POURQUOI ?
Qui donc pourra jamais sonder le grand mystère
Qui nous fait naître un jour et puis après mourir ?
D'où sommes-nous venus, exilés sur la terre,
Et pourquoi nous faut-il tant peiner et souffrir?
Pourquoi nos durs labeurs, nos luttes sans relâche,
Si rien ne doit, de nous, survivre après demain ?
A quoi bon s'acharner sur cette ingrate tâche
Que nous impose, hélas ! Un aveugle destin?
De la vie à la mort, en ce séjour de larmes,
Quand tout sourit aux uns, d'autres sont accablés ;
D'une existence heureuse, à bien peu tous les charmes :
Aux masses, le malheur et ses coups redoublés.
Puis, après tant d'efforts et d'amères souffrances,
Quand nous croyons toucher au bonheur ici-bas,
Nous voyons s'envoler toutes nos espérances
Devant la tombe ouverte où s'arrêtent nos pas.
Par delà le cercueil, que deviennent nos âmes ?
Est-ce la vie encore ou le sombre néant ?
Est-ce enfin le repos, ou les terribles drames,
D'un enfer odieux ou d'un ciel fainéants ?
D'où sommes-nous partis, pour venir en ce monde,
Subir tant de tourments, de peines, de douleurs ;
Si nous sommes maudits, pourquoi ? Qu'on me réponde ?
Qui nous a condamnés à verser tant de pleurs ?
Je partage avec toi ton amère tristesse,
Et cependant je veux, ami, sécher tes pleurs.
D'un bienfaisant espoir, j'ai reçu la caresse.
Ecoute et tu verras se calmer tes douleurs.
D'où sommes-nous venus ? Nul ne saurait le dire.
Nous savons cependant vers quel but nous allons.
La route est dure, hélas! Mais pourquoi la maudire
Quand nous avons fixé nous-mêmes ses jalons ?
Si, partis du néant, nous marchons au sublime,
Nous ne pouvons, hélas! Le faire à notre gré :
D'un désir imprudent, quand nous sommes victime,
Sachons que chaque effort est quand même un progrès !
Or, ami, tout effort engendre la souffrance ;
Si nous voulons, du mal, n'être plus prisonnier,
Dans nos plus durs revers, conservons l'assurance
Que, de notre bonheur nous sommes les pionniers.
Chacun de nous, dès lors, en poursuivant sa route,
Doit élever son cœur, éclairer son cerveau ;
Aux ronces du chemin, il faut, coûte que coûte,
Dépouiller le vieil homme et créer le nouveau.
Ce n'est point au hasard, qu'en ce lieu de misère,
Afin de progresser, il nous fallut venir.
Nous suivrons, à nouveau, bien des fois, ce calvaire,
Fait pour nous assurer un brillant avenir.
Et chaque fois, notre âme, en de cruelles luttes,
Des liens de la chair, tendent à se dépouiller.
Après bien des revers, des efforts et des chutes,
Elle s'élève enfin et voit le ciel briller.
Elle est joyeuse alors car ce bonheur suprême
Est le prix de ses maux, le fruit de son travail
Elle a vaincu la mort et forte d'elle-même
Elle voit sans terreur son lugubre attirail
Elle sait que la vie est, pour nous, éternelle,
Que la mort n'est qu'un mot ; quand nous touchons au seuil,
Nous acquerrons la joie et la preuve nouvelle,
Que nous vivons encore au-delà du cercueil.
Dans la chaîne sans fin que font nos existences,
Nous recueillons les fruits des labeurs précédents
Et préparons déjà la joie ou les souffrances
De celles qui suivront, par nos actes présents,
Sachons mettre à profit chaque nouvelle aurore,
Et cette grande loi qu'on ne peut transgresser :
Naître, mourir, renaître et puis mourir encore,
Pour, à nouveau, renaître et toujours progresser.
Henri SAUSSE.
TABLE DES MATIÈRES
LA REINCARNATION ANGLO-SAXONNE 3
INSTRUCTION SUR LA REINCARNATION 3
LA RESURRECTION DE LA CHAIR 16
JUSTICE DE LA REINCARNATION 19
INCARNATION DANS LES DIFFERENTS MONDES 20
LE SORT DES ENFANTS APRES LA MORT 22
RÉSURRECTION ET RÉINCARNATION 27
METEMPSYCOSE ET PLURALITE DES EXISTENCES 33
LES CRETINS ET LA REINCARNATION 36
CONSEQUENCES DE LA DOCTRINE DE LA REINCARNATION SUR LA PROPAGATION DU SPIRITISME 37
LA REINCARNATION DANS L'ANTIQUITÉ 38
LA REINCARNATION EN AMERIQUE 40
M. le Colonel de Rochas, dans la préface de son livre : Les Vies successives, reconnaît que, si les expériences de régression de la mémoire sont en apparence très probantes, elles ne sont en réalité que des matériaux à l'état brut ; ce serait à l'avenir de discerner la part de vérité qu'elles contiennent.
C'est pour faciliter à toute cette étude sur la réincarnation que j'ai réuni, ci-après, tous les enseignements d'Allan Kardec ayant trait à ce sujet.
La traduction d'Ostervald est conforme au texte primitif ; elle porte : ne renaît de l'eau et de l'Esprit ; celle de Sacy dit : du Saint Esprit ; celle de Lamennais : l'Esprit saint.
M. V..., était soldat de la Maison de Coligny, il se nommait Gaston Vincent, il fut tué à la Saint Barthélemy d'après les renseignements de son Guide, il est aujourd'hui officier de marine.
Jean Renand. Terre et Ciel
Pezzani. La pluralité des existences.
Colonel de Rochas. Les vies successives.