Le Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec


Histoire humaine

I. – Origine humaine

Certitude de l'âme
« Rien ne se perd, tout se transforme. » Cette loi, admise par la plus matérialiste des sciences, n'est pas vraie seulement pour la matière, c'est-à-dire la forme extérieure de la vie, mais pour la vie elle-même. Comment admettre, d'abord, que la matière inanimée par elle-même se meuve, vive, se développe sans le secours d'un agent autre qu'elle-même ?
Âme ou courant vital, ce moteur existe et, qu'il prenne naissance dans la vie créée ou en Dieu : Source Même de vie, il est. La vie change ses formes mais demeure en tout Une, même sous ses mille aspects externes.
Et le courant vital qui anime les êtres ne peut finir avec l'enveloppe corporelle, charnelle, externe de cet être, parce que ce courant vital peut se transformer en énergie, en mouvement, mais ne peut finir puisqu'il est vital.
L'âme est le récepteur du courant de vie reliant la créature à la Source Même de la vie — ou Dieu — et, si l'âme épouse mille formes, elle demeure ; l'âme est immortelle et assure la continuité du courant vital dans les formes qu'elle anime, de même que la nature, sous les courants divers de vie évolue, se transforme mais ne meurt pas. Nier l'âme c'est nier le courant vital en l'être, et affirmer que la matière vit et propage la vie d'elle-même, et qu'elle tient son mouvement ; mouvement conscient, réglé, intelligent du néant.
L'âme, pour le matérialiste, est synonyme de cerveau. Le cerveau, matière charnelle, peut-il, par lui-même, penser, sentir, vouloir ? Un tas de moelle peut-il donner la vie à tout un organisme et à une vie consciente qui se connaît ? Qu'il soit récepteur physiologique de la vie supérieure, oui ! Mais son Promoteur, non ! À ce compte, si le cerveau est principe et moteur de la vie, il ne devrait pas finir avec la chair ; il devrait être supérieur aussi à la matière puisqu'il la commande. Encore une fois, non ! ce ne peut être le cerveau qui soit créateur, propulseur de ces échappées d'idéal qui s'appellent : Art, Foi, Amour. Il faut, en l'être humain, un autre ferment de vie répondant mieux à ses aspirations; moteur immatériel, principe inaltérable par lui-même.
Principe aussi de force intelligente consciente dont l'émanation se nomme : pensée, et qui anime la chair de son souffle Divin.

Certitude de l'âme, principe immortel
Si l'âme n'était pas ou n'était qu'un organe physique, si elle n'était pas le principe immortel en l'homme, à quoi servirait de vivre ?
Si tout se réduisait, pour l'humanité, à une existence de quelques années de luttes, de soucis, de souffrances pour beaucoup et, dès que la mort a clos ses yeux, l'homme retournait au néant, à quoi bon alors vivre, à quoi bon travailler et peiner pour assurer cette existence si courte, si pleine d'amertume ? À quoi bon aussi fonder une famille, donner la vie et élever à son tour des êtres destinés à la même rapide et décevante course sur l'arène terrestre ? À quoi bon s'efforcer de faire la vie meilleure, puisqu'elle se réduit à quelques années ? À quoi bon naître pour mourir sans avoir même compris la nécessité de vivre ? Voyez-vous, mes frères, où peut conduire la négation de l'âme et de son immortalité ? Simplement au découragement, et logiquement au désir de mourir.
La vie sans l'âme, c'est le suicide comme solution rationnelle d'une existence trop pénible ; moyen d'en abréger la lutte, l'effort. C'est donc la négation même de la nécessité du progrès. Enfin, c'est l'inéluctable, l'éternelle séparation avec les êtres chéris. C'est la mort dans toute son horreur matérielle, avec tous ses déchirements, sans un espoir de consolation. La vie, sans l'immortalité de ce qui est le plus doux, le plus pur dans l'homme, c'est le règne de la bestialité, de la sensualité. C'est le déchaînement sans crainte de sanctions inéluctables de tous les appétits grossiers ; c'est l'égoïsme, les vices érigés en lois ; c'est la barbarie, maîtresse de l'humanité. C'est la négation de la justice intangible apportant aux éprouvés et opprimés l'espoir d'une vie meilleure et d'une récompense méritée et c'est, pour le coupable, le triomphe dans le mal, l'assurance de l'impunité.
Voyez où vous conduirait l'athéisme et le matérialisme total : tout simplement à l'impossibilité de donner à l'homme une direction morale, et à mettre un frein aux mauvaises passions. Si, dans votre société actuelle, l'homme est si dépravé, si enclin à considérer la vie terrestre comme la totalité de la vie et à jouir effrontément, c'est que vos théories du néant l'ayant convaincu de l'inutilité de l'effort et du progrès, il n'éprouve que le désir passionné des seules jouissances passagères que peut lui donner la chair. Il est esclave de ses sens qui tuent en lui l'Amour du bien.
Cependant, l'homme le plus matérialiste sent en lui, quand ce ne serait qu'en de courts moments, la présence d'un principe immortel et la nécessité d'une sanction aux actes humains ; sanction que la justice humaine, il le sent, est impuissante à établir. Dans les heures où la souffrance l'amène à réfléchir, à méditer un peu, il s'étonne de la fragilité des joies faciles et des plaisirs sensuels ; il se rattache inconsciemment à l'espoir d'un bonheur plus durable. Il en arrive alors à désirer une vie supérieure et moins matérielle. De là à croire à l'âme et à son immortalité il n'y a qu'un pas. D'ailleurs, à défaut de la souffrance, l'écoeurement, la désillusion qui est le corollaire des jouissances matérielles l'incitent à douter de leur valeur et à espérer vivre d'une façon plus haute et plus durable ; à vivre enfin, non plus exclusivement par les sens, mais par l'âme dont il entend, au milieu de ses plaisirs, la plainte indignée.
  
La preuve de l'existence de l'âme
Nous pouvons vous prouver, par des manifestations tangibles, l'existence et la survivance de l'âme, mais la preuve la plus convaincante est en vous. Dites-nous, frères, si vous ne croyez pas à cette faculté supérieure qui, en de rares instants, vous fait goûter l'harmonie, la beauté de la vie, vous en fait sentir la généreuse organisation, la fécondité merveilleuse et éternelle ! Dites-nous surtout si, quand vous aimez, quand votre âme vibre sous les ondes délicieuses, s'abandonne, se fond dans l'âme aimée, dites-nous si vraiment, en cet instant, vous ne croyez pas en Dieu, si vous ne sentez pas en vous une parcelle Divine et si, seul votre corps, votre cerveau sont en jeu ? Voyez-vous, les savants pourront accumuler les preuves de l'existence spirituelle, nous pourrons, nous, vos amis invisibles, confirmer ces preuves par des phénomènes ; cela ne vous suffira pas à vous convaincre que vous avez une âme, que cette âme est fille Divine, et que de Dieu elle tient l'immortalité, si vous ne voulez vous-même rechercher au plus profond de vous les manifestations de la vie de l'âme ; et si vous niez la conscience, ce n'est que lorsque, intimement, vous serez certain qu'en vous vit un être supra-humain, que vous serez convaincus que vous avez une âme.
Certes, la science vous mènera sur le chemin de la vérité, ouvrira des horizons plus larges à votre intelligence et à votre raison, mais la méditation, la contemplation et l'étude sincère de la vie autour de vous et en vous, et surtout l'Amour vous donneront les preuves décisives, irréfutables, que la science seule ne pourra que vous faire entrevoir. Oui, méditez, regardez, mais surtout, aimez, frères chéris : c'est ainsi que vous découvrirez Dieu, que vous croirez à l'âme et à l'éternité. Et c'est ainsi que vous connaîtrez ce qu'est la vie et comment il faut vivre.
  
Le mystère de l'être humain
Dans les profondeurs de la conscience est inscrit tout le passé spirituel d'un être. Si l'homme, par une juste compréhension des lois de l'âme et surtout un recueillement intensif, une méditation profonde unie à une ardente prière, s'appliquait à découvrir les secrets de son moi intime, il serait émerveillé de la générosité Divine qui permet à l'âme le souvenir Divin. Il connaîtrait l'histoire de son âme ; il saurait par quelles étapes lumineuses ou sombres elle est passée, quelles incarnations successives elle a dû subir avant d'arriver à la Terre. Initié aux plus grands secrets, il comprendrait mieux que sa pauvre personnalité humaine est le pâle reflet de l'âme que Dieu lui confia. Il comprendrait que ses élans vers l'Idéal ne sont que les souvenirs de ses séjours dans la lumière spirituelle ; que sa Foi est la certitude de la vie Divine et l'espoir d'un avenir radieux qu'il doit conquérir par son effort inlassable. Oui, il peut retrouver cela ; il peut revivre les heures Divines de son passé spirituel, mais il faut qu'il laisse se ranimer en lui le Foyer Divin, qu'il donne liberté et vie à son âme. Cette âme alors, soudain libérée, se mettra à vibrer intensivement, retrouvant en elle les plus lointains souvenirs de son passé mystique.

Histoire de l'âme - L'humanité spirituelle
L'âme humaine ou tout harmonieux émane de l'Intelligence Divine ; a comme fin la pureté spirituelle, la puissance et la connaissance. Mais cette âme, libre de sa destinée seconde, de son évolution physique ou naturelle, choisit l'incarnation sur les plans secondaires afin de se mieux connaître, sans cesser de recevoir l'influx Divin. Cependant, elle s'emprisonne dans des voiles fluidiques épais et se ferme pour ainsi dire, la voie céleste et la Patrie des félicités. Elle eût pu, suivant la première loi, la première donnée, demeurer immatérielle, mais le désir de savoir, afin de pouvoir choisir et de progresser dans la conscience d'être, l'a attirée vers les plans inférieurs où la matière prenait déjà des formes captivantes. Le premier homme, type accompli de l'entité humaine décrétée par Dieu, n'avait pas de corps, mais liberté lui fut donnée de s'éloigner de son Berceau céleste. La décision d'épouser la chair engagea toute la chaîne d'âmes qui devait former l'humanité à travers les siècles. L'âme, douée de pouvoirs particuliers, annihile pour un temps ce pouvoir qui doit cependant reparaître quand l'humanité aura terminé le stade complet de son évolution. Donc, à n'en pas douter, il s'agit pour l'humanité d'un retour à Dieu, d'une conquête de pouvoirs Divins. Mais les brumes accumulées par l'incorporation de l'âme dans la matière obscurciront pour longtemps encore la connaissance donnée en partage à l'âme humaine, et l'entraîneront encore bien souvent dans l’abîme du mal. Longtemps encore, l'humanité paiera par la souffrance, le tribut de la déchéance charnelle ; longtemps encore l'âme humaine errera dans l'immensité des éthers, essayant de retrouver sa véritable destinée mais, plus heureux cependant que bien des créatures, l'homme conserve en lui le reflet de l'Intelligence Divine, et la sollicitude du Père est telle, que Celui-ci lui permet d'apprendre les lois Divines qui le ramèneront à Lui. Les maîtres de l'humanité, dont Christ est une synthèse parfaite, n'ont pas été autre chose que des envoyés Divins, des fils de Dieu demeurés dans la voie et qui viennent enseigner la loi à leurs frères. L'homme, plus malheureux parce que doué de plus grande intelligence, peut espérer trouver la félicité. Mais que d'étapes douloureuses, que de luttes contre l'ennemi de la lumière : la matière ! Que de victoires à gagner sur elle avant que l'âme humaine retrouve sa resplendissante auréole au séjour des Esprits évolués !
  
Aperçu de la vie humaine
Il n'est guère possible de donner à votre intelligence de terriens une image exacte et complète des plans de vie dans l'Univers ; nous ne pouvons que vous faire entrevoir une partie du grand cycle de vie qui en vous approche le plus, sans même vous parler des plans de vie similaires, mais différents, de celui que vous pouvez connaître. Le plan humain est environ le quatrième ; il est, au-dessus de lui, des manifestations multiples et variées de la vie. Nous voyons un monde considérable de planètes à peu près inertes aux sens ordinaires et qui recèlent la vie sous des formes rudimentaires. Le minéral est l'expression de cette forme de vie sur votre plan terrien où sont réunis les différents spécimens des êtres des cycles inférieurs appartenant aux types qui doivent suivre l'humanité dans son évolution. Le plan terrestre humain est un plan moyen de la vie où les êtres arrivés à un certain degré de conscience et de liberté ont la faculté d'étudier la vie. Cependant, votre humanité à vous est faite d'un mélange d'êtres venant des plans inférieurs et des plans supérieurs à elle ; l'humanité, ou plutôt, la chair voilant l'âme humaine est la conséquence de l'union de la forme inconsciente et de l'intelligence fécondante.
Le type homme arrivé à l'évolution complète ne demeure pas dans les régions inférieures. Et l'âme ou flamme Divine qui l'anime n'épouse la matière que pour se maintenir en équilibre sur le plan où elle doit évoluer. Cependant, en l'homme subsiste le souvenir de la vie libre de l'âme et en lui vit l'espoir de retrouver cette vie. Mais, aussitôt que naît la conscience chez un être, naît aussi la liberté ; liberté entraînant la responsabilité qui se traduit, en fait, par bien ou mal, et en sanctions par souffrance et bonheur.
Tous les maux dont souffre l'humanité sont la résultante directe ou indirecte des méconnaissances ou des violations de la loi de vie, qu'en tout pouvoir, l'homme a la liberté de suivre ou de violer. L'être qui s'entête dans le mal demeure forcément dans les plans inférieurs, par conséquent imparfaits et incapables de lui donner le bonheur.
Voilà pourquoi l'homme connaît la souffrance ; pourquoi ce n'est que par la douleur qu'il retrouvera sa véritable voie. Il n'est pas sur Terre dans son véritable plan, car la vie en lui est trop consciente et trop désireuse d'Harmonie pour se complaire dans un monde où la matière domine. Quand l'humanité terrestre aura suffisamment expié pour comprendre, elle montera à son plan de création, mais pour cela, l'âme doit passer par une série de vies successives planétaires. Au-dessus de votre Terre s'échelonnent une quantité de planètes où la vie peu à peu se dégage de la matière, où l'esprit reconquiert toute sa liberté et toutes ses puissances. Arrivée à la liberté durable : récompense de ses efforts, de ses sacrifices, l'âme reste alors dans les plans supérieurs où elle commence à comprendre les plus grandes lois Divines : Harmonie et Amour, et où, s'efforçant de se mettre en accord avec ces lois, elle arrive vite à une connaissance supérieure de la vie. Plus cette âme s'épure, non seulement par l'effort personnel, mais encore par sa collaboration à la grande oeuvre universelle, plus elle monte. Elle arrive dans un plan où la pureté et l'Amour sont les seules manières de vie. Cette âme épurée ne connaît plus les lois de pesanteur qui l'attiraient aux centres  inférieurs ; elle est arrivée à un degré de subtilité et d'épuration qui lui permet de n'être, dans le grand Foyer de Vie, qu'une parcelle lumineuse et ardente. Le plan christique, qui suit le plan Angélique, est en quelque sorte l'antichambre du plan Divin ; et seuls peuvent y être admis les Esprits vraiment supérieurs ou nés de Dieu qui sont restés dans la voie Divine ; qui ont connu et accompli en action, la Loi ! Ces âmes, alors sont marquées d'un sceau spécial, et ce sont elles que Dieu envoie comme annonciateurs et prophètes sur les planètes inférieures, afin d'apprendre la loi Divine aux êtres vivants sur ces planètes. Les âmes du plan Christique n'appartiennent plus au type qui doit remonter à Dieu par la série des humanités, mais ont accompli leur ascension ; cependant, il est permis à tous d'espérer cette ascension, puisque Dieu a enseigné la loi à tous. Mais il est des conditions spéciales de vie pour ces âmes, et que ne réalisent, hélas, qu'après d'interminables évolutions, la majorité des esprits humains ! L'âme Christique est le type le plus pur de ces êtres car il est demeuré dans la connaissance de l'Amour Divin ; l'Esprit christique est, en somme, le rayonnement Divin resté dans la voie
Divine ! Et voilà pourquoi Christ a pu dire qu'il est la voie, puisque Christ, dont Jésus est une incarnation terrestre, a accompli la loi dans son entier, et l'a enseignée à tous les cycles qu'il dut traverser avant d'accomplir son apostolat terrestre.
Cependant, nous le répétons : la vie Divine ne peut s'exprimer en langage humain. Elle ne peut se traduire que par Harmonie, diversité, ascension mais, pour pouvoir vous donner une vue d'ensemble sur la création, il nous faudrait pouvoir vous entraîner dans le sillage lumineux du Christ, vers le Plan suprême de vie, le Foyer où la vie rayonne éternellement et intensivement à travers tous les plans.
Mais, frères aimés, nous voudrions surtout, par cet aperçu, vous donner l'avant-goût des suprêmes félicités qui attendent les âmes évoluées. Nous voudrions pouvoir vous faire comprendre que la vie dans les régions supérieures ne se traduit que par Harmonie, Amour, Bonheur. Nous voudrions surtout éveiller en vous cette âme : foyer Divin qui contient en germe la connaissance de la grande Loi ; et nous voudrions, en soulevant un coin du voile mystérieux, vous donner un aperçu de la véritable vie. Enfants de Dieu, quand donc votre Amour vous poussera-t-il à retourner à ce Père ; quand donc comprendrez-vous assez ce que peut être la vie dans son essence pour aspirer de toutes les fibres de votre être à réaliser cette vie en votre esprit ? Et quand donc, alors, vous mettant en accord avec la grande loi vitale, suivrez-vous le Christ dans l'Amour et le sacrifice ? Car tout est là pour vous, mes frères. Vous ne vivrez que par Christ, car lui a réalisé dans sa perfection le type de l'humanité reconquise, accomplie et redevenue fille du Ciel !
  
Histoire de l'homme - La destinée humaine - La fin de l'homme
Dieu, ne voulant pas la perte d'une seule créature, laisse la souffrance réapprendre aux hommes la grande loi de vie inscrite au fond de chaque être. Et l'homme remonte peu à peu au berceau céleste ; l'homme reconquiert peu à peu la liberté de l'âme et la lumière première. Certes, il va à pas lents sur la grande voie libératrice, et l'ascension sera longue.
Le sentier qui le ramènera à son séjour véritable est bordé de ronces. Il le gravit péniblement, piétinant parfois sur place, meurtrissant ses orteils aux pierres, usant le roc avec ses larmes, comblant les ornières à la sueur de son front ; et ce n'est que pas à pas, avec bien des reculs et des défaillances qu'il monte vers le séjour heureux.
Voilà pourquoi, l'homme, dans les instants trop rares où il s'élève au-dessus de la matérialité, dans ses moments d'enthousiasme et de Foi, se sent exilé sur ce sol de misère ; pourquoi il souffre de son entrave charnelle ; pourquoi il aspire toujours, sans la trouver ici-bas, à la félicité éternelle ; pourquoi il a, malgré la servitude des sens, soif d'absolu, de beauté infinie ; et pourquoi la loi de progrès est la loi vitale de l'homme. Pourquoi il se sent à la fois si grand et si misérable ; pourquoi il aspire toujours à monter... Et pourquoi il a, autour de lui, en lui, le mal, la douleur ; pourquoi ses jours sont tissés de peines, ses nuits mouillées de larmes ; et pourquoi aussi, la mort est une délivrance : la fin d'une étape douloureuse. Pourquoi, enfin, la Terre n'est qu'un séjour passager : séjour de tristesse, de luttes, de ténèbres, d'amertumes. Pourquoi, enfin, la Terre est pour lui un sol d'expiation. Mais voilà pourquoi aussi, l'âme contient tant d'idéal ; pourquoi elle plane au-dessus des pauvres mesquineries de la chair ; pourquoi elle parviendra quand même à dompter la matière ; et pourquoi, si la Terre est un sol d'expiation, elle est aussi une planète d'espérances Divines. Et c'est pourquoi, depuis des siècles, l'humanité cherche la voie, le chemin véritable de la destinée, la voie qui doit la ramener à Dieu. Hélas ! trop faible pour y revenir seule, il faut qu'on l'aide. Car, pauvre oisillon du nid céleste, elle ne peut y remonter par sa propre force, et c'est pourquoi Christ est venu sur Terre enseigner à l'humanité la Divine loi de l'Amour et du sacrifice : loi de rachat, de sacrifice, mais de bonheur.
L'homme, par sa nature double, (corps charnel - corps spirituel) semble un être intermédiaire supérieur à une multitude d'êtres, mais inférieur, tout au moins dans son existence terrestre, à une multitude d'autres.
De par la loi Divine de l'évolution progressive, de l'ascension qui ramène toute vie à Dieu : Principe de toute vie, l'homme tend, par ses aspirations, à remonter à son Créateur, et c'est ce qui explique qu'il souffre de l'abaissement de son état terrestre. Il sent qu'il ne peut trouver de réel bonheur sur le sol où il vit. Attiré par l'aimant céleste, il a en lui la notion confuse qu'il doit connaître des délices que ne lui donne jamais sa vie charnelle. Il sent enfin que la terre n'est pas sa véritable et suprême demeure ; son âme, parcelle Divine, souffre de sa prison de chair et aspire à remonter à son vrai séjour, à recouvrer son état Divin.
Et l'homme plié sous le joug de l'ignorance : une des causes de son état actuel, ne peut gravir que pas à pas le chemin qui conduit à la connaissance des lois de vie et de la destinée. Plus que tout autre créature il naît faible et dénué.
Le premier oiseau dût sans doute savoir faire son nid aussi complet qu'il le bâtit aujourd'hui ! La première fleur eût l'éclat de ses soeurs d'aujourd'hui ! Seul l'homme a dû peiner, lutter, souffrir pour parvenir à se nourrir, s'abriter, se vêtir avec confort et décence. L'oiseau connaît d'instinct les régions hospitalières et leurs  ressources ; l'abeille, à son premier vol, reconnaît la fleur nourricière et succulente.
L'homme a dû, pendant des siècles chercher, étudier, observer pour découvrir quelques-unes des grandes lignes directrices du monde physique. Ce n'est qu'en léguant, accumulant son travail, ses efforts acharnés, de générations en générations, qu'il est arrivé à entrouvrir les portes de la science sur les grands mystères Divins de la création ; à bégayer les grandes lois universelles. Son progrès moral le plus sérieux, le plus précieux et le plus difficile est encore plus lent que son progrès matériel. Encore, s'il était livré aux seules ressources humaines, réduit aux seules acquisitions de son existence terrestre, il irait encore bien plus lentement.
Mais, dans son immense bonté, Dieu envoie des messagers pour éclairer sa route, lui faciliter la voie. Ce sont des Esprits évolués ayant payé la dette expiatrice et qui se sont perfectionnés et éclairés. Ils se dévouent à leurs frères plus malheureux et reviennent, sous l'enveloppe charnelle, remplir une mission céleste : ce sont les grands génies, les grands philosophes et surtout, les apôtres qui, par leurs efforts, au prix même de leur vie, apportent aux hommes un peu de lumière d'En Haut.
  
Origine double de l'homme
La matière évolue sous le courant vital qui anime tout ce qui est. De Dieu, comme d'un Foyer de Vie, émane sans cesse le fluide de vie ; fluide passant en courant ininterrompu à travers la création. Sous ce courant, la substance prend forme, évolue, progresse d’après les forces directrices que la pensée Divine a décrétées. Ainsi se propage, se transforme la vie. Mais cette vie aspire toujours à revenir à Lui ; autour d'elle, en elle, elle puise la substance vivifiante qui l'intensifie. Et Dieu est si généreux qu'il ne veut pas seulement que la créature vive, mais qu'elle connaisse cette vie. Quand les formes ont assez évolué sous l'influx Divin, quand elles ont puisé assez de substance Divine pour se connaître, Dieu alors, donne à cette forme la conscience ; elle devient un être par elle-même. C'est à ce moment que se fait l'incarnation d'un esprit dans cette forme. Cet esprit provient d'un cycle de vie supérieure à la forme qu'il épouse, afin de féconder cette forme et de la faire progresser davantage.
L'homme est l'union d'une forme évoluée avec l'esprit ou rayon d'Intelligence Divine qui a connu la vie libre de l'espace, mais qui veut, ayant conscience de sa vie, la faire servir à l'oeuvre universelle. L'humanité spirituelle a déjà parcouru les cycles de vie inférieure et a déjà connu la vie inconsciente puis consciente : bonté, générosité Divines ! Dieu crée et veut que ce qu'il a créé, après avoir passé par les étapes de la vie, devienne conscient, à son image, et producteur de vie.
Suivez le rayonnement de Dieu ; il passe à travers la substance Divine : courant vital traversant l'Univers pour remonter à Dieu. Il intensifie la vie. Arrivé aux cycles inférieurs, il prend forme et veut se connaître. À travers les cycles inférieurs, il fait déjà une évolution inconsciente. Puis, quand la vie est assez intense pour se connaître et servir sciemment à l’oeuvre Divine, un être des cycles supérieurs ou esprit l'évertue, la féconde. Ainsi, dans un mariage de l'esprit et de la matière naît une vie nouvelle ; vie consciente qui, par ses moyens, retrouvera la voie Divine. En somme, le minéral, le végétal sont formés de substance Divine animée par le grand courant vital continu Divin. Puis, quand, sous la poussée de ce courant, cette substance, aspirant dans son ambiance les principes de la vie, a intensifié cette vie en elle et développé, perfectionné ses formes, un esprit : émanation de la pensée Divine, rayon direct de l'Intelligence Suprême, vient féconder cette substance et lui donner la connaissance de la vie. À travers une série d'incarnations, l'être nouveau remonte à la Source Divine.
Ainsi, les rayons purs émanés de Dieu, en passant à travers tous les cycles, font de la vie, créent à tous les degrés et arrivent aux cycles inférieurs en atomes imperceptibles de substance de vie qui, sous le grand courant vital, s'intensifient, progressent, aspirent dans l'ambiance des principes d'une vie toujours plus grande.
Ainsi se vérifie, s'accomplit toujours et partout la grande loi du don ; la grande loi du sacrifice qui veut que le grand donne au plus petit afin que le plus petit monte toujours : Synthèse de l'acte Divin lui-même qui fait de Dieu, non seulement un Créateur et un maître, mais un Père !
La souffrance de l'âme est dans son asservissement à la matière. L'homme s'est condamné lui-même à une existence expiatrice. L'âme humaine, telle que Dieu la veut, c'est-à-dire complète, évoluée, doit posséder sur la matière les pouvoirs Divins. Et la Terre n'est pas le vrai domaine de l'esprit humain. Voilà pourquoi la souffrance, qui n'est qu'accident chez l'animal et qui existe à peine chez la plante est, pour ainsi dire, à l'état de nécessité chez l'homme. L'homme, d'ailleurs, s'il veut s'analyser, retrouve en lui un mélange de grand et de bas dans ses aspirations presque Divines et ses chutes sensuelles.
Quand l'âme évoluée épouse la chair, c'est toujours pour une déchéance et une souffrance, une infériorité d'état. Et la Terre est une planète expiatoire pour l'humanité parce que justement, elle force l'homme à cette déchéance et cette souffrance. Mais Dieu est bon et ne veut pas que ce qu'il créa libre, heureux, puissant, puisse demeurer dans les sphères inférieures.
De là cette nécessité impérieuse du progrès libre qu'on ne trouve vraiment que chez l'homme. Car, si la plante, l'animal possèdent à l'état primitif les éléments de leur plénitude de vie et de leur bonheur intégral, seul l'homme vient dans la vie sans rien savoir, sans rien pouvoir, ni même se nourrir ni même se vêtir. Il est bien, dans ce sens, un être déchu et moins partagé que le reste des créatures. Mais, l'âme vit consciente en lui et douée, à l'origine, de pouvoir merveilleux. Cependant, la loi Divine inscrite en elle ayant été voilée par l'accumulation du mal commis, il fallait qu'un esprit évolué vint la lui réapprendre ; qu'un modèle lui fût donné : modèle vivant et exprimant l'état réel et Divin que doit acquérir l'esprit humain. Ce modèle, c'est Christ ou l'homme complet, développé, Divinisé, possédant à la fois et la science et le pouvoir de vie dévolue aux créatures supérieures vivant de la seule vie spirituelle : de la vie Divine que le Créateur a prévu pour l'âme humaine.
L'état humain est un recommencement pour l'âme. L'esprit humain déjà évolué ne doit plus, pour arriver à l'état parfait, revenir sur la planète Terre. Et beaucoup d'âmes humaines évoluées, demeurées dans la loi Divine, ne connaîtront plus les souffrances de la chair. Mais, beaucoup aussi de ces âmes ayant eu une évolution première sont retombées dans la matérialité et ont, par ignorance ou faiblesse, épousé les formes inférieures ou animales. Ces âmes viennent alors en expiation sur la Terre : planète qui, à son origine, ne devait être que celle du minéral, du végétal, de l'animal, mais dont l'âme humaine a fait son séjour ; non sans souffrance, puisqu'elle n'y revient que parce qu'elle a violé ou méconnu la loi Divine.
Aussi, l'humanité dans son ensemble est-elle la réunion d'âmes à peine évoluées revenues en expiation, et d'âmes qui commencent leur évolution ; ce qui explique très bien et la diversité des valeurs spirituelles humaines, et aussi ce mélange presque effrayant de spiritualisme et de matérialisme chez l'homme. Mais, sur la Terre comme sur toute autre planète, viennent en mission, pour initier et faire évoluer les êtres inférieurs, des âmes évoluées des plans supérieurs qui ont pu ne jamais connaître la souffrance de la déchéance charnelle ; cette première déchéance ou matérialisation : cause de toute souffrance humaine qui exige, comme une nécessité inéluctable de la loi Divine d'ascension, une évolution seconde, par une suite de vies et de réincarnations planétaires.
  
Évolution de l'âme humaine - Intelligence et instinct
Tout le secret de la destinée humaine est dans la dualité latente de l'esprit et de la chair ; dualité devenue rivalité sous le coup de fouet de l'intelligence qui coordonne et déduit.
De pur qu'il était à l'état premier, l'esprit s'est involué, mais a dû alors voiler son éclat premier sous la forme plus matérielle, plus concrète de l'intelligence. L'instinct, le sens de vie physique est devenu conscient, et cette conscience, cause de souffrance. C'est l'intelligence, faculté de second ordre, qui a appris à l'homme le bien et le mal, en lui montrant qu'il était une voie de vie ; voie Divine dont l'homme était dévié, mais où il pouvait revenir.
L'intelligence, faculté humaine, s'exprime par le cerveau ; l'instinct, lui, est à l'état de fluide dans tout organisme. L'intelligence fait l'unité entre les instincts, les explique, les comprend par la conscience ou raison Divine, parce qu'elle participe de l'un et de l'autre.
L'ascension ou progrès continu de l'humanité à travers la chaîne d'existences n'est que le retour de l'esprit à son état premier ; état libre, heureux, soumis à la loi Divine et ne connaissant pas les déchéances de la matière. C'est de cette vie que revit l'être humain quand il revit par l'âme, dans l'extase, l'initiation directe ! Et l'intelligence : faculté de coordination et de déduction, est le lien humain entre ce qui est esprit et ce qui est matière.
  
L'histoire de l'âme - La raison et la fin de l'âme humaine
La cause de toute existence étant Dieu, toute vie aspire à Lui, toute parcelle de sa grande Âme retournera à Lui. Chaque étincelle déviée a son destin. Le but est le même pour tous les êtres, mais le chemin qui y mène est différent. Parce que la vie est infiniment variée dans ses formes, les êtres sont infiniment différents ; tous, cependant, concourent à assurer la vie générale. Comme dans une société bien organisée, chacun a son rôle et doit le remplir s'il veut participer à la grande oeuvre universelle, pour réaliser en soi toute la plénitude de vie. Les lois Divines, toute sagesse, ont échelonné les efforts de toute créature. Pour remonter à Dieu, l'ascension est pénible, douloureuse même, mais le secours Divin ne manque jamais. Il prend mille aspects, mille moyens pour aider la parcelle du Grand Tout à regagner son foyer. Dès que l'être acquiert la connaissance de soi, la conscience de la vie, les lois Divines lui laissent le soin de rechercher les meilleurs sentiers qui le mèneront à la route Divine. Ces sentiers sont innombrables ; l'être humain, à chaque transformation vitale, en choisit un nouveau : celui qui semble le rapprocher davantage de la voie lumineuse. Souvent attiré par des sentiers rencontrés dans sa marche éternelle, il change bien des fois d'itinéraire mais, toujours ramené par les lois Divines vers la route idéale, il s'engage enfin sur celle de sa vraie destinée ! Mais combien de fois succombe-t-il sous la fatigue ? Combien de fois se meurtrit-il aux épines du bord ? Combien de fois s'assoit-il, las et désespéré, sur les rives ? Cependant, voyageur infatigable poussé par le vent du progrès, il se relève, se remet en route avec un nouvel espoir, de nouvelles forces, un nouveau bagage. Il a médité durant sa halte : il a entrevu un nouvel horizon et repart plus vaillant, oubliant les dernières fatigues. Puis, de nouveau il succombe ; la route lui semble trop longue, le sol trop dur, la nuit trop sombre ; et quand la désespérance a empli son être, quand il semble qu'il va sombrer, s'abattre là, à jamais, l'étoile de la délivrance brille à nouveau dans le ciel assombri ; il lève avec joie les yeux sur ce phare Divin, il reprend son bagage, comprend mieux son destin et, une fois encore, retrouve la voie. Ainsi, mille et mille fois, sur chaque planète, en passant par mille états, l'être va vers le but Divin ; parfois il avance avec peine, il veut retourner en arrière ; des regrets le prennent de ce qu'il a laissé derrière lui, mais la loi lui crie toujours : « avance ! », le destin : « monte ! », et il avance toujours, et il monte encore. S'il se trompe de sentier, il ne revient jamais en arrière ; il en prend un meilleur à un autre tournant ; il ne peut pas descendre, car devant lui l'attire la lumière libératrice du port, et derrière lui le destin le pousse, l'avenir l'appelle, et le passé le suit. C'est à lui de bien choisir le chemin, afin d'alléger les fardeaux du passé, afin de réparer les fautes, les erreurs pour aller toujours à plus de lumière, à plus de beauté, afin de se rapprocher de la grande voie Divine, de la route céleste.
Mais, si les lois Divines sont sages et justes, elles sont aussi compatissantes. Quand le pauvre pèlerin ne se reconnaît plus, quand, dans son ciel obscurci ne brille plus l'étoile salvatrice, il trouve sur son chemin même des guides ; les obstacles lui sont annoncés, les tournants indiqués ; on l'aide à gravir les pentes, on lui montre mieux la vraie route. Quelques voyageurs l'attendent pour le soutenir, l'entraîner. Ainsi va l'âme à travers les mille sentiers de la vie planétaire et universelle : toujours en avant, montant toujours vers la fin de sa destinée qui s'appelle Dieu !
Et l'humanité, la voyageuse infatigable poursuit sa route dans  l'éternité ; l'homme, pèlerin immortel, chemine sur la voie de sa  destinée ; à chaque étape, à chaque tournant il jette un regard sur ce qui fut mais, toujours poussé en avant par la grande loi, conduit vers le but suprême par l'ange progrès, il reporte les yeux vers ce qui s'appelle avenir et, le coeur plus joyeux, l'âme plus légère, il reprend son menu bagage et repart avec courage.
  
L'humanité terrestre
Il y a sur la Terre, sous les formes humaines, des âmes d'évolution différente : les évolués ou esprits sortis des phases inférieures de la vie, mais revenus en expiation ou mission ; et les autres pour qui la vie spirituelle commence, qui sortent de la vie animale et dont l'âme se façonne peu à peu.
Les évolués ont en eux des pouvoirs occultes à l'état latent. Ils ont fait partie du premier cycle de l'évolution humaine et ont gravi déjà, dans une première ascension, tous les degrés de l’être. Seulement, arrivés aux sphères supérieures, ayant toute liberté dans le temps et l'espace, ils ont choisi les planètes inférieures comme moyen de travail et point de départ d'une seconde évolution. D'autres âmes, d'un cycle non terrestre, se sont incarnées ici-bas, pour refaire dans l'humanité de nouvelles études. D'autres, suivant le premier plan, poursuivent la marche ascendante, empruntant aux premiers et la science et la puissance de vie. On pourrait retrouver en ces individus le sceau de la première évolution dans les souvenirs, les affinités qui les rattachent à l'onde ou l'air. Deux courants animent l'âme humaine et en assurent l'évolution spirituelle, celui qui monte, qui vient de l'âme en marche vers Dieu, et l'autre qui vient de Dieu, et qui se transmet par les esprits évolués connaissant les lois Divines. Ces deux courants marquent nettement leur empreinte en l'homme : mélange saisissant de ce qui est Divin et de ce qui est animal.
L'âme évoluée, qui revient sur Terre en mission, sent nettement que l'homme est un exilé sur la planète Terre, et que la chair est un fardeau. N'est-il pas supérieur de très loin en intelligence, en raison à l'animal et par la conscience et le désir du mieux qui font la valeur de sa vie ! Le plus mal partagé au point de vue matériel, (ne vient-il pas au monde nu, sans défense ?) l'homme, est le mieux doué au point de vue spirituel. L'intelligence, d'ailleurs, est le lien de transition entre l'état inférieur de l'âme ou instinct ou sens de vie charnelle, et l'intuition : sens mystique et Divin. L'intelligence ne s'est formée que d'un mélange fluidique émané de l'instinct et de l'intuition (sens supérieur et intime de l'esprit). On peut donc dire que l’âme humaine reçoit la perception de la vie sous deux formes élémentaires : par l'instinct ou sens de la vie, de la matière ; et l'intuition, ou sens de la vie spirituelle. L'intelligence tient le milieu, coordonnant et expliquant les perceptions de l'un et de l'autre.
Voici pourquoi l'homme souffre tant et dans son âme et dans sa chair, et qu'il connaît les affres du doute et de l'ignorance. Dévié de la voie Divine tracée à l'esprit humain, il s'est amoindri, s'assujettissant trop souvent à la chair, vivant de la vie inférieure animale, laissant s'étioler en soi la vie Divine de l'esprit. Son véritable plan de vie n'est pas la Terre, c'est-à-dire un monde matériel, mais les plans spirituels. Seuls peuvent vivre en plénitude sur Terre les âmes des animaux supérieurs réincarnés dans l'humanité. Mais celles qui ont connu la première évolution humaine souffrent de l'infériorité de leur état planétaire et n'aspirent qu'à la liberté spirituelle. La Terre est, en somme, une planète de transition entre l'animal et l'homme mais, n'est que pour l'animal le véritable et durable séjour.
La Terre est une planète inférieure à l'humanité type, en ce sens qu'évoluée suivant l'harmonie Divine, elle ne devrait pas revenir dans les plans inférieurs de vie où demeurent voilées les puissances Divines.
  
L'incarnation des évolués
Plus la forme évolue, plus la conscience s'affine, plus l'être vit par l'esprit, jusqu'à ce qu'il soit parvenu à se passer des vêtements éphémères de la chair et des tissus fluidiques épais. Mais de développement, cette spiritualisation peut causer une souffrance quand l'esprit venant en mission dans un plan inférieur est contraint de s'allier de nouveau à la chair ; cependant, la loi Divine de l'assimilation est ainsi faite qu'elle permet à l'esprit, au moins pour le temps de son incarnation, de vivre avec moins d'intensité, de régler les vibrations sur les possibilités du plan où il vit, car ce qui importe, ce n'est pas tant la vie individuelle et égoïste, mais l'utilité de cette vie dans l’oeuvre générale.
D'ailleurs, l'esprit qui a déjà connu la vie libre en possède les pouvoirs, les secrets, et peut modifier, au moins en partie, la vie en lui et autour de lui. L'incarnation ne lui enlève pas à jamais ses acquis et son pouvoir vital précédent, et ils les retrouvent dès qu’il reprend son état de liberté.
C'est une question même de volonté personnelle, et le sacrifice consenti l'est librement. Ainsi pouvez-vous comprendre qu'il est parmi vous des évolués qui, cependant, vivent comme tous, ce qui ne détruit pas, en leur esprit, la faculté primordiale qui n'est que voilée momentanément. Cependant, ces évolués, s'ils viennent de plans très élevés, ont subi un travail préparatoire pour les mettre en état de s'incarner. Ils ont passé par les plans immédiatement intermédiaires entre leur plan de séjour ordinaire et la Terre ; ils ont puisé dans ces plans les enveloppes fluidiques nécessaires à leur incarnation, car l'involution d'un Esprit supérieur dans la matière ne peut se faire que graduellement.
C'est ce qui vous permet de comprendre que Christ a subi plusieurs incarnations à travers les plans de vie qui précèdent le plan terrestre afin de pouvoir allier la pureté de son Esprit à l'infériorité charnelle ; et qui explique en même temps la grandeur de ses souffrances, la hauteur de son sacrifice. L'humanité terrestre comprend toute une graduation dans l'évolution spirituelle.
Chaque âme y représente un être particulier doué de faculté dont le développement a suivi une loi inéluctable : celle de la causalité, et une influence directrice : celle de la conscience et de la volonté. Dès que l'être est conscient, devenu libre d'avancer ou de retarder son évolution, il marque son âme du sceau de sa personnalité. Et, à travers la série de ses incarnations se retrouvent les grandes lois primordiales directrices qu'il s'est lui-même tracées. II est difficile de retrouver, sous les enveloppes de l’âme, les acquis, les influences tour à tour bonnes ou déprimantes, la première volonté. Cependant, elle éclate dans toutes les manifestations de vie personnelle. Vous l'appelez caractère. Et vous pourriez, en vous y appliquant, parvenir à classer les individus suivant les types de caractères qui furent déterminés sous l'influence d'un nombre considérable de causes invisibles parmi lesquelles l'influence du magnétisme planétaire est un facteur puissant. Car, encore une fois, tout se tient, le visible et l'invisible, et la vie sous quelque forme que ce soit n'est jamais isolée ou inefficace. Soumis aux lois Divines invariables de l'ascension, de la causalité, comme à celles de l'affinité, l'individu garde cependant tout pouvoir de modifier les directions secondaires de son évolution.
  
Les préludes de l'incarnation humaine
La réincarnation d'un esprit dans un corps humain est un travail plus complexe que vous ne pensez. Il demande une longue préparation, une recherche appliquée et surtout, une collaboration, consciente ou non, de la famille ou se produira la réincarnation. Souvent des âmes veulent se réincarner ; après de patientes recherches, et attirées par une affinité, souvent inexplicable pour elles, elles ont choisi le foyer qui leur donnera asile. Mais au dernier moment, des forces imprévues et contraires détournent l'âme du chemin choisi, quand elles ne la forcent pas, parfois, à une réincarnation tout à fait contraire à son choix. Dans ces forces entrent en cause les acquis du passé mais aussi, telle aide, sur laquelle l'âme ignore pouvoir compter, lui arrive au moment propice pour la diriger, la guider, l'aider. Alors, elle doit compter avec la multitude de forces physiques, d'agents matériels qui, en nombre considérable, président à une conception et une naissance. Enfin, l'âme ne prend tout à fait possession de la chair, et définitivement, qu'à une époque proche de la naissance, si bien qu'elle demeure libre, ou à peu près, jusqu'à son arrivée charnelle ; qu'elle peut même, pendant la gestation, changer de décision. Dans ce cas, rare il est vrai, elle fait appel, pour demeurer en accord avec la loi Divine, à une âme du même plan qu'elle, désirant ou devant se réincarner. Très souvent la réincarnation est imposée par le passé mauvais.
L'âme coupable sait qu'elle va souffrir, mais la justice lancinante du remord est telle, et les reproches de ses victimes sont si véhéments, qu'elle préfère la chair expiatrice et la torture d'un corps imparfait à la vie tourmentée, insupportable qu'elle mène à l'état désincarnée ; elle ne saurait disparaître dans un incompréhensible néant ; elle existait de toute éternité et vivra à jamais. Actuellement, il est à peu près impossible à percevoir pour vos sens grossiers, ce que ces derniers saisissent, la réalité en laquelle ils croient : ce sont les apparences de la matière. La vie qui l'anime, les principes éthérés qui vibrent en elle, les sens de l'actuelle humanité les saisissent à peine. Et pourtant, l'élite des êtres : ceux de vos frères ayant déjà fait leurs premiers pas dans le sentier parfois douloureux qui conduit aux cimes de lumière et de connaissance, savent que cette vie (dont ils n'ont plus seulement l’intuition mais la perception) ne saurait s'éteindre, mais au contraire, évoluer en progressant toujours pour revenir à la Source première de pureté.
Telle est la loi universelle : la mort n'est qu'une illusion ; l'apparence de mort n'est qu'une étape franchie sur la route du progrès. L'âme des primitifs, des peuplades encore sauvages est rudimentaire et enfantine. Nous voyons éclore lentement celle des hommes de la préhistoire ; elle se développe avec les grands progrès des races : abolition de l'esclavage, épanouissement de l'idée de solidarité, abolition future des guerres.
Comme chaque étape de l'évolution humaine, les étapes de l'évolution des parcelles de vie Divine, que sont les âmes, s'accomplissent au milieu des difficultés et des luttes : de longues attentes les retiennent, mêlées d'alternatives diverses au seuil de la désincarnation : celles-là, vous pouvez les constater. Les phases inverses se déroulent quand une âme s'apprête à revenir animer un corps et continuer l'évolution commencée depuis des milliers et des milliers de siècles : difficultés, espérances, désirs, renoncements alternent, et de leur choc résulte l'accomplissement de l'inévitable destinée.
Enfin, l'âme, prête pour la réincarnation future, groupe autour d'elle des amis et des aides, et souvent, par application de la grande loi d'affinité, les amis, les aides sont des aïeux de la famille où elle va entrer. Ainsi, parfois une naissance a lieu parmi une assistance spirituelle nombreuse dont les membres sont les ascendants de la famille. Mais il faut aussi compter avec les forces adverses ; les ennemis du progrès et du mieux viennent en foule, essayant de contrecarrer, d'entraver la réincarnation. C'est à ce moment que la prière des futurs parents est d'une grande nécessité. Si, conscients, ceux-ci, de leur responsabilité et de la haute tâche qui leur incombe s'appliquent à élever leur mentalité et à acquérir l'appui des bonnes forces, non seulement ils attirent une âme, mais facilitent son arrivée en écartant de sa route tous les obstacles ; ils lui éclairent la voie. De leurs esprits à l'âme désirée se forme un courant fluidique intense, et dans leur sommeil, ils peuvent préparer l'âme qui les a choisis à sa vie prochaine.
Parfois même, si les futurs parents sont des évolués, ils choisissent eux-mêmes, ou du moins, attirent une âme évoluée. Et il n'est pas rare de voir un Esprit supérieur s'incarner parmi des initiés pour accomplir une mission humanitaire. Mieux, l'âme délègue à l'avance les éléments futurs de sa réincarnation, et les mères des grands initiés ont toujours été des âmes de plans évolués. Il ne pouvait en être autrement.
La grande harmonie qui préside à toute la vie demande une affinité spirituelle très développée dans les cas de réincarnation d'Esprits supérieurs. Et le futur novateur ne pourrait ni vivre ni se développer spirituellement si les premiers éléments ne lui étaient fournis à sa réincarnation.
Ce qui prouve la grande part que peuvent avoir les parents dans la destinée de leurs enfants ! Si ceux-là sont élevés, et s'ils connaissent les grandes lois spirituelles, s'ils s'appliquent à les suivre, s'ingénient à épurer leur ambiance spirituelle et surtout, se préparent à l’acte de vie par la prière, ils ont à peu près la garantie certaine d'une incarnation d'évolué. Si, au contraire, ils sont nettement matérialistes, ils ont des chances de donner jour, par application de la loi d'affinité, à un esprit inférieur. Mais cette loi a des effets relatifs, en ce sens qu'ils lui faut compter avec le passé spirituel et de l'âme qui va s'incarner et de ceux qui lui donneront asile, car il est des réparations, des expiations intransigeantes, inéluctables.
En résumé, quand une âme s'incarne, il se fait, dans le monde spirituel, un travail encore plus intense que dans le monde physique. D'abord, cette âme se rapproche de ceux qui vont lui redonner une enveloppe charnelle ; elle les influence, les inspire ; elle attire et réunit tous ceux dont l'affinité, les goûts, le passé spirituel sont en ordonnance avec elle et la future famille. Enfin, elle a à lutter contre les forces adverses, surtout si elle est évoluée et vient en mission pour faire avancer une planète. Mais, toute soumise qu'elle soit à la relativité des causes et à la faillibilité des effets, elle peut, dans une large mesure, choisir réellement sa nouvelle vie.
Enfin, elle peut être puissamment guidée et aidée par les esprits de ceux à qui elle demande aide ou qui l'ont eux-mêmes appelée à eux. Aussi, mes frères, l'acte de vie doit-il être, pour ceux qui connaissent et aiment Dieu, non pas seulement un acte de besoin, de plaisir naturels soumis aux seuls caprices de la chair ou aux fantaisies de l'esprit ; il doit être préparé spirituellement et doit faire naître en vos coeurs le respect de la vie et le souci de la faire belle, plus haute, par respect pour Dieu ! Enfin, il doit vous donner la notion de votre responsabilité morale et physique, et faire vivre en vous les plus nobles aspirations, les soucis les plus altruistes en vue du bien de l'humanité et de l'élévation des âmes.
Oui, quand une réincarnation se prépare suivant les promesses et les possibilités, il s'établit entre l'âme et celle de ses futurs parents, surtout celle de la mère, un courant fluidique, un appel ; appel répété qui forme entre les deux esprits un lien puissant. L'une inspire la seconde, et celle-ci aspire davantage à connaître celle qui doit venir à elle. Et ce n'est pas seulement un caprice d'imagination que les entretiens intimes qu'ont ensemble la mère et l'enfant à naître.
D'ailleurs, plus l'ambiance spirituelle est lumineuse, c'est-à-dire plus il y a d'amour spirituel entre les parents, plus l'âme qui va s'incarner a de joie à vivre dans cette ambiance, surtout si elle est, elle-même, élevée, et qu'il n'y ait pas, pour les futurs parents, motifs à grave expiation.
L'amour spirituel, comme dans toute la vie, apporte ici aussi de la lumière, de la joie, de la vie. Et cet amour influe plus que vous ne le pensez sur l'affinité physique des époux. La pensée est une force puissante et, dans l'acte de vie, elle joue un rôle prépondérant et dans l'attraction des éléments reproducteurs et dans la qualité de l'âme qui va s'incarner.
  
La fatalité
La fatalité, telle que la conçoit l'homme, n'existe pas. Rien n'est fatal dans l'Univers, en ce sens que la liberté étant une des lois de vie, les êtres conscients peuvent changer les ordres secondaires de leur évolution. La seule loi fatale est celle de progrès et d'ascension ! La vie venant de Dieu y retourne, et ce qui est en corrélation directe avec cette loi est fatal, c'est-à-dire ne peut pas ne pas être, puisque la vie en dépend. Après chaque stade de vie, l'être choisit, suivant ses acquis et son désir de mieux, la forme et les circonstances de sa nouvelle existence ! Par lui, d'avance, est jalonnée la route à suivre. Par sa volonté, sa prière, et aussi, par application des grandes lois d'affinité et de justice, il accumule les forces nécessaires à sa prochaine évolution. Il s'entoure de protections, d'aides qui, au moment opportun, lui donneront direction et secours.
Mais, afin qu'il garde tout libre arbitre, il ne conserve, dans la chair, qu'une souvenance très vague de ce qu'il a résolu. Cependant, au moment voulu, les formes demandées, accumulées, entrent en action et provoquent normalement l'événement, le fait important : jalon posé à l'avance sur la route de la vie ! Parfois, des forces contraires, adverses peuvent entraver un instant la décision prise mais, jamais en empêcher totalement l'exécution puisque, nous le répétons, la loi Divine signifie : progrès, évolution, et tout ce qui contribue à cette évolution tient à la vie !
Naturellement, une vie terrestre est, en somme, d'une importance relative dans l'existence totale, et il peut très bien arriver que l'être trop faible ou trop ignorant dévie de la ligne tracée. Dans ce cas, c'est une existence à recommencer, pourrait-on dire, ou un projet avorté. Tout cela n'implique nullement que l'homme ne reste pas libre et, par conséquent, responsable car, à l'état spirituel il a entrevu, au moins dans son ensemble, la nécessité de sa nouvelle existence, et demeurant maître de sa liberté, il peut l'employer à son gré. Quand il dévie de la ligne tracée par lui-même, les forces accumulées par lui-même l'y ramènent ou tentent de l'y ramener.
Les protecteurs lui offrent tous moyens d'accomplir le devoir, mais il reste libre d'employer ou non ces moyens, quitte à répondre de ses manquements devant la promesse faite librement.
En général, l'esprit avancé s'efforce de choisir une destinée utile, non seulement à sa propre ascension, son bonheur à lui, mais à celui des autres. Et il demande à ses amis de l'aider dans sa tâche altruiste. Jamais ceux-ci ne l'abandonnent et, par mille moyens, au moment opportun lui envoient le secours promis. Il faut naturellement faire la part de l'imprévu ; les forces mauvaises, nous le répétons, peuvent déjouer, retarder certaines actions. C'est une lutte constante, aussi bien sur Terre que dans l'Au-delà, entre les bonnes et les mauvaises influences autour d'un être. Et cet être aide puissamment les unes et les autres à se manifester par son propre appel et sa docilité. En résumé, l'être est libre mais, cependant, soumis à sa fatalité du progrès : conséquence de la bonté Divine qui veut le bonheur de toute créature, mais bonheur acquis résultant des efforts de chacun pour réaliser, en soi, la plénitude de vie. Seulement, l'être n'étant pas seul, forcément il lui faut, dans ses décisions, faire place aux besoins de la collectivité, se plier aux exigences de la vie en société ; ce qui fait que s'il demeure libre de ses décisions, il doit compter avec un nombre incalculable de forces inconnues, amies ou ennemies, dans l’exécution de ses décisions. Et si, parfois, il semble suivre un chemin de traverse pour parvenir au but, c'est qu'on lui a barré le sentier direct. Cependant, l'être qui ne désire que le bien obtient toujours satisfaction sous une forme ou une autre, par cela même qu'il est en accord avec la loi de vie, et il est rare que, même sur les planètes inférieures, les énergies bienfaisantes d'une créature n'aient leur emploi vers le but souhaité dans la liberté et la lucidité de l'esprit.
  
Libre arbitre et déterminisme
Le déterminisme repose sur la grande loi vitale de l’évolution. Il ne peut s'appeler que progrès, et loi de cause et d'effet.
Le premier est du déterminisme Divin, la seconde du déterminisme naturel. L'être est soumis à une lutte de courants contraires, mais la loi Divine de l'ascension est une loi inviolable. Par sa volonté, il peut avancer ou retarder son ascension. Mais il ne peut aller contre la grande loi vitale évolutive et, tôt ou tard, doit la connaître et la suivre.
Voilà le seul déterminisme immuable. Chaque être sorti du sein Divin doit suivre une direction, un plan d'évolution qui lui permettra de réaliser le maximum de vie en lui et de contribuer à assurer la vie universelle. Avant de revenir à Dieu, cette vie est régie par des lois, assurée par des forces naturelles : expression de l'intelligence et de la volonté Divines ; or, la créature ne peut violer ces lois, sinon elle crée l'inharmonie, et cette inharmonie a ses sanctions naturelles dans la souffrance et le mal. Voilà la grande loi du déterminisme humain. L'être conscient, cependant, demeure libre. C'est lui-même qui se trace sa destinée en accumulant les forces qui la dirigeront. Certes, à l'état humain, il ne peut se souvenir ni des précédents de sa vie actuelle ni prévoir les conséquences exactes de celle-ci. Cependant, à l'état désincarné, il a entrevu, au moins dans son ensemble, sa vie totale. Libre des directions secondaires de son évolution, il peut aller plus ou moins vite sur le chemin infini et Divin du progrès qui mène à la perfection et au bonheur.
Dans sa vie d'incarné, il est libre de ses décisions et peut les exécuter dans la mesure des possibilités naturelles et surtout, des exigences de la vie en collectivité. Car il ne faut pas oublier que sur une planète inférieure, l'absolu ne peut exister à cause de l'imperfection des êtres qui y séjournent. Le déterminisme sur Terre est la résultante du jeu des forces visibles et invisibles réunies par l'homme ; qu'il n'ait plus souvenance de ses décisions précédentes et de ses acquis du passé, ceux-ci, cependant, prennent leur part dans la délibération.
Et le libre arbitre consiste justement dans l'ignorance du passé et de l'avenir spirituels. Ce qu'il a préparé, acquis à l'état spirituel ou dans de précédentes existences (intelligence, reconnaissance, caractère, éducation, habitudes, passions), il le retrouve sous forme de forces, mais reste libre de leur direction nouvelle.
Ainsi, chaque existence nouvelle semble à la fois un chaînon nouveau et peut-être la déterminante d'une nouvelle série d'évolutions, comme elle fut déterminée par la série d'évolutions qui l'ont précédée. En somme, libre arbitre et déterminisme peuvent se résumer ainsi : l'être vient de Dieu et doit y retourner par une série d'évolutions, d'incarnations. Une direction Divine régie par des lois et assurée par les forces vitales est inviolable. Mais l'être conscient a le choix des voies de traverse, pourvu qu'il revienne à Dieu ; à lui de s'amuser en route ou d'aller droit au but. Voilà pour son existence totale. Dans les décisions particulières, son libre arbitre est plus apparent. D'abord, par son ignorance des précédents et des forces acquises, ensuite parce qu'il ne peut prévoir les résultats lointains de son acte.
Le libre arbitre humain est renfermé, la plupart du temps, dans l'étroite limite de l'horizon terrien. L'homme n'aperçoit de sa vie que le présent et, s'il a souvenance du passé, les leçons qu'il en a tirées demeurent bien faibles. Enfin, la plupart du temps, ce qu'il peut prévoir de l'avenir s'arrête, pour la plupart des cas, aux relations directes et visibles des actes. Il oublie trop souvent la part de la pensée : force puissante et par ses effets immédiats et par l'attraction des forces spirituelles qu'elle produit.
Souvent même, ce qu'il prend pour sa libre détermination n'est que l'inspiration venue de l'Au-delà ; inspiration plus ou moins sage suivant l'élément inspirateur. Quand un homme va prendre une décision, se groupent autour de son esprit une quantité considérable de forces bonnes ou mauvaises suivant la pureté de son ambiance spirituelle. Alors, entre ces forces se livre une discussion, un combat qui se traduit par la délibération ; l'homme décide, c'est-à-dire que sa volonté personnelle acquiesce ou repousse le projet d'action.
Ainsi, dans la délibération entrent en cause et les conceptions particulières qu'il se fait du présent et de l'avenir, et les forces invisibles, enfin, la conscience ou écho Divin : reflet de la raison suprême ; rayon de la connaissance universelle, et dont la pureté, hélas ! se ternit sous les voiles amoncelés par les violations de la loi Divine.
L'action de toutes les forces se traduit par un examen des motifs mobiles, des intérêts immédiats ou futurs. Puis, la volonté décide. Quelquefois la lutte se prolonge, les motifs apparaissent sous des aspects changeants, et c'est parfois à un élément secondaire qu'est dû la direction définitive.
C'est à ce moment que la prière ou l'appel aux bonnes influences invisibles peut être efficace, en faisant pencher la balance vers le bien. Encore une fois, le libre arbitre de l'homme consiste, la plupart du temps, dans son ignorance des forces en lutte. Et ce n'est que chez les évolués et les initiés qu'il a son expression la plus complète, parce que ceux-ci connaissent en partie le jeu des forces déterminantes. Leur personnalité alors, a une part prépondérante dans le combat et sa décision. Tant que l'homme n'est pas parvenu à ce degré de puissance volontaire, il ne peut se dire vraiment libre. Il a peut-être la liberté physique, mais il n'a pas le bien précieux du libre arbitre. Il peut appliquer ses décisions, mais ne possède justement pas le moyen de se déterminer en toute connaissance de causes et hors des suggestions ennemies.
   
L'incarnation humaine
Un esprit, c'est-à-dire une parcelle de substance Divine douée d'une intelligence capable de percevoir les courants de vie en elle, choisit sa forme suivant les lois de l'affinité, et s'allie à une chair plus ou moins pure suivant ses propres qualités. La conscience naît alors dans cet être. Des lois de Divine harmonie règlent ces unions de l'esprit et de la forme. La forme évolue sous les courants vitaux qu'elle subit et sous l'influence de l'esprit qui la féconde. Ainsi, la forme humaine elle-même a évolué non seulement sous les influences du milieu, des conditions atmosphériques, sociales, mais sous les influences spirituelles des âmes qui se sont incarnées dans la forme humaine. Plus la forme est évoluée, épurée, plus elle a de chances de donner asile à une âme évoluée. Ceci, en règle générale du système total des êtres, et en exceptant les cas particuliers où des âmes d'élite, bravant les souffrances d'une vie inférieure, s'incarnent en vue d'une mission, par altruisme, ne désirant que le bonheur général ; elles font, pour un temps, le sacrifice d'une mésalliance ! Le Christ a connu, jusqu'à la plus torturante amertume, cette mésalliance ; encore, son Esprit rayonnant n'eut-il jamais pu s'allier à la forme humaine la plus parfaite, s'il n'avait accepté des incarnations graduelles sur la série des planètes supérieures qu'il dut traverser avant de parvenir à la Terre ; ce ne fut jamais sans souffrance qu'il demeure attaché à la chair. Et, pour beaucoup, la réincarnation est une expiation à cause des exigences de la chair, de ses déchéances, des causes de souffrance qu'elle entraîne ; et c'est pourquoi l'Esprit évolué aspire toujours au dégagement, souhaitant la mort, parce qu'il sait que la vie libre de l'esprit est la seule véritable et complète.
  
Conditions de l'incarnation humaine
L'âme s'incarne au moment où la sensibilité physique de l'enveloppe corporelle est assez développée pour ressentir par elle-même les vibrations d'intelligence, pour avoir conscience de sa vie particulière. C'est donc environ à l'instant où la vie de l'enfant se sépare de celle de sa mère.
Jusqu'à ce moment, seule la matière vit, soumise aux courants et aux fluctuations de la vie matérielle. C'est, suivant vos mesures humaines, vers le 5ème mois de la gestation. Mais l'âme n'est pas incarnée définitivement. Elle fait de courts stages dans le corps sans en prendre complètement possession, et ce n'est que lorsque celui-ci est complet, qu'il a une existence particulière, individuelle, et que l'esprit l'anime. L'âme, quand le corps vient au jour, s'incarne définitivement. La vie de l'enfant est alors bien nettement individuelle ; l'instinct a son libre jeu.
Dans la première enfance, l'esprit se dégage fréquemment. La vie matérielle est assurée par la vie instinctive, assujettie aux courants physiques seuls. Ce n'est que lorsque la conscience a pris jour que l'esprit vivifie complètement l'individu. L'enfant a une vie particulière et montre alors les principaux traits de son caractère, contrariés ou développés par l'éducation et le milieu. En somme, on peut dire qu'il y a involution dès le moment même où la vie corporelle et les éléments périspritaux sont développés et actifs, mais il n'y a définitivement incarnation de l'esprit que lorsque l'être humain vit de sa vie particulière, caractéristique, personnelle.
L'on peut comprendre que les suggestions, le caractère, les soins maternels peuvent avoir, au point de vue fluidique, une grande influence sur la formation de l'enveloppe de l'âme. Par leur action, elles déterminent des courants fluidiques qui ne changent certes pas la nature même de l'âme qui s'incarne, mais qui peuvent marquer leur empreinte sur le tissu périsprital. La tenue morale, les idées, la vie intérieure de la mère pendant la conception, la gestation ont donc leur importance à cause de leur influence sur la formation des éléments secondaires des tissus de l'enveloppe de l'âme. Et c'est une raison de plus de ne pas s'étonner que des enfants, nés de mêmes parents, soient très différents de caractère et de par la loi de justice qui règle l'incarnation et l'évolution de l'esprit et par l'influence des idées maternelles durant le travail préparatoire de la naissance.
  
La mort et l'après mort
La dématérialisation ou détachement de l'esprit du corps charnel s'opère  naturellement, progressivement. L'esprit rompt d'abord ses premières attaches, c'est à-dire arrête, en le ralentissant graduellement, le courant vital dont il anime l'âme. Celle-ci, alors, en s'éloignant atténue les vibrations de la substance charnelle et peu à peu la rend inerte et froide ; puis l'esprit travaille à détacher le tissus périsprital des enveloppes cérébrales qui demeurent matière et ne peuvent suivre l'esprit. Ces enveloppes sont invisibles mais sont matérielles. Ce détachement s'effectue de la même façon, en retenant, ralentissant le courant vibratoire. C'est là que commence le plus douloureux travail. Il faut que l'esprit quitte définitivement le corps devenu inerte et où ne bat plus que très faiblement la vie. II faut un long travail de désagrégation de la substance fluidique encore épaisse et opaque qui relie le périsprit au cerveau. Il y a, entre eux, une condensation de gaz et de fluides qu'il faut disperser, anéantir. Cela demande, de la part de l'esprit, un déploiement de forces neutralisantes où sont unis en action tous les pouvoirs destructeurs de l'esprit et prend, naturellement, d'autant plus de temps que l'âme était plus matérialiste et tenait davantage aux jouissances charnelles.
Enfin, il s'établit dans l'ambiance fluidique une telle lutte de courants contraires que l'esprit, un moment, ne reconnaît plus sa voie. Mais de l'aide lui vient, surtout s'il était spiritualiste, et bientôt des forces bienfaisantes venues de l'Au-delà travaillent à couper le courant qui relie encore l'esprit au cerveau. Alors, il étend peu à peu son champ d'action hors du corps ; il dénoue les derniers liens fluidiques qui le rattachent à la chair. Cela ne se fait pas sans lutte, sans souffrance ; lutte et souffrance d'autant plus grandes que l'esprit était plus attaché à la chair, car la densité de ses fluides le ramène toujours à la chair à cause de la similitude de pesanteur, si bien qu'il se sent à la fois attiré par les appels de ses frères libres de l'Au-delà, et retenu par la densité de son propre fluide : voilà l'heure la plus douloureuse ; elle comporte alors une agonie invisible, une torture inappréciable aux sens humains mais dont un médium, un esprit sensitif ressent très bien les affres. Elle se traduit, pour ce dernier, par l'oppression, l'obsession aussi, car, suivant le degré d'évolution de l'esprit qui va quitter son enveloppe charnelle, se groupent autour de lui des Esprits, plus ou moins bienfaisants ou évolués, qui l'aident à se détacher de la matière. S'il était nettement matérialiste, il s'entoure, de par la loi d'affinité, d'Esprits grossiers qui le torturent, lui insufflant des désirs de demeurer sur la Terre. C'est une lutte parfois épouvantable ! L'esprit égoïste ne trouve que le vide autour de lui, ou seulement le dédain, l'indifférence d'égoïstes comme lui. Puis, il assiste au spectacle des préparatifs de ses funérailles. S'il est évolué, peu lui importe ! il sait qu'il est en train de retourner à l'état libre et se détache complètement de ces détails matériels. Mais s'il était attaché aux biens de ce monde, il s'étonne ou de l'indifférence ou de l'égoïsme de ceux qu'il laisse ici-bas. Parfois, il les tourmente dans leur sommeil dès qu'il a enfin dénoué ses dernières attaches corporelles et qu'il commence à vivre de la vie de l'espace. Suivant son degré d'évolution, il demeure parfois très longtemps dans l'ambiance terrestre et assiste, dans les lieux familiers où il revient volontiers, à tout ce qui suit son départ. Bien souvent il a des colères, des rages impuissantes contre ceux qui ne respectent pas ses volontés, ni ses goûts, comme il a de profondes surprises à découvrir parfois des sentiments qu'on lui avait cachés. S'il est évolué, cela lui importe peu. Il n'a qu'une idée : s'élever, se dégager peu à peu des voiles fluidiques épais, terriens ; et qu'un désir : consoler, aider ceux qui l'aimaient. Le premier travail est progressif. Dès qu'il a reconnu sa nouvelle demeure, il s'applique, peu à peu, par la prière, l'appel aux bons esprits et son grand désir de s'élever, à subtiliser, éclairer son ambiance. Il y parvient facilement s'il était déjà assez spiritualisé ici-bas pour se dégager en partie. Mais cela demande, selon le degré d'évolution, des jours, des semaines, des mois, des années parfois. Il est cependant des cas très rares où des âmes ont, en quelques heures, retrouvé la voie de leur plan et délié les liens fluidiques qui les tenaient à la terre. C'est à ce moment que les prières des assistants de la famille, pourvu qu'elles soient sincères et non pas seulement des formules vides et des litanies payées, peuvent beaucoup pour le dégagement. Par la prière, l'esprit fait appel aux bonnes forces invisibles et, s'élevant au-dessus des préoccupations égoïstes ou matérielles, épure l'ambiance, attire les forces spirituelles bienfaisantes et puissantes qui chassent toutes les mauvaises forces venues là comme à une curée car, dans le monde des Esprits comme ici-bas, chacun cherche des amis ou des complices. Le départ d'une âme de la Terre est un événement souvent, anxieusement attendu, désiré par ceux qui l'aimaient et, hélas aussi ! par ceux que la haine avait meurtris. Et, c'est dès ce moment que l'âme reçoit sa récompense ou son châtiment. Si, pendant son incarnation elle n'a fait que le bien, pratiqué la charité, l'altruisme, elle retrouve, pour l'accueillir, la cohorte de ceux qu'elle a aimés, consolés, aidés et qui l'ont précédée dans l'Au-delà. L'Amour
lui est rendu au centuple, car ceux qui ont déjà vécu quelques temps dans l'Au-delà ont reconnu, mieux que sous l'enveloppe charnelle, les bienfaits de l'Amour. Pour l'âme qui commence seulement à se retrouver, c'est un précieux concours que ceux des âmes qui ont contracté envers elle une dette d'Amour. Alors, tout de suite elle se sent mieux, plus heureuse, plus libre ! Elle comprend davantage la vanité et la fragilité des biens terrestres. Aidée de ses nouvelles amies, elle dénoue facilement ses derniers liens pesants. Si elle laisse quelques amies, elle s'ingénie d'abord à les consoler, leur insuffler de l'espoir, et quand elle a enfin reconquis la maîtrise d'elle-même, revient souvent les visiter ou leur envoie des messagers d'espoir ; elle ne les abandonne jamais, les inspire, les protège, les guide sur le sentier de la vie par toutes sortes de moyens.
Alors, pour l'âme désincarnée commence la vie libre. Si elle était évoluée, elle retrouve vite en elle le souvenir de ses existences passées et entrevoit sa vie prochaine. Suivant son degré d'évolution, elle a la clairvoyance de l'avenir et la faculté de jouir de sa liberté dans l'espace. C'est une fête pour elle ; elle renaît : c'est la véritable résurrection. Beaucoup de ses soeurs du passé viennent lui souhaiter la bienvenue, et c'est dans le langage fluidique fait de vibrations, une euphorie de joies, de souvenirs communs. Mais bientôt, devant l'âme nouvellement revenue se dresse le devoir proche : il faut encourager ceux qui restent en bas, veiller sur eux, leur aplanir, suivant la justice et la pitié, les difficultés de la vie terrestre. Et cette âme alors, avant même de songer aux ivresses de l'espace, s'ingénie à adoucir la vie de ceux qu'elle a aimés sur Terre. Si elle est des plans supérieurs, pour elle un autre devoir s'impose : l'idéal humanitaire qu'elle a défendu ici-bas, sous une forme ou une autre, prend de plus hautes, de plus larges proportions. Il devient l'idéal Divin dans sa conception pure. Cette âme alors, recherche le groupe d'hommes qui lui permettra de donner à la Terre les enseignements du ciel ; souvent ce sont les siens, sa famille humaine qui devient ainsi l'objet de ses soins ; mais parfois, ses vues sont plus hautes, et elle va des uns aux autres prêcher, sans repos, la vérité. Elle n'est pas seule, d'ailleurs, dans la grande oeuvre ; on l'aide, la dirige, la conseille. Elle va où elle est le plus utile, où il lui est le plus facile d'être comprise et écoutée. Et sa vraie vie commence. Le souci du bonheur humain, la passion de la vérité la guident, l'inspirent. Elle se dépense, se donne, s'évertue à faire toujours mieux et plus. Longtemps elle travaille ainsi, avant d'avoir droit de cité dans un plan plus élevé, mais la joie de faire du bien aux humains la soutient, l'encourage, et elle n'hésite pas, si le bien de l'humanité l'exige, à redescendre dans des plans inférieurs et même à s'incarner de nouveau pour accomplir la mission altruiste. Ainsi est la loi : vivre pour les autres et travailler au triomphe de la vérité, au bonheur des créatures ! Et c'est avec joie, mieux, dans la félicité que l'âme évoluée accomplit le sacrifice altruiste, car elle sait qu'en l’accomplissant, elle demeure fidèle à Dieu et vit de la véritable vie.
Mais que vous dire des pauvres âmes qui, sur Terre, n'ont recherché que les satisfactions grossières : les plaisirs de la chair, les biens de la terre, les intérêts égoïstes?
C'est dans l'ombre et le froid qu'elles pénètrent après la mort. L'isolement est la punition de l'égoïste. D'abord, personne pour l'accueillir, la recevoir, la guider dans le nouveau domaine. Rien que l'ombre, le froid, la nuit où passent cependant des éclairs : effluves fluidiques des âmes des plans supérieurs. Alors, après bien des angoisses, l'esprit commence à entrevoir ses erreurs. Il apprend, par une douloureuse expérience, ce que valent les hommes. Ayant la faculté de voir ce qui se passe sur Terre, il perçoit nettement les indifférences, les injures même que font à sa mémoire ceux qu'il a connus. Il s'étonne d'abord, mais la pitié qui veille dans les sphères de la vie supérieure ne le laisse pas longtemps sans secours : un messager ami vient lui représenter ses fautes, lui faire comprendre son égoïsme et, à force de conseils, d'enseignements, le convaincre de se repentir, de s'améliorer. Parfois, cela dure des années. Ce sont, pendant ces années, des souffrances sans cesse renouvelées, des découvertes effarantes pour celui qui voit sur Terre mais qui ne reconnaît autour de lui que la nuit. Souvent, il se croit encore incarné, conserve des désirs et des passions charnelles ; devant l'impuissance matérielle à les réaliser se désole, souffre et s'incline enfin. C'est ainsi qu'il progresse ; à force de souffrir il pense à s'élever, à rechercher ailleurs que sur la Terre le repos, le calme. Sitôt qu'en cette âme jaillit un élan vers le bien, un désir de mieux, l'aide lui arrive. Ses soeurs la poussent en avant, lui montrent le chemin des cieux qui, parfois, est celui d'une nouvelle incarnation, d'une nouvelle épreuve, d'un nouveau lot de souffrances expiatrices et purificatrices. Et c'est la loi juste et Divine : loi de réparation et de progrès, loi de bonheur et de vie, mes frères.
Aussi, comprenez que l'après mort sera ce que vous l'aurez préparée. Si, dès maintenant vous vous spiritualisez, vous aspirez aux biens impérissables, à la vérité, au beau, à l'Amour, vous vous détacherez peu à peu des chaînes de la matière, vous vous préparerez un départ en beauté, et une arrivée dans la lumière de l'Au-delà.
  
La désincarnation
La dématérialisation ou dégagement de l'esprit est donc double. Elle comporte d'abord le ralentissement de vibrations envoyées par l'esprit à l'âme et transmises au corps et, en conséquence, la désagrégation du fluide semi-matériel qui rattache l'âme au corps. Plus tard, après le détachement complet, l'épuration progressive des tissus périspritaux, l'allégement des fluides, jusqu'à ce que l'Esprit, complètement dépouillé des enveloppes alourdissantes, soit devenu une flamme entourée d'un voile subtil et léger, vibrant avec une intensité inappréciable. C'est le retour à l'état supérieur qui comporte maints degrés et maintes évolutions, et qui mène à l'état divinement libre et heureux dans la lumière, l'Harmonie, la suprême connaissance des sphères qui touchent à Dieu.
Ce dégagement est plus ou moins long suivant le degré d'épuration de l'esprit et sa puissance de vibrations, son pouvoir de domination sur la chair. Il peut durer de nombreuses années et être soumis à de grandes souffrances dans le cas où l'esprit était matérialiste. Au contraire, il peut être rapide, heureux, devenir une échappée soudaine vers la lumière et le bonheur quand l'âme qui se désincarne est spiritualiste et altruiste, parce que spiritualisme et altruisme signifient épuration ; que l'âme épurée vit intensivement et obtient la science et le pouvoir de vie sur la matière qu'elle dirige et domine ; alors que l'âme matérialiste vibre avec peu d'intensité et demeure asservie à la matière qui l'alourdit, lui enlève de sa puissance vitale et de sa faculté de bonheur.
  

II - Pouvoirs divins en l'homme

L'âme est un réservoir inépuisable de forces surhumaines, non seulement réservoir transmetteur de ses propres énergies, mais de celles de l'Au-delà. Et l'âme vainc le corps quand l'être vit par elle. Celui-ci ne connaît ni la fatigue ni les défaillances ni le désespoir. Quand on vit vraiment par l'âme, on vit de la flamme éternelle de vie. Et la Foi soutient, la Foi décuple les forces productrices du beau, du bien. L'être qui met le spirituel avant tout, qui n'aspire qu'à la lumière, la vérité, l'altruisme fournit une somme de travail extraordinaire, semble même braver les lois de l'hygiène et de la nature quand il s'agit de concourir à l'œuvre universelle du bien. C'est ce qui explique l'endurance surhumaine et l'énergie sublime de certains adeptes ou initiés des sciences Divines. Par cela qu’ils donnent l'empire de leur être à l'âme, cette âme les soutient par sa seule force. Et le corps, mode inférieur de vie, se sent vaincu devant cette intensité de vie qui le consume, l'anéantit. Est-ce à dire qu'il faille à l'ordinaire le négliger ? Non ; car, pour prétendre vaincre complètement la chair, il faut avoir acquis une puissance d'âme, une volonté, une pureté spirituelle que peu peuvent réaliser. Mais ceux-ci goûtent de tels délices qu'ils préfèrent, à leur retour forcé à la vie matérielle, souffrir dans leur corps, plutôt que de lui céder le pas sur l’âme.
Ce sont là les exemples donnés par tous les grands initiés : chefs d'écoles spiritualistes anciens ou modernes, et dont la vie terrestre est le prélude de la vie de l'Au-delà. Mystiques et énergiques, ils ont réalisé en eux et la capacité de sentir humainement possible de réaliser et la volonté poussée jusqu'à la limite humaine, puisque cette volonté vainc non seulement les faiblesses, mais les besoins de la chair, et peut donner à l'âme le pouvoir de revivre libre, dégagée du lien charnel. D'ailleurs, ces êtres vivent presque toujours hors du plan terrestre ; en tout cas, ils ont la faculté de fouiller les plans supérieurs de vie. Mais, encore une fois, des initiés et des purs peuvent arriver à cette dématérialisation qui serait dangereuse et peut-être mortelle pour les êtres inférieurs dont l'âme ne serait ni assez forte ni assez pure.  

 

FIN du premier tome




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