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Un des maîtres de la physique contemporaine disait récemment : « Je défie le plus fort physicien de pouvoir, après avoir lu deux pages de n'importe quel traité de physique, affirmer sur l'honneur qu'il a tout compris ! »
On se rappelle l'hilarante mésaventure dont fut victime, vers 1858, la grave Académie des Sciences déclarant ex cathedra, sur la foi d'expériences manquées par l'illustre physicien qu'était M. Biot, qu'il est impossible d'enflammer un corps combustible par la simple compression de l'air et ce, tandis que partout, dans Paris, on vendait des briquets atmosphériques, basés sur le phénomène même dont la docte compagnie niait l'existence.
Autre histoire plus récente
Un jour, MM. Blondlot et Charpentier découvrirent les rayons N et toute l'Europe savante ayant répété les expériences de MM. Blondlot et Charpentier et les ayant réussies, constata à son tour, de façon indubitable, l'objectivité des rayons N et poussa une longue et savante acclamation en l'honneur des deux savants... Jusqu’au jour où un autre savant prouva, par d'autres expériences que les rayons N n'existent pas. Et toute l'Europe savante, ayant répété les nouvelles expériences, et les ayant non moins réussies, constata à son tour, et de façon non moins indubitable, que les rayons N n'existent pas et ce fut une longue et savante malédiction contre MM. Blondlot et Charpentier.
La morale de ces trois faits, c'est que :
1° il faut à nos officiels des théories si abstruses qu'ils ne les comprennent pas eux-mêmes ;
2° ces théories sont tellement vagues, tellement flottantes et diffuses qu'ils ne peuvent faire avec certitude le départ entre ce qui est et ce qui n'est pas, de telle sorte qu'à tout instant leurs affirmations les plus péremptoires, les plus autorisées se trouvent brutalement démenties par les faits ;
3° et enfin ces théories sont, par eux, basées sur dos expériences se faisant tomber les unes par les autres comme une série de capucins de cartes.
Tout ceci d'ailleurs n'est pas nouveau, car, il y a quatre siècles, Paracelse définissait déjà la science officielle de son époque : Scientia est quaerere, errare, nil invenire et falsa docere !
Or, voici un livre dont les théories sont accessibles à toute intelligence moyenne. Et ces théories s'appuient sur des expériences que le premier venu peut réaliser à la seule condition de connaître les principes rudimentaires du magnétisme et d'avoir entre les mains un sujet hypnotique un peu développé.
C'est dire que les officiels se garderont bien de faire ces expériences... fi donc ! Puisque tout le monde les peut réussir ! Et ils préféreront hausser les épaules devant ce livre, ce qui est, comme chacun sait, le geste de l'intangible supériorité.
Et, de même que dans l'avenir, à la suite d'une nouvelle palinodie en sont ils d'ailleurs à les compter ? Ils reconnaîtront que les rayons N existent bien et réellement, de même, dans l'avenir, il se trouvera un scientiste officiel, palmé, diplômé, patenté et décoré qui, après avoir beaucoup ri de ces choses, s'avisera que en se cachant toutefois de ses confrères pour ne pas leur servir de plastron, il pourrait peut-être vérifier lui-même ces expériences que tout le vulgum pecus a réussies avant lui. Et quand, à son grand étonnement, il constatera qu'il a réussi les expériences tout comme s'il était lui-même du vulgum pecus, il en sera d'abord ébaubi, puis il songera : « Sous quel titre vais-je présenter aux Académies la découverte que je viens de faire ? »
« Car, a dit un maître de l'Institut Pasteur au cours d'une de ses leçons, au commencement de 1914, la probité scientifique consiste, de nos jours, à démarquer aussi habilement que possible le linge du voisin.....»
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