Le Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec


CHAPITRE III
PHOTOGRAPHIES ET MOULAGES DE FORMES D�ESPRITS DESINCARNES

 

LA PHOTOGRAPHIE DES ESPRITS

Nous avons vu que l'un des ph�nom�nes qui d�montrent authentiquement l'existence de l'�me durant la vie, est la photographie du double pendant sa sortie temporaire du corps. La grande loi de continuit� qui r�git les ph�nom�nes naturels devait amener les spirites � se dire que, puisque l'�me humaine - pendant son d�gagement - est capable d'impressionner une plaque photographique, elle devait poss�der encore ce pouvoir apr�s la mort. C'est effectivement ce que l'on est arriv� � constater, lorsque l'on a pu r�aliser les conditions n�cessaires � ces manifestations transcendantes.
Ici, toutes les objections disparaissent. La preuve photographique a une valeur documentaire d'une importance extr�me, parce qu'elle montre que la fameuse th�orie de l'hallucination est notoirement inapplicable � ces faits. La plaque sensible est un t�moin scientifique qui certifie que l'�me survit � la d�sagr�gation du corps qu'elle conserve une forme physique dans l'espace, et que la mort n'a pu amener sa destruction.
Que deviennent toutes les d�clamations ampoul�es sur le surnaturel et le merveilleux devant de semblables r�sultats ? Il faut avouer que les Esprits ont mis une singuli�re obstination � contrecarrer leurs n�gateurs. Non contents de se faire voir � leurs parents ou amis, ils sont apparus sur des photographies, et il a bien fallu reconna�tre que, cette fois, le ph�nom�ne �tait vraiment objectif, puisque la plaque collodionn�e en conservait la trace ind�l�bile. R�sumons sommairement, d'apr�s Russel Wallace, l'�minent naturaliste, les faits bien constat�s [1].
On se moque fr�quemment de ce qu'on appelle les photographies spirites, parce qu'on peut facilement en imiter quelque-unes. Mais un peu de r�flexion montrera que cette facilit� m�me permet �galement de se mettre en garde contre l'imposture, puisque les moyens d'imitation sont si bien connus. Dans tous les cas, on admettra qu'un photographe exp�riment� qui fournit les plaques et surveille les op�rations, ou les fait lui-m�me, ne peut �tre tromp� � ce point.
D'ailleurs, un moyen tr�s simple de constater si la figure qui appara�t est bien celle d'un Esprit d�sincarn�, c'est de voir si elle est reconnue par la personne qui pose ou par les membres de sa famille ; si oui, le ph�nom�ne est r�el. C'est le cas de Wallace, qui le raconte comme il suit :
� Le 14 mars 1874, je suis all� chez M. Hidson, ayant �t� invit� � le faire pour la premi�re et la seule fois, accompagn� par Mme Guppy comme m�dium. Je m'attendais � ce que, si j'obtenais quelque portrait spirite, ce serait celui de mon fr�re a�n� au nom duquel des messages avaient �t� fr�quemment re�us par l'entremise de Mme Guppy ; avant d'aller chez Hidson, j'eus une s�ance avec Mme Guppy, et j'eus une communication par coups frapp�s me faisant conna�tre que ma m�re appara�trait sur la plaque, si elle le pouvait.
� Je posai trois fois, choisissant toujours ma propre position. Chaque fois sur l'�preuve n�gative, une seconde figure apparut conjointement avec la mienne. La premi�re repr�sentait une personne m�le tenant une courte �p�e ; la seconde, une personne en pied, se tenant apparemment � mon c�t� et un peu derri�re moi, regardant en bas vers moi et tenant un bouquet de fleurs. � la troisi�me s�ance, apr�s m'�tre plac� et apr�s que la plaque pr�par�e fut mise dans la chambre noire, je demandai que l'apparition vint pr�s de moi, et la troisi�me plaque montre une figure de femme se tenant tout contre moi et devant moi, de telle sorte que la draperie dont elle est v�tue couvre toute la partie inf�rieure de mon corps.
� J'ai vu toutes les plaques d�velopp�es, et, dans chacun des cas, la figure de d�veloppement se montra au moment o� le liquide de d�veloppement fut �tendu, tandis que mon portrait ne devint visible que peut-�tre vingt secondes plus tard. Je ne reconnus aucune de ces figures sur les n�gatifs, mais au moment o� j'obtins les �preuves, le premier coup d��il me montra que la troisi�me plaque contenait un portrait incontestable de ma m�re, et ressemblant quant aux traits et � l'expression ; ce n'�tait pas une ressemblance comme celle existant dans un portrait pris pendant la vie, mais une ressemblance quelque peu id�alis�, pourtant toujours pour moi une ressemblance � laquelle je ne pouvais me m�prendre.
� La seconde photographie est beaucoup moins distincte ; les yeux regardent vers le bas ; le visage a une expression diff�rente de celle de la troisi�me, de telle fa�on que je conclus d'abord que c'�tait l� une personne diff�rente. Ayant envoy� les deux portraits de femme � ma s�ur, elle fut d'avis que le second ressemblait beaucoup plus � ma m�re que le troisi�me, et qu'en fait il pr�sentait une bonne ressemblance, bien qu'indistincte, tandis que le troisi�me avait quelque ressemblance avec elle comme expression, mais avec quelque chose d'inexact � la bouche et au menton. Il fut constat� que cela �tait d�, en partie, � ce que la photographie eut �t� lav�e, elle se trouva toute recouverte de taches blanch�tres, mais meilleure comme ressemblance avec ma m�re. Je n'avais pas encore constat� la ressemblance du second portrait quand, l'ayant examin� quelques semaines plus tard avec un verre grossissant, j'aper�us tout de suite un trait sp�cial remarquable du visage naturel de ma m�re, savoir : la l�vre et la m�choire inf�rieures extraordinairement saillantes.
� Les deux spectres portent un bouquet de fleurs exactement pareil ; il est digne de remarque que, tandis que je posais pour le second groupe, le m�dium ait dit : � Je vois quelqu'un, et il y a des fleurs. �
Ce portrait fut reconnu aussi par le fr�re de R. Wallace [2], qui n'est pas spirite.
L'auteur de ces exp�riences est M. Beattie, de Clifton, dont l'�diteur du British Journal of Photography parle en ces termes :
� Quiconque conna�t M. Beattie le consid�re comme un photographe attentif et habile, l'un des derniers hommes du monde pouvant �tre tromp�s, du moins dans tout ce qui concerne et se rapporte � la photographie ; il est incapable de tromper les autres.
� M. Beattie a �t� aid� dans ses recherches par le Dr Thomson, docteur-m�decin � Edimbourg, qui a fait de la photographie en amateur pendant vingt-cinq ann�es. Ces observateurs ont exp�riment� dans l'atelier d'un ami non spiritualiste (mais qui devint un m�dium au cours des exp�riences) ; ils us�rent des services, comme m�dium, d'un n�gociant avec lequel ils �taient tr�s li�s. L'ensemble du travail photographique a �t� fait par MM. Beattie et Thomson, les deux autres personnes restant assises � une petite table. Les �preuves furent prises par s�ries de trois, � quelques secondes l'une de l'autre, et plusieurs de ces s�ries furent prises dans chaque s�ance...
� Il y a deux autres �preuves prises, comme toutes les pr�c�dentes, en 1872, et dont le m�dium d�crivit toutes les phases pendant l'exposition de la plaque. La premi�re apparition, dit-il, �tait un �pais brouillard blanc ; l'�preuve sortit tout ombr�e de blanc, sans trace d'aucun des mod�les. L'autre photographie fut d�crite � l'avance, comme devant �tre un brouillard nuageux, avec une personne au milieu : on ne voit, dans l'�preuve, qu'une figure humaine blanche au milieu d'une surface presque uniform�ment nuageuse. Durant les exp�riences faites en 1873, le m�dium, dans chaque cas, d�crivit minutieusement et correctement les apparences qui devaient se montrer ensuite sur la plaque. Dans l'une de celles-ci, il y a une �toile lumineuse qui rayonne, de grande dimension, portant au centre un visage humain assez visible. Elle est la derni�re des trois sur laquelle une image s'est manifest�e, et le tout avait �t� soigneusement annonc� par le m�dium.
� Dans une autre s�rie de trois, le m�dium d�crivit tout d'abord ce qui suit : � Une lumi�re derri�re lui, venant du parquet � ; ensuite : � Une lumi�re montant sur le bras d'une autre personne, et provenant ou semblant provenir de la jambe � ; pour la troisi�me : � la m�me lumi�re existait, mais avec une colonne montant sur la table, elle �tait chaude, jusqu'� ses mains. � Alors il s'�cria soudain : � Quelle brillante lumi�re, en haut, l� ! Ne pouvez-vous la voir ? � Il fit un geste indicateur avec la main. Toutes ces paroles d�crivaient tr�s fid�lement ce que furent les trois �preuves, et dans la derni�re on apercevait la main du m�dium montrant une tache blanche qui apparaissait au-dessus de sa t�te. �
Mentionnons encore une photographie isol�e et tr�s saisissante.
� Pendant la pose, l'un des m�diums dit qu'il voyait, sur l'arri�re-plan, une figure noire; l'autre m�dium apercevait une figure brillante � c�t� de la noire. Dans la photographie ces deux figures apparaissent, la brillante tr�s faiblement, la noire beaucoup plus distinctement ; cette derni�re est de dimension g�ante, avec une figure massive, aux traits grossiers, et une longue chevelure. �
Ces exp�riences n'ont pu �tre faites sans peine et sans pers�v�rance. Parfois vingt �preuves cons�cutives ne pr�sentaient rien d'anormal. Il en a �t� pris plus de cent, et plus de la moiti� ont constitu� un �chec complet. Mais les succ�s obtenus valent bien la peine qu'on s'est donn�e. Ils d�montrent avec certitude : 1� l'existence objective des Esprits ; 2� la facult�, chez certains �tres, appel�s m�diums, de voir ces formes invisibles pour tout le monde.
La preuve photographique de la vue m�dianimique �tant de la plus haute importance, nous citerons le fait suivant, emprunt� � l'ouvrage de M. Aksakof : Animisme et Spiritisme, page 67 et suivantes.
� Voici une lettre de M. Bromson Murray [3] publi�e dans le Banner of Light du 25 janvier 1873 :

� MONSIEUR LE DIRECTEUR,
� Dans les derniers jours du mois de septembre dernier, M. W. H. Mumler, de votre ville (Boston) 170, West Springfield street, se trouvant dans un �tat de transe, au cours duquel elle donnait des conseils m�dicaux � l'un de ses malades, s'interrompit pour me dire que, lorsque M. Mumler ferait ma photographie, sur la m�me plaque il appara�trait � c�t� de mon portrait l'image d'une femme d�sirant ardemment annoncer sa survivance � son mari, et vainement elle avait cherch� jusqu'� pr�sent une occasion de se rapprocher de lui ; elle croyait y arriver par mon interm�diaire. M. Mumler ajouta : � Au moyen d'une loupe, on pourra distinguer sur cette plaque les lettres : R. Bonner �. Je lui demandai en vain si ces lettres ne signifiaient pas Robert Bonner. Au moment o� je me pr�parais � poser pour avoir ma photographie, je tombai en transe, ce qui ne m'�tait jamais arriv� ; Mumler ne r�ussit pas, malgr� tous ses efforts, � me mettre dans la position voulue. Il lui fut impossible de me faire rester droit et de m'appuyer la t�te contre le support. Mon portrait fut par cons�quent pris dans la situation que l'�preuve indique, et, � c�t�, apparut la figure de femme avec l'ancre et les lettres compos�es de boutons de fleurs, ainsi que cela m'avait �t� pr�dit. Malheureusement je ne connaissais personne du nom de Bonner, personne qui p�t reconna�tre l'identit� de la figure photographi�e.
� De retour dans la ville, je racontai � plusieurs personnes ce qui �tait arriv� ; l'une me dit avoir r�cemment rencontr� un M. Bonner, de G�orgie ; elle d�sirait lui faire voir la photographie. Quinze jours plus tard, elle me fit prier de passer chez elle. Quelques instants apr�s, un visiteur entra : c'�tait un M. Robert Bonner. Il me dit que la photographie �tait celle de sa femme, qu'il avait vue chez la dame en question, et trouvait la ressemblance parfaite. Personne ici ne conteste d'ailleurs la ressemblance que cette photographie pr�sente avec un portrait de Mme Bonner fait deux ans avant sa mort[4] .
M. Bonner obtint encore la photographie de sa femme d�c�d�e, dans une pose d�sign�e � l'avance, par un m�dium de New-York qui ne la connaissait pas, non plus que le photographe qui �tait � Boston.
Le journal le M�dium, de 1872, signale aussi une photographie d'Esprit obtenue en m�me temps que le m�dium le d�clarait :
Au moment o� la plaque allait �tre d�couverte, Mme Connant (le m�dium) se tourna vers la droite en s'�criant : � Oh ! Voil� ma petite Wash-Ti ! � (une petite fille indienne qui se manifestait tr�s souvent par son entremise), et elle �tendit vers elle sa main gauche, comme pour lui prendre la main. On voit sur la photographie la figure parfaitement reconnaissable de la petite Indienne, avec les doigts de la main droite dans la main de Mme Connant. Ici, nous avons donc la photographie d'une figure astrale, signal�e et reconnue par le sujet sensitif au moment de l'exposition. C'est une autre confirmation des exp�riences de M. Beattie.
Nous pourrions multiplier le nombre des citations semblables, mais l'exigu�t� de notre cadre nous oblige � renvoyer le lecteur aux ouvrages cit�s de l'�minent naturaliste et du savant russe. Nous avons reproduit dans un travail pr�c�dent [5] la photographie d'un Esprit obtenue en pleine obscurit� par M. Aksakof, assist� du m�dium Eglinton ; nous verrons tout � l'heure le grand physicien anglais William Crookes prendre, lui aussi, une s�rie de photographies d'une forme mat�rialis�e.
Examinons un autre aspect du ph�nom�ne.

EMPREINTES ET MOULAGES DE FORMES MAT�RIALIS�ES

Les cas d'apparitions de doubles de personnes vivantes ou d'Esprits se manifestant apr�s leur mort terrestre, rapport�s et contr�l�s par la Soci�t� de Recherches Psychiques, sont des manifestations isol�es, r�elles mais relativement assez rares, et se produisant dans des circonstances si exceptionnelles, qu'il �tait difficile d'en faire une autre analyse que celle r�sultant du r�cit v�ridique de l'�v�nement. Les spirites, qui sont depuis longtemps familiaris�s avec ces ph�nom�nes, ont fait une �tude minutieuse de tous les genres possibles de communication des Esprits avec nous. Parmi les plus remarquables, on peut citer les empreintes diverses, laiss�es dans des substances molles ou friables par les �tres, de l'espace, pendant les s�ances o� on les �voquait. R�sumons en quelques mots ces exp�riences si probantes, sur lesquelles nous reviendrons dans le chapitre suivant.
Les sceptiques pr�tendent qu'on ne peut �tre certain de n'avoir pas �t� hallucin�, en constatant la pr�sence d'une apparition, que si la forme laisse une trace de son passage qui subsiste apr�s la disparition de l'image.
Les faits suivants r�pondent � ce desideratum.
Zo�llner, l'�minent astronome allemand, obtint, sur des feuilles de papier noircies et plac�es entre des ardoises pos�es sur ses genoux, deux empreintes, l'une d'un pied droit, l'autre d'un pied gauche, sans que le m�dium e�t touch� aux ardoises. Dans une autre circonstance, le papier noirci fut plac� sur une planchette ; une empreinte de pied s'y imprima elle avait quatre centim�tres de moins que celui de Slade[6] . Dans un vase rempli de fleur de farine, l'impression d'une main fut trouv�e, avec toutes les sinuosit�s de l'�piderme distinctement visibles.
Nous avons fait remarquer que toujours les apparitions ressemblent trait pour trait aux personnes dont elles sont le d�doublement; nous ferons observer que les Esprits qui se mat�rialisent ont momentan�ment un corps physique identique � un corps mat�riel ordinaire, car les empreintes qu'ils laissent offrent une similitude parfaite avec celles que produiraient les m�mes parties d'un corps vivants.
Le professeur Chia�a, de Naples, avec l'aide d'Eusapia Paladino, eut l'id�e de se munir de l'argile de sculpteurs, et l'Esprit imprima son visage sur cette mati�re plastique. En coulant du pl�tre dans l'empreinte ainsi obtenue, il fut en possession d'une belle t�te d'homme, � l'expression m�lancolique [7].
En Am�rique, des r�sultats du m�me ordre furent constat�s, et m�me on d�couvrit un moyen nouveau d'obtenir des reproductions fid�les des apparitions. En faisant fondre de la paraffine dans de l'eau chaude, elle monte � la surface. On prie l'Esprit d'y tremper, � plusieurs reprises, la partie du corps qu'on d�sire conserver, et en se d�mat�rialisant, lorsque cette enveloppe est s�che, l'apparition laisse un moule parfait. Il n'y a plus qu'� couler du pl�tre � l'int�rieur pour avoir un souvenir durable de l'Esprit d�sincarn�. Donnons ici le r�cit d'une de ces s�ances. Nous le reproduisons d'apr�s M. Aksakof, le savant russe bien connu [8].
� Pour compl�ter les exp�riences de M. Reimers, j'y joindrai le Proc�s-verbal d'une s�ance qui eut lieu � Manchester le 17 avril 1876, et dont rendit compte the Spiritualist du 12 mai suivant; une traduction allemande en a paru dans Psychische Studien, 1877, pp. 550-553. Parmi les cinq t�moins MM. Marth�ze, Oxley et Reimers me sont personnellement connus comme les plus dignes de cr�ance :
� Nous soussign�s, certifions par la pr�sente les faits suivants qui se produisirent en notre pr�sence dans l'habitation de M. Reimers, le 17 avril 1875. Nous pes�mes soigneusement trois quarts de livre de paraffine, la mimes dans une cuvette et y vers�mes de l'eau bouillante, ce qui la fondit bient�t. Si une main est plong�e plusieurs fois dans ce liquide, le d�p�t de paraffine refroidi forme un moule parfait. Ce vase, ainsi qu'un autre renfermant de l'eau froide, fut plac� dans un coin de la chambre. Deux rideaux de six pieds de haut et de quatre de large, suspendus � des tringles, formaient un cabinet carr� ayant � chaque extr�mit� des ouvertures de quinze pouces de largeur ; le mur �tant s�par� de la maison suivante, et le cabinet �tant presque rempli par les meubles, l'id�e de trappe ne pouvait �tre �mise, le plancher aussi �tait couvert de vases, chaises etc.
� Une dame de nos amies, dou�e de ce myst�rieux pouvoir appel� m�diumnit�, fut envelopp�e dans un filet couvrant la t�te, les bras, les mains et le ruban passant dans les coulisses fut serr� aussi fort que possible, ensuite nou� ; on ins�ra en outre un morceau de papier qui serait tomb� si le n�ud e�t �t� d�fait. Tous les t�moins furent d'accord qu'il �tait impossible au m�dium seul de se d�livrer sans se trahir. En cet �tat, elle fut conduite dans le coin du cabinet qui �tait, � part la chaise, vases et biblioth�que, parfaitement vide. Il n'y avait rien de visible pr�s de ces objets que nous examin�mes � la pleine lumi�re du gaz.
� La chambre fut ferm�e. Nous baiss�mes le gaz, mais il �tait encore possible de distinguer quelque chose dans la chambre, et nous nous ass�mes � une distance de quatre � six pieds du rideau. Apr�s quelque temps pass� � chanter ou � faire de la musique, une figure appar�t � l'ouverture de face et se m�t jusqu'� l'autre. Sa belle et brillante couronne, sa coiffe blanche, et autour du cou son ruban noir auquel pendait une croix d'or, furent vus, distinctement, �galement par tous les assistants. Bient�t une autre figure f�minine apparut aussi avec une couronne visible se montrant en m�me temps que la premi�re, et s'�levant au dessus du cabinet vers le plafond, elle salua gracieusement tous les assistants. Une tr�s forte voix d'homme sortant du coin annon�a leur essai de faire des moules.
� Alors la premi�re figure apparut de nouveau � l'ouverture, faisant signe � M. Marth�ze d'approcher pour lui serrer la main, elle prit l'anneau de son doigt, et M. Marth�ze vit en m�me temps le m�dium dans le coin oppos�, envelopp� du filet. La figure, toutefois, s'�vanouit rapidement dans la direction du m�dium.
� M. Marth�ze s'�tant rassis, la voix du cabinet demanda quelle main nous d�sirions, et peu apr�s M. Marth�ze fut de nouveau mand� � l'ouverture pour recevoir le moule d'une main gauche ; en l'inspectant, on d�couvrit la bague � l'un des doigts du moule. M. Reimers fut alors appel� et re�ut de la m�me mani�re la main droite destin�e � ses savants amis de Leipzig, d'apr�s le v�u qui en avait �t� express�ment formul�. Ensuite, on entendit tousser le m�dium; sa toux avait �t� supprim�e tout le temps (plus d'une heure), cela avait donn� lieu � des craintes d'insucc�s, tellement au d�but les acc�s avaient �t� violents. Quand elle sortit du cabinet, nous examin�mes les n�uds, et... et nous trouv�mes le tout dans le m�me �tat qu'ant�rieurement. Nous enlev�mes toute la paraffine restant dans le vase, et, la pesant conjointement avec les deux moules obtenus, nous trouv�mes un peu plus de trois quarts de livre, ce petit exc�dent �tant d� � l'eau adh�rente � la paraffine, comme cela fut constat� en la secouant bas.
La proportion d'eau des moules rendait parfaitement compte du reste ; ceci termina nos exp�riences �.
� Les mains obtenues diff�rent consid�rablement sous tous les rapports de celles du m�dium, mais toutes montrent les petites marques (fort bien r�v�l�es par des verres grossissants) d'une petite main, de la m�me individualit� qui nous a plus d'une fois donn� des moules dans les m�mes conditions exp�rimentales. �
� Ont sign� : MM.

� J. N. Tiedman Marth�ze, Palmeirai square, Brington ;
� Christian Reimers, 2, Ducie avenue, Oxford road, Manchester ;
� William Oxley, 65, Burwen road, Manchester ;
� Thomas Gaskell, 69, Oldham road, Manchester;
� Henry Marsh, Birch cottage, Fairy lane, Bury new-road, Manchester. �

On remarquera que toutes les pr�cautions sont prises par les exp�rimentateurs spirites pour se mettre � l'abri d'une cause d'erreur quelconque, provenant de leur fait ou de celui du m�dium. Ces exp�riences ou d'autres analogues, fr�quemment r�p�t�es, ont permis d'avoir des centaines de moulages reproduisant des parties diverses des mat�rialisations d'Esprits de tout �ge et de tout sexe. Dans toutes les exp�riences, ce sont bien des membres semblables � ceux qu'on obtiendrait par la m�me op�ration, pratiqu�e sur des vivants.
M. de Bodisco, chambellan du czar, a publi� [9] de curieuses exp�riences de mat�rialisations faites avec un m�dium, Mlle K.
� Je n'h�site pas, dit-il � d�clarer que le corps astral (ou psychique) est le plus important de tous les corps dans la nature, malgr� la r�sistance des Sciences exp�rimentales � l'ignorer. ce corps est gouvern� par des lois dont l'�tude portera la lumi�re dans bien des c�urs, cherchant � �tre consol�s par une preuve r�elle de la vie future. Ce corps constitue la seule partie du corps humain qui soit imp�rissable, c'est le zoo-�ther, o� mati�re primordiale, ou force vitale. �
Quatre photographies ont �t� prises par M. de Bodisco ; elles montrent les divers �tats de mat�rialisations, depuis l'apparition astrale ou psychique entourant le corps du m�dium, jusqu'� la condensation d'une forme dont on ne voit que la t�te, le reste du corps semblant drap� dans une sorte de gaze. � c�t� de la forme, on aper�oit le corps du m�dium en l�thargie sur le fauteuil.

HISTOIRE DE KATIE KING

Les ph�nom�nes de mat�rialisation sont les plus hautes et les plus irr�fragables d�monstrations de l'immortalit�.
Voir un �tre d�funt appara�tre devant des assistants avec une forme corporelle, l'entendre causer, le voir marcher, �crire puis dispara�tre, soit instantan�ment, soit par degr�s sous les yeux des observateurs, c'est certainement le plus captivant et le plus �trange des spectacles. Pour un incr�dule ceci d�passe les bornes de la vraisemblance, et il ne faut pas moins que des preuves physiques irr�futables pour que le ph�nom�ne ne soit pas mis sur le compte de la fraude ou de l'hallucination.
Fort heureusement, il existe un bon nombre d'observations relat�es par des hommes impartiaux et poss�dant la froideur et la comp�tence n�cessaires pour donner � ces ph�nom�nes l'appui de leur autorit�.
M. Aksakof a fait en compagnie du m�dium Eglinton, une s�rie d'exp�riences dans lesquelles les plus minutieuses pr�cautions furent prises, ce qui lui permit d'arriver � des r�sultats tout � fait inattaquables au point de vue scientifique. Le grand nombre de mati�res que nous avons � traiter nous oblige, bien � regret, � renvoyer le lecteur aux ouvrages originaux o� ces cas sont longuement expos�s. On consultera avec fruit Animisme et Spiritisme d'Aksakof ; Essai de Spiritisme scientifique de Metzger ; Apr�s la mort de L�on Denis et le Psychisme exp�rimental d'Erny.
Ici, nous d�sirons donner quelques renseignements peu connus sur la c�l�bre Katie King dont l'existence a �t� mise hors de doute par les travaux, d�sormais classiques, de William Crookes, consign�s dans son livre : Recherches exp�rimentales sur le Spiritisme. Nous nous servirons des �tudes publi�es dans la Revue Spirite[10] par Mme de Laversay, en abr�geant le plus possible cette int�ressante traduction de l'ouvrage d'Epes Sergent, paru � Boston en 1875.
Beaucoup de personnes, peu au courant de la litt�rature spirite, s'imaginent que l'esprit de Katie King ne fut examin� que par William Crookes ; nous allons voir qu'il existe un tr�s grand nombre d'attestations relatives � son existence, �manant de t�moins bien connus dans le monde litt�raire et scientifique. Lorsque l'illustre chimiste e�t � v�rifier la m�diumnit� de miss Cook, il y avait d�j� longtemps que Katie se mat�rialisait. Les grands m�diums, qui sont si rares, ne se manifestent pas d'embl�e. Il faut un certain temps pour arriver � produire des ph�nom�nes physiques. D'un c�t� le m�dium a besoin d'entra�nement, et de l'autre, l'Esprit qui dirige les manifestations est oblig� de s'exercer longuement pour manipuler les fluides subtils avec la pr�cision n�cessaire.
Miss Cook, en 1872, avait seize ans. Depuis sa plus tendre enfance elle voyait des Esprits et entendait des voix ; mais comme elle �tait seule � constater ces faits, ses parents n'avaient aucune confiance dans ses r�cits. Apr�s avoir assist� � des s�ances spirites, on apprit que la jeune fille �tait m�dium et qu'elle obtiendrait les plus belles manifestations. M. et Mme Cook s'y oppos�rent d'abord. Cependant, apr�s avoir �t� hant�s par les Esprits, ils se d�cid�rent � c�der au d�sir des acteurs invisibles, et c'est alors qu'eurent lieu des ph�nom�nes tout � fait probants.
Le 21 avril 1872, dit M. Harrison dans le journal le Spiritualiste, un incident curieux se produisit. Tout � coup on entendit frapper sur les vitres, on ouvrit la fen�tre et les volets sans rien d�couvrir. La voix d'un Esprit se fit alors entendre, s'�criant : � Monsieur Cook, il faut d�barrasser la goutti�re, si nous ne voulez pas que les fondations de votre maison soient attaqu�es. La goutti�re est engorg�e. � Fort �tonn�, il fit un examen imm�diat. C'�tait vrai ! il avait plu et la cour de la maison �tait remplie d'eau qui avait d�bord�. Personne n'�tait instruit de cet accident avant que l'esprit ne l'e�t annonc� de cette fa�on remarquable. En suivant la marche de la m�diumnit� de miss Cook on assiste au d�veloppement de la s�rie des ph�nom�nes qui se produisent successivement, en devenant chaque jour plus puissants, pour aboutir � la mat�rialisation de Katie. Voici la premi�re s�ance o� elle se montre.
Jusqu'alors, les s�ances avaient eu lieu dans l'obscurit�. M. Harrison voulut rem�dier � cet �tat de choses, et fit plusieurs essais chez M. Cook avec des lumi�res diff�rentes. Il obtint une lumi�re phosphorescente au moyen d'une bouteille chauff�e, rev�tue int�rieurement d'une couche de phosphore, m�lang�e avec l'huile de clous de girofle. Gr�ce � ce luminaire, on pouvait voir ce qui se passait pendant la s�ance obscure. Le 22 mai 1872, Mme Cook, les enfants, la tante et la domestique se r�unirent et l'Esprit de Katie King se mat�rialisa partiellement. Miss Cook ne dormait pas ainsi que cela r�sulte de la lettre qu'elle adressa � M. Harrison le lendemain. Voici ce r�cit :
� Dans l'apr�s-midi, hier, Katie King nous dit qu'elle essaierait de produire quelques ph�nom�nes, si toutefois nous consentions � faire un cabinet noir � l'aide de rideaux. Elle ajouta qu'il fallait lui donner une bouteille d'huile phosphorescente, parce qu'elle ne pouvait prendre le phosphore n�cessaire sur moi, � cause du peu de d�veloppement de ma m�diumnit�; elle d�sirait �clairer sa figure pour se rendre visible.
� Enchant�e de l'id�e, je fis les pr�paratifs n�cessaires ; tout fut pr�t � huit heures et demie, hier soir ; ma m�re, ma tante, les enfants et la bonne prirent place dehors, sur les marches de l'escalier. On me laissa toute seule dans la salle � manger (je n'�tais pas fi�re, car j'�tais tr�s effray�e).
� Katie vint se montrer � l'ouverture du rideau ; ses l�vres s'agit�rent et enfin elle put parler. Elle causa avec maman pendant quelques minutes ; tout le monde a pu voir le mouvement de ses l�vres. Comme je ne la voyais pas bien de ma place, je lui demandai de se tourner vers moi. L'Esprit me r�pondit : � Certainement je veux bien. � Alors je vis que le haut de son corps, seulement, �tait form� jusqu'au buste, le reste de l'apparition �tait comme un nuage, vaguement lumineux.
� L'Esprit Katie commen�a apr�s quelques instants d'attente, par apporter quelques feuilles fra�ches de lierre ; il n'y en avait pas de pareilles dans notre jardin. Puis on vit para�tre, hors du rideau, un bras et une main tenant la bouteille de sa figure et nous l'aper��mes tous, distinctement. Elle resta deux minutes, puis elle disparut. La figure �tait ovale, le nez aquilin, les yeux vifs et la bouche fort jolie.
� Katie dit � maman de bien la regarder, car elle savait qu'elle avait un air lugubre. Pour ma part, j'�tais tr�s impressionn�e lorsque l'esprit s'approcha de moi ; j'�tais trop �mue pour parler, ou m�me faire un geste. La derni�re fois qu'elle se montra au rideau, elle resta cinq bonnes minutes et chargea maman de vous demander de venir ici un jour de cette semaine... Katie King termina la s�ance en appelant la b�n�diction de Dieu sur nous. Elle t�moigna sa joie d'avoir pu se montrer � nos yeux. �
M. Harrison se rendit � l'invitation de Katie le 25 avril; la seconde s�ance de mat�rialisation eut lieu devant lui. Il prit des notes int�ressantes qu'il publia dans son journal (The Spiritualist) ; en voici des extraits :

T�MOIGNAGE DE M. HARRISON.

� Une s�ance eut lieu le 25 avril, chez M. Cook, en ma pr�sence. Le m�dium miss Cook �tait assise dans un cabinet obscur. On entendait gratter, de temps en temps ; l'esprit Katie tenait un tissu l�ger qu'elle avait fabriqu�, avec lequel elle s'effor�ait de r�colter, autour du m�dium, les fluides n�cessaires pour se mat�rialiser compl�tement. Elle frottait donc le m�dium avec le tissu qu'elle tenait. La conversation suivante � voix basse eut lieu entre le m�dium et l'esprit.
� Miss Cook. - Allez-vous en, Katie, je n'aime pas � �tre frictionn�e ainsi.
� Katie. - Ne soyez pas sotte, �tez ce que vous avez sur la t�te et regardez-moi. (Elle frictionnait toujours).
� Miss Cook. - Je ne veux pas. Laissez-moi, Katie. Je ne vous aime pas, vous me faites peur.
� Katie. - Que vous �tes sotte. (Elle frictionnait tout le temps).
� Miss Cook. - Je ne veux pas me pr�ter � ces manifestations je ne les aime pas, laissez-moi tranquille.
� Katie. - Vous n'�tes que mon m�dium, et un m�dium est une simple machine dont les Esprits se servent.
� Miss Cook. - En bien ! Si je ne suis qu'une machine, je n'aime pas � �tre effray�e de la sorte. Allez-vous-en.
� Katie. - Ne soyez pas �tourdie. �
On voit par cette conversation que l'apparition n'est pas le double du m�dium, puisque la volont� consciente de la jeune fille est en opposition absolue avec celle du fant�me qui est devant elle. Mme d'Esp�rance, autre m�dium c�l�bre[11] , r�solut de ne plus tomber en transe pendant les manifestations et elle y a r�ussit, ce qui montre l'ind�pendance de son individualit� psychique pendant les manifestations. M. Harrison put voir le ph�nom�ne se d�velopper � des s�ances ult�rieures, il en donne le t�moignage suivant :
� La figure de Katie nous apparut, toute sa t�te envelopp�e de blanc, afin, dit-elle, � d'emp�cher le fluide de se disperser trop vite. � Elle nous d�clara que sa figure seulement �tait mat�rialis�e ; tout le monde put voir ses traits distinctement. On remarqua que ses yeux �taient ferm�s. Elle se montrait pendant une demi-minute puis disparaissait. Apr�s, elle me dit : � Willie, regardez-moi sourire, regardez-moi parler. � alors elle s'�cria : � Cook, augmentez la lumi�re. � On s'empressa de lui ob�ir, et chacun put voir la figure de Katie King, brillamment �clair�e ; elle avait une figure jeune, jolie, heureuse, des yeux vifs quelque peu malicieux. Son visage n'�tait plus mat et ind�termin�, comme lors de sa premi�re apparition, le 22 avril, parce que, disait Katie : � Je sais mieux comment il faut faire.� Lorsqu'on vit appara�tre la figure de Katie, en pleine lumi�re, ses joues semblaient color�es naturellement ; tous les assistants s'�cri�rent : � Nous vous voyons parfaitement � pr�sent. � Katie t�moigna sa joie, en avan�ant son bras hors du rideau et en frappant contre le mur avec un �ventail qu'elle avait trouv� � sa port�e. �
Les s�ances continu�rent avec succ�s. Les forces de Katie King s'augment�rent de plus en plus, mais pendant longtemps elle ne permit qu'une faible lumi�re pendant qu'elle se mat�rialisait. Sa t�te �tait toujours entour�e de voiles blancs, parce qu'elle ne la formait pas d'une mani�re compl�te afin d'user moins de fluide et de ne pas fatiguer le m�dium. Apr�s un bon nombre de s�ances, Katie r�ussit � montrer, en pleine lumi�re, sa figure d�couverte, ses bras et ses mains.
� cette �poque, miss Cook �tait presque toujours �veill�e pendant la pr�sence de l'Esprit ; mais quelquefois, quand le temps �tait mauvais, ou que d'autres conditions �taient d�favorables, miss Cook s'endormait sous l'influence spirite, ce qui augmentait le pouvoir, et emp�chait l'activit� mentale du m�dium de troubler l'action des forces magn�tiques. Dans la suite, Katie ne parut plus sans que le m�dium f�t entranc�. Quelques s�ances eurent lieu pour obtenir l'apparition d'autres Esprits ; mais on dut faire ces s�ances avec tr�s peu de lumi�re et elles furent moins parfaites que celles o� Katie se montrait ; cependant on constata l'apparition de figures connues dont l'authenticit� fut bien prouv�e. Nous verrons tout � l'heure le t�moignage de Mme Florence Marryat, l'�crivain bien connue.
Dans une s�ance qui eut lieu le 20 janvier 1873, � Hackney, sa figure se transforma, et de blanche elle devint noire, en quelques secondes ; cela eut lieu plusieurs fois de suite pour montrer que ses mains n'�taient pas mues m�caniquement, elle fit une couture au rideau qui s'�tait d�chir�. Dans une autre s�ance, le 12 mars et au m�me endroit, les mains de miss Cook furent attach�es avec des liens sur lesquels on apposait des cachets de cire. Katie King se montra alors, � une certaine distance, en avant du rideau, les mains compl�tement libres.
On le voit, ce n'est qu'� la suite de longues exp�riences, tr�s imparfaites d'abord, et se compl�tant successivement, que l'esprit de Katie King acquit le d�veloppement qui lui permit de se manifester librement, en pleine lumi�re, sous une forme humaine, en dehors et en avant du cabinet noir, devant un cercle de spectateurs �merveill�s.
� partir de ce moment, des contr�les tr�s s�v�res furent organis�s et c'est apr�s avoir �tudi� avec toute la rigueur possible que M. Benjamin Coleman, le docteur Gully, le docteur Sexton, proclam�rent la r�alit� de ces manifestations transcendantes. Plusieurs photographies de Katie King furent prises � la lumi�re du magn�sium : elle �tait compl�tement mat�rialis�e, debout, dans la salle, dans des conditions de contr�le tr�s s�v�res. D�s les d�buts de la m�diumnit� de miss Cook, M. Ch. Blackburn, de Manchester, avec une sage lib�ralit�, lui fit une donation importante qui assura sont existence ; il agit ainsi pour l'avancement de la science. Toutes les s�ances de miss Cook furent donn�es gratuitement.

PREMI�RES PHOTOGRAPHIES DE KATIE KING

Au printemps de 1873, plusieurs s�ances avaient eu lieu dans le but d'obtenir des photographies de Katie King. Le 7 mai, quatre photographies furent prises avec succ�s ; l'une d'elles a �t� reproduite par la gravure.
M. Harrison nous dit que, dans la photographie, les traits sont plus fins et plus beaux et qu'il y a une expression de dignit� dans la physionomie quasi-�th�r�e, que rend mal la reproduction de la gravure qui a �t� �dit�e.
Les exp�riences photographiques sont bien d�crites dans le proc�s-verbal ci-dessous, qui a �t� dress� apr�s une s�ance et sign� des noms suivants : Am�lia Corner, Caroline Corner, M. Luxmore, G. Tapp et W. Harrison. Voici les pr�cautions qui avaient �t� prises au commencement de la s�ance. Mme Corner et sa fille avaient accompagn� miss Cook dans sa chambre o� elles l'avaient pri�e de se d�shabiller, pour bien examiner ses v�tements. On lui fit mettre un grand manteau en drap gris, en place de sa robe qu'elle avait retir�e, puis elle fut conduite � la salle des s�ances ; ses poignets furent attach�s solidement avec du ruban en fil. Les n�uds furent examin�s par l'assistance, et des cachets furent pos�s sur les bouts du ruban. Le cabinet fut examin� dans tous les sens puis miss Cook s'y assit. Le ruban qui la liait fut pass� dans un anneau fix� au parquet, puis sous le ch�le, et le bout fut attach� � une chaise plac�e en dehors du cabinet ; de cette fa�on, si le m�dium e�t boug�, on e�t pu s'en apercevoir de suite.
La s�ance commen�a � six heures du soir et dura deux heures environ, avec un intervalle d'une demi-heure. Le m�dium s'endormit aussit�t qu'il fut install� dans le cabinet et quelques instants apr�s Katie parut et s'avan�a dans la chambre. Mme Cook assistait aussi � la s�ance avec ses deux jeunes enfants, qui s'amusaient beaucoup � causer avec l'Esprit.
Katie �tait v�tue de blanc ; ce soir-l� sa robe �tait d�collet�e et ses manches fort courtes, de sorte qu'on pouvait admirer son cou merveilleux et ses beaux bras. Sa coiffure m�me, qui lui serrait toujours la t�te, �tait l�g�rement repouss�e et laissait voir ses cheveux ch�tains. Ses yeux �taient grands et brillants, de couleur grise ou bleu fonc�. Elle avait le teint clair et rose, ses l�vres �taient color�es, elle paraissait tr�s vivante. Voyant notre plaisir � la contempler ainsi devant nous, Katie redoubla ses efforts pour nous permettre d'avoir une bonne s�ance. Puis, quand elle cessa de poser devant l'appareil, elle se promena, causant avec tout le monde, critiquant les assistants, le photographe et ses arrangements, tout � son aise. Peu � peu, elle s'avan�a plus pr�s de nous, s'enhardissant davantage. Katie s'appuya sur l'�paule de M. Luxmore pendant qu'on la photographiait ; elle tint m�me la lampe une fois pour mieux �clairer son visage.
Elle permit � M. Luxmore et � Mme Corner de passer leurs mains sur sa robe pour s'assurer qu'elle ne portait qu'un v�tement. Puis Katie s'amusa � taquiner M. Luxmore ; elle lui tapa sur les joues, lui tira les cheveux et prit son lorgnon pour regarder les personnes dans la salle. Les photographies furent prises � la lumi�re du magn�sium ; le reste du temps l'�clairage consistait en une bougie et une petite lampe. Lorsqu'on emporta la plaque pour la d�velopper, Katie courut quelques pas derri�re M. Harrison pour le voir d�velopper.
Une chose curieuse se passa aussi ce soir-l� ; au moment o� Katie se reposait devant le cabinet, en attendant de poser on vit para�tre � l'ouverture sup�rieure un grand bras d'homme, nu jusqu'� l'�paule et qui agitait les doigts. Katie se retourna, fit des reproches � l'intrus, disant que c'�tait tr�s mal � un autre Esprit de venir d�ranger tout quand elle posait pour son portrait, et lui ordonna de se retirer au plus vite. Vers la fin de la s�ance, Katie d�clara que ses forces s'en allaient, qu'elle �tait en train de fondre. Son pouvoir �tait tellement affaibli, que la lumi�re qui p�n�trait dans le cabinet o� elle s'�tait retir�e sembla la dissoudre ; on la vit alors s'affaisser, n'ayant plus de corps du tout et son cou touchant le sol. Le m�dium �tait toujours attach� comme au commencement.
Nous appelons tout particuli�rement l'attention du lecteur sur ce d�tail, qui montre avec �vidence que l'apparition n'est pas un mannequin appr�t�, ni le m�dium d�guis�. Voici, sur ce point, un autre t�moignage aussi d�monstratif : c'est celui de Mme Florence Marryat[12] .
� On demanda un jour � Katie King pourquoi elle ne pouvait pas se montrer avec une lumi�re plus forte. (Elle ne permettait qu'un seul bec de gaz et encore fallait-il le baisser beaucoup). La question sembla l'irriter �norm�ment : elle nous fit la r�ponse suivante : � Je vous ai souvent d�clar� que je ne pouvais subir l'intensit� d'une grande lumi�re. Je ne sais pas pourquoi cela m'est impossible et si vous doutez de mes paroles, allumez partout, et vous verrez ce qui arrivera. Je vous pr�viens seulement que si vous me mettez � l'�preuve, je ne pourrai pas repara�tre devant vous ; ainsi choisissez. �
� Les personnes pr�sentes se consult�rent, on d�cida de tenter l'exp�rience afin de voir ce qui adviendrait. Nous voulions trancher d�finitivement la question de savoir si le plus ou moins d'�clairage g�nait le ph�nom�ne de mat�rialisation. Katie fut avis�e de notre d�cision et consentit � faire l'essai. Nous s�mes plus tard que nous lui avions caus� une grande souffrance.
� L'Esprit Katie se pla�a debout devant le mur du salon et elle �tendit les bras en croix en attendant sa dissolution. On alluma les trois becs de gaz. (La chambre mesurait seize pieds carr�s environ.)
� L'effet produit sur Katie King fut extraordinaire. Elle ne r�sista qu'un instant, puis nous la v�mes fondre sous nos yeux, tout comme une poup�e de cire devant un grand feu. D'abord ses traits s'effac�rent, on ne les distinguait plus. Les yeux s'enfonc�rent dans les orbites, le nez disparut, le front sembla rentrer dans la t�te. Puis les membres c�d�rent et tout son corps s'affaissa comme un �difice qui s'�croule. Il ne resta plus que sa t�te sur le tapis, puis un peu de draperie blanche qui disparut comme si on e�t subitement tir� dessus : nous rest�mes quelques instants les yeux fix�s sur l'endroit o� Katie avait cess� de para�tre. Ainsi se termina cette s�ance m�morable. �
L'esprit, avec l'exercice, prit davantage de force puisque William Crookes put faire ensuite plus de quarante clich�s au moyen de la lumi�re �lectrique. Nous venons de constater qu'un esprit avait essay� de se mat�rialiser en m�me temps que Katie. C'est qu'en effet cet esprit n'�tait pas le seul qui se montr�t.
Voici encore une attestation de Mme Marryat qui reconnut une d�formation caract�ristique de la l�vre de sa fille, sur une apparition qu'elle tenait dans ses bras. �coutons son r�cit.
� La s�ance eut lieu dans une tr�s petite salle de l'association ; elle ne contenait aucun meuble, ni tapis. Trois chaises cann�es furent plac�es dans la pi�ce pour nous permettre de nous asseoir. Dans un coin, On suspendit un vieux ch�le noir Pour former le cabinet n�cessaire. on y mit un coussin pour que miss Cook p�t y appuyer sa t�te.
� Miss Florence Cook est une petite brunette, mince, aux yeux noirs, aux cheveux boucl�s ; elle �tait v�tue d'une robe grise de m�rinos, garnie de rubans cerise. Elle m'informa avant de commencer la s�ance, que depuis quelque temps elle �tait �nerv�e pendant ses transes, et qu'il lui arrivait de venir endormie dans la salle. Elle me pria donc de bien la gronder si pareille chose se renouvelait et lui ordonner de retourner � sa place, comme si elle n'�tait qu'un enfant ; je promis de le faire, et l�-dessus miss Cook s'assit par terre, derri�re le ch�le noir qui formait rideau. Nous pouvions voir la robe grise du m�dium, car le ch�le n'arrivait pas jusqu'� terre. Le gaz fut baiss� et nous pr�mes place sur les trois chaises cann�es.
Tout d'abord le m�dium semblait mal � l'aise. Il se plaignait d'�tre maltrait� ; apr�s quelques instants le ch�le fut agit� et nous v�mes une main para�tre et dispara�tre, se retirer plusieurs fois de suite. Puis une forme apparut, se tra�nant sur les genoux, Pour passer sous le ch�le, et, finalement, elle se dressa de toute sa hauteur. La lumi�re �tait insuffisante pour reconna�tre les traits. M. Harrison demanda si nous �tions en pr�sence de Mme Stewart ? L'Esprit secoua la t�te. � Qui cela peut-il �tre ? � demandai-je � M. Harrison.
- Ne me reconnaissez-vous pas, ma m�re ? �
� Je voulus m'�lancer vers elle, mais elle me dit : � Restez � votre place, et j'irai pr�s de vous. � Un instant apr�s Florence vint s'asseoir sur mes genoux. Elle avait les cheveux longs et flottants, ses bras �taient nus ainsi que ses pieds. Sa robe n'avait aucune forme, on e�t dit qu'elle s'�tait envelopp�e de quelques m�tres de mousseline ; par extraordinaire, cet Esprit ne portait pas de coiffure, sa t�te �tait nue.
- Florence, ma ch�rie, m'�criai-je, est ce vraiment toi ?
- Faites plus de lumi�re, r�pondit-elle, et regardez ma bouche.
� Nous v�mes alors, distinctement, sa l�vre d�form�e comme � sa naissance, cependant les m�decins qui l'avaient vue alors avaient d�clar� que le cas �tait fort rare. Mon enfant n'avait v�cu que quelques jours. Elle semblait avoir 17 ans �.
� En voyant cette preuve ind�niable d'identit�, je fondis en larmes, sans pouvoir dire un mot. �
� Miss Cook s'agitait beaucoup derri�re le ch�le ; puis, tout � coup, elle s'�lan�a vers nous en s'�criant : � C'est trop, je n'en puis plus. �
� Nous la v�mes donc dehors en m�me temps que l'esprit de ma fille qui �tait sur mes genoux, mais ceci ne dura qu'un court instant, la forme que je tenais s'�lan�a vers le cabinet et disparut. Alors, je me rappelai que miss Cook m'avait pri�e de la gronder si elle se promenait, et je lui fis des reproches s�v�res. Elle retourna � sa place, derri�re le rideau, et aussit�t l'Esprit revint vers moi, en disant : � Ne la laissez pas revenir, elle me fait des peurs terribles.�
� Je m'�criai alors : � Mais Florence, dans ce monde, nous autres mortels nous avons peur des apparitions et, ce semble, vous avez peur de votre m�dium. �
� J'ai peur qu'elle me fasse partir �, r�pondit-elle. Cependant miss Cook ne se d�rangea plus et Florence resta avec nous un peu plus de temps. Elle jeta ses bras autour de mon cou et m'embrassa plusieurs fois. � cette �poque j'�tais fort tourment�e. Florence me dit que si elle avait pu para�tre ainsi marqu�e devant moi, c'�tait pour bien me convaincre des v�rit�s du Spiritisme et que j'y trouverais des sources de consolation.
� Quelquefois vous doutez, ma m�re, dit-elle, et vous croyez que vos yeux et vos oreilles vous ont tromp�e ; il ne faut plus jamais douter et ne croyez pas que je suis d�figur�e en Esprit. J'ai pris cette marque ce soir pour mieux vous convaincre. Rappelez-vous que je suis toujours avec vous. �
� Je ne pouvais parler tant j'�tais �motionn�e, en pensant que je tenais dans mes bras l'enfant que j'avais d�pos�e dans un cercueil, qui n'�tait pas morte et an�antie, mais devenue une jeune femme � pr�sent. Je restai muette, mes bras pass�s autour d'elle, mon c�ur battant contre le sien, puis le pouvoir diminua ; Florence me donna un dernier baiser et me laissa stup�faite et �merveill�e de ce qui s'�tait pass�. �
Mme Florence Marryat ajoute qu'elle a revu cet Esprit plusieurs fois, en d'autres s�ances et avec diff�rents m�diums ; elle en re��t de fort bons conseils.
On con�oit ais�ment que des ph�nom�nes aussi extraordinaires furent ni�s avec acharnement par les incr�dules. Des pol�miques ardentes s'�lev�rent, m�me entre Spirites et il ne fallut pas moins que les exp�riences et les affirmations de William Crookes pour confirmer l'authenticit� absolue de Katie King. Nous renvoyons le lecteur � Son ouvrage, mais nous devons sp�cialement signaler que Katie est bien un �tre anatomiquement semblable � un �tre vivant.

LES EXP�RIENCES DE CROOKES

Les travaux du grand savant anglais sont particuli�rement int�ressants au point de vue qui nous occupe [13]. Aussi nous reproduisons une petite partie de son r�cit, car il est tout � fait d�monstratif ; il nous montrera un Esprit si bien mat�rialis�, qu'on ne saurait le distinguer d'une personne ordinaire.
Cette remarquable exp�rience �tablit pertinemment que le p�risprit reproduit, non seulement l'ext�rieur d'une personne, mais aussi toutes les parties internes de son corps.
�Une des photographies les plus int�ressantes est celle o� je suis debout � c�t� de Katie : elle a son pied nu sur un point particulier du plancher. J'habillai ensuite Melle Cook comme Katie ; elle et moi nous nous pla��mes exactement dans la m�me position, et nous f�mes photographi�s par les m�mes objectifs, plac�s absolument comme dans l'autre exp�rience, et �clair�s par la m�me lumi�re. Lorsque ces deux dessins sont plac�s l'un sur l'autre, les deux photographies de moi co�ncident exactement quant � la taille, etc., mais Katie est plus grande d'une demi-t�te que Melle Cook et, aupr�s d'elle, elle semble une grosse femme. Dans beaucoup d'�preuves, la largeur de son visage et la grosseur de son corps diff�rent essentiellement de son m�dium, et les photographies font voir plusieurs autres points de dissemblance... �
Ceci r�pond � cette objection souvent faite que, dans les s�ances spirites, les apparitions qu'on photographie sont dues � des d�doublements du m�dium. Continuons.
� J'ai si bien vu Katie r�cemment, lorsqu'elle �tait �clair�e par la lumi�re �lectrique, qu'il m'est possible d'ajouter quelques traits aux diff�rences que, dans un pr�c�dent article, j'ai �tablies entre elle et son m�dium. J'ai la certitude la plus absolue que Melle Cook et Katie sont deux individualit�s distinctes, du moins en ce qui concerne leurs corps. Plusieurs petites marques qui se trouvent sur le visage de Melle Cook font d�faut sur celui de Katie. La chevelure de Melle Cook est d'un brun si fonc� qu'elle parait presque noire ! Une boucle de celle de Katie qui est l� sous mes yeux, et qu'elle m'avait permis de couper au milieu de ses tresses luxuriantes, apr�s l'avoir suivie de mes propres doigts jusque sur le haut de la t�te et m'�tre assur� qu'elle y avait bien pouss�, est d'un riche ch�tain dor�.
� Un soir je comptais les pulsations de Katie, son pouls battait r�guli�rement 75, tandis que celui de Melle Cook, peu d'instants apr�s, atteignit 90, son chiffre habituel. En appuyant mon oreille sur la poitrine de Katie, je pouvais entendre son c�ur battre � l'int�rieur, et ses pulsations �taient encore plus r�guli�res que celles du c�ur de Melle Cook lorsque, apr�s la s�ance, elle me permettait la m�me exp�rience. �prouv�s de la m�me mani�re, les poumons de Katie se montr�rent plus sain que ceux de son m�dium, car, au moment o� je fis mon exp�rience, Melle Cook suivait un traitement m�dical pour un gros rhume. �
Nous avons assist� aux premi�res manifestations de Katie King, voici la derni�re fois o� elle parut. Parmi les spectateurs �taient Mme Florence Marryat, M. Tapp, William Crookes et la fille de service Mary [14].

LA DERNI�RE S�ANCE

� 7 heures 23 minutes du soir, M. Crookes conduisit miss Cook dans le cabinet obscur, o� elle s'�tendit sur le sol, la t�te appuy�e sur un coussin. � 7 heures 28 minutes, Katie parla pour la premi�re fois, et � 7 heures 30 elle se montra en dehors du rideau et dans toute sa forme. Elle �tait v�tue de blanc, les manches courtes, et le cou nu. Elle avait de longs cheveux ch�tain clair, de couleur dor�, tombant en boucles des deux c�t�s de la t�te et le long du dos jusqu'� la taille. Elle portait un long voile blanc qui ne fut abaiss� qu'une ou deux fois sur son visage pendant la s�ance.
Le m�dium avait une robe bleu clair en m�rinos. Pendant presque toute la s�ance, Katie resta debout devant eux ; le rideau du cabinet �tait �cart� et tous pouvaient voir distinctement le m�dium endormi, ayant le visage couvert d'un ch�le rouge, pour le soustraire � la lumi�re. Elle n'avait pas quitt� sa premi�re position depuis le commencement de la s�ance durant laquelle la lumi�re r�pandait une vive clart�. Katie parla de son d�part prochain et accepta un bouquet que M. Tapp lui avait apport�, ainsi que quelques lis attach�s ensemble et offerts par M. Crookes. Katie invita M. Tapp � d�lier le bouquet et � poser les fleurs devant elle sur le plancher ; elle s'assit alors � la mani�re turque et nous pria tous d'en faire autant autour d'elle. Alors elle partagea les fleurs et en fit un petit bouquet, qu'elle entoura d'un ruban bleu.
Elle �crivit aussi des lettres d'adieu � quelques-uns de ses amis en les signant Annie Owen Morgan, et en disant que c'�tait son vrai nom pendant sa vie terrestre. Elle �crivit �galement une lettre � son m�dium, et choisit pour ce dernier un bouton de rose comme cadeau d'adieu. Katie prit alors des ciseaux, coupa une m�che de ses cheveux et nous en donna � tous une large part. Elle prit ensuite le bras de M. Crookes, fit le tour de la chambre et serra la main de chacun. Katie s'assit de nouveau, coupa plusieurs morceaux de sa robe et de son voile dont elle fit des cadeaux. Voyant de si grands trous � sa robe et pendant qu'elle �tait assise entre M. Crookes et M. Tapp, on lui demanda si elle pourrait r�parer le dommage, ainsi qu'elle l'avait fait en d'autres occasions. Elle pr�senta alors la partie coup�e � la clart� de la lumi�re, frappa un coup dessus, et � l'instant cette partie fut aussi nette et aussi compl�te qu'auparavant. Ceux qui �taient aupr�s d'elle examin�rent et touch�rent l'�toffe avec sa permission; ils affirm�rent qu'il n'existait ni trou ni couture, ni aucune partie rapport�e, l� o� un instant auparavant ils avaient vu des trous de plusieurs pouces de diam�tre.
Elle donna ensuite ses derni�res instructions � M. Crookes et aux autres amis sur la conduite � tenir touchant les manifestations ult�rieures, promises par elle au moyen de son m�dium. Ces instructions furent not�es avec soin et remises � M. Crookes. Elle parut alors fatigu�e et disait tristement qu'elle d�sirait s'en aller, que sa force disparaissait ; elle r�it�ra � tous ses adieux de la mani�re la plus affectueuse. Les assistants la remerci�rent pour les manifestations merveilleuses qu'elle leur avait accord�es.
Tandis qu'elle dirigeait vers ses amis un dernier regard grave et pensif, elle laissa tomber le rideau et devint invisible. On l'entendit r�veiller le m�dium qui la pria, en versant des larmes de rester encore un peu ; mais Katie lui dit : � Ma ch�re, je ne puis. Ma mission est accomplie, que Dieu te b�nisse ! � et nous entend�mes le son de son baiser d'adieu. Le m�dium se pr�senta alors au milieu de nous, enti�rement �puis� et profond�ment constern�.
On voit combien miss Cook, r�tive � l'origine, s'�tait attach�e � son invisible amie. Katie disait qu'elle ne pourrait d�sormais ni parler ni montrer son visage ; qu'en accomplissant pendant trois ans ces manifestations physiques, elle avait pass� une vie bien p�nible pour expier ses fautes ; qu'elle �tait r�solue � s'�lever d�sormais � un degr� sup�rieur de la vie spirituelle; que ce ne serait qu'� de longs intervalles qu'elle pourrait correspondre par �crit avec son m�dium, mais que ce m�dium pourrait toujours la voir au moyen de la lucidit� magn�tique [15].

LE CAS DE Mme LIVERMORE

Les apparitions de Katie King ont �t� si nombreuses et si souvent observ�es qu'il n'est pas possible de douter un instant que ce soit un Esprit qui se manifestait ainsi ; mais comme elle d�clarait avoir v�cu jadis sous le nom d'Annie Morgan, sous Charles ler, il n'�tait pas possible de v�rifier son identit�. Nous avons constat� que Florence, la fille de Mme Marryat, s'est fait reconna�tre gr�ce � un signe particulier de la l�vre ; nous allons voir, d'apr�s M. Aksakof[16] , qu'il serait impossible de trouver un cas plus concluant, plus parfait comme preuve d'identit� de l'apparition d'une forme mat�rialis�e, que celui que nous pr�sente le cas d'� Estelle � d�c�d�e en 1860, � son mari, M. Livermore.
Cette observation r�unit toutes les conditions pour devenir classique ; elle r�pond � toutes les exigences de la critique. On peut en trouver le r�cit d�taill� dans The Spiritual Magazine de 1861, dans des articles de M. B. Coleman, qui en tenait tous les d�tails directement de M. Livermore (ils ont �t� ensuite publi�s sous forme d'une brochure intitul�e : Spiritualism in America, Londres, 1861) et enfin dans l'ouvrage de Dale Owen, Debetable Land, qui en a emprunt� les d�tails au manuscrit de M. Livermore.
La mat�rialisation de la m�me figure a continu� pendant cinq ans, de 1861 � 1866, durant lesquels M. Livermore a eu 388 s�ances avec le m�dium Kate Fox, et dont les d�tails ont �t� enregistr�s par M. Livermore dans un journal. Elles ont eu lieu dans une compl�te obscurit�. M. Livermore �tait, le plus souvent, seul avec le m�dium dont il tenait les deux mains pendant toute la s�ance. Le m�dium �tait tout le temps dans son �tat normal et t�moin conscient de tout ce qui se passait.
La mat�rialisation visible de la figure d'Estelle fut graduelle ; ce n'est qu'� la quarante-troisi�me s�ance que son mari put la reconna�tre, au moyen d'un �clairage intense, de source myst�rieuse, d�pendant du ph�nom�ne, et g�n�ralement sous la direction d'une autre figure qui accompagnait Estelle et l'aidait dans ses manifestations. Cette deuxi�me apparition se donnait le nom de Franklin.
Depuis lors, l'apparition d'Estelle devint de plus en plus parfaite et put supporter m�me la lumi�re d'une lanterne apport�e par M. Livermore. Heureusement pour l'appr�ciation du fait, la figure ne p�t parler, sauf quelques mots qu'elle pronon�a, et tout le c�t� intellectuel de la manifestation dut rev�tir une forme qui laissa des traces � jamais persistantes. Il s'agit des communications excessivement nombreuses �crites par Estelle elle-m�me ; elles furent toutes, au nombre d'une centaine, re�ues sur des cartes que M. Livermore apportait et marquait lui-m�me ; pendant que cette apparition �crivait, M. Livermore, tenant les mains de Kate Fox, pouvait voir parfaitement la main et toute la figure de celle qui �crivait.
L'�criture de ces communications est une parfaite reproduction de l'�criture de Mme Livermore vivante. Dans une lettre de M. Livermore � M. B. Coleman de Londres, dont il avait fait la connaissance en Am�rique, nous lisons : � Nous venons enfin d'obtenir des lettres dat�es. La premi�re de ce genre, du vendredi 3 mai 1861, �tait �crite tr�s soigneusement et tr�s correctement, et l'identit� de l'�criture de ma femme a pu �tre �tablie d'une fa�on cat�gorique par des comparaisons minutieuses ; le style et l'�criture de � l'esprit � sont pour moi des preuves positives de l'identit� de l'auteur, m�me si on laisse de c�t� les autres preuves encore plus concluantes que j'ai obtenues �. Plus tard, dans une autre lettre, M. Livermore ajoute : � Son identit� a �t� �tablie de fa�on � ne laisser subsister aucun doute : d'abord par son apparence, ensuite par son �criture, et enfin par son individualit� mentale, sans parler de nombreuses autres preuves qui seraient concluantes dans les cas ordinaires, mais dont je n'ai pas tenu compte, sauf comme preuves � l'appui �.
Le t�moignage de M. Coleman confirme celui de M. Livermore, et des sp�cimens de l'�criture d'Estelle de son vivant, et apr�s sa mort ont �t� publi�s dans le Spiritual Magazine en 1861. L'�criture est certainement une preuve absolue et tout � fait concluante de l'identit� de l'�tre qui se mat�rialise, car c'est une sorte de photographie de la personnalit�, dont elle a toujours �t� consid�r�e comme l'expression fid�le et constante. Outre cette preuve mat�rielle et intellectuelle, nous en trouvons encore une autre dans plusieurs communications �crites par Estelle en fran�ais, langue compl�tement inconnue du m�dium. Voici � ce sujet le t�moignage d�cisif de M. Livermore : � Une carte que j'avais apport�e moi-m�me fut enlev�e de ma main et, apr�s quelques instants, elle me fut visiblement rendue. J'y lus un message admirablement �crit en pur fran�ais. Ma femme connaissait tr�s bien le fran�ais ; elle l'�crivait et le parlait correctement, tandis que miss Fox n'en avait pas la moindre notion[17] �.
M. Aksakof, si difficile en fait de preuves, �crit :
� Nous trouvons ici une double preuve d'identit�, elle est constat�e non seulement par l'�criture en tous point semblable � celle du d�funt, mais encore dans une langue inconnue du m�dium. Le cas est extr�mement important et pr�sente � nos yeux une preuve d'identit� absolue �.
La cessation des manifestations d'Estelle par la voie de la mat�rialisation pr�sente un rapprochement remarquable avec la fin des apparitions de Katie. Nous lisons dans Owen :
� C'est � la s�ance n� 388, le 2 avril 1866, que la forme d'Estelle apparut pour la derni�re fois. De ce jour, M. Livermore n'a plus revu la figure bien connue de lui, quoiqu'il en ait re�u jusqu'au moment o� j'�cris (1871), de nombreux messages pleins de sympathie et d'affection. �
Il nous para�t bien �tabli que l'immortalit� ressort avec une compl�te �vidence de ces manifestations suggestives. Les th�ories les plus os�es ne pourront lutter contre des faits de cette nature, qui nous assurent � eux seuls cette vie d'Outre-tombe, dont l'existence �tait rendue plus que probable par tous les autres genres de communications entre les hommes et les Esprits.

R�SUM�

Dans le trop court expos� que nous venons de mettre sous les yeux du lecteur, nous n'avons pu reproduire qu'un seul r�cit concernant chacun des cas particuliers que nous aurions voulu �num�rer en plus grand nombre. Il est d'ailleurs facile de consulter les ouvrages cit�s, et de se convaincre que la quantit� de t�moignages authentiques, relatant des faits d'apparitions de vivants ou de morts, est consid�rable. La plupart �manent de personnes absolument dignes de foi, n'ayant aucun int�r�t � tromper, et la v�racit� de ces affirmations a de plus �t� contr�l�e, avec tout le soin possible, par des hommes savants, prudents et impartiaux; mais en supposant m�me que quelques-uns de ces rapports soient faux, d'autres inexactement reproduits, il en reste un nombre suffisant (plusieurs centaines) pour �tablir LA CERTITUDE DU D�DOUBLEMENT DE L'�TRE HUMAIN ET DE LA SURVIVANCE DE L'�ME APR�S LA MORT.
Il nous a �t� facile de constater, dans presque toutes les narrations, que le corps dormait pendant que l'esprit manifestait au loin sa pr�sence. La r�alit� de l'�me, c'est-�-dire du moi pensant et volontaire, en m�me temps que son individualit� distincte du corps, s'affirment comme des corollaires oblig�s du ph�nom�ne de d�doublement.
Nous avons observ�, en effet, par des t�moignages pr�cis comme ceux de Varley, du jeune graveur cit� par le Dr Gibier et par les cas de Newnham et de Sophie, que pendant le sommeil, l'�me humaine peut se d�gager et manifester son autonomie ; elle est donc distincte de l'organisme mat�riel et il est impossible d'expliquer ces ph�nom�nes psychologiques par une action du cerveau, puisque le sommeil est, suivant la science, caract�ris� par la disparition de l'activit� psychique [18].
Ce moi qui se d�place n'est pas une substance incorporelle, c'est un �tre bien d�fini, qui a une enveloppe reproduisant les traits du corps; et lorsqu'il se fait voir, c'est gr�ce � cette identit� absolue avec l'enveloppe charnelle qu'on peut le reconna�tre.
Le degr� de mat�rialit� du p�risprit est variable; tant�t c'est un simple brouillard blanc qui dessine les traits en les att�nuant ; d'autres fois, il a des contours tr�s nets et semble un portrait anim� ; enfin il arrive aussi qu'il se montre avec tous les caract�res de la r�alit�, et l'on constate qu'il a suffisamment de tangibilit� pour exercer des actions physiques sur la mati�re inerte, et pour d�celer l'existence d'un organisme interne semblable � celui d'un individu vivant.
La distance qui s�pare le corps de son �me n'influe en rien sur l'intensit� des manifestations. Nous en avons vu plusieurs exemples tout � fait probants.
Cette enveloppe de l'�me, qui n'accuse son existence distincte du corps que dans des circonstances assez rares, s'y trouve cependant � l'�tat normal, comme l'indiquent les exp�riences sur l'ext�riorisation de la sensibilit�, et l'action des m�dicaments � distance. D'ailleurs, la certitude de la coexistence du corps et du p�risprit r�sulte de la survivance de ce dernier � la destruction de l'enveloppe charnelle. Cette immortalit� est �tablie par des exp�riences vari�es, offrant toutes des caract�res qui imposent la conviction.
Les apparitions de morts ou de vivants sont identiques : elles agissent de la m�me fa�on, elles produisent les m�mes effets, donc la cause � laquelle elles sont dues est la m�me : c'est l'�me d�gag�e du corps. Il faut noter qu'il ne pourrait en �tre autrement, puisque, dans les deux cas elle est lib�r�e de sa prison charnelle.
Si donc nous d�couvrons, dans les apparitions des morts, des caract�res qui n'avaient pas �t� mis en �vidence dans les apparitions de personnes vivantes, nous pourrons conclure l�gitimement que le double humain les poss�de aussi.
La continuit� qui existe entre tous les ph�nom�nes de la nature nous permettra de saisir la liaison qui existe entre les manifestations de l'�me produites par son action � distance, et celles qui sont dues � sa sortie du corps. Transmission de pens�e ; t�l�pathie ; ext�riorisation partielle ; d�doublement, sont des ph�nom�nes qui forment une cha�ne ininterrompue, une gradation des pouvoirs animiques.
Les circonstances qui accompagnent les apparitions de vivants sont, en g�n�ral, suffisamment d�monstratives par elles-m�mes, pour �tablir l'objectivit� du fant�me. Nous avons mis en �vidence ce caract�re dans tous les cas cit�s, mais il n'a pas �t� possible d'en donner des preuves absolues, ces ph�nom�nes, par leur raret�, leur spontan�it�, s'opposant � toute enqu�te m�thodique. Il n'en va pas de m�me lorsque ces apparitions se produisent dans les s�ances spirites, o� elles sont sollicit�es. L� on s'attend � le voir se produire et toutes les pr�cautions sont prises pour en v�rifier soigneusement l'objectivit�.
La photographie est un des plus s�rs garants que nous puissions fournir. Si, � la rigueur, il est possible d'admettre, pour expliquer les apparitions, une hallucination agissant sur des cerveaux pr�dispos�s, cette explication tombe � plat devant la r�alit� brutale qui s'inscrit sur la couche collodionn�e ; ici, pas d'illusion possible ; le ph�nom�ne accuse sa r�alit� en laissant une trace ind�niable sur la couche sensible. Or nous avons photographi� le corps fluidique pendant la vie et apr�s la mort, ce qui nous donne cette certitude absolue que l'�me existe toujours, aussi bien sur la terre que dans l'espace.
D'ailleurs, la continuit� de l'�tre se d�c�le bien clairement par le fait des apparitions suivant la mort de quelques heures. Tout se passe Comme si l'individu qui appara�t �tait encore vivant ; le p�risprit qui vient de quitter le corps en retrace fid�lement, non seulement l'image, mais encore la configuration physique, qui se d�c�le par les empreintes laiss�es sur du papier noirci et par des moulages ! Quelle d�couverte merveilleuse que cette possibilit� de se convaincre, par des t�moignages mat�riels, de la survivance int�grale de l'�tre pensant !
Nous voyons enfin, dans les exp�riences de Crookes, que l'esprit mat�rialis� est en tout point un �tre qui vit, temporairement, comme s'il �tait n� sur la terre. Son c�ur bat, ses poumons fonctionnent, il va et vient, cause, donne une m�che de ses cheveux. Son p�risprit a donc en lui tout ce qu'il faut pour cr�er tous ces organes, avec la force et la mati�re emprunt�es au m�dium ; c'est l'�panouissement complet du ph�nom�ne, que nous avons vu �bauch� seulement par les apparitions parlantes [19].
Que les savants officiels ferment les yeux, que la presse fasse obstin�ment le silence sur ces faits remarquables, cela n'emp�chera pas la v�rit� d'�clater aux yeux des gens non pr�venus. Cette d�monstration mat�rielle de la survivance a une importance capitale pour l'avenir de l'humanit�. Personne ne pourra d�truire le faisceau de preuves que nous apportons. T�t ou tard, il faudra que les plus orgueilleux s'inclinent devant l'�vidence, et reconnaissent que les spirites, si raill�s, ont cependant dot� la science de la plus grande et de la plus f�conde d�couverte qui ait jamais �t� faite sur la terre.

CONCLUSION

Il nous para�t donc �tabli par l'observation et l'exp�rience que :
1� L'�tre humain peut se d�doubler en deux parties : le corps et l'�me ;
2� L'�me, en se s�parant du corps, en reproduit identiquement l'image ;
3� Les manifestations animiques sont ind�pendantes du corps physique ; pendant le d�gagement, quand l'�me est totalement ext�rioris�e, le corps n'est plus qu'une masse inerte ;
4� L'apparition peut pr�senter tous les degr�s de mat�rialit�, depuis une simple apparence jusqu'� une r�alit� concr�te qui lui permet de marcher de parler et d'agir sur la mati�re brute ;
5� La forme fluidique de l'�me peut �tre photographi�e ;
6� La forme fluidique de l'�me, durant la vie ou apr�s la mort, peut laisser des empreintes ou des moulages ;
7� Pendant la vie, l'�me peut percevoir des sensations en dehors des organes des sens ;
8� La forme fluidique reproduit non seulement l'ext�rieur, mais aussi toute la constitution interne de l'�tre ;
9� La mort n'a pas d�truit l'�me ; elle persiste avec toutes ses facult�s psychiques et avec un organisme physique, visible et impond�rable, qui poss�de � l'�tat latent toutes les lois biologiques de l'�tre humain.

LES CONS�QUENCES

Que faut-il conclure de tous ces faits ? En premier lieu, nous sommes contraints d'admettre que le corps et l'�me sont deux entit�s absolument distinctes, pouvant se s�parer, chacune d'elles offrant des caract�res non �quivoques de substantialit�. Nous devons observer encore que l'organisme physique n'est qu'une enveloppe qui devient inerte, aussit�t que le principe pensant s'en s�pare. La partie sensible, intelligente, volontaire de l'homme r�side dans le double, et se montre comme la cause de la vie psychique. D�s lors est-il rationnel d'imaginer, pour expliquer les ph�nom�nes spirites, d'autres facteurs que l'�me humaine ?
�videmment non, et toutes les th�ories qui font intervenir des �tres imaginaires : d�mons, �l�mentals, �l�mentaires, eggr�gores, id�es collectives, ne peuvent soutenir l'examen des faits, ni rendre compte des ph�nom�nes observ�s. Dans le cas o� l'esprit d'un vivant se manifeste d'une mani�re quelconque, il nous est possible de remonter de l'effet � la cause et d'en d�couvrir la raison efficiente ; c'est bien la psych� humaine, en sortie temporaire hors des limites de son organisme.
Nous savons qu'elle puise dans le corps mat�riel la force n�cessaire � ses manifestations ; que cette �me vienne � quitter d�finitivement son corps mat�riel, elle sera oblig�e de recourir � un m�dium Pour trouver chez lui cette �nergie indispensable. Ainsi s'expliquent nettement toutes les manifestations. Il y a dans ces faits qui se d�roulent en s�ries parall�les, non seulement une �vidente parent�, mais une si grande ressemblance qu'elle atteint � l'identit� ; donc la cause, en bonne logique, est n�cessairement la m�me : dans tous les cas, c'est l'�me.
On a si bien senti cette continuit� que des incr�dules, comme Hartmann, ont tent� d'expliquer tous les faits spirites par l'action incorporelle et inconsciente du m�dium. Mais les ph�nom�nes, en tr�s grand nombre, ont r�pondu victorieusement � cette assertion inexacte. Les Esprits ont r�v�l�, par des preuves irr�cusables, qu'ils avaient une personnalit� tout � fait autonome, et ind�pendante de celle des assistants. Ils ont d�montr� p�remptoirement leur survivance par une quantit� prodigieuse de communications en dehors des connaissances de tous les exp�rimentateurs[20] . Il leur a �t� possible d'�tablir leur identit� par leur signature authentique; par des r�cits qu'eux seuls pouvaient conna�tre ; par des pr�dictions concernant l'avenir, lesquelles ont �t� minutieusement accomplies ; en un mot, l'immortalit� a �t� prouv�e scientifiquement.
C'est certainement la plus importante et la plus f�conde d�couverte du XIXe si�cle. Arriver � des connaissances positives sur le lendemain de la mort, c'est r�volutionner l'humanit� tout enti�re, en donnant � la morale une base scientifique et une sanction naturelle, en dehors de tout credo dogmatique et arbitraire.
Certes, alors m�me que ces consolantes certitudes auront p�n�tr� dans les masses, l'humanit� ne sera pas brusquement chang�e ; elle ne deviendra pas subitement meilleure, mais elle poss�dera le plus puissant levier qui existe pour soulever le monceau d'erreurs accumul�es depuis six mille ans. Ses instituteurs pourront parler avec autorit� des devoirs qui incombent � tout homme venant ici-bas. Ils exposeront devant les yeux des plus r�calcitrants les destin�es futures, et cette vie d'outre-tombe, � laquelle la majorit� ne croit plus, deviendra aussi �vidente que la clart� du soleil. Alors, on comprendra que le s�jour terrestre n'est qu'une �tape dans les destin�es de l'homme ; qu'il y a quelque chose de plus utile que la satisfaction des app�tits mat�riels, et qu'il faudra, quand m�me, arriver � r�fr�ner ses passions et � dompter ses vices. Voil� les bienfaits certains que le spiritisme porte dans ses flancs.
Doctrine b�nie et �mancipatrice, puisse ton rayonnement s'�tendre bient�t sur toute la terre pour apporter la certitude � ceux qui doutent, apaiser les douleurs des c�urs bris�s par le d�part d'�tre tendrement ch�ris, et donner, � ceux qui luttent contre les �pret�s de la vie, le courage de surmonter les dures n�cessit�s de ce monde encore si barbare.

[1] Alfred Russel Wallace, les Miracles et le moderne Spiritualisme, p. 255 et suivantes.

[2] Russel Wallace, les Miracles et le moderne Spiritualisme, p. 268 et suivantes.

[3] C'est un spiritualiste de New-York, bien connu, qui n'appartient pas à la catégorie des personnes croyant aveuglément à tout ce que l'on dit être des phénomènes médianimiques ; il a fait partie de plusieurs commissions qui ont démasqué les impostures des soi-disant médiums. (Note de M. Aksakof.)

[4] Voir à la fin du livre d'Aksakof les portraits fluidiques de l'esprit de cette dame, dans différentes poses, et son portrait pendant la vie.

[5] Le Phénomène spirite. Voir pour ces expériences et celles rapportées aux deux paragraphes suivants, le chapitre intitulé: Spiritisme transcendantal.

[6] Slade était le médium ; c'est lui qui prêta plus tard son concours au Dr Gibier. Voir Le Spiritisme ou Fakirisme occidental, où ces expériences sont relatées.

[7] Revue Spirite, 1887, p. 427. Voir aussi les expériences du Dr Vizani-Scozzi avec Eusapia Paladino, Revue scientifique et morale du spiritisme, septembre et octobre 1898.

[8] Voir Animisme et Spiritisme, du savant russe, où sont consignées un grand nombre d'observation rigoureuses.

[9] L'initiation de février 1883. Voir aussi son ouvrage: Traits de lumière.

[10] Revue Spirite : Histoire de Katie King, par Mme de Laversay, mars, avril, mai, juin, juillet, août, septembre, octobre 1897.

[11] Mme d'Espérance. Au Pays de l'Ombre.

[12] Florence Marryat, There is no death (Il n'y a pas de mort).

[13] Voir Recherches sur le moderne Spiritualisme.

[14] The Spiritualist, 29 mai 1874.

[15] William Crookes, Recherches sur le Spiritualisme, fin.

[16] Animisme et Spiritisme, p. 610 et suivantes

[17] Le Spiritisme en Amérique, p. 34.

[18] Voir la thèse du Dr Dupin: le Neurone et les Hypothèses histologiques sur son mode de fonctionnement. Théorie histologique du sommeil. (Cité par le Dr Geley dans son livre l'Etre subconscient.)

[19] Voir : Un cas de dématérialisation partielle du corps d'un médium, par Aksakof. On pourra se convaincre par cette lecture que la matière dont le corps temporaire de l'Esprit est formé est puisée dans le corps matériel du médium.

[20] Aksakof. Animisme et Spiritisme, 3ème partie. Voir tous les genres de preuves que l'on possède, relativement aux manifestations. Consulter aussi nos ouvrages: le Phénomène spirite et les Recherches sur la médiumnité

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