1 - Hypnotisme organique et curatif
Les minéraux, les végétaux, les animaux étant doués de facultés hypnotiques en de certaines proportions, peuvent devenir des agents curatifs quand ces facultés sont appliquées avec intelligence pour produire la guérison de bien des maladies.
L'hypnotisme minéral curatif peut se manifester sous trois formes différentes, suivant la nature des espèces minérales employées pour combattre des phénomènes morbides particuliers, et donner lieu à la lapido-thérapie, à l’aimantation thérapeutique et à la métallo-thérapie.
Ce que nous nommons la lapido-thérapie se rapporte à l'action curative de certaines pierres précieuses, très peu étudiée encore, mais qui cependant est susceptible de donner des résultats avantageux, surtout comme préservatif de certaines maladies.
Parmi ces pierres précieuses, le corail, l'émeraude, l'opale et d'autres encore, sont plus ou moins actifs ; ils peuvent exercer une action médicale particulière sur les malades, en leur communiquant leurs propres fluides qu'ils font rayonner sur eux. Puis, ensuite, ils absorbent les fluides impondérables délétères engendrés par la maladie, se comportant à l'égard de ces fluides comme le charbon à l'égard des gaz dont il est un puissant accumulateur.
Ces soustractions de fluides contaminés détruisent les causes du mal et ramènent l'état de santé quand les agents de soustraction de ces fluides ont été en nombre voulu pour les absorber complètement. Mais c'est surtout à titre d'agents hygiéniques que ces espèces minérales sont utiles pour repousser les émanations malsaines, ainsi que le pressentent les médecins qui font porter des colliers de corail aux jeunes enfants.
Lorsque la maladie survient, les coraux qui présentaient le plus vif incarnat, pâlissent, perdent leurs reflets et se ternissent quand ils sont saturés par les mauvais fluides qu'ils ont absorbés. C'est ce qui a lieu également pour l'émeraude et pour l'opale qui perdent de même leur brillant et s'altèrent momentanément dans leur coloration, quand elles sont en contact avec des personnes atteintes de maladie, auxquelles elles soustraient leurs fluides délétères. De là d'ailleurs un procédé facile pour expérimenter les pierres précieuses susceptibles d'une action thérapeutique.
Les aimants, qui donnent lieu à une curation que l'on pourrait nommer aimantation thérapeutique, peuvent exercer une grande influence sur certaines affections. Comme le fluide aimanté, qui se dégage des aimants naturels ou artificiels, est un fluide moteur, ainsi que nous l'avons décrit ailleurs, il agit spécialement sur les fonctions vitales, en général, qu'il tend à régulariser.
La métallo-thérapie, découverte très récente et qui consiste dans l'application de plaques métalliques sur les diverses parties du corps, agit d'une manière analogue à la lapido-thérapie, ainsi que nous venons de la décrire mais son action est beaucoup plus puissante ; elle est susceptible de combattre des maladies plus intenses. Les différentes espèces métalliques produisent des effets curatifs différents, et cela doit être, car les fluides qui rayonnent de chacune d'elles comportent des caractères particuliers déterminatifs de propriétés non moins spéciales.
De même les plaques métalliques absorbent les fluides morbides dont elles débarrassent le malade, ramenant ainsi la santé qui est également sollicitée par l'absorption des fluides générateurs envoyés par le métal.
Dans l'exercice de ces divers phénomènes curatifs, les atomes minéraux groupés pour former la matière agissante, ont envoyé leurs radiations fluidiques volitives inconscientes, qu'il faut considérer comme étant hypnotiques.
Les végétaux donneront par la suite des cures hypnotiques aussi bien que les minéraux. Déjà on a constaté que des fruits ou des graines9 , possédaient des propriétés curatives. Celles-ci, comme précédemment, s'exercent par échange de fluides, les uns abandonnés par le fruit ou la graine, et les autres soutirés à la personne malade. De même ici, l'action hypnotique se produit d'une manière inconsciente.
Chez les animaux c'est encore la même loi qui se répète. L'homme peut se guérir de certaines maladies à leur contact ; mais comme il y a échange de fluides, l'animal subit le mal qui lui est transmis par les radiations morbides, il en éprouve les symptômes, et meurt parfois en très peu de jours. Cependant, on pourrait lui éviter la mort, et même toutes souffrances qui la précèdent, si on avait le soin d'expulser de son corps les fluides dangereux qui ont été absorbés par lui.
C'est encore d'une manière inconsciente que s'opère l'action hypnotique de la part de l'animal mais comme sa volonté n'est pas contraire à l'accomplissement du phénomène, celui-ci suit son cours et l'échange de fluides se fait régulièrement.
L'hypnotisme humain comporte d'abord les mêmes caractères qui viennent d'être signalés chez l'animal.
Le contact intime d'un individu sain avec un individu malade pourra communiquer fluidiquement la maladie au premier, tandis que le second éprouvera une amélioration plus ou moins sensible dans sa santé.
De même, les vieillards se rajeunissent sous le souffle d'un jeune corps, tandis que celui-ci s'assimile, sous une forme ou sous une autre, les infirmités anticipées, ou les maladies de la vieillesse. Combien de jeunes femmes dépérissent dans leur santé pour avoir contracté un mariage où se signale un grand écart dans l'âge des époux !
Quand l'homme pratique l'hypnotisme dans la plénitude de son action volitive, la suggestion peut s'exercer sur le corps de l'hypnotisé aussi bien que sur son âme. Pour cela, l'âme du sujet fait accomplir au corps tout ce qu'elle lui commande inconsciemment, obéissant elle-même à la volonté de l'hypnotiseur.
Cette volonté peut lui prescrire de produire les phénomènes de la catalepsie, ou ceux capables d'engendrer dans l'organisme des phénomènes particuliers résultant de perturbations momentanées dans les fonctions vitales, ou d'agir sur des maladies susceptibles de guérison, sous l'influence de la volonté, quand celle-ci est douée d'un pouvoir suffisant pour les combattre.
Les phénomènes de catalepsie se produisent sur le corps, sous l'action volitive de l'âme. Pour cela, celle-ci suspend provisoirement le cours des fonctions vitales dans le membre qui doit être amené à l'état de catalepsie, en détournant une partie des fluides qui circulent dans les nerfs sensitifs et moteurs de ce membre ; car c'est l'âme qui est à la fois le producteur et le distributeur des fluides qui parcourent tout le réseau nerveux de l'organisme. Or, du moment où la force motrice nerveuse est devenue trop faible pour exercer la fonction vitale, celle-ci se trouve suspendue, et comme le courant sanguin est, par suite, très amoindri lui-même, l'état cadavérique transitoire se manifeste par la rigidité, et la sensibilité du membre se trouve en même temps annihilée, d'autant plus que la sensibilité nerveuse est également suspendue. Mais la catalepsie locale cesse dès que le courant fluidique a repris son cours, et avec lui le courant sanguin.
L'âme du sujet produira dans son corps des effets anormaux qui lui seront demandés, d'après certaines conditions particulières, si toutefois sa puissance agissante est suffisante pour les réaliser. C'est ainsi que peut être produite sur un membre du corps une plaie artificielle formée en quelques heures, par l'âme qui en a reçu la suggestion.
Comment cette plaie artificielle peut-elle se produire si ce n'est encore par la volonté animique qui, maîtresse du courant fluidique circulant dans les ganglions nerveux, dans les plexus et dans les nerfs cardiaques, augmente la rapidité de ce courant qui agit sur les afflux sanguins, lesquels se portent avec une certaine violence sur le point indiqué pour la formation de la plaie artificielle ?
Le frottement incessant occasionné par des mouvements plus actifs des liquides en circulation détermine une élévation de température. Cet excédant de calorique ainsi engendré agit sur le phosphore contenu dans le sang, ce qui détermine une brûlure donnant naissance à la plaie là où elle doit être produite.
C'est de cette manière que se forment artificiellement les stigmates, sous l'action suggestive que l'âme reçoit de l'hypnotiseur. Celle-ci, surexcitée par l'ordre suggestif qui lui est donné, provoque transitoirement dans le corps le phénomène morbide de la fièvre, qui n'est autre qu'une circulation sanguine trop précipitée. De là l'élévation de température que nous venons de signaler, due à un surcroît de frottement occasionné par le courant sanguin, élévation de température à laquelle s'ajoute l'action comburante du phosphore contenu dans le sang et qui, dans la fièvre, semble brûler le corps tout entier. Mais dans le cas qui nous occupe, la brûlure du phosphore, au lieu d'être répartie dans toute la masse de la matière corporelle, est centralisée sur un seul point ; de là, la brûlure très vive devenant ainsi une véritable plaie.
Il n'est pas toujours nécessaire qu'une suggestion étrangère participe à l'accomplissement de ce phénomène ; on a vu des personnes manifester l'ardent désir d'avoir sur le corps des stigmates, et ce désir qui était en même temps une foi profonde dans la réussite, devenu volonté hypnotique auto-suggestive, a suffi pour produire les plaies sur les parties du corps où elles devaient apparaître.
Bien des maladies peuvent être traitées plus ou moins victorieusement par l'hypnotisme, sous l'ascendant de la suggestion, qui commande au malade d'agir d'une manière curative sur son propre individu. Dans ce cas, la volonté hypnotique devient un agent thérapeutique qui se communique par radiation à l'âme du sujet et lui donne ses qualités médicales magnétiques par action réflexe.
Et l'âme s'étant approprié ces propriétés curatives, les applique à la maladie corporelle qui se trouve ainsi combattue. Lorsque la même opération a été plusieurs fois répétée, la guérison peut survenir, si toutefois elle est possible.
Mais ici le phénomène doit être envisagé sous le double aspect de l'hypnotisme et du magnétisme, l'hypnotiseur devenant en même temps magnétiseur, quand il exerce l'action curative sur les radiations psychiques du sujet.
Cette action magnétique se manifeste alors10 , par épuration des fluides corporels du malade sous l'influence de l'hypnotiseur, toute maladie entraînant avec elle la contamination plus ou moins profonde de ces fluides. Or, leur épuration s'opère par élimination des atomes véhiculaires de leurs vibrations, atomes de mauvais aloi, qui sont remplacés par d'autres atomes de bonne qualité.
Ce ne sont pas seulement les fluides corporels qui peuvent être contaminés, ce sont également les organes au sein desquels se trouvent des microbes animaux, végétaux et minéraux, se montrant comme autant d'espèces anormales génératives de l'affection morbide. Il suffit que l'action magnétique, s'imposant à ces espèces, les neutralise et les mette ainsi dans l'impossibilité de nuire; c'est alors que survient la guérison.
Certaines maladies locales peuvent être traitées par transfert d'un sujet à un autre, au moyen de la seule suggestion hypnotique. L'un des deux sujets, qui est le malade, n'est pas soumis à l'action hypnotique, tandis que l'autre la reçoit, pour se mettre ensuite en rapport, par le contact des mains, avec ce malade auquel il doit soustraire l'affection dont il est atteint en se l'appropriant lui-même transitoirement.
Le phénomène de guérison s'explique par le mélange intime des fluides radiateurs des deux sujets. C'est alors que celui qui est hypnotisé soustrait aux fluides corporels morbides du malade les impuretés atomiques qui les corrompent, pour les faire absorber transitoirement à ses propres fluides correspondant à ceux du membre ou organe malade.
Quoi d'étonnant alors que les mêmes effets douloureux se reproduisent dans le membre ou les organes de celui qui s'est approprié la maladie, de laquelle il sera exonéré par la volonté de l'hypnotiseur ? Pour cela, la suggestion commande intuitivement l'expulsion des éléments morbides qui avaient été assimilés par les fluides du sujet transférant et, dès lors, ce sujet qui a été hypnotisé, ne se ressentira plus des atteintes du mal dont il aura été également délivré.
En cette circonstance, les radiations fluidiques de l'hypnotiseur agissent par suggestion sur les radiations fluidiques de la personne hypnotisée, qui elle-même exerce une influence radiante sur le malade. Mais l'hypnotiseur n'en est pas moins l'agent principal dans l'accomplissement du phénomène curatif.
La même opération répétée plusieurs fois peut suffire pour purger, épurer les fluides entachés par la maladie, et ramener à l'état de santé complet, ainsi que le constatent les expériences qui ont été faites.
Les applications de l'hypnotisme curatif sont susceptibles de variations nombreuses suivant les manières différentes dont on opère. Des influences particulières peuvent se manifester selon la nature sexuelle des courants fluidiques utilisés, influences auxquelles on a donné le nom de polarisation, et qui ne sont autres que celles provenant d'effets produits soit par des fluides de même sexe, soit par des fluides de sexe complémentaire, suivant que l'hypnotiseur les distribue au sujet sur lequel il opère. Et, en effet, par sa volonté il peut faire appel aux courants fluidiques masculins ou aux courants fluidiques féminins qui, les uns et les autres, existent en lui, et qui pareillement se trouvent chez le sujet avec lequel il est en rapport en même temps qu'il faut tenir compte du sexe caractéristique de celui qui opère et de celui qui est opéré. De là, des nuances plus ou moins sensibles dans les phénomènes, susceptibles de donner lieu à des effets souvent très différents, mais qui doivent avoir leur utile emploi.