Formation des organes des sens, rôle du périsprit
Tout d’abord, nous nous bornerons à montrer sommairement comment ont pu se former les premiers organes des sens, c’est-à-dire les premiers linéaments du système nerveux sensitif et, parallèlement, du système nerveux moteur, car ils sont inséparables, puisque la sensation se traduit toujours par un mouvement, comme nous allons le constater53. Ceci bien compris, il deviendra facile de se figurer, par analogie, comment les autres parties du système nerveux, ont pris peu à peu la direction de la vie végétative et organique. Ce sont donc les fonctions de la vie de relation des êtres vivants qui doivent nous occuper en premier lieu.
La vie de relation comprend deux termes : d’une part, l’action du monde extérieur sur l’animal, qui se traduit chez lui par le phénomène de la sensibilité ; d’autre part, l’action de l’animal sur le monde extérieur qui se manifeste par le mouvement.
La propriété de répondre par un mouvement à une force extérieure est tout à fait générale et caractérise les êtres vivants, on l’a nommée l’irritabilité.
Ce qu’il importe de bien comprendre, c’est que, dans la nature, la force n’est jamais détruite. Elle ne se perd ni même ne se crée, en sorte que toute force, même en agissant sur un objet inerte, se transformera peut-être, mais persistera à l’état de force, et se retrouvera tout entière dans la matière inerte qui a subi l’action. Un fait curieux mettra bien en évidence ce principe de la conservation d’une force sous forme d’empreinte54.
« Si l’on met sur un métal froid et poli, dit Draper, sur une lame neuve de rasoir par exemple, un pain à cacheter, et qu’après avoir soufflé sur le métal on enlève le pain à cacheter, aucune inspection, si minutieuse qu’elle soit, ne pourra faire découvrir la moindre trace d’une figure quelconque sur l’acier poli ; mais, si l’on souffle de nouveau sur le métal, l’image spectrale du pain à cacheter reparaîtra, et cela aussi souvent qu’on voudra recommencer, même plusieurs mois après l’expérience. Une ombre n’est pas projetée sur un mur sans y laisser une trace durable. »
Donc, quand une force quelconque agit sur un corps ; elle le modifie toujours dans un certain sens. Supposons qu’un morceau de fer soit par exemple dans un état A d’électricité, de température, d’équilibre mécanique, d’équilibre chimique. Si une force quelconque F agit sur lui, ce même morceau de fer, après l’action de cette force, sera dans un nouvel état A, d’électricité de température d’équilibre mécanique et d’équilibre chimique. En supposant que la force F s’est épuisée tout entière dans le corps A’, après l’action de la force F, le corps A’ sera égal à A + F.
Ceci nous conduit à admettre que, même si une force ne détermine pas de mouvements apparents dans un corps, elle en modifie toujours la constitution moléculaire, elle se transforme en imprimant au corps un nouvel état différent du premier. Or, l’animal est bien plus sensible qu’un métal, la matière dont il est formé, étant plus délicate, pourra être irritée par des forces moins énergiques que celles qui agissent sur les corps bruts, et ces forces laisseront dans l’être vivant des traces de plus en plus durables de leur action, à mesure qu’elles s’exerceront plus souvent. La chaleur, l’électricité, la combinaison chimique, la pesanteur qui semblent si différentes ne sont en réalité que des formes de mouvements, mouvements moléculaires, chimiques, vibratoires, non perceptibles à nos sens en tant que mouvements, mais enfin que la science a pu démontrer être réductibles à des lois mécaniques55.
Le point essentiel, celui qu’il ne faut jamais oublier, c’est que le périsprit est uni, au moment de la naissance, à toutes les molécules du corps. C’est au moyen du fluide vital dont le germe est imprégné, que cette incarnation peut avoir lieu, car nous savons déjà, que l’esprit ne peut agir sur la matière que par l’intermédiaire de la force vitale. Il y a donc fusion intime entre le périsprit et le fluide vital, ce dernier étant le moteur qui détermine l’évolution renfermée dans ces trois termes : jeunesse, âge mûr, vieillesse. Nous avons remarqué de même que chaque cellule, tout en participant à la vie générale dans les organismes composés, jouit cependant d’une certaine autonomie, de sorte que tout mouvement qui s’y produit change son équilibre vital, et cette modification dynamique a sa répercussion immédiate dans le double fluidique, et y détermine un mouvement. Donc, toute action, intérieure ou extérieure à l’animal, produira un mouvement dans l’enveloppe périspritale. Ceci bien compris, essayons de nous rendre compte de la manière dont les appareils des sens ont pu su former56.
Premier cas. – Supposons l’être sensible le plus élémentaire qu’il soit possible de concevoir, il doit être parfaitement sphérique et sans partie différenciée. A proprement parler, l’organisme homogène est une pure conception théorique. Si nous supposons cette masse sensible dans un milieu homogène ou, ce qui revient au même, dans un milieu qui varie uniformément, concentriquement à cette masse, elle pourra éprouver un sentiment de tension plus ou moins marqué, suivant que l’état du milieu ambiant s’écarte plus ou moins de son équilibre naturel, mais c’est là tout. Elle n’aura pas de sensation, car, ainsi qu’on va le voir, elle ne peut ressentir le changement, elle ne sent que son état présent. Elle n’aura pas de perception tant que le milieu ambiant reste homogène, puisque, quand elle se meurt, rien n’est changé autour d’elle.
On peut assez bien se rendre compte d’une semblable existence, en s’imaginant que toutes les causes extérieures se ramènent à une action du même genre que la pression atmosphérique, et que notre sensibilité se réduit à la faculté de sentir cette pression. Nous serions, dans ce cas, simplement dans un état de malaise ou d’indifférence.
Deuxième cas. – Il n’en est plus de même du moment où le milieu ambiant est hétérogène, et que son centre d’action ne correspond plus avec le centre de la masse sensible, car celle-ci sera d’abord modifiée par le point de sa surface directement exposé à l’action perturbatrice.
Pour se représenter la chose, on peut se figurer que la sensibilité est réduite à la faculté de sentir la chaleur, et que toutes les forces du milieu sont caloriques. L’organisme sera échauffé en premier lieu par le côté tourné vers la source de chaleur. Ce côté sera, pendant quelque instant ; le siège unique de la sensibilité ; puisque c’est en lui que se fera, avant tous les autres, la rupture d’équilibre ; il sera organe, mais organe adventice, c’est-à-dire accidentel, et instantané de sensation. Et comme tantôt un lieu, tantôt un autre, sera appelé à remplir cet office, on peut dire en thèse générale que le corps de l’animal sera un champ perpétuel d’organes instantanés de sensations.
C’est à la condition que la substance soit différenciée qu’il peut y avoir sensation, et par suite organe momentané de sens ; car alors l’animal perçoit non plus seulement le présent, mais à la fois le présent dans l’organe, et le passé dans le reste du corps non encore soumis au foyer. Il aura plus chaud ou plus froid dans l’organe avant d’éprouver un effet général, il connaîtra ainsi le signe du changement, c’est-à-dire il saura si la chaleur est en plus ou en moins ; et comme, en outre, il éprouvera un sentiment inévitable de bien-être ou de gêne, il saura dans quel sens la température l’affecte par rapport à la position de l’équilibre naturel ; il sentira vaguement qu’il fait chaud ou qu’il fait froid, il portera donc un jugement plus ou moins grossier sur la température absolue de l’extérieur.
Décomposons ce qui vient de se passer. Les vibrations caloriques ont, par exemple, ébranlé le manteau d’une méduse. Les cellules directement exposées au rayon de chaleur ont été irritées ; cette irritation a déterminé un changement d’équilibre dans la force vitale de ces cellules et produit une vibration du fluide vital. Cette vibration a eu sa répercussion immédiate dans le périsprit, et au même instant l’âme de la méduse a été avertie, par ce mouvement périsprital, qu’une modification est survenue dans son corps. Mais toute perception est accompagnée d’un sentiment de peine ou de plaisir ; l’âme sera donc portée à fuir les excitations extérieures qui lui donnent ce sentiment de la douleur, et à rechercher les excitations contraires. Sans doute cette perception est extrêmement vague, mais elle existe et, quelque confuse et amoindrie qu’on la suppose chez un animal aussi rudimentaire, son existence est indéniable et donne naissance, par sa répétition fréquente, à un instinct ; une remarque curieuse confirme absolument notre manière de voir.
Un fait qui prouve en faveur de l’instinct de ces animaux si inférieurs, c’est qu’ils ne se dirigent jamais sur la terre que lorsque le vent les y pousse on dirait qu’ils pressentent les dangers qui les y attendent. Malgré les précautions prises par les méduses, il en échoue cependant des quantités, qui ne tardent pas à se dessécher, ou plutôt à fondre au soleil. Leur crainte de la chaleur est donc absolument justifiée et suffit à leur créer un instinct, car la méduse qui aura ainsi péri un grand nombre de fois, finira par s’éloigner instinctivement, dans les incarnations suivantes, de ces rivages si funestes pour elle.
Reprenons notre organisme théorique, car nous n’avons pas fait toutes les remarques auxquelles il donne lieu.
L’organe adventice, autrement dit accidentel, est donc ce qui rend la sensation possible : il est la condition du sens adventice, c’est-à-dire de la faculté de recevoir, d’une manière différenciée, les changements extérieurs différenciés.
De plus, l’état de l’organe donnant la mesure du présent, pendant que le restant du corps continue à être enseveli dans le passé, la comparaison du présent et du passé est non seulement possible, mais spontanée et constitutive. Un nouveau changement se produisant, il pourra apprécier la température relative des deux termes ; il pourra sentir qu’il fait plus chaud ou qu’il fait plus froid. Grâce donc à l’organe de sens adventice, l’existence de l’animal se compose d’une série d’expériences, dont chacune est reliée à celle qui la précède et à celle qui la suit ; l’organe est la chaîne de l’association des impressions, la condition de l’individualité psychique permanente de l’animal.
Ce n’est pas tout : nous avons remarqué que c’est par l’organe accidentel qui se forme aux points exposés à la chaleur, que l’animal est averti des changements qui se passent à l’extérieur ; c’est par lui qu’il devinera si ce changement sera agréable ou désagréable, c’est grâce à lui qu’il pourra fuir ou éviter le danger, avant qu’il soit trop tard, avant que la désorganisation ne soit générale.
L’organe est donc un produit dont la fonction est intimement liée à ce que l’on nomme l’instinct de conservation, et qui avertit à temps du plaisir et de la douleur.
Enfin, comme on le voit encore, l’organe est un instrument temporaire d’expérience. Grâce à la confiance que nous avons dans sa formation instantanée, nous pouvons, étant dans un bain, nous apercevoir à temps de l’arrivée, en excès, de l’eau chaude ou de l’eau froide, et fermer le robinet avant d’être brûlé ou glacé.
Telles sont les particularités que renferme la vie de l’animal rudimentaire n’ayant pas d’organes différenciés, et ne jouissant que d’une différenciation adventice. La plupart des zoophytes ne présentent que des phénomènes de cet ordre. Nous allons procéder maintenant à l’examen du cas le plus compliqué, celui d’un animal doué d’un sens permanent.
Troisième cas. – Nous venons de voir que la sensation est due à deux causes :
1° une différenciation dans l’action extérieure,
2° une partie du corps de l’animal exposée directement à cette action et qui, dès lors, la reçoit plus fortement que les autres. Supposons que, pour une raison quelconque, cet endroit soit plus souvent appelé à servir d’organe de sens adventice, il se transformera en organe de sens permanent, c’est-à-dire qu’il sera doué à titre perpétuel d’une sensibilité plus délicate, et différenciera, dans l’être, l’action extérieure, même quand celle-ci n’accusera que de très petites variations, incapables d’agir sur les autres parties sensibles de l’animal.
L’organe permanent est donc une cause subjective de différenciation, c’est la condition du sens permanent, c’est-à-dire de la faculté de recevoir d’une manière différenciée les changements extérieurs, même non différenciés.
Pour rendre plus claire cette conception, imaginons que la sensibilité est répandue uniformément sur le corps, sauf vers un seul endroit où elle soit délicate, autrement dit, supposons que nous n’ayons que le sens du toucher, et que la sensibilité soit accumulée à l’extrémité d’un seul bras. Il se produira sur le reste du corps des organes adventices qui avertiront des changements survenus dans le monde extérieur. Mais lorsqu’il s’agira d’apprécier plus exactement la nature et l’importance d’un de ces changements, nous dirigerons notre organe permanent dans sa direction, et c’est par lui, de préférence, que nous explorerons le milieu ambiant, puisqu’il est plus apte à ressentir d’une manière distinctive les plus petites différences. C’est ainsi que, lorsque nous marchons dans l’obscurité, nous mettons les mains en avant, ou nous avançons le pied avec précaution pour étudier le terrain.
Les crustacés, les insectes possèdent des antennes qui jouent le même rôle, ce sont des organes mobiles dans lesquels le tact est le plus affiné, et c’est par ces appendices qu’ils se rendent compte exactement des objets extérieurs.
L’organe permanent sera donc l’instrument constant des expériences de l’animal, et il acquerra à cet égard une aptitude spéciale. En se perfectionnant par l’exercice, il donne des renseignements de plus en plus précis et fidèles. Outre donc toutes les propriétés que nous avons reconnues à l’organe adventice, et qui appartiennent à plus forte raison à l’organe permanent, il a encore celle de relier l’expérience actuelle aux expériences passées, il est le lieu de l’association des expériences.
Comment se fait cette transformation de l’accidentel en permanent ? Nous savons que toute action extérieure peut se ramener, en dernière analyse, à un phénomène de mouvement vibratoire qui vient contrarier celui des molécules du corps. Pour qu’il y ait sensation, il faut que celles-ci opposent une certaine résistance à la cause perturbatrice. Cette résistance provient, à vibrer en harmonie avec l’extérieur. Une fois la résistance vaincue, la transformation de l’énergie extérieure laissera une trace plus ou moins profonde. Sans doute, si cette même activité extérieure ne vient plus agir sur ces mêmes molécules, elles tendent à reprendre leur mouvement naturel.
Mais les choses se passeront tout autrement si elles subissent, non plus une fois, mais des milliers et des milliers de fois, cette action, non seulement pendant une vie, mais pendant cinquante, cent, mille passages dans la même forme. Dans ce cas, elles perdront petit à petit leur aptitude à reprendre leur mouvement naturel, et s’identifieront de plus en plus avec celui qui leur est imprimé, au point qu’il leur deviendra naturel à son tour et que, plus tard, elles obéiront à la moindre cause qui les mettra en branle.
Le même raisonnement est applicable exactement aux molécules périspritales et, de même que dans le champ magnétique de l’aimant on constate l’existence de lignes de force, de même dans le périsprit se crée de ces sortes de lignes, le long desquelles le mouvement vibratoire est différencié, et permet à l’âme de prendre plus exactement connaissance du monde extérieur, que par le mouvement confus du reste de son enveloppe. Ici se place une remarque très importante et qui démontre une fois de plus l’utilité, et même l’incontestable nécessité du périsprit.
N’oublions pas que dans tous les êtres vivants, aussi bien chez les zoophytes que dans l’homme, la matière vivante se détruit et se régénère incessamment par la nutrition, que, dans un temps très court, toutes les molécules du corps sont renouvelées ; il est donc indispensable qu’il reste dans l’animal un principe permanent dans lequel résident les modifications acquises, sans quoi les nouvelles molécules ne seraient plus aptes que les anciennes à vibrer plus rapidement, et l’animal ne pourrait acquérir aucun organe distinct des sens ; il n’aurait que des appareils adventices, et son progrès ne pourrait s’effectuer.
Le périsprit est donc la cause directe du progrès animal ; sans lui rien n’est explicable, et la théorie précédente, qui est cependant celle de la science, ne saurait se concevoir sans l’existence du périsprit. Le mouvement est indestructible, c’est vrai ; ce mouvement affecte les cellules qu’il rencontre sur sa route et les ébranle, celles-ci conservent ce mouvement, c’est incontestable ; mais, quand elles disparaissent, elles emportent avec elles la modification acquise, et les nouvelles ne possèdent plus ce mouvement vibratoire. Si, au contraire, on admet que le principe vital est intimement uni à toutes les parties du périsprit, et que celui-ci reproduit exactement toutes les parties du corps, tout devient clair, car les nouvelles cellules sont organisées par la force vitale modifiée suivant le mouvement des lignes de forces périspritales, et par conséquent l’organisme physique reproduit ces modifications et dessins dans l’être cellulaire la place du système nerveux sensitif et en même temps moteur, puisque l’être réagit constamment contre son milieu.
C’est de cette manière que les cellules arriveront à se différencier et à manifester des propriétés particulières, en rapport avec leur genre d’excitation spéciale, c’est-à-dire du mouvement qui agit le plus souvent sur elles. Les vibrations calorifiques sont moins rapides que les vibrations lumineuses, et les ondulations sonores différent encore des deux premières, de sorte que les cellules qui recevront le plus souvent l’un ou l’autre de ces mouvements, finiront par acquérir une faculté d’irritabilité appropriée à la nature de chacun des irritants ; en un mot, il y aura spécificité des organes des sens.
La seule condition qu’exige cette théorie pour être réalisée, c’est le temps. Or nous sommes arrivés aujourd’hui à déterminer la durée probable qui nous sépare de l’apparition des êtres vivants sur notre planète.
Pour résoudre ce problème, les géologues ont usé de leur méthode habituelle ; celle-ci consiste à apprécier l’âge d’un terrain d’après l’épaisseur d’une couche déposée, et la rapidité probable de son érosion. A la suite de nombreuses observations, faites sur les points les plus divers du globe, les naturalistes, et à leur tête l’illustre Lyell, ont estimé que plus de 360 millions d’années s’étaient écoulées depuis la solidification des couches superficielles terrestres57.
Ces conclusions ont été attaquées par quelques physiciens qui n’ont admis que 100 millions d’années58 ; prenons cette évaluation la plus faible pour base, et nous aurons, pour la durée respective des trois époques géologiques, les chiffres suivants :
1° Epoque primaire. . . 75 millions d’années.
2° Epoque secondaire . . 19 - -
3° Epoque tertiaire . . . 6 - -
Nous voyons donc que les animaux primitifs vivant les premiers, c’est pendant les soixante-quinze millions d’années de la période primaire qu’ils se sont petit à petit diversifiés, et qu’ils ont lentement conquis leurs organes, en créant le système nerveux.
Les conditions climatiques étaient à peu près semblables à celles que nous avons imaginées pour expliquer l’action du milieu sur l’animal et la formation des organes des sens.
« Pendant toutes la durée des temps primaires, dit M. de Lapparent, un climat semblable à celui des tropiques paraît avoir régné de l’équateur jusqu’aux pôles ; c’est à peine si, vers la moitié de l’ère secondaire, a commencé à se manifester le rétrécissement progressif de la zone tropicale. Au milieu de l’ère tertiaire, le Groenland nourrissait encore une végétation semblable à celle qui, de nos jours, caractérise la Louisiane. L’apparition des glaces polaires a donc été tardive, et l’on peut presque la considérer comme ayant mis fin aux temps géologiques proprement dits, pour inaugurer l’ère actuelle59 ».
Les exemples que nous avons pris se rapportent à l’organe du tact, mais nous aurions aussi bien pu supposer qu’il s’agissait de tout autre apparaît sensoriel, comme ceux de la vue ou l’audition. Les phénomènes vont en se compliquant de plus en plus à mesure que l’on s’élève dans la série animale, et le système nerveux se perfectionne corrélativement, mais le procédé est toujours le même. Etudions donc les propriétés physiologiques de l’appareil nerveux. Car ces connaissances
nous feront mieux comprendre encore le rôle du périsprit.