|
|
A mesure que l�homme avance � pas lents dans le chemin de la connaissance, l�horizon s��largit et des perspectives nouvelles s�ouvrent devant lui. Sa science est born�e, mais la nature est sans limites.
La science n�est que l�ensemble des conceptions d�un si�cle, que la science du si�cle suivant d�passe et submerge. Tout en elle est provisoire et incomplet. Elle �tudie les lois du mouvement, les manifestations de la force et de la vie ; cependant, elle ne sait rien encore des causes agissantes, rien de la force et du mouvement en leur principe. Le probl�me de la vie lui �chappe et l�essence des choses reste pour elle un myst�re imp�n�trable.
Malgr� les n�gations obstin�es et l�aveuglement de certains savants, chaque jour leurs vues se trouvent d�menties sur quelque point. C�est ce qui arrive aux repr�sentants des �coles mat�rialistes et positivistes. L��tude et l�observation des ph�nom�nes psychiques viennent bouleverser leurs th�ories sur la nature et la destin�e des �tres.
L��me humaine n�est pas, comme elles l�affirmaient, une r�sultante de l�organisme, s��vanouissant avec lui ; c�est une cause qui pr�existe et survit au corps.
L�exp�rience nous d�montre chaque jour que l��me est pourvue d�une forme fluidique, d�un organisme intime et subtil, dont elle est ins�parable. Cet organisme impond�rable, qui a ses sens propres, distincts des sens corporels, est seul en jeu quand elle exerce ses pouvoirs sup�rieurs. Gr�ce � lui, l��me peut, pendant la vie et durant le sommeil, se d�gager de l�enveloppe physique, p�n�trer la mati�re, franchir l�espace, percevoir les r�alit�s du monde invisible. De cette forme fluidique se d�gagent des radiations, des effluves, qui peuvent s�ext�rioriser en couches concentriques au corps humain[1], et m�me, en certains cas, se condenser � des degr�s divers et se mat�rialiser au point d�impressionner des plaques photographiques et des appareils enregistreurs[2].
L�action d�une �me sur une autre � distance est �tablie par les ph�nom�nes t�l�pathiques et magn�tiques, la transmission de la pens�e, l�ext�riorisation des sens et des facult�s. Les vibrations de la pens�e peuvent se propager dans l�espace, comme la lumi�re et le son, et impressionner un autre organisme fluidique en affinit� avec celui du manifestant. Les ondes psychiques se propagent au loin et vont �veiller dans l�enveloppe du sensitif des impressions de nature vari�e, suivant son �tat dynamique : visions, auditions ou mouvements.
Parfois, l��me elle-m�me, pendant le sommeil, quitte son enveloppe mat�rielle et, sous sa forme fluidique, se rend visible � distance. Certaines apparitions ont �t� vues par plusieurs personnes � la fois ; d�autres ont exerc� une action sur la mati�re, ouvert des portes, d�plac� des objets, laiss� des traces de leur passage. Quelques-unes ont impressionn� des animaux[3].
Les apparitions de mourants ont �t� constat�es des milliers de fois. Les proc�s-verbaux de la Soci�t� des recherches psychiques, de Londres, les Annales des Sciences psychiques, de Paris, en signalent un grand nombre. M. Flammarion, dans son beau livre l�Inconnu et les probl�mes psychiques, en relate une centaine de cas, avec co�ncidence de mort, ce qui ne permet pas de voir en eux de simples hallucinations, mais des faits r�els, avec relation de cause � effet.
Ces ph�nom�nes ont �t� constat�s si souvent, ils s�appuient sur des t�moignages si nombreux et si importants, que des savants d�une prudence excessive, comme M. Ch. Richet, de l�Acad�mie de m�decine de Paris, ont pu dire : � On trouve une telle quantit� de faits impossibles � expliquer autrement que par la t�l�pathie, qu�il faut admettre une action � distance... le fait semble prouv� et absolument prouv�. �
Dans ces ph�nom�nes, nous trouvons d�j� une d�monstration positive de l�ind�pendance de l��me. En effet, si l�intelligence �tait une propri�t� de la mati�re et devait s��teindre � la mort, on ne pourrait s�expliquer qu�au moment o� le corps s�affaisse, o� l�organisme cesse de fonctionner, cette intelligence se manifeste parfois avec une intensit� plus vive, avec une recrudescence d�activit�.
Les cas de lucidit�, de clairvoyance, de pr�vision de l�avenir, sont fr�quents chez les mourants. Dans ces cas, le d�gagement de l�enveloppe ouvre � l�esprit un champ nouveau de perception. L��me se r�v�le, au moment de la mort, avec des facult�s, des qualit�s sup�rieures � celles qu�elle poss�dait dans la vie normale. Il faut voir l� une preuve que notre personnalit� psychique n�est pas une r�sultante de l�organisme, �troitement li�e � lui, mais qu�elle jouit d�une vie profonde, diff�rente de celle du corps, celui-ci �tant plut�t pour elle une prison temporaire et une entrave.
Cette d�monstration se fait plus �vidente encore lorsque, apr�s la mort, l�esprit d�sincarn� peut trouver dans l�enveloppe physique des m�diums les �l�ments n�cessaires pour se mat�rialiser et tomber sous l�action des sens.
On peut constater alors, � l�aide de balances munies d�appareils enregistreurs, que le corps du m�dium perd une partie de son poids, et la diff�rence se retrouve dans l�apparition mat�rialis�e[4].
�
� �
D�ann�e en ann�e, les faits se multiplient, les attestations s�accumulent, l�existence du monde des Esprits s�affirme avec une autorit� et une puissance grandissantes. Depuis un demi-si�cle, l��tude de l��me est pass�e, du domaine de la m�taphysique et des purs concepts, � celui de l�observation et de l�exp�rience.
La vie se r�v�le sous un double aspect : physique et supra-physique. L�homme participe � deux modes d�existence. Par son corps physique, il appartient au monde visible ; par son corps fluidique, au monde invisible. Ces deux corps coexistent en lui durant la vie. La mort en est la s�paration.
Au-dessus de notre humanit� mat�rielle s�agite une humanit� invisible, compos�e des �tres qui ont v�cu sur la terre et ont d�pouill� le v�tement de chair. Au-dessus des vivants, incarn�s dans un corps mortel, les survivants poursuivent, dans l�espace, la vie libre de l�esprit.
Ces deux humanit�s se renouvellent l�une par l�autre, au moyen de la naissance et de la mort. Elles se p�n�trent, s�influencent r�ciproquement et peuvent entrer en rapport au moyen de certains sujets, dou�s de facult�s sp�ciales, nomm�s m�diums. De chaque �me, incarn�e ou d�sincarn�e, �mane et rayonne une force, productrice de ph�nom�nes, que l�on nomme force psychique.
L�existence de cette force est �tablie par de nombreuses exp�riences. On peut en constater les effets dans les soul�vements de tables, les d�placements d�objets sans contact, les cas de l�vitation, etc.
L�action des invisibles se r�v�le dans les ph�nom�nes de l��criture directe, les cas d�incorporation, les mat�rialisations et apparitions temporaires, les photographies et les moulages.
Des apparitions mat�rialis�es ont �t� photographi�es en pr�sence de nombreux t�moins : tel l�esprit de Katie King chez W. Crookes, les esprits de Yolande et L�lia chez Mme d�Esp�rance ; celui d�Abdullah, fix� sur la plaque sensible par Aksakof[5].
Des empreintes et moulages de mains, pieds, visages, laiss�s dans des substances molles ou friables par des formes mat�rialis�es, ont �t� recueillis par Zoellner, astronome allemand, par les professeurs W. Denton et Wagner, les docteurs Wolff, Friese, etc. Les moules, d�une seule pi�ce, reproduisaient les inflexions des membres, les d�tails de la structure et les alt�rations accidentelles de la peau[6]
Cette action se manifeste encore dans les ph�nom�nes d�incorporation, comme ceux signal�s par le docteur Hodgson dans son �tude sur la facult� de Mrs. Piper[7]. L�auteur, adversaire d�clar� de la m�diumnit� dans toutes ses applications, avait commenc� son enqu�te dans le but de d�masquer ce qu�il consid�rait comme une imposture. Il d�clare avoir poursuivi ses observations pendant douze ann�es, en de nombreuses s�ances, au cours desquelles cent vingt personnalit�s invisibles se manifest�rent, entre autres George Pellew, son ami d�enfance, membre, comme lui, de la Psychical research Society, d�c�d� depuis plusieurs ann�es. Ces personnalit�s lui r�v�l�rent des faits inconnus de tout �tre vivant sur la terre. Aussi dit-il : � La d�monstration de la survivance m�a �t� faite de fa�on � m��ter m�me la possibilit� d�un doute[8]. �
Les professeurs Ch. W. Elliot, pr�sident de l�Universit� d�Harward, W. James, professeur de psychologie � la m�me Universit� ; Newbold, professeur de psychologie � l�Universit� de Pensylvanie, et d�autres savants ont particip� � ces exp�riences et contresign� ces d�clarations.
Dans un ouvrage plus r�cent[9], le professeur Hyslop, de l�Universit� de Columbia, New-York, se prononce dans le m�me sens au sujet de Mrs. Piper, qu�il a observ�e pendant de nombreuses s�ances. Celles-ci ont �t� men�es dans le plus grand secret. Le professeur �tait pr�sent� sous le nom de Smith. Il portait un masque noir, qui e�t emp�ch� son plus intime ami de le reconna�tre, et il s�est abstenu de prononcer une seule parole, de sorte que Mrs. Piper, ni aucune autre personne ne pouvait �tre mise sur les traces de son identit�.
C�est dans ces conditions que le professeur obtint, avec ses parents morts, au moyen des organes de Mrs. Piper entranc�e, des entretiens pleins de d�tails pr�cis, de particularit�s, oubli�es par lui, de leur vie intime. Aussi conclut-il en ces termes :
�
Quand on consid�re le ph�nom�ne de Mrs. Piper, il faut �liminer et la
transmission de pens�e et l�action t�l�pathique. En consid�rant le probl�me
avec impartialit�, il n�y a pas d�autre explication que l�intervention
des morts. �
Au cours de l�ann�e 1900, du sein des assembl�es savantes, d�imposants t�moignages se sont �lev�s en faveur du spiritisme. Une place consid�rable lui a �t� faite dans les programmes et les travaux du Congr�s de psychologie de Paris, par les repr�sentants de la science officielle.
Le 22 ao�t, une s�ance pl�ni�re, toutes sections r�unies, �tait consacr�e � l�examen des ph�nom�nes psychiques. L�un des pr�sidents d�honneur du Congr�s, Myers, professeur � Cambridge, justement c�l�bre, non seulement comme exp�rimentateur, mais encore comme philosophe et moraliste, y donnait lecture d�un travail sur la � trance[10] ou m�diumnit� � incorporations[11] �.
Apr�s avoir �num�r� � toute une s�rie d�exp�riences attest�es par plus de vingt t�moins comp�tents, qui assurent que les faits � eux r�v�l�s par Mrs. Tompson, entranc�e, �taient absolument inconnus d�elle et sugg�rent le caract�re et la m�moire de certaines personnes mortes, desquelles les messages obtenus affirment provenir �, il conclut ainsi :
�
J�affirme que cette substitution de personnalit� ou contr�le
d�esprit ou possession marque bien un progr�s dans l��volution
de notre race. J�affirme qu�un esprit existe dans l�homme, et qu�il est
salutaire et d�sirable que cet esprit soit, de par ces faits, capable de se d�gager
partiellement et temporairement de son organisme, ce qui le favoriserait d�une
libert� et d�une vision plus �tendues, en m�me temps que cela permettrait
� l�esprit d�un d�c�d� de pouvoir faire usage de cet organisme laiss�
temporairement vacant, pour entrer en communication avec les autres esprits
encore incarn�s sur cette terre. Je pr�tends que beaucoup de connaissances
dans cette voie ont d�j� �t� acquises et qu�il en reste encore beaucoup
d�autres � acqu�rir dans l�avenir. �
Dans la cinqui�me section de ce Congr�s, trois s�ances furent consacr�es aux m�mes �tudes. Les docteurs Paul Gibier, directeur de l�Institut antirabique de New-York, Dariex, directeur des Annales des Sciences psychiques, Encausse, Joire, Pascal, etc., envoy�rent ou pr�sent�rent eux-m�mes des travaux tr�s document�s �tablissant la r�alit� des ph�nom�nes psychiques et la communication possible avec les d�c�d�s.
Un institut international pour l��tude des ph�nom�nes psychiques, entre autres ceux de la m�diumnit�, a �t� fond� � l�issue du Congr�s de psychologie. Parmi les membres du Comit� de direction, nous trouvons, pour la France, les noms de MM. Ch. Richet, professeur � la Facult� de m�decine, directeur de la Revue scientifique, le colonel de Rochas, C. Flammarion, docteur Duclaux, directeur de l�Institut Pasteur, Sully-Prudhomme, Fouill�e, Bergson, S�ailles, etc. ; pour l��tranger, tout ce que l�Europe compte de plus illustres parmi les repr�sentants de la science psychique : W. Crookes, Lodge, Aksakof, Lombroso, docteur Ochorowicz, etc.
D�autres attestations importantes, en faveur du spiritisme, se produisirent au cours de l�ann�e 1900. Le docteur Bayol, ancien gouverneur du Dahomey, communiquait au Congr�s spirite et spiritualiste, r�uni en septembre � Paris, toute une s�rie d�exp�riences de mat�rialisations allant depuis l�apparition d�une forme lumineuse jusqu�au moulage dans la paraffine d�un visage d�Esprit qu�il dit �tre celui d�Acella, jeune fille romaine, morte � Arles, au temps des Antonins. Les docteurs Bonnet, Chazarain, Dusart, de la Facult� de Paris, apport�rent des t�moignages de m�me nature et des preuves d�identit� d�Esprits[12].
Le professeur Ch. Richet, de l�Acad�mie de m�decine de Paris, dans un article tr�s �tendu ayant pour titre : � Faut-il �tudier le spiritisme ? � publi� par les Annales des Sciences psychiques de janvier 1905, reconna�t qu�il n�existe � aucune contradiction entre la science classique et le ph�nom�ne le plus extraordinaire du spiritisme. La mat�rialisation, elle-m�me, est un ph�nom�ne �trange, inconnu, inhabituel, dit-il, mais c�est un ph�nom�ne qui ne contredit rien. Et nous savons, de par l�histoire[13], que notre science actuelle est constitu�e par des faits qui ont paru jadis �tranges, inconnus, inhabituels... Autant la science est inattaquable quand elle �tablit des faits, autant elle est mis�rablement sujette � l�erreur quand elle pr�tend �tablir des n�gations. �
Et M. Ch. Richet conclut en ces termes :
� 1� Il n�y a aucune contradiction entre les faits et th�ories du spiritisme et les faits positifs �tablis par la science. 2� Le nombre des �crits, livres, m�moires, r�cits, notes, exp�riences est si consid�rable et appuy� par de telles autorit�s, qu�il n�est pas permis de repousser ces innombrables documents sans une �tude approfondie. 3� Notre science contemporaine est tellement peu avanc�e encore, par rapport � ce que seront un jour les connaissances humaines, que tout est possible, m�me ce qui nous para�t le plus extraordinaire... Donc, au lieu de para�tre ignorer le spiritisme, les savants doivent l��tudier. Physiciens, chimistes, physiologistes, philosophes, il faut qu�ils prennent la peine de se mettre au courant des faits spirites. Une longue et laborieuse �tude est n�cessaire. Elle sera certainement f�conde. �
Peu apr�s l�article de M. Ch. Richet, paraissait un important ouvrage, qui eut dans le monde entier un grand retentissement : Human Personnality, de F. Myers, professeur � Cambridge[14]. C�est une �tude m�thodique et approfondie des ph�nom�nes spirites, appuy�e sur une riche documentation et couronn�e d�une synth�se philosophique, dans laquelle les vastes cons�quences de la science psychique sont magistralement expos�es.
Les conclusions de Fr�d�ric Myers sont formelles : � L�observation et l�exp�rimentation, dit-il, ont amen� beaucoup de chercheurs dont je suis (of whom I am one) � croire � la communication, soit directe, soit t�l�pathique, non seulement entre les esprits des vivants, mais encore entre les esprits de ceux qui demeurent sur cette terre et les esprits de ceux qui l�ont quitt�e[15]. �
Le professeur Flournoy, de l�Universit� de Gen�ve, dans son livre Esprits et M�diums, p. 266, appr�cie en ces termes l�oeuvre de F. Myers :
� A l�heure pr�sente, nul ne peut pr�voir le sort que l�avenir r�serve � la doctrine spirite de Myers. Si les d�couvertes futures viennent confirmer sa th�se de l�intervention empiriquement v�rifiable des d�sincarn�s dans la trame physique ou psychologique de notre monde ph�nom�nal, alors son nom s�inscrira au livre d�or des grands initiateurs, et, joint � ceux de Copernic et de Darwin, il compl�tera la triade des g�nies ayant le plus profond�ment r�volutionn� la pens�e scientifique dans l�ordre cosmologique, biologique, psychologique. �
En 1905, 1906, 1907, 1908, l�Institut g�n�ral psychologique de Paris a pris l�initiative d�un grand nombre de s�ances exp�rimentales, avec le concours du m�dium Eusapia Paladino, sous le contr�le de MM. Curie, Richet, d�Arsonval, Dubierne, etc. Le rapport de M. Courtier, secr�taire de l�Institut, quoique plein de r�ticences et de r�serves, constate cependant que des ph�nom�nes de l�vitation et de d�placement d�objets sans contact se produisirent au cours de ces s�ances. Toutes les pr�cautions furent prises contre les possibilit�s d�erreur ou de fraude. Des instruments sp�ciaux furent construits et employ�s pour l�enregistrement m�canique des ph�nom�nes. Un contr�le incessant fut exerc�. L�emploi d�appareils photographiques fit �carter toute hypoth�se d�hallucination collective.
M. Dubierne ayant dit, au cours d�une s�ance, que John, l�Esprit-guide d�Eusapia peut briser la table, aussit�t on entend se rompre le pied de celle-ci.
Eusapia augmente et diminue � volont� son poids et celui de la table. A la distance de 45 centim�tres, elle peut provoquer la rupture d�un tube de caoutchouc et celle d�un crayon. Elle brise en trois morceaux une petite table de bois, pos�e derri�re sa chaise, annon�ant � l�avance le nombre des morceaux, chose incompr�hensible, �tant donn� qu�elle est dans l�obscurit� et tourne le dos � la table[16].
Malgr� ces faits, le 29 mai 1908, le docteur Lebon pose, dans le Matin, aux spirites et aux m�diums, le d�fi suivant : � Bien que le professeur Morselli d�clare que le soul�vement d�une table, sans contact, soit l�a b c des ph�nom�nes spirites, je doute fort qu�elle serait jamais r�alis�e... J�offre 500 francs � celui qui me montrera le ph�nom�ne en plein jour. �
Quelques jours apr�s, un journaliste bien connu, M. Montorgueil, r�pondait dans l��clair : � Nous sommes des centaines qui avons vu des ph�nom�nes de l�vitations de tables, sans contact. On vient nous dire qu�il y a suggestion, prestidigitation, un truc. A l�imitation de M. Lebon, j�offre 500 francs au prestidigitateur qui se pr�sentera � l��clair et qui nous trompera avec les m�mes trucs en reproduisant, les m�mes ph�nom�nes. �
L�astronome C. Flammarion, de son c�t�, r�pondait, dans le Matin, � M. Lebon : � On peut voir dans mon ouvrage : Forces naturelles inconnues, des photographies directes et sans retouches, � propos desquelles je suis parfaitement dispos� � donner, moi aussi, un prix de 500 francs � celui qui pourra y d�couvrir un truc quelconque. �
Plus loin il dit : � On voit des rotations s�op�rer sans contact, de la farine ayant �t� r�pandue avec un soufflet et aucun doigt ne l�ayant effleur�e... Au cours de ces exp�riences, nous voyions un piano pesant 300 kilogrammes r�sonner et se soulever, tandis qu�il n�y avait aupr�s de lui qu�un enfant de onze ans, m�dium sans le savoir. �
Enfin le docteur Ochorowicz, professeur � l�Universit� de Varsovie, publiait, dans les Annales des Sciences psychiques de 1910 (voir toute l�ann�e), la relation de ses exp�riences avec le m�dium Mlle Tomsick, accompagn�e de reproductions photographiques de nombreux cas de l�vitations d�objets sans contact. Ces faits constituent un ensemble de preuves objectives de nature � convaincre les plus sceptiques.
Le professeur C�sar Lombroso, de l�Universit� de Turin, c�l�bre dans le monde entier par ses travaux d�anthropologie criminaliste, publiait en 1910, peu avant sa mort, un livre : Hypnotisme et Spiritisme[17], dans lequel il relatait toutes ses exp�riences, poursuivies pendant des ann�es, et concluait dans un sens absolument affirmatif, au point de vue spirite. Cet ouvrage est un bel exemple de probit� scientifique � opposer au parti pris et aux vues routini�res de la plupart des savants fran�ais. Nous croyons devoir reproduire ici les consid�rations qui ont amen� Lombroso � l��crire : � Lorsque, dit-il, j�ai voulu faire un livre sur les ph�nom�nes dits spirites, apr�s une vie consacr�e au d�veloppement de la psychiatrie et de l�anthropologie, mes meilleurs amis m�ont accabl� d�objections, disant que j�allais g�ter ma r�putation. Malgr� tout, je n�ai pas h�sit� � poursuivre, estimant qu�il �tait de mon devoir de couronner ma carri�re de luttes pour le progr�s des id�es en luttant pour l�id�e la plus contest�e et bafou�e du si�cle. �
�
� �
Ainsi, de jour en jour, les exp�riences se r�p�tent, les t�moignages deviennent plus nombreux. Dans leur ensemble, tous ces faits constituent d�j� une science nouvelle, bas�e sur la m�thode positive. Pour �difier sa doctrine, le spiritualisme moderne n�a pas eu besoin de recourir � la sp�culation m�taphysique ; il lui a suffi de s�appuyer sur l�observation et sur l�exp�rience. Les ph�nom�nes qu�il �tudie ne pouvant s�expliquer par des lois connues, il les a longuement et m�rement examin�s, analys�s, puis, par un encha�nement rationnel, il est remont� des effets aux causes. L�intervention des Esprits, l�existence du corps fluidique, l�ext�riorisation des vivants n�ont �t� affirm�es que lorsque les faits sont venus par milliers en d�montrer la r�alit�.
La nouvelle science spiritualiste n�est donc pas une �uvre d�imagination ; elle est le r�sultat de longues et patientes recherches, le fruit de nombreuses investigations. Les hommes qui en ont pris l�initiative ont connus dans tous les milieux scientifiques. Ils portent des noms c�l�bres et respect�s.
Des enqu�tes ont �t� poursuivies pendant des ann�es par des commissions de savants de profession. Les plus connues sont l�enqu�te de la Soci�t� de dialectique, de Londres ; celle de la Soci�t� des recherches psychiques, qui dure depuis vingt ans et a donn� des r�sultats consid�rables ; plus r�cemment, celle de M. Flammarion. Toutes ont recueilli des milliers d�observations, soumises � un examen s�v�re, � un contr�le des plus rigoureux.
Quelle que soit la part que l�on ait pu faire aux exag�rations, aux fraudes, aux supercheries, il se d�gage de l�ensemble de ces �tudes un nombre si imposant de preuves et de faits, qu�il n�est plus permis, apr�s cela, � un ami du vrai de rester indiff�rent ou silencieux. Le temps des ironies faciles est pass�. La raillerie n�est pas une solution. Il faut que la science se prononce ; car le ph�nom�ne est l�, rev�tant tant d�aspects, se multipliant tellement, qu�il s�impose � son attention. L��me, libre et immortelle, s�affirme, non plus comme une vague et id�ale entit�, mais comme un �tre r�el, associ� � une forme et producteur d�une force subtile, dont la constante manifestation sollicite l�attention des chercheurs.
Depuis les coups frapp�s et, les simples faits de typtologie jusqu�aux apparitions mat�rialis�es, le ph�nom�ne spirite s�est d�roul� sous des formes de plus en plus puissantes, portant la conviction chez les plus sceptiques et les plus pr�venus.
C�est la fin du surnaturel et du miracle, mais de cet ensemble de faits, aussi anciens que l�humanit�, mal compris, mal observ�s jusqu�ici, se d�gagent maintenant une conception plus haute de la vie et de l�univers et la connaissance d�une loi supr�me qui guide les �tres dans leur ascension � travers les splendeurs de l�infini, vers le Bien, vers le Parfait !
[1] Voir DE ROCHAS, Ext�riorisation de la sensibilit�, motricit�, passim.
[2] Voir docteur BARADUC, l'Ame humaine, ses mouvements, ses lumi�res, passim.
[3] Proceedings of the Society for psychical research, 1882 � 1902.
[4] Voir W. CROOKES, Recherches exp�rimentales sur le spiritualisme, pp. 159 et suiv.; A. RUSSEL-WALLACE, les Miracles et le Moderne Spiritualisme, pp. 325 et suiv. ; AKSAKOF, Animisme et Spiritisme, chap. le,.
[5] Voir W. CROOKES, loc. cit. ; E. D'ESPERANCE, Au Pays de l�ombre, p. 194 ; AKSAKOF, loc. cit. ; G. DELANNE, les Apparitions mat�rialis�es.
[6]Voir AKSAKOF, Animisme et Spiritisme, pp. 127 � 138.
[7]Proceedings psychical R. S. P., t. XV. Voir aussi M. SAGE, Madame Piper (Leymarie, �diteur), passim.
[8] Proceedings, 1897.
[9]Rapport du professeur Hyslop, Proceedings ; G. DELANNE, Recherches sur la M�diumnit�, p. 355.
[10] Nous adoptons pour ce mot l'orthographe anglaise, le mot fran�ais transe ayant un tout autre sens.
[11]Voir Compte rendu des s�ances du IV�me Congr�s international de psychologie, pp. 113 � 121, reproduit par la Revue scientifique et morale du spiritisme, octobre 1900, p. 213 ; septembre 1902, p. 158.
[12]Voir Compte rendu du Congr�s spirite et spiritualiste de 1900 (Leymarie, �dit.), pp. 211 et suiv.
[13] L'histoire nous apprend �galement que les ph�nom�nes d'apparition et de mat�rialisation ne sont pas aussi inconnus que l'assure M. Ch. Richet.
[14] Traduit par le docteur Jankelevitch et publi� en fran�ais sous le titre: la Personnalit� humaine, r�duit en un seul volume. L'�dition anglaise comporte deux in-8. F. Alcan, �dit., 1905.
[15] Human Personnality, t. II, p. 287.
[16]Voir Bulletin de l'Institut g�n�ral psychologique de d�cembre 1908 et l'ouvrage de CESAR LOMBROSO, Hypnotisme et Spiritisme.
[17] CESAR LOMBROSO, Hypnotisme et Spiritisme trad. Rossigneux pr�face.
Téléchargement | Bulletin nous écrire | LAgora Spirite |