185.�Outre les cat�gories de m�diums que nous venons d'�num�rer, la m�diumnit� pr�sente une vari�t� infinie de nuances qui constituent ce qu'on appelle les m�diums sp�ciaux, et qui tiennent � des aptitudes particuli�res non encore d�finies, abstraction faite des qualit�s et des connaissances de l'Esprit qui se manifeste.
La nature des communications est toujours relative � la nature de l'Esprit, et porte le cachet de son �l�vation ou de son inf�riorit�, de son savoir ou de son ignorance�; mais � m�rite �gal, au point de vue hi�rarchique, il y a incontestablement chez lui une propension � s'occuper d'une chose plut�t que d'une autre�; les Esprits frappeurs, par exemple, ne sortent gu�re des manifestations physiques�; et parmi ceux qui donnent des manifestations intelligentes il y a des Esprits po�tes, musiciens, dessinateurs, moralistes, savants, m�decins, etc.. Nous parlons des Esprits d'un ordre moyen, car, arriv�es � un certain degr�, les aptitudes se confondent dans l'unit� de la perfection. Mais, � c�t� de l'aptitude de l'Esprit, il y a celle du m�dium qui est pour lui un instrument plus ou moins commode, plus ou moins flexible, et dans lequel il d�couvre des qualit�s particuli�res que nous ne pouvons appr�cier.
Prenons une comparaison�: un musicien tr�s habile a sous la main plusieurs violons qui, pour le vulgaire, seront tous de bons instruments, mais entre lesquels l'artiste consomm� fait une grande diff�rence�; il y saisit des nuances d'une extr�me d�licatesse qui lui feront choisir les uns et rejeter les autres, nuances qu'il comprend par intuition plut�t qu'il ne peut les d�finir. Il en est de m�me � l'�gard des m�diums�: � qualit�s �gales dans la puissance m�dianimique, l'Esprit donnera la pr�f�rence � l'un ou � l'autre, selon le genre de communication qu'il veut faire. Ainsi, par exemple, on voit des personnes �crire, comme m�diums, d'admirables po�sies, quoique, dans les conditions ordinaires, elles n'aient jamais pu ou su faire deux vers�; d'autres, au contraire, qui sont po�tes, et qui, comme m�diums, n'ont jamais pu �crire que de la prose, malgr� leur d�sir. Il en est de m�me du dessin, de la musique, etc.. Il y en a qui, sans avoir par eux-m�mes des connaissances scientifiques, ont une aptitude plus particuli�re pour recevoir des communications savantes�; d'autres sont pour les �tudes historiques�; d'autres servent plus ais�ment d'interpr�tes aux Esprits moralistes�; en un mot, quelle que soit la flexibilit� du m�dium, les communications qu'il re�oit avec le plus de facilit� ont g�n�ralement un cachet sp�cial�; il en est m�me qui ne sortent pas d'un certain cercle d'id�es, et quand ils s'en �cartent, ils n'ont que des communications incompl�tes, laconiques et souvent fausses. En dehors des causes d'aptitude, les Esprits se communiquent encore plus ou moins volontiers par tel ou tel interm�diaire, selon leurs sympathies�; ainsi, toutes choses �gales d'ailleurs, le m�me Esprit sera beaucoup plus explicite avec certains m�diums, uniquement parce qu'ils lui conviennent mieux.
186.�On serait donc dans l'erreur si, par cela seul qu'on a sous la main un bon m�dium, e�t-il m�me l'�criture la plus facile, on pensait obtenir par lui de bonnes communications en tous genres. La premi�re condition est, sans contredit, de s'assurer de la source d'o� elles �manent, c'est-�-dire des qualit�s de l'Esprit qui les transmet�; mais il n'est pas moins n�cessaire d'avoir �gard aux qualit�s de l'instrument que l'on donne � l'Esprit�; il faut donc �tudier la nature du m�dium comme on �tudie la nature de l'Esprit, car ce sont l� les deux �l�ments essentiels pour obtenir un r�sultat satisfaisant. Il en est un troisi�me qui joue un r�le �galement important, c'est l'intention, la pens�e intime, le sentiment plus ou moins louable de celui qui interroge�; et cela se con�oit�: Pour qu'une communication soit bonne, il faut qu'elle �mane d'un Esprit bon�; pour que ce bon Esprit PUISSE la transmettre, il lui faut un bon instrument�; pour qu'il VEUILLE la transmettre, il faut que le but lui convienne. L'Esprit, qui lit dans la pens�e, juge si la question qu'on lui propose m�rite une r�ponse s�rieuse, et si la personne qui la lui adresse est digne de la recevoir�; dans le cas contraire, il ne perd pas son temps � semer de bons grains sur des pierres, et c'est alors que les Esprits l�gers et moqueurs se donnent carri�re, parce que, s'inqui�tant peu de la v�rit�, ils n'y regardent pas de si pr�s, et sont g�n�ralement assez peu scrupuleux sur le but et sur les moyens.
Nous r�sumons ici les principaux genres de m�diumnit� afin d'en pr�senter, en quelque sorte, le tableau synoptique, comprenant ceux que nous avons d�j� d�crits dans les chapitres pr�c�dents, en indiquant les num�ros o� il en est question avec plus de d�tails.
Nous avons group� les diff�rentes vari�t�s de m�diums par analogie de causes et d'effets, sans que cette classification ait rien d'absolu. Quelques-unes se rencontrent fr�quemment�; d'autres, au contraire, sont rares et m�me exceptionnelles, ce que nous avons soin de mentionner. Ces derni�res indications ont toutes �t� fournies par les Esprits qui, du reste, ont revu ce tableau avec un soin tout particulier et l'ont compl�t� par de nombreuses observations et de nouvelles cat�gories, de telle sorte qu'il est, pour ainsi dire, enti�rement leur ouvrage. Nous avons indiqu� par des guillemets leurs observations textuelles lorsque nous avons cru devoir les faire ressortir. Elles sont pour la plupart d'Eraste et de Socrate.
187.�On peut diviser les m�diums en deux grandes cat�gories�:
LES MEDIUMS A EFFETS PHYSIQUES�; ceux qui ont le pouvoir de provoquer des effets mat�riels ou des manifestations ostensibles. (N��160.)
LES MEDIUMS A EFFETS INTELLECTUELS�; ceux qui sont plus sp�cialement propres � recevoir et � transmettre les communications intelligentes. (N��65 et suivants.)
Toutes les autres vari�t�s se rattachent plus ou moins directement � l'une ou � l'autre de ces deux cat�gories�; quelques-unes tiennent aux deux. Si l'on analyse les diff�rents ph�nom�nes produits sous l'influence m�dianimique, on verra que, dans tous, il y a un effet physique, et qu'aux effets physiques se joint le plus souvent un effet intelligent. La limite entre les deux est quelquefois difficile � �tablir, mais cela ne tire � aucune cons�quence. Nous comprenons sous la d�nomination de m�diums � effets intellectuels ceux qui peuvent plus sp�cialement servir d'interm�diaires pour les communications r�guli�res et suivies. (N��133.)
188.�Vari�t�s communes � tous les genres de m�diumnit�.
M�diums sensitifs�; personnes susceptibles de ressentir la pr�sence des esprits par une impression g�n�rale ou locale, vague ou mat�rielle. La plupart distinguent les Esprits bons ou mauvais � la nature de l'impression. (N��164.)
"Les m�diums d�licats et tr�s sensitifs doivent s'abstenir des communications avec les Esprits violents ou dont l'impression est p�nible, � cause de la fatigue qui en r�sulte."
M�diums naturels ou inconscients�; ceux qui produisent les ph�nom�nes spontan�ment, sans aucune participation de leur volont�, et le plus souvent � leur insu. (N��161.)
M�diums facultatifs ou volontaires�; ceux qui ont la puissance de provoquer les ph�nom�nes par un acte de leur volont�. (N��160.)
"Quelle que soit cette volont�, ils ne peuvent rien si les Esprits s'y refusent�; ce qui prouve l'intervention d'une puissance �trang�re."
189.�Vari�t�s sp�ciales pour les effets physiques.
M�diums typteurs�; ceux par l'influence desquels se produisent les bruits et les coups frapp�s. Vari�t� tr�s commune, avec ou sans la volont�.
M�diums moteurs�; ceux qui produisent le mouvement des corps inertes. Tr�s communs. (N��61.)
M�diums � translations et � suspensions�; ceux qui produisent la translation a�rienne et la suspension des corps inertes dans l'espace sans point d'appui. Il en est qui peuvent s'�lever eux-m�mes. Plus ou moins rares, selon le d�veloppement du ph�nom�ne�; tr�s rares dans le dernier cas. (N��75 et suivants�; n��80.)
M�diums � effets musicaux�; ils provoquent le jeu de certains instruments sans contact. Tr�s rares. (N��74�; question 24.)
M�diums � apparitions�; ceux qui peuvent provoquer des apparitions fluidiques ou tangibles, visibles pour les assistants. Tr�s exceptionnels. (N��100�; question 27�; n��104.)
M�diums � apports�; ceux qui peuvent servir d'auxiliaires aux Esprits pour l'apport d'objets mat�riels. Vari�t� des m�diums moteurs et � translations. Exceptionnels. (N��96.)
M�diums nocturnes�; ceux qui n'obtiennent certains effets physiques que dans l'obscurit�. Voici la r�ponse d'un Esprit � la question de savoir si l'on peut consid�rer ces m�diums comme formant une vari�t�.
"On peut certainement en faire une sp�cialit�, mais ce ph�nom�ne tient plut�t � des conditions ambiantes qu'� la nature du m�dium ou des Esprits�; je dois ajouter que quelques-uns �chappent � cette influence du milieu, et que la plupart des m�diums nocturnes pourraient arriver, par l'exercice, � agir aussi bien � la lumi�re que dans l'obscurit�. Cette vari�t� de m�diums est peu nombreuse�; et, il faut bien le dire, � la faveur de cette condition qui laisse toute libert� dans l'emploi des trucs, de la ventriloquie et des tuyaux acoustiques, des charlatans ont trop souvent abus� de la cr�dulit� en se faisant passer pour m�diums afin de r�colter des �cus. Mais qu'importe�? les jongleurs en chambre, comme les jongleurs de place publique, seront cruellement d�masqu�s, et les Esprits leur prouveront qu'il ne fait pas bon s'immiscer dans leurs oeuvres. Oui, je le r�p�te, certains charlatans recevront sur les doigts d'une fa�on assez rude pour les d�go�ter du m�tier de faux m�diums. Du reste, tout cela n'aura qu'un temps."
(ERASTE).
M�diums pneumatographes�; ceux qui obtiennent l'�criture directe. Ph�nom�ne tr�s rare, et surtout tr�s facile � imiter par la jonglerie. (N��177.)
Remarque. Les Esprits ont insist�, contre notre opinion, pour placer l'�criture directe parmi les ph�nom�nes de l'ordre physique, par la raison, ont-ils dit, que�: "Les effets intelligents sont ceux pour lesquels l'Esprit se sert des mat�riaux c�r�braux du m�dium, ce qui n'est pas le cas dans l'�criture directe�; l'action du m�dium est ici toute mat�rielle, tandis que chez le m�dium �crivain, m�me compl�tement m�canique, le cerveau joue toujours un r�le actif."
M�diums gu�risseurs�; ceux qui ont le pouvoir de gu�rir ou de soulager par l'imposition des mains ou la pri�re.
"Cette facult� n'est pas essentiellement m�dianimique�; elle appartient � tous les vrais croyants, qu'ils soient m�diums ou non�; elle n'est souvent qu'une exaltation de la puissance magn�tique fortifi�e en cas de besoin par le concours de bons Esprits." (N��175.)
M�diums excitateurs�; personnes qui ont le pouvoir de d�velopper chez les autres, par leur influence, la facult� d'�crire.
"C'est plut�t ici un effet magn�tique qu'un fait de m�diumnit� proprement dite, car rien ne prouve l'intervention d'un Esprit. Dans tous les cas, il appartient � l'ordre des effets physiques." (Voir le chapitre de la Formation des m�diums.)
190.�M�diums sp�ciaux pour les effets intellectuels. Aptitudes diverses.
M�diums auditifs�; ceux qui entendent les Esprits. Assez communs. (N��165.)
"Il y en a beaucoup qui se figurent entendre ce qui n'est que dans leur imagination."
M�diums parlants�; ceux qui parlent sous l'influence des Esprits. Assez communs. (N��166.)
M�diums voyants�; ceux qui voient les Esprits � l'�tat de veille. La vue accidentelle et fortuite d'un Esprit dans une circonstance particuli�re est assez fr�quente�; mais la vue habituelle ou facultative des Esprits sans distinction est exceptionnelle. (N��167.)
"C'est une aptitude � laquelle s'oppose l'�tat actuel des organes�; c'est pourquoi il est utile de ne pas toujours croire sur parole ceux qui disent voir les Esprits."
M�diums inspir�s�; ceux auxquels des pens�es sont sugg�r�es par les Esprits, le plus souvent � leur insu, soit pour les actes ordinaires de la vie, soit pour les grands travaux de l'intelligence. (N��182.)
M�diums � pressentiments�; personnes qui, dans certaines circonstances, ont une vague intuition des choses futures vulgaires. (N��184.)
M�diums proph�tiques�; vari�t� des m�diums inspir�s ou � pressentiments�; ils re�oivent, avec la permission de Dieu, et avec plus de pr�cision que les m�diums � pressentiments, la r�v�lation des choses futures d'un int�r�t g�n�ral, et qu'ils sont charg�s de faire conna�tre aux hommes pour leur instruction.
"S'il y a de vrais proph�tes, il y en a plus encore de faux, et qui prennent les r�ves de leur imagination pour des r�v�lations, quand ce ne sont pas des fourbes qui se font passer pour tels par ambition." (Voir au Livre des Esprits, n��624, caract�res du vrai proph�te.)
M�diums somnambules�; ceux qui, dans l'�tat de somnambulisme, sont assist�s par des Esprits. (N��172.)
M�diums extatiques�; ceux qui, dans l'�tat d'extase, re�oivent des r�v�lations de la part des Esprits.
"Beaucoup d'extatiques sont le jouet de leur propre imagination et des Esprits trompeurs qui profitent de leur exaltation. Ceux qui m�ritent une enti�re confiance sont tr�s rares."
M�diums peintres et dessinateurs�; ceux qui peignent ou dessinent sous l'influence des Esprits. Nous parlons de ceux qui obtiennent des choses s�rieuses, car on ne saurait donner ce nom � certains m�diums auxquels des Esprits moqueurs font faire des choses grotesques que d�savouerait le dernier �colier.
Les Esprits l�gers sont imitateurs. A l'�poque o� parurent les remarquables dessins de Jupiter, il surgit un grand nombre de pr�tendus m�diums dessinateurs, auxquels des Esprits moqueurs s'amus�rent � faire faire les choses les plus ridicules. L'un d'eux, entre autres, voulant �clipser les dessins de Jupiter, au moins par la dimension si ce n'est par la qualit�, fit dessiner � un m�dium un monument occupant un assez grand nombre de feuilles pour atteindre la hauteur de deux �tages. Beaucoup d'autres firent faire de soi-disant portraits qui �taient de v�ritables caricatures. (Revue spirite, ao�t 1858.)
M�diums musiciens�; ceux qui ex�cutent, composent ou �crivent de la musique sous l'influence des Esprits. Il y a des m�diums musiciens m�caniques, semi-m�caniques, intuitifs, et inspir�s comme pour les communications litt�raires. (Voir M�diums � effets musicaux.)
M�diums �crivains ou psychographes�; ceux qui ont la facult� d'�crire eux-m�mes sous l'influence des Esprits.
M�diums �crivains m�caniques�; ceux dont la main re�oit une impulsion involontaire et qui n'ont aucune conscience de ce qu'ils �crivent. Tr�s rares. (N��179.)
M�diums semi-m�caniques�; ceux dont la main marche involontairement, mais qui ont la conscience instantan�e des mots ou des phrases � mesure qu'ils �crivent. Les plus communs. (N��181.)
M�diums intuitifs�; ceux � qui les Esprits se communiquent par la pens�e et dont la main est guid�e par la volont�. Ils diff�rent des m�diums inspir�s, en ce que ces derniers n'ont pas besoin d'�crire, tandis que le m�dium intuitif �crit la pens�e qui lui est sugg�r�e instantan�ment sur un sujet d�termin� et provoqu�. (N��180.)
"Ils sont tr�s communs, mais aussi tr�s sujets � l'erreur, parce que souvent ils ne peuvent discerner ce qui provient des Esprits ou de leur propre fait."
M�diums polygraphes�; ceux dont l'�criture change avec l'Esprit qui se communique, ou qui sont aptes � reproduire l'�criture que l'Esprit avait de son vivant. Le premier cas est tr�s ordinaire�; le second, celui de l'identit� de l'�criture, est plus rare. (N��219.)
M�diums polyglottes�; ceux qui ont la facult� de parler ou d'�crire dans des langues qui leur sont �trang�res. Tr�s rares.
M�diums illettr�s�; ceux qui �crivent, comme m�diums sans savoir ni lire ni �crire dans l'�tat ordinaire.
"Plus rares que les pr�c�dents�; il y a une plus grande difficult� mat�rielle � vaincre."
M�diums novices�; ceux dont les facult�s ne sont point encore compl�tement d�velopp�es et qui manquent de l'exp�rience n�cessaire.
M�diums improductifs�; ceux qui ne parviennent � obtenir que des choses insignifiantes, des monosyllabes, des traits ou des lettres sans suite. (Voir le chapitre de la Formation des m�diums.)
M�diums faits ou form�s�; ce sont ceux dont les facult�s m�dianimiques sont compl�tement d�velopp�es, qui transmettent les communications qu'ils re�oivent avec facilit�, promptitude, sans h�sitation. On con�oit que ce r�sultat ne peut s'obtenir que par l'habitude, tandis que, chez les m�diums novices, les communications sont lentes et difficiles.
M�diums laconiques�; ceux dont les communications, quoique faciles, sont br�ves et sans d�veloppement.
M�diums explicites�; les communications qu'ils obtiennent ont toute l'ampleur et toute l'�tendue que l'on peut attendre d'un �crivain consomm�.
"Cette aptitude tient � l'expansion et � la facilit� de combinaison des fluides�; les Esprits les recherchent pour traiter les sujets qui comportent de grands d�veloppements."
M�diums exp�riment�s. La facilit� d'ex�cution est une affaire d'habitude qui s'acquiert souvent en peu de temps, tandis que l'exp�rience est le r�sultat d'une �tude s�rieuse de toutes les difficult�s qui se pr�sentent dans la pratique du spiritisme. L'exp�rience donne au m�dium le tact n�cessaire pour appr�cier la nature des Esprits qui se manifestent, juger leurs qualit�s bonnes ou mauvaises par les signes les plus minutieux, discerner la fourberie des Esprits trompeurs qui s'abritent sous les apparences de la v�rit�. On comprend facilement l'importance de cette qualit�, sans laquelle toutes les autres sont sans utilit� r�elle�; le mal est que beaucoup de m�diums confondent l'exp�rience, fruit de l'�tude, avec l'aptitude, produit de l'organisation�; ils se croient pass�s ma�tres parce qu'ils �crivent facilement�; ils r�pudient tous conseils et deviennent la proie des Esprits menteurs et hypocrites qui les captent en flattant leur orgueil. (Voir, ci-apr�s, le chapitre de l'Obsession.)
M�diums flexibles�; ceux dont la facult� se pr�te plus facilement aux divers genres de communications, et par lesquels tous les Esprits, ou � peu pr�s, peuvent se manifester, spontan�ment ou par �vocation.
"Cette vari�t� de m�diums se rapproche beaucoup des m�diums sensitifs."
M�diums exclusifs�; ceux par lesquels un Esprit se manifeste de pr�f�rence, et m�me � l'exclusion de tous autres, et r�pond pour ceux que l'on appelle par l'entremise du m�dium.
"Cela tient toujours � un d�faut de flexibilit�; quand l'Esprit est bon, il peut s'attacher au m�dium par sympathie et dans un but louable�; quand il est mauvais, c'est toujours en vue de mettre le m�dium sous sa d�pendance. C'est plut�t un d�faut qu'une qualit�, et tr�s voisin de l'obsession." (Voir le chapitre de l'Obsession.)
M�diums � �vocations�; les m�diums flexibles sont naturellement les plus propres � ce genre de communication, et aux questions de d�tail qu'on peut adresser aux Esprits. Il y a sous ce rapport des m�diums tout � fait sp�ciaux.
"Leurs r�ponses se renferment presque toujours dans un cadre restreint, incompatible avec le d�veloppement des sujets g�n�raux."
M�diums � dict�es spontan�es�; ils re�oivent de pr�f�rence des communications spontan�es de la part d'Esprits qui se pr�sentent sans �tre appel�s. Lorsque cette facult� est sp�ciale chez un m�dium, il est difficile, quelquefois m�me impossible, de faire par lui une �vocation.
"Cependant, ils sont mieux outill�s que ceux de la nuance pr�c�dente. Comprenez que l'outillage s'entend ici des mat�riaux c�r�braux, car il faut souvent, je dirai m�me toujours, une plus grande somme d'intelligence pour les dict�es spontan�es que pour les �vocations. Entendez ici par dict�es spontan�es celles qui m�ritent v�ritablement ce nom, et non pas quelques phrases incompl�tes ou quelques pens�es banales qui se retrouvent dans tous les casiers humains."
193.�3��Selon le genre et la sp�cialit� des communications.
M�diums versificateurs�; ils obtiennent plus facilement que d'autres des communications versifi�es. Assez communs pour les mauvais vers�; tr�s rares pour les bons.
M�diums po�tiques�; sans obtenir de vers, les communications qu'ils re�oivent ont quelque chose de vaporeux, de sentimental�; rien n'y sent la rudesse�; ils sont, plus que d'autres, propres � l'expression des sentiments tendres et affectueux. Tout y est vague, et il serait inutile de leur demander rien de pr�cis. Tr�s communs.
M�diums positifs�; leurs communications ont, en g�n�ral, un caract�re de nettet� et de pr�cision qui se pr�te volontiers aux d�tails circonstanci�s, aux renseignements exacts. Assez rares.
M�diums litt�raires�; ils n'ont ni le vague des m�diums po�tiques, ni le terre � terre des m�diums positifs�; mais ils dissertent avec sagacit�; leur style est correct, �l�gant et souvent d'une remarquable �loquence.
M�diums incorrects�; ils peuvent obtenir de tr�s bonnes choses, des pens�es d'une moralit� irr�prochable, mais leur style est diffus, incorrect, surcharg� de r�p�titions et de termes impropres.
"L'incorrection mat�rielle du style tient g�n�ralement au d�faut de culture intellectuelle du m�dium qui n'est pas, pour l'Esprit, un bon instrument sous ce rapport�; l'Esprit y attache peu d'importance�; pour lui la pens�e est la chose essentielle, et il vous laisse libre d'y donner la forme convenable. Il n'en est pas de m�me des id�es fausses et illogiques que peut renfermer une communication�; elles sont toujours un indice de l'inf�riorit� de l'Esprit qui se manifeste."
M�diums historiens�; ceux qui ont une aptitude sp�ciale pour les d�veloppements historiques. Cette facult�, comme toutes les autres, est ind�pendante des connaissances du m�dium, car on voit des gens sans instruction, et m�me des enfants, traiter des sujets bien au-dessus de leur port�e. Vari�t� rare des m�diums positifs.
M�diums scientifiques�; nous ne disons pas savants, car ils peuvent �tre fort ignorants�; et nonobstant cela ils sont plus sp�cialement propres aux communications relatives aux sciences.
M�diums m�dicaux�; leur qualit� est de servir plus facilement d'interpr�tes aux Esprits pour les prescriptions m�dicales. Il ne faut pas les confondre avec les m�diums gu�risseurs, car ils ne font absolument que transmettre la pens�e de l'Esprit, et n'ont par eux-m�mes aucune influence. Assez communs.
M�diums religieux�; ils re�oivent plus sp�cialement des communications d'un caract�re religieux, ou qui traitent les questions de religion, nonobstant leurs croyances ou leurs habitudes.
M�diums philosophes et moralistes�; leurs communications ont g�n�ralement pour objet les questions de morale et de haute philosophie. Tr�s communs pour la morale.
"Toutes ces nuances sont des vari�t�s d'aptitudes de bons m�diums. Quant � ceux qui ont une aptitude sp�ciale pour certaines communications scientifiques, historiques, m�dicales ou autres, au-dessus de leur port�e actuelle, soyez persuad�s qu'ils ont poss�d� ces connaissances dans une autre existence, et qu'elles sont rest�es chez eux � l'�tat latent�; elles font partie des mat�riaux c�r�braux n�cessaires � l'Esprit qui se manifeste�; ce sont les �l�ments qui lui facilitent la voie pour communiquer ses propres id�es, car ces m�diums sont pour lui des instruments plus intelligents et plus souples que ne le serait une brute."
(ERASTE.)
M�diums � communications triviales et orduri�res�; ces mots indiquent le genre de communications que certains m�diums re�oivent d'habitude, et la nature des Esprits qui les font. Quiconque a �tudi� le monde spirite � tous les degr�s de l'�chelle sait qu'il y en a dont la perversit� �gale celle des hommes les plus d�prav�s, et qui se complaisent � exprimer leurs pens�es dans les termes les plus grossiers. D'autres, moins abjects, se contentent d'expressions triviales. On comprend que ces m�diums doivent avoir le d�sir d'�tre d�livr�s de la pr�f�rence que ces Esprits leur accordent, et qu'ils doivent envier ceux qui, dans les communications qu'ils re�oivent, n'ont jamais eu un mot mals�ant. Il faudrait une �trange aberration d'id�es et avoir divorc� avec le bon sens, pour croire qu'un pareil langage puisse �tre le fait de bons Esprits.
M�diums calmes�; ils �crivent toujours avec une certaine lenteur et sans �prouver la moindre agitation.
M�diums v�loces�; ils �crivent avec une rapidit� plus grande qu'ils ne pourraient le faire volontairement dans l'�tat ordinaire. Les Esprits se communiquent � eux avec la promptitude de l'�clair�; on dirait qu'il y a en eux une surabondance de fluide qui leur permet de s'identifier instantan�ment avec l'Esprit. Cette qualit� a quelquefois son inconv�nient, c'est que la rapidit� de l'�criture rend celle-ci tr�s difficile � lire pour tout autre que pour le m�dium.
"Elle est m�me tr�s fatigante, parce qu'elle d�pense trop de fluide inutilement."
M�diums convulsifs�; ils sont dans un �tat de surexcitation presque f�brile�; leur main, et quelquefois toute leur personne est agit�e d'un tremblement qu'ils ne peuvent ma�triser. La cause premi�re en est sans doute dans l'organisation, mais elle d�pend beaucoup aussi de la nature des Esprits qui se communiquent � eux�; les Esprits bons et bienveillants font toujours une impression douce et agr�able�; les mauvais, au contraire, en font une p�nible.
"Il faut que ces m�diums ne se servent que rarement de leur facult� m�dianimique, dont l'usage trop fr�quent pourrait affecter le syst�me nerveux." (Chapitre de l'Identit�, distinction des bons et des mauvais Esprits.)
195.�5��Selon les qualit�s morales du m�dium.
Nous les mentionnons sommairement pour m�moire et pour compl�ter le tableau, attendu qu'elles seront d�velopp�es ci-apr�s dans les chapitres sp�ciaux�: De l'Influence morale des m�diums, De l'Obsession, De l'Identit� des Esprits, et autres, sur lesquels nous appelons une attention particuli�re�; on y verra l'influence que les qualit�s et les travers des m�diums peuvent exercer sur la s�ret� des communications, et quels sont ceux que l'on peut avec raison consid�rer comme m�diums imparfaits ou bons m�diums.
196.�M�diums imparfaits.
M�diums obs�d�s�; ceux qui ne peuvent se d�barrasser d'Esprits importuns et trompeurs, mais ne s'abusent pas.
M�diums fascin�s�; ceux qui sont abus�s par des Esprits trompeurs et se font illusion sur la nature des communications qu'ils re�oivent.
M�diums subjugu�s�; ceux qui subissent une domination morale et souvent mat�rielle de la part de mauvais Esprits.
M�diums l�gers�; ceux qui ne prennent point leur facult� au s�rieux, et ne s'en servent que comme amusement ou pour des choses futiles.
M�diums indiff�rents�; ceux qui ne tirent aucun profit moral des instructions qu'ils re�oivent et ne modifient en rien leur conduite et leurs habitudes.
M�diums pr�somptueux�; ceux qui ont la pr�tention d'�tre seuls en rapport avec des Esprits sup�rieurs. Ils croient � leur infaillibilit�, et regardent comme inf�rieur et erron� tout ce qui ne vient pas d'eux.
M�diums orgueilleux�; ceux qui tirent vanit� des communications qu'ils re�oivent�; ils croient n'avoir plus rien � apprendre en spiritisme, et ne prennent pas pour eux les le�ons qu'ils re�oivent souvent de la part des Esprits. Ils ne se contentent pas des facult�s qu'ils poss�dent�: ils veulent les avoir toutes.
M�diums susceptibles�; vari�t� des m�diums orgueilleux�; ils se blessent des critiques dont leurs communications peuvent �tre l'objet�; ils se f�chent de la moindre contradiction, et s'ils montrent ce qu'ils obtiennent, c'est pour le faire admirer et non pour demander des avis. G�n�ralement ils prennent en aversion les personnes qui n'y applaudissent pas sans r�serve, et d�sertent les r�unions o� ils ne peuvent s'imposer et dominer.
"Laissez-les aller se pavaner ailleurs et chercher des oreilles plus complaisantes ou se retirer dans l'isolement�; les r�unions qu'ils privent de leur pr�sence ne font pas une grande perte."
(ERASTE.)
M�diums mercenaires�; ceux qui exploitent leur facult�.
M�diums ambitieux�; ceux qui, sans mettre � prix leur facult�, esp�rent en tirer des avantages quelconques.
M�diums de mauvaise foi�; ceux qui, ayant des facult�s r�elles, simulent celles qu'ils n'ont pas pour se donner de l'importance. On ne peut donner le titre de m�dium aux personnes qui, n'ayant aucune facult� m�dianimique, ne produisent des effets que par la jonglerie.
M�diums �go�stes�; ceux qui ne se servent de leur facult� que pour leur usage personnel, et gardent pour eux les communications qu'ils re�oivent.
M�diums jaloux�; ceux qui voient avec d�pit d'autres m�diums mieux appr�ci�s et qui leur sont sup�rieurs.
Toutes ces mauvaises qualit�s ont n�cessairement leur contrepartie en bien.
197.�Bons m�diums.
M�diums s�rieux�; ceux qui ne se servent de leur facult� que pour le bien et pour des choses vraiment utiles�; ils croiraient la profaner en la faisant servir � la satisfaction des curieux et des indiff�rents ou pour des futilit�s.
M�diums modestes�; ceux qui ne se font aucun m�rite des communications qu'ils re�oivent, quelque belles qu'elles soient�; ils s'y regardent comme �trangers, et ne se croient pas � l'abri des mystifications. Loin de fuir les avis d�sint�ress�s, ils les sollicitent.
M�diums d�vou�s�; ceux qui comprennent que le vrai m�dium a une mission � remplir et doit, quand cela est n�cessaire, sacrifier ses go�ts, ses habitudes, ses plaisirs, son temps, et m�me ses int�r�ts mat�riels, au bien des autres.
M�diums s�rs�; ceux qui, outre la facilit� d'ex�cution, m�ritent le plus de confiance, par leur propre caract�re, la nature �lev�e des Esprits dont ils sont assist�s, et qui sont le moins expos�s � �tre tromp�s. Nous verrons plus tard que cette s�curit� ne d�pend nullement des noms plus ou moins respectables que prennent les Esprits.
"Il est incontestable, vous le sentez bien, qu'en �piloguant ainsi les qualit�s et les travers des m�diums, cela suscitera des contrari�t�s et m�me des animosit�s chez quelques-uns�; mais qu'importe�? la m�diumnit� se r�pand de jour en jour davantage, et le m�dium qui prendrait ces r�flexions en mal prouverait une chose, c'est qu'il n'est pas bon m�dium, c'est-�-dire qu'il est assist� par de mauvais Esprits. Au reste, comme je l'ai dit, tout cela n'aura qu'un temps, et les mauvais m�diums, ceux qui abusent ou m�susent de leurs facult�s, en subiront de tristes cons�quences, comme cela est d�j� arriv� pour quelques-uns�; ils apprendront � leurs d�pens ce qu'il en co�te de faire tourner au profit de leurs passions terrestres un don que Dieu ne leur avait accord� que pour leur avancement moral. Si vous ne pouvez les ramener dans la bonne voie, plaignez-les, car, je puis le dire, ils sont r�prouv�s de Dieu."
(ERASTE.)
"Ce tableau est d'une grande importance, non seulement pour les m�diums sinc�res qui chercheront de bonne foi, en le lisant, � se pr�server des �cueils auxquels ils sont expos�s, mais aussi pour tous ceux qui se servent de m�diums, parce qu'il leur donnera la mesure de ce qu'ils peuvent rationnellement en attendre. Il devrait �tre constamment sous les yeux de quiconque s'occupe de manifestations, de m�me que l'�chelle spirite dont il est le compl�ment�; ces deux tableaux r�sument tous les principes de la doctrine, et contribueront, plus que vous ne le croyez, � ramener le spiritisme dans sa v�ritable voie."
(SOCRATE.)
198.�Toutes ces vari�t�s de m�diums pr�sentent des degr�s infinis dans leur intensit�; il en est plusieurs qui ne constituent, � proprement parler, que des nuances, mais qui n'en sont pas moins le fait d'aptitudes sp�ciales. On con�oit qu'il doit �tre assez rare que la facult� d'un m�dium soit rigoureusement circonscrite dans un seul genre�; le m�me m�dium peut sans doute avoir plusieurs aptitudes, mais il y en a toujours une qui domine, et c'est celle qu'il doit s'attacher � cultiver si elle est utile. C'est un tort grave que de vouloir pousser quand m�me au d�veloppement d'une facult� qu'on ne poss�de pas�; il faut cultiver toutes celles dont on reconna�t le germe en soi�; mais poursuivre les autres, c'est d'abord perdre son temps, et en second lieu perdre peut-�tre, affaiblir pour s�r, celles dont on est dou�.
"Lorsque le principe, le germe d'une facult� existe, elle se manifeste toujours par des signes non �quivoques. En se renfermant dans sa sp�cialit�, le m�dium peut exceller et obtenir de grandes et belles choses�; en s'occupant de tout, il n'obtiendra rien de bien. Remarquez en passant que le d�sir d'�tendre ind�finiment le cercle de ses facult�s est une pr�tention orgueilleuse que les Esprits ne laissent jamais impunie�; les bons abandonnent toujours le pr�somptueux, qui devient ainsi le jouet des Esprits menteurs. Il n'est malheureusement pas rare de voir des m�diums ne pas se contenter des dons qu'ils ont re�us, et aspirer, par amour-propre ou ambition, � poss�der des facult�s exceptionnelles propres � les faire remarquer�; cette pr�tention leur �te la qualit� la plus pr�cieuse�: celle de m�diums s�rs."
(SOCRATE.)
199.�L'�tude de la sp�cialit� des m�diums est n�cessaire, non seulement pour ceux-ci, mais encore pour l'�vocateur. Selon la nature de l'Esprit que l'on d�sire appeler et les questions qu'on veut adresser, il convient de choisir le m�dium le plus apte � la chose�; s'adresser au premier venu, c'est s'exposer � des r�ponses incompl�tes ou erron�es. Prenons une comparaison dans les faits usuels. On ne confiera pas une r�daction, m�me une simple copie, au premier venu parce qu'il sait �crire. Un musicien veut faire ex�cuter un morceau de chant de sa composition�; il a � sa disposition plusieurs chanteurs, tous habiles�; cependant, il ne les prendra pas au hasard�; il choisira pour son interpr�te celui dont la voix, l'expression, toutes les qualit�s en un mot r�pondent le mieux � la nature du morceau. Les Esprits font de m�me � l'�gard des m�diums et nous devons faire comme les Esprits.
Il est en outre � remarquer que les nuances que pr�sente la m�diumnit�, et auxquelles on pourrait encore en ajouter d'autres, ne sont pas toujours en rapport avec le caract�re du m�dium�; ainsi, par exemple, un m�dium naturellement gai et jovial peut avoir habituellement des communications graves, m�me s�v�res et vice versa�: c'est encore une preuve �vidente qu'il agit sous l'impulsion d'une influence �trang�re. Nous reviendrons sur ce sujet dans le chapitre qui traite de l'Influence morale du m�dium.