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Une science n'est v�ritablement constitu�e que lorsqu'elle peut v�rifier exp�rimentalement les hypoth�ses qui lui sont sugg�r�es par les faits. Le spiritisme a droit au nom de science, parce qu'il ne s'est pas born� � la simple observation des ph�nom�nes naturels qui �tablissent l'existence de l'�me pendant l'incarnation terrestre et apr�s la mort. Il a employ� tous les proc�d�s pour arriver � la d�monstration de ses th�ories, et l'on peut dire que le magn�tisme et la science pure lui ont �t� de puissants auxiliaires pour �tablir la justesse de ses enseignements.
Les exemples nombreux qui existent � pr�sent du d�doublement de l'�me, montrent que l'on doit pouvoir reproduire exp�rimentalement ces ph�nom�nes ; aussi des recherches nombreuses ont �t� faites dans cette voie et couronn�es de succ�s. On a donn� le nom d'animisme � l'action extra-corporelle de l'�me, mais cette distinction est purement nominale, ces manifestations �tant toujours identiques, soit pendant la vie, soit apr�s la mort.
En effet, l'action de l'�me en dehors des limites de son corps ne se traduit pas seulement par des ph�nom�nes de transmission de pens�e ou d'apparitions, elle peut encore s'accuser par des d�placements d'objets mat�riels qui t�moignent de sa pr�sence. Alors les assistants se trouvent en face des m�mes faits que ceux produits par l'�me d�sincarn�e.
C'est une remarque de la plus haute importance et � laquelle on ne s'est pas suffisamment attach�. Si, vraiment, l'esprit d'un homme qui vit sur la terre, sorti momentan�ment de son enveloppe corporelle, peut faire mouvoir une table de mani�re � dicter une communication par un alphabet conventionnel ; si l'esprit d'un incarn� est capable d'agir sur un m�dium �crivain pour lui transmettre sa pens�e ; si l'esprit d'un habitant de la terre peut �tre photographi� � une grande distance de son corps ; si, enfin, il est possible d'obtenir un moulage de la personnalit� ext�rioris�e de cet individu, il est superflu d'attribuer ces m�mes ph�nom�nes � d'autres facteurs que l'�me d�sincarn�e, lorsqu'on les observe dans les manifestations spirites, c'est-�-dire dans celles o� toute intervention d'un �tre vivant est impossible suivant la m�thode scientifique, toutes les fois que les effets d'une cause ont �t� bien d�finis, il suffit ensuite de constater les m�mes effets pour �tre certain que la cause n'a pas chang�.
Dans l'�tude des ph�nom�nes de spiritisme, on doit appliquer la m�me r�gle. Puisque l'�me humaine poss�de le pouvoir d'agir en dehors de son corps, c'est-�-dire quand elle est dans l'espace, il est logique d'admettre que sa puissance est la m�me apr�s la mort, si elle survit int�gralement, et si elle est en communication avec un organisme vivant, analogue � celui qu'elle poss�dait. Or nous savons, par des t�moignages authentiques, qu'elle conserve un corps r�el, mais fluidique, qu'elle n�a rien perdu de ses facult�s, puisqu'elle les exerce comme jadis; donc si les faits observ�s de l'animisme sont tout � fait semblables � ceux du spiritisme, c'est que la cause est la m�me, c'est-�-dire l��me incarn�e en nous.
Cette relation de cause � effet, que nous signalions dans les cas de t�l�pathie, nous allons la cr�er volontairement, de sorte qu'il ne sera plus possible d'attribuer au hasard ou � des co�ncidences fortuites les ph�nom�nes que nous produirons. En un mot, nous proc�derons exp�rimentalement en vue d� obtenir des r�sultats d�sign�s � l'avance. Si ces pr�visions se r�alisent, C'est que les hypoth�ses d'apr�s lesquelles ces recherches ont �t� institu�es sont exactes.
Voyons donc les exp�riences qui ne permettent plus de doutes sur la possibilit� pour l'�me de sortir de son enveloppe corporelle ; elles sont multiples et vari�es, comme nous allons le constater.
Revenons un instant aux Phantasms of the living pour leur emprunter le r�cit suivant, o� la manifestation est cons�cutive � la volont� d'appara�tre en un endroit d�termin�.
Ce cas [1] est int�ressant, parce que deux personnes ont vu l'apparition volontaire de l'agent ; le r�cit a �t� copi� dans un manuscrit de M. S. H. B. ; il l'avait lui-m�me transcrit d'un journal, sur lequel il relatait les �v�nements qui lui survenaient quotidiennement.
� Un certain dimanche du mois de novembre 1881, vers le soir, je venais de lire un livre o� l'on parlait de la grande puissance que la volont� humaine peut exercer. Je r�solus, avec toute la force de mon �tre, d'appara�tre dans la chambre � coucher du devant, au second �tage d'une maison situ�e 22, Hogarth Road, Kensington. Dans cette chambre couchaient deux personnes de ma connaissance : Mlle L. S. V... et Mlle C. E. V.... �g�es de vingt-cinq et de onze ans. Je demeurais, � ce moment, 23, Kildare Gardens, � une distance de trois milles � peu pr�s de Hogarth Road, et je n'avais parl� de l'exp�rience que j'allais tenter � aucune de ces deux personnes, pour la raison bien simple que l'id�e de cette exp�rience me vint ce dimanche soir, en allant me coucher. Je voulais appara�tre � une heure du matin, tr�s d�cid� � manifester ma pr�sence.
� Le jeudi suivant, j'allai voir ces dames, et, au cours de notre conversation (et sans que j'eusse fait aucune allusion � ce que j'avais tent�), l'a�n�e me raconta l'incident suivant :
� Le dimanche pr�c�dent, dans la nuit, elle m'avait aper�u debout pr�s de son lit et en avait �t� tr�s effray�e, et, lorsque l'apparition s'avan�a vers elle, elle cria et �veilla sa petite s�ur qui me vit aussi. �
� Je lui demandai si elle �tait bien r�veill�e � ce moment, elle m'affirma tr�s nettement qu'elle l'�tait. Lorsque je lui demandai � quelle heure cela s'�tait pass�, elle me r�pondit que c'�tait vers une heure du matin. �
� Sur ma demande, cette dame �crivit un r�cit de l'�v�nement et le signa. �
� C'�tait la premi�re fois que je tentais une exp�rience de ce genre, et son plein et entier succ�s me frappa beaucoup. �
� Ce n'est pas seulement ma volont� que j'avais fortement tendue, j'avais aussi fait un effort d'une nature sp�ciale, qu'il m'est impossible de d�crire. J'avais conscience d'une influence myst�rieuse qui circulait dans mon corps, et j'avais l'impression distincte d'exercer une force que je n'avais pas encore connue jusqu'ici, mais que je peux maintenant mettre en action � certains moments, lorsque je le veux. �
�S. - H. B ... �
M. B... ajoute :
� Je me souviens d'avoir �crit la note qui figure dans mon journal, � peu pr�s une semaine apr�s l'�v�nement, et pendant que le souvenir que j'en avais �tait encore tr�s frais. �
Voici comment Mlle V�rity raconte l'�v�nement :
Le 28 janvier 1883.
� Il y a � peu pr�s un an qu'un dimanche soir, � notre maison de Hogarth Road, Kensington, je vis distinctement M. B... dans ma chambre, vers une heure du matin. J'�tais tout � fait r�veill�e et fort effray�e ; mes cris r�veill�rent ma s�ur qui vit aussi l'apparition. Trois jours apr�s, lorsque je rencontrai M. B... je lui racontai ce qui �tait arriv�. Je ne me remis qu'au bout de quelque temps du coup que j'avais re�u, et j'en garde un souvenir si vif qu'il ne peut s'effacer de ma m�moire.
� L. - S. V�rity. �
En r�ponse � nos questions, Mlle V�rity ajoute :
� Je n'avais jamais eu aucune hallucination. �
Plusieurs circonstances de ce r�cit sont tout � fait caract�ristiques, et vont nous permettre d'asseoir notre opinion.
En premier lieu, il est bon d'observer que Mlle V�rity n'est pas un sujet magn�tique, qu'elle n'a jamais eu d'hallucinations, et que sa sant� est normale. L'apparition se montre � elle avec tous les caract�res de la r�alit� ; elle est si persuad�e de la pr�sence physique de M. B... dans sa chambre qu'elle pousse un cri, lorsqu'elle le voit s'avancer vers son lit ; elle constate donc que le fant�me se d�place par rapport aux objets environnants, ce qui n'aurait pas lieu si sa vision �tait int�rieure. � ce moment, sa s�ur s'�veille, et voit aussi l'apparition.
Si l'on peut supposer, ce qui est d�j� difficile, �tant donn�es les circonstances, une hallucination de Mlle V�rity, il est tout � fait improbable que la petite s�ur f�t aussi, en se r�veillant, imm�diatement illusionn�es. Dans la vie ordinaire, il ne suffit pas de dire � quelqu'un : voici M. un tel, pour qu'une hallucination se produise aussit�t. Donc, puisque l'image de M. B... se d�place, qu'elle est per�ue simultan�ment par les deux s�urs, c'est qu'elle a une existence objective, qu'elle se trouve r�ellement dans la chambre.
Quelles cons�quences tirer de cette pr�sence effective ?
L'hallucination �tant �cart�e comme cause du ph�nom�ne, il nous faut admettre que M. B... s'est d�doubl�, c'est-�-dire que pendant que son corps physique restait chez lui, son �me s'est transport�e dans l'appartement de Hogarth Road, et a pu se mat�rialiser suffisamment, pour donner aux deux jeunes filles l'impression que c'�tait M. B... lui-m�me. Nous remarquerons que l'�me, dans cet �tat, reproduit identiquement la physionomie, la taille, les allures de l'�tre vivant. De plus, la distance qui s�pare le corps de son principe intelligent ne para�t influer en rien sur le ph�nom�ne. Nous avons constat� que ces observations sont g�n�rales et s'appliquent � tous les cas spontan�s que l'on a observ�s.
L'agent, ici, a pu se d�doubler volontairement. Dans le cas suivant, nous allons constater qu'il a besoin du secours d'autrui pour arriver au m�me r�sultat.
EFFETS PHYSIQUES PRODUITS PAR DES ESPRITS DE VIVANTS
Voici une autre exp�rience dans laquelle le double a pu t�moigner de sa pr�sence par une action physique. Il est d� � Mme de Morgan, la femme du professeur auquel on doit le livre : From matter to spirit (La mati�re et l'Esprit)[2] .
Elle avait eu l'occasion de traiter fr�quemment par le magn�tisme une jeune fille, et plusieurs fois elle mit � profit sa facult� de clairvoyance pour la faire aller, en esprit, � diff�rents endroits. Un jour, elle eut le d�sir que le sujet se rend�t dans la maison qu'elle habitait : � Bien, dit la jeune fille, m'y voici, j'ai frapp� avec force contre la porte �. Le lendemain, Mme Morgan s'informa de ce qui s'�tait pass� dans sa maison au m�me moment. �Plusieurs m�chants enfants, lui r�pondit-on, �taient venus cogner contre la porte, et puis s'�taient sauv�s. �
Dans un autre cas, l'esprit vivant qui produit la manifestation tangible est vu par un des assistants. Ce r�cit est d� � M. Desmond Fitzgerald, ing�nieur [3]. Il raconte qu'un n�gre appel� H. E. Lewis poss�dait une tr�s grande force magn�tique, dont il faisait la d�monstration dans des r�unions publiques. � Blackheath, en f�vrier 1856, dans une de ces s�ances, il magn�tisa une jeune fille qu'il n'avait jamais vue. Apr�s l'avoir plong�e dans un profond sommeil, il lui enjoignit d'aller chez elle, et de rendre compte au public de ce qu'elle y verrait. Elle raconta alors qu'elle voyait la cuisine, qu'il s'y trouvait deux personnes occup�es aux besognes domestiques.
Lewis lui commanda alors de toucher une de ces deux personnes. La jeune fille se mit � rire et dit : � Je l'ai touch�e, comme elles sont effray�es ! � S'adressant au public, Lewis demanda si quelqu'un connaissait la jeune personne. Ayant re�u une r�ponse affirmative, il proposa qu'une d�putation all�t au domicile du sujet. Plusieurs personnes s'y rendirent et lorsqu'elles furent de retour, elles confirm�rent en tous points ce que la jeune fille endormie avait racont�. La maisonn�e �tait en effet sens dessus dessous et dans une profonde excitation, parce qu'une des personnes qui se trouvait dans la cuisine avait d�clar� avoir vu un fant�me et que celui-ci lui avait touch� l'�paule.
On peut rapprocher de cette observation celle du Dr Kerner, dans laquelle le double de la somnambule Suzanne B... est apparu au Dr Rufi, et a �teint sa bougie.
Voici des coups frapp�es qui ont une analogie compl�te avec ceux dus aux Esprits [4].
Une Mme Lauriston, de Londres, � sa s�ur qui habite Southampton. Un soir que cette derni�re travaillait dans sa chambre, elle entendit trois coups contre la porte : � Entrez �, dit cette dame. Personne n'entra : mais le bruit s'�tant r�p�t�, elle se leva et ouvrit la porte, il n'y avait personne. Mme Lauriston, qui avait �t� fort gravement malade, en revenant � elle, raconta que, prise d'un ardent d�sir de revoir sa s�ur avant de mourir, elle avait r�v� qu'elle �tait all�e � Southampton, qu'elle avait frapp� � la porte de la chambre, puis qu'apr�s qu'elle eut frapp� une seconde fois, sa s�ur s'�tait montr�e dans la porte, mais que l'impossibilit� dans laquelle elle se trouvait de lui parler l'avait tellement �mue qu'elle revint � elle.
Il nous faudrait plus de place que celle dont nous pouvons disposer, pour exposer les nombreux t�moignages que l'on poss�de au sujet d'actions physiques exerc�es par l'�me des mourants, pour se rappeler au souvenir de parents ou d'amis �loign�s. On peut consulter � cet �gard les ouvrages de Perty : Action � distance des mourants et le Spiritualisme moderne. Les Proceedings de la Soci�t� de recherches psychiques et les Phantasms of the living en relatent une multitude. Nous n'insisterons donc pas sur ces ph�nom�nes absolument hors de doute[5].
Les faits que nous avons relat�s jusqu'ici �tablissent la r�alit� des fant�mes de vivants, c'est-�-dire la possibilit�, dans certains cas, du d�doublement de l'�tre humain. Cette apparition reproduit dans tous ses d�tails le corps physique, elle peut aussi manifester sa r�alit� par des d�placements d'objets mat�riels, et par la parole. Nous avons expos� les raisons pour lesquelles l'hypoth�se de l'hallucination t�l�pathique n'est pas toujours recevable, et si elles n'ont pas convaincu tous les lecteurs, nous esp�rons que les faits qui suivent suffiront pour montrer, avec une rigueur v�ritablement scientifique, que c'est bien l'�me qui est la cause efficiente de tous ces ph�nom�nes.
Toutes les objections tombent d'elles-m�mes devant la photographie de l'esprit en dehors de son corps. Dans ce cas, plus d'illusion possible; la plaque photographique est un t�moin irr�futable de la r�alit� du ph�nom�ne, et il faudrait un parti pris bien enracin�, pour nier l'existence du p�risprit. Voici plusieurs exemples que nous empruntons � M. Aksakof [6].
M. Humber, spiritualiste tr�s connu, photographiait un jeune m�dium, M. Herrod, dormant sur une chaise, en �tat de transe. On vit sur le portrait, derri�re le m�dium, l'image astrale de sa propre personne (c'est-�-dire de son p�risprit) se tenant debout, presque de profil, la t�te un peu inclin�e vers le sujet.
Un second cas de photographie d'un double est constat� par le juge Carter, dans sa lettre au Banner of Light, du 31 juillet 1875, et reproduite dans Human Nature, de 1875, pages 424 et 425. Enfin, un troisi�me cas de photographie d'un double est signal� par M. Glandinning, dans le Spiritualist n� 234. (Londres, 15 f�vrier 1877, page 76.) Le double du m�dium �tait rest� � une place occup�e par ce dernier, quelques minutes auparavant.
Le Borderland du mois d'avril 1896, page 175, contient un article de W. T. Stead sur une photographie de l'esprit d'un vivant.
Voici ce r�cit r�sum�.
Mme A... est dou�e de la facult� de se d�doubler et de se pr�senter � une grande distance, avec tous les attributs de sa personnalit�. M. Z... lui proposa de photographier son double et convint avec elle qu'elle s'enfermerait dans sa chambre entre 10 et 11 heures, puis qu'elle s'efforcerait d'appara�tre chez lui, dans son cabinet.
La tentative �choua, ou du moins, si M. Z... sentit l'influence de Mme A... il ne se servit pas de son appareil photographique, dans la crainte de ne rien obtenir. Mme A... consentit � recommencer le lendemain, et comme elle �tait indispos�e, elle se coucha et s'endormit. M. Z... vit entrer le double dans son cabinet � l'heure convenue et lui demanda la permission de la photographier, puis de couper de ses cheveux pour mettre hors de doute sa pr�sence effective. L'op�ration faite et la m�che coup�e, il se retira dans la chambre noire pour d�velopper la photographie.
Il y �tait � peine depuis une minute, lorsqu'il entendit un grand craquement qui le fit accourir. En entrant dans le cabinet, il s'y rencontra avec sa femme qui �tait mont�e vivement en entendant le bruit. Le double avait disparu. Mais l'�cran qui avait servi comme fond pendant l'exposition avait �t� arrach� de son support, d�chir� en deux et jet� sur le sol. Mme A... qui �tait couch�e dans son lit, n'avait pas, � son r�veil, la moindre id�e de ce qui �tait arriv�. La photographie de son double existe, et M. Stead en poss�de le n�gatif. Le souvenir de ce qui s'est pass� pendant le d�gagement de l'�me est oubli� en revenant � l'�tat normal. Voici un autre cas o� la m�moire est conserv�e.
Nous verrons que la pens�e est une force cr�atrice et d�s lors on pourrait imaginer que ces photographies sont le r�sultat d'une pens�e ext�rioris�e du sujet. Voici une exp�rience qui �tablit que cette hypoth�se n'est pas exacte, puisque le double n'est pas une simple image, mais un �tre qui agit sur la mati�re.
AUTRES PHOTOGRAPHIES DE DOUBLES
Dans son livre sur l'iconographie de l'invisible[7] , le docteur Baraduc, � la page 122 (Explications XXIV bis), reproduit une photographie obtenue par t�l�pathie entre M. Istrati et M. Hasdeu, de Bucarest, directeur de l'enseignement en Roumanie. Voici, textuellement, comment elle fut obtenue :
� Le docteur Istrati se rendant � Campana, il est convenu qu'il doit � date fixe, appara�tre � Bucarest sur une plaque du savant roumain, � une distance d'environ Paris-Calais. �
� Le 4 ao�t 1893, le Dr Hasdeu �voque l'esprit de son ami en se couchant, un appareil au pied, l'autre � la t�te de son lit. �
� Apr�s une pri�re � l'ange protecteur, le Dr Istrati s'endort � Campana, en voulant, avec toute sa force de volont�, appara�tre dans un appareil de M Hasdeu. Au r�veil le docteur s'�crie : � Je suis s�r que je suis apparu dans l'appareil de M. Hasdeu, comme une petite figurine, car je l'ai r�v� tr�s clairement. �
� Il �crit au professeur P... qui va lettre en main et trouve M. Hasdeu en train de d�velopper �.
� Je copie textuellement la lettre de M. Hasdeu � M. de R., qui me l'a communiqu�e : �
� Sur la plaque A., on voit trois essais, dont l'un, celui que j'ai not� au dos avec une croix, est extr�mement r�ussi. On y voit le docteur regarder attentivement dans l'obturateur de l'appareil dont l'extr�mit� en bronze est illumin�e par la lumi�re propre de l'esprit. �
� M. Istrati revient � Bucarest et reste tout �tonn� devant son profil physionomique ; son image fluidique est tr�s caract�ristique, en ce sens qu'elle l'exprime plus exactement que son profil photographique. La r�duction du portrait et la photographie t�l�pathique sont tr�s ressemblants. �
Pour terminer, nous rappellerons que M. le capitaine Volpi a pu, lui aussi, obtenir la photographie du double d'une personne vivante, en allant se faire photographier[8] . L'image astrale est tr�s visible et pr�sente des caract�res particuliers, qui ne permettent pas de mettre en doute son authenticit�.
MAT�RIALISATION D'UN D�DOUBLEMENT
Le point culminant de l'exp�rimentation, en ce qui regarde le d�doublement, a �t� obtenu avec le m�dium Eglinton. Un comit� de chercheurs dont faisaient partie le Dr Carter Blake et MM. Desmond, G. Fitz-Gerald, M. S. Tel E., ing�nieurs t�l�graphistes, affirme que le 28 avril 1876, � Londres, ils obtinrent un moule en paraffine, reproduisant exactement le pied droit du m�dium, qui n'avait pas une fois �t� perdu de vue par quatre des assistants.
Voici l'attestation de la r�alit� de ce ph�nom�ne, parue dans le Spiritualist de 1876, page 300.
� D�doublement du corps humain. Le moule en paraffine d'un pied droit mat�rialis�, obtenu � une s�ance, Great Russell street, 38, avec le m�dium Eglinton, dont le pied droit est visible pendant toute la dur�e de l'exp�rience, pour les observateurs plac�s en dehors du cabinet, s'est trouv� �tre la reproduction exacte du pied de M. Eglinton, ainsi qu'il r�sulte de l'examen minutieux du Dr Carter Blake[9]� .
L'exemple n'est pas unique ; mais il est remarquable � cause de la haute comp�tence scientifique des observateurs et des conditions dans lesquelles cette preuve si palpable du d�doublement a �t� obtenue.
Dans les exp�riences faites par M. Siemiradski, avec Eusapia, des empreintes de son double, sur du noir de fum�e, furent obtenues plusieurs fois � Rome. Voir l'ouvrage de M. de Rochas : L'ext�riorisation de la Motricit�.
Comment nier en pr�sence de semblables t�moignages ? Toutes les conditions sont remplies pour que la certitude s'impose avec une puissance de conviction irr�sistible.
Nous recommandons tout sp�cialement � ceux qui d�nient au spiritisme le titre de science, ces remarquables �tudes. Elles montrent la justesse des d�ductions qu'Allan Kardec a tir�es de ses travaux, il y a cinquante ans, en m�me temps qu'elles nous ouvrent les portes de la v�ritable psychologie positive, de celle qui emploiera l'exp�rimentation comme adjuvant indispensable du sens intime.
Que dire et que penser des savants qui ferment les yeux devant ces �vidences ? Nous voulons bien croire qu'ils n'ont pas connaissance de ces recherches ; qu'aveugl�s par le pr�jug�, ils en sont encore � se figurer que le spiritisme r�side tout entier dans le mouvement des tables ; car s'il en �tait autrement, ce serait une v�ritable l�chet� morale de leur part, que ce mutisme qu'ils observent vis-�-vis de notre philosophie.
La conspiration du silence ne peut ind�finiment se prolonger ; les ph�nom�nes ont eu et ont encore trop de retentissement ; les exp�rimentateurs, une valeur scientifique trop bien �tablie, pour qu'on ne se mette pas r�solument � l'�tude. Nous savons bien, parbleu ! Que cette d�monstration irr�futable de l'existence de l'�me est la pierre d'achoppement qui nous vaut cette inimiti�, ces sarcasmes, cette mise hors la science. Mais qu'ils le veuillent ou non, les mat�rialistes sont d'ores et d�j� battus. Leurs affirmations erron�es sont d�truites par les faits. C'est en vain qu'ils all�gueront les grands mots de superstition, fanatisme, etc. ; la v�rit� finira par �clairer le public, qui d�laissera ces th�ories d�mod�es et d�moralisatrices pour en revenir � la grande tradition de l'immortalit�, aujourd'hui assise sur des fondements in�branlables.
Maintenant que nous avons la preuve scientifique du d�doublement de l'�tre humain, il sera beaucoup plus facile de comprendre les ph�nom�nes tr�s vari�s que l'�me peut produire, lorsqu'elle sort, de son corps physique.
�VOCATION DE L'ESPRIT DE PERSONNES VIVANTES
Communications par l'�criture.
La doctrine constante du spiritisme est que l'�me, lorsqu'elle n'est plus dans son corps, jouit de toutes les facult�s dont elle dispose dans l'erraticit�. Chacun de nous, pendant le sommeil corporel, reconquiert une partie de son ind�pendance et peut, par cons�quent, se manifester. Allan Kardec a consign� dans sa Revue plusieurs exemples de ces �vocations [10] :
En 1860, c'est l'esprit du Dr Vignal qui vient volontairement donner, par l'interm�diaire d'un m�dium �crivain, des d�tails sur ce mode de manifestation. Il d�crit comment il per�oit la lumi�re, les couleurs et les objets mat�riels. Il ne pourrait se voir dans une glace sans l'op�ration qui rend l'esprit tangible [11]. Il constate son individualit� par l'existence de son p�risprit qui a pour lui, - bien que fluidique, - la m�me r�alit� que son enveloppe mat�rielle, et par le lien qui le rattache � son corps endormi.
Un autre Esprit, non pr�venu, se manifeste la m�me ann�e � la suite d'un appel. C'est celui de Mlle Indermulhe, sourde et muette de naissance, qui, cependant, exprime clairement sa pens�e. Elle est reconnue par son fr�re, � certains d�tails caract�ristiques qui �tablissent son identit�. Sous le titre : L'Esprit d'un c�t� et le Corps de l'autre, dans le num�ro de janvier 1860, la Revue relate l'�vocation d'une personne vivante, faite avec son autorisation. Il en r�sulte un entretien int�ressant sur la situation respective du corps et de l'esprit pendant le transport de celui-ci � distance, sur le lien fluidique qui les unit, et la clairvoyance de l'esprit attach� au corps, inf�rieure � celle de l'esprit d�gag� par la mort. Dans ce cas encore, l'esprit emploie des tournures de phrases qui sont bien celles dont il se sert habituellement dans la vie courante.
Pour les d�tails, nous renvoyons les lecteurs aux num�ros cit�s de la Revue. Ils pourront se convaincre qu'il y a quarante ans d�j� que les ph�nom�nes de l'animisme ont �t� tr�s bien �tudi�s ; qu'il n'y a pas lieu de les s�parer des ph�nom�nes spirites proprement dits, puisqu'ils sont dus tous deux � la m�me cause : c'est-�-dire � l'�me.
On peut �voquer �galement l'esprit d'un cr�tin ou d'un ali�n�, et se convaincre exp�rimentalement que le principe pensant n'est pas fou. C'est le corps qui est malade et qui n'ob�it plus aux volont�s de l'�me, de l� une situation douloureuse et terrible produisant une �preuve des plus redoutables[12] .
M. Alexandre Aksakof a consacr� une partie de son livre : Animisme et Spiritisme � relater les cas, excessivement nombreux, d'incarn�s se manifestant � des amis ou � des �trangers, par les proc�d�s spiritiques. R�sumons quelques-uns des exemples le plus caract�ristiques de ces observations [13].
L'�crivain russe bien connu, M. Wsevolod Solowiof, raconte que, fr�quemment, sa main �tait saisie par une influence �trang�re � sa volont�, et il �crivait alors tr�s rapidement, avec beaucoup de nettet�, mais de droite � gauche, de sorte qu'on ne pouvait lire ce message qu'en tenant l'�crit devant une glace, ou par transparence.
Un jour sa main �crit le nom de V�ra. � la demande : Quelle V�ra ? Il obtint par �crit le nom de famille d'une jeune parente � lui. �tonn�, il insista pour savoir si c'�tait v�ritablement sa parente qui se manifestait ainsi. L'intelligence r�pondit : � Oui, je dors, mais je suis ici, et je suis venue pour vous dire que nous nous verrons demain au Jardin d'�t�. � Ce fut effectivement ce qui arriva, sans pr�m�ditation de la part de l'�crivain. La jeune fille de son c�t�, avait racont� dans sa famille qu'elle �tait all�e en songe visiter son cousin, et qu'elle lui avait annonc� leur rencontre[14] .
Il existe donc une preuve mat�rielle : l'�crit de la visite p�rispritale de l'esprit de cette jeune fille qui par clairvoyance, annonce un �v�nement futur. Quelques jours apr�s, un fait similaire se reproduisit, presque dans les conditions semblables, avec les m�mes personnages.
Voici un second exemple emprunt� � l'article de Max Perty, intitul� : Nouvelles exp�riences dans le domaine des faits mystiques, qui est des plus d�monstratifs.
Mlle Sophie Swoboda, apr�s une f�te de famille qui la fit veiller assez tard, pensa tout � coup que son devoir d'allemand n'�tait pas fait. Comme elle aimait beaucoup sa ma�tresse et n'aurait pas voulu la contrarier, elle essaya de se mettre � l'ouvrage ; mais voil� que sans s'en rendre compte, sans m�me en �prouver aucun �tonnement, Sophie croit se trouver en face de Mme W.., l'institutrice en question ; elle lui parle, lui fait part, d'un ton enjou�, de son d�pit. Soudain la vision dispara�t, et Sophie, l'esprit calme, rejoint la soci�t� et raconte aux convives ce qui lui est arriv�. L'institutrice, qui �tait spirite, avait pris le m�me jour, vers dix heures du soir, un crayon pour correspondre avec son mari d�funt, et elle fut �tonn�e d'�crire des mots d'allemand, dans une �criture qu'elle reconnut �tre celle de Sophie. C'�taient des excuses faites en langage plaisant, sur l'oubli involontaire de sa t�che. Sophie put se convaincre le lendemain, que non seulement l'�criture du message �tait la sienne, mais que les expressions �taient celles qu'elle avait employ�es dans sa conversation fictive avec Mme W...
L'article de Perty relate encore un cas, particuli�rement �difiant, � cause des circonstances qui l'ont entour�, d� � l'esprit de la m�me demoiselle Sophie. Voici le r�sum� des faits :
Le 21 mai 1866, jour de la Pentec�te, Sophie qui habitait Vienne, apr�s une promenade au Prater, �prouva un violent mal de t�te qui l'obligea � se coucher, vers trois heures de l'apr�s-midi. Se sentant en bonnes dispositions pour se d�doubler, elle se transporta avec la rapidit� de la pens�e � Moedling, chez M. Stratil, le beau-p�re de son fr�re Antoine. Elle vit, dans le cabinet de M. Stratil, un jeune homme, M. Gustave B... qu'elle estimait beaucoup et auquel elle voulait donner une preuve de l'ind�pendance de l'�me vis-�-vis du corps. Elle s'adressa � ce monsieur sur un ton gai et enjou� lorsque, soudain, elle s'interrompit, rappel� � Vienne, par un cri partant de la chambre voisine de la sienne, o� dormaient ses neveux et ni�ces. La conversation de Sophie avec M. B... avait pr�sent� les caract�res d'une conversation spirite donn�e � un m�dium.
M. Stratil voulut s'assurer de la personnalit� qui �tait ainsi venue se manifester. Il �crivit � sa fille, qui se trouvait � Vienne, dans la famille de Mlle Sophie, en lui posant ces questions : Comment Sophie a-t-elle pass� la journ�e du 21 mai ? Qu'a-t-elle fait ? N'a-t-elle pas dormi ce jour-l� entre trois et quatre heures ? Si oui, qu'a-t-elle vu en songe ?
Interrog�e, Mlle Sophie parla bien d'un d�doublement pendant son sommeil, mais le brusque rappel de son esprit dans son corps lui avait fait oublier la plus grande partie de la conversation. Cependant, elle se souvint de s'�tre trouv�e en conversation avec deux messieurs et d'avoir, un moment, �prouv� une sensation d�sagr�able, provenant d'un dissentiment avec ses interlocuteurs. M. Stratil, en r�ponse � ces d�tails, envoya � Vienne, � son gendre, une lettre cachet�e, avec pri�re de n'en pas parler � Sophie tant que celle-ci n'aurait pas re�u une lettre de M. B. Quelques jours se pass�rent et le pli fut compl�tement oubli�, au milieu des pr�occupations journali�res.
Le 30 mai, Sophie re�ut par la poste une lettre coquette de M. B... renfermant sa photographie. La lettre disait :
� Madame,
Me voil�. Me reconnaissez-vous ? Dans ce cas, je vous prie de m'assigner une place modeste, soit sur le rebord du plafond, soit sur la vo�te. Vous m'obligeriez beaucoup de ne pas me suspendre, si cela �tait possible ; il vaudrait mieux me rel�guer dans un album ou dans votre missel, o� je pourrais facilement passer pour un saint dont on f�te l'anniversaire le 28 d�cembre (jour des Innocents). Mais si vous ne me reconnaissez pas, mon portrait ne saurait avoir de valeur pour vous et, dans ce cas, je vous serais fort oblig� de me le renvoyer.
Agr�ez, etc.
Sign� : N. N.�
Les termes et les tournures de phrases �taient familiers � Sophie ; il lui paraissait que c'�taient les siens, mais elle n'en avait qu'une vague souvenance. En ayant parl� � son fr�re Antoine, on ouvrit la lettre de M. Stratil. Elle contenait le proc�s-verbal d'une conversation psychographique avec un personnage invisible, � une s�ance o� les questions �taient pos�es par M. Stratil lui-m�me, M. B.... servant de m�dium.
Il r�sulte de ce document que l'esprit de Sophie annonce que son corps est plong� dans le sommeil, qu'elle dicte la lettre que M. B... lui a envoy�e, et qu'elle entend, comme dans un demi-songe, les enfants crier. Elle termine brusquement par ces mots : Adieu, je me r�v... il est quatre heures.
� la lecture de ce proc�s-verbal, les souvenirs de Sophie devenaient de plus en plus pr�cis, et elle s'�criait de temps en temps : � Oh ! Oui, c'est bien cela.� Vers la fin de la lecture, Sophie �tait ma�tresse de sa m�moire et se souvenait de tous les d�tails qui lui avaient �chapp� � son r�veil. Antoine avait remarqu� que l'�criture en question ressemblait beaucoup � celle de Sophie dans ses devoirs de fran�ais. Quant � Sophie, elle ne pouvait qu'�tre du m�me avis.
Nous trouvons dans cette observation tous les caract�res n�cessaires pour �tablir l'identit� de l'�tre qui se manifeste. Rien n'y manque. Cette lettre dict�e par l'esprit de Sophie, en sortie p�rispritale, avec la demande de la photographie, r�veille ses souvenirs et, jusqu'� l'�criture, tout confirme que c'est bien elle qui s'est manifest�e. Il y a donc la ressemblance la plus �troite, la similitude la plus grande entre cette communication donn�e par l'esprit d'une vivante, et celles que nous recevons journellement des Esprits qui ont jadis habit� la terre.
Il faut lire, dans l'ouvrage du savant russe, les rapports de Mme Adelina von Vay, de M. Thomas Everitt, de Mme Florence Marryat, de miss Blackwell, du juge Edmonds, pour se convaincre que la communication des Esprits des vivants par l'�criture m�dianimique bien que moins fr�quente - est aussi possible et aussi normale que celle des morts[15] . L'identit� de ces �tres invisibles, mais appartenant encore � notre monde, s'�tablit de la m�me fa�on que celle des d�sincarn�s.
ESPRITS DE VIVANTS SE MANIFESTANT PAR L'INCARNATION
Mme Hardinge Britten, l'�crivain spiritualiste bien connu, dans plusieurs articles publi�s par le Banner of Light [16]� sur les doubles �, rapporte un cas int�ressant qui s'est pr�sent� chez M. Cuttler, en 1853. Un m�dium f�minin se mit � parler l'allemand, bien que cette langue lui f�t tout � fait inconnue. � L'individualit� qui se manifestait par elle se donnait pour la m�re de miss Brant, une jeune personne allemande qui se trouvait pr�sente. � Quelques temps apr�s, un ami de la famille, venant d'Allemagne, apporta la nouvelle que la m�re de miss Brant, apr�s avoir travers� une maladie s�rieuse, � la suite de laquelle elle �tait tomb�e dans son long sommeil l�thargique, d�clara � son r�veil avoir vu sa fille, qui se trouvait en Am�rique. Elle dit qu'elle l'avait aper�ue dans une chambre spacieuse, en compagnie de plusieurs personnes, et qu'elle lui avait parl�. L� encore, la relation de cause � effet est tellement �vidente que nous croyons devoir ne pas insister.
� M. Damiani [17] raconte, de son c�t�, qu'aux s�ances de la baronne Cerrapica, � Naples, on a souvent re�u des communications provenant de personnes vivantes. Il dit, entre autres : � Il y a de cela environ six semaines, le Dr Nehrer, notre ami commun, qui vit en Hongrie, son pays natal, se communiqua � moi par la bouche de notre m�dium la baronne. La personnification ne pouvait �tre plus compl�te : ses gestes, sa voix, sa prononciation, le m�dium nous les transmettait avec une fid�lit� absolue, et nous �tions persuad�s que nous nous trouvions en pr�sence du Dr Nehrer lui-m�me. Il nous dit qu'en ce moment il faisait un somme, se reposant des fatigues de la journ�e, et nous fit part de divers d�tails d'ordre priv�, et que tous les assistants ignoraient �galement. Le lendemain, j'�crivis au docteur... Dans sa r�ponse, il constata que les d�tails donn�s par la baronne �taient exacts en tous points. �
AUTRES MAT�RIALISATIONS DE DOUBLES DE VIVANTS
Nous avons assist� � des manifestations diverses de l'�me d�gag�e temporairement de son corps mat�riel, mais c'est bien dans les mat�rialisations que l'action extra-corporelle de l'homme acquiert son plus haut point d'objectivit�, car elle se traduit par des ph�nom�nes intellectuels, physiques et plastiques.
Le spiritisme, seul, fournit la preuve absolue de ces ph�nom�nes. Malgr� toutes les controverses, il est bien �tabli maintenant, que les fr�res Davenport n'�taient pas de vulgaires charlatans. Seulement, ce qui a fait croire � des fourberies de leur part, c'est que les manifestations s'op�raient, le plus souvent, au moyen de leurs p�risprits mat�rialis�s [18]. Dans les exp�riences faites devant le professeur Mapes, celui-ci, ainsi que sa fille, purent constater le d�doublement des bras et des manches des m�diums.
Les m�mes observations ont �t� faites en Angleterre avec d'autres sujets. M. Cox relate un cas o� les plus rigoureuses conditions d'examen ont �t� r�unies. Citons-le d'apr�s M. Aksakof.
Il s'agit d'un m�dium � mat�rialisation dont la pr�sence dans le cabinet d'exp�riences est assur�e par un courant �lectrique qui traverse son corps. Si le m�dium cherchait � tromper en se d�tachant, la supercherie serait imm�diatement indiqu�e par le d�placement instantan� de l'aiguille d'un galvanom�tre. C'est M. Cox qui parle [19] :
� Dans son excellente description de la s�ance dont il s'agit, M. Crookes dit qu'une forme humaine enti�re a �t� vue par moi ainsi que par d'autres personnes. C'est la v�rit�. Lorsqu'on me remettait mon livre, le rideau s'�cartait suffisamment pour voir la personne qui me le tendait. C'�tait la forme de Mme Fay dans son int�gralit� : sa chevelure, sa figure, sa robe de soie bleue, ses bras nus jusqu'au coude et portant des bracelets orn�s de perles fines. � ce moment, le courant galvanique n'enregistra pas la moindre interruption, ce qui se serait produit in�vitablement si Mme Fay avait d�gag� ses mains des fils conducteurs. Le fant�me apparut du c�t� du rideau oppos� � celui o� se trouvait Mme Fay, � une distance d'au moins huit pieds de sa chaise, de sorte qu'il lui e�t �t� impossible, de toutes les mani�res, d'atteindre le livre sur le rayon, sans se d�gager des fils conducteurs. Et, cependant, je le r�p�te, le courant n'a pas subi la moindre interruption.
� Il y a un autre t�moin qui a vu la robe bleue et les bracelets. Personne de nous n'a fait part aux autres de ce qu'il avait vu avant que la s�ance ne f�t termin�e ; par cons�quent, nos impressions sont absolument personnelles et ind�pendantes de toute influence.�
Nous sommes en pr�sence d'une exp�rience rigoureusement concluante, non seulement � cause de la grande comp�tence des observateurs, mais aussi parce que les pr�cautions prises ont �t� strictement scientifiques. Il est clair que le d�placement du corps �tant rendu impossible sans qu'on s'en aper�ut imm�diatement, par la variation du courant �lectrique, puisque l'apparence de Mme Fay s'est montr� avec assez de tangibilit� pour tenir un livre et le donner, il y a eu d�doublement, avec mat�rialisation certaine, de ce m�dium.
Nous avons vu que les annales Psychiques de septembre - octobre 1896 contiennent un r�cit o� le double d'une dame a �t� observ� pendant plus d'une heure dans une �glise, tenant aussi un livre de pri�res.
Dans les exp�riences faites en compagnie d'Eusapia Paladino, il a �t� possible, avec plusieurs observateurs, de constater mat�riellement son d�doublement. Le Dr Az�v�do a publi�, dans la Revue Spirite de 1889, le r�cit d'une exp�rience dans laquelle la main fluidique d'Eusapia avait produit, en pleine lumi�re, l'empreinte de trois doigts.
M. le colonel de Rochas, dans l�Ext�riorisation de la Motricit� publie le fac-simil� d'un moulage de la main naturelle du m�dium, � c�t� d'une photographie des traces laiss�es dans de la terre glaise ; il y a entre les deux empreintes les plus grandes analogies. Nous pourrions joindre bien d'autres documents � ceux rapport�s ici, mais nous renvoyons le lecteur aux originaux. Nous en avons assez dit pour imposer cette conviction que l'action physique et psychique de l'homme n'est pas limit�e � son organisme mat�riel.
Comment se produit cet �trange ph�nom�ne ? C'est ce que les r�cits ant�rieurs ne nous font pas conna�tre. Nous voyons bien l'�me en dehors des limites de l'organisme, mais nous n'assistons pas � sa sortie de l'enveloppe corporelle. Les recherches de M. de Rochas [20] sont venues jeter un jour nouveau sur ces d�doublements, nous allons donc les �tudier de suite.
[1] Les Hallucinations télépathiques, p. 38.
[2] Light, 1883. p. 458. Cité par Aksakof.
[3] Spiritualist. 1875, 1, p. 97. Cité par Aksakof.
[4] Harrison, Spirits before our eyes (Les esprits devant nos yeux). p. 146.
[5] Voir Aksakof, Animisme et Spiritisme, p. 470 et suivantes.
[6] Aksakof, Animisme et Spiritisme, p. 78.
[7] Dr H. Baraduc, l'Âme humaine, ses mouvements, ses lumières.
[8] Voir : Revue scientifique et morale du Spiritisme, numéro d'octobre 1897, où cette photographie est reproduite
[9] Aksakof, Animisme et Spiritisme, pp. 164 et 165.
[10] Revue Spirite, 1860, p. 81 et suiv. Dans la même année, évocation de Mlle Indermulhe, p. 88.
[11] Rapprochons cette affirmation de l'observation du jeune graveur dont parle de Dr Gibier, et l'on constatera la véracité de notre doctrine par la similitude complète qui existe, à quarante années d'intervalle, entre les enseignements des esprits et ce que l'observation directe fait constater .
[12] Allan Kardec, Ciel et Enfer, et Revue Spirite, 1860, p. 173.
[13] Alexandre Aksakof, Animisme et Spiritisme, p. 470 et suivantes
[14] Allan Kardec, le Livre des Esprits. Voir pour l'explication de ces cas l'article: Visites spirites entres personnes vivantes.
[15] Voir Revue scientifique et morale du Spiritisme: Une communication donnée par l'esprit d'un vivant pendant son sommeil, numéro d'octobre 1898, p. 245.
[16] Banner of Light, numéros des 6 novembre et 11 décembre 1875.
[17] Human Nature, 1875, p. 555.Voir à ce sujet : les Frères Davenport, par Randolf, pp. 154-470 ; et Faits supraterrestres dans la vie du Révérend Fergusson, p. 109.
[18] Voir à ce sujet : les Frères Davenport, par Randolf, pp. 154-470 ; et Faits supraterrestres dans la vie du Révérend Fergusson, p. 109.
[19] Spiritualist, 1875, 4, p. 15.
[20] De Rochas, Extériorisation de la Motricité , p. 132.
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