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L�homme est encore, pour lui-m�me, un vivant myst�re. De son �tre, il ne conna�t et n�utilise que la surface. Sa personnalit� a des profondeurs ignor�es, o� dorment des forces, des connaissances, des souvenirs accumul�s par les existences pass�es, tout un monde d�id�es, de facult�s, de puissances que l�enveloppe charnelle cache et �teint, mais qui se r�veillent et entrent en action dans le sommeil normal et dans le sommeil magn�tique.
C�est l� le myst�re de Psych�, c�est-�-dire, de l��me enferm�e avec ses tr�sors dans la chrysalide de chair et qui s�en d�gage � certaines heures, s�affranchit des lois physiques, des conditions de temps et d�espace, et s�affirme dans sa puissance spirituelle.
Tout est rythme et alternance dans la nature. De m�me que le jour succ�de � la nuit et l��t� � l�hiver, la vie libre de l��me succ�de au s�jour dans la prison corporelle. Mais l��me se d�gage aussi dans le sommeil ; elle se retrouve dans sa conscience agrandie, dans cette conscience par elle construite lentement, � travers les �ges ; elle se ressaisit, se consid�re, devient pour elle-m�me un sujet d��tonnement. Son regard plonge dans les couches obscures de son pass� ; elle y retrouve tous ses acquis mentaux, toutes les richesses capitalis�es au cours de son �volution et que la r�incarnation avait ensevelies. Ce que le cerveau concret �tait impuissant � exprimer, son cerveau fluidique le manifeste, le rayonne avec une intensit� d�autant plus vive que le d�gagement est plus complet.
Le sommeil n�est pas autre chose, en r�alit�, que la sortie de l��me du corps. Dans le sommeil ordinaire, l��tre psychique s��loigne peu ; il ne recouvre qu�en partie son ind�pendance et reste presque toujours �troitement li� au corps. Dans le sommeil provoqu�, le d�gagement s�accentue � tous les degr�s. Sous l�influence magn�tique, les liens qui attachent l��me au corps se rel�chent peu � peu. Plus l�hypnose, plus la trance est profonde, plus l��me se d�tache et s��l�ve. Sa lucidit� s�accro�t ; sa p�n�tration s��tend ; le cercle de ses perceptions s��largit. En m�me temps, les couches obscures, les r�gions cach�es du moi se dilatent, s��clairent, entrent en vibration ; toutes les acquisitions du pass� se r�veillent. Les facult�s psychiques : vision � distance, audition, divination, entrent en jeu. Avec les �tats sup�rieurs de la trance, nous parvenons aux derniers confins, aux extr�mes limites de la vie physique. L��tre vit d�j� de la vie de l�Esprit et en exerce les pouvoirs. Un degr� de plus, le lien fluidique qui retient l��me au corps serait rompu. Ce serait le d�tachement absolu, d�finitif, la mort.
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Nous allons indiquer quelques-uns des faits d�apr�s lesquels on peut �tablir que l��me a une existence propre, ind�pendante du corps, et tout un ensemble de facult�s qui s�exercent sans le concours des sens physiques.
D�abord, pendant le sommeil normal, lorsque le corps repose, que les sens sont inactifs, nous pouvons constater qu�un �tre veille et agit en nous, qu�il voit et entend � travers les obstacles mat�riels, murs ou portes, et � toutes distances. Dans le r�ve, des images se succ�dent, des tableaux se d�roulent, des voix sont entendues ; des entretiens s��tablissent avec des personnages divers. L��tre fluidique se d�place, voyage, plane sur la nature, assiste � une foule de sc�nes, tant�t incoh�rentes, tant�t claires et pr�cises, et tout cela s�accomplit sans le concours des sens mat�riels, l��il �tant ferm� et l�oreille ne percevant plus.
Dans certains cas, la vision psychique durant le sommeil a autant de nettet� et d�exactitude que la vision physique pendant la veille. Ceci est d�montr� par les t�moignages d�exp�rimentateurs consciencieux et savants.
M. Varley, ing�nieur en chef des t�l�graphes de la Grande-Bretagne, dans sa d�position lors de l�enqu�te ouverte par la Soci�t� de dialectique, � Londres, rapporte le fait suivant, qui lui est personnel[1] :
�tant
en voyage, il descendit au milieu de la nuit dans un h�tel, se coucha et
s�endormit. Pendant son sommeil, il vit en songe la cour de cet h�tel et
remarqua que des ouvriers y travaillaient. S��tant sugg�r� la pens�e du r�veil,
aussit�t lev�, il put constater la r�alit� de son r�ve. La disposition de
la cour et la place occup�e par les ouvriers �taient bien telles qu�il les
avait vues en esprit. Or c��tait la premi�re fois qu�il descendait en ce
lieu.
M. Camille Flammarion, dans l�Inconnu et les Probl�mes psychiques[2], cite un grand nombre de cas de vision � distance pendant le sommeil. En voici quelques-uns :
M.
G. Parent, maire de Wi�ge (Aisne), assiste, en r�ve, � un incendie qui d�truit
la ferme d�un de ses amis, � Chevennes.
M.
Palmero, ing�nieur des Ponts et Chauss�es � Toulon, apprend, par un r�ve de
sa femme, l�arriv�e inattendue de son p�re et de sa m�re, qu�elle voit,
en mer, sur un paquebot.
M.
P., docteur en droit � Philippeville, rapporte le r�ve d�une dame de ses
amies. Dans son sommeil, elle vit un naufrage qui causa la perte d�un navire
et d�une centaine de personnes, fait qui fut confirm� le lendemain dans tous
ses d�tails.
M.
Lee, fils de l��v�que protestant d�Iowa (E. U.), vit en r�ve, � une
distance de plus de 5 kilom�tres, son p�re tomber dans un escalier. Ce fait
est attest� par plusieurs t�moins, et entre autres par M. Sullivan, �v�que
d�Algowa.
M.
Carrau, d�Angers, a vu son fr�re mourir � Saint-P�tersbourg et ses enfants
� genoux pr�s du lit de mort.
Un
Fran�ais, m�canicien � Foutch�ou, vit une nuit son jeune enfant, laiss� en
France, mort du croup sur un �dredon rouge. Il fit part de son r�ve � un de
ses amis, qui se moqua de sa cr�dulit�. La premi�re lettre qu�il re�ut
provenait de sa femme et annon�ait le d�c�s dans les m�mes conditions
qu�il avait vues en songe.
M.
Orieux, agent voyager en chef de la Loire-Inf�rieure, �tant � Carthag�ne,
assiste en r�ve aux obs�ques de sa meilleure amie, dont il ignorait le d�c�s
et qui habitait Nantes.
M.
Jean Dreuilhe, de Paris, per�oit en r�ve la chute mortelle, dans un escalier,
du g�n�ral de Cossigny, ami de sa famille.
Le
mar�chal Serrano annonce � Madrid la mort inattendue d�Alphonse XII, au
Prado, mort qu�il avait per�ue en r�ve.
Voici un cas emprunt� aux Proceedings (proc�s-verbaux de la Soci�t� des recherches psychiques de Londres)[3] :
�
Mme Broughton s��veilla une nuit, en 1844, � Londres, et r�veilla son mari
pour lui dire qu�un grave �v�nement �tait arriv� en France. Elle avait �t�
t�moin, en r�ve, de l�accident de voiture dont le duc d�Orl�ans fut
victime. Elle avait vu le duc gisant sur un lit ; des amis, des membres de la
famille royale, arrivaient en toute h�te ; le roi et la reine parurent et
assist�rent tout en larmes aux derniers moments du duc. Aussit�t qu�il fit
jour, elle transcrivit sur un journal les d�tails de cet �v�nement. Ceci se
passait avant l�invention de la t�l�graphie, et ce ne fut que deux jours apr�s
que le Times annon�a la mort du duc. Comme elle visitait Paris quelque temps
apr�s, elle vit et reconnut l�endroit o� l�accident avait eu lieu. �
Des ph�nom�nes du m�me ordre se produisent dans le sommeil magn�tique. C. Flammarion en cite plusieurs exemples. Entre autres, celui de la femme d�un colonel de cavalerie, qui, dans l��tat magn�tique, voit le suicide d�un officier, � 4 kilom�tres de distance[4].
L�esprit de certaines personnes continue � travailler pendant le sommeil et, � l�aide des connaissances acquises dans le pass�, parvient � r�aliser des oeuvres consid�rables.
On en peut citer des exemples c�l�bres :
Voltaire d�clare avoir con�u, une nuit, dans, un r�ve, un chant complet de la Henriade.
La Fontaine composa en r�vant la fable des Deux Pigeons.
Coleridge s�endormit en lisant, et, � son r�veil, il se rappela avoir compos�, en dormant, deux cents vers, qu�il n�eut qu�� �crire.
Des compositeurs, S. Bach, Tartini, entendent, dans leur sommeil, l�ex�cution de sonates qu�ils ne parvenaient pas � terminer � leur gr�. Aussit�t r�veill�s, ils les �crivent de m�moire.
Dans tous ces cas, l�activit� intellectuelle et la puissance de travail semblent plus grandes dans le sommeil que pendant la veille.
Parfois l��me, d�gag�e des liens corporels, communique, au moyen du r�ve, avec d�autres personnes vivantes ou d�funtes, et re�oit d�elles des indications et des avertissements.
L�envoy� sp�cial du Matin, de Paris, M. Scarfoglio, t�l�graphiait de Messine, le 5 janvier 1909, � ce journal[5] :
�
Aujourd�hui encore, plusieurs personnes ont �t� retir�es vivantes des
ruines. A ce propos, il faut signaler un cas tr�s touchant qui s�est produit
ce matin. Un jeune homme, marin du cuirass� Regina-Elena, �tait fianc�
� une jeune fille ensevelie sous les d�combres d�une maison. Ayant obtenu de
son commandant l�autorisation de travailler avec quelques camarades au
sauvetage de sa fianc�e et des autres personnes ensevelies sous les m�mes d�combres,
le marin s�est acharn� � de vaines recherches pendant quatre jours.
Aujourd�hui, en proie au d�sespoir et �puis� de fatigue, le marin s�est
endormi. Tout � coup, il a r�v� de sa fianc�e, qui lui disait : � Je suis
vivante. Viens ! Sauve-moi ! � Aussit�t, il s�est r�veill� et a
suppli� ses camarades de reprendre leurs fouilles pour la derni�re fois. Ses
efforts ont �t� miraculeusement couronn�s de succ�s, car, apr�s quelques
heures, il a retrouv� sa fianc�e et l�a retir�e vivante des ruines. La
jeune fille, qui �tait dans un �tat comateux, � peine sortie des ruines, a
repris connaissance et a serr� le marin dans ses. bras, l�embrassant avec
furie. Elle a d�clar� qu�un profond sommeil l�avait prise tout de suite
apr�s la catastrophe et qu�elle avait r�v� qu�elle parlait avec son fianc�,
quelques heures avant sa d�livrance.
Voici un singulier et tr�s touchant cas de t�l�pathie. La jeune fille, les larmes aux yeux, a remerci� tous ses sauveurs et a assur� qu�elle allait bient�t �pouser son fianc� et sauveur. �
Les Annales des Sciences psychiques d�octobre 1910 publient la relation suivante d�un r�ve, communiqu�e par le cur� de Domdidier, canton de Fribourg (Suisse), le 18 avril 1908, � M. Rollinet, qui faisait une conf�rence dans cette localit�, et transmise par celui-ci � M. Camille Flammarion. En voici le r�sum� succinct :
�
En 1859, M. Doutaz, �g� de dix-huit ans, venait de se coucher apr�s avoir pr�par�
sa th�se de philosophie pour le lendemain. Endormi, il eut une vision �trange,
qui se renouvela deux fois de suite. Il vit son p�re, qui habitait �
vingt-quatre kilom�tres de lui, et qui lui dit, la premi�re fois : � Mon
cher Joseph... ta pauvre s�ur Jos�phine est mourante � Paris �, et, la
seconde : � Mon cher Joseph... etc. ; mais ta m�re ignore encore la
douloureuse nouvelle. � Le lendemain, M. Doutaz s�acheminait vers le lyc�e,
lorsqu�il re�ut une lettre de son p�re contenant la confirmation exacte de
ce qu�il avait entendu la nuit, pendant ses r�ves. �
La revue Zeitschrift f�r Spiritismus du 9 juillet 1910 cite le r�ve suivant, communiqu� par le comte Henri Stezkij :
� Un
riche propri�taire des environs de Tarnoff perdit 600 florins, au cours d�une
promenade. S�arr�tant, dans une auberge, il racontait sa d�convenue au
tenancier Kuhusteiger, lorsqu�un maquignon du nom de Kosminter, qui venait
d�entrer, lui demanda dans quelles circonstances il avait perdu cette somme.
Il ne lui r�pondit pas et continuait sa conversation avec l�aubergiste,
lorsque Kosminter lui tendit spontan�ment la bourse perdue. Stup�fait, le
propri�taire lui donna 300 florins comme r�compense. A deux semaines de l�,
Kosminter sanglant lui apparut en r�ve et accusa l�aubergiste de sa mort.
Deux semaines apr�s, le m�me r�ve se reproduisit, mais avec plus de d�tails,
et ce n�est qu�� la troisi�me fois, � cause de la pr�cision
extraordinaire des r�v�lations, qu�il saisit la justice. Kuhusteiner fut arr�t�,
convaincu du crime et condamn� � mort. �
�
� �
L�action de l��me, � distance, sans le secours des sens, se r�v�le m�me pendant la veille dans les ph�nom�nes de la transmission de pens�e et de la t�l�pathie.
Nous savons[6] que chaque �tre humain poss�de un dynamisme propre, un �tat vibratoire qui varie � l�infini, suivant les individus, et les rend aptes � produire chez les autres et � percevoir eux-m�mes des sensations psychiques tr�s vari�es.
Les vibrations de notre pens�e, projet�es avec intensit� de volont�, se propagent au loin et peuvent influencer des organismes en affinit� avec le n�tre, puis, en suscitant une sorte de choc en retour, revenir au point d��mission. Ainsi deux �mes, reli�es par les ondulations d�un m�me rythme psychique, peuvent sentir et vibrer � l�unisson. Parfois, un dialogue myst�rieux s�engage de pr�s ou de loin ; des pens�es trop subtiles pour �tre exprim�es en paroles s��changent ; des images, des messages, des appels flottent ou volent dans l�atmosph�re fluidique entre ces �mes, qui, malgr� la distance, se sentent unies, p�n�tr�es d�un m�me sentiment, et font rayonner de l�une � l�autre les effluves de leur personnalit� psychique.
Ceux qui s�aiment correspondent souvent ainsi : ils �changent leurs joies et leurs tristesses. Mais le c�ur a ses secrets qu�il ne livre pas volontiers. Une m�re entend � travers l�espace les appels de son fils malheureux. Mille impressions nous assi�gent, qui proviennent des pens�es lointaines de ceux qui nous sont chers[7].
Cette th�orie s�appuie sur des preuves indiscutables.
Rappelons d�abord les exp�riences relat�es dans les Proceedings (proc�s-verbaux) de la Soci�t� des recherches psychiques, de Londres. L�op�rateur et le sujet, plac�s dans la m�me salle, mais s�par�s par un rideau, sans faire un geste, sans dire une parole, se transmettent silencieusement leurs pens�es. La m�me exp�rience a �t� faite ensuite, avec succ�s, en pla�ant l�op�rateur et le percipient, d�abord dans deux salles, puis dans deux maisons diff�rentes. Afin d��viter tout comp�rage, les pens�es � transmettre �taient inscrites d�avance et tir�es au sort.
Le Daily Express de septembre 1907 rend compte de plusieurs s�ances de transmission de pens�es donn�es au roi �douard VII et � d�autres personnages de sa cour par deux sujets : M. et Mme Zancig. Le roi en a fait conna�tre les r�sultats. Et c�est surtout depuis lors qu�en Angleterre l�attention publique s�est port�e vers cet ordre de faits.
Le roi a soumis les deux sujets aux �preuves les plus difficiles, toujours avec un succ�s complet. On a constat� que la communion de pens�es existait, non pas de loin en loin, mais d�une fa�on constante et normale, entre le mari et la femme. Si, par exemple, le premier lisait une lettre, la seconde, � une grande distance et les yeux band�s, percevait en m�me temps le contenu de cette lettre. Tout ce que l�on communique au mari parvient aussit�t � la femme. Les deux sujets vibrent � l�unisson. En outre, Mme Zancig a prouv� au roi sa facult� de vision psychique en lui parlant de choses qu�il avait la certitude d��tre seul � conna�tre.
Les exp�riences faites par les psychologues et les magn�tiseurs sont innombrables et accompagn�es de d�tails si pr�cis, qu�il serait impossible de les expliquer par des hallucinations[8].
Citons quelques autres cas, dont plusieurs sont in�dits :
Le
docteur Balme, de Nancy, soignait Mme la comtesse de L.... atteinte de
dyspepsie. Elle se rendait � ses consultations et il ne p�n�tra jamais dans
sa demeure, situ�e hors de la ville. Trois jours apr�s une de ses visites, le
19 mai 1899, rentrant chez lui et traversant l�antichambre, il entendit ces
mots : � Comme je me sens mal, et personne pour me secourir ! �
puis il entendit le bruit d�un corps qui s�affaissait sur une chaise longue.
La voix �tait celle de Mme de L... Il s�informa, mais nul dans la maison
n�avait vu, ni entendu cette dame. Il se retira dans son cabinet de travail,
se recueillit et, s��tant plac� en l�ger �tat d�hypnose, se transporta
chez la dame et la vit. Il suivit tous ses faits et gestes, et les nota
minutieusement.
Lorsque
Mme de L... vint le voir, il lui communiqua ses impressions, qui se trouv�rent
exactes en tous points et conformes � la r�alit� des faits. � Apr�s vous �tre
retir�e dans votre chambre, que paraissiez-vous donc chercher autour de vous ?
� lui demanda-t-il. - � Il me semblait qu�on me regardait �, r�pondit la
dame[9].
A l�exemple du docteur Gibert et de M. Pierre Janet, dont le sujet, L�onie, ob�issait � la suggestion � un kilom�tre de distance[10], le docteur Balme avait le pouvoir de transmettre mentalement sa volont� � une demoiselle de Lun�ville. Il l�obligeait ainsi � venir dans son cabinet, � Nancy, r�clamer ses soins. Un jour, ayant concentr� et dirig� vers elle sa pens�e, il pronon�a les paroles suivantes: � Venez, je vous attends par le train de midi. � A l�heure dite, la jeune fille, entrait chez lui, disant : � Me voici �[11].
C. Flammarion, dans son ouvrage : l�Inconnu et les Probl�mes psychiques, p. 352, cite le cas d�un enfant qui, d�s l��ge de cinq ans, r�solvait des probl�mes tr�s compliqu�s et r�p�tait des mots et des phrases que sa m�re puisait mentalement dans un livre. L�enfant ne calculait pas, mais lisait seulement dans la pens�e de sa m�re la solution des probl�mes pos�s ; d�s que celle-ci s��loignait, il devenait incapable d�obtenir la moindre solution.
Selon M. G. Delanne[12], on doit ramener les �tats vibratoires individuels � trois types g�n�raux, qu�il appelle visuels, auditifs et moteurs. On expliquerait par l� la vari�t� des perceptions chez les sensitifs et les m�diums. Chez les sensitifs appartenant � ces divers types, les impressions produites par une m�me cause rev�tiront des formes diff�rentes. L�action psychique d�un vivant, � distance, ou celle d�un Esprit, provoquera chez les uns la vision d�une figure, d�un fant�me ; chez les autres, l�audition de sons, de bruits, de paroles ; elle suscitera des mouvements chez un troisi�me[13].
Les impressions peuvent �galement varier chez des sensitifs appartenant au m�me type sensoriel. La pens�e initiale sera per�ue par eux sous des formes distinctes, quoique le sens de la manifestation soit identique au fond. C�est ce que nous avons remarqu� bien des fois dans nos propres exp�riences. Plusieurs m�diums auditifs percevaient la pens�e de l�Esprit et la traduisaient en termes diff�rents.
Ceci nous d�montre qu�un grand nombre de ph�nom�nes t�l�pathiques doivent �tre rang�s dans l�ordre subjectif, en ce sens qu�ils se produisent uniquement dans le cerveau du percipient. Quoique internes, ils ne sont pas moins r�els. L�onde vibratoire, �man�e d�une pens�e �trang�re, va frapper le cerveau du sujet et lui donne l�illusion d�un fait ext�rieur, qui, suivant son �tat dynamique, semblera visuel, auditif ou tactile.
Nous savons que les impressions des sens sont toutes centralis�es au cerveau. Celui-ci est le r�cepteur v�ritable, qui emmagasine les sensations et les transmet � la conscience. Or, suivant son �tat vibratoire, nous sommes port�s � rattacher nos sensations � un des trois �tats sensoriels sus-indiqu�s. De l�, la vari�t� des impressions suggestives per�ues par les sensitifs.
Voici plusieurs cas in�dits, o� l�action t�l�pathique se manifeste par des bruits et des visions :
Mme
Troussel, n�e Daudet, parente de l�illustre �crivain, habitant Alger, rue
Daguerre, communique t�l�pathiquement, � heures convenues, avec plusieurs de
ses amies, chacune servant � son tour de transmetteur et de r�cepteur. Elles
�tablissent r�ciproquement le proc�s-verbal des pens�es �mises et des
impressions ressenties, et comparent ensuite. Des questions mentales pos�es �
distance obtiennent des r�ponses pr�cises ; un probl�me compliqu� a �t�
r�solu. En moyenne, sept exp�riences sur dix r�ussissent. Parfois la pens�e,
tendue avec intensit�, produit une action physique sur les meubles, qu�elle
fait vibrer fortement.
Mme
Troussel a fait la m�me exp�rience avec une de ses amies de Marseille. Elles
devaient se mettre en communication le jeudi saint, � 8 heures et demie du
soir. Mais, le m�ridien n��tant pas identique et Marseille �tant en avance
sur Alger, comme Mme Troussel montait � sa chambre pour y chercher
l�isolement, elle se sentit envahie par un sentiment de tristesse. Un instant
apr�s, s��tant recueillie, elle vit appara�tre sa jeune amie de Marseille ;
pr�s d�elle �tait un petit enfant qui lui tendait les bras en souriant et
lui montrait un rayon lumineux qui semblait descendre du ciel. Mme Troussel
s�empressa de faire parvenir � son amie la relation de cette exp�rience.
Leurs lettres se crois�rent. Celle de Marseille contenait les lignes suivantes :
� J�ai choisi le jeudi saint, ch�re amie, parce que c��tait le jour anniversaire de la mort de mon enfant bien-aim�. A l�heure indiqu�e, vous �tes venue me consoler. J�ai pens�, � ce moment, � ce cher petit �tre ; y avez-vous aussi song� ? Je vous ai vue monter du rez-de-chauss�e au premier. Vous aviez une robe que je ne connais pas (d�tail exact). Chose �trange, en pensant � tout cela, je voyais en m�me temps l�immensit� de la mer ; le rayon lumineux du phare semblait venir du ciel et parvenait jusqu�� moi. �
Des messages �crits ont �t� donn�s par des vivants ext�rioris�s, � de grandes distances. Aksakof rapporte les faits suivants[14] :
�
M. Thomas Everitt, de Londres, obtint, par la main de sa femme, un message
d�un de ses amis, m�dium, en route pour l�Am�rique.
�
Le grand-juge Edmonds, de New-York, rapporte que deux groupes spirites, r�unis
� la m�me heure, � Boston et � New-York, correspondaient par leurs m�diums
respectifs.
� De m�me, deux groupes d�exp�rimentateurs, assembl�s � Madrid et � Barcelone, communiquaient ensemble par les m�mes proc�d�s. Apr�s chaque s�ance, on r�digeait, de part et d�autre, un proc�s-verbal, aussit�t remis � la poste. Les deux messages �taient toujours conformes[15]. �
La Revue scientifique et morale du Spiritisme, dans son num�ro de janvier 1908, cite un fait int�ressant, extrait des M�moires de Mme Adelma de Vay :
�
Mme de Vay raconte que, pendant la campagne de 1866, son cousin, le comte
Wurmbrandt, faisait partie de l�arm�e autrichienne. Le 25 mai, elle eut une
longue communication de lui. � C�est moi, votre cousin Louis Wurmbrandt. Je
vais bien, mon esprit est avec vous, mais mon corps est au camp, au milieu des
soldats... � Le 15 juin, nouvelle communication : � ... Nous attendons une
bataille... mon corps est tout � fait endormi... je pense vivement � vous...
� Le 4 juillet encore une communication : � Ne doutez pas de la pr�sence de
mon esprit... nous venons d�avoir une grande bataille. Pour moi, je
vais bien. �
�
Le 5 juillet, le nom de Wurmbrandt para�t sur la liste des tu�s. Cependant, le
9 du m�me mois, Mme de Vay re�oit une communication de son cousin : �
J�ai heureusement surv�cu � la bataille de Konig-Gratz. Dans trois jours, je
vous en donnerai confirmation par lettre. � Effectivement, Mme de Vay re�ut
de son cousin une lettre �num�rant en particulier les pertes �normes subies
par son bataillon : ce qui explique l�erreur de sa mort. �
Pour pratiquer la t�l�pathie, deux conditions sont n�cessaires. Ce sont, d�une part, chez l�op�rateur, la concentration et l�ext�riorisation de la pens�e. Pour agir mentalement � distance, il faut se recueillir et diriger sa pens�e avec persistance vers le but choisi. On provoque ainsi un d�gagement partiel de l��tre psychique et l�on cr�e un courant de vibrations qui nous unit � notre correspondant. Chez celui-ci, d�autre part, un degr� suffisant de sensibilit� est n�cessaire.
Ces conditions ne se rencontrent pas aussi souvent qu�on pourrait le supposer. Il faut les cr�er par une action prolong�e de la volont�, puis les am�liorer par l�exercice quotidien des facult�s acquises.
Le
docteur Balme constate[16]
qu�ayant exp�riment� avec une de ses amies, il n�obtint d�abord aucun r�sultat.
Tous les jours, � la m�me heure, et pendant longtemps, ils poursuivirent leur
tentative. Les pens�es �chang�es furent d�abord contradictoires. Un jour
cependant, un mot fut per�u avec exactitude ; puis, par la suite, des
phrases de quatre et cinq mots furent transmises. Enfin, au bout de deux ans,
ils communiqu�rent � distance, � n�importe quel moment de la journ�e, en
frappant d�abord quelques coups dans leurs mains.
On le voit, dans ces exp�riences, la pers�v�rance est l��l�ment essentiel de tout succ�s. Il faut, avant tout, apprendre � fixer ses pens�es. Celles-ci sont instables, flottantes ; elles volent trop souvent d�un objet � un autre. Sachons les maintenir sous l�action de la volont� et leur imposer un but pr�cis. Cet exercice est des plus salutaires, en ce sens qu�il nous habitue � pratiquer la discipline mentale.
Une fois notre pens�e fix�e et le courant vibratoire �tabli, la communication devient possible. Nous arrivons non seulement � correspondre t�l�pathiquement avec nos amis terrestres, mais aussi avec ceux de l�espace, car la loi des correspondances est la m�me dans les deux cas. Il n�est pas plus difficile de nous entretenir mentalement avec ceux de nos bien-aim�s dont la mort a bris� l�enveloppe, qu�avec ceux qui, rest�s sur la terre, ont �t� dispers�s au loin par les exigences de la vie. La puissance de l��vocation qui va frapper l��tre spirituel � travers l�immensit�, dans une r�gion inconnue de l��vocateur, est la d�monstration la plus �vidente de la force de la pens�e.
�
� �
Parfois l��me, durant la veille ou pendant le sommeil, s�ext�riorise, s�objective dans sa forme fluidique et appara�t � distance. De l�, le ph�nom�ne des fant�mes des vivants .
Un cas des plus remarquables est celui d��milie Sag�e, institutrice � Volmar, dont le d�doublement a pu �tre observ� nombre de fois par les 42 personnes habitant le pensionnat[17].
On peut ajouter le cas du r�v�rend Th. Benning, cit� par Mme Hardinge-Britten dans le Banner of Light. Son double se transporta � Troy, o� il devait faire une conf�rence le lendemain, afin de pr�venir qu�une indisposition l�emp�chait d�accomplir sa promesse. Il y fut vu et entendu par trois personnes, et l�une d�elles fut pouss�e par lui. Pendant ce temps, son corps n�avait pas quitt� New-York[18].
Une jeune bonne allemande, de Boston (Mass.), atteinte de fi�vre et de nostalgie, se transportait en r�ve dans sa famille, en Europe. L�, pendant quinze nuits cons�cutives, tous ses parents l�entendirent frapper � la porte de la maison paternelle et virent entrer son fant�me. Tous crurent � sa mort ; mais elle revint � la sant�[19].
Le Times, dans son �dition hebdomadaire du 1er janvier 1908, consacre un long article � un fait de d�doublement, qui aurait �t� constat� � la cure de East Rudham. Le desservant de cette cure, le r�v�rend docteur Astley, � la suite d�un accident de chemin de fer sur la ligne de Biskra, fut transport� � l�h�pital des Anglais, � Alger. Pendant qu�il s�y trouvait en traitement, son fant�me fut aper�u � diff�rentes reprises et distinctement reconnu par trois personnes, notamment par le r�v�rend Brock, vicaire charg� de remplacer le docteur Astley � la cure de East Rudham pendant son absence.
Les t�moignages les plus nombreux �manent de la Soci�t� des recherches psychiques de Londres. Cette soci�t�, compos�e d�hommes �minents, a �lev� un v�ritable monument scientifique par la publication du livre The Phantasms of the living[20] et celle de ses Proceedings, recueil de proc�s-verbaux formant vingt-deux volumes et embrassant une p�riode de vingt ann�es d��tudes. Ces ouvrages relatent des milliers de cas d�apparitions, observ�s avec m�thode et rigueur, et notent les circonstances et les preuves donnant � chaque fait son caract�re d�authenticit� et l�appui de t�moignages s�v�rement contr�l�s.
Ces faits �tablissent d�une mani�re incontestable les rapports existant entre l�apparition du double et la personne vivante qu�il repr�sente.
On ne saurait attribuer � tous ces ph�nom�nes un caract�re subjectif. Dans certains cas, ainsi que nous l�avons vu, le cerveau du percipient seul est impressionn� par les vibrations d�une pens�e lointaine, vibrations qui se transmettent au foyer visuel et y font na�tre l�image du manifestant. Mais ici, dans la plupart des cas, les ph�nom�nes observ�s ne se pr�tent nullement � cette interpr�tation. L�objectivit� en est d�montr�e par ce fait que les fant�mes sont vus par plusieurs personnes � la fois, ou bien successivement, par exemple, lorsque le fant�me se transporte aux diff�rents �tages d�une maison.
Les fant�mes des vivants agissent sur la mati�re, ils ouvrent et ferment des portes, agitent des sonnettes[21], font entendre des accords sur des pianos ferm�s[22]. Ils impressionnent des animaux domestiques, laissent des traces de mains et de doigts sur la poussi�re des meubles, et m�me parfois des communications �crites, qui restent comme une preuve irr�cusable de leur passage[23].
Les d�doublements de vivants ont �t� constat�s dans tous les temps. L�histoire en relate de nombreux cas, appuy�s sur des t�moignages importants.
Tacite rapporte[24] que Basilide apparut � Vespasien dans un temple d�Alexandrie, alors qu�il �tait retenu par la maladie � plusieurs journ�es de distance.
La mystique chr�tienne[25] enregistre comme faits miraculeux des cas de bilocation ou bicorpor�it�, o� nous reconna�trons facilement des ph�nom�nes d�ext�riorisation.
Saint Alphonse de Liguori fut canonis� pour s��tre montr� simultan�ment en deux endroits diff�rents. �tant endormi � Arienzo, il put assister � la mort du pape Cl�ment XIV, � Rome, et annon�a, d�s son r�veil, qu�il venait d��tre t�moin de cet �v�nement.
Le cas de saint Antoine de Padoue est c�l�bre. �tant en Espagne et pr�chant, il s�arr�te tout � coup au milieu de son sermon et s�assoupit. En ce moment m�me, � Padoue, son p�re, accus� faussement de meurtre, �tait conduit au supplice. Saint Antoine appara�t, d�montre l�innocence de son p�re et fait conna�tre le vrai coupable.
On trouve nombre de faits analogues dans la vie des saints et notamment dans celles de saint Ambroise, de saint Fran�ois Xavier, de saint Joseph de Cupertino, de sainte Marie d�Agreda, de sainte Lydwine, etc.
L��tre humain, d�gag� des liens charnels par la pri�re, les hautes aspirations et par une vie sobre et pure, devient plus apte � s�ext�rioriser..
La possibilit� de ces manifestations est �galement d�montr�e par les exp�riences des magn�tiseurs, comme Du Potet, Deleuze, Billot ; par Kerner, Perty, d�Assier, etc.
Remarquons que ces ph�nom�nes ne se produisent pas seulement pendant le sommeil. Une violente �motion, certaines maladies, l�agonie, la mort, peuvent provoquer le d�gagement psychique.
M. C. Flammarion, dans l�Inconnu et les Probl�mes psychiques, chap. VII, cite cent quatre-vingt-six cas dans lesquels des mourants font entendre des appels ou se manifestent � distance[26]. Dans la Revue des Revues (r�ponse � Saint-Sa�ns), l�illustre astronome relate le fait suivant :
�
Une jeune femme, apr�s sept ann�es de tendres relations, avait �t� s�par�e
de l�homme qu�elle aimait. Celui-ci se maria et elle n�en entendit plus
parler. Plusieurs ann�es s��coul�rent, puis, une nuit d�avril 1893, elle
vit entrer dans sa chambre une forme humaine, qui s�avan�a et se pencha sur
elle. Elle sentit avec terreur sur ses l�vres le baiser prolong� d�une
bouche glac�e. Le lendemain vers midi, parcourant un journal, elle y apprit le
d�c�s et les obs�ques de celui qu�elle aimait. �
On
lit dans l��clair du 24 novembre 1908[27]
� Un capitaine de la marine de guerre anglaise croisait dans les mers du Sud.
Un soir, enferm� dans sa cabine, il faisait au tableau noir des calculs alg�briques.
A un moment, il s�assit � sa table pour transcrire sur son carnet les r�sultats
obtenus. Comme il se retournait pour lire sur le tableau la derni�re �quation,
il vit tout � coup une main, avec un vague poignet, qui parut, saisit l��ponge
et effa�a les formules. Il resta stup�fait, immobile. Une figure indistincte
d�abord et n�buleuse se fit voir ; c��tait un homme en uniforme, dans
lequel il reconnut un de ses anciens camarades d��cole, officier de marine
comme lui et qu�il n�avait pas vu depuis de longues ann�es. Il remarqua
qu�il avait vieilli. La figure prit un morceau de craie, �crivit une
latitude, une longitude, et disparut. Le capitaine revint de sa stupeur. Il se
pr�cipita hors de sa cabine, appela ses lieutenants, leur raconta la vision
qu�il venait d�avoir, et leur montra les indications inscrites au tableau,
en leur faisant constater que jamais il ne faisait les chiffres de cette fa�on.
Ils not�rent la date et l�heure, et, ob�issant � un m�me sentiment, firent
force de vapeur vers le point des mers marqu� au tableau. Ils l�atteignirent
en cinq jours et crois�rent pendant de longues heures aux alentours de cet
endroit, situ� en plein oc�an, � des milliers de milles de toute c�te et en
dehors des routes de la navigation. Enfin, au matin du sixi�me jour, ils virent
au lointain quelque chose qui flottait, point noir sur l�horizon clair et
brumeux. Ils l�atteignirent. C��tait un radeau compos� de planches �
peine assembl�es, et sur lequel, sans vivres, sans eau, � la merci du moindre
coup de vent, �taient accroch�s trois agonisants, seuls survivants, comme ils
le racont�rent quarante-huit heures plus tard, lorsqu�ils purent parler, du
naufrage d�un grand vaisseau qui s��tait incendi� et avait p�ri en peu de
temps. Ce vaisseau �tait command� par l�officier qui �tait apparu devant le
tableau noir. Le sinistre avait eu lieu au point inscrit par le fant�me et
juste au moment o� il s��tait manifest�.
� Le capitaine porta le fait sur son livre de bord. Sans doute on peut croire qu�il �crivit lui-m�me et inconsciemment les chiffres au tableau noir. Mais alors il faut admettre qu�il agit sous l�influence de l�esprit de son ancien camarade qui mourait dans les flammes, et qui lui transmit la latitude et la longitude du lieu o� s��tait produite la catastrophe. �
Ces cas sont multiples, et c�est en vain qu�on chercherait � les expliquer par la th�orie de l�hallucination. Ici, il y a relation de cause � effet. La mort co�ncide avec les apparitions, et celles-ci sont trop nombreuses pour qu�on puisse consid�rer les co�ncidences comme le r�sultat du hasard. Les voix entendues sont celles de personnes �loign�es ; les visions, celles de figures connues ; les costumes sont v�rifi�s exacts. D�tail � noter : des chiens, des chevaux s�agitent et manifestent leur inqui�tude � l�approche des ph�nom�nes. Ils semblent en avoir la vision ou le pressentiment bien avant que l�homme puisse les percevoir.
Les ph�nom�nes dus � l�ext�riorisation, ou action extra-corporelle de l��me humaine, ont �t� �tudi�s avec attention et class�s par Aksakof sous la d�nomination g�n�rale d�animisme. Ce savant observateur a voulu �tablir une distinction tranch�e entre ces faits et les manifestations des d�funts. En r�alit�, cette distinction n�existe pas ; ces faits, comme nous le verrons par la suite, sont toujours identiques, soit avant, soit apr�s la mort. L��me de l�homme ext�rioris�e peut, tout comme l��me d�sincarn�e, influencer des m�diums, dicter des communications, des messages, soit par l��criture, soit au moyen des tables, provoquer des d�placements d�objets mat�riels, appara�tre � une grande distance de son corps et influencer des plaques photographiques.
Allan Kardec a consacr� tout un chapitre du Livre des m�diums [28],� l��tude des apparitions de vivants. Ces ph�nom�nes n��taient donc pas ignor�s des spirites, comme on l�a pr�tendu, et Aksakof, dans Animisme et Spiritisme, a simplement confirm� ce qui avait �t� reconnu bien avant lui.
Des exp�riences plus r�centes ont d�montr� la possibilit�, pour certains �tres humains, de se d�doubler partiellement, de mat�rialiser certaines parties de leur forme fluidique et de produire des ph�nom�nes vari�s.
Des m�diums, comme Eusapia Paladino et Eglinton, ont, � plusieurs m�tres de distance, et sans contact physique, provoqu� le d�placement de corps inertes en pleine lumi�re et laiss� des empreintes de leurs membres fluidiques, dans des substances molles : terre glaise, paraffine ou noir de fum�e[29].
Nous ne saurions passer sous silence les cas d�incorporation de vivants dans l�organisme de m�diums endormis. Ce genre de manifestations apporte presque toujours un �l�ment de trouble et d�erreur dans les ph�nom�nes de la trance, et il faut une exp�rience consomm�e pour ne pas les confondre avec les manifestations des d�funts. En effet, les vivants, incorpor�s dans un organisme �tranger, ne se rendent pas toujours compte eux-m�mes de leur v�ritable situation.
Voici un exemple qui d�montre combien il est n�cessaire, au cours de ces exp�riences, de tenir toujours l�attention en �veil :
Pendant trois ann�es, l�esprit d�un vivant a pu se manifester par voie d�incorporation dans le groupe que nous dirigions, � Tours, sans qu�on s�avis�t de le distinguer des esprits de d�funts qui intervenaient habituellement dans nos s�ances. Il nous fournissait cependant, sur son identit�, les d�tails les plus pr�cis. Il disait se nommer B..., avait �t� sacristain du village de D..., dans la Sarthe, Sa parole tra�nante, son geste lourd et fatigu�, son attitude affaiss�e, contrastaient avec la mani�re d��tre du m�dium et des autres Esprits familiers. Nous le reconnaissions, d�s les premi�res paroles prononc�es. Il nous narrait par le menu les moindres incidents de sa vie, les remontrances de son cur� sur sa paresse et son ivrognerie, le mauvais �tat de l��glise et du mat�riel confi� � ses soins, et jusqu�� ses recherches infructueuses dans l�espace pour y trouver la confirmation de ce qui lui avait �t� enseign� ! Tout en lui, ses propos, ses souvenirs, ses regrets, nous confirmait dans la ferme opinion que nous avions affaire � un homme d�c�d�.
Quelle ne fut pas notre surprise, lorsqu�un membre de notre groupe s��tant rendu dans la r�gion et ayant �t� charg� de proc�der � une enqu�te, nous appr�mes que B... vivait encore de la vie de ce monde ! Tout ce qu�il nous avait dit d�ailleurs �tait exact. Notre co-soci�taire put le voir et s�entretenir avec lui. Devenu vieux et adonn� de plus en plus � la paresse et � la boisson, il avait d� r�signer ses fonctions. Tous les soirs, il se couchait de bonne heure et s�endormait d�un lourd sommeil. Il pouvait ainsi s�ext�rioriser, se transporter pr�s de nous les jours de s�ances, et s�incorporer en l�un de nos m�diums, � qui le rattachaient des liens d�affinit� dont la cause nous resta toujours inconnue.
On se demande comment l��me des vivants peut arriver � produire, pendant le sommeil, des ph�nom�nes aussi surprenants que compliqu�s. Dans certains cas, les apparitions, les mat�rialisations, n�cessitent une grande puissance, une connaissance approfondie de ce que nous appelons la chimie spirituelle ; et l�on s��tonnera qu�aussit�t sortie de son enveloppe charnelle, l��me puisse en p�n�trer les lois.
La force n�cessaire pour produire ces ph�nom�nes para�t �tre puis�e dans le corps physique, auquel la forme fant�male est reli�e par une sorte de cordon fluidique, quelle que soit la distance. L�existence de ce lien est constat�e par les voyants et confirm�e par les Esprits. Il est si subtil, qu�� chaque sensation un peu vive per�ue par le corps mat�riel, l��me, brusquement ramen�e, reprend sa place en celui-ci. Cet acte constitue le r�veil.
Il ne faut pas oublier que l�esprit commande � la mati�re. L��me dispose � son gr� des �l�ments impond�rables de la nature. C�est par leur moyen qu�elle construit d�abord le corps fluidique, canevas du corps physique, puis elle �difie celui-ci � l�aide des �l�ments terrestres qu�elle r�unit et assimile.
Pendant le sommeil normal, comme dans le sommeil magn�tique, le lien qui unit les deux corps se rel�che sans se briser. Les deux enveloppes se s�parent. Si, en s��loignant, le corps fluidique rassemble l��nergie n�cessaire, il peut se condenser, se concr�ter, agir sur la mati�re, produire des sons, des bruits, se rendre visible.
En tout ceci, le grand moteur, c�est la volont�. Cette facult� est cr�atrice. Nous en avons la d�monstration dans les ph�nom�nes de la suggestion, au moyen desquels la volont�, agissante peut produire dans le corps humain des modifications profondes. Ainsi l�esprit, par la puissance mentale, peut pr�ter � la mati�re subtile les formes, les attributs, les apparences de costumes, de v�tements qui permettront de le reconna�tre.
En outre, dans la plupart des cas, le manifestant est assist� par des amis invisibles. Les interventions de l�esprit John King, dans les s�ances d�Eusapia, et d�Abdullah, dans celles d�Eglinton, etc., en sont des preuves manifestes. Les habitants de l�espace, en g�n�ral, poss�dent une exp�rience, une connaissance plus �tendue des choses de ce milieu. Leur force de volont� est grande et ils peuvent aider efficacement � la production de certains faits t�l�pathiques, que le manifestant ne saurait r�aliser sans leur secours.
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Tous les ph�nom�nes que nous venons de d�crire appartiennent au domaine de l�observation. On peut y ajouter des faits d�exp�rience, provoqu�s par la volont� et permettant de constater la pr�sence simultan�e du corps mat�riel et du double fluidique de l��me en deux endroits diff�rents.
Ici, il n�y a plus aucune part � faire au hasard, ni � des co�ncidences fortuites. Le but indiqu� � l�avance par l�exp�rimentateur est poursuivi et atteint � l�aide de proc�d�s et dans des conditions qui d�fient toute critique. Ces faits sont nombreux. Nous en indiquerons quelques-uns :
� M.
Desmond-Fitz-G�rald, ing�nieur, a pris part � une exp�rience d�cisive.
L�esprit d�une jeune fille ext�rioris�e pendant le sommeil a �t� envoy�
chez elle et s�y est mat�rialis�. Sa pr�sence a �t� constat�e par
plusieurs personnes, dont l�une fut touch�e par le fant�me, ce qui lui causa
une grande frayeur[30].
C�est une exp�rience de d�doublement avec r�sultat positif.
� Mme de Morgan, �pouse du professeur � qui l�on doit l�ouvrage intitul� : From matter to spirit, met une jeune fille en �tat d�hypnose et ordonne � son double ext�rioris� d�aller frapper contre la porte d�entr�e. Les coups furent entendus par plusieurs personnes, qui ouvrirent aussit�t et constat�rent que la rue �tait d�serte[31]. �
On peut trouver, dans certains ouvrages et revues, des cas nombreux o� des personnes vivantes, �voqu�es dans leur sommeil, viennent donner, par l�interm�diaire de m�diums, des communications contenant des preuves d�identit�[32].
Ajoutons-y des reproductions photographiques de doubles ou fant�mes de vivants ext�rioris�s. Ici le t�moignage est irr�cusable, aucune illusion n�est possible. On ne saurait suspecter la plaque sensible d��tre sujette � des hallucinations.
Le professeur Istrati, membre du conseil des ministres de Roumanie, en concentrant sa volont� avant de s�endormir, a pu s�ext�rioriser, appara�tre et se faire photographier en esprit par le docteur Hasdeu, s�nateur roumain, � plus, de 56 kilom�tres de distance. Sur la plaque, on distingue l�image fluidique du professeur regardant dans l�obturateur de l�appareil[33].
De cet ensemble de faits, une certitude se d�gage. C�est que l��me humaine n�est pas, comme le croient les mat�rialistes, une r�sultante de l�organisme, passag�re comme lui, une fonction du cerveau, s��vanouissant � la mort ; mais un �tre en soi, ind�pendant des organes.
Son action peut s�exercer en dehors des limites du corps, transmettre � d�autres �tres ses pens�es, ses sensations et m�me se d�doubler et appara�tre dans sa forme fluidique. Ind�pendante des lois de l�espace et du temps, elle voit � distance et se transporte au loin ; elle lit dans le pass� et peut p�n�trer l�avenir.
L�existence de l��me se r�v�le donc par des faits. Le corps n�est pas une condition indispensable de sa vie et, si elle est li�e � lui durant son passage terrestre, ce lien n�est que temporaire. Apr�s sa s�paration de l�organisme physique, elle continue � se manifester par des ph�nom�nes d�ordre spirite, dont l��tude fera l�objet des chapitres qui vont suivre.
L��tude de l��me ext�rioris�e pendant la vie nous conduit ainsi � 1��tude de ses manifestations apr�s la mort. Les lois qui r�gissent ces ph�nom�nes sont identiques. L�ext�riorisation n�est qu�un acheminement de l�esprit vers l��tat de libert�, vers cette autre forme de l�existence o� il se retrouve affranchi des entraves de la mati�re.
Ce ne sera pas un des moindres titres de gloire de ce spiritisme, longtemps m�pris�, que d�avoir appris � l��me humaine � s��tudier elle-m�me dans ses profondeurs, � entrouvrir le voile �pais qui cachait le secret de sa nature et de sa grandeur.
[1] Proceedings, t. I.
[2] Pages 411 � 489.
[3] T. I, p. 30 ; t. II, p. 160.
[4] Voir l'Inconnu et les Probl�mes psychiques, pp. 493, 494, 495.
[5] Voir le Matin, du 7 janvier 1909.
[6] Voir chap. VIII.
[7] Voir C. FLAMMARION, l'Inconnu et les Probl�mes psychiques, pp. 322,325, etc.
[8] Voir les exp�riences du baron Du Potet, � l'H�tel-Dieu (Du Potet, Trait� de magn�tisme, passim) ; du magn�tiseur Lafontaine ("FONTAINE, l'Art de gu�rir) ; du professeur C. Richet et du docteur Ochorowicz (la Suggestion mentale) ; du docteur Moutin (le Diagnostic de la suggestibilit�) ; de M. Boirac, recteur de l'Universit� de Grenoble (Annales des Sciences psychiques, 1896, p 36) ; de Flammarion (I'Inconnu el les Probl�mes psychiques. 57 exp�riences de transmission de pens�e sans le secours des sens, chap. VI).
[9] Bulletin de la Soci�t� des �tudes psychiques de Nancy, avril 1901.
[10] Voir PIERRE JANET, Revue de Philosophie, ao�t 1886.
[11]Bulletin de la Soci�t� des �tudes psychiques de Nancy, avril 1901.
[12] Revue scientifique et morale du Spiritisme, octobre 1901, pp. 193, 194
[13] On peut voir des exemples de cette nature dans l'ouvrage de MYERS, GURNEY et PODMORE, les Fant�mes des vivants (�dition fran�aise), pp. 350,354, et dans celui de C. FLAMMARION, l'Inconnu et les Probl�mes psychiques, pp. 117, 144.
[14]AKSAKOF, Animisme et Spiritisme, pp. 478, 485, 487. Voir aussi deux autres cas curieux, pp. 490 et 505.
[15] EUGENE NUS, Choses de l'autre monde, p. 365.
[16]Bulletin de la Soci�t� des �tudes psychiques de Nancy, avril 1901.
[17] AKSAKOF, Animisme et Spiritisme, p. 498.
[18]AKSAKOF, Animisme et Spiritisme, p. 516.
[19] AKSAKOF, Animisme et Spiritisme, p. 520.
[20]Les Fant�mes des vivants (�dition fran�aise abr�g�e sous le nom de Hallucinations t�l�pathiques). Paris, 1891, in-8, Alcan.
[21]Hallucinations t�l�pathiques, p. 237.
[22] AKSAKOF, Animisme et Spiritisme, pp. 514, 515.
[23] AKSAKOF, Animisme et Spiritisme, p. 521.
[24] TACITE, Hist., liv. IV, chap. LXXXI-LXXXII.
[25] J. RIBET, la Mystique divine, t. II.
[26] Voir aussi AKSAKOF, Animisme et Spiritisme, p. 495, et D'ASSIER, l'Humanit� posthume, p. 147. The Phantasms of the living relataient �galement de nombreux cas d'apparitions de mourants et de d�c�d�s, avec co�ncidence de mort.
[27] D'apr�s la Revue spirite, f�vrier 1909.
[28] Pages 143 et suivantes. Voir aussi Livre des Esprits p. 183 visites spirites entre personnes vivantes, et Revue spirite, 1860, p. 81 : l'�vocation de l'esprit du docteur Vignal, endormi.
[29] Voir AKSAKOF, Animisme et Spiritisme, p. 509 ; DE ROCHAS, Ext�riorisation de la motricit� (exp�riences faites avec Eusapia par MM. Lombroso, Schiaparelli, Finzi, Ermacora, Wagner, Ch. Richet, de Rochas, Flammarion, Lodge, Ochorowicz, etc.).
[30] AKSAKOF, Animisme et Spiritisme, p. 511. voir aussi, p. 512, le cas de la somnambule Suzette B., dont le double appara�t au docteur Ruffli et �teint sa bougie.
[31] Light, 1883, p. 458 ; AKSAKOF, Animisme, p. 493. Voir aussi Phantasms of the living, �dition fran�aise, p. 45.
[32] Voir Revue spirite, 1860, pp. 81, 88, 173 ; ALLAN KARDEC, Ciel et Enfer, p. 474 ; AKSAKOF, Animisme, p. 470 ; Banner of Light, 6 novembre et 1l d�cembre 1875.
[33] Docteur BARADUC, l'Ame humaine, ses mouvements, ses lumi�res. Voir aussi le cas Humber (AKSAKOF, Animisme, p. 78) ; celui du juge Carter (Banner of Light, 31 juillet 1875) ; le cas de W. Stead (Borderland, avril 1896).
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