Le Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec


INTRODUCTION

 

Au milieu de la crise que nous subissons, la pens�e s'inqui�te, elle s'interroge ; elle recherche les causes profondes du mal qui atteint toutes les formes de notre vie sociale, politique, �conomique, morale. Les courants d'id�es, de sentiments, d'int�r�ts se heurtent violemment, et de leurs chocs r�sulte un �tat de trouble, de confusion, de d�sordre, qui paralyse toute initiative et se traduit en une impuissance � trouver le rem�de. Il semble que la France ait perdu conscience d'elle-m�me, de son origine, de son g�nie, de son r�le dans le monde.
Tandis que d'autres races, essentiellement r�alistes, poursuivent un but d'autant plus pr�cis, d'autant mieux d�termin� qu'il est plus mat�riel, la France a toujours h�sit�, au cours de son histoire, entre deux conceptions oppos�es. Et, par l�, s'explique le caract�re intermittent de son action.
Tant�t elle se dit celtique et alors elle fait appel � cet esprit de libert�, de droiture, de justice qui caract�rise l'�me de la Gaule. C'est � l'intervention de celle-ci, au r�veil de son g�nie, qu'il faut attribuer l'institution des communes au moyen �ge et l'oeuvre de la R�volution. Tant�t elle se croit latine et, d�s lors, vont repara�tre toutes les formes de l'oppression monarchique ou th�ocratique, la centralisation bureaucratique et administrative, imit�e des Romains, avec les habilet�s, les subterfuges de leur politique et les vices, la corruption des peuples vieillis.
Ajoutez en dehors de ces conceptions l'indiff�rence des masses, leur ignorance des traditions, la perte de tout id�al. C'est aux alternances de ces deux courants qu'il faut attribuer le flottement de la pens�e fran�aise, les ressauts, les brusques revirements de son action � travers l'histoire.
Pour retrouver l'unit� morale, la conscience d'elle-m�me, le sens profond de son r�le et de son destin, c'est-�-dire tout ce qui fait les nations fortes, il suffirait � la France d'�carter les th�ories erron�es, les sophismes par lesquels on a fauss� son jugement, obscurci sa voie, et de revenir � sa propre nature, � ses origines ethniques, � son g�nie primitif, en un mot � la tradition celtique, enrichie du travail et du progr�s des si�cles.
Car la France est celtique, il n'y a pas de doute possible sur ce point. Nos plus �minents historiens l'attestent et, avec eux, nombre d'�crivains et de penseurs parmi lesquels les deux Thierry, Henri Martin, J. Michelet, Ed. Quinet, Jean Reynaud, Renan, Emile Faguet et tant d'autres. Si nous sommes Latins, ont-ils dit, par l'�ducation et la culture, nous sommes Celtes par le sang, par la race.
D'Arbois de Jubainville nous l'a r�p�t� souvent, dans ses cours du Coll�ge de France, comme dans ses livres : � Il y a 90 p. 100 de sang gaulois dans les veines des Fran�ais. � En effet, si nous ouvrons l'histoire, nous y verrons qu'apr�s la chute de l'Empire, les Romains en masse repass�rent les Alpes et il en resta tr�s peu en Gaule. Les invasions germaniques pass�rent comme des trombes sur notre pays ; seuls les Francs, les Wisigoths, les Burgondes s'y fix�rent assez longtemps pour se fondre avec les �l�ments autochtones. Encore, les Francs n'�taient-ils que trente-huit mille alors que la Gaule comptait pr�s de cinquante millions d'habitants.
On peut se demander comment une si vaste contr�e a pu �tre conquise avec de si faibles moyens. Cela M. Ed. Haraucourt, de l'Acad�mie fran�aise, nous l'explique dans un substantiel article publi� dans la revue la Lumi�re, du 15 janvier 1926, et dont nous parlerons plus loin.
Tous ceux qui ont gard� au coeur le souvenir de nos origines aiment � retracer les gloires et les revers de cette race remuante, aventureuse, qu'est la n�tre, � rappeler les malheurs et les �preuves qui lui ont attir� tant de sympathies. A toutes ces pages c�l�bres, �crites sur ce sujet, je n'aurais pas song� � ajouter quoi que ce soit si je n'avais eu un �l�ment nouveau � offrir au lecteur pour �lucider le probl�me de nos origines, c'est-�-dire la collaboration du monde invisible. En effet, c'est � l'instigation de l'esprit d'Allan Kardec que j'ai r�alis� ce travail. On y trouvera la s�rie des messages qu'il nous a dict�s par incorporation, en des conditions qui excluent toute supercherie. Au cours de ces entretiens, des Esprits, lib�r�s de la vie terrestre, nous ont apport� leurs conseils et leurs enseignements.
Ainsi qu'on le verra dans ses messages, Allan Kardec a v�cu en Gaule, au temps de l'ind�pendance et il y fut druide. Le dolmen qui, par sa volont�, s'�l�ve sur sa tombe au P�re-Lachaise, a par l� un sens pr�cis. La doctrine spirite que le grand initiateur a condens�e, r�sum�e en ses oeuvres au moyen des communications d'Esprits, obtenues sur tous les points du globe, co�ncide, dans ses grandes lignes, avec le druidisme et constitue un retour � nos v�ritables traditions ethniques, amplifi�es des progr�s de la pens�e et de la science et confirm�es par les voix de l'espace. Cette r�v�lation marque une des phases les plus hautes de l'�volution humaine, une �re f�conde de p�n�tration de l'invisible dans le visible, la participation de deux mondes dans une oeuvre grandiose d'�ducation morale et de refonte sociale.
A ce point de vue ses cons�quences sont incalculables. Elle offre � la connaissance un champ d'�tudes sans bornes sur la vie universelle. Par l'encha�nement de nos existences successives et la solidarit� qui les relie, elle rend plus claire, plus rigoureuse la notion des devoirs et des responsabilit�s. Elle montre que la justice n'est pas un vain mot et que l'ordre et l'harmonie r�gnent dans le Cosmos.
A quoi dois-je attribuer cette grande faveur d'avoir �t� aid�, inspir�, dirig� par les Esprits des grands Celtisants de l'espace ? A ce que, m'a dit Allan Kardec, j'ai v�cu moi-m�me, dans l'ouest des Gaules mes trois premi�res existences humaines et j'ai toujours conserv� en moi les impressions des premiers �ges. C'est pourquoi, lorsque dans la vie actuelle, � dix-huit ans, j'ai lu le Livre des Esprits d'Allan Kardec, j'ai eu l'intuition irr�sistible de la v�rit�. Il me semblait entendre des voix lointaines ou int�rieures me parlant de mille choses oubli�es. Tout un pass� ressuscitait avec une intensit� presque douloureuse. Et tout ce que j'ai vu, observ�, appris depuis lors, n'a fait que confirmer cette impression premi�re.
Ce livre peut donc �tre consid�r�, en grande partie, comme une �manation de cet Au-del� o� je vais bient�t retourner. A tous ceux qui le liront puisse-t-il apporter une radiation de notre pens�e et de notre foi commune, un rayon d'en-haut qui fortifie les consciences, console les afflictions et �l�ve les �mes vers cette source �ternelle de toute v�rit�, de toute sagesse et de tout amour qui est Dieu.

 

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