Le Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec


PREMI�RE SERIE


A son amie

1� En passant le seuil

Quand je vous ai quitt�e, ma ch�rie, vous pensiez que j'�tais partie pour toujours, ou du moins jusqu'au jour o� vous-m�me vous franchiriez le seuil.
Mais je n'ai jamais �t� si pr�s de vous que lorsque j'�tais, ce que vous nommez � morte �.
Comment vous sentiez-vous apr�s votre mort ? � Je me trouvai d�barrass�e de mon corps ; c'�tait une sensation nouvelle, si �trange. J'�tais debout tout pr�s du lit sur lequel �tait couch� mon corps.
Comment elle se sentait en mourant. � Je voyais tout ce qui �tait dans la chambre comme avant de fermer les yeux. Je ne sentais aucun mal en mourant, j'�prouvais seulement un grand calme et une grande paix. Puis, je m'�veillai et j'�tais debout, hors de mon ancien corps dans la chambre. Il ne s'y trouvait d'abord personne que moi-m�me et mon ancien corps. Je m'�tonnai tout d'abord de me sentir si bien. Puis, je vis que j'�tais dans l'autre monde.
J'attendis quelques instants ; puis la porte s'ouvrit et Mme H... entra. Elle �tait fort triste ; elle parla � mon pauvre corps comme si c'�tait � moi-m�me. J'�tais debout et la regardai ; mais toutes ses pens�es �taient fix�es sur le pauvre vieux corps que j'avais abandonn�, cela me parut si absurde que je ne pus m'emp�cher de rire. Tout d'abord, je n'essayais pas de parler j'attendis pour voir ce qui arriverait.
Un ange et sa mission. � Et puis, je sentis comme si une grande onde chaude de lumi�re �tait entr�e dans la chambre, et je vis un ange. Elle, car elle avait d'abord l'apparence d'une femme, vint � moi et me dit : � Je suis envoy�e pour vous enseigner les lois de la nouvelle vie. �
Et comme je regardai, elle me toucha l�g�rement et me dit : � Nous devons partir. �
Alors je quittai la chambre et mon pauvre vieux corps et je sortis. Cela me parut si �trange ; les rues �taient pleines d'esprits. Je pouvais les voir, comme nous passions ; ils semblaient �tre justes comme nous-m�mes. Mon ange avait des ailes ; elles �taient fort belles. Elle �tait enti�rement v�tue de blanc.
Nous all�mes d'abord par les rues, puis nous pass�mes � travers l'air, jusqu'� ce que nous arriv�mes � la place o� nous rencontr�mes des amis qui �taient morts avant moi.
R�union et s�paration. � II y avait l� M. M..., et M. M... et �thel A..., et plusieurs autres. Ils m'entretinrent beaucoup du monde des esprits. Ils me dirent que je devais apprendre ses lois et t�cher d'�tre aussi utile que possible. L'ange qui �tait avec moi tout le temps m'aidait � me faire comprendre.
Les esprits-amis avaient une vie fort semblable � celle qu'ils menaient ici ; ils vivaient et s'aimaient entre eux, et bien qu'ils n'eussent pas � travailler pour gagner leur pain quotidien, ils avaient cependant beaucoup � faire.
Retour aupr�s des amis. � Alors je commen�ai � �tre triste � cause de vous et je voulus retourner ; l'ange me fit rapidement traverser l'air jusqu'� l'endroit d'o� je venais, quand j'entrai dans la chambre mortuaire, j'y vis mon corps. Il n'avait plus maintenant d'int�r�t pour moi ; mais j'�tais si pein�e de voir que vous pleuriez tant tous sur mon corps us�, et je d�sirais vous parler. Je vous voyais, ma ch�rie, toute baign�e de larmes et j'�tais si triste de ne pouvoir vous �gayer. Je d�sirais ardemment vous parler et vous dire que j'�tais pr�s de vous, mais je ne pouvais vous faire comprendre.
Le voile non enlev� encore. � J'essayais, mais vous ne pr�tiez aucune attention. Je dis � l'ange : � Sera-ce toujours ainsi ? � Elle r�pondit : � Attendez ! Le temps viendra o� vous pourrez lui parler ; mais � pr�sent, elle ne peut ni vous entendre, ni vous comprendre. �
La voix de l'infini. � Apr�s quoi, on me rappela. Je me trouvais alors dans un immense paysage o� je n'avais jamais �t� auparavant. J'�tais seule, c'est-�-dire que je ne voyais personne. Mais on n'est jamais vraiment seul. Nous vivons toujours dans la pr�sence de Dieu. Mais je ne voyais personne. Puis, j'entendis une voix. Je ne distinguai pas d'o� elle venait, ni qui parlait. J'entendis seulement ces mots : � Julia, Celui qui t'a sauv�e aimerait � parler avec toi. � J'�coutai, mais aucune autre parole ne fut prononc�e.
Le � rayonnant � de flamme. � Puis je dis : � Qui est-ce qui parle ? � Et aussit�t apparut une lueur �clatante r�ellement comme du feu, quoique sous forme humaine. J'�tais effray�e. Alors il parla et dit : � Ne crains rien, c'est moi qui suis d�sign� pour t'enseigner les choses secr�tes de Dieu. � Puis je vis que la lueur qui semblait �tre du feu n'�tait qu'une lueur, qui �mane de l'amour rayonnant des Immortels.
Voici votre Sauveur ! � Puis le � Rayonnant de flamme � me dit : � Julia voici votre Sauveur ! � Et comme je regardai, je Le vis. Il �tait assis sur un si�ge tout pr�s de moi et Il dit : � Bien-aim�e, dans la Maison de mon P�re, il y a plusieurs demeures ; me voici, moi que tu as aim� si longtemps. J�ai pr�par� une place pour toi. � Et je dis : � O�, � mon Dieu ? � Il souriait, et dans l'�clat de ce sourire, je vis tout le paysage changer, comme les Alpes qui changent au coucher du soleil et que j'observai si souvent des fen�tres de mon h�tel � Lucerne. Alors je vis que je n'�tais pas seule, mais tout autour et au-dessus, il y avait de jolies et d'aimantes figures ; quelques-unes d'entre elles que j'avais connues, d'autres dont j'avais entendu parler, tandis qu'il y en avait aussi d'�trang�res. Mais tous �taient amis, et l'air �tait rempli d'amour. Et Lui, mon Dieu et mon Sauveur �tait au milieu de tous. Il �tait comme un Homme parmi les hommes. Il �tait plein de cette grande et admirable douceur que vous avez remarqu�e si souvent dans certains tableaux qui ont �t� peints par l'Italien Fra Angelico : Il avait un air d'affection vive qui �tait comme le vrai souffle de vie pour mon �me.
Le ciel d�fini. � Il est avec nous toujours. C'est le ciel d'�tre avec Lui. Vous ne pouvez comprendre combien la conscience d'�tre dans sa pr�sence rend l'atmosph�re de ce monde si diff�rente de celle que vous avez. Il y a beaucoup de choses que je voudrais pouvoir vous �crire, mais je ne puis pas car vous ne les comprendriez pas. Je puis dire seulement qu'il est plus que nous ne nous le figurons. Il est la Source et le Dispensateur de tous les beaux dons. Tout ce que nous savons de ce qui est bon, doux, pur, noble et aimable n'est que le faible reflet de l'immensit� de sa Gloire.
L'amour de J�sus. � Et Il nous aime d'un amour si tendre ! Oh, H�l�ne, H�l�ne, nous nous aimions autrefois d'un amour qui nous semblait trop profond et trop intense, mais m�me � son plus haut degr� de force, ce n'�tait que le p�le reflet de l'amour qu'il a pour nous et qui est si grand, si merveilleux, si admirable qu'il est au-dessus de toute puissance de l'esprit de l'homme de le d�crire. Son nom est Amour, c'est ce qu'il est, Amour, Amour, Amour ! Je ne puis pas vous dire tout ; vous ne pourriez pas me comprendre. Mais je suis dans un �tat de f�licit� telle qu'on ne peut se le figurer sur terre. Je suis avec mes amis qui m'ont pr�c�d�e.
Personne n'a l'air �g�. Nous sommes jeunes comme d'une immortelle jeunesse. Nous pouvons, quand cela nous pla�t, reprendre notre ancien corps ou son contraire spirituel, comme nous pouvons rev�tir nos anciens v�tements dans le but d'identification ; mais ici notre corps spirituel est jeune et beau. Il y a une ressemblance entre ce que nous sommes et ce que nous f�mes. On pourrait reconna�tre le neuf par sa ressemblance avec le vieux, mais c'est tr�s diff�rent.
L'�me d�sincarn�e prend vite le v�tement neuf, l'apparence de la jeunesse, dont tout d�chet a �t� enlev�.
La vie de l'Au-del�. � J'�prouve une grande difficult� � expliquer comment nous vivons et comment nous passons notre temps. Nous ne nous tourmentons jamais et nous n�avons pas besoin de dormir comme nous le faisions sur terre ; de m�me, nous n'avons besoin ni de manger ni de boire ; ces choses �taient n�cessaires pour le corps mat�riel ; ici nous n'en avons pas besoin. Je pense que nous pouvons mieux vous faire comprendre ce que nous �prouvons, en vous demandant de vous rappeler ces moments d'extase, quand dans la lumi�re du coucher ou du lever du soleil, vous regardez, au loin, heureux et content, le paysage sur lequel les rayons du soleil ont r�pandu leur beaut� magique. L� est la paix ; l� est la vie ; l� est la beaut� par dessus tout, l� est l'amour. De la beaut�, de la joie, de l'amour partout. L'amour, l'amour, c'est le secret du ciel ! Dieu est Amour et quand on est p�n�tr� de l'amour, on se trouve en Dieu.
Comment le mal nous para�t. � Vous me demandez ce que nous �prouvons pour les fautes et les chagrins du monde. Nous r�pondons que nous les voyons et que nous cherchons � les dissiper. Mais cela ne nous tourmente pas, comme cela avait coutume de le faire, car nous voyons l'autre c�t�. Nous ne pouvons pas douter de l'amour de Dieu. Nous vivons en Lui. C'est la plus grande chose et la seule vraie. Les fautes et les peines de la vie terrestre ne sont que des ombres qui dispara�tront. Mais elles n'existent pas seulement sur la surface terrestre ; il y a des fautes et des peines aussi de ce c�t�.
L'enfer et la joie du Ciel. � L'Enfer est de ce c�t� aussi bien que le Ciel, mais c'est la joie du Ciel de vider toujours l'Enfer. Nous apprenons toujours � sauver par l'amour, et � racheter par le sacrifice. Nous devons faire des sacrifices, autrement, il n'y a point de salut. Tout le secret du Christ n'est-il pas l� ?

2� Les surprises de la nouvelle vie

Tandis que ma main �crivait une lettre � H�l�ne, je pensais : � Je serais d�sireux de savoir si la nouvelle vie a beaucoup �tonn� Julia. � Aussit�t elle �crivit : � Oui, je n'�tais pas pr�par�e � trouver une telle similitude de la vie, des deux c�t�s. �
L'�me apr�s la mort. � Quand l'�me quitte le corps, elle reste exactement la m�me que lorsqu'elle �tait dans le corps ; l'�me qui est le seul vrai � Ego � et qui se sert de l'intelligence et du corps comme d'instruments, n'a plus longtemps besoin du corps. Mais elle conserve l'intelligence, les connaissances, l'exp�rience, la m�me mani�re de penser ; les penchants restent exactement comme ils �taient. Seulement, il arrive souvent que la d�sagr�gation graduelle de l'enveloppe de chair obscurcit et affaiblit dans une certaine mesure le r�el � Ego � qui est devenu libre par la mort. La chose la plus extraordinaire qui soit venue � ma connaissance quand j�ai pass� dans l'au-del�, c'�tait la diff�rence qui existe entre l'homme visible et le r�el � Ego �.
Comment nous sommes jug�s. � La maxime qui dit � ne jugez pas �, a ici une signification toute autre, car le r�el � Ego � est form�, m�me plus par l'emploi qu'il fait de l'esprit que par celui qu'il fait du corps. Il y a ici des hommes qui paraissaient �tre vils et ignobles aux yeux de leurs semblables, qui sont bien, bien, bien sup�rieurs ; m�me en puret� et en saintet�, � des hommes qui, durant leur vie, avaient un air d'apparente bont�, tandis que leur esprit s'avilissait dans la m�chancet�. C'est l'esprit qui fait le caract�re. C'est l'esprit qui est bien plus actif, plus puissant que le corps, lequel n'est apr�s tout qu'un pauvre instrument.
Par suite, les pens�es et les intentions du c�ur, les suggestions de l'esprit, ce sont l� les choses pour lesquelles nous sommes jug�s ; car ce sont elles qui forment et cr�ent pour ainsi dire, le vrai caract�re de l' � Ego � conscient, qui devient visible apr�s la s�paration du corps.
Le pouvoir de la pens�e. � La pens�e a une r�alit� beaucoup plus grande que vous ne le pensez. Le r�veur n'est pas aussi oisif que vous vous le figurez. L'influence de sa sp�culation id�aliste peut bien ne pas le faire travailler, mais elle peut �tre ressentie imperceptiblement par des esprits plus pratiques. Et ainsi, de la m�me mani�re, l'homme qui, dans le plus profond de son c�ur s'adonne au mal et � des pens�es impures, est capable d'engendrer des forces dont les mauvaises influences remuent les passions et ruinent la vie, peut-�tre m�me celle de ses propres enfants, lesquels probablement n'ont jamais su que leur p�re ait pu avoir une pens�e coupable.
Les pens�es sont les intentions du c�ur. � Il s'ensuit que de ce c�t�, les choses paraissent si boulevers�es. Les premiers sont les derniers, les derniers les premiers. Je vois des condamn�s, des assassins et des adult�riens qui ont exerc� leur m�chancet� dans la sph�re mat�rielle et qui p�sent beaucoup plus dans la balance pour la puret� et la saintet�, que ceux qui n'ont jamais commis de crime, mais dont l'esprit �tait, pour ainsi dire, le foyer et le centre de production de pens�es qui sont les semences des crimes chez les autres. Je ne veux pas dire par l� qu'il vaut mieux commettre des crimes que de les penser.
Seulement que l'acte ne doit pas toujours �tre pris pour une preuve de m�chancet� de c�ur. Les fautes d'impulsion, les crimes perp�tr�s dans un acc�s de passion, font moins de mal � l'�me et font moins de mal que les pens�es mauvaises, dans lesquelles on s'est complu si longtemps d'avance et qui finissent par empoisonner l'�me enti�re.
Quand l'�me s'est d�pouill�e de son corps, la condition r�elle de notre �tat est visible. C'est alors, pour la premi�re fois, que nous sommes vus tels que nous sommes r�ellement ou plut�t comme nous avons pens�. La r�v�lation est saisissante, et m�me maintenant, je ne commence que d'une mani�re confuse � m'y accoutumer.
Le n�ant des choses. � Et puis, il y a une autre chose qui ne m'a pas peu surprise, ce fut ou c'est la d�couverte du n�ant des choses. Je veux dire par l�, l'enti�re futilit� de la plupart des choses qui semblent sur terre �tre les choses les plus importantes.
Par exemple, l'argent, le rang, la position, le m�rite, la consid�ration, et toutes les choses que nous estimons le plus sur terre, sont simplement sans valeur. Elles n'existent pas plus que le brouillard d'hiver ou le temps de l'ann�e derni�re. Elles ont eu sans doute de l'influence pendant un certain temps, mais elles ne durent pas ; elles passent comme les nuages, et ne sont plus visibles.
Un appel pour du secours. � Je d�sire vous demander si vous ne pouvez pas m'aider dans une affaire � laquelle je m'int�resse beaucoup. Je d�sire depuis longtemps trouver un endroit, o� ceux qui sont dans l'au-del� pourraient communiquer avec leurs bien-aim�s d'ici-bas. Le monde est � pr�sent plein d'esprits qui sont anxieux de parler � ceux dont ils ont �t� s�par�s ; tout comme je d�sire parler � vous, mais sans trouver une main capable d'�crire.
C'est un �trange spectacle. Des �mes pleines d'angoisse pour les morts, de votre c�t� ; et du n�tre, des �mes pleines de tristesse parce qu'elles ne peuvent pas communiquer avec ceux qu'elles aiment. Que pourrait-on faire pour mettre ensemble ces personnes tristes, accabl�es de chagrin ? Pour le faire, il faut quelque chose que nous ne pouvons pas fournir. Vous devez nous aider. Mais comment ? Ce n'est pas impossible. Et quand ce sera fait, � la mort aura perdu son aiguillon et le tombeau sa victoire �. L'ap�tre pensait que cela �tait fait. Mais la tombe n'a pas �t� si ais�ment vaincue et la mort garde son dard. Qui peut nous consoler de la perte de nos bien-aim�s ? Seulement ceux qui peuvent nous montrer qu'ils ne sont pas perdus, mais qu'ils sont avec nous plus que jamais. Ne savez-vous pas que j'ai �t� beaucoup plus avec H�l�ne, depuis que je me suis d�sincarn�e, que je n'avais coutume de l'�tre ? Mais, je reste avec elle d'une mani�re si intime que je n'aurais pu le faire avant. Je n'ai jamais �t� plus avec elle que je ne l'ai �t� depuis que je suis venue de ce c�t�. Mais elle ne l'aurait pas su et vous n'auriez pas entendu parler de moi du tout, si ce n'avait �t� le fait de votre rencontre.
N�cessit� d'un bureau de communication. � Ce qui est n�cessaire, c'est un bureau de communication entre les deux mondes. Ne pourriez-vous pas �tablir une sorte de bureau avec un ou plusieurs m�diums dignes de confiance ? Ne serait-ce que pour permettre, m�me une fois, � ceux qui sont dans le chagrin sur terre de voir, que leurs soi-disant morts sont plus pr�s que jamais auparavant ; cela aiderait � s�cher plus d'une larme et � apaiser plus d'une douleur. Je pense que vous pourriez compter sur l'active coop�ration de tous de notre c�t�.
Nous sommes ici pleins de joie dans l'espoir que cela viendra se r�aliser. Pensez combien nous devons �tre chagrin�s de voir tant d'�tres que nous aimons s'affliger sans espoir, quand ceux pour qui ils s'affligent s'efforcent en vain par tous les moyens de se rendre conscients de leur pr�sence. Plusieurs m�me sont tortur�s par l'agonie et se figurent que leurs bien-aim�s sont perdus en enfer ; quand en r�alit� ils sont dans les bras de Dieu qui embrasse tout de son amour ! Ma ch�re H�l�ne, je t'en prie parles-en avec Minerve et vois ce qui peut �tre fait. C'est la plus importante chose � faire, car elle apporte avec elle la trompette de l'archange, qui vient annoncer que ceux qui �taient dans leurs tombeaux s'�veilleront et marcheront de nouveau parmi les hommes.
Un retour � la vie spirituelle. �Je fus d'abord �tonn�e d'apprendre quelle importance les esprits attachent aux communications qu'on leur permet d'avoir avec ceux qui sont sur terre.
Je puis, en effet, facilement comprendre, car je le sens moi-m�me, le d�sir ardent qu'il y a � parler � ceux que vous aimiez et que vous aimez ; mais c'est beaucoup plus que cela. Ce qu'ils me disent de tous c�t�s, et surtout mes chers guides, c'est que le temps est venu o� il y aura un grand r�veil spirituel parmi les nations, et que l'agence qui est appel�e � le faire na�tre est l'imm�diate et concluante d�monstration, pour chaque cas individuel qui le cherche, de la r�alit� de l'esprit, de la permanence de l'�me et de l'immanence du Divin. Je dis : � Mais comment puis-je aider ? �
Elle �crivit : � Vous �tes un bon m�dium �crivain. Si vous vouliez permettre � un des esprits qui sont de ce c�t� et dont les parents ou amis d�sirent entendre parler de se servir de votre main, vous pourriez avoir presque une enti�re confiance dans l'esprit qui se sert de votre main. En tout cas, je pourrais toujours expliquer pourquoi ils n'ont pas pu se servir de votre main. �

3� De la f�licit� du Ciel

Une autre fois, je lui demandai : � Qu'est-ce qui fait par exemple, le ciel meilleur que la terre ? �
La diff�rence entre le ciel et la terre. � Elle �crivit : Il y a des degr�s dans le ciel, et le ciel le plus bas est plus �lev� que le plus merveilleux spectacle de la f�licit� que vous n�ayez jamais eue. Il n'y a rien � quoi vous puissiez comparer notre �tat d'amour continuel dans ce monde, except� la supr�me b�atitude de l�amoureux qui est parfaitement satisfait et ravi de celle qu'il aime. Car toute la diff�rence entre ce c�t� et le v�tre consiste en ceci � sans entrer maintenant dans la question de corps et de mati�re � c'est que nous vivons dans l'amour, qui est Dieu, et vous, trop souvent, vous vivez dans le malheur qui est le r�sultat fatal de l'absence de Dieu, qui est amour.
Le secret du salut du monde. � Il y a beaucoup d'amour sur terre. S'il n'en �tait pas ainsi, ce serait l'enfer. Il y a l'amour de la m�re pour ses enfants, du fr�re pour la s�ur, du jeune homme et de la jeune fille, du mari pour sa femme, des amis entre eux, soit hommes ou femmes ou encore l'amiti� entre les deux sexes. Toutes ces formes de l'amour sont les rayons du ciel sur terre. Aucun d'eux n'est complet. C'est la lumi�re qui �tincelle des facettes du diamant dont le tout est Dieu. L'homme ou la femme, si ordinaires qu'ils soient, quand ils aiment sont aussi longtemps qu'ils aiment inspir�s par le Divin. Tout le secret du salut du monde consiste en ce que vous devez avoir plus d'amour, plus d'amour, plus d'amour.
Vous me direz qu'il y a de l'amour qui est �go�ste et de l'amour qui est coupable. Cela est vrai, mais c'est parce que l'amour est imparfait. Ce n'est pas de l'amour quand il m�ne � l'�go�sme. L'amour qui conduit une m�re � ne s'occuper que de ses propres enfants et n�glige tous ses devoirs envers les autres, n'est pas nuisible en lui-m�me ; c'est seulement parce qu'elle n'a pas assez d'amour pour les autres que son amour pour ses enfants la rend �go�ste. Le grand besoin, partout o� l'amour semble rendre le peuple �go�ste, n'est pas moins de l'amour pour ceux qu'il aime, mais plus d'amour pour ceux qui sont n�glig�s. Jamais vous n'aimez quelqu'un de trop. C'est seulement parce que nous n'aimons pas les autres assez. Le parfait amour partout est l'id�al divin, et quand l'amour manque quelque part, alors il y a grand p�ril que le mal n'arrive. Mais, m�me un amour coupable pour autant qu'il vous met hors de vous-m�me et vous fait travailler p�niblement et prier, et vivre et peut-�tre mourir pour l'homme ou la femme que vous n'auriez jamais d� aimer, vous rapproche du Ciel plus que le mariage �go�ste sans amour : je ne dis pas ceci contre le mariage. Je sais que vous pensez que c'est une doctrine dangereuse. Toute vraie doctrine est dangereuse, mais n'est pas moins vraie � cause de son danger. Il n'y a pas de doute que beaucoup d'amour semblable est tr�s �go�ste, et n'est pas du tout de l'amour. Il n'est pas facile de le distinguer de la haine la plus mortelle. C'est de l'indulgence pour soi dans sa pire forme. Or, toute esp�ce d'amour est de la nature de l'abn�gation de soi-m�me. Il y a beaucoup de choses dont il faut se souvenir. Nous n'avons pas seulement � penser quel en est le r�sultat pour nous-m�mes, mais aussi pour d'autres personnes dont quelques-unes m�me ne sont pas encore n�es.
Ce que signifie le vrai amour. � Aimer donc quelqu'un r�ellement, vraiment, veut dire que nous nous mettons � sa place, l'aimant comme nous-m�mes, d�sirant pour lui ce qu'il y a de meilleur, et faisant abn�gation de nous-m�mes et de nos propres plaisirs pour les lui procurer. C'est l� le vrai amour, et partout o� vous le trouvez, vous trouverez une �tincelle de Dieu. Voil� pourquoi les m�res sont plus pr�s de Dieu qu'aucun autre. Elles aiment davantage, c'est-�-dire elles sont plus comme Dieu ; ce sont elles qui emp�chent la terre de devenir un grand enfer.
Dieu est amour. � Or, ma ch�rie, attachez-vous � cette doctrine dominante : L'amour c'est Dieu ! Dieu c'est l'amour ! Plus vous aimez et plus vous �tes comme Dieu. C'est seulement quand nous aimons profond�ment, vraiment, que nous nous sentons �tre nous-m�mes, ou que nous voyons le Divin dans la personne aim�e. 0 H�l�ne, H�l�ne ! Si je pouvais revenir et parler aux enfants des hommes, je crois que je ne d�sirerais dira rien que ceci. L'amour ! L'amour, c'est l'accomplissement de la loi, l'amour, c'est la contemplation de la face de Dieu. L'amour c'est Dieu, Dieu c'est l'amour ! Si vous d�sirez �tre avec Dieu, aimez ! Si vous voulez �tre au Ciel, aimez ! Car le Ciel diff�re principalement de la terre et de l'enfer, en ce que au Ciel tous aiment avec toute la force de leur �tre et toute croissance en gr�ce est croissance en amour. Amour ! Amour ! Amour ! C�est le premier et le dernier mot. Il n'y en a pas d'autres, car Dieu, qui est amour, est tout en tout, alpha et l'om�ga, le premier et le dernier monde sans fin. Oh ! Mon H�l�ne ch�rie, c'est l� en v�rit� la vraie parole. C'est le Verbe dont le monde a besoin ; c'est le Verbe qui s'est fait chair et qui vit parmi les hommes. Amour ! Amour ! Amour !

4� Pleurant les morts !

La lettre suivante fut �crite � un ami ch�ri qui �tait an�anti sous le coup d'un immense chagrin que lui avait caus� la mort d'un parent.
J'en ai supprim� tout ce qui �tait exclusivement personnel � l'ami en question ; mais la lettre dans son ensemble peut �tre adress�e � quiconque se d�sole pour les morts comme � ceux qui sont sans espoir.
Au lit d'un mort. � J'�tais souvent avec vous pendant la derni�re maladie de votre bien-aim�e, et je d�sirais tant vous aider, mais je ne pouvais ni me faire voir, ni me faire entendre. J'�tais pr�s de vous, le jour o� elle est pass�e de notre c�t�. Nous �tions tous l� pour l'attendre, et je sentais que c'e�t �t� une si grande consolation pour vous, de pouvoir vous dire, combien elle �tait heureuse avec sa m�re, son mari et les autres. Mais, h�las ! H�las ! Vous �tiez tous si inintelligents, nous ne pouvions vous faire rien comprendre.
Une tendre remontrance. � Mon bien-aim�, dans quel but vous lamentez-vous ainsi comme quelqu'un qui n'a pas d'espoir ? N'est-ce donc qu'un vain mot que le Christ a d�montr� la v�rit� de l'immortalit� ? Pourquoi, puisque vous avez la certitude de la continuit� de l'existence de vos aim�s, vous sentez-vous aussi inconsolable et abandonn�, comme s'il n'y avait pas d'autre monde et comme si Christ n'avait jamais triomph� sur la mort et sur le tombeau ? Pourquoi vous chagrinez-vous comme ceux qui n'ont pas d'espoir ?
Ne savez-vous pas que vous �tes comme une ville plac�e sur une colline qui ne peut �tre cach�e ? Combien de milliers, de millions dis-je, de pauvres �mes sur toute la surface du monde dont la vie sera attrist�e par vos larmes, alors qu'ils auraient pu �tre r�jouis par le rayonnement de votre sourire, si seulement vous aviez r�ellement eu confiance dans l'amour de Dieu !
Une occasion perdue. � Je ne dis pas que vous avez �t� tr�s coupable ; je veux seulement dire que, soit par mauvaise sant� ou exc�s de travail, vous n'avez pas tir� le meilleur parti d'une occasion. Mon tr�s cher ami, je ne veux pas que vous pensiez que je me permettrais de dire ces choses � quelqu'un � qui je dois tout, et qui m'a appris presque tout ce qui m'a �t� utile dans ce monde, si je n'�tais de ce c�t�, et que nous pouvons voir des choses ici que vous ne pouvez pas. J'esp�re cependant que vous serez capable de donner au monde entier un exemple, non pas de ce qu'on appelle r�signation chr�tienne, qui n'est souvent qu'un autre mot pour soumission d�sesp�r�e, mais le contentement et la joie indicibles qui sont le droit naturel de ceux qui vivent dans l'amour de Dieu. Ceci n'est pas mon message seul, c'est le message de tous ceux qui sont de ce c�t�. Pourquoi avez-vous �t� �lev� et plac� si haut, si ce n'est pour que vous puissiez faire briller son amour sur tous ceux qui vous voient, comme un miroir qui r�fl�chit les rayons du soleil ? Mon bien cher ami, pourquoi ne pleurez-vous pas, non pas parce que votre bien-aim�e est avec nous, mais parce que vous avez fait si peu de cas de la magnifique occasion que vous avez, de prouver � tous que l'autre monde est le monde de Dieu pour vous, et que ceux qui sont perdus pour d'autres, ne sont pas perdus pour vous qui croyez ?
Il ne sert � rien de dire que vous croyez si vous ne croyez pas. A quoi bon de dire que vous avez chaud quand vous grelottez de froid ? Je dois vous prier de ne pas m'en vouloir et de ne pas penser que je pourrais dire un seul mot, concernant quoi que ce soit de ce que nous voyons si clairement, oui si clairement, qui pourrait vous faire de la peine. Quel bonheur il y a maintenant de prouver � tous la r�alit� du triomphe du Christ sur la mort.
Guides de l�amour de Dieu pour l�homme. � Que puis-je dire pour vous convaincre ? Vous dites qu'il est facile pour moi de vous gronder, mais vous ne pouvez ni m'entendre ni me voir. Vous �tendez vos mains dans les t�n�bres pour votre bien-aim� qui se trouve pr�s de vous et vous ne sentez rien, et vous �tes inconsolable, et votre c�ur se r�volte et vous ne croyez pas.
Eh bien, aussi longtemps que vous �tes incr�dule, aussi longtemps vous perdrez votre pouvoir d'�tre le conducteur de l'amour de Dieu pour l'homme.
Le secret qu'a tout pouvoir de venir en aide � l'homme, est que vous soyez un instrument passif dans les mains de Dieu afin de pouvoir enseigner, montrer et prouver ce qu'il dit. Quand vous-m�me ou l'incr�dulit� intervenez, il y a faiblesse et perte de pouvoir. Je ne veux pas dire par l� que ce soit ce qu'on appelle g�n�ralement de l'�go�sme, je veux dire l'obscurit� des choses mat�rielles qui nous �loigne de Dieu et de sa V�rit�.
La mesure du chagrin de l'incr�dulit�. � Ce n'est pas la peine de dire que vous croyez quand vous vous sentez triste. Celui qui croit r�ellement ne peut jamais �tre triste. La mesure de votre chagrin est la mesure de votre incr�dulit�. Nous qui vivons dans l'atmosph�re de l'amour de Dieu, nous sommes tristes de nos imperfections. Mais quand l'acte n'est pas le n�tre mais le sien, quand le fait est ce que sa sagesse et son amour ont accompli, et non pas ce que notre �go�sme et nos fautes ont produit, alors la douleur est la mesure du thermom�tre spirituel de notre incr�dulit�.
La mort et la tristesse du monde. � Pardonnez-moi ; je regrette d'avoir � vous dire ces choses, vous qui avez �t� mon ma�tre, � qui je dois tout ce que je suis maintenant, � mon ami bien-aim�. Ce n'est pas agr�able pour moi de vous dire ces choses. C'est une chose bien dure. Mais je connais votre foi et je connais votre amour, et j'ai confiance de les voir briller radieux et comme l'amour de Dieu devant les yeux d'un monde attrist�. Quelle terrible vue que celle de la race humaine ! Rien de ce que vous avez jamais dit, ou �crit ou r�v� ne pourrait jamais exprimer le sens de l'horreur et la quantit� de malheur et d'angoisse qui r�gne sur le monde par suite de la pr�sence de la mort. La mort est venue par la faute ; Christ est venu triompher sur l'une et l'autre. Mais Il n'a pas triomph� si ceux qui se servent de Son nom ne comprennent pas le vrai sens de l'immortalit� de leurs bien-aim�s. Christ a d�truit le voile obscur que le p�ch� avait mis entre les deux mondes. Christ a ouvert le monde des esprits � ceux qui sont sur terre. Mais depuis son temps, le voile a �t� graduellement remis ; jusqu'� ce que maintenant la mort soit devenue une s�paration aussi tangible qu'elle l'�tait du temps des pa�ens. Mais cela doit �tre chang� et c'est � vous qu'incombe le devoir d'une grande partie de ce travail ; c'est un privil�ge distingu�, une glorieuse opportunit�.
Faites un retour sur vous-m�me, non pas comme celui qui se d�sole pour les morts qui sont perdus, mais comme celui qui se r�jouit d'avoir trouv� ceux qu'il croyait perdus.
Et si vous �tes fid�le, alors la joie de l'amour de Notre Seigneur, qui remplira votre c�ur, sera comme le point du jour qui luit d'en haut aux regards tristes et voil�s par le chagrin de la race humaine.
Et maintenant mon tr�s cher et estim� ami, pardonnez-moi ! Ce que j'�cris, ce n'est pas pour moi seule, mais pour tous ceux qui sont de ce c�t� qui ont mis en vous leur espoir. Au revoir !
Votre amie affectionn�e,
Julia.

5� La loi du d�veloppement spirituel

Les communications avec les Esprits ne sont pas nuisibles aux Esprits. � Une de ses communications qui fut donn�e le 18 juin 1893, �tait �videmment adress�e � moi toute enti�re.
Je suis dans l'au-del�, mais je suis en constante communication avec vous du c�t� de la terre. Cela a �t� pour moi une grande source de f�licit�. Je ne puis pas concevoir comment il est possible � quiconque de se figurer que de telles communications peuvent retarder le progr�s. Le progr�s d�pend de l'amour et du service et vous limitez la surface des deux quand vous mettez un mur d'airain entre les sph�res. La conception de la terre consid�r�e comme lieu g�ographique est tr�s mat�rielle. Vous pensez trop � la mati�re. Vous ne pouvez pas comprendre que pour moi et pour tous ceux qui sont de ce c�t�, vous �tes des esprits obscurs dans un petit corps limit� et conditionn� par cette obscurit�. Mais le r�el � Ego � est esprit, non pas obscurci par la chair et la vie est un minist�re et un sacrifice, un service et de l'amour.
Donc, comme ce moyen de communication me rend capable de secourir et de servir ceux que j'aimais, qui sont souvent douloureusement contraints et troubl�s, vous pouvez voir combien est absurde la doctrine qui dit que les communications sont un obstacle au d�veloppement.
La le�on de l�incarnation. � La question ici se pose d'embl�e : Christ eut-il tort ? Son incarnation a-t-elle diminu� sa Divine Nature et lui a-t-elle nui ? Dans la n�gative, souvenez-vous donc de son propre exemple. De m�me qu'il nous a sauv�s, de m�me nous devons sauver les autres, en marchant aussi loin que possible sur les traces de Notre Seigneur. Vous �tes � m�me d'attester le fait si, oui ou non, pendant les onze mois que j'ai �t� en communication avec vous, j'ai cherch� autre chose que votre bien-�tre et celui de vos amis. Cela vous aurait-il �t� bon d'�tre sans mon amiti� ? J'ai �t� toujours pr�s de vous, et j'ai plus d'une fois �t� � m�me de vous dire ce qui devait arriver, de vous expliquer ce qui paraissait myst�rieux, et en g�n�ral de vous aider et de vous encourager dans tout votre travail. Qu'y a-t-il l� qui puisse faire du mal ? Je suis �tonn�e que l'on puisse avoir l'esprit aussi mat�riel que de s'imaginer que la sph�re terrestre est une surface g�ographique et non spirituelle. Personne n'est sur la sph�re terrestre qui vit dans l'esprit du Seigneur. Le lien est immat�riel, l'esprit est tout.
Les lamentations des �preuves. � Or, il y a des millions de bonnes �mes ici, dont l'amour pour ceux qu'ils ont laiss�s sur terre est vaste et d�vorant. Il y a des m�res qui ont �t� ravies � leurs enfants ; il y a des femmes qui ont perdu leurs amants ou leurs maris ; il y a des hommes sans nombre qui aiment et qui ont perdu leur seule joie dans la vie, pendant qu'il y avait un ab�me entre eux et ceux qu'ils aimaient. Oh, mon cher ami, ne dites pas de telles absurdit�s ! A quoi bon de dire qu'ils devraient trouver leur enti�re consolation dans l'amour de Dieu ? Comment Dieu s'est-il r�v�l� � moi ?
Il se r�v�le seulement � ceux qui aiment ; il n'y a point de Dieu quand il n'y a pas d'amour.
Croyez-vous que nous, de ce c�t�, parce que nous vivons plus visiblement dans la pr�sence de Dieu, et plus consciencieusement dans la lumi�re de l'amour de Notre Seigneur, nous aimons moins pour cela ceux que nous aimions sur terre ? Je vous dis que c'est une erreur. C'est tout � fait le contraire. Nous les aimons de plus en plus, � mesure que nous nous d�veloppons en gr�ce et dans la connaissance du Seigneur.
La barri�re doit �tre d�truite. � Mais comment se fait-il que nous nous trouvions s�par�s par une barri�re de ceux que nous aimons ? En partie, sans aucun doute, par notre propre faute. Mais, aussi, grandement par la v�tre.
Une arm�e du Dieu vivant. � On vous a enseign� la communion des saints ; vous dites et vous chantez toute esp�ce de choses au sujet des susdits saints, en haut et en bas, comme s'ils �taient une arm�e du Dieu vivant mais quand l'un de nous de l'autre c�t� essaie de faire quelque effort pour vous permettre de comprendre son identit�, et de vous faire sentir que vous �tes entour�s par un si grand nombre de t�moignages, alors s'�l�ve un cri : c'est contre la volont� de Dieu ! C�est se m�ler des d�mons ! C�est conjurer les mauvais esprits ! Oh mon ami ! Mon ami ! Ne vous laissez pas tromper par ces cris fallacieux ! Suis-je un d�mon, moi ? Suis-je un esprit familier ? Fais-je quelque chose qui soit contraire � la volont� de Dieu, quand j'essaie sans cesse de vous inspirer plus de foi en Lui, plus d'amour pour Lui et pour toutes ses cr�atures, et en un mot de vous rapprocher de plus en plus de Dieu ? Vous savez que je fais tout cela. C'est ma joie et la loi de mon �tre. Je continuerais � le faire m�me si vous refusiez de me servir de votre main. Je suis plus privil�gi�e que la plupart, parce que je puis interpr�ter consciencieusement mes actes pour vous. Mais je ne fais consciencieusement pour vous que ce qui est fait aux autres qui sont plus ou moins inconscients des influences auxquelles ils sont soumis.
Une f�licit� venant d'en haut. � Prenez, ma petite ch�rie H�l�ne, pour exemple. Je ne lui �cris plus jamais avec votre main, parce que je puis communiquer directement avec elle et je le fais. Je ne me rends pas visible � ses yeux mais elle sait que je suis avec elle constamment et toujours plus, quand elle est plus tourment�e. Mais s'il ne vous �tait pas arriv� d'�tre � F... comme vous dites, H�l�ne n'aurait eu qu'une vague semi conscience, qu'on oserait � peine nommer un espoir, que j'�tais avec elle. Maintenant elle le sait. Et vous pouvez lui demander si ce n'est pas pour elle une grande f�licit� venue d'en haut.
Un oc�an d'amour c�leste. � Oh, mon ami, mon ami, vous ne connaissez pas le volume d'eau rafra�chissante qui jaillira de ce rocher si vous frappez dessus, combien d'�tres seront sauv�s qui meurent dans un aride d�sert d'incr�dulit�. Je ne parle pas maintenant de religion, je parle d'amour. Il y a de l'amour dans ce monde comme il y a de l'eau dans la mer. Ses vagues g�missent et sanglotent sur la rive de la vie humaine ; mais vous ne pouvez ni m'entendre, ni me comprendre. Pourquoi ne cherchez-vous pas � inonder ce monde d'amour c�leste ? Si vous ne le faites pas, qu'est-ce qui vaut la peine d'�tre fait ?
Les dangers des communications avec l�Au-del�. � Je d�sire dire maintenant un mot au sujet du danger des communications dont vous entendez tant parler. Je n'ai pas beaucoup � dire. Qu'il y a de l'amour de ce c�t�, est vrai.
Le diable et ses anges ne sont pas de simples abstractions m�taphysiques. Il y en a de mauvais, de faux, de frivoles de ce c�t�, comme il y en a de votre c�t�. Nous ne pouvons pas �tendre le but et la port�e de l'existence, sans, en m�me temps, accro�tre le pouvoir de la tentation, de la perte et du p�ril probables. Mais toute la question est une question de mesure. Et ce que je veux vous demander, c'est ceci : Vous, ou tout autre de votre monde, avez-vous jamais cess� de communiquer avec vos enfants, quand ils �taient partis pour aller vivre de la vie plus agit�e d'une ville, par la pens�e qu'ils sont entra�n�s dans le tourbillon des tentations et par le risque du mal et du danger ? Vous riez de la suggestion. Pourquoi ne riez-vous pas �galement quand ceux que vous aimiez sont partis non pour New York, Chicago ou Londres, mais quand ils sont entr�s dans la pr�sence de Dieu ?
Je ne vous demande pas d'ouvrir une porte dans votre �me pour que tous ceux qui se sentent dispos�s, et qui sont ici puissent entrer pour la poss�der. Vous pouvez, si vous voulez, soit de ce c�t� ou de l'autre, entrer en camaraderie avec les bons ou les mauvais. Je puis dire que cela est aussi vrai de ce c�t� que du v�tre, qu'il est possible de faire des connaissances dont il est peut-�tre difficile de se d�barrasser.
Mais il en est de m�me � Londres. Vous ne craignez pas de venir � Londres de la campagne, bien qu�� Londres il y ait des milliers de voleurs, d�ivrognes, d�escrocs et d�hommes de vie mauvaise et vicieuse.
Le risque : rien � aimer. � Vous dites que vous veniez � Londres pour travailler et que par cons�quent c��tait impossible d��viter le danger.
Oui, et de m�me qu�on est forc� de courir les risques de communiquer avec le domaine plus grand de l'existence spirituelle.
Vous demandez pourquoi ? Oh, mon ami, pourquoi ? Est-il besoin de faire cette question ? S'il en est ainsi, alors vous n'avez jamais aim�, ou connu la passion ardente d'aider ceux qu'on aime. Je laisse l� le fait de l'amour. Je ne veux pas discuter maintenant sur ce que vous aimez et connaissez, de l'importance de comprendre la nature partielle de la vie terrestre. Je me base sur le grand et universel besoin du c�ur humain qui n'a pas conscience de la pr�sence et de l'existence des �tres bien-aim�s enlev�s subitement par la mort : Ce que vous appelez, mort, et qui est r�ellement l'entr�e dans la vie. Il est n�cessaire de courir le risque d'�tre avec de mauvais esprits pour le bien qui r�sulte d'�tre en contact consciencieux avec les bien-aim�s disparus avant.
Rien de surnaturel. � Et croyez-moi, le danger est terriblement exag�r�. Il provient presque enti�rement des notions fausses et insens�es qui ont pr�valu. Si seulement vous pouviez vous p�n�trer de l'id�e de la continuit� de l'existence ; si seulement vous vous souveniez que, quoique les conditions de l'existence soient chang�es, la vie elle-m�me ne change pas, vous n'auriez plus � affronter autant de m�chancet�s qui proviennent de ce que vous croyez, que, quand nous vous parlons, vous �tes mis en pr�sence d'une esp�ce de bouleversement spirituel de quelque chose de tout � fait surnaturel qui vient troubler votre vie.
Une telle chose que le surnaturel n'existe pas. Tout est naturel, et Notre Seigneur est le Seigneur de tous !

 

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