SECONDE S�RIES
A celui qui �crit (au m�dium)
1 � Apr�s avoir pass� le seuil
Quoique mes communications avec Julia aient �t� plus ou moins r�guli�res, elles ont eu rapport, pendant les cinq derni�res ann�es principalement, � des faits dans lesquels j'ai �t� personnellement int�ress� et pendant deux ans environ, je me suis abstenu de la questionner sur sa vie de l'au-del�. Dans une des derni�res lettres qu'elle m'�crivit, elle s'excusa de ne pas �crire davantage alors. Elle dit qu'elle trouvait que c'�tait montrer trop de pr�somption que de vouloir d�crire un pays d�s qu'on y est arriv� et elle ajourna pendant quelque temps toutes communications sur ces sujets. Je respectai son silence mais � la fin de 1894, Julia annon�a qu'elle reprendrait ses communications, et ce qui suit en est le r�sultat. Les ent�tes �manent de moi. Il y a lieu de remarquer qu'ici et l�, dans ces communications, il y a des annotations faites en passant, qui semblent modifier le caract�re du message. Il faut l'attribuer � certaines questions que je posai ou � des observations mentales que je fis, tout en lisant ce que ma main �crivait.
17 d�cembre 1894.
Mon tr�s cher ami. � Mon devoir envers vous et envers tous ceux avec qui vous avez des rapports est tr�s important. Ma t�che cependant est agr�able, et vous devrez me permettre de dire � ceux qui sont encore incarn�s, quelque chose de plus de la vie qu'ils m�neront quand leur corps ne leur sera plus utile.
A l�heure et � l'article de la mort. � Dans mes premi�res lettres, je vous ai dit ce que j'ai �prouv� quand se fit pour moi le changement qu'on appelle la mort. J'ai depuis lors vu d'autres �preuves chez un grand nombre d'esprits venus de ce c�t�, et je sais maintenant plus qu'alors. En ce qui me concerne, le changement se fit absolument sans peine. Je d�sire qu'il en soit ainsi toujours pour tous ceux qui sont destin�s � mourir. Malheureusement, le moment de la transition est souvent plein de douleur et de crainte. Chez quelques-uns, il dure comparativement assez longtemps ; je veux dire, le temps de la d�sincarnation. Chez d'autres, il ne dure qu'un moment. L'enveloppe s'ouvre, la lettre en sort, et tout est fini. Mais quelquefois la naissance de la mort est comme celle de l'enfance, et l'�me doit faire de grands efforts pour �tre libre. Il n'y a pas de cause visible pourquoi il en est ainsi. C'est-�-dire que je ne sais pas pourquoi chez les uns la transition est plus facile que chez d'autres. Mais il est certain que cela est ainsi. Et, apr�s tout, la s�paration de l'�me et du corps n'est qu'une affaire de peu de temps. Il n'y a aucune raison pour l'envisager avec autant de crainte. L'�me tranquille, qui est pr�par�e et qui sait, ne doit pas m�me �prouver la moindre �motion de peur. Les pr�liminaires de la mort sont souvent p�nibles ; la r�elle s�paration, quoique �tant parfois accompagn�e d'une sensation de terreur, n'a que peu d'importance.
Rev�tu par la pens�e. � Quand l'�me quitte le corps, elle est au premier moment enti�rement nue comme � la naissance. L'esprit corps, d�barrass� du corps physique, est consciencieux, du moins je le fus presque d�s le d�but. Je m'�veillai, me tenant debout pr�s de mon corps mort, pensant que j'�tais encore vivante et dans ma forme physique ordinaire. Ce ne fut que quand je vis mon corps dans le lit que je sus que j'avais subi un changement. D�s que l'esprit se rend compte de sa nudit�, le v�tement dont il a besoin vient le couvrir. L'id�e chez nous est cr�atrice. Nous pensons et la chose est. Je ne me suis pas souvenue d'avoir mis aucun v�tement. Le besoin s'en fait sentir et se trouve aussit�t satisfait. Quand nous nous sentons pour la premi�re fois de ce c�t�, nous �prouvons moins de peur que de respect et de curiosit�. La sensation d'�tre dans un pays inconnu et inexplor�, o� il peut y avoir toute esp�ce d'�tres inconnus, parfois hostiles, vous remplit d'un effroi passager. Et alors le Seigneur, dans sa bont�, envoie vers l'�me nouvellement d�livr�e l'Ange gardien dont je vous ai d�j� parl�.
L'Ange gardien. � Pour autant que j'aie �t� capable de m'en assurer, ce messager d'amour et de piti� va � la rencontre de tous les hommes qui meurent. Il n'est pas fait de distinction entre le bon et le m�chant. Le messager est envoy� �galement � tous. Mais le m�chant n'a pas la facult� de le voir. Le bon, non seulement profite de ses conseils, mais le sent, et sait qu'il est avec lui. Le bon Dieu envoie ses secours, de votre c�t� et du n�tre : son tendre amour se r�pand sur toutes ses cr�atures.
Mais il y en a qui ne le connaissent pas, et, quand il veut les attirer plus pr�s de son c�ur, c'est comme s'ils ne voyaient, n'entendaient, ni ne sentaient rien. Mais je crois qu'il aime mieux ceux qui ont le plus besoin de Lui. Il a soin des �mes orphelines, quoiqu'elles ne Le voient pas, et elles souffrent, parce qu'il est n�cessaire qu'elles soient d�barrass�es des fautes qui ont souill� leur �me.
Envelopp� de t�n�bres. � L'expiation du p�ch� se manifeste principalement par l�impossibilit� de voir Dieu. La punition du p�ch�, auquel il peut �tre rem�di�, est le sentiment d'abandon et d'obscurit� qui accable les �mes sans amour, quand elles viennent dans ce monde, o� l'atmosph�re est l'amour �ternel. Et elles en souffrent jusqu'au moment o� elles commencent � aimer. Quand elles aiment, elles se tournent vers Dieu et voient dans les t�n�bres un rayon de l'amour infini et �ternel, qui leur permet de concevoir comme nous-m�mes, qu'elles vivent, se meuvent et poss�dent l'existence. Il y a beaucoup � dire sur ce sujet dont je vous parlerai plus tard. Pour le moment laissez-moi vous dire ceci : il y a, quand l'�me qui est d�pourvue d'amour vient ici, autant de soins pris pour la recevoir, que quand arrive l'�me qui en est p�n�tr�e. Mais l'�me �go�ste est aveugle et noire et elle frissonne dans l'obscurit�. L'imagination, qui est en nous beaucoup plus puissante qu'en vous, remplit la solitude de spectres etle p�cheur se sent entour� par les visions constamment renouvel�es de ses actes. Mais ce n'est pas tout encore ; il voit ceux auxquels il a fait du mal, et il a peur. Si jamais une �me a besoin d'un Sauveur et d'un Lib�rateur, c'est quand l'imagination et la m�moire font rena�tre les actes �go�stes d'une vie sans amour.
18 d�cembre 1894
Seul dans un monde nouveau. . � Quand on se trouve tout seul pour la premi�re fois, de ce c�t�-ci, il n'y a pas toujours, comme vous pourriez le penser, un grand d�sir de retourner vers le monde qu'on vient de quitter. La premi�re sensation n'est pas celle-l�, mais celle de l'�tonnement et de la curiosit� pour le nouveau monde. Quand je me suis �veill�e, j'�tais si �tonn�e et si �merveill�e de ce que je voyais, des choses diff�rentes et d'autres semblables, que je ne d�sirais pas revenir. L'esprit ne peut pas subir trop d'�motions � la fois. Apr�s que la premi�re sensation de la nouveaut� est pass�e, vous commencez � vous rappeler vos amis. Je me souviens d'avoir vu la garde-malade aupr�s de mon lit et d'avoir essay� de lui parler, mais je fus bient�t convaincue que c'�tait impossible, et que la nouvelle vie s'ouvrait devant moi.
Voici comment cela a lieu. Il y a tant de choses qui sont famili�res et aussi tant d'autres qui sont �trang�res, que vous ne sentez pas un imm�diat besoin de revoir des choses que vous avez vues toute votre vie et continuer � les voir, tandis qu'il y a tant de choses qui sont nouvelles que vous n'avez jamais vues. Vous �tes naturellement absorb� parce qui est nouveau et c'est seulement apr�s, quand vous avez senti, vu et compris ce que sont les nouvelles choses, que votre esprit se tourne vers celles que vous avez quitt�es, et que vous d�sirez revenir pour dire ce que vous avez �prouv�.
Avez-vous jamais d�sir� revenir dans cette vie ?
Elle �crivit :
Nul d�sir de retourner. � non, je n�ai jamais d�sir� un moment retourner dans mon corps.
Le corps est un si mis�rable rempla�ant pour l'esprit, qui nous fait vivre, mouvoir et agir, suivant que nous pensons. Non, si je pouvais revenir et vivre sur la terre, comme autrefois, je ne le voudrais pas ce serait toute perte et nul profit. Il n'y a rien que le corps pourrait me donner dont je ne jouis pas maintenant. Seulement d'une mani�re �th�r�e et plus r�elle ; et beaucoup de choses dont je jouis maintenant seraient perdues pour moi par mon retour dans mon corps.
Et en ce qui concerne la s�paration d'amis qui ont surv�cu ?
Aucune s�paration. � C'est, je l'admets, une privation pour eux et pour vous, en ce que vous les voyez se plaindre de cette privation. Mais ce n'est pas une privation r�elle. On est avec eux pour les aider plus que quand on vivait ; quand le d�part vous fait �prouver une perte mat�rielle, comme par exemple, pour un p�re qui doit travailler pour entretenir sa famille, quand les enfants ont faim, sont s�par�s de lui, ou sont envoy�s � la maison des pauvres, vous pouvez bien penser que c'est un grand sacrifice pour lui. Et d'une mani�re, c'est vrai. Mais vous ne pouvez avoir aucune id�e de la sensation permanente dont la plupart des choses nous impressionnent ici. La premi�re est la vive r�alisation de l'amour de Dieu ; la seconde est la nature excessivement transitoire de toutes les choses terrestres, et la troisi�me, la force avec laquelle la pauvret� et la mis�re aident � la cr�ation du caract�re, au d�veloppement de l'amour.
Ces choses vous font sentir tr�s diff�remment de ce que vous, qui �tes encore courb�s sous le joug de la mati�re, vous pouvez tout � fait comprendre.
La perspective des choses est pour nous si diff�rente.
La diff�rence de perspective. � Nous voyons que ce qui semble souvent dur et cruel pour vous est au contraire la plus grande b�n�diction de l'amour de Dieu. Nous savons qu'il est Amour, et que ce qui semble le moins aimant, c'est de ne pouvoir r�duire � son minimum la souffrance n�cessaire pour former � nouveau l'�me � la ressemblance de l'amour de Dieu. Quels que puissent �tre vos autres doutes, ne perdez jamais de vue que Dieu est Amour. L'atmosph�re de l'univers est la r�alisation de l'amour de Dieu ; et plus je vis ici, moins il est possible, il semble, d'en douter. Le soleil luit. La lumi�re du soleil remplit le ciel, et il n'y a pas � en douter. Dieu est Amour. Son amour remplit l'univers, il n'y a pas le moindre doute pour nous. De m�me que le nuage ou la nuit ne nous font douter du soleil, nous ne doutons pas de Dieu � cause du p�ch� et des t�n�bres o� Il n'est pas visible.
Oh, mon ami, mon ami ! J'ai honte des mots pauvres, vils et mis�rables et des m�taphores dont je me sers maintenant pour essayer de vous donner quelque id�e de la sensation abondante, d�bordante et enveloppant tout, que nous avons de l'amour de Dieu. Cela, mon ami, c'est le Ciel et quand vous le poss�dez, vous avez le Ciel. Tout se r�sume en ceci :
Dieu est Amour, Amour est Dieu, et le Ciel en est la r�alisation parfaite.
23 d�cembre 1894. � Ce que je veux �crire ce matin, c'est au sujet de l'�me d�sincarn�e imm�diatement apr�s la mort. Quand elle se rencontre avec l'Ange gardien, il y a habituellement une grande surprise.
Les m�mes et pourtant pas les m�mes. � Tout est si nouveau, il y a des choses si inattendues, semblables et diff�rentes. Quand, par exemple, nous nous �veillons dans la vie nouvelle, nous sommes encore dans le m�me monde. Toutes les choses qui nous �taient famili�res sont autour de nous, les murs, les tableaux, la fen�tre, le lit, et la seule chose nouvelle est votre propre corps en dehors duquel vous vous sentez et vous ne comprenez pas comment il se peut qu'il soit l� et que ce n'est plus vous. Et alors, vous commencez � vous rendre compte clairement de ce qui est arriv�.
Cela ressemble beaucoup � ce qu'on �prouve apr�s un r�ve, lequel apr�s tout est souvent attribuable � la m�me cause ; c'est l'�me consciente qui quitte la forme physique, laquelle cependant continue de respirer. La premi�re chose que vous remarquez, qui n'est pas la m�me, c'est l'Ange. Vous �tes rest� le m�me. Je veux dire qu'il n'y a pas de solution de continuit� dans votre conscience, dans votre m�moire, ni dans votre sexe. J'�tais femme dans ma vie corporelle, et je suis femme encore. Il n'y a pas de changement l�. Mais cependant on est diff�rent d'une certaine mani�re.
Sur l'aile de la pens�e. � L'Ange gardien qui vint vers moi avait des ailes comme je l'ai dit. Il n'en a pas habituellement, mais quand nous d�sirons en avoir, nous pouvons en prendre. Elles ne sont pas plus n�cessaires qu'aucun des moyens dont vous vous servez pour faire dominer l'esprit sur le poids de la mati�re. Nous pensons et nous y sommes. A quoi bon donc d'avoir des ailes ? Il y a des illusions de th��tre utiles pour communiquer l'id�e de sup�riorit� � certaines conditions attach�es � la terre, mais nous ne nous en servons pas plus que de machines � vapeur. Mais j'�tais contente que mon Guide e�t des ailes. Cela semblait plus � ce que je pensais que ce serait et devait �tre, et j'�tais tout de suite plus � mon aise que je n'eusse �t� autrement.
La voix du Guide. � Quand mon Guide vint � moi, il me parla d'une voix tr�s douce mais forte, qui a en elle la confiance de l'Invisible. Elle me fit tressaillir d'outre en outre, ce qui ne me parut pas �trange. Et en effet, cela ne l'�tait pas, car il avait �t� souvent avec moi pendant ma vie terrestre, quoique je ne l'eusse jamais vu. Je le reconnus comme une partie ancienne et intime de moi-m�me, c'est ce qui me fit penser tout d'abord que c'�tait une femme. Et quand il me dit : � Venez ! �, je n'h�sitai point. Il y avait, comme pour ainsi dire, une r�ponse naturelle � ce qui semblait sugg�r� par sa propre conscience. Cela est souvent le cas. Nous avons tous nos guides : ces anges qui nous sont inconnus et invisibles, nous sugg�rent tous de bonnes actions et nous d�tournent du mal. Ils sont avec nous par la pens�e et nous recevons souvent leurs avertissements comme si c'�taient des suggestions �manant de notre propre esprit. Tels ils sont mais l'esprit qui inspire est tout � fait hors de notre � propre Ego � conscient.
Notre Ego sup�rieur. � L'Ange gardien est en effet une partie de nous-m�mes ; la partie la plus �lev�e, la plus pure et la plus d�velopp�e de notre propre personnalit�. Cela est peut-�tre un peu difficile � comprendre, mais c'est vrai. Il y a de mauvais esprits comme il y en a de bons qui ne sont pas moins constamment avec nous ; ils sont quelquefois visibles, comme les anges des t�n�bres, quand nous les rencontrons.
Ils sont toujours avec nous et nous sommes avec eux ici, quand nous nous d�sincarnons. Nous sommes toujours attir�s de�� del�, par nos bons et mauvais guides. Nous les appelons, ou nous les appelions impulsions, d�sirs capricieux, aspirations qui viennent sans savoir d'o�. De ce c�t�-ci, nous voyons d'o� ils viennent.
Les sens consid�r�s comme �ill�res. � L'�me qui est dans le corps n'entend que vaguement, et ne voit pas toutes les innombrables influences dont elle est entour�e. La premi�re et la plus saisissante chose que nous ayons � apprendre, c'est que nos sens, nos sens mat�riels, ne nous servent pas autant pour nous aider � voir et � entendre que pour nous emp�cher de voir et d'entendre. Nous sommes sur terre comme si nous avions des �ill�res. Nous ne pouvons gu�re voir, entendre ou savoir ce qui est autour de nous.
La conscience physique qui est une partie de nous-m�mes, n�cessite pour son d�veloppement la r�clusion temporaire de la vie des r�alit�s du monde des esprits dans laquelle elle est introduite par la mort. Par cons�quent, quand nous fermons nos yeux dans le sommeil de la mort, c'est plut�t pour nous d�barrasser des �ill�res qui limitaient et bornaient notre vue que pour ainsi dire pour toute autre chose. Je parle du changement conscient de nos sens.
Bons et mauvais esprits. � Nous pouvons donc concevoir ce qu'�taient les sources de ces vagues impressions, de ces intentions et de ces aspirations toujours changeantes. Nous �tions toujours au milieu de ces �tres, mais nous les prenions � tort pour des parties de nous-m�mes. Ils sont distincts, quoi que unis, car personne ne peut vivre seul par lui-m�me. Nous sommes tous les membres les uns des autres, et cela est aussi vrai de l'esprit que du corps.
Ces mauvaises influences existent. Cela je le sais. Nous les voyons mais nous ne pouvons les craindre. Car, celui qui est pour nous est plus grand que tous ceux qui sont contre nous. Il est amour et Il est plus puissant que la haine. Le seul pouvoir que poss�dent les m�chants est d� � nos craintes et au manque de notre foi. Ils sont impuissants quand nous nous soumettons au bon gardien qui est toujours pr�s de nous, ou quand nous connaissons Dieu, qui est amour. Je n'ai pas vu grand-chose de ce mauvais c�t� de la vie, de sorte que mes renseignements doivent �tre plus ou moins incomplets.
Une nouvelle libert� de mouvement. � Quand je commen�ai � me mouvoir, je marchais comme j'en avais l'habitude, et cela me semblait tout naturel. Mon Guide marcha � mes c�t�s, et nous v�mes le monde comme il �tait, avec des esprits qui se mouvaient parmi les hommes. Je ne pus d'abord distinguer ce qu'il en �tait ; il me semblait que c'�taient tous des �tres vivants. Mais je vis les esprits passer � travers la mati�re et s'en aller, comme ne pourraient le faire des corps physiques. Puis, j'interrogeai mon Guide et il me dit que ceux qui avaient v�cu sur terre et avaient disparu �taient comme moi. Puis, je vis qu'ils se mouvaient quelquefois comme s'ils avaient encore leur corps et, d'autres fois, comme s'ils �taient des anges, allant et venant en grande h�te et j'en fis la remarque � mon Guide. Et il me dit : � Oui, ils peuvent agir comme il leur pla�t, car l'esprit a le pouvoir d'aller vite ou lentement. � Et puis je pensai, puisque cela leur est possible, je dois pouvoir le faire aussi. Et je me demandai, sans parler, mais par la pens�e, si cela �tait bien vrai ? Et mon Guide, sans que j'eusse parl�, r�pondit et dit: � Cela est aussi possible pour vous. � Et je lui dis alors : � Pouvons-nous aller comme ils vont, partout o� nous allons? � Et il sourit et dit : � Si vous le voulez, vous le pouvez. � Et ainsi j'acquis ma premi�re exp�rience de la nouvelle libert� de locomotion. La terre parut diminuer sous moi.
Un vol � travers l'espace. � Nous travers�mes l'espace � une grande vitesse. Je ne sentis pas la vitesse autant quand j'�tais en mouvement, que quand nous nous arr�t�mes et que nous p�mes nous rendre compte et de la vitesse et de la distance que nous avions parcourue. Quand nous nous arr�t�mes, ce ne fut pas du tout dans ce monde.
Nous avions quitt� votre plan�te et nous traversions rapidement l'espace.
Jour de No�l 1894. � J'�tais � peine consciente du mouvement. C'�tait la pens�e qui nous guidait. Rien que les choses que nous v�mes d'abord disparurent et il n'y avait rien, pour arr�ter ou r�gler notre vol. Nous �tions ensemble, mon Guide et moi. Nous all�mes jusqu'� un endroit, � une grande distance de votre terre. Cette distance je ne puis la mesurer, car nous ne tenons aucun compte de la distance, puisqu'il suffit de penser pour �tre en un lieu quelconque. Les �toiles et les mondes dont vous voyez la brillante clart� la nuit, sont pour nous tout aussi familiers que le village l'est au villageois. Nous pouvons aller o� cela nous pla�t, et nous en avons tr�s souvent le d�sir.
La passion de savoir. � Car il y a une passion qui augmente, plut�t qu�elle ne diminue de ce c�t�, c'est le d�sir de savoir et d'apprendre. Nous avons tant � apprendre et tant d'occasions. Nous ne serons jamais capables de dire que nous savons tout concernant ce monde, car la merveilleuse sagesse de Dieu est au-dessus de notre conception. Quand nous avons atteint ce que nous pensons �tre le point le plus �lev�, un nouvel horizon de merveilles se pr�sente devant nous. Nous le traversons, et quand nous arrivons � une halte, dans l'au-del� s'�tend, encore un nouveau monde invisible de merveilles dans lequel nous pouvons aussi, dans un nouvel �tat de d�veloppement, commencer � voir. Ce qui nous tourmente, si je puis me servir de ce mot, c'est toujours et partout l'�tendue illimit�e de l'univers. Nous le voyons se d�velopper en haut et en bas toujours et toujours. Plus nous nous effor�ons de p�n�trer ce myst�re et plus il para�t insondable.
Le voyage au del� des limites. � Le voyage que mon Guide me fit faire fut long, mais je ne pourrais en dire la longueur. Il me conduisait, je n'avais qu'� vouloir pour le suivre. Le mouvement n'�tait pas celui du vol, c'�tait de la transmission de pens�e de soi-m�me. En regardant en arri�re, je vis que c'�tait plus simple et plus facile de se rendre compte de la distance. Maintenant le mouvement est instantan�. Mais tout d'abord il �tait graduel. Nous semblions glisser sans effort dans l'air apr�s avoir march�. Le monde disparut lentement de notre vue comme quand on est dans un ballon, et puis il s'�loigna derri�re nous, et nous pass�mes � travers l'air ou � travers l'espace dans l'�ther sans limites. Mon Guide alla un peu devant moi. Je sentis d'abord une certaine frayeur. Mais il �tait avec moi et il y avait en outre une telle enivrante sensation de libert� et de pouvoir. Vous ne savez pas quelle prison est le corps avant d'en �tre d�livr�.
J'�tais transport�e, je me sentis si bien, si libre, si heureuse !...
Concernant ceux que vous aviez laiss�s en pleurs.
Un lieu tr�s agr�able � contempler. � Je n'ai pas beaucoup pens�, durant mon voyage, � ceux que j'avais quitt�s. Je savais qu'ils �taient en vie et bien, et qu'ils viendraient bient�t par ici et seraient avec moi. L'abondance dominante des sensations semblait ne laisser aucune place aux regrets ni aux pens�es de l'ancienne vie. Il se peut que vous en �prouviez du regret, mais je vous cite des faits. Vous le trouverez ainsi aussi le premier jour. Et je pense que c'est bien et non mauvais, car autrement cela aurait �t� diff�rent.
Pendant que nous voyagions, je parlais peu. Mes pens�es �taient occup�es et cependant je n'avais pas m�me la conscience de penser, mais seulement de sentir et de voir, aspirant � chaque instant de nouvelles impressions. Quand il nous semblait que nous arrivions dans un nouveau monde, je parlai. Je demandai � mon guide : � Qu�est-ce que ceci ? Est-ce le ciel ? � Il r�pondit : � Attendez et vous verrez. Vous trouverez l� ceux qui vous enseigneront ce que vous d�sirez savoir. �
Le lieu �tait tr�s agr�able � contempler. L�air �tait doux, et il y avait comme en juin, un parfum d�licieux de fleurs. Le monde � car c��tait un monde dont nous nous approchions � ne paraissait pas diff�rent de notre vieux monde, mais il �tait cependant diff�rent : il y avait rien qui choquait. La sensation d�une paix tranquille et d�un amour satisfait r�gnait partout. L�endroit avait un air de joie et de calme ; je me souviens de l�entrevue, mais je n�entrerai pas dans les d�tails.
2 � La vie dans l'Au-del� !
10 mars 1895. � Mon tr�s cher ami. Je d�sire vous �crire une tr�s longue lettre, ce matin. Je diff�rerai tout ce que je puis avoir � dire concernant des choses personnelles, afin de vous transmettre le message dont je suis charg�e. C'est un message qui ne vous est pas personnel, mais qui est g�n�ral et que je d�sire que vous publiiez dans le � Borderland �. Nous n'avons pas souvent l'occasion de pouvoir nous adresser � ceux qui sont encore incarn�s ; je vous prie donc de m'accorder l'entier usage de votre main et de votre plume pour, au moins, une heure.
R�union avec les disparus. � Vous vous rappelez que, dans mon dernier message, je vous ai dit comment nous avons voyag� jusqu'au pays o� je rencontrai mes amis bien-aim�s. La rencontre fut tr�s agr�able, mais cependant aussi quelque peu �trange. On y �prouvait une sensation diff�rente. Ceux que je rencontrai �taient encore aussi affectueux que quand je leur ai dit adieu, mais ils �taient cependant quelque peu diff�rents. Il n'y avait rien qui me rappel�t la douleur et le chagrin o� je les avais vus la derni�re fois. Ils avaient grandi spirituellement. Je me sentis moi-m�me un pauvre enfant � c�t� d'eux. Cependant, ils n'�taient pas fiers, mais ils savaient et aimaient davantage. Ils �taient tr�s tendres et tr�s bons pour moi. Mon ange gardien me confia � eux. Elle (Julia parle de son Guide indiff�remment. Comme Lui ou Elle expliqua quand je l'interrogeai, que dans leur interpr�tation, les anges ne sont ni masculins ni f�minins.) dit : � Elle a besoin de ce que vous savez lui donner. �
La premi�re chose qu'ils m'ont enseign�e, c'�tait de voir ceux que je connaissais de ce c�t�. C'est ainsi que cela a lieu presque toujours. Je ne fus pas une exception. Quand l'�me se r�veille dans l'au-del�, elle est souvent entour�e de ceux qu�elle a aim�s et servis pendant la vie, mais quelquefois, il s'�coule un peu de temps, comme c'�tait mon cas. Pourquoi ? Je vous en dirai plus tard la raison. Mais l'espace est �troit. Nous vous parlons d'espace, parce que vous �tes encore domin�s par les conditions terrestres ; et quand vous venez par ici, vous trouvez qu'il est difficile au d�but, de se d�barrasser de ses anciennes conceptions. Elles s'en vont par degr�s, comme la chrysalide qui devient papillon. Mais vous verrez que le Guide et le P�re qui est tout amour s'adaptent facilement � vos faiblesses, � votre ignorance et � vos pr�jug�s.
Pourquoi ils ne m'ont pas rencontr�e. � Quand je suis venue ici, je n'avais pas v�cu longtemps sur terre et quand je mourus, j'�tais encore dans toute la force de ma jeunesse. Parmi ceux qui m'avaient pr�c�d�e ici, il n'y avait personne qui avait �t� assez intime avec moi sur terre, pour me faire d�sirer de les voir avant toute autre chose. Si, par exemple, H�l�ne avait �t� de ce c�t�-ci, ma premi�re pens�e e�t �t� pour elle, et elle e�t �t� avec l'ange. Mais, comme tous les d�sirs de mon c�ur �taient pour ceux qui �taient encore de votre c�t�, mes affections �taient dirig�es vers le monde et les �mes encore incarn�es. Quant au Nouveau Monde, ce que je sentais �tait plut�t de la curiosit� et de l'�tonnement, que l'imm�diat d�sir ardent du c�ur de rencontrer ceux qui m'y avaient pr�c�d�e. L'ange vint donc seul � ma rencontre. De l�, le voyage en apparence si long � travers l'espace.
Concernant l'espace ?
Mon tr�s cher ami, il m'est impossible de r�pondre � toutes vos questions. Quand vous comprendrez (ce que je pourrais appeler) l'autre c�t� de toutes choses, et que vous admettrez que les choses que vous voyez sont temporelles, mais que celles que vous ne voyez pas sont �ternelles, vous serez plus apte � concevoir ce que j'essaie maintenant de vous dire, quant � l'apparence de l'espace.
Reconnaissance. � Quand je trouvai mes amis, il y avait environ cinq ou six de mes parents et amis intimes qui �taient de ce c�t� depuis quelque temps. Ma ch�re petite s�ur �tait la plus affectueuse et la plus ch�re de toutes. Je la vis devant moi avec son air enfantin, exactement comme elle �tait il y a de longues ann�es pass�es ; quand je fus s�par�e d'elle, il me semblait que c'�tait pour toujours. Mais elle n'avait pris sa forme enfantine que pour se faire reconna�tre. Apr�s un certain temps, quand je sus mieux ce que c'�tait que la vie ici, elle se r�v�la alors comme on la voit maintenant, comme un esprit qui est devenu femme. Il n'y a aucune difficult� pour nous de nous rev�tir d'une forme quelconque dont nous avons besoin pour l�occasion. Je ne veux pas dire que je pourrais prendre pour toujours un d�guisement quelconque, mais on peut se montrer pendant le temps n�cessaire comme on d�sire �tre. Car la pens�e qui est subtile est comme un artiste peintre ou sculpteur, aussi capable d'affecter toutes les ressemblances apparentes de la personne elle-m�me.
L'analogie du double. � Cela ne devrait pas vous �tonner, puisque vous en avez maintes preuves, m�me de votre c�t�, dans le ph�nom�ne du double. Oui, le double seul se reproduit lui-m�me. Mais si, tandis que vous �tes encore inanim�s, vous �tes capables de reproduire votre double en apparence r�el et vivant, rev�tu parfois de v�tements qui n'existent que dans votre pens�e, pourquoi douteriez-vous que nous puissions faire la m�me chose, seulement dans une plus grande mesure ? Nous n'avons aucun besoin de le faire pour notre propre int�r�t ; mais quand un nouveau venu nous arrive, ou quand nous avons � nous manifester � vous qui �tes encore incarn�s, alors nous avons besoin de nous servir de la pens�e-cr�ation et de donner une forme visible et tangible aux apparences avec lesquelles vous �tes familier.
Pouvez-vous me dire comment cela se fait ? � Non, je n'entrerai pas dans ce sujet ; il y a des choses bien plus importantes � �crire que les mat�rialisations qu'on produit.
La surprise capitale. � Ma petite s�ur m'ayant embrass�e et souhait� la bienvenue, dans la sph�re o� les aim�s et les perdus sont unis, me prit par la main et me conduisit vers les amis qui m'attendaient non loin de l�. Ils �taient tous tr�s bons et tr�s tendres, et ils me dirent beaucoup de choses. La plus grande surprise que j'�prouvai �tait, dans le fait que nous nous ressemblions tous tant. Nous n'avions pas l'air d'�tre devenus des anges ou des saints. Quant � moi, je le crains, je n'�tais nullement une sainte. J'�prouvai d'abord un certain effroi qui me saisit ; mais � mesure que cette sensation de terreur se dissipait, je repris conscience de moi-m�me, et je me sentis r�ellement comme j'avais �t� seulement, je poss�dais une beaucoup plus grande sensation de pouvoir et de libert�. J'�prouvai une sensation toujours croissante de vitalit� � doublement et triplement agr�able apr�s ma maladie � et une grande sensation de paisible absence d'agitation. Aucun sentiment de perfection. � Mais ne vous figurez pas que je me sentais comme une sainte ou un ange ; car cela n'�tait pas et je crains que cela ne soit pas encore maintenant. Le sentiment de l'imperfection est encore en nous. Oh, mon ami, mon ami, il y a des hauteurs � gravir dont vous n'avez pas l'id�e ; il y a des profondeurs d'amour infini que nous n'avons pas m�me essay� de mesurer. Et plus nous voyons, et connaissons et comprenons l'amour divin, et plus nous nous sentons perdus dans le contraste, entre l'immensit� de son amour et l'incapacit� infiniment petite de nos propres �mes. Mais la diff�rence entre ce que nous ressentons ici et sur terre est que la conscience de l'amour est partout. Nous voyons ce que nous sommes et souvent nous le regrettons et nous nous affligeons de notre insuffisance. Mais nous savons que nous vivons dans le vrai amour de Dieu et que nos fautes m�mes nous �l�vent. Mais nous tr�buchons en v�rit� et sommes loin de la gloire de Dieu.
La persistance de l'individualit�. � M�me ici ! Oh, mon ami, mon ami, pensez-vous que cet amas de forces passionn�es et violentes qui constituent ce que vous appelez votre Ego devait venir ici, s'il fallait que l'habitation terrestre de votre tabernacle f�t dissoute, que vous seriez, en un instant, dans un clin d'�il, tout � fait autre que vous n'�tes ? Cet esprit qui est v�tre, serait-il d�gag� des traits caract�ristiques qui vous font �tre r�ellement vous ? Non, je vous dis non. L'individualit� n'est pas �limin�e, mais elle augmente plut�t en essence et s'harmonise dans ses d�fauts. Le mal dans le monde est que c'est tout diff�rent. Il y a tant de frottements dans les plis et replis secrets de l'individualit�, que la vraie individualit� souvent dispara�t.
Ce n'est pas que je veuille dire que nous ne sortons jamais de notre caract�re mais nous sommes, comme vous pourriez l'appeler, dans un sanatorium moral et spirituel. Nous avons apport� avec nous, tous nos d�fauts. Nous nous en gu�rissons. Vous pouvez comprendre cela par analogie avec l'effet que produisent certains climats sur des maladies, sur terre. L'ozone de notre vie ici est l'amour. Et, mon cher ami, si vous aviez seulement assez d'amour, vous auriez le ciel o� vous �tes. Croyez-moi, il n'y a pas de plus grande v�rit� que celle-ci : Dieu est amour ! Dieu est amour !
Comment l'amour fait le ciel. � Et le ciel diff�re le plus de la terre en ceci : On y trouve plus d'amour, et chaque amour qui fait battre le c�ur humain rend la terre plus semblable au ciel. Non, je ne veux pas �tre attir�e dans une discussion au sujet des diff�rentes sortes d'amour. J'ai �crit l�-dessus avant. Tout ce que j'ai besoin de vous dire � pr�sent, c'est que l'amour qui vous met hors de vous-m�me et rend le bonheur d'un autre si important pour vous, qu'il rend la peine et le chagrin joyeux, est plus � d�sirer que les plus grands plaisirs s'ils servent au bien-�tre des bien-aim�s ; c'est que cet amour est l'amour qui domine le monde. Le p�ch� n'est que l'absence d'amour. Le chagrin serait transform� en joie, si seulement vous aimiez. Je sais ce que vous voulez dire. Mais la peine vient de ce qu'on aime quelqu'un trop � non, on ne peut jamais aimer trop. Souvent on aime les autres trop peu, et la peine que vous sentez parce que, comme vous dites, vous aimez quelqu'un trop, est r�ellement parce que vous aimez les autres trop peu.
Le manque d'amour est l'enfer. � Vous avez par exemple, perdu, par le d�part ou par malentendu quelqu'un que vous idol�triez, vous �tes malheureux et la vie vous para�t sombre et n'a plus de but : cette tristesse et ce chagrin ne sont pas parce que vous aimez, mais parce que vous n'aimez pas.
Le secret de la vraie vie. � Car ce qui vous chagrine c'est le vide, c'est l'absence dans votre vie. Vous n'avez pas p�n�tr� le secret de la vie r�elle, si vous ne savez pas que l'amour est la baguette magique qui peut transformer le monde et que partout o� il n'est pas transform�, c'est parce que vous n'aimez pas. Par exemple, si votre c�ur �tait toujours plein d'amour pour tous les hommes, comme cela est pour la femme que vous adorez avec le plus de passion, si chaque �tre, humain ou sensible, �tait aim� de vous avec le m�me �lan et d�sir de l'aimer et de le rendre heureux, que vous �prouvez dans des cas semblables pour celle que vous aimez, vous ne seriez jamais d�sol� ni perdu. La vie ne serait jamais un vide, ni l'existence un fardeau. Non, mon tr�s cher ami, croyez-moi, quand je dis que quelle que soit la chose que je puisse avoir � vous enseigner, il n'y a rien qui, pour un instant, est comparable en importance � ceci : Le secret ouvert du ciel est l'amour. Celui qui vit dans l'amour parfait est au ciel. � La haine c'est l'enfer et Dieu est avec tous ceux qui aiment, pour autant qu'ils aiment. Dieu est amour. Ceux qui n'aiment pas sont sans Dieu.
La mort existe pour les vivants. � Mais vos questions et vos objections me d�tournent de ce que je disais, quand je suis venue parler avec mes amis, ils m'ont dit des choses qui d'abord m'�tonnaient. Ils me disaient, par exemple, que je pourrais aller parmi tous ceux que j'avais quitt�s et que je n'�prouverais aucune sensation de s�paration.
Car les esprits de nos amis sont sinc�res pour vous de ce c�t�. Puis je dis : � La mort n'existe pas � et ils rirent de joie. � Naturellement non � r�pondirent-ils, � non pour nous qui sommes morts. � La mort n'est qu'une sensation de privation et de s�paration que les soi-disant vivants �prouvent, un incident de limitation de la � vie �. La mort n'existe que pour les � vivants �, et non pour nous. Et je d�sirais aussit�t aller voir si c'�tait ainsi et d�s que j'en avais con�u la pens�e, j'�tais de retour parmi ceux que j'aimais. Je vis Minerva, et j'essayai de me faire voir d'elle. Je vis H�l�ne, et elle ne voulut pas m'�couter et alors je revins et je dis : � Non, la mort existe. � Ils ne peuvent ni m'entendre, ni me voir, ni parler, ni sentir mon contact. Et mes amis dirent : � La mort existe pour le corps, et ceux qui sont incorpor�s sentent la mort m�me pendant la vie ; mais quand ils dorment, et quelques-uns quand ils sont �veill�s peuvent tenir conversation avec l'esprit avant la mort. � Et, comme vous le savez, j'ai trouv� que c'�tait ainsi. Mais quelquefois, l'esprit est tellement plong� dans la mati�re, il est si pr�occup� des affaires du monde, que m�me quand le sommeil d�livre l'�me subconsciente, elle ne voit rien de nous. Le plus souvent, cependant, nous pouvons voir, et parler et communiquer librement avec les esprits de nos amis vivants. Mais ils peuvent rarement communiquer leurs impressions � la conscience physique, qui est pour nous presque aussi inerte et aussi inimpressionnable, que le corps d'un homme endormi l'est aux hommes vivants qui l'entourent.
Un autre t�moignage. � Dans les Annales de la Soci�t� des Recherches Psychiques d'ao�t 1895, il y a un compte-rendu tr�s d�taill� de Mr Myers sur les exp�riences de Mr Stainton Moses. Aux pages 87 et 88, nous avons ce qu'on pr�tend �tre un expos� des communications faites par l'interm�diaire de Mr Stainton Moses, 21 juillet 1871, par l'esprit de l'�minent eccl�siastique Samuel Wilberforce, �v�que de Winchester. Soit que l'intelligence qui communiquait f�t d'une mani�re quelconque li�e � l'esprit d�sincarn� de l'�v�que, ce n'est pas mon intention de discuter ; je d�sire simplement appeler l'attention sur la communication re�ue, qui pr�tendait venir de cette source, afin de montrer, comme un fait positif, combien il �tait naturel et simple pour l'intelligence de transmettre une communication qui correspond de si pr�s � l'expos� de la � vie dans l'au-del� � donn� par Julia.
� Quand mon esprit s'�veilla � la conscience de la vie �ternelle et de ses alentours, je me trouvai en compagnie d'anges joyeux et b�nis, les ministres de l'abondante mis�ricorde de mon Dieu pour moi. Le choc qui m'avait s�par�e de la terre avait �t� si brusque, que d'abord je n'�tais pas consciente d'�tre dans le monde des esprits. Mais, mon cher p�re se fit conna�tre � moi et me convainquit que j'�tais vivante et parmi ceux qui brillaient. Aupr�s de lui �tait ma ch�re m�re et ils furent unis apr�s avec le pur esprit de Keble, et des �mes philanthropiques qui se r�jouissaient de s'assembler autour de lui, qui sur terre �tait un chef parmi les hommes, en philanthropie et en actes d'amour. Ce furent eux qui me conduisirent � la maison o� demeurent mes gardiens. D'eux, j'apprends ce qui m'est n�cessaire et � abandonner beaucoup de ce que je croyais autrefois d'importance essentielle. Ah ! avec quelle facilit�, l'esprit renonce aux opinions auxquelles il �tait si tendrement attach�.
� Je fus inform�e, par mes gardiens, que je me mettrais en communication avec vous. Ce fut votre esprit directeur, qui maintenant �crit pour moi, qui me le communiqua. Je m'y soumis avec joie et maintenant je suis contente, au del� de toute expression, d'avoir atteint la sph�re o� tant d'�tres qui me sont chers vivent encore, quoique h�las ! h�las ! je ne puis pas arriver jusqu'� eux. Ils ne savent pas, et ne peuvent pas l'apprendre encore. Depuis que j'ai quitt� la terre j'ai �t� occup�e � m'initier dans mon travail et � me pr�parer pour la vie du progr�s auquel mon �tre est maintenant d�vou�. D�j�, sous la conduite de mes gardiens, j'ai pass� par la premi�re sph�re, o� sont assembl�s ceux qui sont attach�s � la terre par les affections, ou sont incapables de s'�lever jusqu'ici. L�, j'en vis certains que j'avais connus, quand ils �taient incarn�s, et j'appris par eux et par d'autres, beaucoup de choses que j'avais besoin de savoir. Mon travail sera du m�me genre jusqu'� ce que j'arrive � la sph�re qui m'est d�sign�e. Je suis venue vous donner ces quelques mots d'assistance et de consolation.
� Ne perdez pas courage !
� On a tant de choses � demander. Les sph�res sont-elles comme ce monde ?
� En tout semblables. Il n'y a que le changement de condition qui fait la diff�rence. Il y a ici des fleurs, des fruits, de beaux paysages, des animaux, et des oiseaux comme chez vous. Les conditions mat�rielles sont chang�es. Nous n'avons pas besoin de nourriture comme vous et nous ne tuons pas pour vivre. La mati�re, comme vous l'entendez, n'existe plus ; et nous n'avons aucun besoin de substance, except� de celle que nous aspirons avec l'air que nous respirons. Nous ne sommes pas non plus arr�t�s dans nos mouvements par la mati�re comme vous l'�tes. Nous nous mouvons librement, et par la volont�. J'apprends par degr�s et comme un enfant nouveau-n�, � m'habituer aux nouvelles conditions de mon �tre.
� Les choses vous semblent-elles r�elles ?
� Tout � fait et tr�s belles. �
22 mars 1895.
La rencontre avec J�sus. � Mon tr�s cher ami, puis-je continuer mon message ?... Je vous remercie beaucoup. Quand j'avais essay� en vain de communiquer avec Minerva et avec H�l�ne, je commen�ai � �tre un peu triste. Il me semblait que j'�tais loin des vrais int�r�ts qui m'attachaient � la vie. C'�tait, sans aucun doute, tr�s agr�able d'�tre bien, et c'�tait d�licieux de pouvoir se mouvoir aussi librement que quand on pense ; mais pourtant les personnes que j'aimais le plus, et le travail dans lequel j'�tais le plus absorb�e �taient l�, et je me sentis cependant triste. C'est alors que le bon ange, qui m'avait accueillie dans ce monde, me prit pour aller voir Notre Seigneur. Je n'ai rien � ajouter � ce que j'ai �crit avant.
La tristesse et la douleur se dissip�rent. � C'�tait beau et grandiose, au del� de toute expression. Il n'y avait pas d'espoir d'une r�union et je ne fus m�me pas capable de r�aliser le fait que je l'avais rencontr�, jusqu'� ce que je vis tout le paysage en flammes et en feux, comme le rayonnement du ciel qui s'ouvrait quand Il me parla. La cause de cette difficult� fut, je suppose, dans l'extr�me naturel de tout ce que j'entendis et je vis. C'est une si grande difficult� de penser qu'aujourd'hui, et hier, c'est la m�me chose. Quand il y a quelque chose de ce que nous avions coutume d'appeler, l'ordre surnaturel qui arrive au milieu de ce qui semble si naturel, il est difficile de l'admettre. Mais, oh, mon ami, quand on le comprend, combien est grand le changement ! Le monde entier �tait transfigur� dans la r�alisation de l'intensit� et de la constance de son amour. Et, depuis ce moment, je n'ai jamais �t� triste, except� pour mes propres ti�deurs et mon propre manque d'amour. Oh, mon tr�s cher ami, si seulement nous pouvions croire davantage dans le vrai sens de son amour.
3� Concernant la divinit� de Notre Seigneur
La divinit� de J�sus. � Oh, pourquoi vous tourmentez-vous tant de ces questions scolastiques ? La chose qui vous regarde est certainement ce qui est, et non ce qui peut avoir �t� d�fini, il y a des si�cles. Mon tr�s cher ami, quand vous viendrez de ce c�t� et que vous aurez un sens plus vif de la majest� et des merveilles de l'univers ; quand vous verrez comme nous voyons tous les jours, le grand d�ploiement de la gloire infinie du P�re Infini, et quand vous verrez aussi, comme nous voyons, que le secret de toutes choses est amour, et qu'il n'y a jamais eu autant d'amour r�v�l� � l'humanit� qu'en Lui, vous pourrez comprendre combien il est vrai qu'il �tait p�n�tr� de la pl�nitude de l'Esprit divin incarn� en Lui.
23 mars 1895. � Mon tr�s cher ami, cela est vrai. Soyez tout � fait passif ; ne faites pas de questions, mais permettez-moi d'�crire comme si je me servais de ma propre main. Ce que je d�sire vous dire, et par vous, aux hommes et aux femmes, parmi lesquels je vivais autrefois en esprit incarn�, n'est pas un message que vous pouvez faire na�tre par d'avides questions. Demandez-moi ce que vous voulez apr�s que j'ai fini, mais, en attendant, soyez aussi passif que possible et moi j'�crirai.
Le divin pouvoir de l�amour. � Maintenant, mon cher ami, je d�sire continuer du point o� je me suis arr�t�e, et vous dire, autant que je le puis, et d'une mani�re cons�cutive, ce qu'ont �t� mes �preuves quand je me suis trouv�e de ce c�t� pour la premi�re fois. Quand j'eus vu la splendeur de l'�clat de l'amour qui inondait le monde, j'�tais hors de moi de joie. Tout l'amour que j'avais connu, dans l'autre monde, devint insignifiant aupr�s du brillant rayonnement de cet amour qui m'enveloppait comme d'un v�tement, et me rendait capable de voir quelles ressources merveilleuses, quels pouvoirs dont on ne peut se faire une id�e, furent tout le temps dans le c�ur de chacun de nous. Car, il n'y a pas d'autre terme pour l'exprimer que l'amour-Dieu est amour, et amour est Dieu, et le pouvoir mystique de Dieu est amour. Nous pouvons �tre comme Dieu pour autant que nous entrions dans sa Divine nature, qui est amour. Nous pouvons �tre Dieu quand nous aimons, et nous nous �loignons de Dieu, quand nous n'aimons pas. Quand vous vous sentez incapable de sympathiser avec quelqu'un, parce que vous �tes incapable de sympathiser aussi avec ses d�fauts, vous �tes hors de Dieu.
Il est tout en tout, et tout son tout est amour et l�on ne peut pas faire na�tre ses desseins, de la haine et de l'inimiti�.
Oh ! si je pouvais seulement vous faire voir, comme nous le voyons ici, combien il est vrai que ceux-l� seulement vivent qui aiment ; que tout ce qui n'est pas fait d'amour est comme la mort ; que l'�me qui n'aime pas est sans Dieu, dans une profonde obscurit� ; et que le seul moyen de sauver le monde est de l'inonder d'amour, de le submerger d'amour ; oui, l'amour m�me pour les plus mauvais. Ce n'est pas en n'aimant pas les hommes, m�me � cause de leurs fautes, que vous les sauverez de leurs p�ch�s. Pardonnez-moi, mais c'est l� la v�rit� ; tout ce que je pourrais dire d'autre n'est que superficiel ; mais ceci est l'essence de tout.
L'impression produite par J�sus. � Quand j'�tais revenue de ma d�licieuse surprise de la lumi�re nouvelle, je me sentais domin�e par une sensation de merveilleuse soumission envers mon Seigneur : car il n'y avait en Lui rien de la majest� qui terrifie et repousse. La seule supr�me id�e qu'il laissa dans mon esprit fut celle de l'attraction infinie d'amour ; et un amour qui me fut personnel.
Il n'y avait aucune jalousie dans mon amour, mais je sentais qu'il m'aimait autant personnellement qu'il aimait quelqu'un d'autre et Il d�sirait mon amour, sans lequel ni Lui ni moi ne pourrions �tre complets.
La pens�e de Dieu. � Je sais que vous pensez que ceci est un blasph�me ; je l'aurais moi-m�me pens� autrefois ; mais c'est l� l'�tat incomplet de l'id�al non encore r�alis� et la pens�e de Dieu ne sera pas compl�tement incorpor�e, � moins que chaque c�ur ne palpite d'amour correspondant jaillissant vers Lui qui est tout amour, en qui nous vivons, et nous nous mouvons et avons notre existence.
Et le c�ur plein de cette grande joie nouvelle je conversai avec Lui... Ce que je voulais dire et ce qu'il comprit �tait tr�s simple. Je d�sirais ardemment et simplement, mais d'un d�sir qui remplissait toute mon �me, faire conna�tre cet amour qui �tait au del� de toute conception, � ceux que j'aimais et Il me souriait avec un contentement tendre quand je lui parlai, et je savais que je n'�tais pas repouss�e.
La patience de Dieu. � Mais je n'avais pas encore la permission de commencer mon travail. Ce que j'avais � faire �tait de commencer � pr�parer mon travail. J'avais tout � apprendre ; et parmi les le�ons que j'avais � apprendre ce qui me fut par-dessus tout impos�, ce fut d'acqu�rir la patience qui attend. Lui attend ; car pour Lui le temps n'existe pas, et il voit la fin depuis le commencement. Et quand nous, dans notre empressement impulsif, nous voulons nous pr�cipiter et changer, oubliant que le temps n'est qu'un mode de la pens�e, Il nous retient et je fus retenue. Mais cela me parut dur ; je d�sirais m'en aller tout de suite pour vous dire quelle est la v�rit� du monde. Mais je dois attendre ; attendre et apprendre. Et j'�tais pr�par�e � ex�cuter ma mission.
31 mars 1895. � Mon tr�s cher ami. Je continue mon message avec plaisir. Vous �tes si occup�, je crains quelquefois de n'�tre jamais capable de vous dire ce que vous devez savoir.
Le caract�re est la seule preuve. � La valeur du caract�re que vous ignorez quelquefois et que vous ne reconnaissez pas toujours � juste titre, doit �tre vue, comme nous le voyons ici pour �tre appr�ci�e.
Nous avons d'�tonnantes surprises ici. Nous voyons les hommes tels qu�ils ne sont naturellement pas toujours tous les hommes. Mais quand l'enveloppe est �t�e, nous voyons la nature de l'�me et ce qui la d�termine, c'est le caract�re. Je sais que cela para�t �tre un lieu commun. Mais cela ne semble pas en �tre un, quand on le comprend comme nous le comprenons ici. Non. Il vous est difficile, par un effort d'imagination de vous rendre compte du changement qu'on ressent � vivre dans un lieu o� la seule preuve est le caract�re, o� les convenances, la position et le travail ne comptent pas non, ni les professions religieuses. L'id�e que vous avez si souvent dans le monde, que les mots que vous prononcez avec les l�vres ont une influence magique sur vos c�urs, doit �tre vue dans son absurdit� fausse pour �tre comprise. Nous voyons les choses comme elles sont, et non comme elles paraissent �tre ; nous rencontrons tant de surprises, d'�tonnants changements et de r�volutions sur l'opinion qu'on a des hommes et des femmes. Oh, mon ami, mon ami, si le premier mot de mon message est : Dieu est amour, et ceux qui aiment, vivent en Dieu, mon second mot assur�ment doit �tre : Ne jugez pas, ne jugez pas ; car vous ne pouvez pas voir, vous ne pouvez pas entendre ; vous �tes tous comme des enfants dans les t�n�bres, cherchant � deviner les couleurs des ombres jet�es sur un �cran. Vous ne voyez pas la couleur, et cependant vous �mettez un jugement t�m�raire. Ne jugez pas avant que vous ne voyiez l'homme tel qu'il est souvent ce qui vous para�t �tre le plus mauvais est le meilleur. Parfois le mieux en apparence est parmi le plus mauvais. Le mobile n'est pas tout, mais c'est beaucoup ; cela si vrai que ceux chez qui le mobile est cach� ne peuvent pas juger pleinement. Ma propre exp�rience de tout cela �tait, tr�s vari�e, et je devins bient�t accoutum�e � m�priser toutes les distinctions que j'avais faites quand j'�tais en vie. Alors j'avais coutume de demander si celui-ci ou celui-l� �tait religieux ; s'il appartenait � cette �glise-ci, ou � celle-l�, o� � l'autre �glise ; maintenant ces choses ne m'int�ressent pas plus que les colifichets et les nouveaux genres de la mode. Nous ne demandons pas, de quelle �glise on est. Laissez-moi vous dire ici que vous pouvez mal interpr�ter ce que j'ai �crit. Ce n'est pas que je pense que d'�tre religieux n'a aucune importance, tout a de l'importance. Ce que je voulais dire, c'�tait de m'immiscer dans les affaires d'�glise pour arriver � savoir si oui ou non telle personne �tait religieuse. C'est l� une chose absurde dont nous ne nous pr�occupons pas. Nous ne nous soucions jamais de ces choses except�es quand elles entravent la vraie religion. Nous nous plaignons, et nous avons continuellement � d�plorer le fait qu'elles sont substitu�es � l'amour, qui est l'accomplissement de la loi. Le degr� d'amour qui anime une personne, donne la mesure de sa religion. Le degr� de haine ou d'indiff�rence qui paralyse l'amour dans l'�me est l'�preuve de l'irr�ligion. L'amour d�vore l'�go�sme, comme les rayons du soleil d�vorent la nuit sombre et noire. Cela est Dieu dans la vie. C'est cela que nous voyons. La lumi�re qui brille dans les t�n�bres. L'amour est cette lumi�re. Nous ne nous soucions pas de la forme des volets qui l'enl�vent, ni des discussions sans fin sur les fen�tres qui la laissent entrer. Il est si ais� de r�pondre � ces questions. La meilleure fen�tre, quelle est-elle ? C'est la fen�tre qui laisse entrer le plus de lumi�re. O� donc est la lumi�re qui est l'�preuve de la fen�tre ? Et la lumi�re de la vie est amour, et l'amour c'est Dieu, et Dieu c'est l'amour et ceux qui n'aiment pas sont ceux qui sont dans les profondes t�n�bres, et dans la vall�e de l'ombre de la mort. Le p�ch� consiste � vivre sans Dieu ; c'est-�-dire, sans l'amour. Mais plus on y pense et plus on voit que l'amour qui est �go�ste, n'est pas de l'amour et l'amour qui fait du mal, n'est pas de l'amour, mais de la cruaut�. L'amour qui sacrifie le bien-�tre permanent de l'�tre aim�, � la satisfaction imm�diate du plaisir du moment, n'est pas de l'amour vrai. L'amour quel qu'il soit exige un certain degr� d'effort, et cela est vrai de l'amour du Tr�s-Haut comme de l'amour des hommes et des femmes, de l'effort qui est n� de l'intelligence qui pr�voit. Et l'amour r�el est le plus per�ant de toutes choses.
4� Comment donner plus de lumi�re
18 septembre 1896. � J'ai beaucoup de choses � vous dire, et j'esp�re que vous serez tout � fait passif et que vous ne m'interromprez pas.
Investie d'un message. � �coutez donc. Je vais �crire une lettre pour les lecteurs du Borderland, qui sera une communication tr�s utile. Nous y avons pens� depuis longtemps et je suis charg�e de vous la communiquer � la premi�re occasion.
Je l'�crirai sans m'arr�ter, en en faisant un peu chaque jour, jusqu'� ce qu'elle soit finie. Je pense que cela me prendra environ une semaine pour la finir. Et vous devez me laisser avoir l'usage de votre main, sans interruption. C'est pour leur donner, ce que nous savons �tre, le conseil le plus important pour la conduite de la vie.
Nous avons tous vu, avec un int�r�t intense, les efforts faits par l'homme actuel pour d�couvrir, s'il est possible, ce qui se trouve dans l'Au-del�. Nous qui y sommes, nous ne sommes pas moins anxieux de communiquer avec vous � qui avez encore � tra�ner vos corps � et de vous faire savoir ce qui serait le mieux � conna�tre pour vous sur terre, en vue de la vie nouvelle qui vous attend. Et j'avais esp�r� que dans les lettres que j'ai commenc�es dans le Borderland, je vous aurais expliqu� maintes choses. Mais elles ont �t� interrompues, et je vois maintenant que c'�tait mieux ainsi.
Aucune pr�tention pour l�infaillibilit�. � Nous qui avons fini d'�tre dans la mati�re, nous faisons souvent des erreurs dans nos esp�rances, de m�me que vous, et nous nous trompons dans nos jugements. Personne, except� Lui qui est au-dessus de tout, ne sait tout. Nous ne devenons pas infaillibles, parce que nous sommes d�barrass�s de nos corps. Nous voyons beaucoup de choses que vous ne voyez pas.
Mais nous faisons des progr�s, de l'obscurit� � la lumi�re, de l'ignorance au savoir. Et par cons�quent c'est cela qui, quand nous voulons le dire, et j'esp�re que nous le voudrons souvent, vous aidera et vous permettra de trouver mieux votre chemin. Nous n'usurpons jamais le droit de donner des ordres. Nous ne sommes que trop contents de vous communiquer nos pens�es � mais ce n'est pas de la Sagesse divine � ce n'est que la pens�e de vos amis qui, �tant d�livr�s de leurs corps terrestres, ont la clairvoyance et habitent le pays de l'amour et de la lumi�re.
Pas de lumi�re nouvelle, mais plus de lumi�re. � Notre grande difficult�, en formulant notre message, est le fait que nous n'avons rien � dire qui n'ait pas �t� d�sir�, plus ou moins, par l'un ou l'autre de ces messagers qui ont enseign� � l'homme le chemin de Dieu. Mais ceci est �vident. Vous devez reconna�tre que Dieu ne vous a pas laiss�s dans les t�n�bres durant toutes ces �poques, ni ne vous a donn� des lumi�res pour vous �garer. Ce que nous avons � faire, n'est pas de vous donner ce que je pourrais appeler une r�v�lation r�volutionnaire, autant que de vous donner plus de lumi�re pour vous �clairer un peu mieux. Nous ne pouvons pas d�crire l'immensit� de la gloire de cette lumi�re. Nous qui vivons au milieu de cette lumi�re, nous d�couvrons de plus en plus l'imperfection de notre vision. Et il en sera toujours ainsi. Le progr�s, le progr�s �ternel, oubliant toujours les choses qui sont derri�re, aspirant toujours pour celles qui sont en avant, c'est la loi universelle.
Il y a beaucoup de choses, cependant, auxquelles nous pensons pour r�pandre la lumi�re.
Et je vais aussit�t commencer � expliquer ce que c'est que nous d�sirons vous faire sentir de plus important.
� Je pensai tout de suite � � l'amour �.
L'Evangile qui sauvera le monde. � Je ne vais pas vous r�p�ter ce que j'ai dit souvent d�j� concernant l'amour. Il n'y a rien � ajouter ni � retrancher de ce que j'ai dit au sujet de l'amour, quand j'ai �crit la premi�re fois avec votre main.
Car l'identification de l'amour, en quelque lieu qu'on le trouve, tel que Dieu, ou un rayon de Dieu, pur et brillant, l��manation authentique de Dieu, en raison de ce qu'il est d�sint�ress� et capable de sacrifice dans sa nature, c'est l� l'�vangile qui sauvera le monde. Et quand les hommes vous demandent o� est Dieu, alors vous pouvez r�pondre, l� o� est l'amour. Cela je l'ai dit d�j�, et je pourrais continuer � le dire toujours. Mais de le r�p�ter ne servirait pas � �tendre la lumi�re. Et ce que nous voulons faire, c'est de vous donner plus de lumi�re, afin de la faire rayonner avec plus de gloire sur le monde dans lequel vous vivez.
Oui, cela peut �tre fait, si vous voulez �tre passif et ne pas faire de votre esprit une roue tournante de questions. Quand vous aurez fini vos questions je pourrai continuer � �crire. Mais quand votre esprit est si surexcit� et s'occupe de tant de choses personnelles, je ne puis pas me fier � votre main pour transmettre mon message. Oui, je puis comprendre. Mais la compr�hension ne suffit pas pour faire marcher l'instrument. Quand vous serez � l'�tat passif, je reprendrai mon message. Il est tr�s important d'avoir l'esprit passif, calme et en �tat de recevoir.
19 septembre 1896. � Maintenant, je continue o� j'ai cess�.
Son message. � Ce que nous d�sirons le plus vous dire, c'est de vous efforcer de vous habituer � la contemplation. Vous �tes beaucoup trop press�s, vous devenez tous trop affair�s. Comment pouvez-vous penser vous mettre en communication avec Lui qui est amour, si vous n'avez pas quelques moments dans la journ�e o� vous pouvez �tre seul avec Lui et avec nous ? Oh, mon ami, quand nous vous voyons absorb� chaque jour et tr�s tard dans la nuit, par les choses de la vie, et si pr�occup� qu'aucune voix de l'Au-del� ne peut arriver jusqu'� vos oreilles, quelle chance avez-vous de vous d�velopper dans les connaissances de l'Esprit ? Autant � peu pr�s qu'une servante d'une pension de famille en a pour apprendre les math�matiques. Oh, mon ami, ce que le monde demande, c'est de faire cesser cette fi�vre inqui�te au sujet de choses triviales qui s'usent en s'en servant.
Ce que les temps n�cessitent le plus. � Ce qui est le plus n�cessaire � l'humanit�, c'est d'avoir le temps de penser, le temps de m�diter, le temps de prier, le temps, en un mot, pour le Divin.
De quoi avons-nous le plus besoin dans nos efforts pour mettre ce monde-ci en contact avec le v�tre ? Pourquoi, n'ai-je pas r�ussi comparativement, avec vous ? Pourquoi le bureau au sujet duquel je vous ai �crit, il y a plusieurs ann�es d�j�, n'est-il pas encore �tabli ? Tout cela, pour une chose et pour une chose seule. C�est-à-dire que tout le temps dont vous disposez, vous le d�pensez pour les choses de cette vie de mouvement, passag�re. Cela ne peut aller ainsi, votre monde ne recevra pas de lueur de l'Au-del�, car nous ne faisons jamais une lumi�re aussi grande, quand la journ�e enti�re se passe dans les multiples et incessantes occupations des affaires de ce monde. Non pour vivre r�ellement, il faut prendre le temps de penser prendre quelques moments, au moins, de silence pour que vous puissiez entendre nos voix. Ceci n'est rien de nouveau, mais le monde semble l'oublier plus qu'autrefois ! Nous ne pouvons rien faire pour �tablir la communication � moins que, pendant quelque temps, vous puissiez dire � vous-m�me : � Paix ! sois tranquille ! �
Cinq minutes de m�ditation. � Nous ne demandons pas d'impossibilit�s. Nous ne voulons pas qu'un journaliste pratique la vie contemplative des moines de la Th�ba�de. Mais nous voulons que pendant cinq minutes, chaque jour il ait la possession paisible de son �me. Tout le reste de la journ�e, le monde et les affaires la poss�dent. Mais s'il y avait seulement cinq minutes chaque jour, pendant lesquelles l'�me pourrait penser paisiblement sur les rapports existant entre vous et l'amour � qui est la manifestation de Dieu dans la vie � ne serait-ce pas mieux pour vous ? N'auriez-vous pas plus de chance pour voir ce que vous avez perdu ?
� N'est-ce pas moi qui sugg�re ces moyens ? �
Une explication en passant. � Oh, mon ami, combien peu vous comprenez l'action de l'intelligence sur l'intelligence. Tout ce que je vois dans votre intelligence, la connaissance de la langue anglaise, par exemple, ou l'association des id�es, sont pour moi autant de moyens par lesquels ma pens�e peut p�n�trer dans votre conscience. Toutes les id�es que vous avez emmagasin�es, vos souvenirs, vos associations sont comme les lettres � l'int�rieur d'une machine � �crire. Je prends tout ce dont j'ai besoin. L'alphabet �tait le v�tre, mais la transmission �tait de moi.
Ce qu'il est n�cessaire de faire, c'est que l'id�e de repos soit empreinte dans l'esprit de cette g�n�ration. Et, quoi qu'il puisse y avoir dans votre esprit dont je puisse me servir pour graver cette id�e, je m'en sers sans h�sitation. C'est plus facile de travailler avec des outils auxquels on est habitu�. Quand j'essaie de vous faire �crire des mots avec lesquels vous n'�tes pas familier, je me trompe au moins aussi souvent que je r�ussis. Il en r�sulte, que je suis toujours plus contente quand je peux recevoir une id�e ancienne, ou employer une m�taphore qui vous soit famili�re, que si j'avais � faire mouvoir vos doigts trop laborieusement, pour tracer des mots que vous n'aviez jamais vus avant.
J'esp�re que vous comprenez maintenant. Ce que je veux vous dire, je vous le fais sentir de la mani�re la plus facile possible, en me servant toujours de votre propre langage et de vos propres id�es, de m�me que j'emploie votre propre plume et votre propre �criture.
Ne chassez pas Dieu de votre vie. � Et ce que nous avons � vous dire et au moyen de vous, tout d'abord, c'est ceci : vous devez avoir le temps de penser � Dieu et � sa manifestation comme amour, autrement vous refoulerez Dieu de votre vie et une vie sans amour est une vie sans Dieu. Ce dont vous avez tous besoin, c�est un lieu o� vous puissiez vous reposer de temps en temps ; un lieu de calme o� les anges de Dieu peuvent communiquer avec l'�me. Quelles chances avez-vous de comprendre les v�rit�s de l'autre monde, si vous passez votre temps � courir toujours apr�s les trains dans celui-ci ? Je sais que vous avez besoin de prendre des trains ; mais ce que je plaide ici, c'est que vous puissiez trouver le temps au moins pendant cinq minutes pendant lesquelles vous m�ditez sur l'�ternit� ou cherchez � avoir une lueur des choses �ternelles. Oui, cela suffirait. � J'�crirai demain.
27 septembre 1896. � Or, donc, r�sumons ! C'est une erreur de dire qu'il n'y a plus de temps pour penser. Par suite de cette h�te continuelle qui augmente toujours, il est n�cessaire d'avoir plusieurs oasis ; mais, la possibilit� de s'en servir dispara�t. Et ce que je d�sire faire aujourd'hui, c'est d'indiquer quelques-unes des m�thodes au moyen desquelles le temps de la m�ditation perdu peut �tre retrouv�.
Heures de la m�ditation. � La raison pour laquelle je veux que vous donniez du temps � la m�ditation, c'est afin que votre �me puisse en profiter. Le mondain et le mat�riel d�robent l'�me � nos yeux. Nous n'en voyons que de faibles lueurs comme � travers des nuages flottants. Nous voulons que vous en voyiez davantage et vous faire p�n�trer plus profond�ment dans le temps de la pens�e de l'�ternit�.
Mais pour y arriver, nous avons besoin de votre aide. Et le premier moyen de nous aider est de vous enseigner comment utiliser vos moments de loisirs... Laissez-moi r�pondre ici � votre pens�e, quant � l'inefficacit� de la m�ditation qui n'a pas de but. Je ne d�sire pas que votre m�ditation soit sans but.
Pour d�velopper l�amour. - Ce que je veux que vous fassiez, si vous en trouvez l'occasion, c'est de r�pandre l'usage du Rosaire.
Ce que vous avez � faire, c'est de trouver celui qui, d�habitude, ne prie pas et qui ne s'adonne pas � la m�ditation spirituelle, pour faire les premiers pas vers la r�alisation du Divin. Vous ne pouvez faire cela que d'une seule mani�re. L� o� est l'amour, l� est Dieu. Il n'y a pas de r�gle plus vraie que celle-l�. Pour arriver � mettre l'homme en pr�sence de Dieu, faites qu'il aime. Et le plus mauvais signe des temps modernes, c'est quand l'amour s'est refroidi dans le c�ur du plus grand nombre. Mais n'�teignez pas l'�toupe qui fume. Ne brisez pas le roseau rompu. L� o� est la vie, l'amour n'est pas impossible. Car la compl�te absence d'amour est la fin derni�re de la vie. L'amour est souvent latent, comme l'est la chaleur. Mais le d�veloppement de l'expansion de l'amour est la croissance de la vie.
Premi�rement : Pour votre Ego transcendant. � Il en r�sulte que le moment de la m�ditation est tout d'abord le d�veloppement de l'amour. Et cela peut �tre fait tout simplement en donnant � la divine nature la libert� de s'affirmer elle-m�me. Car l'esprit vivifiant de Dieu environne l'homme de tous c�t�s. Et il vous suffit de lui en accorder le moyen, au lieu de vous en d�barrasser, pour voir cro�tre en vous le germe divin.
� L'homme doit-il donc penser d'abord � lui-m�me et non aux autres ? �
Je vois � pr�sent votre �tonnement et je devine votre pens�e. Ce que l'homme devrait faire d'abord quand il est en m�ditation, c'est de penser � lui-m�me. Et que fais-je de moi-m�me ? L'amour commence au foyer. Et si l'homme est cruel pour son �me ? Non ; vous devez prendre soin de votre Ego transcendant, qui est Dieu en vous. Qu'en faites-vous ? L'exercez-vous ? Et comment ? Depuis quand lui avez-vous facilit� le moyen de faire quelque chose qui en soit digne ? Le stup�fiez-vous ? L'affamez-vous ou le tuez-vous ? Meurtrier de l'�me, en �tes-vous le coupable ? Car on peut tuer son �me.
Deuxi�mement : Pour vos amis. � Et puis la pens�e suivante doit �tre : Mes ennemis, quel bien leur ai-je fait ? Car un ennemi, c'est un homme envers lequel vous avez eu des torts. Il se peut que ce ne soit pas votre faute, mais s'il est votre ennemi, c'est que vous �tes coupable ; car c'est une faute de ne pas reconna�tre que Dieu est votre p�re et que vous �tes tous fr�res. Celui que vous n'aimez pas, est un ennemi � c'est une faute. Avez-vous fait quoi que ce soit pour qu'il r�ussisse ? Il se peut que vous n'ayez rien fait. Mais avez-vous pens� � lui avec amiti�, avez-vous eu piti� de son aveuglement et de son ignorance, et d�sir� le voir s'am�liorer ? � Mais n'est-ce pas t�moigner plus d'amiti� parfois, de punir ? � Oui, je sais que vous avez parfaitement raison de penser qu'il est parfois n�cessaire de punir ceux qui font mal ; mais alors que vous punissez, aimez ! Car souvenez-vous que la punition sans amour, n'est pas divine. Ayez donc une liste, longue ou br�ve, de tous ceux que vous n'aimez pas et punissez-les avec amour. M�conna�tre ceci ou cela ou quelque autre chose, ce n'est pas dans l'ordre divin, et vous devriez t�cher d'�tre charitable, c'est-�-dire d'aimer tous les hommes.
Troisi�mement : Pour vos amis. � Ensuite vos amis, et ceux auxquels vous �tes unis par la parent�. C'est en individualisant que vous r�ussirez. Prenez chacun � son tour. Qu'avez-vous fait pour lui ? pour elle ? depuis hier ? Qu'avez-vous laiss� � faire? En un mot, le mal c'est l'absence de penser. Pensez ! Une pens�e d'amour est une pri�re ! N'avez-vous pas le temps de prier ? Alors prenez le temps pour penser � ceux que vous aimez.
En cessant de penser aux autres, vous perdrez le lien vital de vos relations. Envers tous, hommes ou femmes, vous avez un certain devoir � remplir, quelque l�ger qu'il soit ; que ce soit un sourire, un mot, une lettre, un �loge, un bl�me, et il faut plus d'amour pour bl�mer avec justice que pour louer. Mais quoi que ce soit, vous le devez � chacun de vos semblables. � Avez-vous pay� vos dettes ? Non, en bloc mais � chacun ce qui lui est d� ? Quelle est l'excuse du manque d'am�nit� de la moiti� du monde ? Quelle est la cause de la plus grande partie de sa tristesse ? Non pas la pauvret� de la richesse de ce monde, mais la pauvret� de pens�es d'amour. Vous ne pensez pas ; vous oubliez. Vous n�gligez, par suite du d�faut de penser, vous laissez se refroidir l'amour qui est en vous. Car l'amour meurt quand vous ne pensez jamais � la personne aim�e.
Penser c'est prier. � C'est pourquoi il faut penser � tous. Si vous ne pouvez faire rien d'autre, pensez � eux avec amour car une pens�e d'amour pour un ami est un ange de Dieu envoy� pour porter la b�n�diction � l'�me.
Oui, de cette mani�re, nous remplissons tous, ou aidons � remplir, nos propres pri�res. Vous voyez vaguement dans votre ambiance, dans le domaine de t�l�pathie, l�influence de la pens�e mais, vous d�couvrirez plus, beaucoup plus, avant peu. Quand vous pensez avec un sentiment vrai et sinc�re au bien-�tre d'un autre et que vous d�sirez l'aider, vous l'aidez en r�alit�. Voici, en quelque sorte, la source secr�te par laquelle est nourri le feu qui autrement aurait langui et se serait �teint. Oh, mon tr�s cher ami, si vous saviez seulement quel est le pouvoir de la pens�e et si vous vouliez seulement penser, penser, penser !
Maintenant, j'ai fini pour aujourd'hui, demain je commencerai le second point de mon message. Mais n'oubliez pas mon premier. Le supr�me besoin de l'�me de l'homme est le temps pour penser ce qui veut dire, le temps pour aimer, c'est-�-dire le temps pour vivre.
27 septembre 1896.
Le Bureau de communication. � Tout ce qui a �t� �crit a �t� bien �crit. Et vous n'avez pas besoin de vous tourmenter pour savoir si tout vient de moi ou de votre subconscient Ego. Quand vous saurez ce que c'est que votre subconscient Ego, vous comprendrez.
Ce qui est important, c'est que, quelle que soit son adresse, vous receviez bien mon message. Le premier mot de mon message �tait amour, le second loisir, et maintenant nous arrivons au troisi�me, et ce que vous pouvez consid�rer comme �tant la partie la plus pratique de mon message. Je veux dire l'ancienne et tr�s importante demande que je vous ai faite, au sujet du Bureau de l'Intercommunication entre les deux mondes.
Une remontrance. � Je n'ai jamais cess� un instant de d�sirer son installation. Il y a pour moi quelque chose d'extraordinairement path�tique dans le d�sir ardent que nous avons tous ici de pouvoir communiquer avec vous, de votre c�t�. Et ce qui m'attriste tant, c'est que voyant si clairement comment cela peut �tre fait, vous n'essayez pas, comme vous devriez le faire, � m'aider � le faire. Comme il y a longtemps, depuis la premi�re fois que je suis venue � vous ! Et qu'avez-vous fait ? Quel progr�s a �t� accompli en vue de cet indispensable Bureau ? Mon ami, mon ami, pourquoi avez-vous tard� si longtemps ? Pourquoi, quand le Borderland se plaint des soupirs des morts, avez-vous fait si peu pour nous unir ?
� Excuses diverses, sugg�r�es en r�ponse � ce reproche :
1� la pr�occupation ;
2� la difficult� de trouver des m�diums, sur lesquels on peut compter, se fier ;
3� les difficult�s dans le chemin :
a) la personnification ;
b) des �l�mentaux ;
c) de mauvais esprits ;
4� d�sappointement et insucc�s.
Quand j'ai essay� vous n'avez pas �t� capable de vous manifester � des clairvoyants, ni d'�tre photographi�e. Ma sant�, aussi, cette ann�e-ci, etc. �
Oui, je sais tout cela mais � quoi tout cela aboutit-il ? A rien du tout. Rien du tout. Quiconque se permet d'�tre arr�t� par de telles excuses ne pourra jamais rien accomplir. Or, ce que je veux que vous vous d�cidiez � faire, est de r�pondre � cette question. L'�tablissement d'un mode de communication assur� et v�rifiable entre nous et vous, est-ce un sujet digne d'�tre essay� ? N'est-ce pas la seule chose parmi toutes les autres, qui m�rite le plus d'�tre essay�e ? Qu'y a-t-il d'aussi important que de prouver, au del� de tout doute, que tout ce que les saints et les sages ont enseign� est vrai que lorsque l'homme se d�pouille de son corps, l'esprit vit, et que quand il � meurt �, il recommence une nouvelle vie qui n'est pas s�par�e de la v�tre par un ab�me infranchissable ? Et ce que je veux que vous fassiez, c'est de mettre cette question pleinement et carr�ment devant votre conscience. Et puis, quand vous y aurez r�pondu, d'agir. Ne dites pas : � Oui, c'est la chose la plus importante � et ne la consid�rez pas ensuite comme la plus triviale. Ne dites pas : � Oui, je pense que c'est la chose dont l'humanit� a besoin par-dessus tout �, et ne l'abandonnez pas ensuite � la chance ou au caprice. Tout cela n'est pas rationnel.
Cela vaut-il la peine ? � � Oui : j'en conviens. Si les chances de r�ussite �taient assez bonnes pour justifier le sacrifice de temps et d'�nergie n�cessaire. Mais j'en ai vu tant qui ont �t� si compl�tement d�sappoint�s, apr�s maintes ann�es d'une investigation patiente que, moi qui ai des devoirs urgents � remplir, je trouve que j'ai peu de chance pour r�ussir l�, o� d'autres ne l'ont pas pu. �
Comment savez-vous qu'ils n'ont pas r�ussi ? Ce que vous avez � faire r�ellement, c'est de voir si ce que vous appelez votre propre chance, en vaut la peine. Et ce que je vous dis.
Interruption. A repris deux heures plus tard, et je constatai que c'�tait là ce qui arrivait toujours.
Une exhortation. � Ce que je vous dis, c'est que vous devriez prendre le sujet plus au s�rieux. Vous traitez la chose, la plus �lev�e de toutes, comme un passe-temps de jour de f�te, et vous la mettez de c�t� chaque fois que vous avez � surmonter un obstacle. Or, comme je sais que vous croyez que c'est la chose la plus importante que l'homme ait � consid�rer, voulez-vous commencer � vous y appliquer s�rieusement ?
� Qu'entendez-vous par s�rieusement ? �
Par s�rieusement, je veux dire seulement que vous devriez en poursuivre l'�tude, avec la m�me r�solution �galement sinc�re et les m�mes moyens que vous mettez aux affaires, que vous consacrez � l'�tude de choses beaucoup moins importantes. Car, il n'y a aucune chance de pouvoir faire quoi que ce soit de ce c�t�, � moins que vous ne nous aidiez. Donnez-moi votre temps et je vous donnerai mon aide.
� Combien de temps ? �
Une demi-heure par jour. � Mais, mon cher ami, parlez-vous comme si cela vous ennuyait ? Vous savez combien j'ai toujours �t� dispos�e � tenir compte de votre ouvrage. Je ne d�sire pas que vous renonciez � aucune partie de votre travail. C'est l� votre premier devoir. Mais je pense que si vous essayiez, essayiez vraiment, vous pourriez trouver toujours une demi-heure avant de commencer votre travail. Voici ce que je vous demande de m'accorder toujours, une demi-heure avant votre d�jeuner, l'emploi de votre main, afin que je puisse faire quelque effort syst�matique soutenu, pour vous habituer � la m�thode de correspondance avec nous de ce c�t�. Quand vous serez �puis� de fatigue, je n'insisterai pas. Mais, en principe, donnez-moi une occasion.
� Je doute que cela fasse du bien. �
Vous �tes incr�dule comme Thomas. Oui, cela fera du bien, grand bien, comme vous pourrez bient�t vous en apercevoir. Oui, je sais qu'il y a eu des erreurs, et il y en aura encore ; votre propre exp�rience avec le phonographe devrait vous prouver combien il est difficile de d�chiffrer la transmission. Mais courage, quant aux erreurs auxquelles vous pensez, ce ne sont pas des erreurs, except� en ce qui est relatif au temps et parfois nous sommes incapables de distinguer les pens�es des choses. Mais ce n'est qu'en exp�rimentant patiemment, exp�rimentant avec amour, que nous, vous et moi, nous pouvons apprendre comment �viter ces erreurs. Maintenant, mon ami, au revoir. Si vous voulez commencer tout de suite, je ferai ce que je puis pour satisfaire les d�sirs du c�ur de l'homme.
5� L'emploi et l'abus des communications spirites
5 d�cembre 1896. � Mon tr�s cher ami. Je vais vous donner maintenant quelques conseils que nous, de ce c�t�-ci, croyons tr�s n�cessaires.
Le pont projet� sur le seuil de l'Au-del�. � Vous �tes tr�s d�sireux, dites-vous, de faire un pont entre les deux mondes. Et nous le sommes davantage. Mais quand vous dites cela, r�alisez-vous ce que cela implique ? Que serait l'effet de sa r�alisation ? Je suis de plus en plus convaincue que l'ex�cution du fait, et la certitude de communication entre ce monde-ci et le v�tre, peut �tre consid�r�e comme �tant la chose la plus importante qui soit dans l'ordre des �uvres possibles de l'homme. Il n'y a rien qui exerce une plus grande influence au-dessus de toutes choses. Car cela transforme la pens�e, et la pens�e constitue le monde dans lequel vous vivez.
Personne ne peut comprendre combien cela est vrai, alors qu'il est encore envelopp� dans la mati�re.
Son effet sur le foyer de la vie. � Il ne faut pas, pour cela, penser le moins du monde que je veuille vous arr�ter dans la t�che � laquelle vous vous �tes assujetti, ni vous en d�tourner. Mais avant que vous commenciez s�rieusement � r�unir les deux bords du golfe, je pense que ce serait toute justice que je vous indique ce que cela fera, ou plut�t ce que cela produira ; car cela changera le foyer de la vie.
Le but de la vie est aujourd'hui, pour la majorit� des hommes, limit� entre la naissance et la mort. Le but sera chang�, quand vous l'aurez rendu �vident ; non pas comme un peut-�tre, mais comme une certitude scientifique, que nous vivons ici et que nous pouvons communiquer avec vous. Et quand vous changez le but de la vie, que faites-vous ? Vous changez la perspective de tout.
Un changement qui apr�s tout n'est pas bon. � Vous ne pouvez vous figurer combien le monde serait chang�. Le changement sera, je le sais bien, pour le bien, et principalement pour le bien. Mais aucune r�volution n'a eu lieu sans faire incidemment, beaucoup de mal, et votre pont ne sera pas plus qu'aucune autre chose, un avantage sans m�lange. Vous devez �tre pr�t � avoir beaucoup de d�sappointements et vous aurez souvent d�sir� de ne vous �tre occup� jamais du sujet. Le travail du constructeur de ponts est de faire un passage sur l'ab�me. Et les ab�mes sont les ab�mes. Ce ne sont pas des paradis. Et plus l'ouvrage sera utile et plus on s'y opposera. Non, ne vous figurez pas que ce soit facile. Route douloureuse, toujours route douloureuse. Le chemin douloureux est le chemin de la croix. Mais c'est le chemin du salut.
Alors donc, je vais continuer. En premier lieu, vous changerez le but de la vie. Cela vous le voyez. La perspective qui est bonne, quand le but est fix� par une ligne limit�e, devient mauvaise quand la ligne est tir�e ind�finiment : vous �tes impatient. Mais je vais continuer.
En quoi cela nuira aux �glises. � Deuxi�mement, pour autant que vous aurez du succ�s, vous d�truirez comme avec un subit (ici, il y eut une interruption). O� en suis-je rest� ? Non, ce n'est rien.
Oui, je disais que vous d�truirez, comme avec le tranchant d'une �p�e ou une lame de rasoir, l'enti�re th�orie de la vie future, qui est adopt�e conventionnellement et crue par les �glises. Vous permettez � ceux d'entre nous qui sont ici de parler de ce que nous savons, de ce que nous voyons et de ce que nous sentons. Et vous ne devez pas vous attendre � ce qu'on vous a enseign� conventionnellement. Or, je ne pense pas que vous trouverez que ce que nous avons � vous dire, diff�re de ce que savent les croyants les plus intelligents et les plus spirituels, ou de ce qu'ils ont re�u par inspiration. Les principes fondamentaux sont les m�mes. Nous n'avons rien � vous dire de ce qui n'�tait pas connu des voyants, et qui n'�tait pas d�clar� par J�sus. Mais nous devons vous dire que les id�es qui ont �t� re�ues et sont encore enseign�es par beaucoup d'�glises, quant � la condition future de l'homme, sont simplement fausses. Elles vous font croire ce qui n'est pas vrai. Et il n'y a pas le moindre doute que, en ouvrant le Bureau, c'est-�-dire en jetant un pont sur l'ab�me, vous ne rendiez ces id�es incroyables, pour qui que ce soit.
Un s�rieux danger. � Quand vous ferez cela, vous courrez un grand risque. Et pour la raison suivante. Ces id�es tout en �tant crues, grossi�res et fausses, sont toutefois les plus pr�s de la v�rit� qu'il soit possible � beaucoup d'hommes de s'assimiler. C'est ce qui rend si dangereux toute transition de la v�rit� inf�rieure � la sup�rieure. Il y en a qui ne peuvent pas arriver � comprendre une explication plus claire de la m�me vertu. Et ainsi, ils sont perdus. Et quand une fois vous aurez admis les v�rit�s de la continuit� de l'existence et la possibilit� des communications entre les deux mondes, il y aura une grande br�che � non, pas br�che � un grand vide produit dans la foi d'un grand nombre. C'est l�, la raison pour laquelle ces choses ne sont pas r�v�l�es trop brusquement. Si vous pouviez faire tout ce que vous avez dans votre esprit, en une fois, vous feriez plus de mal que de bien. Ce n'est que par des degr�s lents que la v�rit� nouvelle doit faire son chemin. Mais ce n'est pas une raison pour refuser de la reconna�tre. Quelqu'un doit �tre le premier et ce n'est jamais bien de s'�carter de ce qui est le vrai devoir. Non. Il faut avancer, mais la consolation qui vous soutiendra quand vous rencontrerez des d�ceptions, c'est que si vous vous �tiez press� davantage, vous auriez �t� moins vite.
Ce que je veux vous faire comprendre, c'est que les grandes r�gles sur lesquelles la v�rit� s'est fond�e, ne peuvent pas �tre d�truites sans porter pr�judice pendant un certain temps � la v�rit� elle-m�me. Voil� ce que je sens et que je dois vous dire. Car il y a trop de danger pour que si vous esp�rez trop et oubliez l'ombre, si vous �tes impatient et oubliez les lents proc�d�s de la nature, vous soyez oblig� de renoncer � tout. Et cela serait un crime. Je vais vous dire tout de suite quel en serait le r�sultat. Lorsqu'une fois votre Bureau sera organis�, et que quiconque pourra entrer en communication avec les esprits d�sincarn�s de ses parents ou amis, il y aura un imm�diat...
� Doute dans l'existence de l'enfer ? �
Non ! vous faites erreur. Non, le principal r�sultat ne sera pas l'abolition de l'ancienne croyance de l'enfer, car cela est d�j� aboli. Les gens ne croient plus � un enfer de feu et ils ont oubli� qu'il y a un vrai enfer, ce qui sera r�v�l� d'une mani�re bien claire, par votre Bureau. Non, je vous prie, laissez-moi vous dire ce que j'ai � dire sans m�ler vos questions � mon message.
Le r�sultat principal du Bureau. � Le changement principal qui sera op�r� par le Bureau-Pont que vous d�sirez faire, ce sera d'accro�tre d'une mani�re tout � fait inconcevable, la conscience de la responsabilit� de la vie. Vous pensez peut-�tre qu'il est �trange que la v�rification d'une autre vie puisse accro�tre l'importance de celle-ci. Mais le fait est l�, et vous ne pourrez jamais comprendre l'importance de votre vie, avant de la voir de ce c�t�-ci. Jamais, vous ne cessez un instant d'influencer l'�ternit�. Vous pensez peut-�tre que c'est une figure du langage. Mais cela n'est pas. Vous �tes beaucoup plus r�els que vous ne le pensez, en transformant notre monde dans le v�tre.
Vous vous faites votre propre vie future. � Oui, cet article-ci est, pour ainsi parler, un article fabriqu�. Vous �tes dans l'engrenage du temps tissant la fabrique de ce monde. Vous faites votre vie prochaine. Oui et vous faites votre vie ici. Vous faites votre vie prochaine. Vous la faites jour par jour, vous la faites heure par heure. Vous faites votre vie future. Pour rendre cela tout � fait clair, ce sera le principal r�sultat du Bureau. Vous faites votre prochaine vie.
Je voudrais pouvoir m'expliquer plus clairement. Vous direz que c'est la v�rit� pour toutes les religions. Oui, et tout ce que les religions enseignent est la v�rit� mais vous ne le comprenez pas et souvent vous le niez. Si nous pouvions communiquer avec vous, vous ne le nieriez plus, car ici il n'y a pas de transformation subite. Vous �tes comme vous �tiez. Il n'y a pas de solution de continuit�. Vous continuez du point d'o� vous vous �tes arr�t�s. Vous restez ce que vous �tes.
Oui, vous devez me laisser �crire ce que j'ai � vous dire sans m'interrompre, comme vous le faites.
Le r�gne de l'�ternelle loi. � Ce que je vois, et ce qui sera le r�sultat du Bureau sera de rendre plus profond et de fortifier immens�ment le sens de la responsabilit� de la vie. Ce sera un bien, sans doute et ce qui est n�cessaire, c'est la force. Mais ce ne sera pas tout bien. Il y a un danger que vous ne rendiez le r�gne de la loi aussi inexorable de ce c�t� qu'il l'est du v�tre et le fataliste aura alors l'�ternit� aussi bien que le temps. Vous verrez, que la volont� de Dieu que vous qualifiez ici et l� de nom de loi, s'�tend sans interruption depuis votre c�t� jusqu'au n�tre. Vous verrez que nous de ce c�t�, qui avons �t� � m�me de voir, de sentir et de savoir que Dieu est l'amour, nous vous dirons aussi que l'amour, pas plus de ce c�t� que du v�tre, ne renferme de la peine et de la douleur ni les ph�nom�nes de l'imperfection. Nous n'avons pas atteint le but. Nous nous effor�ons de monter jusqu'� la limite de nos destin�es sup�rieures ici comme l�. Pensez-vous que nous soyons transfigur�s par la pl�nitude de sa gloire, parce que la maison terrestre de notre tabernacle est d�truite ? Pas du tout, en v�rit�. Nous sommes comme nous sommes, quand notre v�tement terrestre se d�t�riore, nous demeurons. L'augmentation du sens de la continuit� de l'existence du r�gne de la loi et de la responsabilit� du temps pour l'�ternit�, et tout ce qui y est contenu, sera le plus grand changement que votre Bureau pourra faire.
Le d�veloppement de la vie s�rieuse. � Il y aura un accroissement consid�rable et d�termin� dans la vie. La vie sera beaucoup plus s�rieuse.
Il n'y aura plus cette consolation de croire comme beaucoup l'ont fait que la mort finit tout. La mort ne finit pas tout. Mais elle commence beaucoup, beaucoup. Je ne veux pas vous d�courager. Il y a beaucoup plus de bien que de mal. Et si le Bureau pouvait aider � diminuer la tristesse de ceux qui ne connaissent pas Dieu, � car on ne peut pas l'�viter, pas m�me dans la tombe, � tout l'univers deviendrait son temple, dans lequel l'air, la lumi�re, tout est amour.
12 d�cembre 1895. � Mon tr�s cher ami, quand vous aurez organis� votre Bureau de communication vous serez surcharg� de demandes des deux c�t�s.
La mort.
Le serviteur de l'homme. � Et vous verrez qu'il y aura un grand nombre de personnes qui voudront avoir des messages mais qui n'en recevront pas vous vous rappelez ce que j'ai dit, j'ai dit tout au commencement que je pourrais vous obtenir une r�ponse ou vous dire pourquoi, aucune communication ne pourrait �tre �tablie or un grand nombre de ce c�t�-ci ont essay� de se mettre en contact avec ceux qui sont de votre c�t�, et ils n'ont pas r�ussi. Il y en a aussi beaucoup de votre c�t� qui feront le m�me essai, et qui ne r�ussiront pas non plus. Et il en sera ainsi. Et c'est ainsi que cela devait �tre. Car, il arrive tr�s souvent que la mort, le s�parateur, est la force la plus n�cessaire et la plus utile qui puisse avoir �t� mise au service de l'homme. Il ne r�sulterait que du mal si tous les � morts �, comme vous les appelez, pouvaient venir visiter les vivants. L'autre monde, comme vous l'appelez, serait trop pour vous.
� Et alors ne serait-ce pas mieux de ne pas s'en occuper. �
Non, je suis tout � fait s�re que le Bureau pourrait �tre une grande f�licit�, mais il pourrait �tre aussi une tr�s grande mal�diction, quand vous avez la main morte. Non, les mots : � main morte �, ne sont pas bons. Mais il serait plus sage de dire qu'il y a une quantit� consid�rable d'esprits pour lesquels il est fort d�sirable que toute action directe avec les incarn�s leur soit enlev�e.
La mort d�livre. � Il y a une multitude d'�mes pour qui la mort a �t� une d�livrance. Je veux dire qu'elle a enlev� des personnes qui �taient dures, cruelles et despotiques. Que dis-je, elle a �t� quelquefois meilleure, en enlevant ceux qui ont �t� trop bons et dont les soins ont amoindri, dont l'amour et la tendresse ont affaibli le d�veloppement de la vie. Les influences qui emp�chent le complet d�veloppement de la vie sont � d�plorer. Mais, quoiqu'il y ait peu de danger que les victimes de la tyrannie et de l'oppression cherchent � r�tablir leurs relations, avec leurs oppresseurs qui sont venus de ce c�t�-ci, il y a beaucoup � craindre que les faibles qui ont perdu leur appui et leur soutien, ne cherchent � s'appuyer de nouveau sur le support qui les a pr�serv�s, s'ils parviennent � l'atteindre au moyen du Bureau. Mais il n'y a pas trop de danger sous ce rapport de vous d�tourner de ce bon travail. Car l'influence de ceux qui vivent avec nous ici dans la lumi�re de l'amour du P�re ne peut �tre que pour le bien.
Mal possible du guide des esprits. � Mais il y a un grand nombre d'esprits d�sincarn�s r�cemment, dont les communications bien que faites avec soin et inspir�es par l'amour seraient nuisibles et sans aide. Et, mon cher ami, quand vous me demandez d'�tre guid�, je sens souvent que ce serait un grand malheur pour vous, si je vous guidais comme vous d�sirez l'�tre. Ce que je puis faire, tout ce que je puis faire, c'est de vous dire comment les choses paraissent �tre � moi, pour vous rappeler que, quoique souvent je voie plus que vous, vous qui vivez dans des conditions qui n'existent pas ici, vous �tes mieux en �tat de juger de plusieurs choses que je ne le puis. Parfois, j'ai la permission de vous pr�dire des choses, � titre d'�preuve, et pour vous donner de la confiance. Mais je ne serais pour vous qu'un malheur, si je devais essayer de vous dire ce que vous devez faire. Ce serait comme une m�re portant toujours son enfant. Il ne pourrait jamais apprendre � marcher. D'ailleurs, je ne sais pas. Il ne faut pas croire que je sois omnisciente parce que je n'ai pas mon corps, mon vieux corps.
La le�on de la confiance en soi. � Oh, mon ami, si vous pouviez seulement voir et comprendre, quel est le but de la vie, vous comprendriez combien il serait funeste de permettre de r�pondre � tous ceux qui demandent � �tre dirig�s et guid�s. Et il y en a beaucoup qui, quand la communication sera ouverte, oublieront cela et conseilleront et essaieront de diriger ceux qui les consultent, et qui produiront un grand d�sordre. Car il ne nous appartient pas de vous guider. Le but de la vie c'est d'�voquer, de d�velopper Dieu en vous. Et il ne peut �tre �voqu� en permettant aux autres de vous diriger. Mais vous verrez que les desseins de Dieu ne peuvent �tre m�connus par la folie de ses enfants, aussi bien de ce c�t�-ci que du v�tre. Les esprits qui essaieront de trop intervenir, seront confondus. Ils erreront, et on les reconna�tra. Leur autorit� sera d�truite. Et ainsi, � la fin, tout redeviendra bon.
Mais, � moins que vous ne soyez sur vos gardes, vous trouverez qu'il en adviendra beaucoup de mal, par suite des tentatives que feront ceux qui sont de votre c�t� pour que leurs pens�es puissent �maner de nous. Et de ce c�t�-ci, il y a un grand nombre de parents qui vous sont chers et d'autres qui ne sont que trop d�sireux d'exercer leur autorit�, qui leur sert � envelopper d'ombre les �mes de leurs enfants qui sont sur terre.
La balance en faveur du Bureau. � Pourquoi donc me demandez-vous pourquoi je suis si d�sireuse que le Bureau soit �tabli ? Parce que le bon emploi qu'on en fera sera beaucoup plus grand que l'abus. Ce n'est pas pour �tre constamment appel� ou pour vous dire toujours ce qu'il y a � faire que vous d�sirez avoir un t�l�phone. Les t�l�phones, sans doute, deviennent aussi quelquefois facilement un tracas. Et mon Bureau pourrait �tre un ennui. Mais r�fl�chissez donc � ce qu'il implique en lui. Si vous pouviez par les communications obtenir la preuve que la vie se continue, que l'amour dure, que l'autre monde est en contact avec celui-ci, ne serait-ce pas assez ? Si ce n'�tait que cela, et rien que cela, cela en vaudrait la peine : rien que pour r�tablir la conscience du monde invisible et la r�alit� de l'Amour �ternel. Seulement ! Julia.
Seulement ! � � Le mot �seulement � de Julia fut �crit dans la matin�e du jour o� me tomba sous les yeux le po�me d�sesp�r� Immortalit� de George Anderson dans l�Agnostique annuel de 1897. Je reproduis ici ces stances pour montrer � combien � il y a dans ce � seulement � de Julia �.
�Parmi les millions d'�tres disparus qui nous furent chers, aucun jamais n'est revenu nous faire un signe ou nous donner un mot de consolation et nous dire que l�-haut � tout est bien �.Nous en voulons la preuve et ne pouvons croire aux fictions des po�tes. Et cette esp�rance vaine ne fait qu'augmenter le doute dans lequel nous vivons !
� Oh ! Rendez-nous la foi de nos jeunes ann�es ! Dites-nous que nos morts nous attendent, se souviennent de nous et nous aiment toujours, quoique nous soyons oubli�s sur terre et que nous serons unis un jour pour l'�ternit� ! Aucune r�ponse ne vient � cet appel supr�me, et ne viendra jamais et n'est venue avant, apporter un rayon d'espoir ou de consolation dans le c�ur d'une m�re !
� Nos morts, h�las ! sont partis et partis pour toujours. �
31 d�cembre 1896. � Quand vous serez pr�t, je vous en dirai davantage sur ce qui arrive quand on passe dans l'Au-del�.
Pour rendre l�inconnu, connu. � Oh non, je ne d�sire pas l'�crire pour ce num�ro-ci. Je pensais seulement � E. (une amie qui est mourante) et le pays de l'Inconnu. C'est pour en faire un pays connu que nous d�sirons tous ce Bureau et c'est ce que vous ferez de plus en plus, en facilitant les communications avec l'Au-del�. � L'inconnu, connu ou la v�rit� sur l'Au-del�. Ce que nous devons esp�rer. � Ce que vous devriez comprendre vaut assur�ment la peine que vous le sachiez tout d'abord. Vous verrez que les esprits qui communiqueront avec leurs amis par le Bureau feront des jugements diff�rents. Ils diff�reront d'une mani�re ind�finie, suivant leurs diff�rents temp�raments et la diff�rence de leurs �mes.
Conflits d'autorit�s. � Ils �mettront des opinions qui diff�reront tant, qu'ils am�neront de la confusion dans l'esprit de ceux qui croient que l'immense multitude d'exp�riences individuelles peut �tre traduite en une seule expression. Il y aura un nombre illimit� de croyances bas�es sur les exp�riences de l'Au-del� qui varient selon le caract�re de l'individu. L'homme trouve ce monde-ci tr�s semblable � ce qu'il l'a fait. Nous reproduisons tous ce que nous avons en nous. Et comme chacun se fait � soi une vie future diff�rente, ils vous donneront tous diff�rentes versions de la vie qu'ils m�nent. Vous trouverez ici, aussi peu d'uniformit� que de votre c�t�. Mais, n�anmoins, vous trouverez que le Bureau et tous ceux qui s'en serviront, seront d'accord, sur certaines choses. Ils diff�reront ind�finiment sur les lois, les th�ories et les possibilit�s, mais ils seront d'accord sur les faits de l'�tre. Par exemple, vous ne trouverez chez nous aucune d�claration imp�rieuse sur une religion qui sera reconnue comme vraie par tous les esprits qui se communiquent. Elles appartiennent � tous les �ges et � toutes les phases, et la religion des uns sera absolument inconcevable pour les autres.
La continuit� de la vie. � Mais de cela vous aurez la preuve. Il n'y a aucun esprit, � quelque degr� de d�veloppement qu'il soit arriv�, et qui revient communiquer par votre Bureau, qui n'affirme qu'il n'existe aucune rupture, aucune solution de continuit� dans l'existence individuelle. Ils vous diront tous que la mort est une transition plut�t qu'une transformation, et que, quoique la transition soit importante, elle ne d�truit en aucune mani�re la vie de l'�me. Tous vous diront cela. Tous vous affirmeront le fait qu'ils ont continu� � vivre une existence consciente, qui n'a subi aucune interruption dans la vie qu'ils avaient men�e ici. Il n'y a pas de doute, il y a un changement. La m�moire semble �tre plus vive, au lieu d'�tre plus lente. L'esprit voit plus clairement.
La non r�alit� de la mati�re. � L'id�e fantastique concernant la mati�re dispara�t, et les masques et les mascarades qui cachent la v�rit� s'�vanouissent � cela est important et cela est universel. Il n'y a pas un seul esprit qui retourne, qui n'affirme que la mati�re dans laquelle vous �tes envelopp�s est une fiction, une simple fiction de l'intelligence qui s'�vanouit et n'existe pas. L'esprit seul est, soit dans le corps, soit hors du corps. Et l'�me vit, continue � vivre. Les deux choses suivantes : la continuit� de l'identit� consciente et l'id�e fallacieuse de mati�re sont, ils vous le diront tous, connues d'eux ; ce sont des faits universels que chacun d'eux et tous vous affirmeront. Sur ces points, il ne peut y avoir aucune erreur, l� o� nous sommes. Je comprends ce que vous demandez. Oui, je le comprends. Ce que vous dites est vrai. Mais tous les esprits ne comprennent pas cette v�rit�. Ce que je vous disais au sujet de l'amour est vrai. Mais ce qui est triste, c'est qu'il y a ici une foule d'esprits � qui cela est inconnu autant que chez vous.
20 d�cembre 1896.
Comment le Bureau pourrait nuire. � Quand vous aurez organis� le Bureau au sujet duquel je vous ai �crit si souvent, vous serez accabl�s par un grand nombre d'individus qui voudront entrer en communication avec ceux qui sont dans l'Au-del�, sans aucun but louable. Les deux mondes peuvent s'entraider beaucoup. Mais ils peuvent aussi se faire beaucoup de mal. Et quand le mal exc�de l'assistance, alors la porte se ferme. Or, je vais vous donner des exemples mais je vous prie de remarquer qu'il y aura autant de personnes de notre c�t� que du v�tre, qui voudront entrer en communication, pour faire le mal et non le bien.
Or, il y a trois classes de personnes, qui assur�ment chercheront � communiquer pour leur propre d�savantage.
1� A ceux qui n'ont pas de confiance en eux-m�mes. � Il y a ceux-l� dont l'ind�pendance de caract�re et de confiance en eux-m�mes a �t� d�truite par la grande quantit� d'ombre qu'ont jet�e sur eux ceux qui sont partis. Ils chercheront encore � �tre guid�s, et s'ils y parviennent, cela leur fera du mal. Car le b�n�fice de ce que vous appelez la mort est, qu'il laisse de la place � ceux qui restent pour se d�velopper. Quand vous tombez sur ceux qui ont �t� g�t�s par les soins et l'autorit� des parents ou des tuteurs, cherchant encore � �tre guid�s dans l'Au-del�, ils ne pourront que se faire du mal � eux-m�mes, s'ils r�ussissent � se communiquer. Ce que vous avez � faire, c'est de devenir fort et ind�pendant. Ce que vous avez � �viter, c'est d'�tre de simples ombres ou des �chos, ou pis encore, de simples jouets d'une autre volont�. La mort a sauv� un grand nombre de vivants de ce qui les aurait ruin�s. Et si vous ouvrez votre Bureau, ils essaieront d'�viter d'�tre sauv�s. Ceux qui ont appris � compter sur les autres, compteront sur l'esprit d�sincarn�, tandis qu'ils ne devraient d�pendre que d'eux-m�mes. Celui qui n'a pas confiance dans sa propre �me l'a perdue. Et celui qui ne veut pas avoir confiance dans la parole de Dieu, dans sa propre �me, la cherchera en vain dans les voix de l'Au-del�.
2� Aux curieux paresseux. � La deuxi�me classe de personnes � qui votre Bureau sera nuisible, est compos�e de ceux qui sont simplement curieux. De simples affair�s, pouss�s par la soif de la curiosit�, viendront vous demander, sans profond d�sir, des connaissances de l'autre monde, sans r�elle envie de communiquer avec les disparus. Ils viendront assaillir votre Bureau, comme s'ils allaient � un mus�um pour dix centimes et mettront un sou dans la s�bile pour avoir quelque curiosit�. Ils n'obtiendront rien de bon. Ils ne sont pas s�rieux. Ils viennent simplement pour des motifs de curiosit� et l'amour des sensations. Ils n'obtiendront rien de bon. Ils peuvent se faire du tort.
3� Aux compagnons dans le p�ch�. � Il y a ceux, qui ne sont pas, il s'en faut, peu nombreux, qui d�sireront continuer ind�finiment des relations coupables. Ils ne voudront pas l'admettre. Mais ils le rechercheront ardemment, d�sesp�r�ment, plus souvent que vous ne le pensez. Et on peut le leur accorder. L'union qui a �t� bris�e par la mort peut �tre renou�e. Oui, cela est possible et s'est fait. Il y a une possibilit� de renouer des relations, que vous pensez avoir �t� rompues pour toujours par la mort, il y a du danger ici, et c'est un danger contre lequel il faut vous mettre en garde. C'est pourquoi, je dis de ne pas croire que le Bureau est un bien sans m�lange. Si grand que soit mon d�sir de le voir �tabli, je vois cependant que pour un grand nombre, ce sera presque un mal continuel.
Les gens trouveront ce qu'ils apportent. Et la majorit� des hommes ne chercheront pas le bien, mais ce qu'ils d�sirent. Or, le d�sir des hommes n'est, sous aucun rapport, pas toujours pour ce qui est le plus �lev� et le meilleur.
� Alors, ne pensez-vous pas qu'il vaudrait mieux abandonner l�id�e ? �
Il faut quand m�me �tablir le Bureau. � Mon cher ami. Quelle absurdit� vous dites ! Voudriez-vous cesser la navigation parce que vous entendez parler de temp�tes, de rochers et de sables mouvants ? Non ! non ! non ! Ce qu'il est n�cessaire de reconna�tre, c'est que l'Au-del� est aussi important (pour le moins) � traverser que l'Atlantique, mais qu'il n'est pas du tout plus s�r. Ce que vous semblez oublier, c'est que le Bureau avec tous ses risques, fera ce qui est la chose la plus importante de toutes. Il abolira absolument l'id�e de la mort qui domine maintenant dans le monde. Vous �tes devenus de vrais mat�rialistes. Nous devons passer � travers la mati�re, qui �touffe vos �mes. Et le Bureau fera un chemin afin que la lumi�re de l'Au-del� puisse briller � travers. En voil� assez pour affronter tous les risques, tels que je les ai d�crits.
La nouvelle ann�e ne tardera pas � arriver, et j'esp�re qu'elle ne finira pas sans que vous ayez fait des efforts pour �tablir le Bureau au sujet duquel je vous ai tant �crit.
�vitez autant que possible les trois classes au sujet desquelles je vous ai �crit, et portez votre attention et concentrez vos efforts sur la v�rification de la continuit� de l'existence et la possibilit� de vous assurer des communications vraies de ceux qui ont pass� le seuil de l'Invisible. Maintenant, au revoir.
Julia.
6� La porte ouverte au Secret d�voil�
(Le message suivant est imprim� comme il a �t� re�u. Les faits qui sont �nonc�s sont susceptibles d'�tre v�rifi�s, mais les affirmations contenues dans ce message ne sont certes pas de nature � me faire croire qu'elles �manent de moi et non plus, de l'esprit de Julia, comme on pourra le voir, car j'ai h�sit� � les publier, et ne l'ai fait que sur l'assurance de deux investigateurs ind�pendants que, � ma grande surprise, le message de Julia contenait ce qu'ils consid�raient comme une v�rit� indubitable.)
�Le Colonel Olcott, �crivant dans le Th�osophist d'avril, dit : L'article de fond dans le num�ro d'avril est � un Message de Julia � dont le contenu surprit M. Stead beaucoup plus que ne l'aurait fait un �tudiant du Raja-Yoga quoique �tant m�me peu avanc� dans la connaissance du syst�me de Patanjali. Les faits sont aussi anciens que l'�poque arienne, et ce qu'il y a de plus surprenant, c'est que M. Stead ait � les apprendre si tard. Le message de Julia est presque comme un chapitre tir� du Yoga Sh�stras, et M. Stead devrait y donner toutes les chances de continuer. �
14 mars 1897. � Mon tr�s cher ami. Je suis tr�s d�sireuse de vous donner le message dont je vous ai parl� quand je vous ai �crit derni�rement. Les r�centes manifestations dont vous avez tant � dire et � entendre, nous ont vivement int�ress�s. Mais aucune d'elles ne nous satisfait. L� o� elles ont eu lieu, elles sont si confuses et si incertaines, elles sont r�ellement sans valeur.
Ce qui est n�cessaire. � Or, ce que nous voulons prouver, c�est que, lorsque vous vous conformez aux lois qui gouvernent l'Au-del�, il n'y a pas plus de raison, pourquoi vous n'auriez pas des apparitions aussi r�guli�rement et aussi s�rement, que vous obtenez de la lumi�re artificielle.
Parce que, comme vous le savez, les apparitions sont l� tout le temps, seulement elles ne se montrent pas. Ce n'est rien qu'une diff�rence dans le foyer de l'�il qui en est la cause. Quand le foyer est r�gl� seulement pour voir les choses mat�rielles, vous ne pouvez voir que des choses mat�rielles. Mais quand vous �tes capable de r�gler votre foyer � volont�, vous serez � m�me de voir ce qu'il y a � voir et cela avec autant de certitude que l'astronome voit, � l'aide de son t�lescope, des �toiles invisibles � l'�il nu. De m�me que les cieux sont parsem�s de mondes dont on ne se doute pas, ainsi tout autour de nous, il y a des �tres qui sont aussi r�els que les �toiles les plus petites ou les plus �loign�es. Quand vous voulez regarder les �toiles � la lumi�re de midi, vous ne les voyez pas, et cependant elles sont l�. Il en est de m�me de la foule des esprits. Nous sommes tous autour de vous, sans que vous nous voyiez ou sentiez notre pr�sence. Et je ne suis pas s�re, si, en r�gle g�n�rale, il ne vaut pas mieux pour la masse des �tres humains de ne pas les voir.
Le marin qui se dirige par les constellations qui lui sont famili�res pourrait perdre sa route si les �toiles, � peine visibles � l'aide du t�lescope, devenaient subitement aussi visibles que les autres.
Voir l'invisible � volont�. � Mais tout ce que nous voulons, c�est que ceux d'entre vous qui le peuvent, deviennent capables de voir � volont� ces �tres qui sont invisibles � l'�il nu, c'est-�-dire � son �tat normal. Je ne sais pas si vous aimerez toujours cet �tat de conscience de votre existence, comme si elle �tait sous une surveillance perp�tuelle. Et puis, les �tres que vous roulez voir quand vos yeux sont r�gl�s sur l'Au-del� ne sont pas, tant s'en faut, toujours agr�ables, ni ne sont pas toujours appel�s � vous aider � vivre de la vie la plus �lev�e. Ces choses-l� existent des deux c�t�s. Et l'on peut dire : � L� o� l'ignorance est une b�n�diction, c�est folie d'�tre sage.� Mais il y en a plus pour vous qu'il y en a contre vous et le d�veloppement de la nouvelle vue n'affaiblira pas mais fortifiera, si vous �tes fort et que vous n'ayez pas peur. Les vagues qui noient les craintifs sont des aides pour les braves. Et dans l'Au-del�, il y a beaucoup de vagues.
Mais quel est ce message ?
Le sixi�me sens. � Voyons, ne soyez pas impatient. Ce que j'ai � vous dire c'est que tous ceux qui d�sirent avoir le sixi�me sens, quel que soit le nom que vous lui donniez, d�velopp� au point qu'ils peuvent, � volont� d'une mani�re sensible, ou � l'aide de leurs sens, avoir connaissance de la r�alit� de l'existence des �tres qui sont autour d'eux, peuvent acqu�rir ce don ou cette facult� s'ils veulent seulement s'adapter aux lois du domaine dans lequel ils d�sirent p�n�trer.
Tout le monde ?
Oui, c'est un pouvoir qui appartient � la race humaine universelle. Et ce n'est pas seulement humain. Un grand nombre d'animaux sont clairvoyants ; ils voient alors que leurs ma�tres sont aveugles. Mais vous pouvez voir, si vous le d�sirez. Cela d�pend de vous.
Eh bien, dites-moi comment ?
Oui, c'est pour cela que je suis venue ce que vous d�sirez, ce que vous voulez c'est quelque moyen ou exp�dient pour dissiper les t�n�bres qui obscurcissent vos yeux. Mon ami, cela est impossible. (Je n'ai pas de pareil moyen). Le chemin doit �tre parcouru. La le�on doit �tre apprise. On doit ob�ir aux lois. (Et cela n'est pas une affaire d'exp�dient ou de charme.) Non, il n'y a pas de pareil exp�dient pour le sixi�me sens. Il peut y avoir quelque chose de semblable en mesm�risme et en hypnotisme mais ce n'est pas tout cela que je veux dire. Ce qui est possible, c'est que chaque �tre humain peut devenir ce que vous appelez normalement clairvoyant, c'est-�-dire, que chacun poss�de en lui-m�me le pouvoir de voir et d'entendre, aussi distinctement qu'il voit et entend les choses mat�rielles, les formes et les voix qui l'environnent.
Doit �tre contr�l�. � Ce pouvoir est un de ceux qui doivent �tre contr�l�s. Il n'en r�sulterait que du mal si vous ne pouviez � volont� fermer l'�il clairvoyant, quand la vie et la mort d�pendent de la concentration absolue de toutes les facult�s sur le sujet qui se pr�sente directement � vous si au moment supr�me vous deviez voir tout le spectacle de l'Au-del� passer devant vous et le moment exclusif d'attention. Si vous n'�tes pas capable de contr�ler votre sixi�me sens, il vaut mieux ne pas chercher � l'acqu�rir, mieux vaut ne pas l'avoir que d'en �tre domin�. Vous devriez l'avoir � votre disposition quand vous en avez besoin, de m�me que vous avez votre microscope ou votre t�lescope.
Mais mieux vaudrait n'avoir ni l'un ni l'autre, si vous �tiez sous l'impulsion, condamn� par une autre volont� que la v�tre, d'interrompre le travail de la vie, pour les infiniment petits ou les infiniment distants. L'homme doit toujours �tre ma�tre de ses sens, surtout du sixi�me (ainsi nomm�).
Le 15 mars.
L'invisible. � Or, je commence par vous dire, une fois pour toutes, que les choses secr�tes du monde sont celles qui sont les plus communes, les plus universelles, les plus importantes ce ne sont pas les choses qu'on voit qui sont �ternelles. Les forces secr�tes de ce que vous appelez la nature mat�rielle, la gravitation, la chaleur, l'�lectricit�, l'�ther, toute chose en un mot qui est quelque chose, est l'invisible et pourtant l'universel. Il en est ainsi avec les entit�s spirituelles qui sont tout autour de vous, et dont vous pouvez d�montrer l'existence, d'une mani�re aussi infaillible, que l'existence de ces autres choses invisibles dont je viens de parler.
Les trois n�cessit�s. � Mais, de m�me que pour toute recherche, vous devez vous munir d'outils et d'instruments ; de m�me pour ceci, il est n�cessaire pour vous d'�tre pourvu des choses qui sont n�cessaires. Et la premi�re chose indispensable est que vous ayez le c�ur d'un petit enfant. Personne n'entrera dans le royaume s'il n'a pas le c�ur d'un petit enfant.
1� Le c�ur d'un petit enfant. � Cela ne veut pas dire qu'il doit �tre ignorant, mais qu'il doit toujours �tre simple, et qu'il doit penser toujours d'abord � ce qu'il per�oit et non � lui-m�me.
2� La raison et le sens commun. � Le grand amour de soi-m�me, de nos jours, les questions r�it�r�es de comment ceci ou cela agira sur vous, au lieu de demander simplement ce que c'est, feront �chec aux chances de votre succ�s. Quand vous vous serez d�cid� � chercher le ph�nom�ne, ou quel que soit le nom que vous lui donniez, avec l'esprit d'un enfant, vous avez la premi�re chose requise. La deuxi�me n'en diff�re pas. Non seulement vous devez avoir le c�ur d'un enfant, mais vous devez avoir la saine raison et le sens commun d'un homme. Il y a une quantit� d'illusions, et il y a un grand nombre de pi�ges. Vous avez besoin de toutes vos facult�s mentales. Soyez vigilant, acceptez tout ce qu'un enfant accepte, mais examinez et passez chaque chose comme fait l'homme, sans pr�jug� et sans partialit�.
3� La patience. � Et la troisi�me chose requise est la patience. Rien ne peut �tre achev� sans temps ni patience. Mais, si vous avez le c�ur d'un petit enfant, l'intelligence et la patience d'un homme, �tant nourri d'espoir ne vous tourmentez jamais, vous aurez les trois choses essentielles.
Le sentiment et l�amour. � Il y a une autre chose que j'aurais pu mentionner. C'est ce qui est au-dessous, au-dessus et autour de vous, c'est l'amour ; si vous ne vous livrez pas � ces recherches, guid� par l'amour, je ne dis pas que vous ne r�ussirez pas � car si vous suivez les lois, vous r�ussirez � mais il y aura une immense diff�rence dans les r�sultats que vous obtiendrez et dans la consolation et la paix qui s'en suivront, dans leur r�alisation, si vous vous livrez � vos investigations, guid� par un sentiment d'amour et non pas par la froide curiosit�. L'amour de la v�rit�, c'est bien. Mais vous trouverez que, quand � l'amour de la v�rit� abstraite est joint un ardent d�sir de l'esprit de se communiquer avec les esprits qui sont de ce c�t�, le double courant est plus puissant. Et les r�sultats en seront meilleurs. On peut faire cro�tre des fleurs aux tropiques ou dans les r�gions antarctiques. Mais les fleurs sont plus belles et plus facilement cultiv�es aux tropiques qu'au milieu de la neige.
Et dans toutes les choses spirituelles, la temp�rature d�pend de l'amour.
Conditions physiques. � Et maintenant, ayant parl� des qualifications mentales, je dois parler aussi des qualifications physiques. Quand vous �tes en s�ance d'investigation, il se peut que vous ne soyez pas en bonne sant�, et pourtant il se peut que vous r�ussissiez. Mais les chances sont grandement contraires au malade et � l'infirme en ceci, comme dans toutes les entreprises qui exigent de l'attention, l'�nergie de l'esprit et le courage. L'investigateur le plus comp�tent peut �tre paralys� par un mal physique. Ce que j'ai � vous dire � ce sujet n'est rien de nouveau. Observez les lois de la sant� et les soins de l'hygi�ne. Bien que plusieurs saints qui ont n�glig� ces soins aient eu des visions, ces visions auraient �t� plus claires pour eux s'ils en avaient eu souci. Prenez de l'exercice, ne vivez pas pour manger, mais mangez pour vivre. Non, je ne fais aucune restriction pour votre r�gime. Mangez ce qui vous convient le mieux. Il n'y a qu'une seule r�gle concernant la nourriture et la boisson, servez-vous-en.
Ainsi vous n'insistez pas sur les v�g�taux.
Non, je ne crois pas que pour le but que j'ai en vue, ce soit bien de pr�coniser le r�gime des v�g�taux. Si vous aviez �t� toujours v�g�tarien, ce serait diff�rent. Cela pourrait peut-�tre �tre mieux pour vous. Mais pour vous et tous ceux qui sont accoutum�s � un r�gime mixte, devenir v�g�tariens dans le but de devenir de meilleurs clairvoyants ne serait pas sage, car votre sant� souffrirait tant, pendant la dur�e du temps n�cessaire pour vous accoutumer au nouveau r�gime, que la perte serait plus grande que le gain. Et, d'apr�s le m�me principe, je ne crois pas que pour ceux qui sont mari�s, il y ait de devoir de s'abstenir de l'union conjugale, comme condition de succ�s. Il ne doit jamais y avoir de l'union sans amour. Mais, quand il y a parfait amour et parfaite union, on s'approche davantage de l'existence parfaite dont un des �l�ments est le don de la clairvoyance.
17 mars. � Nous commencerons maintenant la partie la plus sp�ciale de ce que j'ai � vous dire. Ce que j'ai dit n'est que la r�gle g�n�rale de la vie et elle est aussi utile � quiconque comme � l'�tudiant psychiste. Le tout peut �tre r�sum� en un mot, c'est-�-dire : vivre et aimer ! Maintenant, j'arrive au message particulier que j'ai � vous donner, et par votre interm�diaire, aux lecteurs du Journal Le Borderland. (Dans l'Au-del�).
Observations de celui qui re�oit. � � Ici je crois devoir pr�venir mon lecteur, et lui confesser que je n'ai pas la moindre lueur d'id�e de ce qu'elle va me dire. Je crains d'�tre tr�s sceptique � cet �gard. En v�rit�, je ne crois pas que ce soit si facile ou aussi certain qu'elle le dit de r�v�ler l'Invisible. Je puis naturellement avoir tort. Je n'oublierai jamais ce que Julia m'a dit au sujet de l'�criture automatique avec des personnes vivantes, que j'�tais presque aussi sceptique, mais elle avait raison alors, et elle peut avoir raison maintenant. Mais les chances semblent �tre tr�s contraires. J'esp�re avoir tort. Mais si on me donne quelque chose qui corresponde, en quoi que ce soit � l'avis par lequel ce message a commenc�, je crois que c'est toute justice de prendre note du fait, que mon esprit conscient physique est absolument ignorant du sujet. Je ne puis pas m�me concevoir la moindre id�e de ce qu'elle va dire. �
Non, je sais qu'il en est ainsi. Quelquefois, je suis capable d'impressionner votre esprit conscient physique, et je le fais, d'autres fois, je ne le puis pas. Quelquefois aussi je le pourrais, je pr�f�re ne pas le faire. Ce cas-ci est un des derniers.
Soyez seul. � Or, la premi�re chose dont vous devez vous occuper, c'est un endroit o� vous puissiez �tre seul. Entrez dans votre cabinet ! La solitude, l'affranchissement du monde des sens, c'est l� la premi�re chose. Quand vous aurez ferm� la porte, restez seul pendant un certain temps, assez longtemps pour permettre aux ondes des pens�es terrestres et des soucis, de dispara�tre.
Parfois, vous deviendrez calme et passif en quelques minutes. Mais dans d'autres moments, vous n'aurez pas le calme de l'esprit avant un nombre consid�rable de minutes quand vous serez au moment de contr�ler ce message vous devez �tre paisible. Quand vous �tes en �moi, ou d'esprit acari�tre, ou que l'esprit est troubl� et qu'il s'agite, alors n'essayez pas. Mais quand votre sant� est bonne, que votre esprit est calme et que vous �tes d'humeur sereine et heureuse, alors entrez dans votre cabinet et fermez-en la porte.
Et faut-il fermer les volets ?
Il n'est pas n�cessaire de faire de l'obscurit� dans la chambre, � moins que la vue des objets ou des fen�tres ne distraie l'esprit et n'emp�che la concentration de l'attention. Mais il se peut que pour commencer, si vous n'�tes pas tr�s calme, une chambre obscurcie vaudrait mieux.
Et soyez tranquille. � Quand vous �tes seul et en repos, et que la porte est ferm�e, de sorte que personne ne peut vous d�ranger, prenez la position la plus confortable possible afin d'�loigner tout trouble physique ou toute chose qui vous rappelle � votre corps.
Faut-il s'asseoir on peut-on se mettre � genoux ?
Je ne vous conseille pas de vous agenouiller. La position n'est pas commode pour un temps long, et toute posture qui vous fait penser � une position est mauvaise. Ce que vous avez � faire, c'est d'�viter d'avoir le souvenir de l'existence des autres sens.
Pourquoi ne pas se coucher ?
Je ne vous conseille pas de vous coucher, parce que cela provoque le sommeil et je ne d�sire pas que vous confondiez les r�v�lations de l'Invisible avec les visions du dormeur : Soyez donc assis, aussi ais�ment que possible, et faites votre possible d'�loigner de votre esprit quoi que ce soit qui vous rappelle votre corps.
Objection de celui qui re�oit. � � Ici j'interromps de nouveau pour dire qu'il semble qu'elle est dispos�e � recommander une certaine esp�ce d'auto-hypnotisme. Quelque truc de fakir, ou quelque chose de semblable que je n'aime pas, et en quoi je me suis fait une opinion et n'ai aucune foi. Jusqu'ici tout ce qu'elle a dit para�t �tre tr�s pratique et suffisamment simple mais � mais � cependant je vais la laisser continuer. �
Quel incr�dule impatient vous �tes !
Un bl�me bien m�rit�. � Ce que vous aimez ou n'aimez pas importe peu, n'est-il pas vrai ? Ce que vous devez savoir ce sont les lois auxquelles vous devez vous soumettre, si vous voulez �viter de ne pas r�ussir. Les mar�es sont tr�s souvent incommodes, mais le sage marin ne se laisse pas aller � des pr�ventions contre les mar�es. �coutez, je ne perds pas votre temps. J'ai � vous dire ceci et si vous voulez agir comme je vous l'indique, vous obtiendrez un bon r�sultat. Sinon, non. Il n'y a pas de contrainte si, par exemple, vous d�sirez me voir et m'entendre, au lieu de lire simplement ce que j'�cris, vous me verrez, m'entendrez et pourrez me toucher, si vous voulez ob�ir � mes instructions, au lieu de m'interrompre, par vos go�ts de ce que vous aimez ou n'aimez pas, qui apr�s tout ne sont pas importants.
Une interruption. � Quand vous �tes seul dans la chambre obscurcie � car il vaudrait mieux essayer d'abord dans l'ombre � il faudra faire ceci :
� Ici l'�criture fut arr�t�e. Puis revint avec une autre �criture : �
Le bon ange qui guide va revenir encore et il vous dira tout. A pr�sent il faut vous arr�ter. Rien de plus maintenant, n'y faites pas attention.
18 mars 1897. � Je regrette bien d'avoir d� vous quitter hier. Mais on m'appelait d'urgence ailleurs. Et je devais partir. Mais je suis de nouveau avec vous, je vais reprendre o� je me suis arr�t�e.
La premi�re chose � faire, si vous voulez que vos yeux s'ouvrent pour voir les �tres invisibles qui vous entourent, c'est d'�tre tr�s calme. Comme je l'ai dit, ne faites aucun effort. Soyez tranquille et attendez. Il est n�cessaire que vous soyez tout � fait passif, de mani�re que le monde ext�rieur perde toute prise sur vous, et que le monde r�el qui est en vous et autour de vous, se fasse sentir.
Comment il faut proc�der. � Alors, quand vous �tes tout � fait calme et passif, fermez vos yeux et pensez � l'esprit (celui ou celle) que vous d�sirez voir ; si c'est un ami encore vivant, incarn�, cela vous aidera si en m�me temps, quoique cela ne soit pas essentiel, lui ou elle �tait aussi passif et seul. Quand il y a deux esprits qui sont d'accord, cherchant tous les deux la m�me chose, les difficult�s sont moindres. Mais il faut que votre c�ur et votre �me soient � l'unisson ; pas seulement d'accord en apparence. L'un doit d�sirer se manifester, l'autre d'�tre manifest�. Et pendant le temps de la retraite, ne changez pas les r�les. Tenez vos yeux ferm�s, et dans l'oubli des choses ext�rieures, faites-vous aussi paisiblement et aussi distinctement l'image de votre ami. S'il doit venir � vous, pensez � lui constamment, concentrant vos pens�es sur lui et sur lui seul !
Faites une image en pens�e. � Pensez � lui en d�tail. Faites une image de lui en pens�e, comme si vous le cr�iez r�ellement. Et tout le temps que votre c�ur et votre �me s'�l�vent en un vif et continuel d�sir de le faire venir. En m�me temps que lui aussi, quel que soit le lieu o� il est, soit assis seul avec les yeux ferm�s, avec la volont� de venir vers vous, en quelque lieu que vous puissiez �tre. Que lui, de son c�t�, pense � vous envoyer quelque message venant du c�ur. Qu'il soit sur sa langue pour le dire ; non pas en criant, mais avec une confiance calme et persuad�e que vous entendrez. Laissez-le lui r�p�ter tranquillement avec le d�sir que vous puissiez l'entendre. Voil� tout.
Une promesse. � Si vous ou deux personnes quelconques qui sont d'accord, voulez faire cela, le faire avec l'esprit sinc�re, vous serez en �tat de vous voir l'un et l'autre et de vous entendre l'un et l'autre parler. Cela ne peut pas �tre fait en un jour, except� avec des psychistes, qui sont en accord parfait, mais si vous essayez pour vous-m�me, vous verrez que j'ai dit la v�rit�, de m�me que vous le faites par l'�criture automatique de personnes vivantes. Ceci exige plus d'effort que l'autre. Il n'y a aucune difficult�, si ce n'est d'en exclure la pr�cipitation, les mille soins et soucis qui vous distraient. Soyez seul ; soyez silencieux ; soyez en �tat de r�ceptivit� et vous serez � m�me de v�rifier ce que je dis.
� Combien de temps cette abstraction doit-elle continuer ? Et combien de temps doit-on essayer avant qu'il y ait quelque espoir raisonnable de succ�s ?
Tout d�pend de la nature de la personne et de la force avec laquelle elle peut d�tourner son attention des choses de ce monde. Comme vous le savez, il y a eu � votre connaissance des cas o� le double d'une personne vivante est venu se manifester aux appels, � la fois de ceux qui sont endormis et de ceux qui sont �veill�s, sans une tr�s grande concentration ; mais au commencement, il est possible que l'effort inusit� puisse en lui-m�me distraire. Vous penserez tant � l'effort que vous serez incapable de penser � votre ami.
Il ne faut jamais forcer les choses. � Il n'existe pas de r�gle fixe. Je dirais que la meilleure r�gie g�n�rale est de ne jamais forcer les choses. Si vous �tes fatigu� apr�s cinq minutes, arr�tez alors. Si vous pouvez maintenir une concentration, une attention calme pendant un long laps de temps, faites-le. Mais souvenez-vous que la sensation d'effort est mauvaise. Il ne doit y avoir aucune tension, il ne doit y avoir aucun effort. Rien que de la bonne volont� passive de voir. Ne commettez pas la faute de vous figurer, que l'intensit� musculaire ou la tension mentale de la volont� est ce qui est n�cessaire, c'est le contraire. Soyez tranquille, �coutez et veillez. Il faut que vous soyez guid� par votre propre exp�rience. Si vous �prouvez une douleur quelconque, cessez. Si cela d�tourne vos pens�es de votre travail journalier, n'y touchez pas. Mais si vous acqu�rez ce pouvoir, et que vous l'ayez sous votre contr�le comme une possession continuelle, pour vous la s�paration n'existera plus ; � moins que, naturellement, il existe une solution de continuit� mentale. Mais ce n'est pas ce que le monde veut dire par s�paration.
La forme n'est pas subjective. � � Mais cela n'est-il pas plut�t un effort soutenu de l'imagination ? Y a-t-il une objectivit� quelconque dans l'image qu'on cr�e ainsi dans l'obscurit� ? �
Qu'est-ce que l'imagination ? Si vous voyiez seulement ce que vous vouliez voir, votre objection serait juste. Mais, si vous vous �tes repr�sent� votre ami v�tu d'un costume gris et qu'il vous apparaisse habill� en brun, ou si l'image que vous vous �tes form�e parle, vous disant ce que vous ne saviez pas, mais ce que votre ami � ce moment vous disait, cela serait il de l'imagination seulement ? Non, ce que j'ai dit est vrai. Vous pouvez vous assurer de la pr�sence vivante de l'ami avec lequel vous �tes en accord intime, si vous voulez seulement vous conformer aux simples r�gles qui suivent.
Je doute ?
Elles sont si simples que vous ne les aimez pas, je le vois. Vous eussiez pr�f�r� quelque chose de plus magique, quelque chose de plus extraordinaire. Mais on n'a aucun besoin de ces mises en sc�ne. La simple v�rit� est que vous �tes tous capables de le faire, si seulement vous vouliez vous servir de votre �me au lieu d'�tre ainsi plong�s dans votre corps mat�riel.
Voil� la v�rit�. � � Mais l'image ne sera-t-elle pas une simple vision de clairvoyance, vue avec les yeux ferm�s ? �
D'abord, en r�gle g�n�rale, il en sera ainsi. Mais apr�s quelque temps vous, ou du moins quelqu'un d'entre vous, serez capable de la mat�rialiser suffisamment pour la rendre visible � l'�il physique, en plein jour. Les autres pourront ne pas voir la personne que vous, vous voyez, vous entendez et pouvez toucher. Mais vous aurez conscience de sa pr�sence.
� Alors la m�me r�gle est-elle aussi bonne pour les esprits des d�sincarn�s ?
Oui ; seulement il y a des diff�rences. Avec les d�sincarn�s, par exemple, vous ne pouvez pas v�rifier, comme il le faudrait, l'exactitude du sens psychique par les impressions des choses mat�rielles et la conscience physique. Voil� pourquoi il vaut mieux commencer par l'esprit des incarn�s. Mais l'esprit est esprit partout, et l'accident de son incorporation ne le rend pas plus facile ou plus difficile de se communiquer.
Un h�ritage n�glig�. � Oh, mon ami, comme je d�sire que vous ouvriez seulement vos yeux, que vous regardiez et voyiez. Vous vivez dans une cellule, alors que vous pourriez sortir et occuper et poss�der le monde entier. Pourquoi vivez-vous seulement avec vos sens mat�riels, poss�dant un bien que je me suis ainsi efforc�e de d�crire ? Pourquoi, quand vous pouvez d�fier le temps et l'espace, et vivre avec un quelconque de vos amis, peu importe la distance qui vous a s�par�s, viviez-vous, pensiez-vous, agissiez-vous comme si vous �tiez limit� par l'�troite cellule, li� par votre conscience physique ? Tout ce qui est n�cessaire, c'est d'�tre seul, d'�tre tranquille, d'�tre passif. Mais, naturellement, il ne faut pas vous imaginer que tout ce monde invisible d'esprits, qui s'ouvre maintenant devant vous, vous pourrez le poss�der en un instant. Il y a beaucoup de choses � apprendre, plusieurs degr�s � passer. Mais ayez un commencement, et sachez que ce que vous connaissez de la r�alit� du Double qui maintenant se propage comme le vent l� o� il souffle, est pour vous un signe et une garantie de la possibilit� de vous faire comprendre que le monde des sens n'est qu'une prison compar�e aux forces potentielles plus immenses de l'Esprit.
7� Perdre et trouver son �me
11 juillet 1897. � � Mon tr�s cher ami. Ce que je vais �crire maintenant est pour Le Borderland.
� Je n'ai pas la moindre id�e de quoi il s'agira. �
Oh ! quelle occasion vous avez cette ann�e, de c�l�brer le permanent et m�morable jubil� de la Reine !
� Le jubil� vous int�resse-t-il ? �
Oui, nous nous int�ressons � tout ce qui �meut le c�ur et soul�ve l'�me de l'homme. Nous voyons ce que vous pensez et nous voyons ce que vous faites. Et nous voyons aussi ce que vous devriez faire, si seulement vous vouliez vous servir convenablement de l'occasion. Et c'est ce que je veux �crire aujourd'hui, � l'aide de votre main.
� Personnellement, je suis contrari� de l'intervention de Julia dans des affaires de jubil�. Il se peut que le sentiment soit absurde, mais je voudrais qu'elle ne se m�l�t pas de cette affaire. �
Oui, je le sais, mais quand j'ai des choses � dire, ce que vous aimez ou n'aimez pas n'importe pas. Ce que j'ai � vous dire, c'est que le jubil� vous donne une grande chance de faire du bien permanent. Tout ce que vous avez fait a �t� bien fait et utile. Mais vous avez � commencer maintenant le r�el jubil�.
Mon message ou celui de Julia. � Vous avez � rabattre vos manifestations de vaine gloire, d'orgueil et de pouvoir en vous humiliant devant le distributeur de tous ces dons. Autrement, il ne faudra pas longtemps avant de vous sentir humili�.
� C'est ce que j'ai dit d�j� moi-m�me. �
Oh, pourquoi ne voulez-vous pas me laisser �crire tranquillement et cesser vos objections ? Je dirai ce que j'ai � dire et vous pourrez faire des observations apr�s.
Mais laissez-moi dire tout de suite, qu'il vous sera difficile de distinguer entre ce que vous dites vous-m�me et ce que nous imprimons sur votre esprit. Mais maintenant que j'�cris, je vous prie de me laisser �crire sans interruption.
Ce que je veux dire c'est que le public, en g�n�ral, sera plus en �tat de recevoir la v�rit� maintenant qu'il ne l'�tait avant. Le jubil� a beaucoup �veill� les esprits, et quand l'esprit est �veill� le travail est � moiti� fait. Ce que vous avez � faire c'est de passer � travers la porte ouverte � qui est ouverte au large devant vous � et si vous voulez me laisser parler sans faire ces questions continuelles et ces objections, je pense que vous admettez que j'ai � dire quelque chose que vous n'avez pas dit, mais que j'esp�re vous dire plus tard. Ce que vous avez dit � propos de la renaissance est bon ; mais je d�sire vous montrer comment cette renaissance peut �tre amen�e.
Tout ce qu'il y a � dire prendrait beaucoup de temps. Mais il y a des choses qui peuvent �tre dites tr�s bri�vement, qui, comme vous le verrez, ne sont pas du tout dans vos id�es.
Le plus grand mal de nos jours. � Avant toute chose, ce � quoi vous devez penser avant toute autre chose concernant ce sujet, est ce que vous, ou quiconque d'entre vous, faites pour rendre le monde r�el ; r�el aux hommes. Le plus grand mal de nos jours n'est pas l'amour de l'argent ni l'�go�sme. Non, mais la perte de l'�me. Vous oubliez que l'�me est la chose principale, et que tout ce qui concerne le corps, sauf cependant en ce qui touche � l'�me, n'a aucune importance. Mais ce que vous avez � comprendre, c'est que les hommes et les femmes de cette g�n�ration ont perdu leur �me. Et cela est une terrible v�rit�. Ce n'est pas comme nous avions l'habitude de penser � la perte de l'�me en enfer, quand elle s'est d�pouill�e de son corps c'est une chose non seulement d'avenir, mais du pr�sent. Votre �me est perdue maintenant. Et vous devez la trouver.
Ce que signifie perdre son �me. � Quand je dis perdue, je sais ce que je veux dire. Vous l'avez perdue, comme vous pourriez perdre une personne dans la foule. Vous �tes envelopp� dans la mati�re et vous avez perdu votre �me. Car, jusqu'� ce que vous la trouviez, vous n'�tes gu�re mieux qu'un v�ritable automate, dont les mouvements fi�vreux n'ont aucune signification r�elle, aucune valeur durable. La perte de l'�me, c'est l� la maladie du jour et trouver l'�me est le chemin du Salut.
Comment l'�me a �t� perdue. � Retrouver l'�me est la premi�re chose et la plus importante. Vous ne la trouverez jamais � moins que vous ne preniez le temps de penser, de prier ; le temps de comprendre que vous avez une �me. A pr�sent, vous souvenez-vous de cela ? Vous vous souvenez de l'heure de vos affaires, mais quand vous rappelez-vous que vous devez trouver votre �me ? Non, non ! Tout est agitation et pr�cipitation, et tourbillonnement, et votre �me se trouve perdue, chass�e de votre vie. Vous avez un si grand nombre d'engagements que vous n'avez pas le temps de vivre de la vie de l'�me. Voil� ce que vous avez � apprendre. Il n'y a pas de doute que votre travail ne soit important et que le devoir doit �tre fait. Mais quel avantage y aura-t-il pour l'homme de gagner le monde entier et de perdre sa propre �me ?
L'�me de la nation et de l'individu. � La mani�re dont le jubil� aide, c'est que l'homme ordinaire d�couvre qu'il y a quelque chose � quoi il a pens� rarement, � ce qu'il voit maintenant ce qu'il y a de plus important. Il a du moins obtenu une lueur de l'�me de la Nation, et appr�cie la grandeur de la vie. Maintenant, enseignez-lui que c'est bien plus important pour lui de trouver sa propre �me. L'�me perdue qu'il a chass�e de sa vie. Comprenez-vous cela ? Saisissez-vous cela ?
Comment trouver l'�me. � Maintenant je vais vous enseigner comment on peut trouver l'�me. Il n'y a qu'un moyen ; il n'y a aucune chance de salut, si vous ne prenez jamais le temps de penser � des choses qui ne sont pas du moment, qui sont au-dessus du temps, qui seront quand le temps ne sera plus.
Vous n'avez le temps que pour les choses qui concernent le temps et qui disparaissent par l'usage.
Et si vous voulez trouver votre �me, il faut y mettre le temps pour la chercher.
Vous dites que vous n'avez pas le temps. Mais vous avez le temps pour gagner de l'argent, pour vous amuser, pour vous occuper des questions d'amour, pour faire tout ce que vous voulez r�ellement faire. Mais votre �me, voil� une chose dont vous ne vous souciez pas. Et ainsi vous n'avez pas le temps pour l'�me.
Vous devenez de moins en moins spirituel. Les anciens pr�ceptes, les services, les pri�res, la m�ditation, la retraite, tout cela vous donnait du temps. Mais, une � une, elles s'en vont toutes ces occasions o� vous pourriez vous reposer et rencontrer votre �me. Et vous vous �tes mat�rialis�, m�me avec vos luttes continuelles contre le mat�rialisme ; car ce qui est plus important que de s'efforcer d'arr�ter le mal, est de sauver votre �me, de poss�der votre �me, de la retenir et de ne pas la laisser s'en aller.
L'importance de l'�me. � Ce qui me semble tout � fait clair, c'est que l'indiff�rence pour l'�me est caus�e par la non compr�hension que l'�me est le vrai Ego, la seule partie qui reste de vous, le divin en vous, que vous sacrifiez pour des choses journali�res.
Ce que vous ne comprenez pas est, que c'est par l'�me seule que vous pouvez communiquer avec le monde des Esprits qui est tout autour de vous. Et le monde des Esprits comprend le monde entier, except� les choses p�rissables du temps. Quand nous disons monde spirituel, nous comprenons ce que vous appelez Dieu et ses saints anges et les saints qui sont morts. Tous ceux-l� sont perdus pour vous quand vous perdez votre �me. Car l'�me seule communique avec le monde r�el.
C'est par l'�me qu'on re�oit l'inspiration. L'�me vous unit � l'Univers de Dieu, avec l'Ame du Monde. Et quand vous vous d�tachez de votre �me, vous n'�tes plus qu'un prisonnier emprisonn� par la mati�re � travers laquelle vous vous glissez un peu � l'aide des sens.
� C'est ce que toutes les religions disent toujours, et la redite de ces simples paroles fera-t-elle du bien ? �
Ce que toutes les religions disent est vrai. Mais ce que je dis moi est un peu diff�rent, non pas de ce que toutes les religions ont dit, mais de ce que les religions mat�rialis�es disent maintenant. Et c'est en cela que consiste la diff�rence.
Son pouvoir divin. � Car ce que je dis, c'est que l'�me a des pouvoirs divins, mais si seulement vous voulez trouver votre �me et d�velopper sa puissance divine, il s'ouvrira devant vous un nouveau Ciel et une nouvelle Terre, o� il n'y a ni Absence, ni Mort, et o� tout l'Univers d'Amour est � vous.
� Des miracles, alors ?
Oui, je soutiens que ce que vous nommez miracles sont les qualit�s naturelles de l'�me. Miracles de gu�rison, miracles de mouvement, miracles de pouvoir, auxquels vous ne songez gu�re, sont tous le but de l'�me. Tout ce que vous avez lu concernant le pouvoir de l'Esprit sur la mati�re n'est rien en comparaison de la r�alit�. Vous �tes comme des chenilles compar�es � ce que vous pourriez �tre.
Mais la porte d'entr�e dans l'Infini est l'�me, et l'�me est perdue : Quand vous n'avez pas le temps de penser, pas le temps de prier, vous n'avez pas le temps de vivre. C'est pourquoi il faut avant toute autre chose trouver du temps.
Plus facile � dire qu'� faire !
Il faut trouver du temps. � Oh ! mon cher ami, pourquoi �tes-vous si sceptique ? Vous perdez plus de temps � vous pr�occuper du Pass� que vous ne pouvez pas rappeler, et � anticiper sur les maux de l'Avenir que vous ne rencontrerez peut-�tre jamais et qui vous aiderait � entrer en possession de votre �me dans le Pr�sent o� nous vivons.
Ce que vous ne paraissez pas voir, c'est que l'�me n'est pas une simple abstraction. C'est le pouvoir qui vous rend capable de faire toutes choses.
Je dis la v�rit� la plus mod�r�e et la plus litt�rale quand je dis que si seulement vous poss�diez votre �me et exerciez ses pouvoirs, la mort ou la s�paration cesserait d'exister pour vous, et ses mis�res qui poursuivent la race humaine dispara�traient.
La cause des maux. � Car la totalit� des maux qui affligent la soci�t� viennent du d�faut de ne pas voir les choses du point de vue de l'�me. Si vous viviez pour l'�me, si vous aviez souci de ce qui fait l'�me, une r�alit� plus vivante, et moins pour les aliments corporels, physiques et toutes les choses mat�rielles qui servent au corps, le monde entier serait transfigur� ; vous avez un mauvais point d'appui et tout est hors du centre.
Je ne vous dis pas de n�gliger votre corps ; mais que la sant� et le bien-�tre ne soient que les moyens pour atteindre la fin ; le corps n'est qu'une machine. Le travail qu'il fait devrait �tre pour l'�me. Ce que vous faites maintenant, c'est de faire faire tout � la machine. Elle se consume de ses propres forces. Les roues tournent, mais rien ne meut, et dans le tournoiement des roues, l'�me est perdue.
Non ! Je dois le r�p�ter une fois de plus, vous devez trouver le temps pour vivre. A pr�sent vous avez perdu votre �me, en partie m�me par l'effort que vous avez fait pour essayer de la trouver. Je veux dire que beaucoup de la vie religieuse ainsi nomm�e et de ses �uvres, quoique �tant bonnes en leur mani�re, ne forme pas une l�g�re addition � la pr�occupation de temps qui rend la vie de l'�me impossible. On peut perdre son �me � l'�glise aussi bien qu'� la Bourse. Si vous n'avez pas de loisirs pour �tre seul avec votre �me � il n'importe pas tant que la pr�cipitation, l'agitation et la pr�occupation, concernent des faits eccl�siastiques ou financiers � l'�me est perdue, et il n'y a rien � faire que de la retrouver.
Faites de l'�me le centre. � Vous pouvez r�sumer ce que j'ai � dire en un ou deux mots. Ce que je d�sire que vous fassiez, c'est de faire de l'�me le centre, et de trouver du temps pour vous servir de l'�me, qui seule est capable de tout faire. Trouvez du temps pour gagner l'�ternit�, que dis-je, pour la poss�der maintenant et pour conna�tre Dieu.
Julia.
8� Mots d'adieu
19 septembre 1897. � Mon tr�s cher ami. �J'ai le c�ur triste de penser que ces lignes seront probablement les derni�res, qu'une occasion si hautement appr�ci�e m'a permis, pendant quelques mois, de communiquer avec mes amis auxquels je me suis si souvent adress�e au moyen du journal le Borderland (Au seuil de l'Invisible). Il s'est �coul� maintenant quatre ans depuis que j'ai commenc� � �crire pour eux, et j'ai eu l'heureuse �vidence de l'aide que mes lettres ont apport�e � un grand nombre qui �taient rest�s jusque-l� dans le plus grand d�sespoir.
Son mot d'adieu. � Maintenant, et seulement pour le temps pr�sent, je dois cesser mes lettres, je suis plus que jamais p�n�tr�e de l'importance d'insister une fois de plus, plus fortement que je ne l'ai jamais fait, sur cette grande v�rit� que Dieu est l'amour, et que tous ceux qui l'aiment r�ellement et sinc�rement sont en Dieu et Lui en eux. Je vous ai dit cela plusieurs fois. Mais, vous ne semblez pas comprendre combien cela est absolument vrai, et comme cela vous para�tra absurde quand vous passerez de ce c�t� et que vous verrez combien Dieu a �t� �cart� de votre vie, � cause du manque d'amour de votre c�ur.
Dans tous les mondes, il n'y a rien d'aussi vrai, d'aussi vital, d'aussi universel que ceci : L'amour et Dieu sont la m�me chose et quand, pour une raison quelconque vous ha�ssez ou n'aimez pas, vous chassez Dieu de votre vie, avec la m�me force. Si je n'avais qu'un message � donner, ce serait le message � Amour.
�tre comme Dieu. � Si vous voulez �tre comme Dieu, aimez ! Toute chose que vous aimez, c'est un pas fait vers le Ciel. Tout ce que vous n'aimez pas au point de vous rendre incapable d'aimer qui que ce soit, vous fait �loigner de Lui. Vous pensez que c'est juste d'�tre en col�re, et vous faites bien. Mais quoique vous puissiez avoir droit et �tre en col�re, vous ne pouvez pas �tre uni � Dieu, si, dans votre col�re, vous manquez de charit� envers l'offenseur. Vous pouvez punir l'offenseur, mais avec amour. Si vous aimez punir, si la peine que vous infligez vous pla�t, prenez garde ! vous �tes hors d'amour et �tre hors d'amour, c'est �tre hors de l'Existence de Dieu.
Mais cela ne conduit-il pas � corrompre les personnes ?
De la punition. � Non, cela ne peut pas nuire aux personnes. Soyez juste que dis-je, m�me juste avec s�v�rit�. Vous ne n�gligez pas de corriger votre enfant parce que vous l'aimez. Mais la punition que vous infligez est sentie d'abord par vous-m�me. Vous ne pouvez punir quelqu'un avec justice, � moins que votre c�ur n'en supporte la peine d'abord. Toute amertume, tout d�sir de vengeance, toute duret� de c�ur qui ne vous fait pas sentir la peine que vous devez infliger � un autre, toutes ces choses sont contraires � l'amour et par cons�quent, sont les ennemies de Dieu.
L'amour n'est pas seulement, se laisser aller � une complaisance agr�able et facile, ou � l'indiff�rence ; cela n'est pas de l'amour, mais de l'amour de soi. L'amour qui g�te un enfant est cruel ; s'il est de la vengeance, c'est de l'�go�sme ; on est souvent oblig� de ch�tier en amour. Mais l'amour, sentie coup avant qu'il soit donn� ; il souffre d'abord et le sent davantage, Ceci est un exemple pris entre tous, des innombrables le�ons de la � Passion de Notre Seigneur �.
Ce que la mort fait gagner. � Quand j'ai �crit, les mois derniers, je n'ai pas dit autant que je ne l'ai fait dans mes premi�res lettres, concernant la vie spirituelle et les r�alit�s toujours b�nies d'�tre uni � Lui qui est l'Amour, et qui repr�sente le Ciel d'�tre avec Lui. Mais il n'y a rien de ce que j'ai dit que j'aie � r�tracter. Au contraire, si je le pouvais, je voudrais tout r�p�ter de nouveau, avec plus de sinc�rit�, avec plus d'amour que jamais. La chose la plus grande, la plus agr�able, la seule importante, compar�e � toutes les autres choses qui sont comme nulles, c'est que, par ce que vous appelez Mort, nous avons atteint une certitude plus proche, plus intime de sa pr�sence, de sa vie en nous, et de notre vie en Lui. Tout ce qu'on a pu dire, tout n'a �t� que de vagues et d'imparfaits symboles.
De l�amour de Dieu. � Oh mon ami, mon ami, vous ne savez pas, et je ne pourrai jamais pr�tendre commencer � expliquer l'immense merveille, la gloire, et l'infini du sens que comprend l'Amour de Dieu pour nous en quoi nous vivons, nous nous mouvons et nous avons notre existence.
Je voudrais pouvoir vous le faire sentir davantage. Je voudrais pouvoir l'expliquer mieux. Mais je ne puis pas dire plus que cela. C'est plus que j'ai jamais esp�r�, plus, beaucoup plus, que j'ai essay� d'expliquer dans mes premi�res lettres.
Tout ce que vous savez de l'amour terrestre, de l'amour de la m�re pour son enfant, de l'amour de la fianc�e pour son fianc�, de l'amour du mari pour sa femme, tous les amours terrestres et les transports d'affection, ne sont que l'alphabet du langage du ciel. Et plus votre amour est id�al et d�sint�ress�, plus vous comprenez et avez Dieu en vous, l'espoir de la gloire. Ce que les merveilles de l'aurore sont au sombre cr�puscule qui pr�c�de l'aube, notre vie d'amour est � la vie que vous menez ; sauf dans ces moments d'�l�vation o� le c�ur br�le d'une extase divine qui �mane de l'inspiration et de la cons�cration de l'amour.
De la vue de Dieu. � H�las, comme mes paroles sont faibles! Je ne puis pas exprimer ce que je sens. Tout ce que je sais, c'est que quand vous saurez, vous serez aussi incapable que moi de l'expliquer.
Or, c'est pourquoi je vous dis toujours : Aimez, aimez, aimez ! Car la diff�rence entre ce c�t� et le v�tre est principalement ceci : c'est qu'il y a plus d'amour ici, de m�me qu'il y a plus de soleil en �t� qu'en hiver. S'il y avait seulement plus d'amour dans votre monde, il serait �gal au n�tre ; car alors aussi vous auriez la vue de Dieu. Et ceci nous m�ne � une autre v�rit� sur laquelle j'aimerais d'insister une fois de plus, avant de fermer ma lettre.
Votre monde n'est pas aussi d�laiss� que vous le pensez. Vous avez en vous plus d'attributs divins que vous ne croyez. Le pis est, c'est l'absence d'amour dans votre monde. S'il y avait de l'amour, l� o� il y a de la haine ou de l'indiff�rence, la terre deviendrait le Ciel. M�me ceux qui sont les plus sceptiques d'entre vous admettent cela. Mais ils disent que si m�me il y avait de l'amour, il y aurait aussi l'angoisse du d�part et la douleur de la mort ; car il est vrai que quiconque engendre l'amour, engendre aussi la souffrance ; car plus les n�uds du tissu sont serr�s, plus la crainte de les briser est grande.
Et c'est pour cela, que j'ai toujours insist� si fort sur le fait, que si vous d�veloppez votre �me et cessez de vous plonger dans la mati�re inerte, vous, serez capable de triompher sur votre dernier ennemi. Pour vous qui avez si imparfaitement et � des intervalles si irr�guliers, donn� la preuve de ce que je dis, sachez qu'il est souvent possible, m�me pour vous dont la vie est combl�e des soucis du monde et de devoirs pressants, de communiquer ou de recevoir des communications d'amis qui sont � grande distance, et qui sont de nature si intime et si constante, qu'elles mettent dans l'ombre tout discours et toute correspondance.
Lueurs du jour � venir. � Vous savez aussi, par l'exp�rience d'amis, que les possibilit�s de la multiplication de personnes, la cr�ation du � Double � �vident du corps et son changement � un endroit quelconque, avec la rapidit� de la pens�e, n'est pas une simple fiction de l'imagination. Ces choses pour vous ne sont que des lueurs du jour qui vient. Elles peuvent �tre, comme je vous l'ai dit, d�velopp�es jusqu'� annihiler la sensation de la s�paration et le grand obstacle � la croissance de l'amour dispara�tra.
Il n'y a pas de sens qui ne sera satisfait, aucune d�monstration de la r�alit� de l'�nergie latente d'esprit qui sera n�cessaire. L'esprit qui ne fait aucune attention aux limites et aux entraves du corps, quand le corps est vivant, n'est pas moins libre quand le corps est mis dans le tombeau. La force qui cr�e le Double peut influer sur le vivant qui aime � revoir encore ses morts.
Mais pendant toutes ces ann�es je ne vous ai jamais vue.
Objection � un reproche. � Il est vrai, mon tr�s cher ami, comme vous le dites, que vous ne m'avez jamais vue depuis que je suis dans l'Au-del�. Mais quand l'eau est trouble, elle ne r�fl�chit pas l'image de votre visage. Il faut qu'il y ait une surface calme et paisible, m�me pour un miroir. Et combien de fois avez-vous �t� calme et paisible, en attendant tranquillement la manifestation de l'Invisible ?
Vous savez que, quoique vous ne m'ayez jamais vue de vos propres yeux, d'autres m'ont vue, et dans des circonstances qui excluent toute d�ception. Et si vous ne m'avez pas vue, n'avez-vous pas eu de constantes preuves de ma pr�sence, par des messages et des communications qui n'ont jamais fait d�faut, pendant ces cinq ann�es ?
Mais, peut-�tre, apr�s tout, elles peuvent avoir �t� !!!
De l��vidence de l�existence de Julia. � Oh ! Je connais le doute des sceptiques. Ces messages que vous avez re�us � toute heure et dans toutes les saisons, dont la centi�me partie a peut-�tre �t� publi�e dans le Borderland (le journal Sur le Seuil de l�Invisible), peuvent, comme vous le sugg�rez, �maner simplement de votre subconscient, cet autre vous-m�me. Votre main qui a �crit des choses qui vous �taient inconnues et ont eu lieu dans le pass�, et qui a �crit des choses aussi ignor�es de tous et qui seront r�alis�es dans le futur, a �t� mise en mouvement non par moi, mais par quelque segment inconnu jusqu'ici de votre �me. Eh bien, vous pouvez en penser ce qu'il vous pla�t mais vous savez mieux que personne, si ces communications dont quelques-unes sont venues � rencontre de votre propre mani�re de voir, et qui forment tout un ensemble complet, ayant leur caract�re et leur individualit� propres, sont ou non �man�es de votre propre intelligence. Elles ne sont certes pas �man�es de votre esprit conscient ; et puisque vous ne saviez rien de leur contenu, vous ne saviez rien de leur origine. Moi, qui sais l'un et l'autre, je vous ai toujours dit la m�me chose. Je suis votre ancienne amie de la vie terrestre qui s'est d�sincarn�e, il y a quelque (environ) cinq ans, et qui a �t� toujours avec vous pour vous enseigner, vous consoler et vous guider dans votre conduite.
Quand on parle de la mort comme �tant la s�paration, nous a-t-elle s�par�s ? N'ai-je pas �t� plus constamment, plus fid�lement, plus intimement avec vous qu'il f�t jamais possible de l'�tre quand j'�tais sur terre ? Donc, si cela est ainsi et vous savez que c'est vrai, pourquoi douteriez-vous qu'il p�t en �tre ainsi de tous les mortels ? Car ce que l'un peut atteindre, est dans la mesure des pouvoirs latents de tous les �tres.
J'ai souvent regrett� que vous n'ayez pas fait plus t�t le n�cessaire, pour �tablir le Bureau au sujet duquel je vous ai si souvent �crit. Mais, peut-�tre, ai-je �t� trop impatiente. Les temps et les heures propices ne nous sont pas r�v�l�s, pas m�me ici. Mais ils viendront et alors vous comprendrez.
Julia.
9�Fragment de la vie ici et de l'Au-del�
� Le fragment qui suit a �t� commenc� le 12 avril 1897. Il n'a pas encore �t� achev�. � Je le joins ici principalement � cause....
La V�rit� de la Vie : Ici et dans l'Au-del�. Par quelqu'un qui a v�cu dans les deux mondes.
12 avril 1897.
La vie � la naissance. � Quand, pour la premi�re fois, l'homme se sent conscient de la vie, il est purement animal. Il peut avoir en lui le souffle de Dieu, mais sa conscience est limit�e aux n�cessit�s de sa nature animale. Il a faim et soif. Il a chaud ou froid, et, en dehors de ces choses, son �tat de conscience ne vaut pas la peine qu'on en parle. Il n'a pas m�me la vue telle que nous l'entendons. Car l'art de se servir de la vue n'est pas un sens inn�. Nous voyons, mais nous ne comprenons pas ce que nous voyons jusqu'� ce que l'exp�rience nous ait enseign� comment il faut distinguer et comment adapter les formes avec les objets que nous voyons. � Il entend, mais tout ce qu'il entend, ce sont des bruits confus qu'il ne peut pas distinguer l'un de l'autre. Or, voil� ce qu'est la vie � l'enfant nouveau-n� : une sensation de faim et de froid, de chaleur, de soif, et la possibilit� de souffrir quand sa peau est �corch�e ou �gratign�e, avec une faible perception de la lumi�re et du son. Tel est le commencement de la vie dans ce monde pour lui, qui contient en elle une parabole et une all�gorie.
Une parabole et une all�gorie. � Car, ce que l'enfant avec ses cinq organes de sensation, ce que l'enfant avec sa conscience animale purement rudimentaire est � l'homme fait � Platon, � Shakespeare, � Newton ; l'homme fait, au degr� le plus haut de son d�veloppement sur terre, est � l'homme, tel qu'il est capable de le devenir, quand il se d�pouille de son corps et devient citoyen de l'autre monde. Tout ce que vous savez, sentez et comprenez n'est que le commencement des choses. Cela correspond exactement � la simple conscience du nouveau-n�. C'est un commencement, un germe, une proph�tie de choses qui seront la base et la fondation de ce qui est � venir.
Difficult� � expliquer. � Or, comme l'adulte qui a toute sa croissance, trouve qu'il est impossible d'expliquer les conceptions de la philosophie ou de la science � l'enfant au berceau, de m�me il est impossible, pour ceux d'entre nous qui ont atteint la vie de l'au-del�, de vous expliquer, de mani�re � vous faire comprendre, la vie plus compl�te qui s'�tend devant la race humaine. Par cons�quent, quand j'ai entrepris de vous dire la v�rit� concernant la vie terrestre et celle de l'Au-del�, je ne voulais pas dire que je pourrais vous dire toute la v�rit�, m�me telle que je la con�ois, beaucoup moins que la v�rit� qui doit �tre per�ue dans l'Au-del�. Car, nous n'atteignons jamais � la connaissance compl�te de toute la v�rit�. Tout ce que je puis vous dire est soumis � deux conditions : la premi�re, aux limites de mes propres connaissances, et la seconde aux possibilit�s de vos propres connaissances pour la recevoir et la comprendre. Mais, quoique �tant soumise � ces restrictions, je vais expliquer tout ce qui vous est utile et n�cessaire, � savoir :
Les avantages du point de vue. � Je n'ai pas encore de r�v�lations �motionnantes � vous faire. Mais je pense que cela peut vous aider de savoir comment la vie nous appara�t � nous ; car telle qu'elle nous appara�t � nous, de m�me elle vous appara�tra � vous. C'est toujours un avantage d'envisager le travail de la vie d'un point un peu distant ou en dehors de soi-m�me. � On est moins expos� � d�vier de la ligne directe, quand on contemple le chemin que l'on a parcouru, d�un point d�termin� en arri�re vers le but qu'on veut atteindre. � On est toujours en danger de se tromper de chemin. On est expos� � manquer la route principale ou le passage, et � s'�garer dans des chemins de traverse qui ne conduisent nulle part. Le probl�me de la vie est assur�ment d'�viter la perte de temps, en s'�garant dans des � culs-de-sac �, ou d'�tre men� dans des chemins d�tourn�s qui ne vous font pas avancer. En d'autres mots, ce que vous avez � faire, c'est de voir le point que vous voulez atteindre et de vous h�ter avec persistance, d'y arriver.
Se pr�parer pour ce qui est � venir. � Il faut accumuler de la force pour des facult�s qui seront employ�es. Il n'est d'aucune n�cessit� de d�penser la vie � d�velopper un sens qui ne sera pas n�cessaire ici apr�s. Si vous aviez � passer votre vie sur mer, le devoir r�el de ceux qui vous ont �lev�, serait de vous pr�parer pour la vie de marin. Et de m�me quand vous viendrez de ce c�t�, votre premi�re pens�e sera le temps que vous avez perdu dans le pass�. Perte d'occasion, perte de force, perte de progr�s, pour les conditions de la vie, l'objet de l'existence, et qui sont ici si diff�rentes que pour beaucoup, la premi�re impression est celle d'une d�ception. Ils ont d�pens� leur vie � accumuler des tr�sors, et les d�p�ts faits ici, de ce c�t�, ne peuvent �tre retir�s et ils sont perdus.
� J'objectai que cela �tait tir� de l'ancien texte, amasser des tr�sors que la vermine et la rouille ne corrompent pas ; l� o� des voleurs ne p�n�trent et ne volent. �
La vieille, vieille histoire. � Oui, je sais, et si vous croyez que je vais vous dire des choses qui m'ont �t� dites plusieurs fois d�j�, par ceux qui sont venus de ce c�t�, pour vous enseigner sur cela, vous vous trompez beaucoup.
� N'amassez pas pour vous-m�me des tr�sors que la vermine et la rouille peuvent corrompre et l� o� les voleurs peuvent s'introduire et voler. � C'est une maxime que vous avez entendue assez souvent mais y faites-vous attention ? Je dois seulement la r�p�ter avec de nouvelles paroles et vous dire, que le t�moignage de tous est le m�me. Ce sont les choses qu'on ne voit pas, qui sont �ternelles; les choses invisibles qui ont seules de la valeur.
Concentration sur des choses qui durent apr�s la mort. � Et mon but est d'insister, pour que vous concentriez la vie dans votre corps sur des choses qui dureront, apr�s que vous serez pass� dans l'Au-del�, et non sur celles qui cesseront d'�tre utiles apr�s la mort.
13 avril. � Ce que j'ai �crit hier �tait une sorte de pr�face. Maintenant, je vais �crire sans arr�ter juste ce qu'est mon message.