CHAPITRE XXIV.
IDENTITE DES ESPRITS.
Preuves possibles d'identit�. - Distinction des bons et des mauvais Esprits. - Questions sur la nature et l'identit� des Esprits.
Preuves possibles d'identit�.
255.�La question de l'identit� des Esprits est une des plus controvers�es, m�me parmi les adeptes du spiritisme�; c'est qu'en effet les Esprits ne nous apportent pas un acte de notori�t�, et l'on sait avec quelle facilit� certains d'entre eux prennent des noms d'emprunt�; aussi, apr�s l'obsession, est-ce une des plus grandes difficult�s du spiritisme pratique�; du reste, dans beaucoup de cas, l'identit� absolue est une question secondaire et sans importance r�elle.
L'identit� de l'Esprit des personnages anciens est la plus difficile � constater, souvent m�me elle est impossible, et l'on en est r�duit � une appr�ciation purement morale. On juge les Esprits, comme les hommes, � leur langage�; si un Esprit se pr�sente sous le nom de F�nelon, par exemple, et qu'il dise des trivialit�s ou des pu�rilit�s, il est bien certain que ce ne peut �tre lui�; mais s'il ne dit que des choses dignes du caract�re de F�nelon et que celui-ci ne d�savouerait pas, il y a, sinon preuve mat�rielle, du moins toute probabilit� morale que ce doit �tre lui. C'est dans ce cas surtout que l'identit� r�elle est une question accessoire�; du moment que l'Esprit ne dit que de bonnes choses, peu importe le nom sous lequel elles sont donn�es.
On objectera sans doute que l'Esprit qui prendrait un nom suppos�, m�me pour ne dire que du bien, n'en commettrait pas moins une fraude, et d�s lors ne peut �tre un bon Esprit. C'est ici qu'il y a des d�licatesses de nuances assez difficiles � saisir, et que nous allons essayer de d�velopper.
256.�A mesure que les Esprits se purifient et s'�l�vent dans la hi�rarchie, les caract�res distinctifs de leur personnalit� s'effacent en quelque sorte dans l'uniformit� de perfection, et cependant ils n'en conservent pas moins leur individualit�; c'est ce qui a lieu pour les Esprits sup�rieurs et les purs Esprits. Dans cette position, le nom qu'ils avaient sur la terre, dans une des mille existences corporelles �ph�m�res par lesquelles ils ont pass�, est une chose tout � fait insignifiante. Remarquons encore que les Esprits sont attir�s les uns vers les autres par la similitude de leurs qualit�s, et qu'ils forment ainsi des groupes ou familles sympathiques. D'un autre c�t�, si l'on consid�re le nombre immense d'Esprits qui, depuis l'origine des temps, doivent �tre arriv�s dans les premiers rangs, et si on le compare avec le nombre si restreint des hommes qui ont laiss� un grand nom sur la terre, on comprendra que, parmi les Esprits sup�rieurs qui peuvent se communiquer, la plupart ne doivent pas avoir de noms pour nous�; mais comme il nous faut des noms pour fixer nos id�es, ils peuvent prendre celui du personnage connu dont la nature s'identifie le mieux avec la leur�; c'est ainsi que nos anges gardiens se font conna�tre le plus souvent sous le nom d'un des saints que nous v�n�rons, et g�n�ralement sous le nom de celui pour lequel nous avons le plus de sympathie. Il suit de l� que si l'ange gardien d'une personne se donne pour saint Pierre, par exemple, il n'y a aucune preuve mat�rielle que ce soit pr�cis�ment l'ap�tre de ce nom�; ce peut �tre lui comme ce peut �tre un Esprit tout � fait inconnu, appartenant � la famille d'Esprits dont saint Pierre fait partie�; il s'ensuit encore que, quel que soit le nom sous lequel on invoque son ange gardien, il viendra � l'appel qui lui est fait, parce qu'il est attir� par la pens�e, et que le nom lui est indiff�rent.
Il en est de m�me toutes les fois qu'un Esprit sup�rieur se communique spontan�ment sous le nom d'un personnage connu�; rien ne prouve que ce soit pr�cis�ment l'Esprit de ce personnage�; mais s'il ne dit rien qui d�mente l'�l�vation du caract�re de ce dernier, il y a pr�somption que c'est lui, et dans tous les cas on peut se dire que, si ce n'est pas lui, ce doit �tre un Esprit du m�me degr�, ou peut-�tre m�me envoy� par lui. En r�sum�, la question de nom est secondaire, le nom pouvant �tre consid�r� comme un simple indice du rang qu'occupe l'Esprit dans l'�chelle spirite.
La position est tout autre lorsqu'un Esprit d'un ordre inf�rieur se pare d'un nom respectable pour donner du cr�dit � ses paroles, et ce cas est tellement fr�quent qu'on ne saurait trop se tenir en garde contre ces sortes de substitutions�; c'est � la faveur de ces noms d'emprunt et avec l'aide surtout de la fascination, que certains Esprits syst�matiques, plus orgueilleux que savants, cherchent � accr�diter les id�es les plus ridicules.
La question de l'identit� est donc, comme nous l'avons dit, � peu pr�s indiff�rente quand il s'agit d'instructions g�n�rales, puisque les meilleurs Esprits peuvent se substituer les uns aux autres sans que cela tire � cons�quence. Les Esprits sup�rieurs forment, pour ainsi dire, un tout collectif, dont les individualit�s nous sont, � peu d'exceptions pr�s, compl�tement inconnues. Ce qui nous int�resse, ce n'est pas leur personne, mais leur enseignement�; or, du moment que cet enseignement est bon, peu importe que celui qui le donne s'appelle Pierre ou Paul�; on le juge � sa qualit� et non � son enseigne. Si un vin est mauvais, ce n'est pas l'�tiquette qui le rendra meilleur. Il en est autrement dans les communications intimes, parce que c'est l'individu, sa personne m�me qui nous int�resse, et c'est avec raison que, dans cette circonstance, on tient � s'assurer si l'Esprit qui vient � notre appel est bien r�ellement celui qu'on d�sire.
257.�L'identit� est beaucoup plus facile � constater quand il s'agit d'Esprits contemporains dont on conna�t le caract�re et les habitudes, car ce sont pr�cis�ment ces habitudes, dont ils n'ont pas encore eu le temps de se d�pouiller, par lesquelles ils se font reconna�tre, et disons tout de suite que c'est m�me l� un des signes les plus certains d'identit�. L'Esprit peut sans doute en donner des preuves sur la demande qui lui en est faite, mais il ne le fait toujours que si cela lui convient, et g�n�ralement cette demande le blesse�; c'est pourquoi on doit l'�viter. En quittant son corps, l'Esprit n'a pas d�pouill� sa susceptibilit�; il se froisse de toute question ayant pour but de le mettre � l'�preuve. Il est telle question qu'on n'oserait lui faire s'il se pr�sentait vivant, de peur de manquer aux convenances�; pourquoi donc aurait-on moins d'�gards pour lui apr�s sa mort�? Qu'un homme se pr�sente dans un salon en d�clinant son nom, ira-t-on lui dire � br�le-pourpoint de prouver qu'il est bien un tel en exhibant ses titres, sous le pr�texte qu'il y a des imposteurs�? Cet homme assur�ment aurait le droit de rappeler l'interrogateur aux r�gles du savoir-vivre. C'est ce que font les Esprits en ne r�pondant pas ou en se retirant. Prenons un exemple pour comparaison. Supposons que l'astronome Arago, de son vivant, se f�t pr�sent� dans une maison o� sa personne n'aurait pas �t� connue, et qu'on l'e�t apostroph� ainsi�: Vous dites que vous �tes Arago, mais comme nous ne vous connaissons pas, veuillez nous le prouver en r�pondant � nos questions�; r�solvez tel probl�me d'astronomie�; dites-nous vos noms, pr�noms, ceux de vos enfants, ce que vous faisiez tel jour, � telle heure, etc.�; qu'aurait-il r�pondu�? Eh bien�! comme Esprit, il fera ce qu'il aurait fait de son vivant, et les autres Esprits font de m�me.
258.�Tandis que les Esprits se refusent � r�pondre aux questions pu�riles et saugrenues qu'on se serait fait scrupule d'adresser � leur personne vivante, ils donnent souvent d'eux-m�mes et spontan�ment des preuves irr�cusables de leur identit�, par leur caract�re qui se r�v�le dans leur langage, par l'emploi de mots qui leur �taient familiers, par la citation de certains faits, de particularit�s de leur vie quelquefois inconnues des assistants, et dont l'exactitude a pu �tre v�rifi�e. Les preuves d'identit� ressortent en outre d'une foule de circonstances impr�vues qui ne se pr�sentent pas toujours d'un premier coup, mais dans la suite des entretiens. Il convient donc de les attendre, sans les provoquer, en observant avec soin toutes celles qui peuvent d�couler de la nature des communications. (Voir le fait rapport� n��70.)
259.�Un moyen que l'on emploie quelquefois avec succ�s pour s'assurer de l'identit�, lorsque l'Esprit qui se communique est suspect, consiste � lui faire affirmer, au nom de Dieu tout-puissant, qu'il est bien celui qu'il dit �tre. Il arrive souvent que celui qui prend un nom usurp� recule devant un sacril�ge, et qu'apr�s avoir commenc� � �crire�: J'affirme au nom de..., il s'arr�te et trace avec col�re des raies insignifiantes, ou brise le crayon�; s'il est plus hypocrite, il �lude la question par une restriction mentale, en �crivant, par exemple�: Je vous certifie que je dis la v�rit��; ou bien encore�: J'atteste, au nom de Dieu, que c'est bien moi qui vous parle, etc.. Mais il y en a qui ne sont pas si scrupuleux, et qui jurent tout ce qu'on veut. L'un d'eux s'�tait communiqu� � un m�dium en se disant �tre Dieu, et le m�dium, tr�s honor� d'une si haute faveur, n'avait pas h�sit� � le croire. Evoqu� par nous, il n'osa soutenir son imposture, et dit�: Je ne suis pas Dieu, mais je suis son fils. - Vous �tes donc J�sus�? cela n'est pas probable, car J�sus est trop haut plac� pour employer un subterfuge. Osez donc affirmer, au nom de Dieu, que vous �tes le Christ�? - Je ne dis pas que je sois J�sus�; je dis que je suis le fils de Dieu, parce que je suis une de ses cr�atures.
On doit conclure de l� que le refus de la part d'un Esprit d'affirmer son identit� au nom de Dieu, est toujours une preuve manifeste que le nom qu'il a pris est une imposture, mais que l'affirmation n'est qu'une pr�somption et non une preuve certaine.
260.�On peut aussi ranger parmi les preuves d'identit� la similitude de l'�criture et de la signature, mais, outre qu'il n'est pas donn� � tous les m�diums d'obtenir ce r�sultat, ce n'est pas toujours une garantie suffisante�; il y a des faussaires dans le monde des Esprits comme dans celui-ci�; ce n'est donc qu'une pr�somption d'identit� qui n'acquiert de valeur que par les circonstances qui l'accompagnent. Il en est de m�me de tous les signes mat�riels que quelques-uns donnent comme des talismans inimitables par les Esprits menteurs. Pour ceux qui osent se parjurer au nom de Dieu, ou contrefaire une signature, un signe mat�riel quelconque ne peut leur offrir un obstacle plus grand. La meilleure de toutes les preuves d'identit� est dans le langage et dans les circonstances fortuites.
261.�On dira sans doute que si un Esprit peut imiter une signature, il peut tout aussi bien imiter le langage. Cela est vrai�; nous en avons vu qui prenaient effront�ment le nom du Christ, et, pour donner le change, simulaient le style �vang�lique et prodiguaient � tort et � travers ces mots bien connus�: En v�rit�, en v�rit�, je vous le dis�; mais quand on �tudiait l'ensemble sans pr�vention�; quand on scrutait le fond des pens�es, la port�e des expressions�; quant � c�t� de belles maximes de charit� on voyait des recommandations pu�riles et ridicules, il aurait fallu �tre fascin�
pour s'y m�prendre. Oui, certaines parties de la forme mat�rielle du langage peuvent �tre imit�es, mais non la pens�e�; jamais l'ignorance n'imitera le vrai savoir, et jamais le vice n'imitera la vraie vertu�; toujours quelque part percera le bout de l'oreille�; c'est alors que le m�dium ainsi que l'�vocateur ont besoin de toute leur perspicacit� et de tout leur jugement pour d�m�ler la v�rit� du mensonge. Ils doivent se persuader que les Esprits pervers sont capables de toutes les ruses, et que plus le nom sous lequel un Esprit s'annonce est �lev�, plus il doit inspirer de d�fiance. Que de m�diums ont eu des communications apocryphes sign�es J�sus, Marie ou d'un saint v�n�r�!
Distinction des bons et des mauvais Esprits.
262.�Si l'identit� absolue des Esprits est, dans beaucoup de cas, une question accessoire et sans importance, il n'en est pas de m�me de la distinction des bons et des mauvais Esprits�; leur individualit� peut nous �tre indiff�rente, leur qualit� ne l'est jamais. Dans toutes les communications instructives, c'est donc sur ce point que doit se concentrer toute l'attention, parce que seul il peut nous donner la mesure de la confiance que nous pouvons accorder � l'Esprit qui se manifeste, quel que soit le nom sous lequel il le fasse. L'Esprit qui se manifeste est-il bon ou mauvais�? A quel degr� de l'�chelle spirite appartient-il�? l� est la question capitale. (Voir Echelle spirite, Livre des Esprits, n��100.)
263.�On juge les Esprits, avons-nous dit, comme on juge les hommes, � leur langage. Supposons qu'un homme re�oive vingt lettres de personnes qui lui sont inconnues�; au style, aux pens�es, � une foule de signes enfin il jugera celles qui sont instruites ou ignorantes, polies ou mal �lev�es, superficielles, profondes, frivoles, orgueilleuses, s�rieuses, l�g�res, sentimentales, etc.. Il en est de m�me des Esprits�; on doit les consid�rer comme des correspondants qu'on n'a jamais vus, et se demander ce que l'on penserait du savoir et du caract�re d'un homme qui dirait ou �crirait de pareilles choses. On peut poser comme r�gle invariable et sans exception, que le langage des Esprits est toujours en raison du degr� de leur �l�vation. Non seulement les Esprits r�ellement sup�rieurs ne disent que de bonnes choses, mais ils les disent en termes qui excluent de la mani�re la plus absolue toute trivialit�; quelques bonnes que soient ces choses, si elles sont ternies par une seule expression qui sente la bassesse, c'est un signe indubitable d'inf�riorit�, � plus forte raison si l'ensemble de la communication blesse les convenances par sa grossi�ret�. Le langage d�c�le toujours son origine, soit par la pens�e qu'il traduit, soit par sa forme, et alors m�me qu'un Esprit voudrait nous donner le change sur sa pr�tendue sup�riorit�, il suffit de converser quelque temps avec lui pour l'appr�cier.
264.�La bont� et la bienveillance sont encore des attributs essentiels des Esprits �pur�s�; ils n'ont de haine ni pour les hommes ni pour les autres Esprits�; ils plaignent les faiblesses, ils critiquent les erreurs, mais toujours avec mod�ration, sans fiel et sans animosit�. Si l'on admet que les Esprits vraiment bons ne peuvent vouloir que le bien et ne dire que de bonnes choses, on en conclura que tout ce qui, dans le langage des Esprits, d�c�le un manque de bont� et de bienveillance, ne peut �maner d'un bon Esprit.
265.�L'intelligence est loin d'�tre un signe certain de sup�riorit�, car l'intelligence et le moral ne marchent pas toujours de front. Un Esprit peut �tre bon, bienveillant, et avoir des connaissances born�es, tandis qu'un Esprit intelligent et instruit peut �tre tr�s inf�rieur en moralit�.
On croit assez g�n�ralement qu'en interrogeant l'Esprit d'un homme qui a �t� savant dans une sp�cialit� sur la terre, on obtiendra plus s�rement la v�rit�; cela est logique, et portant n'est pas toujours vrai. L'exp�rience d�montre que les savants, aussi bien que les autres hommes, ceux surtout qui ont quitt� la terre depuis peu, sont encore sous l'empire des pr�jug�s de la vie corporelle�; ils ne se d�font pas imm�diatement de l'esprit de syst�me. Il peut donc se faire que, sous l'influence des id�es qu'ils ont caress�es de leur vivant, et dont ils se sont fait un titre de gloire, ils voient moins clair que nous ne pensons. Nous ne donnons point ce principe comme une r�gle, tant s'en faut�; nous disons seulement que cela se voit, et que, par cons�quent, leur science humaine n'est pas toujours une preuve de leur infaillibilit� comme Esprits.
266.�En soumettant toutes les communications � un examen scrupuleux, en scrutant et en analysant la pens�e et les expressions comme on le fait quand il s'agit de juger un ouvrage litt�raire, en rejetant sans h�siter tout ce qui p�che par la logique et le bon sens, tout ce qui d�ment le caract�re de l'Esprit qui est cens� se manifester, on d�courage les Esprits trompeurs qui finissent par se retirer, une fois bien convaincus qu'ils ne peuvent nous abuser. Nous le r�p�tons, ce moyen est le seul, mais il est infaillible, parce qu'il n'y a pas de mauvaise communication qui puisse r�sister � une critique rigoureuse. Les bons Esprits ne s'en offensent jamais, puisque eux-m�mes le conseillent, et parce qu'ils n'ont rien � craindre de l'examen�; les mauvais seuls s'en formalisent et en dissuadent, parce qu'ils ont tout � perdre, et par cela m�me prouvent ce qu'ils sont.
Voici, � ce sujet, le conseil donn� par saint Louis�:
"Quelle que soit la confiance l�gitime que vous inspirent les Esprits qui pr�sident � vos travaux, il est une recommandation que nous ne saurions trop r�p�ter, et que vous devriez toujours avoir pr�sente � la pens�e quand vous vous livrez � vos �tudes, c'est de peser et de m�rir, c'est de soumettre au contr�le de la raison la plus s�v�re toutes les communications que vous recevez�; de ne pas n�gliger, d�s qu'un point vous para�t suspect, douteux ou obscur, de demander les explications n�cessaires pour vous fixer."
267.�On peut r�sumer les moyens de reconna�tre la qualit� des Esprits dans les principes suivants�:
- Il n'y a pas d'autre crit�rium pour discerner la valeur des Esprits que le bon sens. Toute formule donn�e � cet effet par les Esprits eux-m�mes est absurde, et ne peut �maner d'Esprits sup�rieurs.
- On juge les Esprits � leur langage et � leurs actions. Les actions des Esprits sont les sentiments qu'ils inspirent et les conseils qu'ils donnent.
- Etant admis que les bons Esprits ne peuvent dire et faire que le bien, tout ce qui est mal ne peut venir d'un bon Esprit.
- Les Esprits sup�rieurs ont un langage toujours digne, noble, �lev�, sans m�lange d'aucune trivialit�; ils disent tout avec simplicit� et modestie, ne se vantent jamais, ne font jamais parade de leur savoir ni de leur position parmi les autres. Celui des Esprits inf�rieurs ou vulgaires a toujours quelque reflet des passions humaines�; toute expression qui sent la bassesse, la suffisance, l'arrogance, la forfanterie, l'acrimonie, est un indice caract�ristique d'inf�riorit� ou de supercherie si l'Esprit se pr�sente sous un nom respectable et v�n�r�.
- Il ne faut pas juger les Esprits sur la forme mat�rielle et la correction de leur style, mais en sonder le sens intime, scruter leurs paroles, les peser froidement, m�rement et sans pr�vention. Tout �cart de logique, de raison et de sagesse, ne peut laisser de doute sur leur origine, quel que soit le nom dont s'affuble l'Esprit. (224.)
- Le langage des Esprits �lev�s est toujours identique, sinon pour la forme, du moins pour le fond. Les pens�es sont les m�mes, quels que soient le temps et le lieu�; elles peuvent �tre plus ou moins d�velopp�es, selon les circonstances, les besoins et les facilit�s de communiquer, mais elles ne seront pas contradictoires. Si deux communications portant le m�me nom sont en opposition l'une avec l'autre, l'une des deux est �videmment apocryphe, et la v�ritable sera celle o� RIEN ne d�ment le caract�re connu du personnage. Entre deux communications sign�es, par exemple, de saint Vincent de Paul, dont l'une pr�cherait l'union et la charit�, et l'autre tendrait � semer la discorde, il n'est personne de sens� qui p�t se m�prendre.
- Les bons Esprits ne disent que ce qu'ils savent�; ils se taisent ou confessent leur ignorance sur ce qu'ils ne savent pas. Les mauvais parlent de tout avec assurance, sans se soucier de la v�rit�. Toute h�r�sie scientifique notoire, tout principe qui choque le bon sens, montre la fraude si l'Esprit se donne pour un Esprit �clair�.
- On reconna�t encore les Esprits l�gers � la facilit� avec laquelle ils pr�disent l'avenir, et pr�cisent des faits mat�riels qu'il ne nous est pas donn� de conna�tre. Les bons Esprits peuvent faire pressentir les choses futures lorsque cette connaissance peut �tre utile, mais ne pr�cisent jamais de dates�; toute annonce d'�v�nement � �poque fixe est l'indice d'une mystification.
- Les Esprits sup�rieurs s'expriment simplement, sans prolixit�; leur style est concis, sans exclure la po�sie des id�es et des expressions, clair, intelligible pour tous, et ne demande pas d'efforts pour �tre compris�; ils ont l'art de dire beaucoup de choses en peu de mots, parce que chaque parole a sa port�e. Les Esprits inf�rieurs, ou faux savants, cachent sous l'enflure et l'emphase le vide des pens�es. Leur langage est souvent pr�tentieux, ridicule ou obscur � force de vouloir para�tre profond.
- Les bons Esprits ne commandent jamais�: ils ne s'imposent pas, ils conseillent, et, si on ne les �coute pas, ils se retirent. Les mauvais sont imp�rieux�; ils donnent des ordres, veulent �tre ob�is et restent quand m�me. Tout Esprit qui s'impose trahit son origine. Ils sont exclusifs et absolus dans leurs opinions, et pr�tendent avoir seuls le privil�ge de la v�rit�. Ils exigent une croyance aveugle, et ne font point appel � la raison, parce qu'ils savent que la raison les d�masquerait.
- Les bons Esprits ne flattent point�; ils approuvent quand on fait bien, mais toujours avec r�serve�; les mauvais donnent des �loges exag�r�s, stimulent l'orgueil et la vanit� tout en pr�chant l'humilit�, et cherchent � exalter l'importance personnelle de ceux qu'ils veulent capter.
- Les Esprits sup�rieurs sont au-dessus des pu�rilit�s de la forme en toutes choses. Les Esprits vulgaires seuls peuvent attacher de l'importance � des d�tails mesquins, incompatibles avec des id�es v�ritablement �lev�es. Toute prescription m�ticuleuse est un signe certain d'inf�riorit� et de supercherie de la part d'un Esprit qui prend un nom imposant.
- Il faut se d�fier des noms bizarres et ridicules que prennent certains Esprits qui veulent en imposer � la cr�dulit�; il serait souverainement absurde de prendre ces noms au s�rieux.
- Il faut �galement se d�fier des Esprits qui se pr�sentent trop facilement sous des noms extr�mement v�n�r�s, et n'accepter leurs paroles qu'avec la plus grande r�serve�; c'est l� surtout qu'un contr�le s�v�re est indispensable, car c'est souvent un masque qu'ils prennent pour faire croire � de pr�tendues relations intimes avec les Esprits hors ligne. Par ce moyen, ils flattent la vanit� du m�dium et en profitent pour l'induire souvent � des d�marches regrettables ou ridicules.
- Les bons Esprits sont tr�s scrupuleux sur les d�marches qu'ils peuvent conseiller�; elles n'ont jamais, dans tous les cas, qu'un but s�rieux et �minemment utile. On doit donc regarder comme suspectes toutes celles qui n'auraient pas ce caract�re, ou seraient condamn�es par la raison, et m�rement r�fl�chir avant de les entreprendre, car on s'exposerait � des mystifications d�sagr�ables.
- On reconna�t aussi les bons Esprits � leur prudente r�serve sur toutes les choses qui peuvent compromettre�; ils r�pugnent � d�voiler le mal�; les Esprits l�gers ou malveillants se plaisent � le faire ressortir. Tandis que les bons cherchent � adoucir les torts et pr�chent l'indulgence, les mauvais les exag�rent et soufflent la zizanie par des insinuations perfides.
- Les bons Esprits ne prescrivent que le bien. Toute maxime, tout conseil qui n'est pas strictement conforme � la pure charit� �vang�lique ne peut �tre l'oeuvre de bons Esprits.
- Les bons Esprits ne conseillent jamais que des choses parfaitement rationnelles�; toute recommandation qui s'�carterait de la droite ligne du bon sens ou des lois immuables de la nature accuse un Esprit born�, et par cons�quent peu digne de confiance.
- Les Esprits mauvais ou simplement imparfaits se trahissent encore par des signes mat�riels auxquels on ne saurait se m�prendre. Leur action sur le m�dium est quelquefois violente, et provoque chez celui-ci des mouvements brusques et saccad�s, une agitation f�brile et convulsive qui tranche avec le calme et la douceur des bons Esprits.
- Les Esprits imparfaits profitent souvent des moyens de communication dont ils disposent pour donner de perfides conseils�; ils excitent la d�fiance et l'animosit� contre ceux qui leur sont antipathiques�; ceux qui peuvent d�masquer leurs impostures sont surtout l'objet de leur animadversion.
Les hommes faibles sont leur point de mire pour les induire au mal. Employant tour � tour les sophismes, les sarcasmes, les injures et jusqu'aux signes mat�riels de leur puissance occulte pour mieux convaincre, ils t�chent de les d�tourner du sentier de la v�rit�.
- L'Esprit des hommes qui ont eu sur la terre une pr�occupation unique, mat�rielle ou morale, s'ils ne sont pas d�gag�s de l'influence de la mati�re, sont encore sous l'empire des id�es terrestres, et portent avec eux une partie des pr�jug�s, des pr�dilections et m�me des manies qu'ils avaient ici-bas. C'est ce qu'il est ais� de reconna�tre � leur langage.
- Les connaissances dont certains Esprits se parent souvent avec une sorte d'ostentation ne sont pas un signe de leur sup�riorit�. L'inalt�rable puret� des sentiments moraux est � cet �gard la v�ritable pierre de touche.
- Il ne suffit pas d'interroger un Esprit pour conna�tre la v�rit�. Il faut avant tout savoir � qui l'on s'adresse�; car les Esprits inf�rieurs, ignorants eux-m�mes, traitent avec frivolit� les questions les plus s�rieuses.
Il ne suffit pas non plus qu'un Esprit ait �t� un grand homme sur la terre pour avoir dans le monde spirite la souveraine science. La vertu seule peut, en le purifiant, le rapprocher de Dieu et �tendre ses connaissances.
- De la part des Esprits sup�rieurs, la plaisanterie est souvent fine et piquante, mais n'est jamais triviale. Chez les Esprits railleurs qui ne sont pas grossiers, la satire mordante est souvent pleine d'�-propos.
- En �tudiant avec soin le caract�re des Esprits qui se pr�sentent, surtout au point de vue moral, on reconna�tra leur nature et le degr� de confiance qu'on peut leur accorder. Le bon sens ne saurait tromper.
- Pour juger les Esprits, comme pour juger les hommes, il faut d'abord savoir se juger soi-m�me. Il y a malheureusement beaucoup de gens qui prennent leur opinion personnelle pour mesure exclusive du bon et du mauvais, du vrai et du faux�; tout ce qui contredit leur mani�re de voir, leurs id�es, le syst�me qu'ils ont con�u ou adopt�, est mauvais � leurs yeux. De telles gens manquent �videmment de la premi�re qualit� pour une saine appr�ciation�: la rectitude du jugement�; mais ils ne s'en doutent pas�; c'est le d�faut sur lequel on se fait le plus illusion.
Toutes ces instructions d�coulent de l'exp�rience et de l'enseignement donn� par les Esprits�; nous les compl�tons par les r�ponses m�mes donn�es par eux sur les points les plus importants.
Questions sur la nature et l'identit� des Esprits.
268.�1.�A quels signes peut-on reconna�tre la sup�riorit� ou l'inf�riorit� des Esprits�?
"A leur langage, comme vous distinguez un �tourdi d'un homme sens�. Nous l'avons d�j� dit, les Esprits sup�rieurs ne se contredisent jamais et ne disent que de bonnes choses�; ils ne veulent que le bien�: c'est leur pr�occupation.
Les Esprits inf�rieurs sont encore sous l'empire des id�es mat�rielles�; leurs discours se ressentent de leur ignorance et de leur imperfection. Il n'est donn� qu'aux Esprits sup�rieurs de conna�tre toutes choses et de les juger sans passion."
2.�La science, chez un Esprit, est-elle toujours un signe certain de son �l�vation�?
Non, car s'il est encore sous l'influence de la mati�re, il peut avoir vos vices et vos pr�jug�s. Il y a des gens qui sont dans ce monde excessivement jaloux et orgueilleux�; croyez-vous que d�s qu'ils le quittent ils perdent ces d�fauts�? Il reste, apr�s le d�part d'ici, surtout � ceux qui ont eu des passions bien tranch�es, une sorte d'atmosph�re qui les enveloppe et leur laisse toutes ces mauvaises choses.
Ces Esprits mi-imparfaits sont plus � redouter que les mauvais Esprits, parce que la plupart r�unissent l'astuce et l'orgueil � l'intelligence. Par leur pr�tendu savoir, ils en imposent aux gens simples et aux ignorants qui acceptent sans contr�le leurs th�ories absurdes et mensong�res�; quoique ces th�ories ne puissent pr�valoir contre la v�rit�, elles n'en font pas moins un mal momentan�, car elles entravent la marche du spiritisme, et les m�diums s'aveuglent volontiers sur le m�rite de ce qui leur est communiqu�. C'est l� ce qui demande une tr�s grande �tude de la part des spirites �clair�s et des m�diums�; c'est � distinguer le vrai du faux qu'il faut apporter toute son attention."
3.�Beaucoup d'Esprits protecteurs se d�signent sous des noms de saints ou de personnages connus�; que doit-on croire � ce sujet�?
"Tous les noms des saints et des personnages connus ne suffiraient pas pour fournir un protecteur � chaque homme�; parmi les Esprits, il y en a peu qui aient un nom connu sur la terre�: c'est pourquoi tr�s souvent ils ne s'en donnent pas�; mais la plupart du temps vous voulez un nom�; alors, pour vous satisfaire, ils prennent celui d'un homme que vous connaissez et que vous respectez."
4.�Ce nom d'emprunt ne peut-il �tre consid�r� comme une fraude�?
"Ce serait une fraude de la part d'un mauvais Esprit qui voudrait abuser�; mais quand c'est pour le bien, Dieu permet qu'il en soit ainsi entre Esprits du m�me ordre, parce qu'il y a entre eux solidarit� et similitude de pens�es."
5.�Ainsi, quand un Esprit protecteur se dit �tre saint Paul, par exemple, il n'est pas certain que ce soit l'Esprit m�me ou l'�me de l'ap�tre de ce nom�?
"Nullement, car vous trouvez des milliers de personnes � qui il a �t� dit que leur ange gardien est saint Paul, ou tout autre�; mais que vous importe, si l'Esprit qui vous prot�ge est aussi �lev� que saint Paul�? Je vous l'ai dit, il vous faut un nom, ils en prennent un pour se faire appeler et reconna�tre, comme vous prenez des noms de bapt�me pour vous distinguer des autres membres de votre famille. Ils peuvent tout aussi bien prendre ceux des archanges Rapha�l, saint Michel, etc., sans que cela tire � cons�quence.
Du reste, plus un esprit est �lev�, plus son rayonnement est multiple�; croyez donc qu'un Esprit protecteur d'un ordre sup�rieur peut avoir sous sa tutelle des centaines d'incarn�s. Chez vous, sur la terre, vous avez des notaires qui se chargent des affaires de cent et deux cents familles�; pourquoi voudriez-vous que nous fussions, spirituellement parlant, moins aptes � la direction morale des hommes que ceux-l� � la direction mat�rielle de leurs int�r�ts�?"
6.�Pourquoi les Esprits qui se communiquent prennent-ils si souvent le nom des saints�?
"Ils s'identifient avec les habitudes de ceux � qui ils parlent, et prennent les noms qui sont de nature � faire sur l'homme le plus d'impression en raison de ses croyances."
7.�Certains Esprits sup�rieurs que l'on �voque viennent-ils toujours en personne, ou bien, comme le croient quelques-uns, ne viennent-ils que par mandataires charg�s de transmettre leur pens�e�?
"Pourquoi ne viendraient-ils pas en personne, s'ils le peuvent�? mais si l'Esprit ne peut venir, ce sera forc�ment un mandataire."
8.�Le mandataire est-il toujours suffisamment �clair� pour r�pondre comme le ferait l'Esprit qui l'envoie�?
"Les Esprits sup�rieurs savent � qui ils confient le soin de les remplacer. D'ailleurs, plus les Esprits sont �lev�s, plus ils se confondent dans une pens�e commune, de telle sorte que, pour eux, la personnalit� est une chose indiff�rente, et il doit en �tre de m�me pour vous�; croyez-vous donc qu'il n'y ait dans le monde des Esprits sup�rieurs que ceux que vous avez connus sur la terre capables de vous instruire�? Vous �tes tellement port�s � vous prendre pour les types de l'univers, que vous croyez toujours que hors de votre monde il n'y a plus rien. Vous ressemblez vraiment � ces sauvages qui ne sont pas sortis de leur �le et croient que le monde ne va pas au del�."
9.�Nous comprenons qu'il en soit ainsi quand il s'agit d'un enseignement s�rieux�; mais comment des Esprits �lev�s permettent-ils � des Esprits de bas �tage de se parer de noms respectables pour induire en erreur par des maximes souvent perverses�?
"Ce n'est point avec leur permission qu'ils le font�; cela n'arrive-t-il pas aussi parmi vous�? Ceux qui trompent ainsi en seront punis, croyez-le bien, et leur punition sera proportionn�e � la gravit� de l'imposture. D'ailleurs, si vous n'�tiez pas imparfaits, vous n'auriez autour de vous que de bons Esprits, et si vous �tes tromp�s, vous ne devez vous en prendre qu'� vous m�mes. Dieu permet qu'il en soit ainsi pour �prouver votre pers�v�rance et votre jugement, et vous apprendre � distinguer la v�rit� de l'erreur�; si vous ne le faites pas, c'est que vous n'�tes pas assez �lev�s, et vous avez encore besoin des le�ons de l'exp�rience."
10.�Des Esprits peu avanc�s, mais anim�s de bonnes intentions et du d�sir de progresser, ne sont-ils pas quelquefois d�l�gu�s pour remplacer un Esprit sup�rieur, afin de leur fournir l'occasion de s'exercer � l'enseignement�?
"Jamais dans les grands centres�; je veux dire les centres s�rieux et pour un enseignement g�n�ral�; ceux qui s'y pr�sentent le font toujours de leur propre chef, et, comme vous le dites, pour s'exercer�; c'est pourquoi leurs communications, quoique bonnes, portent toujours des traces de leur inf�riorit�. Quand ils sont d�l�gu�s, ce n'est que pour les communications peu importantes, et celles qu'on peut appeler personnelles."
11.�Les communications spirites ridicules sont quelquefois entrem�l�es de tr�s bonnes maximes�; comment concilier cette anomalie qui semblerait indiquer la pr�sence simultan�e de bons et de mauvais Esprits�?
"Les Esprits mauvais ou l�gers se m�lent aussi de faire des sentences sans trop en voir la port�e ou la signification. Tous ceux qui en font parmi vous sont-ils des hommes sup�rieurs�? Non�; les bons et les mauvais Esprits ne frayent pas ensemble, c'est � l'uniformit� constante des bonnes communications que vous reconna�trez la pr�sence des bons Esprits."
12.�Les Esprits qui induisent en erreur le font-ils toujours sciemment�?
"Non�; il y a des Esprits bons, mais ignorants et qui peuvent se tromper de bonne foi�; quand ils ont la conscience de leur insuffisance, ils en conviennent, et ne disent que ce qu'ils savent."
13.�Lorsqu'un Esprit fait une fausse communication, la fait-il toujours avec une intention malveillante�?
"Non�; si c'est un Esprit l�ger, il s'amuse � mystifier et n'a pas d'autre but."
14.�Puisque certains Esprits peuvent tromper par leur langage, peuvent-ils aussi, aux yeux d'un m�dium voyant, prendre une fausse apparence�?
"Cela se fait, mais plus difficilement. Dans tous les cas, cela n'a jamais lieu que dans un but que les mauvais Esprits ne connaissent pas eux-m�mes. Ils servent d'instrument pour donner une le�on. Le m�dium voyant peut voir des Esprits l�gers et menteurs comme d'autres les entendent ou �crivent sous leur influence. Les Esprits l�gers peuvent profiter de cette disposition pour l'abuser par des apparences trompeuses�; cela d�pend des qualit�s de son Esprit � lui."
15.�Pour n'�tre pas abus�, suffit-il d'�tre anim� de bonnes intentions, et les hommes parfaitement s�rieux, qui ne m�lent � leurs �tudes aucun sentiment de vaine curiosit�, sont-ils aussi expos�s � �tre tromp�s�?
"Moins que d'autres �videmment�; mais l'homme a toujours quelques travers qui attirent les Esprits moqueurs�; il se croit fort, et souvent il ne l'est pas�; il doit donc se d�fier de la faiblesse qui na�t de l'orgueil et des pr�jug�s. On ne tient pas assez compte de ces deux causes dont les Esprits profitent�; en flattant les manies, ils sont s�rs de r�ussir."
16.�Pourquoi Dieu permet-il que de mauvais Esprits se communiquent et disent de mauvaises choses�?
"M�me dans ce qui est le plus mal, il y a un enseignement�; c'est � vous de savoir l'en tirer. Il faut bien qu'il y ait des communications de toutes sortes pour vous apprendre � distinguer les bons Esprits des mauvais, et vous servir de miroir � vous-m�mes."
17.�Les Esprits peuvent-ils, au moyen de communications �crites, inspirer d'injustes d�fiances contre certaines personnes, et brouiller des amis�?
"Des Esprits pervers et jaloux peuvent faire en mal tout ce que font les hommes�; c'est pourquoi il faut y prendre garde. Les Esprits sup�rieurs sont toujours prudents et r�serv�s quand ils ont � bl�mer�; ils ne disent pas de mal�: ils avertissent avec m�nagement. S'ils veulent que, dans leur int�r�t, deux personnes cessent de se voir, ils feront na�tre des incidents qui les s�pareront d'une mani�re naturelle. Un langage propre � semer le trouble et la d�fiance est toujours le fait d'un mauvais Esprit, quel que soit le nom dont il se pare. Ainsi n'accueillez qu'avec circonspection le mal qu'un Esprit peut dire de l'un de vous, surtout quand un bon Esprit vous en a dit du bien�; et d�fiez-vous aussi de vous-m�me et de vos propres pr�ventions. Dans les communications des Esprits, ne prenez que ce qu'il y a de bon, de grand, de rationnel, et ce que votre conscience approuve."
18.�Par la facilit� avec laquelle les mauvais Esprits se m�lent aux communications, il parait qu'on n'est jamais certains d'avoir la v�rit�?
"Si, puisque vous avez un jugement pour les appr�cier. A la lecture d'une lettre, vous savez bien reconna�tre si c'est un goujat ou un homme bien �lev�, un sot ou un savant, qui vous �crit�; pourquoi ne pourriez-vous le faire quand ce sont des Esprits qui vous �crivent�? Si vous recevez une lettre d'un ami �loign�, qui vous prouve qu'elle est bien de lui�? Son �criture, direz-vous�; mais n'y a-t-il pas des faussaires qui imitent toutes les �critures�; des fripons qui peuvent conna�tre vos affaires�? Cependant il est des signes auxquels vous ne vous m�prendrez pas�; il en est de m�me des Esprits. Figurez-vous donc que c'est un ami qui vous �crit, ou que vous lisez l'ouvrage d'un �crivain, et jugez par les m�mes moyens."
19.�Les Esprits sup�rieurs pourraient-ils emp�cher les mauvais Esprits de prendre de faux noms�?
"Certainement ils le peuvent�; mais plus les Esprits sont mauvais, plus ils sont ent�t�s, et souvent ils r�sistent aux injonctions. Il faut bien aussi que vous sachiez qu'il est des personnes auxquelles les Esprits sup�rieurs s'int�ressent plus qu'� d'autres, et quand ils le jugent n�cessaire, ils savent les pr�server de l'atteinte du mensonge�; contre ces personnes, les Esprits trompeurs sont impuissants."
20.�Quel est le motif de cette partialit�?
"Ce n'est point de la partialit�, c'est de la justice�; les bons Esprits s'int�ressent � ceux qui mettent leurs avis � profit, et travaillent s�rieusement � leur propre am�lioration�; ceux-l� sont leurs pr�f�r�s et ils les secondent�; mais ils s'inqui�tent peu de ceux avec lesquels ils perdent leur temps en belles paroles."
21.�Pourquoi Dieu permet-il aux Esprits de commettre le sacril�ge de prendre faussement des noms v�n�r�s�?
"Vous pourriez demander aussi pourquoi Dieu permet aux hommes de mentir et de blasph�mer. Les Esprits, ainsi que les hommes, ont leur libre arbitre dans le bien comme dans le mal�; mais ni aux uns ni aux autres la justice de Dieu ne fera d�faut."
22.�Y a-t-il des formules efficaces pour chasser les Esprits trompeurs�?
"Formule est mati�re�; bonne pens�e vers Dieu vaut mieux."
23.�Certains Esprits ont dit avoir des signes graphiques inimitables, sortes d'embl�mes qui peuvent les faire reconna�tre et constater leur identit�; cela est-il vrai�?
"Les Esprits sup�rieurs n'ont d'autres signes pour se faire reconna�tre que la sup�riorit� de leurs id�es et de leur langage. Tous les Esprits peuvent imiter un signe mat�riel. Quant aux Esprits inf�rieurs, ils se trahissent de tant de mani�res qu'il faut �tre aveugle pour se laisser abuser."
24.�Les Esprits trompeurs ne peuvent-ils aussi contrefaire la pens�e�?
"Ils contrefont la pens�e comme les d�cors de th��tre contrefont la nature."
25.�Il para�t qu'il est ainsi toujours facile de d�couvrir la fraude par une �tude attentive�?
"N'en doutez pas�; les Esprits ne trompent que ceux qui se laissent tromper. Mais il faut avoir des yeux de marchand de diamants pour distinguer la vraie pierre de la fausse�; or, celui qui ne sait pas distinguer la pierre fine de la fausse s'adresse au lapidaire."
26.�Il y a des gens qui se laissent s�duire par un langage emphatique�; qui se payent de mots plus que d'id�es�; qui prennent m�me des id�es fausses et vulgaires pour des id�es sublimes�; comment ces gens-l�, qui ne sont pas m�me aptes � juger les oeuvres des hommes, peuvent-ils juger celles des Esprits�?
"Quand ces personnes ont assez de modestie pour reconna�tre leur insuffisance, elles ne s'en rapportent pas � elles-m�mes�; quand par orgueil elles se croient plus capables qu'elles ne le sont, elles portent la peine de leur sotte vanit�. Les Esprits trompeurs savent bien � qui ils s'adressent�; il y a des gens simples et peu instruits plus difficiles � abuser que d'autres qui ont de l'esprit et du savoir. En flattant les passions, ils font de l'homme tout ce qu'ils veulent."
27.�Dans l'�criture, les mauvais Esprits se trahissent-ils quelquefois par des signes mat�riels involontaires�?
"Les habiles ne le font pas�; les maladroits se fourvoient. Tout signe inutile et pu�ril est un indice certain d'inf�riorit�; les Esprits �lev�s ne font rien d'inutile."
28.�Beaucoup de m�diums reconnaissent les bons et les mauvais Esprits � l'impression agr�able ou p�nible qu'ils ressentent � leur approche. Nous demandons si l'impression d�sagr�able, l'agitation convulsive, le malaise, en un mot, sont toujours des indices de la mauvaise nature des Esprits qui se manifestent.
"Le m�dium �prouve les sensations de l'�tat dans lequel se trouve l'Esprit qui vient � lui. Quand l'Esprit est heureux, il est tranquille, l�ger, pos�; quand il est malheureux, il est agit�, f�brile, et cette agitation passe naturellement dans le syst�me nerveux du m�dium. Du reste, c'est ainsi qu'est l'homme sur la terre�: celui qui est bon est calme et tranquille�; celui qui est m�chant est sans cesse agit�."
Remarque. Il y a des m�diums d'une impressionnabilit� nerveuse plus ou moins grande, c'est pourquoi l'agitation ne saurait �tre regard�e comme une r�gle absolue�; il faut ici, comme en toutes choses, tenir compte des circonstances. Le caract�re p�nible et d�sagr�able de l'impression est un effet de contraste, car si l'Esprit du m�dium sympathise avec le mauvais Esprit qui se manifeste, il en sera peu ou point affect�. Du reste, il ne faut pas confondre la rapidit� de l'�criture, qui tient � l'extr�me flexibilit� de certains m�diums, avec l'agitation convulsive que les m�diums les plus lents peuvent �prouver au contact des Esprits imparfaits.
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