I - L’existence de Dieu – Preuves – Notion de Dieu

La Foi donne à l'âme une force surhumaine et, si cette force est dirigée par l'Amour, ce flambeau Divin, elle éclaire la vie en cette âme ; celle-ci, alors, comprend, tout au fond d'elle, les lois Divines, elle sent l'Harmonie, l'Unité de la vie, en découvre alors les merveilles sans cesse nouvelles et toujours plus belles. La Foi n'est pas la superstition ; la Foi ne s'attache pas aux formes qui ne sont que des apparences ; la véritable Foi est la fille de la liberté, de la raison et aussi, de l'intuition. La Foi se traduit mais ne s'explique pas. C'est par la contemplation intime, la méditation et le sentiment de la Vie universelle qu'on arrive à acquérir la Foi. D'ailleurs, c'est déjà croire que respecter et aimer l'oeuvre Divine et, mieux encore que tous les prêches, les sermons et les dissertations philosophiques, la nature est l'école de la Foi et l'éducatrice de l'âme.

 

L’harmonie universelle

Si l'homme voulait bien regarder autour de soi, analyser la vie dans ses plus humbles manifestations, voir avec son intelligence tout en sentant avec son coeur, il ne pourrait nier l'Intelligence prévoyante qui préside à la Vie.

Dans tout l'Univers, cette Vie est assurée par des lois harmonieuses et se renouvelle, se transforme incessamment ; chaque existence particulière faisant sa part active dans l'oeuvre générale. Il ne faut jamais avoir songé un instant à l'ingéniosité vitale qui assure à la graine sa maturité, son éclatement, sa germination ; il ne faut jamais avoir regardé naître, croître le moindre brin d'herbe pour ne pas admirer la sagesse, la sollicitude avec lesquelles sont assurées les phases d'évolution du plus humble des êtres.

La science a beau constater, contrôler les phénomènes vitaux, elle n'en trouve pas la source si elle nie Dieu et, quelle que soit l'ingéniosité d'un système philosophique, scientifique, il croule s'il n'admet pas, comme Foyer de Vie, comme point de départ de toutes les forces qui assurent la Vie, un Être puissant, suprêmement intelligent. Certes, la nature semble un grand mécanisme qui répète aveuglément, inconsciemment semble-t-il ces gestes de vie mais, cependant, il faut bien qu'en elle soit enclose une Intelligence première : Celle qui a édicté les lois qui font se transmettre, se renouveler la vie ; et ces lois, à les étudier de près sont si belles, si harmonieuses, si généreuses qu'elles ne peuvent émaner que d'un Esprit suprêmement savant, suprêmement bon, comme aussi, leur application ne peut être que la manifestation d'une Force suprêmement puissante. Que l'homme examine la vie en lui ou autour de lui ; il ne peut qu'admirer, sans comprendre peut-être, ce qu'il sent si beau, si grand sous la simplicité apparente de la vie ; ce n'est que, parce qu'il est orgueilleux et pense que tout cela lui est dû, qu'il n'a pas un élan de reconnaissance humble vers la Source secrète des merveilles qui l'entourent, et parce qu'il est aveuglé spirituellement par cet orgueil, qu'il ne reconnaît pas la Grandeur, la Beauté, l'Harmonie de la Vie.

 

Preuves de l'existence de Dieu - Les enseignements de la nature

Il est bien des voluptés raffinées que ne traduit aucun mot : celles que procure la contemplation Divine dans la liberté de la nature sont de celles-là.

Il faut déjà vivre par l'âme pour les ressentir ; ce sont des délices sans cesse renouvelées, c'est la communion de l'âme humaine en la fraternité de toutes les âmes, en l'harmonie Divine.

Le spiritualiste sent très bien, en chaque arbre, en chaque animal, en chaque plante une âme, un principe Divin et pour lui, ce n'est pas un simple mythe poétique que d'entendre un de ses frères répondre à son âme à lui ; l'Harmonie qui déborde de toute la Vie l'inonde d'une joie intime qui ne peut s'exprimer, parce qu'elle est ressentie en l'âme même et que l'intelligence ne peut l'expliquer ; mais l'âme comprend très bien le langage de ses soeurs ; la caresse d'âme des arbres, des feuilles lui parvient très bien et semble l'attirer, la retenir plus particulièrement près de certains arbres, près de certaines humbles et muettes créatures.

La contemplation de la nature dans son épanouissement ou son sommeil est une source d'enseignements Divins sans cesse renouvelés. On apprend à connaître Dieu rien qu'en regardant avec l'âme la merveille d'architecture, de chimie et d'art que représente, à elle seule, la feuille menue qui ouvre au premier souffle tiède ses tulles gaufrés, et le salut des arbres sous le vent semble fraternel tant on y sent avec certitude la communauté d'origine de toutes les créatures : soeurs Divines et filles bien aimées d'un Père suprêmement grand et généreux. À chaque nouvelle merveille, l'âme comprend davantage la sollicitude, la sagesse Divine, en constate mieux encore l'Unité, la Beauté de la Vie. Devant l'intensité de cette Vie, l'esprit entrevoit la multitude des forces mises en action par la volonté Divine pour maintenir, propager, multiplier cette Vie. L'âme sent une foule invisible d'auxiliaires Divins dont l'activité incessante et harmonieuse assure l'équilibre des moyens de Vie dans tous les domaines de l'être. On peut dire que l’âme, alors, est capable de ressentir les vibrations de Vie qui s'échappent de toute la nature, et c'est là qu'elle trouve la connaissance la plus haute de la Vérité et la prescience de Dieu ; c'est pour elle un enchantement que cette découverte, cette compréhension de Dieu dans la multitude des humbles créatures ; cette assurance de la plénitude de Vie dans le plus modeste des êtres.

Oui, c'est une leçon de grandeur que donne la nature à qui sait lire en elle. Aucun livre humain ne peut la remplacer tant elle offre de sujets de méditation et d'objets d'admiration ; il semble même que l'âme humaine ne soit assez vaste pour contenir la richesse spirituelle qui émane de l'étude de cette nature. Quand l'esprit, constatant l'Harmonie et la Beauté des lois de la vie, peut balbutier les premières lettres du secret Divin, le cœur, alors, devant tant de magnificence, déborde d'une infinie et Divine émotion, d'un bonheur supra humain ; avant-goût des félicités suprêmes que donne la connaissance.

 

Les voix de la nature

La forêt offre à ceux qui savent l'entendre l'harmonie de concerts variés. Chaque arbre a son langage, chaque feuillage son bruissement particulier, murmure ou tonnerre, suivant les accords du vent. Si vous pouviez connaître ce qu'un esprit de la forêt sait sur chacun de ses grands frères, les arbres ! Il entend leur langage, il reconnaît la voix de chacun au milieu du concert de tous. L'arbre a une âme translucide où s'inscrivent lisiblement les épopées de son existence invisible, et tel chêne qui vous semble avoir toujours été chêne a connu les grâces d'une tige menue et grimpante ou les profondeurs de l'abîme aquatique.

L'arbre porte sous son épaisse cuirasse de bois une âme sensitive, et ce n'est pas une illusion : sa voix se fait tour à tour languissante, plaintive ou heureuse suivant les vibrations qu'il reçoit de toute la nature. Il a de véritables joies lorsqu'un de ses frères ailés vient lui demander asile, et semble comprendre toute la fraternité des êtres tant il met de complaisance à ouvrir ses branches, à donner l'ombre de son feuillage à une nouvelle nichée. L'arbre fête, par des impressions intimes, les floraisons et les maturités, et jamais n'oublie, en son langage, de remercier les forces bienfaisantes qui lui permettent d'aspirer la substance de Vie.

S'il vous fallait, mes frères, vous instruire de tous les mystères que recèle une existence d'arbre, s'il vous fallait comprendre qu'il souffre réellement d'une blessure, d'une entaille, d'une cassure ; que vous froissez son âme en brisant une de ses branches, vous découvririez la sollicitude prévoyante qui préside à la répartition de la Vie, l'organisation de la substance, et vous comprendriez davantage quelle Harmonie plane sur toute la création, quelle merveille d'ingéniosité, de science et de générosité recèle la moindre des créatures.

 

Un génie des bois.

L'oiseau voyageur des airs connaît bien des secrets de l'azur ; il pressent toutes les dépressions atmosphériques, les révolutions aériennes, les modifications des saisons. Son sens intime de la vie le renseigne sur tous les avantages d'une région et, mieux que le plus savant de vos astronomes, l'oiseau prévoit, plusieurs heures d'avance, Ies perturbations climatériques. L'oiseau a l'âme légère, toujours heureuse parce qu'enivrée de substance Divine ; la faiblesse même, pour lui, est un don, car beaucoup de ses frères lui donnent protection et asile.

 

La religion de la vie - L’oeuvre du Créateur

Mon frère, pour te convaincre qu'il est un Maître adorable de l'Univers, pour donner à ta raison comme à ton coeur les preuves de l'existence Divine, laisse là tes livres, tes pauvres argumentations cérébrales et humaines, tes élucubrations, tes théories décevantes dont la base même est ébranlée par ton matérialisme et ton orgueil, et viens avec nous au milieu du cadre naturel ; viens lire dans le seul Livre qui ne vieillisse pas parce qu'il est éternel, viens puiser à la source même les enseignements et les preuves ! Viens avec tes yeux, ton âme, ton coeur tourner les feuillets du volume Divin de la nature ! Et puis, recueille-toi, soit devant l'océan aux bruits de gouffres, soit au milieu du silence peuplé des bois, soit devant la nappe d'or d'un beau champ de blé ou bien encore, devant l'apaisante sérénité d'une nuit étoilée. Écoute, regarde et sonde, non plus avec ton orgueil et ta science d'homme, mais avec ton âme d'enfant Divin, les mystères éternels. Devant tant de beauté, de paix, de tranquille mais féconde Harmonie, devant ce renouvellement incessant de la vie, dans l'ordre et la régularité, peux-tu nier Dieu ; peux-tu douter d'une Intelligence bonne, généreuse, puissante et savante dépassant à un degré infini la plus haute intelligence d'homme ? Ne sens-tu, devant tout cela, ta faiblesse, ton impuissance à faire aussi beau, aussi grand, et ne comprends-tu vraiment, frère aimé, que tu as un Maître, un Créateur mais surtout, un Père divin ? Oui, devant tout cela peux-tu blasphémer et nier l'Être Suprême ?

Mon frère, mon frère, mais écoute donc ces mille bruits de la campagne : le murmure léger du vent, le froissement des branches et des feuillages, les chœurs des invisibles chanteurs, le doux crissement des insectes, le bourdonnement laborieux de la multitude ailée. Et puis, regarde à tes pieds : vois l'épi plein et lourd courber son front comme pour un salut, vois sa tige flexible qui ploie sous le précieux fardeau. Vois la richesse florale ; regarde avec les yeux de l'artiste, du poète la fleur qui paraît ouvrir son coeur à ton regard, qui semble te dire : « Je suis comme toi, mon frère, une créature du Grand Tout ; je viens, comme toi, de l'Infini. Comme toi j'y aspire de toute la force qui est en moi. Comme toi je vis, je bois à la Divine source jamais tarie, toujours renouvelée, les sucs revivifiants. Et ma tige croît, mes bourgeons s'épanouissent et je vis, je grandis, pour mourir c'est vrai mais, pour renaître aussi par ma graine que le vent de la destinée jettera près ou loin de moi. Oui, frère, Dieu est parce que tu es, que je suis, si humble et si fragile que je te paraisse ! » Oui, frère aimé, si tu doutes de Dieu, si en ton âme s'obscurcit la Divine flamme, si tu ne te sens plus tressaillir sous les ondes sacrées, viens retremper ton âme au bain de la nature. Regarde, écoute, ne raisonne même pas. Vois, entends ! Et dis-nous, frère aimé, quand tant de richesses te sont offertes sans que tu aies rien fait pour les mériter ! Peuvent-elles venir, ces richesses, d'un Être qui ne t'aime pas ? Peuvent-elles être le cadeau du Mal, ou pis, du Néant ? Écoute, sent, regarde vivre la nature, s'animer la multitude des créatures qui, toutes, dans un langage particulier, crient, non seulement la Vie mais la Bonté de cette vie. Toute la science et la philosophie d'un cerveau ne t'en apprendront pas tant que la contemplation sincère du spectacle naturel. Oui, crois-nous, frère aimé, quand tu doutes, laisse là tes livres, tes discussions à vide. Va-t'en seul devant le livre toujours ouvert de la Nature. Épelles-en les lettres premières et tu comprendras, tu seras certain que Dieu ne peut pas ne pas être. Regarde avec attention la ciselure d'une feuille ; demande-toi aussi si le plus habile artiste pourrait en créer, en reproduire même une seule, et où il en puiserait les éléments, les matériaux si cela lui était possible ? Encore et toujours dans le grand Réservoir, dans l'Insondable, l'Infini ! Alors, vois, réfléchis : Si l'homme, même après des siècles d'efforts, de recherches, de travaux et d'études n'a pu arriver à saisir le mystère de la Vie, ni l'imiter, peut-il raisonnablement nier une Puissance, une Intelligence supérieure à la sienne, et dont il ne peut ni déterminer ni atteindre la perfection ?

Eh ! bien, cette Puissance, cette Intelligence que tu ne peux raisonnablement nier, nous l'appelons Dieu ! Et c'est ce Dieu que nous vénérons, que nous servons, non pas en vaines pratiques par un culte enfantin mais, du plus profond de nous, avec le meilleur de nous : notre âme. C'est ce Dieu que nous reconnaissons et aimons dans chaque créature et dans chaque manifestation de la vie ; c'est ce Dieu que nous sentons suprêmement bon, puissant, que nous nommons : « notre Père ! » Et c'est ce Dieu-là qui nous envoie sans cesse le rayon de Vie nouvelle, et qui nous donne avec la vraie science, le pouvoir et le bonheur de la Vie. Viens avec nous, apprendre à connaître ce Dieu ! Il est ton Père comme le Nôtre. Crois-nous : c'est un Père généreux, indulgent et puissant et, si tu es malheureux ou que tu doutes, nous t'en supplions, frère, va chercher la consolation et la certitude dans le Grand Livre éternel.

 

Où l'on apprend Dieu

Oui, Dieu se sent, se voit dans tout ce qui vit, dans le grand spectacle sans cesse renouvelé de la nature. Chaque être, chaque brin d'herbe crie l'existence d'une Puissance sage, intelligente et bonne. Par cela même que la vie est, Celui qui la donne est bon. La Vie même, dans sa seule manifestation première, physique, matérielle, est le plus réel hommage à l'Esprit invisible qui veille à son maintien après l'avoir créée. Mon frère, écoute la voix de ton coeur quand tu es seul, calme, dans le recueillement, cependant, plein d'animation de la campagne ; sonde en toi-même ce qu'il y a de plus grand ; fais taire un instant ton égoïsme orgueilleux et tu seras anéanti devant l'éternelle magie de cette nature qui, sans cesse, refait de la Vie avec la mort ; qui, sans arrêt, et suivant un ordre harmonieux et souverainement sage, renouvelle les formes, forge sans cesse d'autres créatures, et tu sentiras que le courant Divin ne finit jamais, que le réservoir Éternel ne tarit pas.

Et puis, mon frère, il est un autre grand livre où tu peux apprendre Dieu, et ce livre est en toi : c'est ton âme. Le mot âme peut-être t'effraie ou te fait sourire. Avec tout l'orgueil de ta science matérialiste, tu ne glorifies que le cerveau humain mais, écoute-toi vivre. Dans un de ces moments trop rares, trop brefs où tu te sens inondé d'une volupté pure, où tu te sens vivre complètement et où tu tressailles intimement, soit sous les ondes d'un Amour très grand, soit dans la sérénité de la solitude champêtre, eh ! bien, mon frère, écoute-toi vivre et dis-moi si l'Amour, dis-moi si ce calme, cette vie qui s'insufflent soudain en toi pourraient être les produits de la matière, d'un simple organe physique, si cette matière, cet organe, ne vibraient sous le grand souffle immatériel de l'âme ?

Oui, pour connaître, comprendre Dieu, écoute-toi vivre, laisse parler ton coeur, aime ; surtout, ne t'enferme pas dans un égoïsme froid resserrant tes facultés et tes sensations. Donne-toi un peu et à ce moment, ouvre le livre intérieur ; tu comprendras soudain que ce qui s'appelle amour, beauté, art, sagesse ne peut venir seulement d'un pauvre tissu cérébral, et qu'il faut que ce tissu soit animé par un courant Divin ; tu sentiras en toi tant de beauté et de vie, que tu ne peux être seul à te les fournir, et qu'il faut que d'un monde invisible t'arrivent ces effluves délicieuses. Frère, tout ce qui fait ta noblesse, tout ce qui fait que l'humanité, malgré ses erreurs, ses crimes, ses hontes, ses désespoirs marche quand même sur la grande route du progrès, vaillante et pleine d'espoir, toujours, c'est que cette humanité est, par l'âme, fille de Dieu.

Ce qui fait qu'elle continue la Vie et veut vivre quand même, qu'elle aspire sans cesse à mieux, c'est justement parce que l'âme humaine est une parcelle de l'âme Divine : l’âme Divine est Essence, Principe de Vie, et l'âme humaine qui en est la fille ne veut pas, elle non plus, de la mort. Que ses formes doivent se renouveler, car la matière est faible, mais qu'elle : principe vital, ne doive et ne veuille pas finir, cela est. Mon frère, ton âme est comme la vie elle-même ; elle se renouvelle, change ses formes extérieures, rejette ses vêtements usés du corps. Mais, toujours vivante après s'être un moment retrempée au bain de vie Divine, elle revient, ouvrière inlassable de la vie, reprendre l'éternel labeur.

Mon frère, tu ne peux douter de Dieu si tu crois à la Vie, et tu ne peux douter de l'âme si tu crois à Dieu. Celui qui fit la Vie ne peut l'avoir voulue inconsciente, inutile, éphémère, incomplète : ce qui serait si ta vie à toi se bornait à ton existence charnelle et, comme la nature elle-même t'en donne la preuve, la Vie ne finit pas. Seules les formes changent mais, Elle, demeure, parce que la Vie, justement, vient de Dieu.

 

Dieu - Nature de Dieu - Attributs de Dieu – Raisons de croire à l'Unité Divine

La raison, seule, crie l'existence de Dieu. Comment expliquer autrement l'origine de la création, le gouvernement, le fonctionnement des mondes, non seulement du nôtre, mais encore de ceux qui échappent à notre perception visuelle, sensorielle et intellectuelle. Si loin que poussent les athées dans leurs théories matérialistes, positivistes, leurs démonstrations géométriques, mathématiques, philosophiques même, sur cette question angoissante de l'origine des mondes, ils arrivent toujours à l'indénombrable, l'inexplicable. Si subtiles, si précieux que soient leurs raisonnements, ils n'aboutissent jamais qu'à la constatation des grandes lois qui régissent la Vie, mais ils n'en découvrent jamais le Législateur.

Qu'ils appellent du nom qu'ils voudront le grand Moteur indéchiffrable qui met en mouvement la grande machine universelle qui fait croître, subsister des milliers de créatures, il n'en est pas moins, Lui, c'est à dire : le Principe unique, la Cause première et suprême de la Vie.

L'athée, s'il est sincère, ressemble à un enfant entêté et inintelligent qui nie parce qu'il ne comprend pas. Dieu, pour une intelligence lucide et loyale existe, parce qu'elle en sent l'existence indispensable, indiscutable comme celle même de la Vie. Mais il ne faut pas faire de Dieu une sorte de non existence ; la Vie est une réalité, son Principe doit être une Puissance.

Les polythéistes font de Dieu une légion de dieux et, sous mille formes, adorent les grandes forces naturelles. Mais la grande Force créatrice, vitale, primordiale qui a donné naissance à toutes les autres, qu'en font-ils ? Ne faut-il pas toujours qu'il y ait un lien entre ces dieux, ces forces, sans quoi ce serait l’anarchie ! Or, à nos yeux mêmes, l'ordre apparaît, c'est-à-dire à la hiérarchie ; partout, revient toujours la déduction d'une Puissance unique dirigeant les autres. Restent ceux qui croient à une double Divinité : Le Bien et le Mal, ayant pouvoir égal. Ceux-là, sans doute, ont des théories qui semblent très logiques ; dans toute la vie de notre planète se retrouvent toujours en présence les deux grandes puissances adverses. Mais, si l'intelligence trouve satisfaction dans ces conceptions, le cœur les repousse car ce serait nier le perfectionnement ; l'homme le plus dévoyé reconnaît la supériorité du Beau, du Bien ; la conscience humaine se refuse à donner son approbation au mal. C'est donc que, dans son moi intime, l'homme reconnaît la suprématie du Bien. D'ailleurs, s'il veut regarder d'un peu plus près la création, il verra que les lois Divines sont toute Harmonie et Bonté ; qu'elles visent à assurer la Vie et le bonheur à chaque créature ; le principe de Vie ne peut donc être que Bien et Beau. D'autre part, il faut bien admettre que le progrès est la loi primordiale de Vie et qu'il tend à la perfection.

Si le Mal était un dieu aussi fort que le Bien, jamais l'humanité ne pourrait caresser l'espoir d'arriver à cette perfection et par conséquent, au bonheur.

Dieu ne peut être que Bonté. Tout, autour de vous, surtout en vous, le crie. À étudier d'un peu près les grandes lois qui régissent la formation, l'existence, le fonctionnement des mondes, on reste en admiration devant la sollicitude, la prévoyance qui président à l'élaboration de la Vie.

Oui, tout crie dans la création le nom et la qualité du Créateur. Vraiment, elle ne peut être l’oeuvre d'une Divinité malfaisante ; la vie ne peut être la conséquence d'une volonté qui mènerait les créatures à la mort. Le mal ne peut être, au contraire, qu'une perturbation de la Vie ; perturbation non pas voulue par Dieu mais provoquée par les Créatures.

 

Nature de Dieu

Quelle est la conception de Dieu qui satisfasse le mieux l'intelligence, la raison et le coeur ? Les panthéistes, du moins les plus matérialistes, car les autres, par leurs conceptions d'un Dieu idée et force, se rapprochent beaucoup de la conception unitaire, répondent que c'est le monde qui est Dieu ; mais, quoi dans le monde ? La matière elle-même, ou une des forces naturelles car enfin, il faut toujours qu'il y ait une direction, une unité Créatrice. Ce n'est pas la multitude, le chaos qui a pu donner, et peut assurer la vie : cette grande unité sous l'infinie diversité de ses formes. Ils démontrent bien l'existence des phénomènes ou constatent les cas multiples en expliquent le mécanisme, en déduisent même les lois générales mais, jamais n'en donnent le pourquoi, la Cause primordiale.

Pour eux, la matière est Reine parce que visible, tangible aux pauvres sens humains. Cependant, la matière ne peut se créer elle-même : il faut bien admettre l'existence d'une Force invisible, immatérielle qu'on nomme vitalité, et admettre aussi que cette Force est intelligente et volontaire puisque la matière est soumise à des règles de transformation, d'évolution, d'harmonie. De là la conception d'une Volonté, d'une Pensée créatrice. Les matérialistes répondent que la Force créatrice est une réalité. Nous sommes d'accord avec eux mais, réalité ne veut pas dire, comme ils le sous-entendent, matière.

La pensée est une réalité puisqu'elle peut se concrétiser dans le langage, se transmettre, se photographier même et cependant, elle n'est pas matière, en ce sens où la matière est chose tombant sous les sens physiques. D'autre part, leurs conceptions d'un monde marchant aveuglément et mécaniquement sous le joug d'un déterminisme intransigeant les amène à faire de Dieu un être soumis aux mêmes lois que la créature. Faire de Dieu, l'Être puissant, vital, un être non libre, c'est nier aussi la liberté humaine, et il n'est pas un philosophe qui puisse le faire. La liberté est probante dans la vie de l'homme comme dans celle des nations ; il est des circonstances, des événements où toutes les causes déterminantes, du moins au vu de l'intelligence humaine, sont réunies pour faire sombrer une conscience ou un peuple.

Cependant, contre toute attente, toute prévision, dans un sursaut de révolte la conscience s'affranchit, la nation se libère ; il faut donc qu'au fond de cette conscience et dans cette collectivité soit demeuré un germe de liberté. Les théories négatives de la liberté conviennent peut-être à des esprits déprimés, satisfaits de s'en remettre à la fatalité du soin des responsabilités ; mais pour des êtres conscients, aspirant à un Idéal toujours plus élevé, elles paraissent bien fragiles et insuffisantes. Or, si l'homme est libre, Dieu ne peut l'être moins que la créature. Il plane au-dessus des lois, Il ne les subit pas. Ces lois ne sont nécessaires qu'aux créatures faibles et trop ignorantes pour savoir et vouloir le bien. Cependant, la conception d'un Dieu seulement libre ne satisfait pas complètement l'aspiration du moi intelligent et sensible. L'âme a trop soif d'absolu, de beauté intangible, parfaite pour que cette perfection ne soit pas.

D'ailleurs, c'est encore dans la nature que l'homme va puiser ses premiers enseignements, sa première impression de l'Infini. Il reste confondu devant le génie puissant et organisateur de l'Architecte du monde ; il reste extasié devant cette Science universelle, cette connaissance totale de toutes les lois de Vie : Affinité, Équilibre, Harmonie, Mouvement. Oui, quel Architecte inimitable a pu établir le plan de Vie, à la fois dans son unité et sa diversité si logique, si rationnelle ! Quel Architecte a pu établir le plan gigantesque des mondes ! Quel merveilleux Physicien ! que celui qui équilibre et fait mouvoir des milliers de planètes. Quel ingénieux et érudit Chimiste révèle l'analyse d'un tissu ou des teintes d'un seul pétale ! Et encore, votre pauvre monde terrestre ne peut-il vous donner qu'un aperçu bien modeste du plan général de Vie, et des richesses accumulées par l'Être Créateur.

Plus la science avance, progresse, plus le champ de l’Infini s'élargit. L'homme découvre toujours mieux que ce qu'il avait ; il n'est pas de limites à la beauté. D'ailleurs, en l'homme même est le désir de perfection. II aspire à la Vie supérieure et intensive. Se peut-il alors que, Dieu qui met tant de logique dans les lois de la matière, n'en ait pas mis dans celles de l'esprit ? Puisque l'homme sent en lui des énergies, des aspirations très hautes, il est évident qu'il doit pouvoir les mettre en action pour étancher, enfin, la soif de beauté dont son âme est altérée à la Source suprême ! Or, il ne trouve pas satisfaction dans le monde matériel, dans la vie charnelle : là, tout s'émiette, se décompose ; de là l'espérance d'un monde, d'une Vie qui ne finissent pas ; d'une Vie parfaite ; en un mot, d'un monde spirituel, puisque pour tous, l'esprit est l'expression de la Vie supérieure. Dans ce monde-là, Dieu est connu et est l'Expression suprême de la Vie. De là cette conception de Dieu : Esprit de puissance infinie et parfaite.

Dieu, pour les spiritualistes, est l'Être essentiel, un, immatériel ; la Source, la Perfection, et l'Absolu de la Vie. Dieu, c'est aussi l'Idéal sans bornes qui peut, Seul, donner à l'être la plénitude de Vie, et par conséquent, le bonheur. C'est donc l'ascension perpétuelle vers une Vie plus haute ; libération du moi supérieur : l'âme. Mais, c'est la réalisation des énergies qu'elle contient.... Dieu : c'est l'expression de la Cause et de la Fin de la Vie.

Dieu ne se révèle ni par des mots ni par des signes apparents. Il s'exprime en l'être par la plénitude de Vie qui, soudain, anime l'âme. À ce moment, l'âme comprend Dieu ; l'âme saisit toute l'Harmonie de la Vie, la grande Unité des lois vitales, et s'extasie alors, sur la beauté, la générosité de cette Vie.

Dieu, alors, apparaît à l'esprit, non plus comme l’être abstrait, inaccessible mais, comme le Pouvoir de Vie, l'Intelligence et la Puissance créatrice. Ce n'est plus, comme l'enseignent les doctrines religieuses, un individu ou un être particulier mais, la fusion de tous les êtres, le réservoir intarissable de la Vie, et la synthèse de toutes les forces de Vie.

Dieu, humains, ne peut vous apparaître dans sa vraie nature que comme l'Intelligence des puissances vitales et la Source jamais tarie de la Vie. Mais, il faut aussi que vous compreniez qu'Il n'est pas seulement le Réservoir des éléments vitaux créateurs, mais encore, la Direction primordiale, la Conscience de cette Vie et l'Intelligence déterminante des lois secondaires de la Vie.

Dieu est l'Esprit Universel, Principe des fluides de Vie, et rien ne peut vous donner à vous, humains, l’idée de Dieu que le mot Âme Universelle. Oui, Dieu est l'Âme Universelle. L'âme est le principe, le moteur, le producteur de la Vie dans toute créature. Dieu est, pour l'Univers, pour le Monde dans son immensité, avec tous ses systèmes planétaires et ses différents modes d'être, la Source, le Principe de toute existence.

Dieu, pauvres humains, il vous est difficile de Le comprendre, même de loin. C'est la Vie dans son essence, dans sa splendeur ! La Vie à tous ses degrés, dans toutes ses manifestations et cela, sous une forme inappréciable à vos faibles sens, même psychiques, incommensurable à vos pauvres moyens d'investigation humaine. Comprenez bien ce mot : Essence de vie, c'est-à-dire Source première, suprême de tout ce qui est, de tout ce qui subsiste au ciel, sur Terre, dans l'Univers entier dont vous ne pouvez même imaginer l'étendue, ni la beauté et puis, donnez à ce Principe Suprême de Vie toutes les puissances, tous les apanages supérieurs à un degré infini et vous pourrez vous faire une faible idée de la Divinité ; vous pourrez au moins recevoir un pâle rayon de la Lumière qui est Dieu.

Dieu ne se révèle ni à l’intelligence ni aux sens et quels que soient l'étendue, le nombre, la puissance, la beauté des sciences humaines dans tous les domaines, elles ne pourront jamais donner à aucun être la prescience de Dieu. Il n'y a que par le coeur que l'homme puisse connaître Dieu, soit en aimant tout ce qui vit, soit en adorant intuitivement, instinctivement la Source inaccessible des merveilles prodiguées à ses sens.

Mais il n'aura vraiment une idée de Dieu que s'il peut comprendre toute la grande Harmonie, la Beauté et l'Unité de la Vie. II ne pourra se faire une conception, sinon plénière, du moins proportionnée et juste de Dieu, que s'il a compris ou plutôt s'il a senti la grande chaîne qui relie les êtres, leur fraternité Divine, leur communauté d'origine et de fin. Alors, par la notion de cette unité, de cette relation continue, il pourra comprendre que Dieu est l'Âme Universelle, Principe général de toutes les existences ; il pourra, s'il s'aperçoit enfin que la vie est Une sous mille formes variées et toujours renouvelées, concevoir que Dieu est infini et parfait. Mais, combien d'étapes devront franchir son intelligence et surtout son être psychique avant de pouvoir apercevoir, même sous de faibles apparences, l'Unité de la Vie dans l'Univers. Oh ! mes frères, si vous pouviez savoir, comprendre ce qu'est vraiment Dieu ! Si vous pouviez savoir qu'Il est la Vie à son état supra-intense et supra-parfait, et que cette Vie rayonne incessamment ; que cette Vie se donne généreusement pour se transformer, se propager, se multiplier et revenir au Grand Tout ! Si vous pouviez savoir ce que peut être le fluide universel qui crée sans cesse, et qui n'est autre que l'émanation éternelle de Dieu, vous auriez au moins conçu l'idée de Dieu. Mais, sachez-le bien, vous ne le comprendrez que lorsque votre âme : étincelle de Vie Divine, se sera assez épurée ou plutôt, aura suffisamment assaini son atmosphère spirituelle par des transformations successives pour pouvoir s'élever dans les régions psychiques où elle sentira le fluide de Vie qui émane de Dieu.

Tant que cette âme ne se sera pas assez vivifiée par l'Amour, ne vibrera pas des ondes génératrices de la Vie spirituelle, ne participera pas, par son rayonnement et ses efforts harmoniques à la Vie universelle, l'homme ne pourra avoir qu'une notion fausse de Dieu. Ce n'est que dans la Vie intensifiée de l'âme, par l'Amour universalisé, qu'il pourra monter, au moins par échappées, jusqu'au Foyer Divin, et ce n'est que là qu'il comprendra Dieu.

 

Qualités divines

La bonté et la perfection de Dieu éclatent dans toute la création. C'est la sollicitude qui règle toute son existence, sa subsistance et sa fonction dans le système d'êtres auquel elle participe ; c'est l'Harmonie qui met chaque être à sa place, là où il peut le mieux réaliser son maximum de Vie et concourir à assurer la vie générale ; c'est, enfin, le souci suprêmement paternel de la Providence de donner à la plus faible créature le moyen de grandir, de s'élever. Celui qui considère d'un peu près toutes les grandes lois vitales est ravi d'admiration devant les générosités de Celui qui crée la vie, et devant sa sollicitude et son désir de donner à chaque être un maximum de Vie dans un minimum de temps et d'espace ; n'est ce pas là l'indice d'une bonté infinie : que Celui qui fit la Vie s'oubliât jusqu'à se donner pour l'assurer, et que ce don se renouvelât sans cesse par le fait même de la grande loi de transformation qui assure à chaque parcelle de Vie une infinie de modes d'être ! Il n'y a qu'à regarder la Vie sous ses différentes formes pour être convaincu que Dieu est toute bonté, et que cette bonté ne s'arrête pas à créer mais, à assurer la Vie avec largesse en chaque être et en toute la grande fraternité des êtres ; mais, plus que n'importe lequel, l'homme peut juger de la bonté d'un Dieu qui ne lui a pas seulement assuré la vie mais lui donne encore, la conscience de son existence, et lui permet de découvrir sa cause et sa fin. Qu'a donc fait l'homme pour mériter un tel honneur ? Faut-il que le Créateur soit généreux et bon pour permettre à ses enfants de monter à Lui ! La Vie, dans son essence, par cela même qu'elle est la Vie, représente la somme des perfections, des possibilités de beauté, de lumière, de sagesse. La Vie n'a pas de limites, pas plus dans sa nature que dans ses attributions ; elle est la Vie, et par cela seul, elle contient tout l'absolu, tout l'infini que peut concevoir n'importe quel être, si pur, si profond soit-il lui-même ; et voilà pourquoi Dieu, que nous nommons Principe, Père de Vie peut être dénommé parfait et infini dans toutes les qualités attribuées à la Vie.

 

L’acte divin

Dieu était, et sut de toute éternité qu'il était. Dieu pensa et l'image de l'Univers se dessina. Dieu aima : de sa volonté puissante Il dirigea le courant de Vie dans l'image créée, et celle-ci s'anima ; celle-ci devint la création.

Dieu était parce qu'Il pensait ! Il fit la Vie parce qu'Il aima, qu'Il voulut se donner et ainsi, se renouvelle le mystère sacré.

L'amour Divin est le courant vital qui maintient la création et ainsi, dans l'Amour, la créature pourra refaire de la Vie.