INTRODUCTION

 

Le spiritisme est constitué par un ensemble de doctrines philosophiques révélées par les Esprits, c’est-à-dire par des intelligences ayant vécu sur la terre. Son étude peut se scinder en deux parties distinctes :

1° L’analyse des faits établissant la communication entre les vivants et ceux improprement appelés les morts ;

2° L’examen des théories élaborées par ces intelligences désincarnées.

 

La fin de ce siècle est caractérisée par une évolution radicale dans les idées. Partis du matérialisme, des hommes de sciences d’une haute envergure sont arrivés à se convaincre que le nihilisme intellectuel est la plus creuse des utopies.

Cette hypothèse, en contradiction avec toutes les connaissances que nous avons acquises sur l’âme, n’explique rien de la nature, et n’a pour résultats que le découragement profond, l’abâtardissement des intelligences, qu’elle place en face du néant.

Les anciennes croyances en l’immortalité, qui s’appuyaient sur l’enseignement religieux, ont presque disparu, et nous assistons aux lamentables conséquences qui résultent, pour la société, d’un manque d’idéal. Il est temps de réagir vigoureusement contre les sophismes des pseudo savants qui ont orgueilleusement décrété que la mort était inconnaissable, et, brisant toutes les entraves arbitraires qu’on voulait imposer à la recherche de l’au-delà, nous pouvons affirmer aujourd’hui que la survivance et l’immortalité du principe pensant sont des vérités démontrées avec une rigueur irrésistible.

Le spiritisme est venu à son heure. Devant les négations d’un scepticisme grossier, l’âme s’est affirmée vivante, après la mort, par des manifestations tangibles, qu’il n’est plus possible de contester maintenant, sans se voir taxé, à juste titre, d’ignorance ou de parti pris. C’est en vain que l’on a tenté, d’abord, de combattre la nouvelle doctrine par la raillerie. Tous les sarcasmes ont été inefficaces, car la vérité porte en soi un cachet de certitude qu’il est difficile de ne pas reconnaître ; aussi, adoptant une autre tactique, les négateurs ont espéré triompher de cette jeune science, en organisant autour d’elle la conspiration du silence.

Malgré les recherches nombreuses tentées dans ce domaine, par des physiciens et des chimistes émérites, la science officielle a fermé obstinément les yeux et les oreilles à ses assertions, et l’on a feint de croire que le spiritisme était mort. C’est là une illusion qu’il faut perdre, car il est, à l’heure actuelle, plus florissant que jamais.

Commencé par le mouvement des tables, ce phénomène a pris des proportions véritablement extraordinaires, répondant, à chacune des critiques formulées contre lui, par des faits établissant péremptoirement la fausseté des hypothèses imaginées pour l’expliquer.

A la théorie des mouvements naissants et inconscients, préconisée par des autorités comme Babinet, Chevreul, Faraday, les Esprits ont opposé le mouvement d’objets inanimés, se déplaçant sans contact visible de la part des opérateurs, ainsi que le constate le rapport de la Société Dialectique de Londres. A la négation d’une force émanant du médium, William Crookes répond en construisant un appareil qui mesure mathématiquement l’action, à distance, de la force physique1. Pour détruire l’argument favori des incrédules : l’hallucination, les individualités de l’espace se font photographier, démontrant ainsi, d’une manière irréfutable, leur objectivité.

Il est possible encore d’avoir des moules reproduisant des parties d’un corps fluidique, temporairement formé, mais qui disparaît ensuite, ces empreintes matérielles restant comme des témoins authentiques de la réalité de l’apparition. Entre temps, les Esprits donnaient la mesure de leur pouvoir sur la matière, en produisant de l’écriture, en dehors de tous les moyens usités pour cela, en transportant, sans les endommager, à travers cloisons et murailles, des objets matériels, enfin, ils ont témoigné de leur intelligence et de leur personnalité par des preuves absolues, établissant qu’ils ont vécu antérieurement sur la terre.

On a fait bien souvent le procès du spiritisme, mais tous ceux qui l’ont tenté n’ont pu le détruire, et il sort agrandi, chaque fois, du baptême de la critique.

Tous les anathèmes, toutes les négations intéressées ont été forcées de disparaître, devant l’innombrable multitude de documents entassés par la ténacité des chercheurs. Le fait spirite a conquis des adeptes dans toutes les classes de la société.

Des législateurs, des magistrats, des professeurs, des médecins, des ingénieurs n’ont pas craint d’affirmer la foi nouvelle, résultant pour eux d’un examen attentif et d’une longue expérimentation ; il ne manquait plus aux manifestations que la consécration de la science, elles l’ont obtenue par la voix de ses plus célèbres représentants. En France, en Allemagne, en Angleterre, en Italie, en Russie, aux Etats-Unis des savants illustres ont donné à ces recherches un caractère si rigoureusement positif qu’il n’est plus permis aujourd’hui de récuser l’autorité de ces affirmations, mille fois répétées.

La lutte a été longue et acharnée car les spirites ont à combattre les matérialistes dont ces expériences anéantissent les théories, et les religions qui sentent vaciller leurs dogmes séculaires sous la poussée irrésistible des individualités de l’espace.

Nous avons exposé méthodiquement dans un précédent ouvrage2, le magnifique développement atteint par l’expérimentation. Nous avons discuté point par point toutes les objections des incrédules, nous avons établi l’insanité des théories imaginées pour rendre compte de ces phénomènes, soit par les lois physiques actuellement connues, soit par la suggestion ou l’hallucination, et, de notre examen impartial, s’est dégagée l’irrésistible certitude qu’ils sont dus aux âmes des hommes qui ont vécu sur la terre.

A l’heure actuelle, aucune école philosophique ne peut fournir une explication adéquate aux faits, en dehors du spiritisme. Les théosophes, les occultistes, les mages et autres évocateurs du passé ont vainement tenté d’expliquer ces phénomènes en les attribuant à des êtres imaginaires appelés « Elémentals ou Elémentaires, ou coques astrales, ou inconscient inférieur » toutes ces hypothèses ne résistent pas à un examen sérieux, ne rendent pas compte de toutes les expériences et n’ont d’autre résultat que de compliquer la question sans nécessité.

Aussi, tous ces systèmes n’ont pu se propager et ont été aussi oubliés que produits. La survivance de l’être pensant s’est affirmée, dégagée de toutes ces scories, avec une magnifique splendeur ; le grand problème de la destinée future est résolu, la mort a déchiré ses voiles, et, à travers cette trouée sur l’infini, nous voyons rayonner dans l’immortalité nos amours que nous croyions évanouies à jamais.

Nous n’examinerons donc pas à nouveau toutes les preuves que nous possédons de la survivance de l’âme, nous estimons que cette démonstration est faite ; notre but dans cet ouvrage est d’étudier l’esprit pendant l’incarnation terrestre, en tenant compte des enseignements si logiques du spiritisme et des dernières découvertes de la science. Les connaissances nouvelles, que nous devons aux intelligences extraterrestres, nous aident à comprendre toute une catégorie de phénomènes physiologiques et psychiques qui sont inexplicables sans elles. Les matérialistes, en niant l’existence de l’âme, se sont volontairement privés de notions indispensables à la compréhension des phénomènes vitaux de l‘être animé, et les philosophes spiritualistes en employant le sens intime comme unique instrument de recherche, n’ont pas connu la véritable nature de l’âme, de sorte que jusqu’alors on n’a pu concilier, dans une explication commune, les phénomènes physiques et mentaux.

Le spiritisme, en faisant connaître la composition de l’esprit, en rendant tangible la partie fluidique de nous-mêmes, a projeté une vive lumière sur ces difficultés en apparence insurmontables, car nous pouvons embrasser, dans une vaste synthèse, tous les faits de la vie corporelle et intellectuelle, et en montrer les rapports qui étaient inconnus jusqu’ici.

Afin de mieux faire comprendre notre pensée, il est utile de rappeler, en quelques mots, les notions nouvelles que nous avons acquises sur l’âme, elles mettront en relief l’originalité et la grandeur de la nouvelle doctrine.

L’enseignement des Esprits a été coordonné avec une remarquable hauteur de vues et une irréfragable logique par Allan Kardec3. Ce profond philosophe a exposé méthodiquement une série de problèmes relatifs à l’existence de Dieu, de l’âme et à la constitution de l’Univers. Il a donné une solution claire et rationnelle à la plupart de ces difficiles questions, écartant avec soin la métaphysique de ses raisonnements. C’est pourquoi nous le prenons pour guide dans ce résumé succinct.

L’âme, ou esprit, est le principe intelligent de l’univers. Elle est indestructible, au même titre que la force et la matière ; son essence intime nous est inconnue, mais nous sommes obligés de lui reconnaître une existence distincte, car ses facultés la différencient de tout ce qui existe. Le principe intelligent, duquel toutes les âmes émanent, est inséparable du fluide universel4, autrement dit : de la matière sous sa forme originelle, primordiale, c’est-à-dire à l’état le plus quintessencié.

Tous les Esprits, quel que soit le degré de leur avancement, sont donc revêtus d’une enveloppe invisible, intangible et impondérable. Ce corps fluidique est appelé périsprit. Ici, le spiritisme apporte des vues neuves, un enseignement nouveau.

Contrairement à l’opinion commune, il démontre que l’âme n’est pas une pure essence, une sorte d’abstraction idéale, uns vague entité, comme le croient les spiritualistes. C’est, au contraire, un être concret possédant un organisme physique parfaitement délimité.

Si, à l’état ordinaire, l’âme est invisible, elle peut cependant apparaître, dans des conditions déterminées, avec assez de réalité pour impressionner nos sens. Les médiums la voient, dans l’espace, sous la forme qu’elle avait en dernier lieu sur la terre ; même parfois elle se matérialise suffisamment pour laisse des souvenirs durables de son intervention ; en un mot, on peut affirmer, dans ce cas, que, bien qu’elle échappe aux sens, elle est aussi réelle et agissante que l’homme terrestre.

Nous verrons, dans le cours de cette étude, que, malgré sa matérialité, le périsprit est cependant si éthéré que l’âme ne pourrait agir sur la matière sans le secours d’une force à laquelle on a donné le nom de fluide vital.

L’âme a pour but de développer toutes les facultés qui sont en elle. Pour y parvenir, elle est obligée de s’incarner un très grand nombre de fois sur la terre, afin de donner leur essor à ses facultés morales et intellectuelles, en apprenant à maîtriser et à gouverner la matière. C’est par une évolution ininterrompue, depuis les formes les plus rudimentaires de la vie jusqu’à l’humanité, que le principe pensant conquiert lentement son individualité.

Arrivé à ce stade, il doit faire éclore sa spiritualité, en dominant les instincts grossiers qui lui restent de son passage dans les formes inférieures, afin de s’élever, dans la série des transformations, vers des destinées toujours plus hautes.

Les réincarnations sont une nécessité inéluctable de l’avancement de l’esprit. Chaque existence terrestre ne comporte qu’une somme d’efforts déterminés, après lesquels l’énergie de l’âme est détendue. La mort est un repos, une étape sur la longue route de l’éternité. Puis le retour sur la terre est une sorte de rajeunissement pour l’esprit. A chaque renaissance, les eaux du Léthé font à l’âme une virginité nouvelle : les préjugés, les erreurs, les superstitions du passé s’évanouissent. Les passions anciennes, les hontes, les remords ont disparus, l’oubli a créé un être neuf qui s’élance plein d’ardeur dans une voie nouvelle. Chaque effort amène un progrès, chaque progrès une puissance toujours plus grande, et ces acquisitions successives élèvent l’âme lentement sur les degrés sans nombre de la perfection.

Ces révélations nous font entrevoir les perspectives de l’infini ; elles nous montrent l’existence éternelle se développant dans les splendeurs du cosmos, elles nous permettent de mieux comprendre la justice et la bonté de l’immortel auteur des êtres et des choses.

Créés tous égaux, nous avons les mêmes difficultés à vaincre, les mêmes luttes à soutenir, le même idéal à atteindre : le bonheur parfait. Nulle puissance arbitraire ne prédestine les uns à des souffrances sans fin, et d’autres à la béatitude. Nous ne sommes justiciables que de notre conscience ; c’est elle qui, à chaque retour dans l’espace, nous montre les fautes commises et les moyens de les réparer. Nous sommes les arbitres souverains de notre sort futur ; chaque existence conditionne la suivante et, malgré les lenteurs de notre marche ascendante, nous gravitons sans cesse vers ces hauteurs rayonnantes, où nous sentirons palpiter les coeurs de nos frères et où nous entrerons en communion, toujours plus intime, avec la grande âme universelle : la Puissance suprême.

Pour donner à ces enseignements toute l’autorité qu’ils comportent, il faut montrer que les Esprits qui nous les ont dictés ne se sont pas trompés. Il faut vérifier leurs affirmations, en les passant au creuset de la raison, et, dans tous les cas où cela est possible, voir s’ils sont en concordance avec les données scientifiques modernes.

Afin de nous soumettre à ce programme et pour procéder méthodiquement, nous commencerons par étudier le rôle de l’âme pendant l’incarnation. Nous montrerons l’importance des fonctions de ce nouvel organe, que les spirites appellent le périsprit, et il nous sera loisible de constater que la physiologie et la psychologie s’éclairent d’un jour nouveau, lorsqu’on fait intervenir dans l’explication de leurs phénomènes l’esprit revêtu de son enveloppe. Nous essaierons de déterminer en premier lieu la nature et les fonctions du périsprit, et, une fois qu’il sera bien connu, nous étudierons quelques problèmes non résolus jusqu’alors.

La science ne donne guère que des échappatoires, en fait de réponses, lorsqu’on l’interroge sur les causes de l’évolution vitale des êtres vivants. Pourquoi meurt-on? Pourquoi les mêmes forces qui ont conduit le corps à son entier développement sont elles impuissantes à la maintenir dans cet état ?

D’autre part, d’où provient la fixité spécifique et individuelle du type des êtres vivants, malgré le flux incessant de matière qui renouvelle le corps à chaque instante? Telles sont les premières questions que nous nous proposons de résoudre en faisant intervenir le périsprit dans nos recherches.

Nous tenterons d’établir ensuite que les nombreux phénomènes de la vie végétative et organique nécessitent, eux aussi, la présence d’une force sans cesse agissante pour coordonner les actions réflexes du système nerveux auxquelles ils sont dus. Nous mettrons le plus possible en évidence la caractéristique psychique de ces actes, en montrant qu’ils ont tous une finalité intelligente, en ce sens qu’ils concourent à la conservation de l’individu. Ceci nous acheminera vers l’étude des facultés proprement dites.

Nul n’ignore les inextricables difficultés dans lesquelles se sont débattus les philosophes, lorsqu’il s’est agi d’expliquer l’action du physique sur le moral ou de l’âme sur le corps.

La connaissance du périsprit supprime radicalement ce problème. Il jette sur les processus de la vie mentale une vive clarté, en permettant de comprendre nettement la formation et la conservation de l’inconscient, physiologique ou psychique ; il montre les nuances progressives qui relient l’instinct à l’intelligence ; il fait saisir, sur le vif, le mécanisme des actions cérébrales et les connexions qui existent entre elles ; il explique pourquoi l’âme garde son unité et son identité à travers les vies successives ; il donne, sur les conditions dans lesquelles les réincarnations s’accomplissent, les indications les plus précises ; enfin, il se révèle l’instrument indispensable pour comprendre l’action des Esprits dans les manifestations spirites.

On voit donc que l’ouvrage que nous présentons au lecteur a un double objectif. Premièrement, il vise à démontrer que la doctrine spirite s’accorde avec les théories modernes de la science ; en second lieu, il a l’ambition de faire connaître le rôle physique d’un organe essentiel à la vie de l’âme et du corps, dont le public ignorait l’existence, et de montrer l’importance considérable de cette découverte.

La nature même de nos recherches nous imposa le devoir de faire des emprunts nombreux aux travaux les plus récents des savants contemporains, et nous aimons à reconnaître que les efforts de ces expérimentateurs aux méthodes précises, ont fait faire un pas immense à nos connaissances. La détermination, de plus en plus exacte, du fonctionnement vital des êtres animés, nous fournit des renseignements précieux pour notre étude mais si nous n’adoptons pas les conclusions matérielles qui résultent pour ces savants de leurs recherches, c’est que nous avons des faits irréfutables qui démontrent, avec certitude, que leurs déductions sont erronées.

Le spiritisme nous fait connaître l’âme, la science nous apprend les lois de la matière vivante. Il s’agit donc, pour nous, de réunir ces deux enseignements, de montrer qu’ils se prêtent un mutuel secours, qu’ils se complètent, qu’ils sont inséparables pour la compréhension des phénomènes de la vie physique et intellectuelle, et qu’il résulte de leur accord la plus magnifique certitude qu’il soit donné à l’homme d’acquérir ici-bas. Nous sentons bien notre insuffisance pour une pareille tâche, mais quelque imparfaite que soit l’ébauche que nous livrons au public, nous avons l’espoir qu’elle déterminera peut-être un homme de science à reprendre ce travail, et à lui donner toute la valeur qu’il comporte.

La chose essentielle à établir, c’est qu’il n’y a pas incompatibilité entre les découvertes modernes et l’existence des Esprits ; autrement dit, que le surnaturel n’existe pas, et que l’existence d’esprits, revêtus d’une enveloppe matérielle, peut se concevoir naturellement, l’influence qu’ils exercent sur le corps étant la résultante logique de leur constitution.

Nous n’ignorons pas que les théories que nous défendons auraient besoin de s’étayer sur des démonstrations expérimentales, pour être absolument irréfutable, nous avons même la certitude qu’elles seront instituées un jour ; mais il nous suffit actuellement de présenter des hypothèses logiques, ne heurtant aucun enseignement scientifique, expliquant tous les phénomènes, pour montrer la grandeur de la synthèse qu’on obtient, lorsqu’on combine les connaissances humaines avec les révélations spirituelles.

Ce n’est pas trop de l’intervention de la physique, de la chimie, de la mécanique et de la biologie pour expliquer les faits spirites, car ces manifestations, en apparence si simples, exigent, pour être comprises, l’emploi de presque toutes les connaissances humaines. Le spiritisme touche aux problèmes les plus difficiles de la physiologie et de la psychologie, dans l’étude du fonctionnement cérébral du médium, pendant la communication des esprits.

La nature particulière des forces qui entrent en jeu dans les matérialisations, est un profond sujet de méditation pour le savant, car le mode d’action des invisibles sur la matière diffère radicalement de ce que nous connaissons jusqu’alors.

Le jour où la science sera persuadée de la véracité de notre doctrine, une véritable révolution s’opérera dans les méthodes jusqu’alors employées. Les recherches, qui avaient pour unique objectif la matière, s’élèveront jusqu’à l’âme, et l’humanité, régénérée par une foi raisonnée, s’avancera à la conquête de tous les progrès qu’elle ne peut qu’entrevoir aujourd’hui.

Il s’écroulera, sans doute, encore bien du temps avant que cet espoir se réalise, mais nous avons le devoir de préparer la route aux générations futures.

Essayons donc de nous servir des découvertes modernes, afin de les adapter à notre doctrine.

Pénétrons dans les profondeurs de l’être humain, à la suite de la physiologie et à la lueur du spiritisme.

Rendons palpable l’influence que l’âme exerce, tantôt à l’état conscient, tantôt à l’état inconscient, sur tous les phénomènes vitaux. Scrutons minutieusement les rapports si délicats et si importants du physique et du moral. Tentons de déterminer les connexions de la vie psychique avec les phénomènes de l’organisme. Cherchons dans quelle partie de l’homme subsiste l’identité de l’être, et le siège des facultés de l’âme ; enfin, résumant toutes ces observations, essayons de concilier, dans une vue d'ensemble qui embrasse le corps et l’âme, tous les résultats auxquels nous serons arrivés.

Ce sont ces considérations qui nous ont guidé en écrivant ce livre. Nous n’avons pas la prétention de croire que nous avons fait la lumière complète sur toutes ces questions, mais nous croyons apporter des documents nouveaux, présenter, sous un jour plus compréhensible, des faits jusqu’alors obscurs ou inexpliqués, et surtout nous espérons qu’il ressortira, de ce travail, la conviction que le spiritisme est bien une vérité, puisqu’il nous donne la clef de ce que la science humaine est impuissante à découvrir5.