Le Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec


CHAPITRE II
LES RECHERCHES DE M. DE ROCHAS ET DU DR LUYS


Les communications des Esprits, jointes aux r�cits des somnambules et des m�diums voyants, confirm�es par les photographies et les mat�rialisations de vivants et de d�sincarn�s, nous affirment que l'�me a toujours une forme fluidique.
L'existence de cette enveloppe de l'�me, appel�e p�risprit par les spirites, ressort de m�me avec �vidence des faits relat�s plus haut ; ce double �th�r�, ins�parable de l'esprit, existe donc dans le corps humain � l'�tat normal, et des exp�riences r�centes vont nous permettre d'�tudier exp�rimentalement ce nouvel organe.
Nous venons d'assister � l'ext�riorisation totale de l'�me humaine. Nous l'avons photographi�e dans l'espace quand elle est presque libre, et dans un �tat voisin de celui qui deviendra permanent � la mort. - Il est int�ressant de savoir par quels proc�d�s ce ph�nom�ne peut se produire. En m�me temps que cette �tude nous instruira sur le processus de la sortie astrale, elle peut nous faire acqu�rir des notions directes sur les propri�t�s du p�risprit, et ces connaissances nous seront pr�cieuses pour nous renseigner sur le genre de mati�re dont il est compos�.

RECHERCHES EXP�RIMENTALES SUR LES PROPRI�T�S DU P�RISPRIT

Un savant investigateur, M. de Rochas[1] , est parvenu � �tablir l'objectivit� de la lumi�re odique, que le baron de Reichenbach attribuait � tous les corps dont les mol�cules ont une orientation d�termin�e [2]. Il a examin� particuli�rement les effluves produits par les p�les d'un puissant �lectro-aimant - au moyen d'un sujet hypnotique - en lui faisant analyser les lumi�res qu'il voyait, au moyen du spectroscope, qui donne les longueurs d'onde caract�ristiques de chaque couleur, et en v�rifiant ses affirmations par une contre-�preuve, au moyen de la lumi�re polaris�e. Les interf�rences et les renforcements de la lumi�re ont toujours �t� conformes � ce qui doit se passer dans l'�tude d'une lumi�re r�ellement per�ue.
Il semble r�sulter de ces exp�riences, que les effluves pourraient �tre uniquement dus aux vibrations constitutionnelles des corps, se transmettant � l'�ther ambiant ; mais il faut peut-�tre aller plus loin, et admettre qu'il y a �mission, par entra�nement, d'un certain nombre de particules se d�tachant du corps lui-m�me, car les effluves ondulent comme les flammes, avec les d�placements de l'air [3] :
Le corps humain �met donc des effluves dont la coloration est variable, suivant les sujets. Les uns voient le c�t� droit du corps rouge, et le c�t� gauche violet, de m�me ils voient nuanc�s de la m�me fa�on, les jets fluidiques qui jaillissent par toutes les ouvertures de la figure. D'autres inversent ces couleurs, mais elles sont toujours dispos�es d'un mani�re semblable pour le m�me sujet, si l'exp�rience ne se prolonge pas trop. En poursuivant ses �tudes sur l'hypnose, le savant chercheur est arriv� � d�couvrir des modifications remarquables dans la mani�re dont s'exerce la sensibilit�. Jusqu'alors, on croyait que son domaine se bornait � la p�riph�rie du corps, il faut reconna�tre qu'elle peut s'ext�rioriser.
Voici ce qu'affirme M. de Rochas :
� Je vais reprendre maintenant l'�tude des modifications de la sensibilit� en me servant d'abord des indications d'un sujet A, dont les yeux ont �t� pr�alablement amen�s dans l'�tat o� ils per�oivent les effluves ext�rieurs [4] et qui examine ce qui se passe lorsque je magn�tise un sujet B., pr�sentant � l'�tat de veille une sensibilit� cutan�e normale.
� D�s que, chez celui-ci, la sensibilit� normale commence � dispara�tre, le duvet lumineux recouvrant sa peau � l'�tat de veille semble se dissoudre dans l'atmosph�re, puis repara�t au bout de quelques temps sous la forme d'un brouillard l�ger qui, peu � peu, se condense en devenant de plus en plus brillant, de mani�re � prendre en d�finitive l'apparence d'une couche tr�s mince, suivant, � trois ou quatre centim�tres en dehors de la peau, tous les contours du corps.
� Si, moi, magn�tiseur, j'agis sur cette couche d'une fa�on quelconque, B �prouve les m�mes sensations que si j'avais agi sur sa peau, et il ne sent rien, ou presque rien, si j'agis ailleurs que sur cette couche ; il ne sent rien non plus si c'est une personne non en rapport avec le magn�tiseur qui agit.
� Si je continue la magn�tisation, A voit se former autour de B une s�rie de couches �quidistantes, s�par�es par un intervalle de six � sept centim�tres (le double de la distance de la premi�re couche � la peau), et B ne sent les attouchements, les piq�res et les br�lures que sur ces couches, qui se succ�dent parfois jusqu'� deux ou trois m�tres en se p�n�trant et s'entre croisant sans se modifier, au moins d'une fa�on appr�ciable ; leur sensibilit� diminue proportionnellement � l'�loignement du corps.
� Le processus de l'ext�riorisation de la sensibilit� �tant ainsi connu, il devenait beaucoup plus facile de continuer les observations sans avoir recours au sujet voyant A. J'ai pu reconna�tre alors, par de tr�s nombreux essais, que la premi�re couche sensible ext�rieure se formait g�n�ralement dans le troisi�me �tat, que chez quelques sujets elle n'apparaissait jamais, et que chez d'autres, au contraire, elle se produisait sous l'influence de quelques passes, d�s l'�tat de cr�dulit� qui est une modification presque invisible de l'�tat de veille, ou m�me, sans aucune man�uvre hypnotique, � la suite d'une �motion, d'un trouble nerveux et peut-�tre d'une simple modification de l'�tat �lectrique de l'air.
� S'il est vrai que la sensibilit� se porte sur les couches concentriques ext�rieures, le sujet devra, en rapprochant les paumes de ses mains, percevoir la sensation du contact quand deux couches sensibles se toucheront ; c'est effectivement ce qui arrive. De plus, si on entrem�le les couches sensibles de la main droite et celles de la main gauche, de mani�re � ce qu'elles soient r�guli�rement altern�es, une flamme pass�e sur ces couches fera sentir une br�lure successivement et alternativement sur les deux mains. �

HYPOTH�SE

Quelles cons�quences devons-nous tirer de ces exp�riences si int�ressantes ?
Lorsque l'on examine le croquis repr�sentant un sujet ext�rioris�, et qu'on remarque ces couches successivement lumineuses et sombres, on est frapp� de l'analogie qui existe entre ce ph�nom�ne et celui connu en physique sous le nom de franges de Fresnel. On sait comment se fait cette exp�rience : si dans une chambre noire, on dirige sur un �cran un faisceau lumineux, l'�clairement est uniforme ; mais si un second faisceau identique au premier, tombe simultan�ment sur l'�cran, de mani�re � ce qu'ils se superposent en partie, toute la r�gion commune est sillonn�e par des bandes parall�les successivement brillantes et obscures. Ceci tient � ce que le caract�re essentiel des mouvements vibratoires est l'interf�rence, c'est-�-dire la production, par suite de la combinaison des ondes de franges de mouvements o� les vibrations sont maximum, et de franges de repos sur lesquelles le mouvement vibratoire est nul ou minimum[5] .
Dans les exp�riences de M. de Rochas, il se produit, croyons-nous, un ph�nom�ne analogue ; les maxima de sensibilit� sont dispos�s suivant les couches lumineuses, s�par�es les unes des autres par d'autres couches qui sont insensibles et obscures. Comment expliquer cet �tat de choses ?
C'est ici que l'existence du p�risprit s'accuse nettement. La force nerveuse, au lieu de se r�pandre dans l'air et de s'y dissiper, se dispose en couches concentriques au corps ; il faut donc qu'elle soit retenue par une force, car si on remarque que normalement elle s'�coule par l'extr�mit� des doigts, comme l'�lectricit� par les pointes, elle devrait se perdre dans le milieu ambiant, s'il n'existait pas une enveloppe fluidique qui la retienne � sa sortie du corps.
L'analogie permet d'assimiler la force nerveuse, dont l'existence a �t� d�montr�e par Crookes [6], aux autres forces naturelles : chaleur, lumi�re, �lectricit�, qui sont dues � des mouvements vibratoires de l'�ther, se propageant en mouvements ondulatoires dont la forme, l'amplitude et le nombre de vibrations varient par seconde, suivant la force consid�r�e. � l'�tat normal, la force nerveuse circule dans le corps en suivant ses conducteurs naturels, qui sont les nerfs, et elle arrive � la p�riph�rie par les mille ramifications nerveuses qui s'�panouissent sous la peau. Mais sous l'influence du magn�tisme, le p�risprit, suivant la nature physiologique du sujet, s'ext�riorise plus ou moins, c'est-�-dire rayonne autour de son corps, et la force nerveuse se r�pand dans l'enveloppe fluidique et s'y propage en mouvements ondulatoires.
Il est, le plus souvent, n�cessaire de faire passer le sujet dans les �tats profonds de l'hypnose, pour amener le rayonnement p�risprital, car il faut un certain temps au magn�tiseur pour neutraliser, en partie, l'action de la force vitale et permettre au double de s'ext�rioriser partiellement. Lorsque le d�gagement commence, c'est que l'�tat de rapport est �tabli, autrement dit : les ondulations nerveuses du magn�tiseur vibrent synchroniquement avec celles du sujet, � ce moment, elles interf�rent et produisent pr�cis�ment ces couches alternativement sensibles ou inertes.
En somme, l'exp�rience est peut-�tre analogue � celle de Fresnel ; dans cette hypoth�se, au lieu d'ondulations lumineuses, ce sont des ondulations nerveuses, les deux foyers lumineux sont remplac�s par le magn�tiseur et son sujet, et l'�cran est figur� par le p�risprit.
Le lieu des points o� se montrent les zones sensibles est limit� par l'expansion de la substance p�rispritale ; nous avons ainsi un moyen exp�rimental d'�tudier cette enveloppe fluidique qui s'est r�v�l�e � nous, et que l'on ne connaissait pas avant les enseignements du spiritisme.
Il nous est facile en donnant par la pens�e une extension plus grande � l'exp�rience pr�c�dente, de concevoir que l'ext�riorisation soit plus compl�te ; nous arriverons alors � comprendre comment l'�me peut sortir du corps et se manifester sous forme d'apparition ; c'est ce que M. de Rochas a v�rifi� exp�rimentalement [7] il suffit pour contr�ler cette assertion de trouver des sujets aptes � produire ce genre de ph�nom�nes, et cela n'est pas impossible, puisque le m�dium de Boulogne-sur-Mer, ainsi que les sujets du magn�tiseur Lewis et de M. de Morgan, nous en ont offert des exemples.
Nous avons vu que les fant�mes de vivants parlent, ce qui n�cessite chez eux, en plus des organes de la parole, une certaine quantit� de force vive dont la pr�sence s'accuse aussi par des d�placements d'objets mat�riels, tels que l'ouverture ou la fermeture d'une porte, l'agitation des sonnettes, etc. ; il faut donc qu'ils puisent cette force quelque part; dans les cas que nous avons examin�s, c'est dans leur corps mat�riel qu'ils l'ont probablement prise, ce qui suppose qu'ils doivent y �tre reli�s.
Allan Kardec enseigne, d'apr�s les esprits, que lorsque l'�me se d�gage, soit pendant le sommeil, soit dans les cas de bi-corpor�it�, elle est toujours r�unie � son enveloppe terrestre par un lien fluidique.
Il nous est possible de justifier cette mani�re de voir par les exp�riences suivantes :
En continuant ses �tudes, M. de Rochas remarqua que si l'on fait traverser un verre d'eau par une zone lumineuse, c'est-�-dire sensible, d'un sujet ext�rioris�, les couches qui se trouvent derri�re le verre, par rapport au corps, sont interrompues ; quant � l'eau du verre, elle s'illumine rapidement dans toute sa masse, et au bout de quelque temps, il s'en d�gage une sorte de fum�e lumineuse.
Bien plus, prenant le verre d'eau et le portant � quelque distance, il constatait qu'il restait sensible, c'est-�-dire que le sujet ressentait les attouchements faits sur l'eau, bien qu'� cette distance il n'y e�t plus trace de couches sensibles.
M. de Rochas rechercha ensuite les substances qui emmagasinent la sensibilit� ; il constata que c'�taient presque toujours les m�mes que pour les odeurs : les liquides, les corps visqueux, surtout ceux d'origine animale, comme la g�latine, la cire, l'ouate, les �toffes � structure l�che ou plucheuses, comme le velours de laine, etc.
� En r�fl�chissant, dit-il, sur ce fait que les effluves des diff�rentes parties du corps se fixaient surtout dans les points de la mati�re absorbante qui en �taient les plus rapproch�s, je fus amen� � supposer que j'aurais une localisation bien plus parfaite si je parvenais � r�unir sur certains points de la mati�re absorbante, les effluves de telles ou telles parties du corps, et � reconna�tre ces points. Comme les effluves se r�pandent d'une fa�on analogue � la lumi�re, une lentille r�duisant l'image du corps r�pondait � la premi�re partie du programme. Il ne s'agissait plus que d'avoir une mati�re absorbante sur laquelle se serait fix�e l'image r�duite ; je pensai qu'une plaque au g�latino-bromure pourrait r�ussir, surtout si elle �tait l�g�rement visqueuse.

PHOTOGRAPHIE D'UNE EXT�RIORISATION

� De l� mes essais avec un appareil photographique, essais que je vais raconter d'apr�s mon registre d'exp�riences. �
� 30 juillet 1892. - J'ai photographi� Mme Lux d'abord �veill�e, puis endormie sans �tre ext�rioris�e, ensuite endormie et ext�rioris�e, en ayant soin de me servir, dans ce dernier cas, d'une plaque que j'avais eu soin de faire s�journer quelques instants contre son corps, dans son ch�ssis, avant de la porter dans son appareil. �
� J'ai constat� qu'en piquant avec une �pingle la premi�re plaque, Mme Lux ne sentait rien ; avec la seconde, elle sentait un peu ; avec la troisi�me, elle ressentait vivement, tout cela quelques instants apr�s l'op�ration. �
� 2 ao�t 1892, - Mme Lux �tant pr�sente, j'essayai la sensibilit� des plaques qui avaient �t� impressionn�es le 30 juillet et qui avaient �t� d�velopp�es. La premi�re ne donna rien, la deuxi�me fort peu de chose, la troisi�me �tait aussi sensible que le premier jour. Voulant voir jusqu'o� irait la sensibilit� de cette troisi�me plaque, je donnai deux forts coups d'�pingle sur l'image de la main ; de mani�re � d�chirer la couche de g�latino-bromure. �
� Mme Lux, qui �tait � deux m�tres de moi et ne pouvait pas voir la partie que je piquais, tomba aussit�t en contracture en poussant des cris de douleur. J'eus assez de peine � la faire revenir � son �tat normal ; elle souffrait de la main, et, quelques secondes apr�s, je vis appara�tre sur la main droite, celle dont j'avais piqu� l'image, deux petits traits rouges dont l'emplacement correspondait aux piq�res. Le Dr P. qui assistait � l'exp�rience, constata que l'�piderme n'�tait pas entam� et que les rougeurs �taient dans la peau. Je constatai, en outre, que la couche de g�latino-bromure (qui �tait beaucoup plus sensible que la plaque qui la supportait) �mettait des radiations avec des maxima et des minima comme le sujet lui-m�me ; ces radiations ne se pr�sentaient presque pas de l'autre c�t� de la plaque. �
Arr�tons ici notre citation : elle nous permet de constater qu'il y a une relation �tablie d'une mani�re continue entre Mme Lux et sa photographie ext�rioris�es. Du 30 juillet au 2 ao�t, malgr� l'�loignement prolong� du sujet, le lien ne s'est pas rompu, et toute action produite sur la photographie se transporte sur le corps, de mani�re � laisser des traces visibles. Il est donc l�gitime de supposer que la liaison est encore plus intime lorsque c'est le p�risprit, lui-m�me, qui est tout � fait ext�rioris�, quelle que soit la distance qui le s�pare du corps physique.
Les exp�riences de M. de Rochas ont �t� v�rifi�es par le Dr Luys � la Charit� [8] et par le Dr Paul Joire, qui avait signal� d�j� cette ext�riorisation dans son trait� d'hypnologie publi� en 1892. Tout derni�rement [9] il a pu constater que l'ext�riorisation de la sensibilit� est un ph�nom�ne r�el qui ne d�pend nullement de la suggestion orale, comme avait voulu l'insinuer le Dr Mavroukakis, pas plus que d'une suggestion mentale, car si l'op�rateur est s�par� du sujet par quatre ou cinq personnes qui se tiennent, il y a retard r�gulier et progressif dans la sensation �prouv�e par l'hypnotis�, ce qui n'aurait �videmment pas lieu si cette sensation �tait produite par une suggestion mentale de l'op�rateur.

R�PERCUSSION DE L'ACTION DU P�RISPRIT D�GAG� SUR LE CORPS

Le magn�tiseur Cahagnet, comme nous l'avons vu, croyait fermement � la possibilit� du d�gagement de l'�me. Il rapporte, sans pouvoir l'expliquer, une exp�rience qui doit tenir � une action mat�rielle exerc�e sur le p�risprit, compliqu�e probablement d'autosuggestion. Voici le fait[10] .
Un M. Lucas, de Rambouillet, �tait fort inquiet sur le sort d'un beau-fr�re qui disparut du pays une douzaine d'ann�es auparavant, � la suite d'une discussion avec son p�re. M. Lucas r�solut d'avoir recours � la lucidit� d'Ad�le Maginot pour savoir si ce beau-fr�re �tait encore vivant. La lucide vit cet homme et le d�crivit de mani�re � le faire reconna�tre de sa m�re et de son beau-fr�re. Mais voici o� l'exp�rience se complique. Nous citons textuellement :
� Ce qui ne contribua pas moins � �tonner cette brave femme, ainsi que M. Lucas et les personnes pr�sentes � cette curieuse s�ance, ce fut de voir Ad�le qui, pour s'abriter des rayons ardents du soleil de ces contr�es, mettait ses mains devant le c�t� gauche de sa figure en paraissant �touffer de chaleur ; mais le plus merveilleux de cette sc�ne fut qu'elle re�ut un violent coup de soleil qui lui rendit tout le c�t� de la figure, depuis le front jusqu'� l'�paule, d'un rouge bleu, quand l'autre c�t� resta d'un blanc mat ; ce ne fut que 24 h. plus tard que cette couleur fonc�e commen�a � dispara�tre. La chaleur �tait si violente dans ce moment qu'on ne pouvait y tenir la main. �tait pr�sent M. Haranger-Pirlat, ancien magn�tiseur, honorablement connu depuis 30 ans dans le monde magn�tique. �
Il est certain pour ceux qui ont connu Cahagnet qu'il �tait tout � fait incapable de mentir. Nous pouvons donc admettre son r�cit, confirm� par un t�moignage honorable.
Pour expliquer ce cas, nous croyons que l'id�e de la chaleur intense du soleil du Br�sil a pu suggestionner fortement le sujet, dont le p�risprit �tait peut-�tre assez peu d�mat�rialis� pour �tre encore sensible aux radiations calorifiques. Il y a donc eu, croyons-nous, r�percussion sur le corps mat�riel de l'action physique du soleil, facilit�e, et probablement augment�e, par l'autosuggestion, d�autant plus que dans ce pays la chaleur est torride.
Le fait de transport de l'alt�ration du p�risprit au corps physique a �t� observ� assez souvent pour que nous en concevions bien le m�canisme [11].
On est parvenu � s'en rendre compte exp�rimentalement, comme nous allons le faire voir.
M. Aksakof, dans une exp�rience faite � Saint-P�tersbourg en compagnie du c�l�bre m�dium Kate Fox, put constater un transport de noir de fum�e, de la main fluidique du m�dium au bout de ses doigts mat�riels. Ceux-ci n'avaient pas boug�, car le savant russe avait fait placer les mains de Mme Fox sur une plaque lumineuse, de mani�re � bien s'assurer de leur immobilit� et, par surcro�t de pr�caution, il avait plac� ses propres mains sur celles du m�dium.
On voit donc qu'il y a mieux que des pr�somptions pour �tablir la solidarit� du corps et de son double fluidique. Dans son trait� de Magie Pratique[12] , Papus rapporte le cas d'un officier russe qui, en proie � l'obsession d'une individualit� incarn�e, fondit le sabre haut sur l'apparition, et lui fendit la t�te. La blessure faite au p�risprit se reproduisit sur la femme qui �tait la cause du ph�nom�ne, et elle mourut le lendemain des suites de ce coup de sabre, re�u par son corps fluidique.
Dassier cite plusieurs exemples semblables emprunt�s aux archives judiciaires de l'Angleterre[13] . Une certaine Jeanne Broocks, en se d�doublant, causait force m�faits chez ceux auxquels elle en voulait. S'�tant attaqu�e � un enfant, celui-ci d�p�rit rapidement, et l'on ne savait � quelle cause attribuer le mal, lorsque le petit malade dit en d�signant un endroit du mur : � C'est Jeanne Broocks qui est l� ! � Un assistant ayant donn� un coup de couteau � la place indiqu�e, l'enfant pr�tendit que la femme �tait bless�e � la main. On se rendit � la maison de la sorci�re et l'on constata qu'elle �tait effectivement bless�e, comme l'enfant l'avait indiqu�.
Dans des circonstances � peu pr�s semblables, une autre femme, Julianne Cox, fut bless�e � sa jambe fluidique par la jeune fille qu'elle obs�dait, et lorsqu'on se transporta chez elle, on put reconna�tre que la plaie de la jambe charnelle s'adaptait exactement � la lame du couteau qui avait atteint le double fluidique.
Remarquons la derni�re phrase de M. de Rochas : � L'image de Mme Lux �mettait des radiations avec des minima et des maxima. � Or, comme ces radiations sont invisibles pour l��il ordinaire, nous prenons acte qu'il est possible de photographier de la mati�re invisible. Ceci peut servir � comprendre la photographie des esprits.

ACTION DES M�DICAMENTS � DISTANCE

Il nous est possible de mettre encore en �vidence, par une autre s�rie de preuves, l'existence du p�risprit chez l'homme. C'est en examinant les effets produits sur certains sujets hypnotiques, en approchant de leur corps des substances enferm�es dans des flacons soigneusement bouch�s.
Les faits expos�s par MM. Bourru et Burot[14] �chappent � toute explication scientifique, par la bonne raison que, ne connaissant pas le p�risprit et ses propri�t�s, il �tait impossible aux savants de comprendre le genre d'action qui s'exerce dans ce cas. Gr�ce aux exp�riences de M. de Rochas, en faisant intervenir le p�risprit ext�rioris�, il devient plus facile de s'expliquer ces ph�nom�nes.
Apr�s avoir pris toutes les pr�cautions pour �viter la simulation ou les suggestions, ces observateurs ont constat� la r�alit� des faits suivants :
La boule d'un thermom�tre, tenue � une distance de dix � quinze centim�tres du sujet endormi, produisait une sensation de douleur tr�s vive, des convulsions et une attraction du bras. Un cristal d'iodure de potassium d�terminait des �ternuements. L'opium a fait dormir. Un flacon de jaborandi amenait la salivation et la sueur. Les m�mes exp�riences continu�es avec la val�riane, la cantharide, l'apomorphine, l'ip�cacuanha, l'�m�tique, la scammon�e, les alcools, ont donn� des r�sultats pr�cis et concordants. Chacun de ces m�dicaments, plac� simplement pr�s de la t�te, et sans contact, produisait l'effet en rapport avec sa nature, c'est-�-dire une v�ritable action physiologique, comme si le sujet l'avait introduit dans son organisme.
On a essay� aussi l'action des poisons dilu�s dans l'eau et l'on a constat� les m�mes sympt�mes que si le patient les avait pris par les voies ordinaires. Le laurier-cerise a d�termin� une crise d'extase chez une femme juive, qui crut voir la Vierge Marie.
Le docteur Luys, d'abord fort sceptique, fut ensuite convaincu. Il rapporte que dix grammes de cognac contenus dans un tube scell� � la lampe et approch� de la t�te du sujet hypnotis�, d�terminent l'ivresse au bout de dix minutes. Dix grammes d'eau, toujours dans un tube scell�, produisent, au bout de quelques minutes, la constriction de la gorge, la raideur du cou et les sympt�mes de l'hydrophobie. Quatre grammes d'essence de thym, enferm�s de la m�me mani�re et pr�sent�s sur le devant du cou d'une femme hypnotis�e, bouleversent en elle la circulation, font saillir les yeux hors de l'orbite, gonflent le cou de la malade d'une mani�re effrayante, et d�terminent, dans l'innervation circulatoire du cou, de la face et des muscles inspirateurs, un trouble croissant accompagn� d'un bruit de cornage � caract�re sinistre qui effraye l'exp�rimentateur, et le force � s'arr�ter, pour �viter des accidents foudroyants [15].
� En pr�sence de manifestations tangibles si nettes, �crit le docteur Luys, si pr�cises, dont j'ai �t� si fr�quemment t�moin, en pr�sence de ces cas si surprenants de retentissement des actions � distance sur l'innervation visc�rale chez les sujets, chez lesquels je d�terminai la naus�e, puis des vomissements, en leur pr�sentant un tube contenant de la poudre d'ip�ca, et des envies d'aller � la garde-robe que j'ai vu survenir en leur pla�ant sur le cou un tube contenant vingt grammes d'huile de ricin, je n'h�site pas � reconna�tre que nous assistons l� � une s�rie de ph�nom�nes �tranges qui se d�veloppent en dehors des lois naturelles, de leur �volution normale, et qui d�routent tout ce que nous croyons savoir sur l'action des corps. Mais ils existent, ils s'imposent � l'observation, et t�t ou tard ils serviront de point de d�part pour l'explication d'un grand nombre de ph�nom�nes �tranges de la vie nerveuse [16]. �
Sans aucun doute, ces faits sont �tranges, mais leur explication n'est pas impossible, maintenant que l'ext�riorisation du p�risprit et du fluide nerveux est un ph�nom�ne d�montr�. Dans une exp�rience de M. de Rochas, nous avons constat� que l'eau accumule la sensibilit�, et qu'en agissant sur cette eau, on transmet au corps des sensations ; nous pouvons comprendre que d'autres liquides soient dans le m�me cas, mais alors les sensations ressenties seront en rapport avec les propri�t�s de ces liquides, et l'on pourra constater chez le sujet les m�mes sympt�mes que s'ils avaient �t� ing�r�s naturellement.
Dans les exp�riences pr�c�dentes, les substances �taient enferm�es dans des flacons bouch�s � l'�meri ou scell�s � la lampe, mais le fluide p�risprital p�n�tre tous les corps, et le fluide nerveux un grand nombre ; on n'a donc remarqu� des ph�nom�nes que lorsque le m�dicament en exp�rience �tait capable d'�tre assimil�, dans sa partie volatile, par la force nerveuse.

[1] De Rochas, Extériorisation de la Sensibilité.

[2] Voir la Revue Scientifique du 25 décembre 1897. - M Russel a fait savoir à la Société royale de Londres que certains métaux impressionnent la plaque photographique, dans l'obscurité, même à travers une couche de vernis copal ou une feuille de celluloïd.

[3] Cet entraînement de particules se produit évidemment dans les liquides, on le nomme évaporation. MM. Fusiéri, Bizio et Zantédeschi ont établi la réalité du même fait pour les corps solides, ils ont donné à ce phénomène le nom de sublimation lente. Dr Fugairon. Essai sur les phénomènes électriques des êtres vivants, p. 17.

[4] M.Luys a fait constater, au moyen de l'ophtalmoscope : que le fond de l'�il du sujet hypnotisé présente un phénomène d'éréthisme vasculaire extraphysiologique, et que les vaisseaux sanguins y ont presque triplé de volume .

[5] Pour bien comprendre le phénomène, il faut se faire une idée précise de ce que l'on appelle une onde lumineuse. Lorsqu'une pierre tombe dans l'eau, on observe qu'elle fait une sorte de trou ; ensuite qu'il se produit immédiatement autour une série de cercles concentriques, qui vont sans cesse en s'élargissant. Ces cercles sont formés par de petits renflements du liquide, et l'espace entre deux de ces cercles est caractérisé par une petite dépression. En regardant attentivement la surface, on voit, en condensées les bourrelets liquides, et ondes dilatées les cavités; l'ensemble constitue une onde complète. On remarque aussi que la vitesse de propagation des ondes est constante, et que ces ondes sont périodiques. Si, au lieu d'une pierre, on en laisse tomber deux, à une petite distance l'une de l'autre, on voit les cercles se croiser; chaque point de croisement recevra simultanément deux sortes de mouvements : l'un apporté par le premier système d'onde, l'autre par le second. Si ces deux mouvements sont de même sens, ils s'ajoutent et forment une frange de mouvement ; s'ils sont de sens contraire, ils se détruisent et font une frange de repos. On dit, dans les deux cas, qu'il y a interférence. Ces lois sont les mêmes pour le son et la lumière, sauf que les ondulations sont transversales et se développent en sphères. Il résulte de ces faits cette conclusion curieuse que du son ajouté à du son produit du silence, et de la lumière ajoutée à de la lumière produit de l'obscurité, de la même manière que deux forces égales et de sens contraire s'équilibrent.

[6] Voir le détail de ces expériences dans notre livre le Phénomène spirite, p. 65-76.

[7] Voir Revue Spirite, novembre 1894. Photographie par M. de Rochas et le Dr Barlémont du corps d'un médium et de son double, momentanément séparés.

[8] Dr Dupouy, Sciences occultes et Physiologie psychique, p. 85.

[9] Annales des Sciences Psychiques. Dr Paul Joire, De l'extériorisation de la sensibilité (numéro de novembre-décembre 1897, p. 341).

[10] Cahagnet, Arcanes de la vie future dévoilés, t. II, p. 54 et suivantes.

[11] Aksakof. Animisme et Spiritisme, p. 125.

[12] Papus, Traité élémentaire de Magie pratique, p. 184 et suivantes.

[13] Dassier, l'Humanité posthume, p. 64 et suivantes.

[14] Bourru et Burot. La Suggestion mentale et l'action à distance des substances toxiques et médicamenteuses, Paris, 1887.

[15] Elie Méric. Le Merveilleux et la Science.

[16] Dr Luys. Phénomènes produits par l'action des médicaments à distance.

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