II - Suprématie de l'esprit
En tout c'est la loi : l'inconscient doit obéir à l'intelligence, la matière à l'esprit, parce que l'esprit est substance Divine à l'état supérieur, et la matière est substance inférieure. Or, ce qui fait justement la cause de tout le mal, de toute la souffrance chez la créature consciente, c'est la violation de ce Principe vital. Tant que l'homme ne vivra pas par l'âme, qu'il soumettra celle-ci aux exigences de la chair et aux infériorités de la matière, il ne sera pas heureux parce qu’il ne sera pas dans la véritable voie, qu'il violera le Principe même de la vie.
L'esprit doit diriger, soumettre la vie matérielle ; l'âme doit être maîtresse chez l'homme de la vie charnelle, la commander, la dominer et ne pas permettre au corps de l'asservir. Ce serait renverser l'ordre Divin qui veut que l'intelligence prime et dirige la matière. Remarquez d'ailleurs, autour de vous, que dans toute la vie harmonieuse, vraiment en accord avec la loi Divine, c'est l'intelligence, c'est l'âme qui prévaut. Si l'homme veut bien étudier la vie de plus près, il verra qu'elle est dirigée par une Intelligence ou Esprit ; qu'elle n'est que l'expression d'une volonté, donc d'une force spirituelle. Comment, alors, oser asservir l'intelligence à la force inconsciente ! Comment faire obéir la force directrice à l'élément dirigé !
Non, mes frères, soyez-en bien convaincus : tout progrès, toute évolution véritable est le fait d'une victoire de l'intelligence sur l'inconscient ; de l'esprit sur la matière. Ne renversez donc pas l'harmonie Divine et n'allez pas contre la volonté créatrice. La matière devra obéir à l'esprit à cause de son infériorité d'origine et de sa moindre vitalité. Quelles que soient les exigences de la chair, c'est l'esprit, c'es le reflet de l'Intelligence Divine en vous qui doit commander la vie de l'homme ; c'est le corps qui doit être l'instrument, le serviteur de l’âme, et non l'âme l'esclave du corps.
L'esprit source de vie
Le corps n'est que la forme et le récepteur et le transmetteur mécanique de la vie. Seul l'esprit est créateur, principe Divin de l’intelligence et de la force Divines. Car, dans l'esprit se reflète la pensée Divine ou intelligence de la vie, et par l'esprit se transmet l'énergie Divine ou force vitale. Plus votre esprit est puissant, c'est-à-dire plus il est apte à recevoir le reflet de la vie Divine, plus il est facteur de vie dans l'Univers.
Mais pour qu'il devienne ce miroir et cette puissance, il faut qu'il se soit épuré, c'est-à-dire dégagé des liens pesants, obscurcissants, amoindrissants de la chair, et des voiles semi-matériels et aveuglants de l'orgueil intellectuel. Car nous le répétons, la chair, les enveloppes semi-matérielles de l'âme humaine, ne sont que de la substance à l’état inférieur et ne contiennent, surtout la première, qu'une infime quantité de vitalité Divine. Qu'elles soient nécessaires pour maintenir l'homme dans son plan de vie, là où il est le plus capable de comprendre la vie et de participer à l'oeuvre universelle, cela n'est pas douteux, mais le dynamisme spirituel est le plus puissant moyen d'action et de vie car il est la source même de la vie Divine dans l'être. Il faut donc que l’homme s'efforce de faire jaillir avec intensité cette source et pour cela, qu'il déblaie le terrain ; qu'il épure l'ambiance de son esprit ; qu'il permette à celui-ci de vibrer librement, intensivement. Alors, il pourra retrouver la vie Divine, ses vibrations s'harmonisant aux vibrations Divines de par la loi d'harmonie, d'attraction, l'intensité de celles-là devant se rapprocher de l'intensité de celles-ci. Plus les vibrations de l'esprit humain seront rapides, plus elles s'élèveront et s'identifieront au Foyer Divin, mieux l'esprit pourra puiser à la Source même la substance de vie qui lui donnera l'intelligence de cette vie.
Naissance de l'âme - La conscience
Ce que vous appelez éléments représente la substance de vie sous les états visibles qui subsistent sur votre planète.
La Terre représente l'état solide ; l'eau, l'état liquide ; l'air, l'état gazeux; l'électricité ou fluide, état éthérique visible ; la chaleur, l'état radiant ; la lumière, état radiant plus subtil.
Plus la matière se rapproche de l'état spirituel, plus le mouvement vibratile de ses atomes est rapide, plus elle est lumineuse et calorique, plus elle vit. La chaleur et lumière spirituelles ne tombent pas sous les sens physiques mais psychiques.
Et l'esprit est un foyer de lumière et de chaleurs spirituelles vibrant continuellement et produisant mouvement, par conséquent, vie dans tout l'être par les radiations qu’il y envoie. Mieux les radiations sont transmises par les enveloppes successives de l’âme, plus l'être total a de vie, de force, et aussi de puissance sur la vie ambiante.
Dieu anime tout de son souffle de vie : et les formes et les esprits. Les formes évoluent suivant la loi de progrès sous l'action du courant générateur : fluide vital qui passe en tout. Quand ces formes sont assez évoluées pour abriter une âme consciente alors, un esprit : rayon émané directement de l'Intelligence Divine, vient sous cette enveloppe. À mesure que l'être qu'anime une âme rudimentaire évolue, il prend conscience de sa vie, empruntant la connaissance à la vie qui l'entoure. C'est l'esprit ou rayon créateur qui fait évoluer l'être et le fait monter vers Dieu. Et c'est ce qui explique la double nature humaine. L'homme est l'union du principe fécondant avec la matière fécondable. Il représente et l'esprit et la matière créée et animée par l'esprit. Il est la synthèse de la vie sous ses deux grands aspects, universel et primitif : esprit et matière. Et la conscience lui est donnée pour qu'il puisse progresser sous le souffle de l'esprit.
La conscience est un cadeau Divin fait à la créature pour qu'il la puisse goûter, sentir la puissance et la beauté de la vie. Si elle demeurait esprit seul, ou matière seulement, elle ne pourrait devenir un être et ne se connaîtrait jamais, car elle n'aurait jamais de vie individuelle.
Oui, la conscience est donnée à l'être afin qu'il sache ce qu'il est, d'où il vient, et où il retourne. C'est le sceau Divin qui donne la personnalité, la vie individuelle et qui confère en même temps liberté et responsabilité.
La créature inconsciente subit le magnétisme Divin sans le connaître. Elle obéit aux lois de l'évolution mécanique qui la poussent à se rapprocher du type dont elle émane ; type qui, dans l'Intelligence Divine, est parfait. Quand la perfection de la forme est acquise, elle aspire à une évolution plus complète la rapprochant toujours davantage du centre Divin jusqu'au moment où la vie est suffisamment accentuée en elle, où la substance Divine vibre assez intensivement pour ressentir le courant d'intelligence Divine ou connaissance de la vie. Aux premières vibrations de substance spirituelle naît la conscience qui permet alors l'involution d'une âme dans l'enveloppe assez affinée, assez évoluée pour recevoir le courant spirituel. Ainsi peut donc se résumer la vie.
Mouvement ; de par cette loi, la substance Divine sortie du sein Créateur s'éloigne de Lui pour former une créature (d'abord inférieure). Sous le magnétisme Divin qui attire toute vie à Dieu, cette créature évolue, change ses enveloppes matérielles, les affine (évolution), augmente donc en elle la puissance vibratile de la matière qui la forme, jusqu'au moment où elle peut recevoir, en les percevant, les vibrations de l'esprit.
Alors cette créature devient consciente. La forme abrite une âme qui a une vie particulière sur laquelle elle a un certain pouvoir de direction.
C'est là que commence la véritable évolution avec ses luttes et ses triomphes. C'est à ce moment qu'elle apprend le bien et le mal.
Histoire de l'âme
La substance Divine se désagrège, s'amoindrit à mesure qu'elle traverse les cycles de vie et qu'elle descend aux plans inférieurs. À l'état de matière, elle recèle une faible part du courant vital Divin, elle s'intensifie par l'absorption des molécules de substance Divine ; cette substance possède en germe toutes les qualités Divines, c'est-à-dire les principes vitaux et la faculté de se connaître. À mesure qu'elle s'agglomère, elle vibre davantage et donne aux formes plus de vie, jusqu'au moment où ces formes peuvent recevoir et incarner un rayon de l'Intelligence Divine ou esprit. Alors, cette vie devient consciente et aspire elle-même à remonter au Foyer de Vie. Elle ne fonctionne plus seulement sous la force du courant vital universel mais, ayant la connaissance de la vie, elle peut d'elle-même évoluer. À ce moment, un élément nouveau fait la fusion entre la vie dans sa forme inconsciente, et l'esprit, trop pur pour s'allier directement à la forme ! C'est l'âme puisée à l'ambiance fluidique de l'esprit qui s'incarne. L'âme, c'est l'enveloppe dont se vêt l'esprit.
L'esprit reçoit et transmet à l'âme les vibrations d'Intelligence Divine, permettant ainsi à la forme de devenir l'instrument de l'esprit. Alors, l'esprit ou rayon d'Intelligence Divine, cherche à faire évoluer l'être qu'il anime, jusqu'à lui permettre de gravir un échelon de plus dans le grand plan Divin. Et, d'humanité en humanité, l'esprit, à mesure qu'il féconde l'âme et épure la chair, remonte à Dieu. Mais chaque esprit ou parcelle de la pensée Divine ayant en lui à l'état latent toutes les facultés Divines doit longtemps se chercher à travers les ténèbres des cycles de vie matérielle. Et ce n'est qu'en revivant par instant de la première vie qu'il a la connaissance de lui-même et de son origine. Mais pour cela, il faut que, loin de s'asservir à la forme du corps, il la domine, en fasse ce qu'elle doit être : instrument de travail, en vue de l'oeuvre universelle ; Dieu voulant que chaque créature participe, suivant ses moyens, à la constitution, à l'élaboration, au maintien, à l'évolution de la vie.
S'il se laisse asservir, il descend, et loin de revivre dans la lumière première et Divine, il n'y voit plus, prenant les perceptions de la forme pour des réalités. II vit alors d'une vie animale, oubliant la loi Divine et ne pouvant la retrouver que dans la souffrance qui, en lui prouvant l'imperfection, la moindre vitalité de la matière, lui rappelle son premier état. C'est là toute l'histoire de l'humanité. La genèse humaine est dominée par ce grand fait : que la forme humaine ayant accompli l'évolution nécessaire à sa fécondation spirituelle, cette union eut lieu.
Et l'esprit : parcelle rayonnante de l'Intelligence Divine, vint à lui, empruntant à l'ambiance fluidique l'élément de l'âme ou moyen de se faire connaître à la chair. Mais l'humanité, au lieu de continuer son ascension dans la conscience, dévie bien souvent au droit chemin. De là inharmonie puisqu'il y a violation de la loi Divine, et nécessité de la sanction pour faire comprendre sa faute au coupable ; souffrances et mal viennent de là. Et souffrances et mal disparaîtront quand l'humanité, non plus l'humanité élite, mais toute l'humanité, aura retrouvé la voie Divine et revivra par l'esprit : principe supérieur qui a fécondé sa forme ; ainsi, l'Esprit Divin animant tout l'Univers, soit par le courant vital universel qui passe dans les formes, soit par la flamme même détachée du foyer d'Intelligence Divine, c'est l'esprit qui, dans l'entité humaine androgyne céleste, doit prendre la direction, faisant évoluer la forme sous son souffle revivifiant, comme Dieu fait évoluer toute la substance émanée de Lui sous l'influx ardent de sa pensée ! Ainsi, comme l'Esprit Divin cisèle cette substance pour en former des créatures, ainsi l'âme humaine doit se purifier des besoins inférieurs, se détacher des exigences de la matière pour revivre davantage de sa vie réelle, originelle, et retrouver peu à peu sa forme Divine : flamme pure, subtile, puissante, de qui émane les vibrations vitales, faisant ainsi évoluer à sa suite la forme d'abord grossière, puis peu à peu subtilisée et épurée de son corps.
Alors, à mesure que ce corps s'épure, s'allège, jusqu'à n'être plus qu'un corps semi-matériel et fluidique, l'esprit revit davantage, intensifiant toujours plus ses vibrations. Et cela jusqu'à fondre sous leurs ardeurs les dernières enveloppes de ses incarnations fluidiques et redevenir la flamme Divine dont la puissance vibratile est si intense qu'elle atteint la force des vibrations des rayons Divins.
L'esprit alors retrouve son premier état. Il est redevenu le rayon pur du foyer Divin. Mais que d'étapes pour aller vers la vie consciente et revenir dans la conscience de son être au foyer dont la pensée, la volonté Divines dirige les rayonnements !
À mesure que sa forme s'affine, concentrant plus de substance Divine en elle, la créature augmente son pouvoir d'absorption de cette substance. Or, la substance Divine contenant les principes vitaux et Divins à l'état latent, plus la créature emmagasine de cette substance, plus elle s'assimile d'éléments de vie, et plus elle devient apte à comprendre, sentir la vie.
Quand cette faculté est devenue la conscience, alors, un rayon de lumière spirituelle : reflet de l'Intelligence Divine, féconde, vivifie cette substance. Et leur union devient une personnalité. À ce degré, le courant vital n'est plus seulement subi par la créature ; celle-ci ne se soumet plus inconsciemment aux lois de vie sans les comprendre, sans en avoir même la perception, mais elle prend sa part de la direction des forces de vie ; elle devient, à ce moment, un rouage intelligent, libre, de la machine universelle. Et c'est à décupler sa conscience, éclairer son intelligence intime qu'elle doit viser avant tout. Pour cela, elle doit donner à la flamme Divine qui brille en elle toute son intensité ; la laisser jaillir dans toute sa splendeur et, par une série d'incarnations, une suite d'évolutions progressives, arriver à se défaire complètement des formes pour ne vivre que par elle. Vivre par l'âme formée de substance Divine épurée possédant une puissance de vie intense et vibrant sous le courant Divin ou esprit, voilà où doit aspirer et parvenir la créature. Se dépouillant peu à peu des formes inférieures alourdissantes matérielles, l'âme doit redevenir lumière Divine, parcelle d'intelligence universelle et force vitale.
À mesure que la vie évolue, se rapproche du centre Divin, que sa forme se perfectionne, elle augmente sa vitalité et sa puissance vibratile par une plus grande puissance d'assimilation ou absorption vitale. Elle attire, concentre et retient en elle plus de substance Divine. Cette substance contient les principes Divins en germe et élabore elle-même de la vie. On voit que, plus la forme s'affine, se subtilise, plus la vie s'intensifie, et plus l'être, ressentant davantage le courant vital Divin, prend ainsi conscience et acquiert peu à peu la connaissance de sa vie.
À cet état, le courant Divin n'est plus seulement subi par la créature mais elle y aspire et le développe en elle. C'est la vie consciente, supérieure ou spirituelle qui se fait jour en elle-même ; à ce moment, sur le plan terrestre, la créature est devenu homme.
L'esprit est le courant d’Intelligence Divine personnalisé, individualisé, mis au service d'une créature devenue consciente et libre de le diriger. De là naît aussi la responsabilité. Du grand don de la conscience libre découle la loi des conséquences : la loi de justice qui exige que cette créature rende compte de l'emploi de la vie qui lui a été confiée avec le droit d'en disposer à son gré.
La spiritualisation donne le pouvoir de sentir le courant Divin qui anime l'Univers, qui réside dans la puissance de l'intelligence de la vie car, plus l'être évolue, avance, plus il intensifie en lui le courant universel et mieux il ressent les vibrations de la vie universelle ! Plus la conscience s'affine, plus elle s'assimile de substance Divine, jusqu'à se fondre bientôt en elle ; c'est alors, pour l'être, la communion avec Dieu, l'initiation ou connaissance suprême et bonheur total.
La conscience
La conscience ne peut naître dans une créature que lorsque la forme est assez évoluée et par conséquent, la substance vibre en elle assez intensivement pour ressentir les vibrations d'Intelligence Divine qui passent dans l'éther mais ne peuvent être perçues par tous les êtres.
L'esprit féconde la forme, la rend capable de recevoir le courant d'Intelligence Divine et lui donne la conscience intime par laquelle l'être comprend la vie. La conscience s'accroît à mesure que la créature s'épure, c'est-à-dire à mesure qu'elle aspire la substance Divine et intensifie la vie spirituelle en elle.
La matière opaque et dense met un voile sur la conscience, ralentit le mouvement vibratoire des molécules de substance Divine, ne permettant pas à la créature de ressentir les vibrations plus rapides de l'intelligence. Plus le courant vient de haut, plus le fluide de vie en est vibrant, et plus la rapidité de son mouvement et sa faculté de pénétration sont grandes. Mais, s'il rencontre des obstacles matériels il perd de sa rapidité, de sa pénétration, et n'arrive qu'affaibli à l'âme.
Pour percevoir, dans sa force, le courant Divin d'intelligence, il faut que l'esprit se dépouille des fluides grossiers d'une ambiance matérialiste ; il faut qu'il se dégage de l'atmosphère trop lourde de la chair et monte dans les régions où l'ambiance est légère et subtile, par conséquent plus vibratile, plus lumineuse. Plus le tissu se subtilise, plus la substance Divine reparaît en l'être dans sa vigueur primitive, son intensité de vie première. Mais, pour cela il faut que les tissus fluidiques accumulés par l'âme : la chair, voiles obscurcissant et alourdissant la vision intérieure disparaissent ou se subtilisent un moment, soit sous la suggestion de la volonté, soit sous l'ardeur de l'Amour ou, par le sommeil.
Alors, l'esprit dégagé des liens matériels peut plonger dans les champs de vision interdits aux yeux de l'intelligence ou du corps. Ainsi pouvez-vous comprendre que la conscience ou pouvoir Divin de l'âme ne peut être donné qu'aux êtres assez évolués par les formes pour fournir à cette conscience ou esprit l'élément convenable à son séjour dans la chair et sa faculté de pénétration.
Histoire humaine
Dès que l'esprit ou courant d'Intelligence Divine a fécondé un être dont l'âme naît (animal supérieur), celui-ci devient un être conscient, libre de sa destinée, et choisit les étapes et les formes de son évolution prochaine.
La loi est de monter mais il peut descendre (au moins momentanément) et s'incarner dans une forme inférieure à celle où il acquiert la conscience, mais l'âme humaine instruite de la vie Divine, fécondée par l'Amour Divin, doit se dégager des formes inférieures et vivre de la vie libre de l'esprit.
L'humanité terrestre erre encore dans l'ignorance, souffre et dans la chair et dans l'âme parce qu'elle méconnaît encore cette loi. C'est une évolution ascendante que l'humanité accomplit en ce moment. Le temps et l'espace étant illimités, il ne faut restreindre ni la durée ni l'envergure de cette évolution aux mesures humaines. Après le stade végétal et le stade animal, le stade humain est beaucoup plus long parce qu'il est transitoire entre la vie matérielle et celle de l'esprit, et qu'il réunit les deux formes de la vie dans un seul être pour en dégager, en libérer la forme supérieure. C'est toujours plus pénible de dégager, de libérer, de trouver une voie nouvelle, que de poursuivre le travail commencé et suivre le chemin tracé ! Ceci explique et la lutte gigantesque que l'esprit soutient contre la matière depuis le commencement de l'ère humaine et la lenteur du progrès humain, mais, aussi, légitime dans l'âme humaine : l'espoir infini Divin d'arriver à la perfection et au bonheur.
L'esprit est le foyer émetteur des fluides supérieurs, le transmetteur et le régulateur de la vie en l'être. C'est la flamme sortie du Foyer de Vie et qui anime une forme d'une vitalité intangible aux sens physiques, mais que les sens spirituels peuvent entrevoir ! L'esprit, c'est le souffle Divin qui embrase en l'être les molécules de substance Divine dans leur état vierge et que l'être inconscient ignore en lui. L'esprit est fils Divin : il naît de l'union de Dieu avec l'âme réceptrice du courant d'Intelligence Divine : flamme intérieure qui anime la créature. Il est comme la chaîne, le fil immortel qui relie la créature au Père de la vie.
Involution de l'esprit dans la forme
Le courant double de la vie se retrouve et dans l'organisation générale de la vie et dans l'activité particulière de tous les êtres ; courants appelés : involution et évolution, en un mot, force de vie émanée de Dieu, y remontant par une série d'existences. Dieu émet un rayon, créant ainsi une multitude d'âmes : parcelles de son âme à Lui. Tout ce qui vient de Lui est pur, vivant selon la loi de vie, mais la créature devient libre dès que la conscience lui est donnée. Pour arriver à l'homme, le rayonnement d'Intelligence Divine ou esprit doit passer par mille incarnations, s'alourdissant à mesure de la chute vers les plans inférieurs et plus matériels, et prenants, à chacun de ses séjours planétaires, une enveloppe renfermant les éléments fluidiques de ce plan. Ainsi, l'esprit humain enfermé dans une multiple gaine, sous les deux formes principales : matière et fluide, a dû passer par plusieurs plans graduels différents dont l'ambiance lui a créé les liens successifs qui le relient à l'âme elle-même : intermédiaire donc entre l'esprit et le corps. Les plans où doit passer un rayon d'intelligence, afin de féconder un être, lui fournissent des enveloppes fluidiques de densité de plus en plus grande à mesure que l'esprit descend, de façon à donner à celui-ci une gaine assez dense pour le maintenir en équilibre dans la chair. Cette enveloppe capable d'enregistrer et de transmettre les émanations de l'esprit forme l'âme en relation directe et mécanique avec le cerveau.
L'esprit a pour rôle de purifier l'âme et la forme qui la revêt ou corps, suivant une échelle d'évolutions accomplie dans un certain nombre d'incarnations qui ont pour but de donner à l'être plus de connaissance et de puissance spirituelle. L'âme qui évolue a conscience de son état et peut en avancer ou en retarder l’épanouissement idéal.
Dans cette évolution, comme dans toute la vie, l'individu dépend en partie de la collectivité ; les forces amassées autour de lui peuvent ou l'avancer ou le retarder dans sa montée. Le temps, ni l'espace n'ont pas de limites ; seule la loi Divine du progrès demeure inviolable en son principe et, pour ainsi dire, fatale. On peut donc comparer l'évolution complète d'une âme à une circulation fermée formant une chaîne dont Dieu est la Cause et la Fin. Arrivée à Dieu, cette âme reprend, suivant la volonté Divine, un autre mode d'involution et recommence à l'infini ses existences, ses manières d'être, ses formes.
Rôle de l'âme
Une âme est une masse de substance Divine capable d'enregistrer les vibrations de l'Esprit ou Intelligence Divine qui donne la connaissance. L'âme a, par le fait même de sa connaissance de la vie, une manière d'être particulière, qu'elle a le pouvoir de diriger, de personnaliser, de caractériser. C'est l'enveloppe fluidique capable de recevoir, de transmettre, de transformer le courant spirituel ou Divin. Et par extension, ou plutôt par pauvreté de notre langage humain, nous appelons aussi âme la masse de cellules de substances les plus évoluées qui reçoit le premier contact de la vie Divine dans le végétal et l'animal, et qui la transmet à toute la créature.
Mais l’âme véritable est le récepteur fluidique du courant spirituel Divin. C'est le moyen de manifester la vie supérieure Divine. C'est le moyen, pour l'être, de se connaître et de connaître son origine et sa destinée. Et par extension, c'est la masse de matière subtile qui reçoit les courants vitaux et les transmet au corps. L'âme, dans tous les cas, sous toutes les acceptations, est le lien entre Dieu et ses créatures, par conséquent : l'instrument de transmission de la vie sous toutes ses formes : physique et spirituelle.
La véritable vie - L'âme et l'esprit
L'enseignement du Christ contient tout le secret du bonheur ; non pas de ce qu'il est convenu d'appeler bonheur sur Terre, non pas de ce pauvre bonheur humain, ombre si pâlie de la félicité vraie, de ce fragile bonheur si difficile à échafauder, impossible à assurer et qui consiste en satisfactions matérielles ou égoïstes, mais du bonheur le plus élevé, le seul impérissable : celui auquel aspire finalement toute créature et réservé à tous les hommes par la miséricorde Divine mais que Dieu leur laisse le soin de conquérir par leurs efforts, leurs progrès et leurs luttes.
Où peut être ce bonheur pour l'être conscient de la vie qui est en lui ? Il ne peut venir que de l'emploi intégral, harmonieux et productif de Beau de toutes les énergies intimes de l'être. Il ne peut être que dans la vie intensifiée, purifiée, c'est-à-dire idéalisée ; la matière ne pouvant nous assurer la vie complète, c'est donc à l'être spirituel que nous la demanderons.
L'esprit est en nous l'étincelle Divine, la parcelle de la grande Âme Universelle qui donne et continue la vie à toute créature. L'esprit par lui-même est inaccessible, incorruptible dans son essence mais on peut humainement entraver ou, au contraire, étendre son influence vivifiante par une action sur l'âme. L'âme est une sorte de miroir transparent à double face qui reçoit les rayonnements de l'esprit, les transmet, comme il reçoit les impressions et perceptions externes. L'âme est, en somme, le moyen des manifestations de la vie de l'esprit. Elle est d'essence humaine et comprend les facultés (pouvoirs et moyens) de volonté, intelligence, sensibilité. Elle se trouve forcément appropriée à l'ambiance où doit vivre l'homme, et se trouve protégée et reliée au cerveau par une enveloppe semi-matérielle que nous nommons périsprit !
Dans l'enveloppe de l'esprit se rencontre donc deux éléments : la substance émanée directement du Principe Divin essentiel de Vie ; et le fluide ambiant, à la fois récepteur et transmetteur, emprunté au milieu et modifié à la fois par toutes les influences, réactions et acquis du passé et du présent. C'est ce fluide enveloppant l’âme et formant le périsprit qui enregistre les influences des agents extérieurs (ambiance, hérédité, éducation, exemple) ou, plus précisément, les émanations des autres esprits, et qui réagit à son tour sur ces éléments.
Le caractère n'est que la résultante des actions et réactions de l'âme sur le périsprit au cours des existences passées, toutes y laissant leurs empreintes. Et le souvenir n'est que la nette réapparition de ces empreintes sous le coup de fouet de la volonté, de l'émotion ou de la suggestion.
L'enveloppe péripristale enregistre et transmet, même pendant le sommeil, les radiations internes et les perceptions externes. Il y a donc sans cesse, entre l'esprit, l'âme et le corps, un double courant de vie mentale ! Les vibrations puissantes de l'esprit contribuent à épurer, subtiliser le fluide ambiant, à condition que l'âme n'entrave pas son action.
Les rayonnements de l'âme sont d'autant plus ardents et lumineux que l'esprit a une action plus étendue sur elle, c'est-à-dire que l'ambiance de l'âme est plus pure. Ce qui se passe dans le domaine physique peut donner une idée de ce phénomène ; les rayons d'un foyer de chaleur ou de lumière parviennent d'autant mieux que l'atmosphère qu’ils traversent est subtile et pénétrable.
L'esprit est ce foyer : il est le principe actif et supérieur de l'être. C'est par lui que l'homme finit par connaître la raison intime des choses et la vérité suprême ; c'est par lui que l'homme connaît Dieu. Et c'est sur lui, directement, qu'agit la grâce Divine ou influx Divin, secours d'en haut qui se traduit en l'être par l'initiation : illumination intime ou Foi suprême.
Dieu, Foyer de Vie, de lumière, de vérité, intensifie en nous la vie, c'est-à-dire dévoile à l'esprit humain la vérité Divine, fait sentir sa présence. L'esprit rayonne l'enseignement Divin sur l'âme si elle est prête et propre à recevoir ses émanations. Ces radiations s'étendent alors sur l'enveloppe péripristale qui les communique au cerveau, qui les traduit en langage humain.
Et l'on conçoit ainsi, comment les radiations d'un esprit peuvent impressionner d'autres esprits, et ainsi s'explique très bien le rayonnement et l'influence bienfaisante des belles âmes sur ceux qui les approchent.
L'homme véritablement élevé n'est donc pas celui qui sait et peut le plus par les moyens seulement humains qui puisent sa science à la source humaine seule, mais qui la reçoit de Dieu ! L'âme la plus belle est celle qui se rapproche le plus du Principe Divin, qui vibre le mieux de la vie universelle. L'âme vit d'Amour. L'âme est tout Amour. Celui qui aime vraiment, d'un coeur élargi, d'un amour universalisé a donc en lui-même la vraie vie, l'unique vérité, quand bien même son intelligence humaine ne le comprendrait pas.
L'esprit vraiment évolué est celui qui rayonne sans rien demander, qui donne sans prendre, parce que cela, c'est l'acte suprême de vie. C'est l'acte Divin lui-même. Et l'Amour réalise cet acte !
Mais, pour parvenir à cette vie intensifiée, pour que l'esprit puisse vivre de toute sa vie et l'extérioriser, il a besoin d'un terrain favorable où se puissent faire les échanges avec l'extérieur ; le terrain, c'est l'âme épurée, ce sont les facultés humaines spiritualisées, ou mieux, impersonnalisées, universalisées par le désir de faire du bonheur autour de soi. Pour parvenir à cela, il faut développer ses facultés en vue du bien altruiste, il faut s'efforcer d'aimer, de servir les autres par l'action, par la parole, la pensée. Les facultés humaines de la volonté et de l'intelligence tendues vers l'idéal humanitaire prêteront un concours efficace à l'esprit.
Et, ce n'est que lorsque votre bonne volonté est suffisante que vous avez fait humainement tous vos efforts, sans vous lasser, sans vous décourager, que Dieu vous éclaire intérieurement et que vous comprenez vraiment. Cette lumière interne est si puissante qu'elle détermine en l'être un état de vie surhumaine. À ce moment, l'âme communie vraiment avec Dieu et toute la vie. Voilà pourquoi les enseignements Christiques contiennent le secret du bonheur le plus pur et l'aliment substantiel par excellence. Répétons-le : ce qui alimente et revivifie l'âme, c'est l'Amour. Aussi, est-ce par Amour qu'on élèvera et purifiera les êtres.
Il n'y a qu'une seule voie : suivre le Christ en s'efforçant d'élargir son cœur humain par l'altruisme ; en recherchant toujours le bonheur des autres, jamais une satisfaction égoïste ; enfin, en priant, en demandant humblement la lumière Divine. Jamais le ciel n'abandonne celui qui, courageusement, recherche la lumière et met sa conduite en accord avec la Foi chrétienne. Qu'on ne traite pas d'utopie cette vérité, et que les plus sceptiques fassent l'expérience loyalement ; ils seront émerveillés du résultat.
Les enveloppes de l'âme
Le passé spirituel d'un homme peut se lire sur son visage, au rayonnement de toute sa personne. L'Amour, accumulé par de longues existences d'altruisme, se traduit par la douceur du regard, le calme des traits. De tout l'être dont le passé spirituel est pur émane une ambiance délicieuse, saine, à l'âme et même au corps.
Chaque être porte avec lui le sceau de toute sa carrière spirituelle, et il n'est pas rare de voir des êtres devenus meilleurs, souffrir encore de l'ambiance accumulée autour de leur être psychique avant leur évolution. Et il est des humains qui, malgré la simplicité de leur vie, la pauvreté de leur savoir semblent incarner la plus grande source de science et la plus haute puissance d'âme. C'est que le passé reste un acquis et ce passé, s'il tut fort et grand, demeure dans l'avenir de l'être comme une source inépuisable où l'être du présent trouve une vie intime très intense.
Les transformations de l'être psychique. L'âme, ou ce que vous appelez âme, est un être complexe, et il est difficile à votre état humain d'en connaître la fonction pure et la destinée dernière. Le rayonnement Divin en chaque être ne pouvant directement s'allier à la matière, il a fallu à votre âme passer par différents états, subir diverses transformations et prendre plusieurs enveloppes avant de pouvoir parvenir à subsister dans la chair. Ces différents états comportent, en leur ensemble, toute la série des états de la substance Divine, dans toutes ses manifestations, jusqu'à l'enveloppe visible à vos yeux psychiques : enveloppe fluidique ou éthérée.
Si vous poussez plus avant vos recherches, non seulement mentales mais psychiques, vous constatez qu'il existe un état que vous pouvez traduire par le mot chaleur : état producteur de vie et de force intime, et qui assure le mouvement ; état vibratoire, si vous le voulez, et qui met en mouvement les atomes d'un fluide déjà épuré et subtil. L'enveloppe la plus rapprochée de l'âme est lumineuse et vibre avec une intensité que vous ne pouvez apprécier.
Les enveloppes de l'âme s'étendent au corps, en suivant toutes les sinuosités, comme un tissu élastique, si bien que le corps physique détaché par la mort, il reste autour de l'âme l'empreinte fluidique lumineuse de ce corps ; empreinte qui permet à l'esprit de le reconstituer avec les éléments pris au dehors sur les mêmes formes.
À mesure que l'enveloppe s'éloigne de la flamme Divine qui est esprit, elle devient plus dense, plus sombre aussi, pour arriver à être opaque dans la chair. Et il est des êtres inférieurs à l'homme qui, suivant le milieu où ils vivent, sont recouverts d'une enveloppe encore plus épaisse, plus lourde que la chair. L'âme qui s'épure graduellement rejette peu à peu toutes ses robes pour redevenir, à l'état tout à fait évolué, une flamme entourée d'un voile subtil et lumineux. Oui, à mesure que cette âme s'élève, son tissu protecteur s'allège, devient plus clair, et les cellules qui le composent vibrent avec un mouvement plus rapide. C'est le signe des êtres supérieurs : que la puissance des vibrations spirituelles qui dénote l'activité de l'âme.
Le tissu cérébral représente le tissu de transition entre le solide et le liquide ; les sérosités cervicales, sans cesse en échanges et combinaisons gazeuses, représentent la transition entre le liquide et le gaz. La première enveloppe fluidique est l'état transitoire entre le gaz et l'éther plus pur et déjà puissamment vibratile.
Évolution générale de l'âme
Quand un rayon de vie émané du Foyer Divin commence son involution, il suit un ordre ; ordre voulu par l'harmonie Divine qui doit assurer sa vie dans chaque plan, en concordance avec celle de l'Univers tout entier.
Le rayon Divin représente un type d'êtres, dont il garde l'empreinte, afin de donner naissance, de par la loi de répercussion de la vie, à des êtres semblables devant vivre sur le même plan ou sur un plan similaire.
L'évolution d'une parcelle Divine ou âme n'a pas de limite de temps, ni d'espace ; cependant, elle doit suivre, selon sa direction première, une ligne de vie déterminée par sa constitution elle-même, et passer par un système planétaire, variant avec chaque type créé. Quand cette âme a terminé, au bout de milliards d'années, la série de ses incarnations d'involutions et d'évolutions, qu'elle est revenue au Grand Tout, au Foyer, dont la pensée Divine dirige les rayonnements, elle doit, suivant la volonté de Dieu, reprendre une autre série d'involutions et d'évolutions dans un autre ordre planétaire. Vous ne connaissez que le système planétaire visible à votre Terre, mais il est d'autres planètes invisibles dans l'espace, dans l'onde, l'éther où, sans cesse, descendent et évoluent des rayonnements Divins.
Comme dans un foyer aucun rayon n'a exactement la même structure ni la même intensité, ni la même direction que les autres, les rayons ou âmes émanées de Dieu se classent parmi une catégorie différente suivant un ordre défini qui est, en somme, leur itinéraire à travers l'Univers ; ordre qui varie avec chaque catégorie d'esprits et qui laisse à l'être conscient la liberté d'évoluer sur des plans secondaires tout en respectant l'ordre général Divin de sa constitution première. Cet itinéraire est rapide pour les âmes qui veulent suivre la loi Divine ; elles remontent vite au Foyer Suprême. Il est plus long, plus obscur, plus voilé, plus rude pour celles qui, dès l'origine, se mettent en désaccord avec la loi de vie.
Alors, ces âmes errent plus longtemps et connaissent la souffrance et le mal avec plus d'acuité. Ainsi, aucun point de l'espace n'est inhabité, ni isolé dans l'Univers, et chacun recèle un nombre considérable d'êtres qui involuent ou évoluent : qui descendent ou remontent la grande chaîne de vie que Dieu ferme et commence.
Pouvoirs divins en l'homme
La substance échappée de l'Esprit Divin contient, à l'état premier, toute la puissance de vie et d'intelligence de Dieu. La pensée qui la féconde et la volonté qui la dirige se transmettent par les vibrations qui animent cette substance à tous les plans de vie ; plans nombreux et incommensurables. Ainsi, par le mouvement même jailli des profondeurs du Foyer Divin se transmet la vie.
Ainsi, la substance émanée de l'Esprit Divin contient toutes les facultés et les puissances Divines ; facultés et puissances qui vont s'amoindrissant à mesure que la substance se raréfie et pénètre dans les plans matériels. Le mouvement est le signe de vie ; les vibrations Divines sont d'une intensité, d'une rapidité, d'une puissance inaccessibles à vos sens et à votre intelligence ! Mais il est facile de comprendre que, de par la loi d'attraction, quand une molécule de substance Divine, après avoir passé par les formes inférieures, a accru sa puissance d'absorption vitale jusqu'à posséder en elle une quantité appréciable de force Divine, elle acquiert la faculté du mouvement, puis celle de l'intelligence et aussi celle de la liberté ! Ainsi se résume l'échelle de l’évolution.
Vie, mouvement, intelligence et liberté, alors : puissance d'agir. Ainsi, pouvez-vous comprendre, mes frères, que l'esprit est de la substance Divine à un degré de puissance vibratile très élevé et, par conséquent, proche de Dieu. À mesure que s'épure l'ambiance de l'esprit, s'intensifie son mouvement vibratile et par conséquent, vivifiant, créateur. La pensée humaine, comme la pensée Divine crée, imprègne la substance Divine d'intelligence, et lui donne des formes et des fonctions. Et plus l'esprit est puissant en l'homme, c'est-à-dire plus il s'est dégagé de la matière ou substance presque inerte contenant, dans la moindre proportion, la puissance de vie, plus l'homme devient capable de comprendre, de diriger la vie ambiante : synthèse affaiblie mais réelle et complète des facultés Divines ; son âme peut, comme l'Esprit Divin, diriger les courants de vie et créer par la pensée des êtres actifs, bons ou mauvais !
La liberté et le pouvoir de la pensée (ou intelligence et puissance de la vie) créent à l'homme une lourde responsabilité, et peuvent être pour lui une cause de souffrance en devenant une occasion de dévier de la voie Divine s'il ne met pas la puissance Divine qui lui est confiée au service de la cause de la vie.
Oui, l’homme est l'image de Dieu par la force de pensée, l'intelligence et la volonté qui lui sont dévolues. Et plus grande est sa puissance spirituelle, plus lourde est sa responsabilité devant la vie, et plus grand est son devoir de faire le bien, c'est-à-dire de concourir à maintenir la vie dans la direction Divine.
Mes frères, songez-y : vous avez en vous le reflet Divin. Vous possédez, par l'âme, un pouvoir merveilleux Divin ; un pouvoir créateur ! Et ce pouvoir peut être, à votre volonté, employé dans le sens Divin éternel ou, au contraire, contrarier le sens de la vie ; songez à quelle responsabilité, devant la vie universelle, vous entraîne ce don précieux, et tâchez de comprendre que le secret de votre bonheur est dans l'obéissance aux lois Divines, parce que ces lois sont organisatrices, propagatrices, défenderesses de la vie, Alors, si vous avez compris cela, efforcez-vous, mes frères, de bien connaître ces lois, et de ne jamais, oh ! Jamais, pour votre tranquillité et votre bonheur, de ne jamais les violer.
Une molécule de substance Divine vibrant avec intensité possède un certain pouvoir et d'attraction et de transformation sur les molécules dont la puissance vibratile est moindre. L'esprit : substance Divine éminemment vibratile, puisque, recevant le courant Divin dans son intensité première, a cette faculté. Il peut réaliser, à un degré encore inconnu de votre science matérialiste, ce que le chimiste, le physicien s'appliquent avec acharnement à réaliser : reconstitution instantanée des corps ; l'esprit a ce pouvoir à l'état latent.
Il peut grouper les molécules de manière à en former des corps, des êtres, parce que doué de puissance vibratile pénétrante et d'intelligence Divine, il peut agir sur la substance dans ses états inférieurs. Ainsi, l'homme a en lui un pouvoir Divin ; pouvoir, sinon créateur, du moins reconstituant ou dissociant des molécules de matière.
Les forces naturelles sont les filles inconscientes du Grand Courant vital émané de l'Esprit Divin, pensées par l'intelligence Divine, dirigées par la volonté Divine et animées de l'Amour Divin. Ainsi arrive à la création, par ce courant, toute la vie Divine.
Ces forces naturelles obéissent à l'ordre Divin mais, sous les courants émis des esprits, des créatures peuvent dévier de l'ordre premier. Chaque parcelle de l'Esprit Divin, chaque âme est à l'image de Dieu : créatrice ou plutôt, directrice de courants vitaux secondaires. Ainsi, chacune peut ou contribuer à assurer la vie ou, au contraire, la contrarier, l'entraver. Or, toute créature contient une parcelle de l'Esprit Divin mais n'en devient vraiment possesseur que lorsqu'elle en a conscience. Alors, elle a, à ce moment, une vie individuelle, une personnalité qu'elle forge par les actions et les réactions de ses facultés, sur le principe Divin. Ainsi naît le caractère dont les traits s'impriment dans l'enveloppe secondaire de l'âme et qui reparaissent à travers les existences ou formes charnelles de la vie spirituelle et que la volonté, traduite par la pensée et les actes, peut faire varier.
Ainsi, l'homme est bien le fils Divin ayant en lui tous les principes de vie Divine et le pouvoir de les employer suivant sa volonté (caractère de sa personnalité).
La loi de l'âme
L'âme jaillie du Foyer Divin doit y revenir. Longtemps elle erre, cherchant la véritable voie, le chemin qui la ramènera au refuge. Que de souffrances, de déceptions avant de retrouver la voie mais aussi, quel triomphe quand, enfin, elle sent qu'elle remonte à Dieu. Avec quelle envolée elle parcourt la voie lumineuse et comme elle va vite alors, cette âme, sur le chemin de l'infini de la vie ! Pauvres âmes humaines égarées, encore dans le maquis des routes planétaires, ne trouvant pas encore la voie de prédilection : la voie libératrice ! Priez, priez ! Priez et soumettez-vous, car ce n'est que dans la soumission à l’ordre Divin que vous pourrez trouver la lumière. Votre voie est tracée, mais tant que l'orgueil vous aveuglera, l'égoïsme vous glacera vous ne trouverez pas la voie Divine; vous demeurerez dans l'ombre et le froid des séjours inférieurs. Mais, dès que l'Amour et la soumission vous prosterneront aux pieds du Sublime Maître, quand de toutes vos forces vous implorerez secours et lumière et vous accomplirez la volonté éternelle du bien et du progrès, alors le grand voile des ténèbres se déchirera pour vous. Libérées, joyeuses, âmes malheureuses, vous remonterez au Berceau éternel ; mes soeurs, c'est la justice de la loi Divine éternellement sage.
La solidarité spirituelle
La chaîne des âmes est ininterrompue. Elle part de Dieu pour remonter à Lui. Chaque parcelle de vie subit une évolution descendante puis ascendante. La première, comme inconsciente, insensible, et la seconde évolution, progressive, consciente ! C'est un courant perpétuel de Dieu à l'Univers. Les êtres qui on déjà passé par les cycles planétaires inférieurs et qui savent déjà reviennent en mission afin d'enseigner les âmes ignorantes, les faire évoluer. Et, à chaque grande évolution d'une planète se retrouve la cohorte des âmes évoluées qui recommencent une involution pour permettre aux êtres encore inférieurs de monter.
La loi de l'âme
Plus l'âme s'élève, plus sa vie devient active, utile, intéressante. C'est le fait même de la vie de s'intensifier et de décupler ses efforts en s'épurant. Tout ce qui gène encore les élans, les manifestations de la vie inférieure sur Terre disparaît à mesure que l'âme s'affine, s'allège de ses enveloppes péripristales. La chair est l'un des plus grands obstacles à l'intensité de la vie.
La pensée peut vaincre la distance, passer par-dessus les plus hautes montagnes, traverser les océans, plonger dans les éthers, fouiller la vie dans ses aspects les plus cachés, mais s'il s'agit de matérialiser la pensée par l'acte, immédiatement le corps met une barrière, un obstacle au désir ardent de l'âme.
Voilà pourquoi il vous est si difficile de posséder ici-bas la vérité. Ce n'est que lorsque l'âme peut aller libre et légère qu'elle déchiffre les secrets Divins et goûte aux voluptés de la vie éthérée. Mais, vous comprenez qu'elle ne parvient à se dégager de la matière, à dénouer les liens fluidiques pesants qui l'attachent à la Terre qu'en s'épurant, qu'en éclaircissant, assainissant son ambiance, qu'en intensifiant en elle le rayonnement premier et Divin.
Sous la clarté éblouissante et la chaleur ardente qui se dégagent de l'étincelle Divine, les enveloppes opaques et sombres s'amincissent, s'éclairent, se subtilisent, et l'âme, alors dégagée, semble vivre plus librement déjà. Et il faut bien, pour permettre à l'âme de vivre dans son ambiance lourde et sombre, lui donner une enveloppe appropriée à cette atmosphère.
Justement, parce qu'elles sont lourdes et opaques, ces enveloppes gênent l'âme qui a déjà une vie intensifiée, et voilà pourquoi ceux qui viennent des plans supérieurs se sentent si mal à l'aise sur votre planète ; pourquoi ils semblent y passer en étrangers ; pourquoi ils paraissent, à la majorité des hommes, des fous et des utopistes. C'est que le reflet de l'âme en eux est tel qu'ils souffrent de le sentir voilé par l'ambiance trop dense de la Terre. Mais ce qui fait justement leur force et leur influence sur les hommes, c'est la puissance du rayonnement de leur âme qui éclaire et réchauffe les êtres qui les entourent.
Ces âmes ne sont ici qu'en mission, et leur seul souci, leur plus grand besoin est de répandre la vérité ; d'apprendre aux hommes à s'épurer, à vivre par l'âme de la véritable vie, de la vie Divine.
Plus l'âme s'éloigne de Dieu, plus se refroidit le Foyer Divin en elle, plus elle s'enveloppe de couches épaisses et denses, et plus elle vit d'une vie égoïste. À mesure qu'elle s'éloigne du Grand Tout, du Foyer de Vie dont elle n'est, à l'origine, qu'une étincelle, elle prend conscience ou plus tôt, (fausse notion) qu'elle est un tout particulier, et qu'elle peut isoler son être ; bientôt elle tombe à l'égoïsme alors que, dans les sphères élevées, l'âme vit pour l'Univers, qu’elle ne dégage pas sa personnalité égoïste, et ne s'en fait ni un but de vie ni un apanage. Dans les régions inférieures, l'individualisme devient la loi de vie brutale matérielle, jusqu'au moment où la lutte des égoïstes force l'être à la conservation et à la défense ! C'est ce que font d'ailleurs le mal et la souffrance des plans inférieurs.
Les esprits enfoncés dans la matière ont oublié l'ordre Divin et en eux s'est voilée la grande loi de vie, et ils ont borné leur source d'être à eux seuls ; si bien que, leurs soins allant à l'encontre de l'ordre de vie lui-même qui veut que le Grand Tout Divin demeure une association et une harmonie, ils ont créé la perturbation, le mal ; le mal s'est accru par l'accumulation des fautes individuelles, et il arrive alors que l'homme doive apprendre la loi de conservation avant celle d'altruisme. Quand il a compris comment il peut vivre, se développer individuellement, il s'aperçoit, cependant, qu'il ne réalise ni la plénitude de vie ni le bonheur, et que le choc des puissances individuelles, la lutte des intérêts particuliers amènent la souffrance et le malheur. Alors, s'il sait s'élever au-dessus de l'horizon égoïste, il comprend que cette plénitude de vie et ce bonheur ne se trouvent que dans le don de l'individu au profit de tous, et que l'emploi des forces individuelles à l'amélioration de la vie générale est dans tous les domaines.
Quand il a compris cela, il remonte peu à peu aux sphères supérieures, car il a ressaisi en lui la notion du Divin, et le sens, l'ordre de la vie véritable. Plus l’âme se dépouille alors de ses soucis égoïstes, plus elle s'élève. La facilité suprême est dans la fusion, l'oubli d'elle dans la vie universelle. À ce degré d'évolution, elle est tout à l'ait spiritualisée, et retrouve rapidement le chemin Divin où résident l'Harmonie et le bonheur Divins.
Mais nombreuses et douloureuses sont les étapes de l’ascension, car le mal qu’il a voulu créé, par la violation répétée de la loi originelle Divine, doit se réparer par autant de bien, et l'âme doit peu à peu faire fondre sous son rayonnement épuré, les enveloppes opaques qu'elle s'était imposées, tissées en s'éloignant du Foyer Divin. À mesure qu'elle remonte à ce Foyer, elle s'allège, s'épure, retrouve sa liberté première et son intensité de vie. Arrivée au but suprême, elle se fond avec délices dans le Grand Tout. N'ayant plus alors aucune prétention, ni aucun souci de vie égoïste tant elle fait cohésion avec la vie universelle.
Oui, la vie individuelle est la forme inférieure de la vie, et l'égoïsme met un voile épais sur la flamme Divine de l'âme. Celle-ci ne revit que sous les vibrations puissantes et Divines de l'Amour et de l'altruisme, parce que l'Amour est de loi primordiale et Divine de la vie que Dieu : Foyer de Vie, se donne incessamment dans l'Amour des créatures.
Quand un rayon de vie s'échappe du Foyer Divin il est pur, ardent, et n'a pas même conscience de son existence particulière ; il fait encore partie du grand Foyer. Et ce rayon est une chaîne d'âmes. Si l'âme, libre cependant de sa direction, ou entraînée par des forces invisibles, pénètre dans les plans inférieurs, elle s'alourdit, se refroidit et aussi s'éteint.
La lumière et la chaleur Divines qui rayonnent d'elle au sortir du Foyer Divin s'atténuent peu à peu ; sous les épais fluides des sphères où la matière est maîtresse, elle s'obscurcit et se refroidit davantage. C'est ce qui explique que l'âme humaine, perdue dans l'obscur tissu fluidique du monde terrestre, puisse à peine retrouver la voie Divine et ignore longtemps son origine. Mais, que par son application, sa volonté elle aime et se donne, alors cette âme déchire les enveloppes épaisses ; elle se sent revivre ; elle retrouve vite le chemin céleste.
Pauvres âmes noyées dans l'épais et glauque fluide du matérialisme, éteintes sous les terres froides et rageuses de l'égoïsme ! Quelle est votre souffrance ! Vous ne connaissez de la vie que l'ombre et le froid ; vous ne voyez d'elle que ce que vos yeux et votre pauvre intelligence vous en révèlent ; vous ne sentez d'elle que ce que vos sens imparfaits, grossiers vous en permettent de voir. Oh ! si vous saviez comme on vit dans la lumière et la chaleur ! comme on est bien à l'aise, comme on vit vraiment dans le bain purifiant de l'Amour altruiste ! de l'Amour universalisé ! Frère, qui semble borner ta vie, ton espoir d'être aux pauvres limites de l'existence humaine ; qui semble fermer ton horizon aux pauvres visions du monde terrestre de beauté, que de vie, que de félicité tu te refuses ! Si tu savais que tu éteints peu à peu en toi, par ton égoïsme monstrueux et ton matérialisme épais, la Divine flamme qui rallume l'espoir, la Foi, le Divin flambeau de vérité : l'âme ; si tu savais quelle vie donne à tout l'être l'épanouissement du coeur, et si tu savais qu'on ne souffre pas et qu'on ne meurt jamais quand on sait aimer. 0h ! Mon frère, quand je te vois aigre, méchant, cupide, ainsi resserrer les Divins réseaux de la vie à ta seule misérable personne ; quand tu crois augmenter ta part de bonheur en volant, en rognant celle des autres, oh! Quelle pitié c'est en mon cœur, parce que tu méconnais, tu violes ainsi la loi même de vie. Vivre, vois-tu pauvre frère ignorant, mais bien-aimé quand même, c'est laisser jaillir la flamme Divine qui coule en toi ; c'est laisser parler, c'est laisser vibrer ton âme.
Et ton âme ne se plaît que dans un rayonnement d'amour ; la Divine, mais fragile flamme s'éteint vite sous l'épais voile de l'égoïsme. Et, craintive alors, elle n'ose t'éclairer.
Mais, frère aimé, écoute-nous, libère la Divine étincelle, laisse jaillir, comme un foyer renouvelé le feu Divin qui brûle en toi ; aime, aime, oh ! Aime. Aimer, c'est élargir l'horizon de son être, c'est amplifier, agrandir sa pensée, c'est avoir une raison de vivre et un motif éternel d'espérer.
Aimer, mon frère, c'est faire de la pauvre vie humaine une parcelle de vie Divine, et c'est l'immortaliser. Aimer, c'est parfumer son sillage spirituel, c'est embaumer sa vie et celle des autres, c'est passer dans la foule comme dans un parterre vivant ; c'est semer la douceur, la joie, la consolation. Aimer, c'est aussi déchiffrer le grand mystère Divin, c'est communier avec Dieu, et c'est comprendre la vie dans toute son Harmonie, sa puissance, sa beauté. Aimer, c'est être, ici-bas, véritable enfant Divin, et c'est remonter avant l’heure au céleste Berceau des âmes. Aime, aime donc ! Parce que ton âme ne peut vivre que d'Amour, et parce que, frère bien aimé, l'Amour, c'est le pain de l'âme.
Aime en te donnant à tout malheur, en te sacrifiant à l'humanité. Aime en recherchant toujours, avant ton propre bonheur, celui de tes frères. Et tu verras, mon frère, que tu comprendras vraiment ce que c'est que la vie, ce que c'est que l'âme, et ce qu'est Dieu.