8 – Causes des phénomènes de médiumnité intellective
L'intelligence magnétique angélique est ici mise en jeu, on le comprend le médium reçoit les effets de son magnétisme, qui établit les relations entre ses facultés intellectives également angéliques, et ensuite entre ses facultés intellectives humaines ; car, ainsi que précédemment, se trouvant partiellement isolé de son corps humain, il peut communiquer intellectuellement avec l'esprit comme s'il était désincarné lui-même. Dans ces conditions, suivant ses capacités médianimiques particulières, il sera susceptible de produire les phénomènes intellectifs. Mais d'après une loi générale, il faut que l'intelligence du médium possède en soi des capacités susceptibles de correspondre à la valeur des faits intellectifs qu'il est appelé à reproduire.
S'il s'agit de la médiumnité dite typtologique, qui est la médiumnité intellective la plus simple, s'exerçant par l'intermédiaire de tables conversant au moyen d'un alphabet conventionnel, il faut voir ici deux causes différentes dans l'accomplissement du même phénomène l'une de ces causes est essentiellement intelligente, puisqu'il s'établit une conversation ou une dictée demandant le travail de l'esprit ; l'autre cause est simplement matérielle ou à effet physique, quand il s'agit pour faire parler la table, de lui imprimer la force motrice qui la fait se lever et retomber ensuite sur ses pieds. Mais ici c'est le phénomène intelligent qui, seul, doit retenir notre attention.
Dans l'accomplissement de ce phénomène, il doit y avoir sympathie intellectuelle entre l'esprit qui se communique et le médium ; celui-ci, pour transmettre un langage qui devient élevé, qui devient utile, ou même plaisant et spirituel, doit comporter en soi, du moins en une certaine mesure, des facultés capables de le produire.
L'esprit puise alors dans les fluides intellectifs du médium et même dans ceux des personnes présentes de quoi concréter sa pensée qui, autrement, demeurerait à l'état abstrait et ne pourrait se réaliser. Car les fluides intellectifs de l'esprit ont besoin pour se manifester chez le médium, d'impressionner d'abord ses fluides intellectifs humains reproducteurs de la pensée de cet esprit, lesquels en sont les véhicules nécessaires. C’est seulement alors que le médium, à son insu, agit sous l'impulsion qui le fait mouvoir. Et, en effet, le langage qui est donné est bien celui qui provient des fluides psychiques du médium, mais conduits par la volonté des fluides psychiques angéliques qui sont les générateurs des mots et des phrases dictés par la table.
Quand tous les assistants peuvent donner des fluides psychiques intellectifs sympathiques, le phénomène s'accomplit d'une manière normale ; mais si, parmi eux, il en est d'hostiles, les fluides humains du médium se trouveront mêlés à des influences contraires. C'est alors que la pensée angélique pourra être plus ou moins défigurée par des vibrations fluidiques anormales s'opposant à ce que le médium reçoive la transmission. Et l'on conçoit que ces influences se montrant prépondérantes, le phénomène ne puisse s'exercer et cesse même de se produire.
Lorsque la communication, au lieu d'être donnée par la table, l'est par l'écriture directe, le phénomène est sensiblement le même dans son exécution. Si, par exemple, on place un crayon, à l'état libre, entre deux ardoises enchâssées chacune dans un cadre, et solidement liées l'une à l'autre, le crayon qui se meut pour produire l’écriture directe est conduit par un double rayon fluidique provenant de l'esprit et du médium, et dont l'action est la même que celle qui a été décrite antérieurement pour la production de tous les effets physiques.
La médiumnité oratoire est une médiumnité intellective des plus simples dans son exécution. Elle consiste à communiquer à l'orateur magnétisé la pensée et même les mots qu'il pourra prononcer, en les lui infiltrant dans l'esprit, tout en lui laissant sa liberté d'action. Cette communication se produit sous l'impulsion des fluides intellectifs de l'être angélique, avec le concours de son fluide vocal, de telle sorte que le médium orateur entend, mais intérieurement et d'une manière à peine sensible, les paroles qu'il prononce, au fur et à mesure de leur écoulement.
La médiumnité par l'écriture est celle qui rend les plus grands services pour la propagation des communications avec le monde angélique. Elle se manifeste par trois procédés différents par l'écriture mécanique, par l'écriture soporifique et par l'écriture intuitive, ainsi que nous l'avons dit précédemment. Il nous reste à faire connaître de quelle manière elles se produisent sons l'action de l'esprit.
Toutes ces communications écrites demandent en une certaine mesure l'intervention fluidique intelligente du médium, c'est-à-dire le concours de ses fluides intellectifs, dont l'esprit a besoin pour communiquer les siens, ainsi que nous l'avons exposé plus haut. Dès lors, l'écriture mécanique elle-même ne peut être donnée qu'autant que le médium reçoit, par son corps angélique, dans ses fluides intellectifs humains, toutes les vibrations des fluides intellectifs de l'esprit.
Mais afin que cette écriture demeure inconsciente pour celui qui la produit, l'esprit, par l'effet de sa volonté, ralentit dans une certaine mesure les vibrations pensantes des organes du cerveau corporel du médium et quoique chez celui-ci les organes intellectifs de l'âme fonctionnent d'une manière normale, comme la pensée corporelle se trouve en partie suspendue dans son cours, il y a détente dans l'action pensante cependant la main trace mécaniquement les caractères de l'écriture sous l'impulsion de la volonté de l'esprit.
Lorsque l'écriture n'est pas entièrement mécanique, c'est que les vibrations des organes intellectifs du cerveau corporel n'ont pas été suffisamment ralenties ; alors une certaine perception du phénomène est ressentie par le médium.
L'écriture soporifique est celle qui se produit pendant que le médium est à l'état de sommeil. Elle tient de l'écriture mécanique, mais dans un ordre plus élevé, car il y a incorporation partielle des fluides de l'esprit dans le médium, ou substitution de pensée. Cependant, ici, la pensée n'a pas besoin d'être suspendue dans le cerveau corporel, puisque le sommeil s'oppose à la vue consciente de la pensée vigilante. De même, il y a transmission des fluides intellectifs angéliques aux fluides intellectifs humains, et c'est également la volonté de l’esprit qui fait conduire le crayon mécaniquement par le cerveau agissant sur la main au moyen des nerfs, ses moteurs naturels.
L'écriture intuitive se comprend d'après la loi générale précédemment indiquée tous les fluides intellectifs angéliques viennent aboutir aux fluides intellectifs du médium sans aucune entrave. Et ici, tout au contraire, il y a dans le système nerveux, dans toutes les fibres, une surexcitation résultant de l'entraînement communiqué par l'esprit quand il agit avec impétuosité, lorsque l'écriture est très rapide. Le médium se laissant emporter par cette longue et quelquefois par sa propre émotion, n'est pas toujours maître de la fidèle reproduction de la pensée, dont il ne s'écarte que rarement du reste.
Mais il faut le voir comme précédemment tout imprégné des fluides psychiques de l'esprit agissant sur ses fluides angéliques et de là sur ses fluides humains. Il ressent les fluides affectifs qui souvent l'impressionnent ; et les fluides intellectifs lui donnent la dictée de la pensée qu'il entend intuitivement, comme le médium orateur, en même temps que sa main est conduite par les fluides vitaux lui donnant sa force et son activité.
Dans le cerveau animique et dans le cerveau corporel du médium, toute la pensée de l'esprit se trouve représentée et devient en quelque sorte la sienne ; cependant, comme la propre pensée du médium n'en est pas moins fonctionnante, car elle demeure libre, il peut arriver qu'il y ait mélange dans ces pensées ; mais quand le médium sait s'absorber en lui-même, ces causes d'erreurs ne surviennent que rarement et peuvent être contrôlées et rectifiées lorsque des doutes s'élèvent dans l'esprit.
Le polyglottisme, ou transmission de la pensée en une ou plusieurs langues, est mécanique pour le médium qui écrit mécaniquement, et s'opère de la même manière que pour la langue usuelle. Cette transmission s'accomplit fidèlement, quand même le médium ignore entièrement la langue étrangère de laquelle il est l'organe de transmission. Mais quand le médium intuitif opère cette transmission, il faut qu'il connaisse la langue qui lui est parlée, puisqu'il n'agit pas mécaniquement. A plus forte raison, l'esprit lui-même se manifestant par l'écriture directe, sans l'aide d'une main étrangère, doit-il posséder la connaissance de la langue dont il se sert. Ces trois modes de transmission s'expliquent eux-mêmes quand on connaît les causes déterminantes des communications qui nous sont faites en notre langue, soit par l'écriture mécanique, soit par l'écriture intuitive, soit par l'écriture directe.
La composition musicale s'opère de la même manière que précédemment pour chacun de ces trois genres d'écriture. Le médium qui écrit mécaniquement, notera sans connaître la musique, la composition musicale la plus savante, tandis que le médium intuitif aidera à l'accomplissement de cette oeuvre qui au contraire, appartient tout entière à l'esprit quand il la donne par l'écriture directe.
Il en est de même pour l'art poétique. Que de pièces de vers admirables ont été données par l'intermédiaire des esprits, celles-ci, dictées au courant de la plume, exprimant la sûreté de vue de celui qui les inspire ! Mais le phénomène n'a rien ici de particulier, il se confond avec celui qui donne la communication en prose.