui �mane de nous ou de lui.

Alors nous avons recours � un autre m�dium ; mais, soit qu�il �crive, soit que l�Esprit appel� parle par sa voix dans le sommeil, nous reconnaissons encore, par un effet de cette malencontreuse suggestion qui se glisse partout, que la personnalit� du m�dium se m�le � celle de l��tre qui nous est cher. Et le doute nous envahit. L�incertitude angoissante nous �treint. Mais, soudain, une preuve d�identit� jaillit comme un �clair, si vive, si �clatante, si incontestable, que, devant elle, toutes les h�sitations s��vanouissent, tous les doutes s��teignent, et notre raison satisfaite, notre c�ur �mu, communient dans un �lan de foi et d�amour avec l��me ch�rie qui a r�pondu avec tant de nettet� � notre appel et affirm� pour toujours la certitude de sa pr�sence et de sa protection.

Quant aux communications ayant un caract�re g�n�ral et rev�tant la forme d�un enseignement philosophique, elles doivent �tre examin�es avec soin, discut�es, jug�es avec conscience, en toute libert� d�appr�ciation. L�humanit� invisible se compose des Esprits qui ont v�cu en ce monde, et dans le nombre, nous le savons, beaucoup sont peu avanc�s. Mais dans l�espace il est aussi de brillantes intelligences, illumin�es des clart�s de l�Au-del�. Lorsqu�elles consentent � venir � nous, nous pouvons les reconna�tre � l��l�vation de leur pens�e, � la rectitude de leur jugement.

Dans cet ordre d�id�es, le discernement est une qualit� indispensable. L�investigateur doit �tre dou� d�un jugement s�r, qui lui permettra de distinguer entre le vrai et le faux et, apr�s avoir examin� toutes choses, de retenir ce qui a une r�elle valeur.

Rien n�est plus pr�judiciable � la cause du spiritisme que la cr�dulit� excessive de certains adeptes et les exp�riences mal dirig�es. Celles-ci produisent sur les chercheurs de fra�che date une impression d�plorable : elles fournissent un aliment � la critique et � la raillerie ; elles donnent, du monde des Esprits, une id�e tr�s fausse. Beaucoup sortent de ces r�unions plus incr�dules qu�ils n�y sont entr�s.

L�homme, cr�dule est plein de bonne foi ; il se trompe lui-m�me inconsciemment et devient la victime de sa propre imagination. Il accepte les choses les plus invraisemblables et souvent les affirme et les propage avec un enthousiasme extravagant. C�est l� un des plus grands �cueils du spiritisme, une des causes qui �loignent de lui bien des personnes sens�es, bien des chercheurs sinc�res ; ils ne peuvent prendre au s�rieux une doctrine et des faits si mal pr�sent�s.

Il ne faut rien accepter aveugl�ment. Chaque fait doit subir un examen minutieux et approfondi. C�est � ces conditions seulement que le spiritisme s�imposera aux hommes d��tude et de raison. Les exp�riences faites avec l�g�ret�, sans connaissance de cause, les ph�nom�nes pr�sent�s dans de mauvaises conditions, fournissent des arguments aux sceptiques et nuisent � l�id�e que l�on veut servir.

En r�sum�, nous pouvons dire que la cause principale des erreurs et des insucc�s en mati�re de psychisme exp�rimental, c�est le manque de pr�paration. Les peuples d�Occident abordent l� un terrain nouveau, inconnu ou oubli�, et qui n�est pas sans dangers pour eux ; ils n�y apportent qu�exceptionnellement ce sentiment �lev�, cette lumi�re int�rieure, ce sens profond de l��me qu�ont poss�d�s les grands initi�s et qui, seuls, peuvent nous pr�server des �garements et des emb�ches de l�invisible.

La premi�re des conditions est donc de s�armer soi-m�me, mentalement et moralement. Ne recherchez pas les faits avant de vous �tre rendus aptes � les comprendre et � les dominer, par une lente et patiente �tude des ouvrages fondamentaux, la r�flexion, le d�veloppement de la volont� et l�exercice d�un jugement clair et s�r. Si vous ne remplissez pas ces conditions, il serait plus sage de vous abstenir, � moins de vous livrer � ces exp�riences sous la direction d�un homme sage et �clair�, que vous soutiendrez de votre bon vouloir et � qui vous remettrez le soin de vous guider.

Les proc�d�s d�investigation en usage dans le monde physique ne peuvent s�adapter au plan psychique. Ici, ce sont les pens�es qui entrent en jeu. Les pens�es sont des forces. Ce sont elles qui sculptent lentement et fa�onnent notre �tre int�rieur ; elles influencent m�me notre forme ext�rieure, au point qu�il est facile de distinguer, aux traits et � l�expression du visage, le sage de l�homme vicieux. Mais ces effets de la pens�e ne sont pas circonscrits dans les limites de notre �tre mat�riel. Ils s��tendent autour de nous et forment une atmosph�re qui sert de lien entre nous et les �tres aux pens�es similaires.

C�est l� le secret de l�inspiration, de la f�condation de l�esprit par l�Esprit. De cette loi r�sulte un fait. Celui qui, par ses appels, ses �vocations, entre en rapport avec le monde invisible, attire � lui des �tres en affinit� avec son propre �tat mental. Le monde des Esprits fourmille d�Entit�s bienfaisantes et malfaisantes, et si nous ne savons nous purifier nous-m�mes, orienter nos pens�es et nos forces vers la vie sup�rieure, nous pouvons devenir victimes des puissances mauvaises qui s�agitent autour de nous et, dans certains cas, ont conduit l�homme imprudent � l�erreur, � l�aveuglement, � des obsessions voisin�s de la folie.

Mais, si vous savez dominer vos sens, �lever vos �mes au-dessus des curiosit�s vaines et des pr�occupations mat�rielles, faire du Spiritisme un moyen d��ducation et d�entra�nement moral, vous entrerez dans le domaine de la vraie connaissance ; des influences r�g�n�ratrices descendront sur vous ; une lumi�re douce et p�n�trante rayonnera sur voire chemin, vous pr�servera des chutes, des d�faillances et de tout danger.


[1] Voir les exp�riences de M. Flournoy, professeur de psychologie � l'Universit� de Gen�ve, et la critique judicieuse qu'en a faite M. D. METZGER, Autour des Indes � la plan�te Mars. Leymarie, �diteur.

[2] Voir : Deuxi�me partie, chap. XVII � XXI.

[3] Voir chap. VIII, les Lois de la communication spirite.

[4] RUSSEL WALLACE, le Moderne Spiritualisme, p. 205.

[5] RUSSEL WALLACE, le Moderne Spiritualisme, p. 205.

[6] Voir : Deuxi�me partie, chap. XVIII.

[7] Voir : Deuxi�me partie, chap. XIX.

[8] Voir AKSAKOF, Animisme et Spiritisme, p. 243, et plus loin, chap. XX.

[9] Voir : Deuxi�me partie, chap. XXI, De l'Identit� des Esprits.

Chapitre suivant




Téléchargement | Bulletin
nous écrire | L’Agora Spirite