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3. T�moignage de M. le professeur Seiling [1] (L�original est en allemand)
A. - Lettre de M. Seiling � M. Aksalkow
Monsieur,
Si, bien qu'inconnu de vous, je me permets de vous envoyer l'explication suivante, c'est que Mme d'Esp�rance, votre amie, en a exprim� le d�sir, estimant que son contenu pourrait �tre d'un grand int�r�t pour vous.
Dans la s�ance spirite qui eut lieu, le 11 d�cembre courant, dans ma maison avec Mme d'Esp�rance, il se passa entre autres le ph�nom�ne suivant :
Vers la fin de la s�ance qui avait dur� environ deux heures et demie, Mme d'Esp�rance � la gauche de laquelle j'�tais assis, donc tout pr�s du cabinet, me pria de t�ter le si�ge de sa chaise mais en me laissant guider la main. Elle conduisit alors ma main par dessus tout le si�ge, et, � mon grand �tonnement, sans que j'aie rien per�u de la partie inf�rieure de son corps, tandis que je pouvais voir et sentir la robe, �tendue sur la chaise. Retourn� � ma place, je vis Mme d'Esp�rance, durant un bon quart d'heure, en apparence comme si elle �tait assise sur la chaise, avec, toutefois, la partie inf�rieure de son corps manquante, de mani�re que la robe pendait � angle droit sur le bord du devant de la chaise.
Afin de permettre � un autre assistant d'examiner mieux ce ph�nom�ne, j'�changeai ma place avec celle de cette personne qui �tait situ�e plus vers le milieu du cercle ; aussi je ne pus observer le retour du corps avec autant de nettet�, que les personnes assises, de c�t�, parmi lesquelles se trouvait ma femme qui assure avoir vu distinctement la partie du corps revenir graduellement � son �tat normal.
Il me para�t m�me digne d'�tre mentionn� que Mme d'Esp�rance a, dans cet �tat, bu deux fois de l'eau. L'�clairage �tait suffisant pour que la m�dium p�t �tre � peu pr�s aper�ue des quinze places du demi-cercle.
Comme je demandais plus tard � Mme d'Esp�rance la raison pour laquelle j'avais d� laisser conduire ma main par la sienne, elle m'expliqua que la seule id�e d'un mouvement de la chaise lui donnait des sueurs d'angoisse et que, dans ce cas, elle aurait certainement �prouv� une tr�s grande souffrance.
Mon rapport sur toutes les s�ances en g�n�ral qui ont eu lieu � Helsingfors sera publi� fort probablement dans � Die Ubersinnliche Welt [2] �.
Veuiller agr�er etc...
Max SEILING
Helsingfors, le 4/16 1893
B. - Lettre de M. Aksakow � M. Seiling
Saint-P�tersbourg, le 10/22 d�cembre 1893
Cher Monsieur,
Je vous suis tr�s reconnaissant de votre lettre. Le fait est que les impressions subjectives de Mme d'Esp�rance peuvent bien ne pas co�ncider avec la r�alit� existante pour nous. Voil� pourquoi j'ai attendu avec impatience la confirmation par d'autres t�moins du ph�nom�ne remarquable de la disparition d'une partie de son corps � une s�ance, ph�nom�ne ayant la plus grande signification pour la compr�hension du ph�nom�ne de mat�rialisation ; il est donc de la plus grande importance de l'�tablir avec toute la pl�nitude possible des d�tails. Dans la conviction que vous partagez compl�tement ce point de vue, je me permets de m'adresser � vous avec la pri�re de vouloir bien me donner des r�ponses aux questions suivantes :
1) Sur quelle chaise �tait assise Mme d'Esp�rance ? Ne pourriez-vous m'en donner le dessin ?
2) Ne pourriez-vous pas aussi me donner un croquis en profil de la figure de la m�dium � ce moment l�, ainsi que de la position de sa robe sur la chaise ?
3) Quand Mme d�Esp�rance vous a appel� pour vous demander votre main, vous a-t-elle auparavant parl� de la disparition de ses genoux, ou bien vous a-t-elle, fait directement palper la chaise sans rien dire ? (ceci en cas de l'explication possible par une hallucination sugg�r�e)
4) Quand vous passiez la main sur la chaise, avez-vous vu distinctement la partie sup�rieure de son corps sur la chaise, ses mains, sa t�te, et avez-vous parl� avec elle ?
5) Vous �crivez : � Elle conduisit ma main sur tout le si�ge �. C'est un d�tail fort important, car on pourrait dire que Mme d'Esp�rance avait plac� ses jambes si habilement que sa jupe pouvait tomber � plat sur une partie de la chaise, et pendre verticalement. C'est pourquoi toute la question se r�sume par ceci : avez-vous t�t� toute la chaise, jusqu'� son dossier, et avez-vous p�n�tr� avec votre main jusqu'en dessous de la partie sup�rieure du corps de Mme d'Esp�rance ?
6) Quel est le Monsieur auquel vous avez c�d� votre place pour qu'il observe � son tour ? N'aura-t-il pas la bont� de me donner son t�moignage l�-dessus ?
7) Je prie bien aussi Mme Seiling de me communiquer ses observations aussi exactement que possible sur la disparition et la r�apparition du corps de la m�dium.
8) Quelles sont les personnes qui ont donn� deux fois de l'eau � la m�dium, et peuvent-elles t�moigner de l'absence de son corps ? Car vous dites : � en cet �tat elle a bu deux fois de l'eau. �
9) Et enfin, en vue de l'objection que Mme d�Esp�rance se soit gliss�e adroitement derri�re une chaise, en la recouvrant avec les plis de sa robe, je dois vous demander :
a) La lumi�re �tait-elle suffisante pendant toute la s�ance pour voir la m�dium � sa place, ou bien y a-t-il eu des moments o�, la lumi�re �tant plus att�nu�e, Mme d'Esp�rance a pu se lever de sa place et entrer dans le cabinet sans �tre remarqu�e ?
b) Y avait-il un espace libre entre la chaise et le rideau du cabinet ?
c) Quelqu'un a-t-il touch� la partie sup�rieure du corps de la m�dium, avec la chaise, tandis que ses jambes et ses pieds �taient absents ?
Je vous prie de m'excuser de cet interrogatoire importun ; mais j'ai d� me le permettre dans l'int�r�t de la cause qui m'est ch�re et de l'honneur personnel de Mme d'Esp�rance.
Veuillez agr�er, etc,...
A. AKSAKOW
C. - R�ponse de M. Seiling � M. Aksakow (L�original est en allemand)
Helsingfors, 7 janvier 1894
M. le conseiller d'�tat,
Tr�s persuad� de l'importance des raisons qui motivent l'interrogatoire circonstanci� auquel vous me soumettez, je veux r�pondre de mon mieux aux questions de votre lettre du 10/22 d�cembre 1893.
� 1. et 2. - J'ai essay� d'y r�pondre par les esquisses ci-jointes. J'ai attach� une importance capitale aux questions de mesure. Comme on le voit, la partie inf�rieure du dossier de la chaise est interrompue. La partie sup�rieure du corps de Mme d'Esp�rance n'avait pas toujours la position droite, telle qu'elle est dessin�e, mais elle �tait, de temps � autre, pench�e en avant, notamment pendant l'examen du dossier de la chaise, par les assistants. Ici, d�j� je tiens � observer qu'il �tait impossible que la partie sup�rieure du corps, telle qu'elle est dessin�e et a �t� observ�e par moi avec exactitude (aussi bien de c�t� que plus tard par devant), ait pu avoir la position normale d'une personne assise, si la partie inf�rieure du corps avait �t� debout, derri�re ou � c�t� de la chaise.
� 3. - Je ne soup�onnais rien lorsque Mme d'Esp�rance m'appela aupr�s d'elle et dit : - � M. Seiling donnez-moi votre main et t�tez la chaise �. - Ce n'est qu'apr�s avoir fait cela que je compris de quoi il s'agissait.
� 4. - Je dis involontairement : - � Mme d'Esp�rance n'est pas assise sur la chaise, mais sa robe seulement est pos�e dessus �, - justement parce que je ne sentais rien de son corps sur la chaise. Il n�est pas besoin, je crois, d'affirmer que, cependant, je pouvais voir, distinctement, toute la partie sup�rieure de son corps au-dessus du si�ge ; ce que chacun a pu �galement voir tr�s suffisamment, du moins les personnes les plus voisines. J'ai aussi parl� avec Mme d'Esp�rance.
� 4. - La figure 3 montre jusqu'� quel point j'�tais en droit de dire que ma main a t�t� le si�ge tout entier ; la ligne en zig-zag correspond au chemin qu'a fait ma main qui se serait trouv�e, par suite de cette op�ration, manifestement sous le corps de Mme d'Esp�rance. Le fait d'avoir retir� ses jambes en haut doit �tre absolument �cart�.
Une chose m'a frapp� apr�s coup, lorsque j'ai eu le temps de peser toutes les circonstances ; c'est qu'en t�tant le si�ge, il me sembla sentir la robe seulement, qui �tait d'une fine �toffe de laine, sans aucun v�tement de dessous ; au reste, j'ai pu me tromper, ou bien les v�tements de dessous �taient d�mat�rialis�s en m�me temps que son corps.
� 6. - La personne �tait le docteur Hertzberg. J'ai d�j� t�ch� de le voir pour lui soumettre votre demande, mais sans le trouver jusqu'� pr�sent ; de toute mani�re, il la conna�tra.
� 7. - Une explication de ma femme est ci-jointe.
� 8. - L'eau fut remise � Mme d'Esp�rance, une fois par moi, une autre fois par le docteur Hertzberg. Lorsque je m�approchai de Mme d'Esp�rance avec le verre d'eau, j'eus, pour la seconde fois, le m�me spectacle que quand j'examinai la chaise pour la premi�re fois.
� 9. - Le g�n�ral Sederholm s'est imagin� cette explication ; je dis imagin� parce que dans cette s�ance il �tait plac� trop loin, et qu'il a, de plus, trop mauvaise vue pour avoir pu faire une observation exacte. Mlle Hjelt a suffisamment expliqu� dans son rapport pourquoi il a cr� voir Mme d'Esp�rance se soulever un peu.
a) La lumi�re, une fois r�gl�e, a �t� toujours la m�me. Que, malgr� tout, Mme d'Esp�rance ait pu faire un mouvement, c'est toujours une possibilit�, parce que personne n'�tait pr�par� � l'arriv�e du ph�nom�ne. Par contre, si elle avait �t� debout derri�re la chaise, il lui e�t �t� impossible de revenir y prendre sa place sans �tre remarqu�e.
b) La chaise �tait si serr�e contre les rideaux du cabinet qu�il n�y avait l� aucun espace libre ; cependant, je pouvais distinctement voir qu'il n'y avait aucune connexion entre la chaise et le cabinet. Les principales raisons contre cette objection sont la position naturelle de la partie sup�rieure du corps quand il est assis, et l'impossibilit� de revenir � sa place, d�montr�e en a.
c) Le capitaine Toppelius a, autant que je puis le savoir, palp� la partie sup�rieure du corps. Le docteur Herzberg et moi, nous ne l�avons point fait.
Avec l�assurance de ma consid�ration distingu�e, etc.,etc.
MAX SEILING
D. - Rapport compl�mentaire de M. Seiling (L�original est en allemand)
Helsingfors, 15 janvier 1894
Monsieur le Conseiller d'�tat,
J'esp�re avoir r�pondu quelque peu � vos d�sirs [3] par le rapport compl�mentaire de la s�ance du 11-12 d�cembre 1893 qui suit. Vous y trouverez le dessin d�sir�, la description de la chambre, de l'�clairage et du cabinet, de m�me que l'indication des assistants et leurs places.
EXPLICATION DU DESSIN
L'appartement, dans lequel eut lieu la s�ance du 11 d�cembre, se trouve situ� au deuxi�me �tage. L'entr�e de la salle � manger, transform�e en salle de s�ance, se fait par le salon. Les deux battants de la porte du salon �taient ouverts pendant la s�ance, mais la porte de la cuisine �tait ferm�e � clef. Il ne pouvait venir du salon qu'une faible lumi�re, car il n'�tait pas �clair�, et les deux fen�tres �taient � peu pr�s closes par d'�pais rideaux. Devant les fen�tres de la salle � manger se trouvent des petits rideaux de vitrage en tulle blanc, ainsi que des stores blancs remont�s. Ceux-ci n'�taient baiss�s que devant la fen�tre de droite la plus rapproch�e du salon. La lumi�re principale venait de la rue, par la fen�tre de gauche. Il y avait de plus une petite lampe � huile allum�e, et plac�e dans la niche du po�le ; les portes de la niche �taient dispos�es comme sur le dessin ; la fente de devant �tait couverte de papier rouge et celle au dessus avec le ch�le de Mme d'Esp�rance. Je pouvais distinctement voir la forme de la t�te et les mains de la m�dium ; par contre, tr�s peu la coiffure parce que, de ma place, l'arri�re-fond �tait obscur.
Il arrive tant de lumi�re de la rue que, lorsque les deux stores sont relev�s, et qu�il ne br�le aucune lumi�re dans la chambre, on peut tr�s bien se reconna�tre � deux m�tres de distance.
Le cabinet n'�tait pas pos� contre le mur parce que la glace qui s'y trouve est pourvue d'une console. Il n'�tait pas non plus pos� au milieu entre les deux fen�tres, mais en face des trois personnes occupant le milieu du cercle, et dont la position a d�j� �t� donn�. La largeur, la profondeur et la hauteur du cabinet �taient de 120, de 60 et de 180 cent. ; il �tait vide.
Sur la petite table, � c�t� de moi, se trouvait une carafe d'eau, une bougie (non allum�e), du papier et des crayons.
Le capitaine Toppelius occupait, pendant la premi�re demi-heure, la place de son p�re. Celui-ci peut donc aussi renseigner sur les mains qui �taient tendues du cabinet.
Les dimensions totales de la chambre et des meubles sont dessin�es dans leur proportion exacte, et � l'�chelle indiqu�e.
RAPPORT
La s�ance commen�a � sept heures trois quarts et finit environ � huit heures un quart.
Une lampe allum�e �tait sur la table, pr�s dit po�le ; elle fut �teinte apr�s que toutes les personnes, y compris la m�dium, eurent pris leurs places. La m�dium portait une robe fa�on princesse, en laine tr�s claire et garnie de dentelles dans le haut. Pendant le premier quart d�heure environ, l'�clairage fut r�gl�, le store de la fen�tre de droite fut descendu et les portes de la niche du po�le arrang�es et couvertes, comme il est indiqu� sur le dessin. Les deux tiers du temps que dura la s�ance furent occup�s � chanter des airs populaires.
Dix minutes environ apr�s le r�glage final de la lumi�re, le premier ph�nom�ne se pr�senta : une main dans la fente du rideau, � droite de l'extr�mit� du cabinet ; donc � gauche de la m�dium. Cette main allait et venait, disparaissait pour revenir se tendre � nouveau. Elle fut prise par moi et par mes deux plus proches voisins ; elle �tait de grandeur moyenne, nue, chaude et c'�tait une main droite ; il �tait donc impossible que ce fut celle de la m�dium, car on pouvait voir celle-ci assise et immobile sur sa chaise. Apr�s quelque temps je saisis pour la seconde fois une main qui me parut �tre plus grande que la premi�re ; du moins elle �tait plus chaude et serrait la mienne avec plus de cordialit�.
Plus tard il se montra dans la m�me fente de rideau une forme enti�re et lumineuse dont la figure ne pouvait cependant �tre reconnue. Il me fut permis de couper un morceau du voile de cet esprit. Cette circonstance vous a �t� exactement d�crite par Mlle Hjelt. Ce tissu est un cr�pe blanc d'une extr�me finesse et de pure soie, ce que j'ai �tabli par un examen microscopique et chimique. J'en joins ici un petit �chantillon.
D�j� avant, mais surtout apr�s cet �pisode du voile, des mains se montr�rent souvent � l'autre extr�mit� du cabinet, serrant celles des personnes les plus rapproch�es ; � plusieurs reprises c'�taient deux, m�me trois mains ensemble. On me l'assura, du moins, car moi je n'en ai rien vu :
1° Parce que j'�tais trop occup� � voir ce qui se passait � mon extr�mit� de cabinet ; j'attendais toujours quelque chose.
2° Parce que le fond �tait tout � fait sombre.
3° Parce que le corps de la m�dium y faisait peut-�tre obstacle ; � cause de cela je vis relativement peu l'�pisode du papier et du crayon que Mlle Hjelt a d�crit dans tous ses d�tails. Je vis seulement comment le papier disparut tout � coup des genoux de la m�dium, et comment, au bout de quelque temps il revint du haut du cabinet (j'avais remis � Mme d'Esp�rance un feuillet de papier et un crayon). Par contre, j'entendis le froissement du papier, aussi bien dans le cabinet qu'en dehors, et le bruit de l'�criture venant du cabinet. Cette �criture � directe d'esprit � ressemble beaucoup � l'�criture indirecte obtenue dans d'autres circonstances, Mme d'Esp�rance tenant elle-m�me le crayon. Je joins ici un �chantillon d'une de ces �critures indirectes dont certaines lettres correspondent assez exactement avec l'�criture de la m�dium. Les paroles de cette �criture directe : � Je t'assisterai ! �, se rapportent, selon mon opinion, � la m�dium ; car le papier ne lui fut pas rendu, pour bien nous d�montrer que c'�tait vraiment une �criture directe.
Dans le courant de l'apr�s-midi, le g�n�ral Toppelius dit � Mme d'Esp�rance que, dans la s�ance pr�c�dente, deux messieurs, avant accidentellement touch� sa chaise, l'avaient trouv�e vide ; ce que, pour ma part, je ne puis admettre, car, occupant la seconde place, � partir du cabinet, j'avais sans cesse Mme d'Esp�rance sous les yeux. Cette observation parut tout � fait incompr�hensible � Mme d'Esp�rance, et elle en fut tellement attrist�e que j'en augurai mal pour la derni�re s�ance. Mais il devait en advenir autrement : par la d�mat�rialisation partielle de Mme d'Esp�rance, il devait �tre d�montr� que le si�ge de la chaise pouvait �tre vide sans que pour cela la m�dium s'en f�t �loign�. Une d�mat�rialisation aussi compl�te n'eut pas �t� aussi n�cessaire pour un autre motif que pour celui-l� ; car, pendant le ph�nom�ne, il ne s'est montr� aucun fant�me et il semblait n'y avoir que peu de vie dans le cabinet. Assez longtemps avant ce ph�nom�ne de d�mat�rialisation je vis sortir une figure de l'autre extr�mit� du cabinet, mais elle ne s'en �loigna que d'un pas.
Enfin, il faut encore remarquer qu'� la fin de la s�ance, le cabinet avait chang� de position et recul� de c�t�, � peu pr�s comme cela est indiqu� sur le dessin. Ce changement de position arriva principalement apr�s le ph�nom�ne de d�mat�rialisation ; mais, d�j� auparavant, j'avais observ� des mouvements du cabinet.
Veuillez agr�er l'expression de ma haute consid�ration.
Votre tout d�vou�
MAX SEILING
E. � Lettre de M. Aksakow � M. Seiling (L�original est en fran�ais)
Saint-P�tersboug, le 11/23 janvier 1894
Cher Monsieur,
Il y a dans votre lettre du 15 janvier un d�tail d'une tr�s grande importance.
Etant � gauche du m�dium, vous avez pris une main droite. C'est donc un jugement absolu, seulement il faut le pr�ciser. Comment avez-vous pu vous convaincre que c'�tait une main droite ; par les yeux ou le toucher ou par les deux sens � la fois ? Etait-ce un simple attouchement momentan� (comme c'est le cas ordinairement), ou bien un serrement de main en r�gle, � a shakehand � comme disent les anglais ; c'est-�-dire avez-vous pass� votre pouce entre le pouce et le dos de cette main droite, en pressant la paume de cette main avec vos autres doigts, comme cela se pratique ? Pouvez-vous t�moigner de tous ces d�tails avec une parfaite conscience ? Car la preuve du fait serait alors d�cisive.
Et vos voisins : Mlle Tavaststjerna et M. Schoultz, peuvent-ils t�moigner de m�me que c'�tait bien une main droite ?
Et puis, vous dites un peu plus loin � Je saisis pour la seconde fois une main � sans ajouter si c'�tait de nouveau une main droite ?
Voil� le premier point ; le second et dernier d�tail qui me manque, c'est une description de l�arrangement du cabinet. Comment avait-il �t� fait ? Dans le no 1 de l��Ubersinnliche Welt �, que je viens de recevoir ce d�tail manque aussi, et il est n�cessaire pour comprendre l'apparition des mains.
Je crois que j'aurai bient�t le plaisir de faire votre connaissance, car je vois qu'une visite � Helsingfors m�est indispensable pour �lucider d�finitivement les ph�nom�nes importants de cette derni�re s�ance et les opinions diverses qui s'y rapportent. Ainsi, j'ai vu derni�rement le g�n�ral Galindo ; il dit qu'il faisait si sombre qu'il n'a rien pu voir, bien qu'il eut �t� � c�t� de Mlle Hjelt. Donc il me serait indispensable de reconstituer toutes les conditions de l'�clairage de la derni�re s�ance pour que je puisse en juger de mes propres yeux. Auriez-vous la bont� de me le faire voir si je venais � Helsingfors ? Et aussi, est-il possible de r�tablir, par exemple, si la lumi�re venant de la rue par la fen�tre, sans store baiss�, �tait occasionn�e par un clair de lune et non par la lumi�re constante des r�verb�res de la rue ?
En vous remerciant encore une fois de votre obligeance, je me permets comme vous le voyez, de vous importuner de nouveau, et sans c�r�monie, remettant le, reste jusqu'a notre entrevue !
Veuillez agr�er etc.
A AKSAKOW
F. - R�ponse de M. Seiling (L�original est en allemand)
Helsingfors, le 26janvier 1894
Monsieur le Conseiller d'�tat,
Je suis tr�s heureux de pouvoir vous donner r�ponse de suite, ayant par suite de l'ouverture du parlement une journ�e de libert�.
Je vous dois donc encore des explications sur deux points. L'un se rapporte � la mani�re dont j'ai pris la main. Les deux fois, c'�tait bien v�ritablement une main droite, un �shakehand � comme vous le d�crivez dans votre lettre ; et comme vous pouvez uniquement �changer entre elles deux mains droites (ou deux gauches) il ne peut y avoir sur ce point le moindre doute. C'�tait une preuve absolue, autant qu'on pouvait la d�sirer ! Le caract�re des deux � shakehands � �tait cependant diff�rent. La premi�re fois, la poign�e de main �tait semblable � celle d'une personne indiff�rente ; la deuxi�me fois elle �tait �nergiquement cordiale. La deuxi�me main �tait aussi plus chaude que la premi�re.
Mlle Tavaststjerna que j'ai �t� voir aujourd'hui a senti tout � fait pareillement et elle est pr�te � jurer que c'�tait une main droite.
M. Schoultz, que j'ai �t� voir aussi, n'est pas aussi s�r de son affaire parce que les pointes de ses doigts seulement furent press�es par la main de l'esprit ; il n'�changea du reste pas de � shakehand � et n'eut affaire qu'� la premi�re main.
L'autre point se rapporte au cabinet. Celui-ci �tait �tabli avec un paravent � 4 feuilles, de sorte qu'il �tait deux fois plus large que profond ; afin de lui donner du soutien, on avait attach� en haut, par devant, un manche � balai, au moyen de ficelles ; une couverture de laine le fermait par le haut, et deux plaids le fermaient par devant ; il y avait donc ainsi une entr�e au milieu et des deux c�t�s. J'ai appel� � l'occasion � fente de rideau � ce passage de c�t� ; c'est par l� que vinrent les mains, et elles �taient � une certaine hauteur, comme venant d'une personne qui se serait tenue debout. Dans le milieu, les plaids se croisaient un peu l'un sur l'autre, d'environ 0, 15 cent.
J'esp�re pouvoir r�tablir exactement l'�clairage de la chambre o� a eu lieu la s�ance. Il est vrai qu'en ce moment nous n'avons point de neige tandis qu'alors il y en avait beaucoup ; esp�rons qu'il en tombera d'ici � votre arriv�e. La lune ne jouait aucun r�le ; nous avions justement la nouvelle lune. Il faudra �videmment prendre en consid�ration ce point de vue l� pour votre visite ici, car l'appartement est situ� vers le Sud.
Vous rencontrerez les diff�rentes personnes ayant pris part � la s�ance, sauf peut-�tre le g�n�ral Toppelius qui occupait du reste une tr�s mauvaise place.
Veuillez agr�er l'assurance de ma plus haute consid�ration. Votre tout d�vou�.
MAX SEILING
[1] Professeur de technologie m�canique, de l'enseignement g�n�ral des machines et de cin�matique, � l'�cole Polytechnique de Helsingfors.
[2] Il a paru depuis dans les fascicules de janvier et f�vrier 1894.
[3] Je lui avais �crit pour le prier de me donner plus de d�tails sur la s�ance, le plan de la chambre, les places des assistants, etc.
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