Le Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec


CHAPITRE XXV.

DES EVOCATIONS.


Consid�rations g�n�rales. - Esprits que l'on peut �voquer. - Langage � tenir avec les Esprits. - Utilit� des �vocations particuli�res. - Questions sur les �vocations. - Evocation des animaux. - Evocation des personnes vivantes. - T�l�graphie humaine.

Consid�rations g�n�rales.

269.�Les Esprits peuvent se communiquer spontan�ment ou venir � notre appel, c'est-�-dire sur �vocation. Quelques personnes pensent que l'on doit s'abstenir d'�voquer tel ou tel Esprit, et qu'il est pr�f�rable d'attendre celui qui veut bien se communiquer. Elles se fondent sur cette opinion, qu'en appelant un Esprit d�termin�, on n'est pas certain que ce soit lui qui se pr�sente, tandis que celui qui vient spontan�ment et de son propre mouvement prouve mieux son identit�, puisqu'il annonce ainsi le d�sir qu'il a de s'entretenir avec nous. A notre avis, c'est l� une erreur�: premi�rement, parce qu'il y a toujours autour de nous des Esprits, le plus souvent de bas �tage, qui ne demandent pas mieux que de se communiquer�; en second lieu, et par cette derni�re raison m�me, en n'en appelant aucun en particulier, c'est ouvrir la porte � tous ceux qui veulent entrer. Dans une assembl�e, ne donner la parole � personne, c'est la laisser � tout le monde, et l'on sait ce qui en r�sulte. L'appel direct fait � un Esprit d�termin� est un lien entre lui et nous�: nous l'appelons par notre d�sir, et nous opposons ainsi une sorte de barri�re aux intrus. Sans un appel direct, un Esprit n'aurait souvent aucun motif de venir � nous, si ce n'est notre Esprit familier.

Ces deux mani�res d'op�rer ont chacune leurs avantages, et l'inconv�nient ne serait que dans l'exclusion absolue de l'une des deux. Les communications spontan�es n'ont aucun inconv�nient quand on est ma�tre des Esprits, et qu'on est certain de ne laisser prendre aucun empire aux mauvais�; alors il est souvent utile d'attendre le bon plaisir de ceux qui veulent bien se manifester, parce que leur pens�e ne subit aucune contrainte, et l'on peut obtenir de cette mani�re des choses admirables�; tandis qu'il n'est pas dit que l'Esprit que vous appelez soit dispos� � parler, ou capable de le faire dans le sens qu'on d�sire. L'examen scrupuleux que nous avons conseill� est d'ailleurs une garantie contre les mauvaises communications. Dans les r�unions r�guli�res, dans celles surtout o� l'on s'occupe d'un travail suivi, il y a toujours des Esprits habitu�s qui se trouvent au rendez-vous sans qu'on les appelle, par cela m�me qu'en raison de la r�gularit� des s�ances, ils sont pr�venus�: ils prennent souvent spontan�ment la parole pour traiter un sujet quelconque, d�velopper une proposition ou prescrire ce que l'on doit faire, et alors on les reconna�t ais�ment, soit � la forme de leur langage qui est toujours identique, soit � leur �criture, soit � certaines habitudes qui leur sont famili�res.

270.�Lorsqu'on d�sire communiquer avec un Esprit d�termin�, il faut de toute n�cessit� l'�voquer. (N��203.) S'il peut venir, on obtient g�n�ralement pour r�ponse�: Oui�; ou�: Je suis l��; ou bien encore�: Que me voulez-vous�? Quelquefois il entre directement en mati�re en r�pondant par anticipation aux questions qu'on se propose de lui adresser.

Lorsqu'un Esprit est �voqu� pour la premi�re fois, il convient de le d�signer avec quelque pr�cision. Dans les questions qui lui sont adress�es, il faut �viter les formes s�ches et imp�ratives, qui seraient pour lui un motif d'�loignement. Ces formes doivent �tre affectueuses ou respectueuses selon l'Esprit, et dans tous les cas t�moigner de la bienveillance de l'�vocateur.

271.�On est souvent surpris de la promptitude avec laquelle un Esprit �voqu� se pr�sente, m�me pour la premi�re fois�: on dirait qu'il a �t� pr�venu�; c'est, en effet, ce qui a lieu lorsqu'on se pr�occupe d'avance de son �vocation. Cette pr�occupation est une sorte d'�vocation anticip�e, et comme nous avons toujours nos Esprits familiers qui s'identifient avec notre pens�e, ils pr�parent les voies, de telle sorte que si rien ne s'y oppose, l'Esprit que l'on veut appeler est d�j� pr�sent. Dans le cas contraire, c'est l'esprit familier du m�dium, ou celui de l'interrogateur, ou l'un des habitu�s qui va le chercher, et pour cela il ne lui faut pas beaucoup de temps. Si l'Esprit �voqu� ne peut venir instantan�ment, le messager (les Pa�ens auraient dit Mercure) assigne un d�lai, quelquefois de cinq minutes, un quart d'heure, une heure et m�me plusieurs jours�; lorsqu'il est arriv�, il dit�: Il est l��; et alors on peut commencer les questions qu'on veut lui adresser.

Le messager n'est pas toujours un interm�diaire n�cessaire, car l'appel de l'�vocateur peut �tre entendu directement de l'Esprit, ainsi qu'il est dit ci-apr�s, n��282, question 5, sur le mode de transmission de la pens�e.

Quand nous disons de faire l'�vocation au nom de Dieu, nous entendons que notre recommandation doit �tre prise au s�rieux et non � la l�g�re�; ceux qui n'y verraient qu'une formule sans cons�quence feraient mieux de s'abstenir.

272.�Les �vocations offrent souvent plus de difficult�s aux m�diums que les dict�es spontan�es, surtout quand il s'agit d'obtenir des r�ponses pr�cises � des questions circonstanci�es. Il faut pour cela des m�diums sp�ciaux, � la fois flexibles et positifs, et l'on a vu (n��193) que ces derniers sont assez rares, car, ainsi que nous l'avons dit, les rapports fluidiques ne s'�tablissent pas toujours instantan�ment avec le premier Esprit venu. C'est pourquoi il est utile que les m�diums ne se livrent aux �vocations d�taill�es qu'apr�s s'�tre assur�s du d�veloppement de leur facult�, et de la nature des Esprits qui les assistent, car chez ceux qui sont mal entour�s, les �vocations ne peuvent avoir aucun caract�re d'authenticit�.

273.�Les m�diums sont g�n�ralement beaucoup plus recherch�s pour les �vocations d'un int�r�t priv� que pour les communications d'un int�r�t g�n�ral�; cela s'explique par le d�sir bien naturel que l'on a de s'entretenir avec les �tres qui nous sont chers. Nous croyons devoir faire � ce sujet plusieurs recommandations importantes aux m�diums. C'est d'abord de n'acc�der � ce d�sir qu'avec r�serve vis-�-vis des personnes sur la sinc�rit� desquelles ils ne sont pas compl�tement �difi�s, et de se mettre en garde contre les pi�ges que pourraient leur tendre des gens malveillants. Secondement, de ne s'y pr�ter, sous aucun pr�texte, s'ils entrevoient un but de curiosit� et d'int�r�t, et non une intention s�rieuse de la part de l'�vocateur�; de se refuser � toute question oiseuse ou qui sortirait du cercle de celles qu'on peut rationnellement adresser aux Esprits. Les questions doivent �tre pos�es avec clart�, nettet� et sans arri�re-pens�e, si l'on veut des r�ponses cat�goriques. Il faut donc repousser toutes celles qui auraient un caract�re insidieux, car on sait que les Esprits n'aiment pas celles qui ont pour but de les mettre � l'�preuve�; insister sur des questions de cette nature, c'est vouloir �tre tromp�. L'�vocateur doit aller franchement et ouvertement au but, sans subterfuge et sans moyens d�tourn�s�; s'il craint de s'expliquer, il ferait mieux de s'abstenir.

Il convient encore de ne faire qu'avec beaucoup de prudence des �vocations en l'absence des personnes qui en font la demande, et souvent m�me il est pr�f�rable de s'en abstenir tout � fait, ces personnes �tant seules aptes � contr�ler les r�ponses, � juger de l'identit�, � provoquer des �claircissements s'il y a lieu, et � faire les questions incidentes amen�es par les circonstances. En outre, leur pr�sence est un lien qui attire l'Esprit, souvent peu dispos� � se communiquer � des �trangers pour lesquels il n'a aucune sympathie. Le m�dium, en un mot, doit �viter tout ce qui pourrait le transformer en agent de consultation, ce qui, aux yeux de beaucoup de gens, est synonyme de diseur de bonne aventure.


Esprits que l'on peut �voquer.

274.�On peut �voquer tous les Esprits � quelque degr� de l'�chelle qu'ils appartiennent�: les bons comme les mauvais, ceux qui ont quitt� la vie depuis peu, comme ceux qui ont v�cu dans les temps les plus recul�s, les hommes illustres comme les plus obscurs, nos parents, nos amis, comme ceux qui nous sont indiff�rents�; mais il n'est pas dit qu'ils veuillent ou puissent toujours se rendre � notre appel�; ind�pendamment de leur propre volont�, ou de la permission qui peut leur �tre refus�e par une puissance sup�rieure, ils peuvent en �tre emp�ch�s par des motifs qu'il ne nous est pas toujours donn� de p�n�trer. Nous voulons dire qu'il n'y a pas d'emp�chement absolu qui s'oppose aux communications, sauf ce qui sera dit ci-apr�s�; les obstacles qui peuvent emp�cher un Esprit de se manifester sont presque toujours individuels, et tiennent souvent aux circonstances. 275.�Parmi les causes qui peuvent s'opposer � la manifestation d'un esprit, les unes lui sont personnelles et les autres lui sont �trang�res. Il faut placer parmi les premi�res ses occupations ou les missions qu'il accomplit, et dont il ne peut pas se d�tourner pour c�der � nos d�sirs�; dans ce cas, sa visite n'est qu'ajourn�e.

Il y a encore sa propre situation. Bien que l'�tat d'incarnation ne soit pas un obstacle absolu, ce peut �tre un emp�chement � certains moments donn�s, surtout quand elle a lieu dans les mondes inf�rieurs et quand l'Esprit lui-m�me est peu d�mat�rialis�. Dans les mondes sup�rieurs, dans ceux o� les liens de l'Esprit et de la mati�re sont tr�s faibles, la manifestation est presque aussi facile que dans l'�tat errant, et dans tous les cas plus facile que dans ceux o� la mati�re corporelle est plus compacte.

Les causes �trang�res tiennent principalement � la nature du m�dium, � celle de la personne qui �voque, au milieu dans lequel se fait l'�vocation, et enfin au but que l'on se propose. Certains m�diums re�oivent plus particuli�rement des communications de leurs Esprits familiers, qui peuvent �tre plus ou moins �lev�s�; d'autres sont aptes � servir d'interm�diaires � tous les Esprits�; cela d�pend de la sympathie ou de l'antipathie, de l'attraction ou de la r�pulsion que l'Esprit personnel du m�dium exerce sur l'Esprit �tranger, qui peut le prendre pour interpr�te avec plaisir ou avec r�pugnance. Cela d�pend encore, abstraction faite des qualit�s intimes du m�dium, du d�veloppement de la facult� m�dianimique. Les Esprits viennent plus volontiers, et surtout sont plus explicites avec un m�dium qui ne leur offre aucun obstacle mat�riel. Toutes choses �gales d'ailleurs quant aux conditions morales, plus un m�dium a de la facilit� pour �crire ou pour s'exprimer, plus ses relations avec le monde spirite se g�n�ralisent.

276.�Il faut encore tenir compte de la facilit� que doit donner l'habitude de communiquer avec tel ou tel Esprit�; avec le temps, l'Esprit �tranger s'identifie avec celui du m�dium, et aussi avec celui qui l'appelle. La question de sympathie � part, il s'�tablit entre eux des rapports fluidiques qui rendent les communications plus promptes�; c'est pourquoi un premier entretien n'est pas toujours aussi satisfaisant qu'on pourrait le d�sirer, et c'est aussi pourquoi les Esprits eux-m�mes demandent souvent � �tre rappel�s. L'Esprit qui vient d'habitude est comme chez lui�: il est familiaris� avec ses auditeurs et ses interpr�tes�; il parle et agit plus librement.

277.�En r�sum�, de ce que nous venons de dire il r�sulte�: que la facult� d'�voquer tout Esprit quelconque n'implique pas pour l'Esprit l'obligation d'�tre � nos ordres�; qu'il peut venir � un moment et non � un autre, avec tel m�dium ou tel �vocateur qui lui pla�t et non avec tel autre�; dire ce qu'il veut sans pouvoir �tre contraint de dire ce qu'il ne veut pas�; s'en aller quand cela lui convient�; enfin que, par des causes d�pendantes ou non de sa volont�, apr�s s'�tre montr� assidu pendant quelque temps, il peut tout � coup cesser de venir.

C'est par tous ces motifs que, lorsqu'on d�sire appeler un Esprit nouveau, il est n�cessaire de demander � son guide protecteur si l'�vocation est possible�; dans le cas o� elle ne le serait pas, il en donne assez g�n�ralement les motifs, et alors il est inutile d'insister.

278.�Une importante question se pr�sente ici, celle de savoir s'il y a ou non de l'inconv�nient � �voquer de mauvais Esprits. Cela d�pend du but qu'on se propose et de l'ascendant qu'on peut avoir sur eux. L'inconv�nient est nul quand on les appelle dans un but s�rieux, instructif et en vue de les am�liorer�; il est tr�s grand, au contraire, si c'est par pure curiosit� ou plaisanterie, ou si on se met sous leur d�pendance en leur demandant un service quelconque. Les bons Esprits, dans ce cas, peuvent tr�s bien leur donner le pouvoir de faire ce qu'on leur demande, sauf � punir s�v�rement plus tard le t�m�raire qui aurait os� invoquer leur secours et leur croire plus de puissance qu'� Dieu. C'est en vain qu'on se promettrait d'en faire un bon usage par la suite, et de cong�dier le serviteur une fois le service rendu�; ce service m�me que l'on a sollicit�, quelque minime qu'il soit, est un v�ritable pacte conclu avec le mauvais Esprit, et celui-ci ne l�che pas prise ais�ment. (Voir n��212.)

279.�L'ascendant ne s'exerce sur les Esprits inf�rieurs que par la sup�riorit� morale. Les Esprits pervers sentent leurs ma�tres dans les hommes de bien�; vis-�-vis de celui qui ne leur oppose que l'�nergie de la volont�, sorte de force brutale, ils luttent, et souvent sont les plus forts. Quelqu'un cherchait ainsi � dompter un Esprit rebelle, par sa volont�, l'Esprit lui r�pondit�: Laisse-moi donc tranquille avec tes airs de matamore, toi qui ne vaux pas mieux que moi�; ne dirait-on pas un voleur qui fait de la morale � un voleur�?

On s'�tonne que le nom de Dieu que l'on invoque contre eux soit souvent impuissant�; saint Louis en a donn� la raison dans la r�ponse suivante�:
"Le nom de Dieu n'a d'influence sur les Esprits imparfaits que dans la bouche de celui qui peut s'en servir avec autorit� par ses vertus�; dans la bouche de l'homme qui n'aurait sur l'Esprit aucune sup�riorit� morale, c'est un mot comme un autre. Il en est de m�me des choses saintes qu'on leur oppose. L'arme la plus terrible est inoffensive dans les mains inhabiles � s'en servir ou incapables de la porter."


Langage � tenir avec les Esprits.

280.�Le degr� de sup�riorit� ou d'inf�riorit� des Esprits indique naturellement le ton qu'il convient de prendre avec eux. Il est �vident que plus ils sont �lev�s, plus ils ont de droit � notre respect, � nos �gards et � notre soumission. Nous ne devons pas leur t�moigner moins de d�f�rence que nous ne l'eussions fait de leur vivant, mais par d'autres motifs�: sur la terre nous eussions consid�r� leur rang et leur position sociale�; dans le monde des Esprits, notre respect ne s'adresse qu'� la sup�riorit� morale. Leur �l�vation m�me les met au-dessus des pu�rilit�s de nos formes adulatrices. Ce n'est pas par des mots qu'on peut capter leur bienveillance, c'est par la sinc�rit� des sentiments. Il serait donc ridicule de leur donner les titres que nos usages consacrent � la distinction des rangs, et qui, de leur vivant, eussent pu flatter leur vanit�; s'ils sont r�ellement sup�rieurs, non seulement ils n'y tiennent pas, mais cela leur d�pla�t. Une bonne pens�e leur est plus agr�able que les �pith�tes les plus louangeuses�; s'il en �tait autrement, ils ne seraient pas au-dessus de l'humanit�. L'Esprit d'un v�n�rable eccl�siastique qui fut sur la terre un prince de l'Eglise, homme de bien, pratiquant la loi de J�sus, r�pondit un jour � quelqu'un qui l'�voquait en lui donnant le titre de Monseigneur�: "Tu devrais dire au moins ex-Monseigneur, car ici il n'y a de Seigneur que Dieu�; sache bien que j'en vois qui, sur la terre, se mettaient � mes genoux, et devant lesquels je m'incline moi-m�me."

Quant aux Esprits inf�rieurs, leur caract�re nous trace le langage qu'il convient de tenir avec eux. Dans le nombre il y en a qui, quoique inoffensifs et m�me bienveillants, sont l�gers, ignorants, �tourdis�; les traiter � l'�gal des Esprits s�rieux, ainsi que le font certaines personnes, autant vaudrait s'incliner devant un �colier ou devant un �ne affubl� d'un bonnet de docteur. Le ton de la familiarit� ne saurait �tre d�plac� avec eux, et ils ne s'en formalisent pas�; ils s'y pr�tent au contraire volontiers.

Parmi les Esprits inf�rieurs il y en a qui sont malheureux. Quelles que puissent �tre les fautes qu'ils expient, leurs souffrances sont des titres d'autant plus grands � notre commis�ration, que personne ne peut se flatter d'�chapper � cette parole du Christ�: "Que celui qui est sans p�ch� lui jette la premi�re pierre". La bienveillance que nous leur t�moignons est un soulagement pour eux�; � d�faut de sympathie, ils doivent trouver l'indulgence que nous voudrions que l'on e�t pour nous.

Les Esprits qui r�v�lent leur inf�riorit� par le cynisme de leur langage, leurs mensonges, la bassesse de leurs sentiments, la perfidie de leurs conseils, sont assur�ment moins dignes de notre int�r�t que ceux dont les paroles attestent le repentir�; nous leur devons au moins la piti� que nous accordons aux plus grands criminels, et le moyen de les r�duire au silence, c'est de se montrer sup�rieur � eux�: ils ne s'abandonnent qu'avec les gens dont ils croient n'avoir rien � craindre�; car les Esprits pervers sentent leurs ma�tres dans les hommes de bien, comme dans les Esprits sup�rieurs.

En r�sum�, autant il serait irr�v�rencieux de traiter d'�gal � �gal avec les Esprits sup�rieurs, autant il serait ridicule d'avoir une m�me d�f�rence pour tous sans exception. Ayons de la v�n�ration pour ceux qui le m�ritent, de la reconnaissance pour ceux qui nous prot�gent et nous assistent, pour tous les autres une bienveillance dont nous aurons peut-�tre un jour besoin nous-m�mes. En p�n�trant dans le monde incorporel, nous apprenons � le conna�tre, et cette connaissance doit nous r�gler dans nos rapports avec ceux qui l'habitent. Les Anciens, dans leur ignorance, leur ont �lev� des autels�; pour nous, ce ne sont que des cr�atures plus ou moins parfaites, et nous n'�levons des autels qu'� Dieu.


Utilit� des �vocations particuli�res.

281.�Les communications que l'on obtient des Esprits tr�s sup�rieurs, ou de ceux qui ont anim� les grands personnages de l'antiquit�, sont pr�cieuses par le haut enseignement qu'elles renferment. Ces Esprits ont acquis un degr� de perfection qui leur permet d'embrasser une sph�re d'id�es plus �tendue, de p�n�trer des myst�res qui d�passent la port�e vulgaire de l'humanit�, et par cons�quent de nous initier mieux que d'autres � certaines choses. Il ne suit pas de l� que les communications des Esprits d'un ordre moins �lev� soient sans utilit�: l'observateur y puise plus d'une instruction. Pour conna�tre les moeurs d'un peuple, il faut l'�tudier � tous les degr�s de l'�chelle. Quiconque ne l'aurait vu que sous une face le conna�trait mal. L'histoire d'un peuple n'est pas celle de ses rois et des sommit�s sociales�; pour le juger, il faut le voir dans la vie intime, dans ses habitudes priv�es. Or, les Esprits sup�rieurs sont les sommit�s du monde spirite�; leur �l�vation m�me les place tellement au-dessus de nous que nous sommes effray�s de la distance qui nous en s�pare. Des Esprits plus bourgeois (qu'on nous passe cette expression), nous rendent plus palpables les circonstances de leur nouvelle existence. Chez eux, la liaison entre la vie corporelle et la vie spirite est plus intime, nous la comprenons mieux, parce qu'elle nous touche de plus pr�s. En apprenant par eux-m�mes ce que sont devenus, ce que pensent, ce qu'�prouvent les hommes de toutes conditions et de tous les caract�res, les hommes de bien comme les vicieux, les grands et les petits, les heureux et les malheureux du si�cle, en un mot les hommes qui ont v�cu parmi nous, que nous avons vus et connus, dont nous connaissons la vie r�elle, les vertus et les travers, nous comprenons leurs joies et leurs souffrances, nous nous y associons et nous y puisons un enseignement moral d'autant plus profitable que les rapports entre eux et nous sont plus intimes. Nous nous mettons plus facilement � la place de celui qui a �t� notre �gal que de celui que nous ne voyons qu'� travers le mirage d'une gloire c�leste. Les Esprits vulgaires nous montrent l'application pratique des grandes et sublimes v�rit�s dont les Esprits sup�rieurs nous enseignent la th�orie. D'ailleurs, dans l'�tude d'une science rien n'est inutile�: Newton a trouv� la loi des forces de l'univers dans le ph�nom�ne le plus simple.

L'�vocation des Esprits vulgaires a en outre l'avantage de nous mettre en rapport avec des Esprits souffrants, que l'on peut soulager et dont on peut faciliter l'avancement par d'utiles conseils. On peut donc se rendre utile tout en s'instruisant soi-m�me�; il y a de l'�go�sme � ne chercher que sa propre satisfaction dans l'entretien des Esprits, et celui qui d�daigne de tendre une main secourable � ceux qui sont malheureux fait en m�me temps preuve d'orgueil. A quoi lui sert d'obtenir de belles recommandations des Esprits d'�lite, si cela ne le rend pas meilleur pour lui-m�me, plus charitable et plus bienveillant pour ses fr�res de ce monde et de l'autre�? Que deviendraient les pauvres malades si les m�decins refusaient de toucher leurs plaies�?


Questions sur les �vocations.

282.�1.�Peut-on �voquer les Esprits sans �tre m�dium�?
"Tout le monde peut �voquer les Esprits, et si ceux que vous appelez ne peuvent se manifester mat�riellement, ils n'en sont pas moins aupr�s de vous et vous �coutent."

2.�L'Esprit �voqu� se rend-il toujours � l'appel qui lui est fait�?
"Cela d�pend des conditions dans lesquelles il se trouve, car il est des circonstances o� il ne le peut pas."

3.�Quelles sont les causes qui peuvent emp�cher un Esprit de venir � notre appel�?
"Sa volont�, d'abord�; puis son �tat corporel s'il est r�incarn�, les missions dont il peut �tre charg�, ou bien encore la permission qui peut lui �tre refus�e.
Il y a des Esprits qui ne peuvent jamais se communiquer�; ce sont ceux qui, par leur nature, appartiennent encore aux mondes inf�rieurs � la terre. Ceux qui sont dans les sph�res de punition ne le peuvent pas non plus, � moins d'une permission sup�rieure qui n'est accord�e que dans un but d'utilit� g�n�rale. Pour qu'un Esprit puisse se communiquer, il faut qu'il ait atteint le degr� d'avancement du monde o� il est appel�, autrement il est �tranger aux id�es de ce monde et n'a aucun point de comparaison. Il n'en est pas de m�me de ceux qui sont envoy�s en mission ou en expiation dans les mondes inf�rieurs�: ils ont les id�es n�cessaires pour r�pondre."

4.�Par quels motifs la permission de se communiquer peut-elle �tre refus�e � un Esprit�?
"Ce peut �tre une �preuve ou une punition pour lui ou pour celui qui l'appelle."

5.�Comment des Esprits dispers�s dans l'espace ou dans les diff�rents mondes peuvent-ils entendre de tous les points de l'univers les �vocations qui sont faites�?
"Souvent, ils en sont pr�venus par les Esprits familiers qui vous entourent et qui vont les chercher�; mais il se passe ici un ph�nom�ne qu'il est difficile de vous expliquer, parce que vous ne pouvez encore comprendre le mode de transmission de la pens�e parmi les Esprits. Ce que je puis vous dire, c'est que l'Esprit que vous �voquez, quelque �loign� qu'il soit, re�oit, pour ainsi dire, le contrecoup de la pens�e comme une sorte de commotion �lectrique qui appelle son attention du c�t� d'o� vient la pens�e qui s'adresse � lui. On peut dire qu'il entend la pens�e, comme sur la terre vous entendez la voix."
-�Le fluide universel est-il le v�hicule de la pens�e, comme l'air est celui du son�?
"Oui, avec cette diff�rence que le son ne peut se faire entendre que dans un rayon tr�s born�, tandis que la pens�e atteint l'infini. L'Esprit, dans l'espace, est comme le voyageur au milieu d'une vaste plaine, et qui entendant tout � coup prononcer son nom, se dirige du c�t� o� on l'appelle."

6.�Nous savons que les distances sont peu de chose pour les Esprits, cependant on s'�tonne de les voir quelquefois r�pondre aussi promptement � l'appel, comme s'ils eussent �t� tout pr�ts.
"C'est qu'en effet ils le sont quelquefois. Si l'�vocation est pr�m�dit�e, l'Esprit est averti d'avance, et se trouve souvent l� avant le moment o� on l'appelle."

7.�La pens�e de l'�vocateur est-elle plus ou moins facilement entendue selon certaines circonstances�?
"Sans aucun doute�; l'Esprit appel� par un sentiment sympathique et bienveillant est plus vivement touch�: c'est comme une voix amie qu'il reconna�t�; sans cela il arrive souvent que l'�vocation ne porte pas. La pens�e qui jaillit de l'�vocation frappe l'Esprit�; si elle est mal dirig�e, elle frappe dans le vide. Il en est des Esprits comme des hommes�; si celui qui les appelle leur est indiff�rent ou antipathique, ils peuvent l'entendre, mais souvent ils ne l'�coutent pas."

8.�L'Esprit �voqu� vient-il volontairement, ou bien y est-il contraint�?
"Il ob�it � la volont� de Dieu, c'est-�-dire � la loi g�n�rale qui r�git l'univers�; et pourtant contraint n'est pas le mot, car il juge s'il est utile de venir�: et l� est encore pour lui le libre arbitre. L'Esprit sup�rieur vient toujours quand il est appel� dans un but utile�; il ne se refuse � r�pondre que dans les milieux de gens peu s�rieux et traitant la chose en plaisanterie."

9.�L'Esprit �voqu� peut-il se refuser � venir � l'appel qui lui est fait�?
"Parfaitement�; o� serait son libre arbitre sans cela�? Croyez-vous que tous les �tres de l'univers soient � vos ordres�? Et vous-m�mes, vous croyez-vous oblig�s de r�pondre � tous ceux qui prononcent votre nom�? Quand je dis qu'il peut s'y refuser, j'entends sur la demande de l'�vocateur, car un Esprit inf�rieur peut �tre contraint de venir par un Esprit sup�rieur."

10.�Y a-t-il pour l'�vocateur un moyen de contraindre un Esprit � venir malgr� lui�?
"Aucun, si cet Esprit est votre �gal ou votre sup�rieur en moralit� - je dis en moralit�, et non en intelligence, - parce que vous n'avez sur lui aucune autorit�; s'il est votre inf�rieur, vous le pouvez si c'est pour son bien, car alors d'autres Esprits vous seconderont." (N��279.)

11.�Y a-t-il de l'inconv�nient � �voquer des Esprits inf�rieurs, et peut-on craindre, en les appelant, de se mettre sous leur domination�?
"Ils ne dominent que ceux qui se laissent dominer. Celui qui est assist� par de bons Esprits n'a rien � craindre�; il s'impose aux Esprits inf�rieurs, et ceux-ci ne s'imposent pas � lui. Dans l'isolement les m�diums, surtout ceux qui commencent, doivent s'abstenir de ces sortes d'�vocations." (N��278.)

12.�Est-il n�cessaire d'apporter quelques dispositions particuli�res dans les �vocations�?
"La plus essentielle de toutes les dispositions, c'est le recueillement quand on veut avoir affaire � des Esprits s�rieux. Avec la foi et le d�sir du bien, on est plus puissant pour �voquer les Esprits sup�rieurs. En �levant son �me par quelques instants de recueillement au moment de l'�vocation, on s'identifie avec les bons Esprits et on les dispose � venir."

13.�La foi est-elle n�cessaire pour les �vocations�?
"La foi en Dieu, oui�; la foi viendra pour le reste si vous voulez le bien et si vous avez le d�sir de vous instruire."

14.�Les hommes r�unis dans une communaut� de pens�e et d'intentions ont-ils plus de puissance pour �voquer les Esprits�?
"Quand tous sont r�unis par la charit� et pour le bien, ils obtiennent de grandes choses. Rien n'est plus nuisible au r�sultat des �vocations que la divergence de pens�es."

15.�La pr�caution de faire la cha�ne en se donnant la main pendant quelques minutes au commencement des r�unions est-elle utile�?
"La cha�ne est un moyen mat�riel qui ne met pas l'union entre vous si elle n'existe pas dans la pens�e�; ce qui est plus utile que tout cela, c'est de s'unir dans une pens�e commune en appelant chacun de son c�t� de bons Esprits. Vous ne savez pas tout ce que pourrait obtenir une r�union s�rieuse d'o� serait banni tout sentiment d'orgueil et de personnalit�, et o� r�gnerait un parfait sentiment de mutuelle cordialit�."

16.�Les �vocations � jours et heures fixes sont-elles pr�f�rables�?
"Oui, et si c'est possible dans le m�me lieu�: les Esprits y viennent plus volontiers�; c'est le d�sir constant que vous avez qui aide les Esprits � venir se mettre en communication avec vous. Les Esprits ont leurs occupations qu'ils ne peuvent quitter � l'improviste pour votre satisfaction personnelle. Je dis dans le m�me lieu, mais ne croyez pas que ce soit une obligation absolue, car les Esprits viennent partout�; je veux dire qu'un lieu consacr� � cela est pr�f�rable, parce que le recueillement y est plus parfait."

17.�Certains objets, tels que m�dailles et talismans, ont-ils la propri�t� d'attirer ou de repousser les Esprits, ainsi que quelques-uns le pr�tendent�?
"Cette question est inutile, car vous savez bien que la mati�re n'a aucune action sur les Esprits. Soyez bien certains que jamais un bon Esprit ne conseille de pareilles absurdit�s�; la vertu des talismans, de quelque nature qu'ils soient, n'a jamais exist� que dans l'imagination des gens cr�dules."

18.�Que penser des Esprits qui assignent des rendez-vous dans des lieux lugubres et � des heures indues�?
"Ces Esprits s'amusent aux d�pens de ceux qui les �coutent. Il est toujours inutile et souvent dangereux de c�der � de telles suggestions�: inutile, parce qu'on n'y gagne absolument rien que d'�tre mystifi�; dangereux, non par le mal que peuvent faire les Esprits, mais par l'influence que cela peut exercer sur des cerveaux faibles."

19.�Y a-t-il des jours et des heures plus propices aux �vocations�?
"Pour les Esprits, cela est compl�tement indiff�rent, comme tout ce qui est mat�riel, et ce serait une superstition de croire � l'influence des jours et des heures. Les moments les plus propices sont ceux o� l'�vocateur peut �tre le moins distrait par ses occupations habituelles�; o� son corps et son esprit sont le plus calmes."

20.�L'�vocation est-elle pour les Esprits une chose agr�able ou p�nible�? Viennent-ils volontiers quand on les appelle�?
"Cela d�pend de leur caract�re et du motif qui les fait appeler. Quand le but est louable, et quand le milieu leur est sympathique, c'est pour eux une chose agr�able et m�me attrayante�; les Esprits sont toujours heureux de l'affection qu'on leur t�moigne. Il y en a pour qui c'est un grand bonheur de se communiquer aux hommes et qui souffrent de l'abandon o� on les laisse. Mais, comme je l'ai dit, cela d�pend �galement de leur caract�re�; parmi les Esprits il y a aussi des misanthropes qui n'aiment pas � �tre d�rang�s, et dont les r�ponses se ressentent de leur mauvaise humeur, surtout quand ils sont appel�s par des gens indiff�rents auxquels ils ne s'int�ressent pas. Un Esprit n'a souvent aucun motif pour venir � l'appel d'un inconnu qui lui est indiff�rent, et qui est presque toujours m� par la curiosit�; s'il vient, il ne fait en g�n�ral que de courtes apparitions, � moins qu'il n'y ait un but s�rieux et instructif dans l'�vocation."

Remarque. On voit des gens qui n'�voquent leurs parents que pour leur demander les choses les plus vulgaires de la vie mat�rielle, par exemple l'un pour savoir s'il louera ou vendra sa maison, un autre pour conna�tre le profit qu'il tirera de sa marchandise, l'endroit o� de l'argent a �t� d�pos�, si telle affaire sera ou non avantageuse. Nos parents d'outre-tombe ne s'int�ressent � nous qu'en raison de l'affection que nous avons pour eux. Si toute notre pens�e se borne � les croire sorciers, si nous ne pensons � eux que pour leur demander des renseignements, ils ne peuvent avoir pour nous une grande sympathie, et l'on ne doit pas s'�tonner du peu de bienveillance qu'ils t�moignent.

21.�Y a-t-il une diff�rence entre les bons et les mauvais Esprits sous le rapport de leur empressement � se rendre � notre appel�?
"Il y en a une tr�s grande�; les mauvais Esprits ne viennent volontiers qu'autant qu'ils esp�rent dominer et faire des dupes�; mais ils �prouvent une vive contrari�t� quand ils sont forc�s de venir pour avouer leurs fautes, et ils ne demandent qu'� s'en aller, comme un �colier qu'on appelle pour le corriger. Ils peuvent y �tre contraints par des Esprits sup�rieurs, comme ch�timent, et pour l'instruction des incarn�s. L'�vocation est p�nible pour les bons Esprits quand ils sont appel�s inutilement pour des futilit�s�; alors ils ne viennent pas, ou bien ils se retirent.
Vous pouvez dire qu'en principe les Esprits, quels qu'ils soient, n'aiment, pas plus que vous, � servir de distraction pour les curieux. Souvent vous n'avez d'autre but en �voquant un Esprit que de voir ce qu'il vous dira, ou de l'interroger sur des particularit�s de sa vie qu'il ne tient pas � vous faire conna�tre, parce qu'il n'a aucun motif pour vous faire conna�tre ses confidences, et vous croyez qu'il va se placer sur la sellette pour votre bon plaisir�? D�trompez-vous�; ce qu'il n'aurait pas fait de son vivant, il ne le fera pas davantage comme Esprit."

Remarque. L'exp�rience prouve, en effet, que l'�vocation est toujours agr�able aux Esprits quand elle est faite dans un but s�rieux et utile�; les bons viennent avec plaisir nous instruire�; ceux qui souffrent trouvent du soulagement dans la sympathie qu'on leur t�moigne�; ceux que nous avons connus sont satisfaits de notre souvenir. Les Esprits l�gers aiment � �tre �voqu�s par les personnes frivoles, parce que cela leur fournit une occasion de s'�gayer � leurs d�pens�; ils sont mal � leur aise avec des personnes graves.

22.�Les Esprits, pour se manifester, ont-ils toujours besoin d'�tre �voqu�s�?
"Non, ils se pr�sentent tr�s souvent sans �tre appel�s, et cela prouve qu'ils viennent volontiers."

23.�Lorsqu'un Esprit se pr�sente de lui-m�me, est-on plus certain de son identit�?
"En aucune fa�on, car les Esprits trompeurs emploient souvent ce moyen pour mieux donner le change."

24.�Lorsqu'on invoque par la pens�e l'Esprit d'une personne, cet Esprit vient-il � nous, alors m�me qu'il n'y a pas de manifestation par l'�criture ou autrement�?
"L'�criture est un moyen mat�riel pour l'Esprit d'attester sa pr�sence, mais c'est la pens�e qui l'attire, et non le fait de l'�criture."

25.�Lorsqu'un Esprit inf�rieur se manifeste, peut-on l'obliger � se retirer�?
"Oui, en ne l'�coutant pas. Mais comment voulez-vous qu'il se retire quand vous vous amusez de ses turpitudes�? Les Esprits inf�rieurs s'attachent � ceux qui les �coutent avec complaisance, comme les sots parmi vous."

26.�L'�vocation faite au nom de Dieu est-elle une garantie contre l'immixtion des mauvais Esprits�?
"Le nom de Dieu n'est pas un frein pour tous les Esprits pervers, mais il en retient beaucoup�; par ce moyen vous en �loignez toujours quelques-uns, et vous en �loigneriez bien davantage si elle �tait faite du fond du coeur et non comme une formule banale."

27.�Pourrait-on �voquer nominativement plusieurs Esprits � la fois�?
"Il n'y a � cela aucune difficult�, et si vous aviez trois ou quatre mains pour �crire, trois ou quatre Esprits vous r�pondraient en m�me temps�; c'est ce qui arrive quand on a plusieurs m�diums."

28.�Lorsque plusieurs Esprits sont �voqu�s simultan�ment, et qu'il n'y a qu'un seul m�dium, quel est celui qui r�pond�?
"L'un d'eux r�pond pour tous, et il exprime la pens�e collective."

29.�Le m�me Esprit pourrait-il se communiquer � la fois, et s�ance tenante, par deux m�diums diff�rents�?
"Tout aussi facilement que vous avez des hommes qui dictent plusieurs lettres � la fois."

Remarque. Nous avons vu un Esprit r�pondre en m�me temps par deux m�diums aux questions qu'on lui adressait, � l'un en anglais et � l'autre en fran�ais, et les r�ponses �taient identiques pour le sens�; quelques-unes m�me �taient la traduction litt�rale l'une de l'autre.
Deux Esprits �voqu�s simultan�ment par deux m�diums peuvent �tablir entre eux une conversation�; ce mode de communication n'�tant pas n�cessaire pour eux, puisqu'ils lisent r�ciproquement leur pens�e, ils s'y pr�tent quelquefois pour notre instruction. Si ce sont des esprits inf�rieurs, comme ils sont encore imbus des passions terrestres et des id�es corporelles, il peut leur arriver de se disputer et de s'apostropher par de gros mots, de se reprocher mutuellement leurs torts, et m�me de lancer les crayons, corbeilles, planchettes, etc., l'un contre l'autre.

30.�L'Esprit �voqu� en m�me temps sur plusieurs points, peut-il r�pondre simultan�ment aux questions qui lui sont adress�es�?
"Oui, si c'est un Esprit �lev�."
-�Dans ce cas, l'Esprit se divise-t-il, ou bien a-t-il le don d'ubiquit�?
"Le soleil est un, et pourtant il rayonne tout alentour en portant au loin ses rayons sans se subdiviser�; il en est de m�me des Esprits. La pens�e de l'Esprit est comme une �tincelle qui projette au loin sa clart� et peut �tre aper�ue de tous les points de l'horizon. Plus l'Esprit est pur, plus sa pens�e rayonne et s'�tend comme la lumi�re. Les Esprits inf�rieurs sont trop mat�riels�; ils ne peuvent r�pondre qu'� une seule personne � la fois, et ne peuvent venir s'ils sont appel�s ailleurs.
Un esprit sup�rieur appel� en m�me temps sur deux points diff�rents r�pondra aux deux �vocations si elles sont aussi s�rieuses et aussi ferventes l'une que l'autre�; dans le cas contraire, il donne la pr�f�rence � la plus s�rieuse."

Remarque. Il en est ainsi d'un homme qui, sans changer de place, peut transmettre sa pens�e par des signaux vus de diff�rents c�t�s.
Dans une s�ance de la Soci�t� parisienne des �tudes spirites o� la question d'ubiquit� avait �t� discut�e, un Esprit dicta spontan�ment la communication suivante�:

"Vous demandiez ce soir quelle �tait la hi�rarchie des Esprits pour l'ubiquit�. Comparez-vous � un a�rostat qui s'�l�ve peu � peu dans les airs. Quand il rase la terre, un tr�s petit cercle peut l'apercevoir�; � mesure qu'il s'�l�ve, le cercle s'�largit pour lui, et quand il est parvenu � une certaine hauteur, il appara�t � un nombre infini de personnes. Ainsi de nous�; un mauvais Esprit qui est encore attach� � la terre reste dans un cercle r�tr�ci au milieu des personnes qui le voient. Monte-t-il en gr�ce, s'am�liore-t-il, il peut causer avec plusieurs personnes�; et quand il est devenu Esprit sup�rieur, il peut rayonner comme la lumi�re du soleil, se montrer � plusieurs personnes et dans plusieurs lieux � la fois."
(CHANNING.)

31.�Peut-on �voquer les purs Esprits, ceux qui ont termin� la s�rie de leurs incarnations�?
"Oui, mais bien rarement�; ils ne se communiquent qu'aux coeurs purs et sinc�res, et non aux orgueilleux et aux �go�stes�; aussi faut-il se d�fier des Esprits inf�rieurs qui prennent cette qualit� pour se donner plus d'importance � vos yeux."

32.�Comment se fait-il que l'Esprit des hommes les plus illustres vienne aussi facilement et aussi famili�rement � l'appel des hommes les plus obscurs�?
"Les hommes jugent les Esprits d'apr�s eux, et c'est une erreur�; apr�s la mort du corps, les rangs terrestres n'existent plus�; il n'y a de distinction entre eux que la bont�, et ceux qui sont bons vont partout o� il y a du bien � faire."

33.�Combien de temps apr�s la mort peut-on �voquer un Esprit�?
"On peut le faire � l'instant m�me de la mort�; mais comme � ce moment l'Esprit est encore dans le trouble, il ne r�pond qu'imparfaitement."

Remarque. La dur�e du trouble �tant tr�s variable, il ne peut y avoir de d�lai fixe pour faire l'�vocation�; il est rare cependant qu'au bout de huit jours l'Esprit ne se reconnaisse pas assez pour pouvoir r�pondre�; il le peut quelquefois tr�s bien deux ou trois jours apr�s la mort�; on peut, dans tous les cas, essayer avec m�nagement.

34.�L'�vocation, � l'instant de la mort, est-elle plus p�nible pour l'Esprit qu'elle ne l'est plus tard�?
"Quelquefois�; c'est comme si l'on vous arrachait au sommeil avant que vous ne soyez compl�tement �veill�s. Il y en a cependant qui n'en sont nullement contrari�s, et m�me que cela aide � sortir du trouble."

35.�Comment l'Esprit d'un enfant, mort en bas �ge, peut-il r�pondre avec connaissance de cause, alors que, de son vivant, il n'avait pas encore la conscience de lui-m�me�?
"L'�me de l'enfant est un Esprit encore envelopp� dans les langes de la mati�re�; mais, d�gag� de la mati�re, il jouit de ses facult�s d'Esprit, car les Esprits n'ont pas d'�ge�; ce qui prouve que l'Esprit de l'enfant a d�j� v�cu. Cependant, jusqu'� ce qu'il soit compl�tement d�gag�, il peut conserver dans son langage quelques traces du caract�re de l'enfance."

Remarque. L'influence corporelle qui se fait sentir plus ou moins longtemps sur l'Esprit de l'enfant se fait �galement quelquefois remarquer sur l'Esprit de ceux qui sont morts en �tat de folie. L'Esprit, par lui-m�me, n'est point fou, mais on sait que certains Esprits croient pendant quelque temps �tre encore de ce monde�; il n'est donc pas �tonnant que chez le fou l'Esprit se ressente encore des entraves qui, pendant la vie, s'opposaient � sa libre manifestation jusqu'� ce qu'il soit compl�tement d�gag�. Cet effet varie selon les causes de la folie, car il y a des fous qui recouvrent toute la lucidit� de leurs id�es imm�diatement apr�s leur mort.

Evocation des animaux.

283.�36.�Peut-on �voquer l'Esprit d'un animal�?
"Apr�s la mort de l'animal, le principe intelligent qui �tait en lui est dans un �tat latent�; il est aussit�t utilis� par certains Esprits charg�s de ce soin pour animer de nouveaux �tres dans lesquels il continue l'oeuvre de son �laboration. Ainsi, dans le monde des Esprits, il n'y a pas d'Esprits d'animaux errants, mais seulement des Esprits humains. Ceci r�pond � votre question."
-�Comment se fait-il alors que certaines personnes ayant �voqu� des animaux ont obtenu des r�ponses�?
"Evoquez un rocher, et il vous r�pondra. Il y a toujours une foule d'Esprits pr�ts � prendre la parole pour tout."

Remarque. C'est par la m�me raison que si l'on �voque un mythe ou un personnage all�gorique, il r�pondra�; c'est-�-dire qu'on r�pondra pour lui, et l'Esprit qui se pr�sentera en prendra le caract�re et les allures. Quelqu'un eut un jour l'id�e d'�voquer Tartufe, et Tartufe vint aussit�t�; bien plus, il parla d'Orgon, d'Elmire, de Damis et de Val�re dont il donna des nouvelles�; quant � lui il contrefit l'hypocrite avec autant d'art que si Tartufe e�t �t� un personnage r�el. Il dit plus tard �tre l'Esprit d'un acteur qui avait jou� ce r�le. Les Esprits l�gers profitent toujours de l'inexp�rience des interrogateurs�; mais ils n'ont garde de s'adresser � ceux qu'ils savent �clair�s pour d�couvrir leurs impostures, et qui n'ajouteraient pas foi � leurs contes. Il en est de m�me parmi les hommes.

Un monsieur avait dans son jardin un nid de chardonnerets auxquels il s'int�ressait beaucoup�; un jour le nid disparut�; s'�tant assur� que personne de chez lui n'�tait coupable du d�lit, comme il est lui-m�me m�dium, il eut l'id�e d'�voquer la m�re des petits�; elle vint, et lui dit en tr�s bon fran�ais�: "N'accuse personne, et rassure-toi sur le sort de mes petits�; c'est le chat qui en sautant a renvers� le nid�; tu le trouveras sous l'herbe ainsi que les petits qui n'ont pas �t� mang�s." V�rification faite, la chose fut trouv�e exacte. Faut-il en conclure que c'est l'oiseau qui a r�pondu�? Non, assur�ment�; mais simplement qu'un Esprit connaissait l'histoire. Cela prouve combien il faut se d�fier des apparences, et combien est juste la r�ponse ci-dessus�: �voquez un rocher, et il vous r�pondra. (Voir plus haut le chapitre de la M�dianimit� chez les animaux�: n��234.)

Evocation des personnes vivantes.

284.�37.�L'incarnation de l'Esprit est-elle un obstacle absolu � son �vocation�?
"Non, mais il faut que l'�tat du corps permette � l'Esprit de se d�gager � ce moment. L'Esprit incarn� vient d'autant plus facilement que le monde o� il se trouve est d'un ordre plus �lev�, parce que les corps y sont moins mat�riels."

38.�Peut-on �voquer l'Esprit d'une personne vivante�?
"Oui, puisqu'on peut �voquer un Esprit incarn�. L'Esprit d'un vivant peut aussi, dans ses moments de libert�, se pr�senter sans �tre �voqu�; cela d�pend de sa sympathie pour les personnes auxquelles il se communique." (Voir n��116, l'Histoire de l'homme � la tabati�re.)

39.�Dans quel �tat est le corps de la personne dont l'Esprit est �voqu�?
"Il dort ou sommeille�; c'est alors que l'Esprit est libre."
-�Le corps pourrait-il se r�veiller pendant que l'Esprit est absent�?
"Non�; l'Esprit est forc� de rentrer chez lui�; si, � ce moment, il s'entretient avec vous, il vous quitte, et souvent il vous en dit le motif."

40.�Comment l'Esprit absent du corps est-il averti de la n�cessit� de sa pr�sence�?
"L'Esprit d'un corps vivant n'en est jamais compl�tement s�par�; � quelque distance qu'il se transporte, il y tient par un lien fluidique qui sert � l'y rappeler quand cela est n�cessaire�; ce lien n'est rompu qu'� la mort."

Remarque. Ce lien fluidique a souvent �t� aper�u par des m�diums voyants. C'est une sorte de tra�n�e phosphorescente qui se perd dans l'espace et dans la direction du corps. Certains Esprits ont dit que c'est � cela qu'ils reconnaissent ceux qui tiennent encore au monde corporel.

41.�Qu'arriverait-il si, pendant le sommeil et en l'absence de l'Esprit, le corps �tait frapp� mortellement�?
"L'Esprit serait averti, et rentrerait avant que la mort f�t consomm�e."
-�Ainsi il ne pourrait pas arriver que le corps mour�t en l'absence de l'Esprit, et que celui-ci, � son tour, ne p�t rentrer�?
"Non�; ce serait contraire � la loi qui r�git l'union de l'�me et du corps."
-�Mais si le coup �tait frapp� subitement et � l'improviste�?
"L'Esprit serait pr�venu avant que le coup mortel f�t donn�."

Remarque. L'Esprit d'un vivant interrog� sur ce fait r�pondit�: "Si le corps pouvait mourir en l'absence de l'Esprit, ce serait un moyen trop commode de commettre des suicides hypocrites."

42.�L'Esprit d'une personne �voqu�e pendant le sommeil est-il aussi libre de se communiquer que celui d'une personne morte�?
"Non�; la mati�re l'influence toujours plus ou moins."

Remarque. Une personne en cet �tat, � qui l'on adressait cette question, r�pondit�: Je suis toujours encha�n�e au boulet que je tra�ne apr�s moi.

-�Dans cet �tat, l'Esprit pourrait-il �tre emp�ch� de venir, parce qu'il est ailleurs�?
"Oui, il peut arriver que l'Esprit soit dans un lieu o� il se pla�t � rester, et alors, il ne vient pas � l'�vocation, surtout quand elle est faite par quelqu'un qui ne l'int�resse pas."

43.�Est-il absolument impossible d'�voquer l'Esprit d'une personne �veill�e�?
"Quoique difficile, cela n'est pas absolument impossible, car si l'�vocation porte, il se peut que la personne s'endorme�; mais l'Esprit ne peut se communiquer, comme Esprit, que dans les moments o� sa pr�sence n'est pas n�cessaire � l'activit� intelligente du corps."

Remarque. L'exp�rience prouve que l'�vocation faite pendant l'�tat de veille peut provoquer le sommeil, ou tout au moins une absorption voisine du sommeil, mais cet effet ne peut avoir lieu que par une volont� tr�s �nergique et s'il existe des liens de sympathie entre les deux personnes�; autrement l'�vocation ne porte pas. Dans le cas m�me o� l'�vocation pourrait provoquer le sommeil, si le moment est inopportun, la personne ne voulant pas dormir opposera de la r�sistance, et, si elle succombe, son Esprit en sera troubl� et r�pondra difficilement. Il en r�sulte que le moment le plus favorable pour l'�vocation d'une personne vivante est celui de son sommeil naturel, parce que son Esprit �tant libre peut venir vers celui qui l'appelle, tout aussi bien qu'il pourrait aller ailleurs.

Lorsque l'�vocation est faite du consentement de la personne, et que celle-ci cherche � s'endormir � cet effet, il peut arriver que cette pr�occupation retarde le sommeil et trouble l'Esprit�; c'est pourquoi le sommeil non forc� est encore pr�f�rable.

44.�Une personne vivante �voqu�e en a-t-elle conscience � son r�veil�?
"Non, vous l'�tes vous-m�mes plus souvent que vous ne pensez. Son Esprit seul le sait et peut quelquefois lui en laisser une vague impression comme d'un songe."
-�Qui est-ce qui peut nous �voquer si nous sommes des �tres obscurs�?
"Dans d'autres existences, vous pouvez avoir �t� des personnes connues dans ce monde ou dans d'autres�; et puis vos parents et vos amis �galement dans ce monde ou dans d'autres. Supposons que ton Esprit ait anim� le corps du p�re d'une autre personne�; eh bien�! quand cette personne �voquera son p�re, c'est ton Esprit qui sera �voqu� et qui r�pondra."

45.�L'Esprit �voqu� d'une personne vivante r�pond-il comme Esprit ou avec les id�es de l'�tat de veille�?
"Cela d�pend de son �l�vation, mais il juge plus sainement et a moins de pr�jug�s, absolument comme les somnambules�; c'est un �tat � peu pr�s semblable."

46.�Si l'Esprit d'un somnambule en �tat de sommeil magn�tique �tait �voqu�, serait-il plus lucide que celui de toute autre personne�?
"Il r�pondrait sans doute plus facilement, parce qu'il est plus d�gag�; tout d�pend du degr� d'ind�pendance de l'Esprit et du corps."
-�L'Esprit d'un somnambule pourrait-il r�pondre � une personne qui l'�voquerait � distance en m�me temps qu'il r�pondrait verbalement � une autre personne�?
"La facult� de se communiquer simultan�ment sur deux points diff�rents n'appartient qu'aux Esprits compl�tement d�gag�s de la mati�re."

47.�Pourrait-on modifier les id�es d'une personne � l'�tat de veille en agissant sur son Esprit pendant le sommeil�?
"Oui, quelquefois�; l'Esprit ne tient plus � la mati�re par des liens aussi intimes, c'est pourquoi il est plus accessible aux impressions morales, et ces impressions peuvent influer sur sa mani�re de voir dans l'�tat ordinaire. Malheureusement il arrive souvent qu'au r�veil la nature corporelle l'emporte et lui fait oublier les bonnes r�solutions qu'il a pu prendre."

48.�L'Esprit d'une personne vivante est-il libre de dire ou de ne pas dire ce qu'il veut�?
"Il a ses facult�s d'Esprit, et par cons�quent son libre arbitre, et comme il a plus de perspicacit�, il est m�me plus circonspect que dans l'�tat de veille."

49.�Pourrait-on contraindre une personne, en l'�voquant, � dire ce qu'elle voudrait taire�?
"J'ai dit que l'Esprit a son libre arbitre�; mais il se peut que, comme Esprit, elle attache moins d'importance � certaines choses que dans l'�tat ordinaire�; sa conscience peut parler plus librement. D'ailleurs, si elle ne veut pas parler, elle peut toujours �chapper aux importunit�s en s'en allant, car on ne peut retenir son Esprit comme on retiendrait son corps."

50.�L'Esprit d'une personne vivante ne pourrait-il �tre contraint, par un autre Esprit, de venir et de parler, ainsi que cela a lieu pour les Esprits errants�?
"Parmi les Esprits, qu'ils soient morts ou vivants, il n'y a de supr�matie que par la sup�riorit� morale, et vous devez bien croire qu'un Esprit sup�rieur ne pr�terait jamais son appui � une l�che indiscr�tion."

Remarque. Cet abus de confiance serait en effet une mauvaise action, mais qui ne saurait avoir de r�sultat, puisqu'on ne peut arracher un secret que l'Esprit voudrait taire, � moins que, domin� par un sentiment de justice, il n'avou�t ce qu'il tairait en d'autres circonstances.

Une personne voulut savoir, par ce moyen, d'un de ses parents si le testament de ce dernier �tait en sa faveur. L'Esprit r�pondit�: "Oui, ma ch�re ni�ce, et vous en aurez bient�t la preuve." La chose �tait r�elle en effet�; mais peu de jours apr�s le parent d�truisit son testament et eut la malice de le faire savoir � la personne, sans cependant qu'il s�t avoir �t� �voqu�. Un sentiment instinctif le porta sans doute � ex�cuter la r�solution que son Esprit avait prise d'apr�s la question qui lui avait �t� faite. Il y a de la l�chet� � demander � l'Esprit d'un mort ou d'un vivant ce qu'on n'oserait demander � sa personne, et cette l�chet� n'a pas m�me pour compensation le r�sultat qu'on s'en promet.

51.�Peut-on �voquer un Esprit dont le corps est encore dans le sein de la m�re�?
"Non�; vous savez bien qu'� ce moment l'Esprit est dans un trouble complet."

Remarque. L'incarnation n'a d�finitivement lieu qu'au moment o� l'enfant respire�; mais d�s la conception, l'Esprit d�sign� pour l'animer est saisi d'un trouble qui augmente aux approches de la naissance, et lui �te la conscience de lui-m�me, et par cons�quent la facult� de r�pondre. (Voir Livre des Esprits�: Retour � la vie corporelle�; Union de l'�me et du corps, n��344.)

52.�Un Esprit trompeur pourrait-il prendre la place de celui d'une personne vivante que l'on �voquerait�?
"Cela n'est pas douteux, et cela arrive tr�s souvent, surtout quand l'intention de l'�vocateur n'est pas pure. Du reste, l'�vocation des personnes vivantes n'a d'int�r�t que comme �tude psychologique�; il convient de s'en abstenir toutes les fois qu'elle ne peut avoir un r�sultat instructif."

Remarque. Si l'�vocation des Esprits errants ne porte pas toujours, pour nous servir de leur expression, cela est bien plus fr�quent pour ceux qui sont incarn�s�; c'est alors surtout que des Esprits trompeurs prennent leur place.

53.�L'�vocation d'une personne vivante a-t-elle des inconv�nients�?
"Elle n'est pas toujours sans danger�; cela d�pend de la position de la personne, car si elle est malade, on peut augmenter ses souffrances."

54.�Dans quel cas l'�vocation d'une personne vivante peut-elle avoir le plus d'inconv�nients�?
"On doit s'abstenir d'�voquer les enfants en tr�s bas �ge, et les personnes gravement malades, les vieillards infirmes�; en un mot elle peut avoir des inconv�nients toutes les fois que le corps est tr�s affaibli."

Remarque. La brusque suspension des qualit�s intellectuelles pendant l'�tat de veille pourrait aussi offrir du danger si la personne se trouvait en ce moment avoir besoin de toute sa pr�sence d'Esprit.

55.�Pendant l'�vocation d'une personne vivante, son corps �prouve-t-il de la fatigue par suite du travail auquel se livre l'Esprit quoique absent�?
Une personne en cet �tat, et qui pr�tendait que son corps se fatiguait, r�pondit � cette question�:

"Mon Esprit est comme un ballon captif attach� � un poteau�; mon corps est le poteau qui est �branl� par les secousses du ballon."

56.�Puisque l'�vocation des personnes vivantes peut avoir des inconv�nients lorsqu'on la fait sans pr�caution, le danger n'existe-t-il pas quand on �voque un Esprit que l'on ne sait pas �tre incarn�, et qui pourrait ne pas se trouver dans des conditions favorables�?
"Non, les circonstances ne sont pas les m�mes�; il ne viendra que s'il est en position de le faire�; et d'ailleurs ne vous ai-je pas dit de demander, avant de faire une �vocation, si elle est possible�?"

57.�Lorsque nous �prouvons, dans les moments les plus inopportuns, une irr�sistible envie de dormir, cela proviendrait-il de ce que nous sommes �voqu�s quelque part�?
"Cela peut sans doute avoir lieu, mais le plus souvent c'est un effet purement physique, soit que le corps ait besoin de repos, soit que l'Esprit ait besoin de sa libert�."

Remarque. Une dame de notre connaissance, m�dium, eut un jour l'id�e d'�voquer l'Esprit de son petit-fils qui dormait dans la m�me chambre. L'identit� fut constat�e par le langage, les expressions famili�res de l'enfant, et par le r�cit tr�s exact de plusieurs choses qui lui �taient arriv�es � sa pension�; mais une circonstance vint la confirmer. Tout � coup la main du m�dium s'arr�te au milieu d'une phrase, sans qu'il soit possible de rien obtenir de plus�; � ce moment, l'enfant � demi-r�veill� fit plusieurs mouvements dans son lit�; quelques instants apr�s s'�tant rendormi, la main marcha de nouveau, continuant l'entretien interrompu. L'�vocation des personnes vivantes, faite dans de bonnes conditions, prouve de la mani�re la moins contestable l'action distincte de l'Esprit et du corps, et par cons�quent l'existence d'un principe intelligent ind�pendant de la mati�re. (Voir dans la Revue spirite de 1860, pages 11 et 81, plusieurs exemples remarquables d'�vocation de personnes vivantes.)

T�l�graphie humaine.

285.�58.�Deux personnes, en s'�voquant r�ciproquement, pourraient-elles se transmettre leurs pens�es et correspondre�?
"Oui, et cette t�l�graphie humaine sera un jour un moyen universel de correspondance."
-�Pourquoi ne serait-elle pas pratiqu�e d�s � pr�sent�?
"Elle l'est pour certaines personnes, mais pas pour tout le monde�; il faut que les hommes s'�purent pour que leur Esprit se d�gage de la mati�re, et c'est encore une raison pour faire l'�vocation au nom de Dieu. Jusque-l� elle est circonscrite aux �mes d'�lite et d�mat�rialis�es, ce qui se rencontre rarement dans l'�tat actuel des habitants de la terre."



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