Phénomènes vitaux de l'âme
Pour que le corps commence à vivre, pour que cette vie dure et se maintienne, il faut que son agrégat vital et instrumental contienne en soi un agent d'impulsion qui le mette et l'entretienne toujours en acte : cet agent, c'est son principe vivifiant, c'est en dernier ressort cette partie de l'âme totale que nous appelons âme vitale (double éthérique). Le corps, par rapport à l'âme, étant un instrument, l'action que cette âme exerce dans ce corps et par lui est une action organique consistant dans l'actuation de cet instrument par l'âme même.
Ainsi donc, quand on parle de la vie corporelle de l'âme il faut comprendre par là :
1° l'ensemble des actes que l'âme, en tant que principe vital, exécute dans son corps et avec son concours, pour former, développer, entretenir, et réparer ce corps de manière qu'il puisse servir à tous les usages de cette âme ;
2° l'ensemble des forces (perceptives, motrices, plastiques, etc.) qui, unies à la motilité, à la plasticité etc., organiques, président à ces fonctions ;
3° et enfin les lois auxquelles tous ces objets sont soumis.
En résumé, dans tout organisme vivant, abstraction naturellement faite des phénomènes physico-chimiques résultant des propriétés spéciales de la matière, le corps est entièrement inerte et passif, et chaque phénomène de la vie s'explique par l'intervention de l'âme ; c'est l'âme qui est le principe de l'organisation, la cause de l'activité vitale, qui veille à la réparation et à la conservation du corps, qui préside à tous les actes de la nutrition, des sécrétions, de la génération, des sensations, etc. ; qui est chargée de gouverner l'économie animale et de maintenir l'intégrité et l'harmonie des fonctions, et qui, par sa lutte contre les causes morbifiques, produit des congestions, des spasmes, des fièvres, et des hémorragies.
Tout ce qui vient d'être dit constitue à peu de chose près, la doctrine du stahlianisme ; mais, pour la psychophysiologie et pour la psychologie expérimentale, cette doctrine se confond avec le barthézianisme puisque le principe vital du second n'est autre que notre âme vitale (double éthérique), partie constitutive de l'âme totale telle que nous la comprenons et telle que la comprend l'animisme de Stahl.
Ce deuxième point de vue de la vie s'applique à la vie matérielle, réalisée et concrète ; il nous reste à dire quelques mots de la vie en puissance, de la vie abstraite de l'âme, de la vie spirituelle en un mot.
L'âme humaine, n'étant pas simplement végétative et sensitive mais offrant de plus un caractère spécifique (la faculté raisonnante), a une vie propre qui se passe tout à fait en elle et constitue en sa faveur, une existence supérieure, une vie intelligente tout à fait distincte de la vie corporelle: de cette constatation sont nées les doctrines du dipsychisme et du vitalisme dualiste : nous verrons plus bas ce qu'il convient d'en penser. En attendant, un fait, s'impose : l'âme humaine, indépendamment de ses actes vivifiques, de sa vie en faveur du corps, possède une autre vie séparée en quelque sorte, dans laquelle elle oublie de plus en plus son enveloppe et sa vie terrestres pour se renfermer dans ses pensées et s'élever progressivement à une vie supérieure où s'agitent pour elle les plus hauts problèmes. Elle a un mode d'existence dont le but est l'acte simple et absolu de la pensée, de telle sorte qu'elle se livre alors à des actes qui lui sont entièrement propres, qui ne se rapportent qu'à elle, et qui l'absorbent parfois si complètement qu'elle n'intervient plus dans les fonctions ne la regardant pas directement, et dont elle ne se sert d'une façon précaire et secondaire que pour ses usages intellectuels.
Mais ceci est plutôt du ressort de la psychologie philosophique, et il me suffit d'indiquer ce point de vue qu'il faudrait un volume pour traiter à fond.
Nous avons vu que l'âme puise dans l'ambiance, dans le réservoir commun, la vie primordiale qu'elle transforme, qu'elle adapte aux fonctions corporelles. Mais d'où lui vient cette vie supérieure, cette vie intellectuelle qui lui est propre ? Si l'on se réfère à ce qui a été établi précédemment, on se rappellera que l'homme est tri-un, Esprit – Ame - Corps : c'est donc l'Esprit qui lui donne la vie intellectuelle.
Et alors, il se passe cette série de phénomènes : l'Esprit communique à l'âme (intermédiaire plastique entre le corps et lui) la force-vie intellectuelle66 , et l'âme, dès lors capable d'action, puise dans l'ambiance la force-vie matérielle qu'elle modifie et approprie aux différents appareils et organes matériels, particulièrement à ceux dont, comme le système nerveux, les fonctions sont d'ordre supérieur alors que les autres, dont les fonctions sont presque purement mécaniques sont entretenus par le corps lui-même puisant une vie grossière dans sa nourriture.
Une question ici se pose : comment se fait-il que l'âme n'ait pas conscience du travail ainsi accompli ? Il semble bien être une loi supérieure, hors de notre entendement, que les fonctions vitales purement mécaniques ne tombent pas dans le champ de la conscience : c'est ainsi que les multiples phénomènes qui concourent à la nutrition, que les circulations lymphatique et sanguine, etc., échappent à notre connaissance directe.
D'autre part, on a vu que l'âme n'est pas une, mais multiple, que chacun de ses éléments à ses fonctions propres et particulières, et que le schéma de l'être humain peut être celui que nous en donnons à la page 125.
Ceci nous aide à comprendre ce qu'il y a de vrai ou de faux dans les doctrines polypsychiques : elles sont erronées si elles considèrent chaque âme comme un principe complètement isolé des autres ; elles sont dans la réalité si elles regardent chaque âme comme un élément secondaire et constitutif de l'âme totale prise dans son ensemble, et chargé seulement des fonctions spéciales qui sont dans ses attributions.
Les éléments supérieurs de l'âme ressortissent à la psychologie philosophique: nous n'aurons donc à nous occuper que fort peu ici d'autant moins que s'il expérimentation de laboratoire les a atteints, elle ne les a pas encore suffisamment isolés pour les étudier séparément au contraire, les éléments inférieurs de l'âme67 touchant de très près aux fonctions organiques et étant de plus journellement isolés (au moins en ce qui concerne les deux dernières) et scrutés par la psychophysiologie, formeront l'objet principal de l'étude qui se poursuit en ces pages.
Comment, par quel procédé ces trois éléments de l'âme peuvent-ils influer sur le corps physique ? Ici, je pénètre immédiatement dans le fond de nos expériences.
Il résulte de la totalité de ces expériences que les âmes vitale, sensitive et intelligente (double éthérique, corps astral et corps mental), constituées par des substances différentes (éther différencié ou diversement condensé, plus grossier dans la première, plus fluidique dans la seconde et plus immatériel encore dans la troisième), sont intimement liées à l'organisme physique sur lequel chacune d'elles exerce une influence, spécialement différente, mais prépondérante quant aux manifestations vitales. Nous envisagerons successivement ce qui a trait à chacune d'elles: voyons d'abord ce qui concerne l'âme vitale (double éthérique), et l'âme sensitive (corps astral) plus intimement liées l'une et l'autre, au multiple fonctionnement de l'organisme matériel.
L'âme vitale et l'âme sensitive constituent non seulement la représentation extérieure du corps de chair mais encore renferment chacune en soi un double exact pour la première et relatif pour la seconde de tous les appareils, systèmes et organes du corps matériel68 ; cette duplication doit servir, pour l'âme sensitive (corps astral) à reformer dans les réincarnations successives de l'être, de nouveaux organismes physiques, et, pour l'âme vitale (double éthérique), à agir directement sur chacune des parties du corps physique actuel en vue de leur entretien.
L'âme vitale (double éthérique) est constituée par de la substance éthérique qui est le résultat de la sublimation à un haut degré de la matière physique69 .
Cette force-substance, partout où on la rencontre, est polarisée, bleuâtre au pôle et orangeâtre au pôle + ; dans l'être humain, les sensitifs la voient bleue à gauche et rougeâtre à droite.
Elle est le substratum propre de l'âme vitale, mais ce substratum, comment se forme-t-il ? Comment s'entretient-il ? Plusieurs moyens y concourent, dont les premiers consistent en l'intussusception tant directe qu'indirecte de la force vitale extérieure, et le dernier en un courant d'échange avec l'élément immédiatement supérieur de l'âme vitale, et avec l'organisme matériel ; en d'autres termes, la force-substance qui le constitue est, pour partie, en évolution et, pour partie, en involution.
Tout d'abord nous trouvons la nutrition ordinaire, c'est-à-dire l'assimilation des cellules vivantes des animaux ou végétaux qui, après ingestion dans l'estomac puis dans les voies digestives et élaboration organique spéciale, produisant la lymphe, laquelle, tenue en réserve dans les ganglions lymphatiques, se transforme en sang et le sang c'est la vie, c'est l'âme vitale, c'est l'âme absolue et sans qualificatif - des Ecritures70 .
Ensuite il y a cette endosmose spéciale qui est la pénétration de l'énergie éthérique dans tout corps vivant71 et qui se résume en ce que le Dr Baraduc a appelé l'attraction parce que le courant du dehors au dedans est assez fort pour entraîner dans son sens l'aiguille aimantée ; c'est ce que l'on appelle communément l'aspire animique qui s'exerce surtout à gauche (dans l'âme même, mais à droite dans le corps) et au moyen duquel l'âme vitale puise dans l'ambiance cosmique les forces supérieures dont elle a besoin.
Ici, je suis contraint à revenir sur le chapitre de la dissection de l'âme pour faire comprendre le mécanisme de l'opération dont il s'agit.
L'âme vitale extériorisée se scinde en deux parties, celle de gauche qui est bleuâtre et celle de droite qui est orangeâtre. La partie gauche est garnie sur toute sa surface de sortes de papilles préhensives, animées d'un mouvement contractile analogue à celui du coeur, mais infiniment plus rapide, et dont le rôle est d'aspirer en quelque sorte la vie cosmique qui, dans la partie gauche de l'âme vitale s'élabore en vie humaine supérieure. Lorsqu'on sépare les deux côtés de l'âme vitale, on constate qu'ils sont réunis par une grande quantité de filaments bleuâtres, dont le rôle, semble-t-il bien, est de transmettre à la partie droite de l'âme vitale la vie ainsi élaborée. La partie droite est couverte d'un réseau de filaments qui se réunissent en un lien le lien vital lequel, aboutissant sur l'organisme physique, dans la région du coeur72 constitue un appareil d'échanges constants entre l'âme vitale et le corps matériel ; d'autre part, l'âme vitale, partie droite, semble bien recevoir de l'organisme la vie grossière (provenant de la nourriture) qu'elle affine en vie supérieure et qu'elle paraît transmettre, en tant que besoin, par les quelques fibres orangeâtres dont nous avons constaté l'existence entre les deux parties de l'âme vitale, à la partie gauche de cette âme, mais dont la majeure quantité semble revenir, après transformation, à l'organisme même pour animer les organes supérieurs du corps physique (cerveau, moelle épinière, nerfs, etc.).
Enfin, la respiration normale, en mettant l'organisme en communication avec l'atmosphère, c'est-à-dire avec l'éther extérieur, lui donne de nouvelles forces, non seulement au point de vue physiologique en soumettant le sang, dans les poumons, à l'action chimiquement rénovatrice de l'oxygène, mais encore, au point de vue purement psychique, en plaçant l'âme vitale directement en contact avec certaines énergies supérieures de l'éther73 ; il se produit alors pour l'âme vitale un phénomène analogue à la lymphose pour l'organisme physique, phénomène que je ne fais que signaler ici, son étude détaillée ne pouvant entrer dans les limites du présent ouvrage.
Telles sont les trois sources de force substance vitale évolutionnée qui, de l'extérieur, alimentent l'âme vitale (double éthérique).
Mais, à côté de cette énergie évolutionnée, l'âme vitale en reçoit d'autre, par involution, de l'âme sensitive (corps astral). Ici, nous raisonnons analogiquement et, nous basant sur ce qui se passe dans l'organisme vivant où le système nerveux joue en quelque sorte le rôle d'un régulateur, nous sommes fondés à voir dans l'âme sensitive (corps astral) à base de force-substance neurique, comme nous le constaterons plus loin le régulateur de l'âme vitale (double éthérique) et cette fonction semble bien s'exercer par une série d'échanges entre les deux organismes fluidiques, à la fois par involution de la force-substance astrale en force-substance éthérique et par évolution au contraire de la force-substance éthérique en force-substance astrale. Ce n'est là sans doute qu'une simple hypothèse, mais en somme très acceptable.
Après avoir indiqué comment la force-substance éthérique venue du dehors constitue et répare l'âme vitale (double éthérique), il nous faut dire en quelques mots ce qu'elle devient ensuite.
De même que pour l'organisme physique, les aliments ne concourent que pour partie à la réparation et à l'entretien des organes, alors que le reste est éliminé sous forme de larmes, de sueurs et autres excréta, de même pour l'âme vitale, une fraction seulement la plus importante, il est vrai des apports de force-substance extérieure suit le cours de son utilisation rationnelle que nous aurons à étudier plus loin ; le surplus est pour partie éliminé purement et simplement en émanations produites par le sarcosôme et présentant deux états différents: l'état statique, sous forme de duvet brillant, recouvrant la surface de la peau, et l'état dynamique sous forme d'effluves s'échappant par les organes des sens et par les pointes du corps humain74 ; dans ces émanations, le fluide éthérique paraît intimement mélangé au fluide astral (ou neurique). Une autre partie semble s'accumuler dans la rate où elle se transformerait en fluide astral. C'est en effet vers la rate que, en cas d'extériorisation de l'aérosôme, vient se souder le lien fluidique unissant l'âme vitale (double éthérique) au corps physique, et c'est à la hauteur de la rate que, en cas de mort ou d'extériorisation, les sujets magnétiques mis en état de voyance voient s'échapper du corps du mourant ou du sujet d'expérience, la plus grande quantité de vapeurs éthériques.
Nous allons maintenant étudier à quels organes ou appareils du corps humain peut se rapporter plus spécialement l'âme vitale.
Nous savons que l'âme vitale (double éthérique) est le moule, et le type dans tous ses détails, de l'organisme physique. C'est en elle, par conséquent, qu'il faut chercher la cause d'un phénomène dont les physiologistes se sont toujours étonnés sans pouvoir en donner de raison valable : je veux parler de la reformations des tissus organiques, après traumatisme ou blessure, suivant le plan général du corps physique : dans ce cas, le double éthérique agit comme moule, soit en présentant une surface que les cellules ne peuvent dépasser, soit plutôt qu'en dehors de lui elles manquent de l'énergie vitale dont elles ont besoin pour subsister et se multiplier: ce phénomène, en somme, ressortit aux fonctions morphogènes de l'âme75 .
En tous cas, un fait est absolument certain, comme acquis d'expériences nombreuses : c'est que l'âme vitale (double éthérique) répond absolument au principe vital de Barthez : nous en avons la preuve indéniable quand, à chaque étude de dédoublement d'un sujet magnétique, nous voyons le double rester constamment près du corps physique, et, si l'on envoie au loin le fantôme ainsi obtenu, le corps astral et les éléments supérieurs de l'âme formant alors l'aérosôme II peuvent obéir et s'éloigner jusqu'aux plus grandes distances, mais, en ce cas, le double éthérique rentre dans l'organisme dont il provient. De plus, les sujets, dirigés par leur intelligence extériorisée, prennent les plus grandes précautions pour que leur âme vitale ne soit pas lésée76 . Enfin, si on les interroge à cet égard, tous sont unanimes à répondre que cet élément «comporte en soi leur vie matérielle ». Nous savons, en effet, par des expériences différentes, que l'âme vitale suit de près, dans la mort, le corps physique qu'elle ne peut plus faire vivre.
Dans l'organisme normal, le siège de l'âme vitale, créatrice de vie spécialisée, est en général dans les cellules, plus spécialement dans l'appareil circulatoire lymphatique et sanguin et plus particulièrement encore dans le coeur, sans oublier que la rate paraît être pour lui un point spécial de condensation et de transformation.
L'âme sensitive (corps astral) se compose, cela ressort de son appellation même, de substance astrale. Mais qu'est-ce que la substance astrale ?
L'éther étant connu de la science et son existence étant par elle forcément admise puisque, à son défaut, l'explication de nombre de phénomènes lui serait forclose il nous a été relativement aisé de parler de la substance de l'âme vitale, mais la substance astrale étant encore ignorée des scientistes officiels77 , nous n'en pouvons parler que par comparaison avec l'éther et, d'après ce que nous en ont révélé nos expériences de laboratoire.
Nous la définissons donc une substance sui generis, à l'état atomique, constituant la liaison entre le monde sensible et le monde spirituel, visible, dans certains cas seulement, sous une apparence azurée, assez brillante, très douce au regard, très généralement impondérable pour nos instruments (sauf les cas très rares où on la rencontre condensée) et présentant ce caractère spécial d'être particulièrement et presque indéfiniment extensible par suite d'une dilatation moléculaire qui sera étudiée plus loin, et dont la limite n'a, que je sache, jamais encore été atteinte.
Par suite de cette propriété, l'âme sensitive est tantôt intérieure, dans l'état normal, par exemple, où, pour un adulte, elle atteint la taille d'un enfant de 12 à 13 ans, et tantôt extérieure, soit dans l'état de sommeil où elle déborde parfois du corps physique sur toute sa surface, et parfois, complètement extériorisée, se tient près de lui ou s'en éloigne à de très grandes distances. Nous savons déjà, et nous verrons plus bas de façon détaillée, par quel moyen elle est reliée au sarcosôme dont elle émane.
Comme elle comporte toujours en soi la sensibilité du sujet, on peut dire que la substance astrale vivante, c'est-à-dire entrant dans la composition de l'âme sensitive (corps astral) est à base de force neurique : c'est en effet sur le système nerveux sensitif et moteur qu'agit l'âme sensitive.
A l'heure actuelle, la physiologie ne sait trop comment fonctionne le système nerveux. Est-ce une excitation, partie de la cellule, qui va mettre en mouvement une série d'autres cellules pour produire un effet ? Est-ce, au contraire, une force autonome qui circule dans les nerfs ? Pour nous qui connaissons l'existence de l'âme sensitive (corps astral) et pour qui, à la suite d'expériences multiples dont chacune a donné des résultats affirmatifs, cette existence est indéniablement établie, il n'y a pas de doute : il existe un courant fluidique dont les nerfs sont comme les fils conducteurs et qui, tantôt partant des extrémités du sarcosôme, aboutit à l'âme sensitive (système sensitif) et tantôt, au contraire (système moteur), a son origine dans l'âme sensitive pour aboutir aux extrémités du corps physique, le tout, bien entendu, par l'intermédiaire du cerveau, du bulbe rachidien et du reste de la moelle épinière (sauf en ce qui concerne les mouvements réflexes) mais sous le constant contrôle de l'âme sensitive. Il y a là, en somme, une véritable circulation nerveuse qui a ses points de départ et d'aboutissement à l'âme sensitive.
Du reste, et abstraction faite de l'âme sensitive dont elle ignore l'existence, la physiologie normale penche plutôt à admettre la réalité d'un fluide nerveux. « Quelques physiologistes, dit à cet égard le Dr Charpignon78 , rejettent l'agent nerveux pour le remplacer par les oscillations de molécules nerveuses. D'abord, ces oscillations sont insaisissables au microscope, et si l'on veut que les molécules atomiques des cellules nerveuses qui vibrent soient assez atténuées pour qu'elles échappent à tout examen microscopique, alors on arrive à cet état de ténuité de la matière qui la rapproche considérablement des impondérables, car l'agent nerveux comme les fluides impondérables, pour être insaisissables, n'en sont pas moins choses substantielles.
« Mais en dehors de cette considération, comment la sensibilité revient-elle dans les lambeaux de chair rapportés ? Le professeur Jobert, pour l'expliquer, admet une atmosphère nerveuse, car les filets nerveux s'arrêtent à l'endroit de la cicatrice.
« La théorie des vibrations des molécules nerveuses est donc aussi hypothétique que celle du fluide nerveux, et, de plus, elle est moins vraisemblable, parce qu'elle est impuissante à expliquer beaucoup de phénomènes physiologiques et morbides. »
Au point de vue de sa formation et de son entretien, l'âme sensitive (corps astral) présente une grande analogie avec l'âme vitale (double éthérique) comme celle-ci, elle puise sa force-substance dans son ambiance, par le triple moyen de la nutrition du sarcosôme, de la respiration pulmonaire et de l'aspir général qui se fait surtout par la droite du sarcosôme ; ces trois procédés lui permettent de puiser dans la matière, dans l'atmosphère et dans l'éther, soit indirectement, soit directement, les éléments qui lui sont nécessaires ; d'autre part, on a vu que la rate semble bien être un organe où la force éthérique se sublime pour devenir force astrale, on comprend donc que la force-substance astrale offre beaucoup d'analogie avec la force-substance éthérique, et, dans la réalité, nos sujets magnétiques placés en état de voyance ne l'en distinguent guère que par sa couleur qui, au lieu d'être polarisée, orangeâtre et bleuâtre, est plus brillante que l'autre et légèrement bleutée.
Mais comment cette force-substance astrale se matérialise-t-elle pour devenir la force neurique telle que nous la connaissons ? En d'autres termes où et comment naît la force neurique ? Ici, je suis obligé de me séparer nettement de l'enseignement de l'école officielle au sujet de cette partie de la physiologie.
La théorie ex-cathedra car ce n'est en somme qu'une pure et simple théorie que n'a jamais confirmée aucune expérience enseigne que la force nerveuse est générée par le neurone, élément fondamental du système nerveux79 . C'est là, je le répète, une théorie, sans plus; l'enseignement officiel y tient précisément parce qu'il l'enseigne, mais, je le répète encore, sans s'appuyer sur aucune preuve expérimentale, si faible soit-elle. Voyons donc si cette théorie est acceptable pour l'esprit non prévenu.
De même que, si l'on veut donner un aperçu d'ensemble des fonctions physiologiques de l'être humain, on pourra dire, en recourant à une comparaison vulgaire mais juste, que le ventre est un moulin à eau et la poitrine une machine à vapeur, de même on pourra dire de la tête que c'est une usine électrique où aboutissent, directement ou indirectement et d'où partent également les fils conducteurs que sont les nerfs. Or, de même qu'on ne peut pas dire des fils conducteurs d'une pile qu'ils génèrent l'électricité, de même il est illogique de prétendre que la force neurique provient des nerfs eux-mêmes. Mais alors quel, rôle joue donc le neurone en ceci ? Tout simplement celui d'accumulateur, de condensateur de la force nerveuse. Il ne viendra à l'idée de personne de prétendre que l'accumulateur produit la force électrique bien que, pratiquement, elle émane de lui, puisque, quand il est épuisé il faut le reporter à l'usine génératrice d'électricité; ainsi en est-il des neurones qui ne font qu'accumuler en eux la force nerveuse pour l'utiliser selon les besoins de l'organisme. D'où, alors, reçoivent-ils cette force nerveuse ? Du cervelet qui la génère.
Et cette théorie, au moins s'appuie sur des preuves importantes, anatomiques et physiologiques80 .
Le cervelet est formé de trois lobes : lobe gauche, lobe droit et lobe moyen au milieu; donc le courant nerveux doit être équilibré dans tout individu. Mais si l'on enlève le lobe droit, l'animal amputé tourne du côté gauche qui est devenu le plus fort. Si l'on enlève tout le cervelet, l'animal, privé de courant nerveux, demeure d'abord sans mouvement : il est vrai qu'alors le mouvement revient un peu, mais très lent et pour peu de temps ; pourquoi ? Parce que les neurones (accumulateurs) mettent alors en circulation leur force nerveuse de réserve, laquelle, non entretenue, est vite épuisée, et la simple logique montre qu'il en serait autrement si c'était le neurone lui-même qui générait la force neurique.
D'autre part, la preuve physiologique que c'est bien le cervelet qui produit la force nerveuse est tirée du sommeil, que la physiologie normale n'a jamais expliqué mais pour faire comprendre cette preuve, il me faut entrer dans un détail anatomique qui est celui-ci Le cervelet possède trois pédoncules ou prolongements, le pédoncule cérébelleux supérieur, qui aboutit au noyau rouge de Silling dans le cerveau antérieur ; le pédoncule cérébelleux inférieur, descendant dans la substance grise antérieure de la moelle (substance motrice), par laquelle il est en relation avec le grand sympathique ; enfin le pédoncule moyen, dont nous n'avons que faire pour notre explication, unit les deux lobes droit et gauche du cervelet.
Pendant le jour la force nerveuse générée par le cervelet passe par le pédoncule supérieur et va s'accumuler dans les neurones cérébraux. Mais le soir, les cellules cérébrales qui ont servi à penser s'usant très vite81 se chargent de toxines et doivent s'éliminer ; or, elles ne peuvent être alors emportées par le sang ; que se passe-t-il ? Le courant nerveux n'a plus rien à faire avec ces cellules ; il est refoulé dans le cervelet, et le sommeil arrive pendant lequel le sang emporte les cellules cérébrales chargées de produits de désassimilation. Cependant, le cervelet génère constamment de la force nerveuse ; ne pouvant aboutir au cerveau, où va cette force ? Elle passe alors, durant le sommeil, par le pédoncule cérébelleux inférieur, puis par la substance grise antérieure de la moelle, et va charger le grand sympathique dont les neurones t'accumulent pour la libérer au réveil.
Cette théorie explique tous les sommeils : le sommeil naturel, puisqu'on l'obtient par une lecture fatigante pour les cellules cérébrales qui refoulent alors le courant nerveux ; le sommeil magnétique qui est réalisé en chargeant le cerveau ; le sommeil hypnotique, par un coup de gong, une lumière subite et vive ou autre moyen violent, qui fait brutalement refluer la force nerveuse vers le cervelet82 , etc.
Encore une raison à l'appui de cette théorie : la physiologie normale, ne reconnaît au cervelet qu'un rôle de coordination des mouvements ; on ne s'explique pas alors le volume de cet organe83 pour un si mince résultat ; si au contraire on voit en lui l'organe générateur de force neurique, son volume s'explique tout naturellement84 .
Donc, c'est le cervelet qui, sous l'impulsion et le contrôle de l'âme sensitive, produit la force nerveuse et l'accumule dans les neurones.
De même que la force purement matérielle ou l'énergie vitale, la force neurique n'est pas tout entière utilisée à l'accomplissement de fonctions physiologiques et une partie d'elle, comme des deux précédentes, rayonne autour de l'organisme ; ce rayonnement est intimement mêlé à celui de la force vitale, avec lequel il se confond, puisque nos sujets magnétiques mis en état de voyance ne l'en distinguent que dans certains cas, il est à la fois statique sur la surface cutanée et dynamique aux parties saillantes du corps et il s'opère par les mêmes voies, extrémité des doigts, organes sensoriels etc. à ce point de vue, son dégagement par les yeux est surtout remarquable. En grande quantité, l'énergie neurique s'extériorise non seulement de la rate comme la force vitale85 mais aussi du cerveau où la glande pinéale un organe dont les physiologistes discutent les propriétés est, pour nous, le point où les énergies neuriques se subliment en énergies mentales. C'est en effet vers la rate et vers le vertex que, en cas de mort ou de dédoublement, nos sujets voyants signalent les dégagements les plus importants de fluides astraux, qu'ils reconnaissent à leur couleur bleu pâle plus brillante que celle du fluide éthérique dont la double teinte orangeâtre et bleuâtre se confond en une nuance grisâtre.
D'après tout ce qui vient d'être dit, il est facile de localiser l'âme sensitive (corps astral) dans le corps physique : son siège est la partie centrale du système nerveux : cerveau86 (partiellement) cervelet, bulbe rachidien, moelle épinière, grand sympathique, et centres gris, toutes les parties en un mot, où s'élabore ou circule la force nerveuse. Mais cette force nerveuse elle-même, qui est générée dans sa modalité physiologique par le cervelet et qui parcourt constamment tout le système nerveux, d'où tire-t-elle en fin de compte son origine première ? Car enfin si le cervelet reçoit du sang et rend de la force nerveuse, il y a quelque chose, dans cette force, nerveuse, qui n'était pas dans le sang, il y a comme une force vitale supérieure : d'où provient-elle ? Si les explications qui précèdent ont été bien comprises, la réponse est aisée : l'énergie primordiale de la force neurique provient de l'âme sensitive ou corps astral qui, en relation constante avec l'inépuisable réservoir de vie qu'est le plan astral (l'éther), y puise de la vie brute, si je puis m'exprimer ainsi, de la vie cosmique, l'élabore, la transforme en une force secondaire qui, partiellement transmise, comme il a été dit plus haut, au cervelet, aux centres nerveux et à la substance grise, s'y modifie en force neurique, et partiellement communiquée à l'âme vitale (double éthérique) est muée par elle en cette énergie particulière qui, déversée dans l'ensemble de la circulation s'y adapte à tous ses buts pour y devenir de la vie organique.
Ainsi, comme le corps physique et comme l'âme vitale, l'âme sensitive possède à la fois sa vie propre et ses organes matériels d'action, et, comme cela se passe pour l'âme vitale, la substance-force dont elle se compose prévient à la fois de celle qu'elle puise dans son ambiance astrale et de celle, évoluée, sublimée, que lui apporte le système nerveux centripète (nerfs sensitifs).
Il est enfin une autre fonction, dans l'organisme physique, départie à l'âme sensitive et qui donne très simplement la solution d'un problème dont l'explication a toujours échappé à la physiologie normale. D'où vient que l'amputé d'un membre perçoit souvent des douleurs dans ce membre inexistant ? La physiologie se rejette sur une sorte de mémoire (?) du système nerveux: l'explication du phénomène est à la fois plus simple et plus logique.
Nous savons que l'âme sensitive (corps astral) comporte un duplicata rudimentaire de l'organisme général, mais précis, bien que de grandeur moindre, de tout le système nerveux. Il est évident que l'ablation d'un membre ne peut porter que sur la partie matérielle de l'individu : l'âme sensitive demeure intacte, avec son entière sensibilité dans tous ses prolongements. Or, qu'une jambe ait été amputée, le prolongement correspondant de l'âme sensitive demeure, et, placé dans les conditions douloureuses dont eût souffert le membre absent, il éprouve la même impression de douleur, laquelle est transmise au cerveau.
Je vais maintenant parler de l'âme intelligente (corps mental). Je serai bref, car, pour débuter, je dois reconnaître que nous ignorons de façon relative la substance dont elle est composée très vraisemblablement encore un éther différencié ou éther III. Certes, à cet égard, on a élevé des théories séduisantes, mais dont je m'écarterai car ce ne sont que des théories plus ou moins bien assises et il m'est en la volonté de ne tabler ici, autant que possible, que sur des faits positifs.
Tout d'abord, qu'est l'énergie mentale, où se génère-t-elle et que devient-elle ? Comme les autres énergies hyper physiques dont nous venons de nous occuper, elle est puisée dans l'éther par l'âme intelligente ou corps mental, soit immédiatement par son aspir propre, soit immédiatement par la respiration organique ou la sublimation de l'énergie neurique ; elle actionne l'élaboration concrète de la pensée par un procédé que nous verrons plus loin de façon détaillée : mais elle n'est pas tout entière utilisée de la sorte.
Nous ne savons, aucun de nos sujets ne nous ayant mentionné le phénomène, si, à l'état normal et comme les fluides éthérique et astral, elle est émanée par toute la surface de l'organisme, mais le fait que l'âme intelligente constitue, autour du sarcosôme une aura ovoïdale invisible vers les pieds et de plus en plus brillante au fur et à mesure qu'elle remonte, pour former autour du cerveau une sphère très lumineuse, nous permet de supposer que l'émanation n'est pas égale sur toute la surface cutanée, et que, nulle aux extrémités, elle atteint son maximum autour de la tête ; ses fluides présentent une grande variété de coloration, comme il est expliqué ailleurs, et, en cas de dégagement, ce dégagement se fait surtout par le cerveau. Et cela se comprend.
En effet, s'il est un fait qui s'impose à notre compréhension, c'est que le siège organique de l'âme intelligente dans le sarcosôme est, tout naturellement, le cerveau.
Le cerveau se compose, à première vue, de la même substance que la moelle, mais avec une différence capitale : c'est que les impressions de la moelle produisent des mouvements matériels, tandis que les impressions du cerveau génèrent des pensées ; certes les deux résultats se traduisent physiquement de la même façon qui est, dans un cas comme dans l'autre, la destruction de cellules nerveuses mais les résultats diffèrent complètement dans les deux cas : cette différence nous montre que le cerveau n'est pas comme la moelle épinière sous la dépendance de la seule âme sensitive (corps astral) et qu'il obéit à un autre élément de l'âme l'âme intelligente ou corps mental.
L'âme intelligente, en effet, sur toutes les photographies qui en ont été prises, se présente sous un aspect spécial : une aura presque invisible dans le bas du corps, devenant de plus en plus visible en remontant, pour se terminer par une sphère lumineuse (boule mentale) qui enveloppe le cerveau.
Les localisations cérébrales ne sont bas très fixes ; les principaux systèmes actuels (localisations de Ferrier et de Vitkowski) diffèrent de beaucoup entre eux ; mais il est très logique d'admettre, sans que nous sachions encore à quelle localisation répond chaque circonvolution, que c'est dans chacune des circonvolutions des quatre lobes que se trouve le point de contact avec l'âme intelligente qui, après avoir concrétisé la pensée, créée en abstraction par l'esprit, lui fait prendre corps dans le cerveau d'une part ; d'autre part, l'âme sensitive (corps astral), recevant dans la circonvolution où elle a été générée, cette pensée matérialisée, la communique aux centres nerveux lesquels, à leur tour, actionnent les muscles pour la réaliser en acte matériel.
Mais où faut-il, dans le cerveau, placer le siège même de l'âme intelligente ? L'anatomie nous montre que quatre grands troncs artériels, les carotides internes et les vertébrales viennent se réunir à la base du cerveau pour y former le polygone artériel de Willis qui donne naissance à son tour aux différents vaisseaux sanguins des hémisphères (cérébrales antérieures, moyennes et postérieures) lesquels en se divisant et se subdivisant, vont nourrir toute la masse cérébrale. Mais ces vaisseaux ne se distribuent pas indifféremment à toutes les parties de l'organe nerveux : ils constituent deux systèmes indépendants l'un de l'autre, le système artériel cortical qui irrigue les couches de l'écorce, et le système artériel central qui appartient exclusivement aux parties profondes du cerveau. D'autre part, les ganglions centraux (couches optiques et corps striés) se distinguent complètement des hémisphères ou plutôt des circonvolutions par leurs fonctions et par leurs lésions, et ils possèdent des vaisseaux propres : il y a donc en quelque sorte deux systèmes cérébraux différents, le système central et le système cortical, les ganglions centraux et les circonvolutions extérieures : les circonvolutions où s'opèrent, dans l'organisme, les communications entre l'âme intelligente et l'âme sensitive sont sous la dépendance de celle-ci, alors que les ganglions centraux constituent le siège de l'âme intelligente87 .
On voit, par ce qui précède, quels liens étroits et multiples unissent l'âme intelligente (corps mental) à l'âme sensitive (corps astral) ; mais il ne faut pas croire qu'elle est dénuée de toute relation directe avec l'âme vitale (double éthérique). En effet, outre que dans la grande majorité des cas l'âme sensitive sert d'intermédiaire entre l'un et l'autre de ces deux éléments, outre que, comme on vient de le voir, le système artériel central, dépendant de l'âme vitale, la met en communication directe avec l'âme intelligente au moyen des ganglions centraux, il est aussi des circonstances ou l'âme intelligente fait agir sur l'organisme matériel directement par l'âme vitale par exemple, lorsqu'une frayeur intense trouve sa répercussion sur l'intestin ou qu'une grande joie active les battements du coeur.
Et les cas sont multiples où l'âme intelligente a sa répercussion sur l'âme sensitive et sur l'âme vitale, et, par elles sur l'organisme en général.
En effet, frayeur, surprise, colère, inquiétude, ennuis, en un mot pensées émotives de toute nature, voilà ce que l'on trouve à l'ordinaire comme point de départ de beaucoup de maladies, notamment de l'hystérie, de la neurasthénie et de tous les désordres nerveux plus ou moins précis qui ne sont guère que l'histoire amplifiée des « mouvements de l'esprit » sur l'organisme. La crainte s'accompagne de tremblements, de battements de coeur, parfois de diarrhée ; le saisissement, de paralysie momentanée (les bras en tombent, suivent l'expression courante) ; la tristesse amène la sécrétion des larmes, l'inappétence, des digestions pénibles, une langueur de tout l'être ; l'anxiété provoque un serrement d'estomac, la pâleur de la face, le tiraillement des traits, l'insomnie, etc. Un psychologue a remarqué qu'il n'est guère possible de lire le mot tristesse sans éprouver quelque peu ce sentiment, parfois avec une intensité susceptible d'amener des répercussions sur l'organisme. La simple idée de démangeaison suffît pour produire une démangeaison réelle ; la seule vue d'une personne qui baille nous fait bailler nous-même ; le simple fait de donner de l'eau pure à un malade en lui suggérant l'idée d'un médicament suffit souvent pour réaliser sur l'organisme l'effet matériel de ce médicament, même sur les parties de l'organisme qui se trouvent en dehors du domaine de la volonté ; c'est ainsi, de même, que certaines personnes rares à la vérité peuvent augmenter ou diminuer le nombre de battements de leur coeur, et que Bichat, au dire de Romberg, avait la faculté de vomir quand il le voulait.
Pour les trois premières âmes (vitale, sensitive et intelligente) que découvre l'analyse de l'âme totale, la localisation dans l'organisme est relativement aisée à établir, parce que ces âmes fluidiques exercent une influence directe sur ce même organisme. Pour les trois âmes supérieures (morale, intuitive et conscientielle) de nature plutôt spiritique, il est aisé de voir que, ces âmes n'ayant pas d'action directe sur le corps et n'y possédant aucun organe propre, ont leur siège en dehors de lui, très probablement dans l'âme immédiatement inférieure d'où on les extériorise directement.
Mais que penser de l'âme causale (corps causal, volonté et mémoire) dont la substance paraît mixte et dont l'action sur le corps semble à la fois directe en ce qui concerne la volonté et indirecte en ce qui regarde la mémoire ?
Nos expériences nous ont montré que chez l'homme les images du passé s'emmagasinent dans l'aura de l'âme intelligente, c'est donc dans l'âme intelligente que nous situerons le siège principal de l'âme causale, et cela avec d'autant plus de raison que c'est de l'âme intelligente que nous extériorisons l'âme causale.
Mais il n'en est pas moins vrai que, en tant que volonté, l'âme causale domine tous les systèmes et appareils de l'organisme88 ; elle doit donc avoir sa correspondance dans ce même organisme, et je serais, pour ma part, assez disposé à admettre la théorie du professeur Grasset qui croit à l'existence, dans l'axe nerveux, d'un groupe spécial de neurones ressortissant au psychisme supérieur, c'est-à-dire aux actes conscients, volontaires et libres. Mais ce n'est, à ce jour, qu'une pure spéculation valant seulement ce que vaut toute théorie pure.
Pour nous résumer, nous localiserons donc: l'âme vitale (double éthérique) dans les cellules, le système circulatoire général et particulièrement dans le cœur :
L'âme sensitive (corps astral) dans les centres nerveux ;
L'âme intelligente (corps mental) dans les ganglions centraux du cerveau ;
Et enfin l'âme causale (corps causal) dans certains ganglions.
Ainsi les cellules en général, et en particulier l'encéphale, le système nerveux et les différents systèmes vasculaires constituent les organes biologiques de l'âme.
Le système nerveux et les systèmes vasculaires chevauchant en quelque sorte les uns sur les autres, dans toute l'étendue de l'organisme, il semble, au premier abord, assez difficile de donner une figuration schématique de l'âme considérée à la fois dans son ensemble et dans ses rapports avec son ambiance.
Cependant, si l'on remarque que, d'une part, la circulation sanguine et surtout lymphatique est plus particulièrement active dans la partie inférieure du corps, et que, d'autre part, le renflement médullaire thoracique occupe le milieu de la moelle épinière, entre les renflements cervical et abdominal, tandis que, dans le grand sympathique, le plexus cardiaque, occupe une situation a peu près centrale entre les divers plexus du cou et ceux du ventre, on peut centrer l'âme vitale au sommet de l'abdomen, l'âme sensitive dans le thorax et l'âme intelligente au sommet de la tête. Cette figuration approximative nous permet de tracer le schéma de l'âme tel qu'on peut le comprendre, en soi, dans l'être humain et au regard de son ambiance.
L'âme humaine possède dans le corps trois foyers organiques, deux intérieurs (âme vitale et âme sensitive) et le troisième (âme intelligente) résultant d'une irradiation de l'intelligence dans l'être humain, irradiation que dominent toutes les autres âmes particulières, en relation directe avec l'esprit. L'être humain repose sur la matière, mais est baigné de toutes parts par l'éther cosmique, où domine surtout et avant tout, la force vitale universelle, et où l'âme puise constamment les énergies diverses dont elle a besoin (énergies vitale, sensitive et intelligente), par un aspir continu qui se fait à sa gauche (coloration bleuâtre), et qu'elle rend par un expire également continu à sa droite (coloration orangeâtre) ces énergies se modifiant, en elle, en forces psychiques extériorisées. Et tandis que cet échange de forces se fait sur le plan médian, en bas l'être humain est soumis à l'électrothermisme cosmique qu'il lui faut dominer, et, en haut, il est soumis à l'influx de l'esprit universel qui doit le guider.