Quatorzième série
Cultes et croyances
Considérons au travers de quels nuages et comment à
tastons on nous mène à la cognoissance de la plupart des
choses qui sont entre nos mains. Certes, nous trouvons
que c’est plus tost accoutumance que science qui nous en
oste l’étrangeté, et que ces choses là, si elles nous estoient
présentées de nouveau, nous les trouverions aultant et
plus incroyables qu’aulcune aultre.
Montaigne.
Origine des cultes
Dieu n’a qu’un seul miroir, mais un miroir à facettes ;
c’est peut-être, soit dit en narguant les faiseurs de Sainte
Trinité, le moyen d’expliquer Dieu seul et multiple.
J. de L.
Lorsque mon âme domine son passé, si je descends l’échelle des souvenirs avec la longue chaîne des siècles, je reviens vers l’Inde antique, et je revois mes premières existences au sein des grandes familles ariennes ; et, alors, hommes de ces jours, je me prends à vous aimer davantage parce que j’ai à vous plaindre.
Aujourd’hui, je vous parlerai d’un temps reculé, bien reculé. Je vous dirai qu’à cette époque lointaine, l’homme, déjà avancé en philosophie, n’était encore tombé dans aucun de ces tristes travers des nombreuses sectes religieuses qui se sont répandues sur la terre. Vous, qui surprenez les secrets de la nature et qui assouplissez ses forces à votre gré, qui les exploitez même pour les besoins de votre vie, sachez que ces forces, que l’on dit aveugles, avaient été étudiées par beaucoup d’hommes des temps védiques ; ils les comprenaient, faisaient la synthèse de toutes ces forces en une seule, et avaient ainsi conçu l’unité de Dieu.
Ces hommes offraient des sacrifices à l’éternel, à l’Innommable, chacun donnait ses propres fruits… C’était devant un autel que nous offrions nos chants et nos hommages ; oui, devant un autel, mais un autel dressé par la nature elle-même. Alors, dans ces instants, il se produisait des phénomènes qu’à présent on ne peut plus appeler étranges. Parmi nous, il y avait aussi les doués, les inspirés qui devenaient les porte-voix des habitants de planètes plus avancées dont la force de rayonnement arrivait jusqu’à la terre ; dans les discours des inspirés aryas, de même que dans les manifestations d’aujourd’hui, il y avait la révélation de l’éternité de l’existence. Ce sont les premiers médiums de l’Inde qui confirmèrent la vérité déjà préconçue par les hommes de ces époques touchant les transformations qui se produisent dans la nature, transformations qui leurs démontraient que la mort n’existe pas, qu’elle n’est qu’une phase de métamorphose.
La vraie, la pure croyance, vécut bien longtemps chez les peuples ariens ; puis les inspirés, devenus prêtres, exploitèrent les inspirations qu’ils avaient auprès des autels ; le culte s’établit, et alors commença cette prédominance, cette suprématie de ceux qui prétendirent parler au nom de Dieu, et qui s’arrogèrent le droit de se placer entre Lui et l’Homme. Il n’y eut plus de république ; les familles sacerdotales fondèrent leur autorité ; ils firent des privilégiés dans les familles qui portaient les armes, et, du premier pontife au paria, des lignes de démarcations furent établies. Dieu fut subdivisé en plusieurs puissances, on en fit une trinité ; on donna des noms aux diverses forces qui semblaient se consacrer à la marche de l’Univers ; à ces noms, on affecta bientôt une personnalité humaine, et le Dieu anthropomorphe fut enseigné à la foule. Dieu, l’Eternel, l’Âme universelle, devint l’objet de l’adoration des hommes sous la figure d’un homme !
O humains de ces jours, n’êtes-vous pas effrayés à la pensée que les anciens âges ne vous ont légué que la superstition des prêtres, et que tout ce fatras vous est venu en Occident par le judaïsme, d’origine égyptienne et assyrienne, et par le christianisme sitôt défiguré ! Quelles chaînes de fer les religions ont fait peser sur les hommes ! Comme elles les ont fait courber sous le poids de leur idolâtrie ! Faut-il qu’à présent encore nous venions vous adjurer, au nom du Dieu de la nature, au nom du Dieu universel, de reprendre votre liberté, de secouer le joug pesant, de rejeter ce fardeau, de rompre vos chaînes !
Après les temps védiques s’établirent un grand nombre de sectes qui faisaient de l’immortalité de l’âme un nouvel assujettissement. On déclarait que celui qui n’avait pas vécu selon les croyances dogmatiques, que celui qui n’avait pas suivi les prescriptions religieuses imposées par les prêtres, aurait, sinon l’immortalité retranchée, du moins la peine d’errer dans les incarnations inférieures par lesquelles leurs âmes avaient déjà passé.
Dans le domaine philosophique, les prêtres de toutes les religions ont exploité les découvertes pour se les approprier, afin d’avoir, par cela-même, une plus grande prépondérance sur ce que j’appellerai : l’esprit des nations.
Si l’erreur vous est venue de l’Inde, c’est aussi l’Inde, celle des premiers jours de clarté, qui vient faire grandir en vous la science retrouvée, établissant entre l’Inde des temps védiques et les animistes d’aujourd’hui une espèce de fraternité dont nous sommes heureux. Vous avez tout pris de l’Inde, et les prêtres bouddhistes, en montrant leurs parchemins, pourraient dire aux missionnaires chrétiens : Ce que vous avez prêché a été enseigné ici il y a trente mille ans. Vous nous parlez du Christ ? Nous vous parlerons de Christna, nous, et nous vous dirons que l’incarnation de christ est une réincarnation de Christna : c’est la même âme ; la même philosophie et la même morale ont été professées par Christna et par Jésus.
Ceux qui sont venus avant moi vous parler des incarnations du passé, ceux chez qui vous avez admiré la simplicité et la grandeur des idées philosophiques, sont les prophètes, les médiums des premiers temps de l’Inde. Ils ont repris leur tâche bien des fois pour ramener les hommes à la liberté de leur conscience, leur faire reconnaître que Dieu est l’âme universelle et que nous sommes éternels, puisque nous sommes en Dieu et que rien ne meure dans l’Univers. Pour se rendre libre, il faut jeter à terre les fardeaux inutiles. Pour aller à Dieu, pour marcher à la conquête de son amour, de sa science, il faut être libres, libres comme il vous a faits, ou plutôt comme vous devriez vous faire. Libres, vous n’avez à compter qu’avec votre conscience, vous n’avez qu’à écouter les inspirations de votre cœur ; vous n’avez qu’à aimer pour être justes, pour être bons ; vous n’avez qu’à aimer pour vous déifier.
L’Amour de Dieu, c’est l’amour de l’humanité.
L’oriental
Dans les messes, je vois d’anciennes cérémonies païennes : évocations, passes magnétiques, libations, couleurs symboliques, victime expiatoire, choses usitées en magie.
Liana
Les sacrifices sur les autels
Je veux la miséricorde et non le sacrifice.
Matthieu, IX, 13
Lorsque les ouragans déchaînés détruisaient les travaux des premiers hommes, que les fauves rugissants et terribles décimaient ; lorsque la vie était pleine de périls et d’angoisses, la jeune humanité tournait sans cesse ses regards vers les cieux, demandant protection au soleil, aux étoiles, et au Maître inconnu qui commandait à toutes les forces.
Pour se rendre agréable à leurs divinités, les hommes immolèrent des taureaux, des agneaux, des colombes, puis bientôt des enfants et des vierges ; c’est que les hommes de ces âges, consommant la chair et le sang à peine refroidis et soutenant des combats contre les animaux féroces, se figuraient que des sacrifices sanglants pouvaient seuls plaire au dieu impénétrable et fort qui ne se révélait que par le spectacle grandiose de la nature, et qui n’avait d’autre voix que celle des éléments tour à tour calmes où courroucés. Les hommes, alors, étaient dans un état de barbarie effroyable. Au Pérou, chez les Incas, au Yucatan, à Carthage, à Rome, chez les druides comme chez les sauvages, il y eut des victimes offertes aux dieux. Les foules prosternées regardaient couler le sang, et nul sentiment de pitié ne s’élevait dans les cœurs, pas plus chez les vieillards que chez les femmes et les enfants ; le couteau sacrificateur égorgeait la victime, dont les cris étaient étouffés par les chants sacrés et dont le sang était caché par les fleurs qu’on jetait sur l’autel. Pas un regard de compassion pour l’immolé. Quelquefois, une mère se retirait pour aller pleurer dans l’ombre des grands bois, croyant que le silence pleurerait avec elle.
Pourquoi, pourquoi ces victimes ? Pourquoi la vue du sang offerte au regard des enfants, imprimant ainsi dans leur âme le scepticisme de la bonté et appelant dans toute son horreur le sentiment de la cruauté ! Car le sang qui coule c’est la vie qui palpite ; s’accoutumer à la plainte agonisante, c’est paralyser les nobles mouvements du cœur. La cruauté avait son école dans ces cérémonies religieuses : l’enfant qui voit verser le sang de la bête et s’y habitue, n’aura bientôt plus rien qui vibrera en lui quand, emporté par les passions humaines, il sera tenté de tuer son semblable. O siècles de barbarie ! siècle de tristesse et de deuil ! Vous avez trouvé dans ces sacrifices monstrueux un aliment de curiosité malsaine, d’égoïsme et de brutalité. Du sang de la victime, la buée s’épaississait autour des hommes et leur donnait l’appétit du crime.
Traversons les siècles à vol d’oiseau.
Depuis ces temps barbares, le progrès a élevé des digues contre les envahissements de la mer ; il a trouvé le paratonnerre contre la foudre que tenait jadis dans sa main un dieu redouté ; à côté de la cruauté qu’excitent les appétits immondes, il a fait fleurir la charité, l’indulgence et la bonté ; il a enrichi l’humanité de connaissances précieuses. Par lui, l’homme comprend son rôle dans la nature ; il n’adore plus le serpent qui représente l’éclair, signal de l’orage ; il n’adore plus la foudre qu’il craignait plus que les autres éléments ; il n’adore plus les eaux envahissantes de l’Océan ; il peut se contempler lui-même dans son élévation : l’homme a consacré sa propre déification par la victoire remportée sur les forces de la nature. L’avenir plein de surprises, l’avenir qui laisse devant lui un champs de découvertes toujours plus vaste, lui sourit et l’appelle. L’homme, l’homme est déjà le dieu des éléments, et les forces de la nature s’assouplissent par sa volonté tel l’animal sauvage qui devient doux et docile léchant la main du maître qui l’a dompté. Hommes de nos jours, qui regardez dans le passé tout ce que vos ancêtres ont fait, considérez dans votre éternel Devenir toute l’élévation morale, toutes les joies qui résulteront de vos efforts !
Pourtant, pour beaucoup d’hommes encore, , il faut sur les autels une victime expiatoire, il faut reste de barbarie du sang pour apaiser la colère de Dieu !!! Mais la suprême Harmonie qui est tout amour réprouve le sacrifice, au contraire ! Ah ! fuyez les autels où une victime est immolée ! Plus la victime est pure, plus l’acte est infâme !
Ah ! Pourquoi devant ce panorama immense plein de grâce et de charme, pourquoi dans ce Grand Tout dont nous surprenons les secrets et les forces, afin de grandir en science, pourquoi s’incliner et gémir au lieu d’unir ses efforts ? Pourquoi passer tant de temps en prières, puisque, depuis tant de siècles, les prières n’ont jamais pu barrer la route à l’élément dévastateur ? Homme, ne te découvre pas devant l’idole. Si le feu ou l’eau menace ta demeure, sois debout au plus vite ; ne t’attarde pas au pied de l’autel, car aucun dieu ne peut t’être utile. Cours au danger, prends des forces en toi-même, aide-toi de tes frères et lutte pied à pied ; c’est à ta force que cèdent les autres forces ; tu es toi-même une force active et intelligente, et tu es appelé à vaincre, à dominer celles qui te menacent. L’homme dans son esprit, dans le creuset génial de son cerveau, doit trouver lui-même et toujours des moyens nouveaux pour vaincre les éléments et connaître davantage les mystères de ce mécanisme de la Nature dont l’ignorance l’a laissé tant souffrir. Ah ! plus de sang ! plus de sang ! Plus d’homme aux plaies béantes cloué sur un gibet ; plus d’évocation, de martyre !!!
Il y a bientôt dix neuf siècles, dans un coin retiré du monde, parut un homme qui avait en lui les influences des harmonies supérieures. Il prêcha la lutte pour le progrès ; il prêcha le pardon et l’amour, et il apprit à ses disciples l’art de guérir, l’art d’être bien-faisant ; et les prêtres d’alors le massacrèrent… et d’autres prêtres en firent une divinité qu’on offre en holocauste sur les autels ; on a l’odieuse, l’atroce barbarie de vouloir l’immoler, cette pure victime de leurs prédécesseurs, à un Dieu jamais apaisé, et cela chaque jour, dans toutes les parties de la terre ! O sacrilège ! pourquoi insulter ainsi aux harmonies ? Oh ! qu’un sentiment de pitié s’élève de vos âmes pour ces malheureux, ces ignorants, auxquels il faut toujours un sacrifice !!
Dans les sphères radieuses plane une harmonie, foyer puissant. Cette harmonie a été représentée sur la terre par une intelligence qui, délaissant les grandeurs sidérales, voulut bien descendre dans ce monde, pour enseigner le pardon et l’amour ; parce qu’elle s’était incarnée dans le plus pur, le plus chaste, le plus grand des hommes, il faut qu’on l’immole à Dieu son père et le père des hommes ! Et, lorsque ses regards tombent sur la terre, il faut, il faut encore qu’on lui remémore la sauvagerie dont il fut victime. O enfants de la terre ! souvenez-vous que dans l’espace, à quelque degré élevé que l’on soit, l’être souffre de l’évocation de ses suprêmes angoisses. Ce raffinement de cruauté qui rappelle la douleur pour la faire revivre par celui qu’on prétend honorer, éloignera cet être par une force plus grande que lui-même. L’intelligence a beau être grande, être un foyer de charité, de pardon, de condescendance même envers les petits qui ne la comprennent pas, elle repousse l’évocation de ce martyre, parce que cette évocation fait résonner encore dans son souvenir, où rien ne s’efface, les coups de marteau enfonçant les clous dans sa chair, le sang coulant des plaies affreuses, et l’agonie épouvantable de Golgotha.
O Jésus-Amour, Jésus puissance de progrès, tu pardonnes aux barbares qui t’évoquent dans l’horreur du supplice ; tu pardonnes à ceux qui, par cette évocation, te font encore ressentir la lance, perçant ton flanc, et les épines faisant à ton front un diadème de sang !
Enfants de la terre, par pitié ! plus de sacrifice, plus d’évocations de tortures ! Unissez-vous à moi pour évoquer Jésus le pasteur des âmes, le pasteur qui recherche la brebis égarée, qui prend sous son égide tous ceux qui manquent de force ; évoquez son sourire d’amour pour l’humanité ; évoquez le dans son influence douce et bienfaisante ; évoquez le pour le progrès éternel, qui, seule aide des forces divines, rendra l’homme maître de la nature et le fera aspirer à se grandir toujours, comme son sublime modèle : Jésus !
L’oriental
Aimez Jésus, ne l’adorez pas
Mon père, pardonnez-leur,
car ils ne savent pas ce qu’ils font.
Le souffle de la révolution a passé sur l’humanité ; souffle puissant et vivant, souffle de liberté !
Le torrent a lavé bien des fanges, fait disparaître bien des abus ; il semblait avoir emporté tous les débris du passé, toutes les faiblesses, toutes les hontes ; mais des vestiges sont restés ; une puissance nouvelle va t-elle s’élever pour opprimer encore les consciences, et cela, à la face du monde affranchi ? Non ! La liberté tient trop haut son flambeau pour qu’on puisse l’éteindre ; plus noire est la nuit, plus vives paraissent les lueurs.
Quoi ! Je vois encore des temples ouverts aux foules qui s’y engouffrent ! Je vois encore des têtes se courber devant des idoles ! Je vois le denier de la veuve et de l’orphelin servir toujours à nourrir des êtres inutiles, qui marchent triomphalement, tenant en main l’éteignoir de toutes les vérités !
O peuples enfants ! quand donc serez-vous assez grands et assez forts ? Quand donc vos yeux auront-ils la puissance de regarder en face la liberté qui est la vraie lumière apportée par Jésus ?
L’a-t-on assez lâchement insulté, le Nazaréen, ce grand tribun, ce grand philosophe, ce grand humanitaire, cet homme immense dont la voix a rempli le monde ! Mais on ne l’avait pas encore assez outragé, assez brisé, assez ensanglanté ; on l’évoque toujours cloué sur le bois du supplice ; on lui rappelle sans cesse les clous qui ont troué sa chair ! Il leur faut donc éterniser le martyre de la victime ! Oh ! quel sentiment de profonde horreur cela inspire ceux qui ont vu dans Jésus l’apôtre de la pitié, de la charité, de la liberté !…
Prêtres !… peut-être n’êtes-vous que des enfants ! comme eux, vous ne savez ce que vous faites… Si parmi ceux qui lisent ces lignes, il en est qui continuent à appeler Jésus, croyant le forcer à descendre en esprit et en chair sur l’autel dans le sacrifice de la messe, qu’ils craignent de se voir flétris dans leurs œuvres !
O grand homme ! Toi que les âmes d’élite reconnaissent comme le plus grand des sages, regarde ce qu’a produit le mensonge ! Regarde jusqu’où vont l’orgueil et la soif de domination de ceux qui se sont emparés de ta doctrine et de ton nom ! Pour eux, ce n’est point assez de te sacrifier chaque jours, de te rappeler ta suprême agonie ; ce n’est point assez de vouloir faire de toi ton propre bourreau pour que tu souffres perpétuellement ! Pour comble d’ignominie, ils prétendent boire ton sang et manger ta chair !… comme les anthropophages mangent les hommes !… et ils appellent cela t’adorer99 ! O Nazaréen ! dans quel siècle seras-tu compris, toi le vrai révolutionnaire, car tu as su faire la révolution par l’idée et non par le sang. Toi qui voulais la liberté, la justice et la vérité pour tous, vois ce que l’on a fait en ton nom ! Regarde ce qu’est devenue ton œuvre !… Mais une révolution nouvelle se prépare, l’affranchissement des consciences s’opère peu à peu, car on rend l’enfant libre maintenant.
Je crois en l’Être suprême ; mais plutôt la croyance au néant que celle à un Dieu que l’on honore par des sacrifices ! Délaissez les temples et n’encouragez pas par votre présence les actes flétrissants qui éternisent le cruel et long martyre du grand apôtre de la liberté ; n’encouragez pas l’erreur religieuse qui tient notre Jésus éloigné de la terre et qui fait pour le résultat de sa mission un arrêt si long !
Evoquez Jésus-Amour, Jésus le grand égalitaire, Jésus-Liberté et Justice.
Honorez-le, aimez-le, mais ne l’adorez pas !
Robespierre
Le Fils de l’Homme
Jésus est notre frère
Le corps est homme, et l’âme est Dieu.
Lamartine
Disciples de l’enseignement d’amour, écoutez !… Vos maîtres sont ici !
De l’Esprit d’amour se détache le doux effluve qui vous pénètre et vous donne une sensation de paix et de bonheur. L’Esprit d’amour a la sérénité dans sa plénitude ; il porte en lui le charme et la grandeur que peuvent atteindre plusieurs générations : c’est Jésus !
Il est partout où il veut être, et son rayon vivifiant s’étend à des distances que nulle compréhension humaine ne peut sonder. Dés que Jésus veut envoyer un effluve d’amour en quelque lieu, sa présence y est caractérisée, parce qu’une vertu s’est détachée de son cœur. Il est pour vos âmes ce que le soleil est à la terre, il est la lumière.
S’il ressent qu’il doive donner ce qui lui est demandé, toujours en tous lieux ceux qui l’invoquent avec le cœur reçoivent de lui une bienfaisante protection. Vous devez sentir que mes paroles peuvent s’appliquer à des hommes qui tout en le priant l’offensent, le font souffrir en se prosternant devant son image, car Jésus est trop grand pour vouloir paraître grand ; il sait qu’il a été petit comme l’insecte qui rampe encore ignoré parmi les ronces et les épines. Pour ceux qui le méconnaissent, Jésus ressent de la pitié ; pour ceux qui le comprennent mieux il est l’amour, et pour les autres il n’est rien, parce qu’il ne peut être le Dieu qu’ils veulent voir en lui. Pour les uns, il est un frère ; pour les autres, il voudrait l’être ; mais comme il n’est pas Dieu, si on prononce ce blasphème, il souffre, parce qu’il est obligé de s’éloigner de ceux qu’il voudrait garder sur son cœur ; il souffre, parce qu’il se trouve repoussé.
Vous pensiez que l’être, arrivant dans une région éthérée où il n’est plus que quintessence d’amour, changeait de forme et ne pouvait reparaître parmi vous sous les mêmes caractères qu’il avait dans une incarnation fort ancienne où vous pouvez l’avoir connu. C’est une erreur. Oui, c’est une erreur de croire que l’Esprit d’Amour s’incarnant pour un instant dans un homme, revêtant momentanément la robe de la terre, pourrait ne pas être celui que les hommes ont connu dans cette même incarnation. Jésus s’incarnait dans l’Inde, on entendait sa voix ; là-bas on l’appelait « Rayon de Lumière », quelquefois il présidait aux phénomènes comme il préside à vos séances ; pour produire des phénomènes, il se dépouille de sa grandeur, et il reprend une des incarnations où il a servi et aidé aux manifestations.
Jésus s’incarne dans différents milieux ; le grand esprit se fait petit pour enseigner l’amour comme on peut le comprendre sur la terre. Il a voulu connaître toutes les blessures qui peuvent atteindre l’humanité afin de trouver le baume qui les cicatrise ; il a voulut souffrir toutes les souffrances des hommes, et pendant de longs siècles il a vécu toutes les incarnations humaines pour pouvoir descendre dans une incarnation se rapprochant de celle dans laquelle l’homme souffre, et pouvoir lui donner la force dont il a besoin. Il vient prodiguer à tous le calme, la paix, ne demandant que la satisfaction d’avoir fait le bien, sans même que le secouru le sache. Par cet exemple, apprenez donc l’humilité dans le bien que vous faites.
Jésus se réincarne aussi dans tous les règnes pour y semer les forces d’amour qu’il possède ; c’est ce qui fait sa force de projection universelle. Enfants de la terre, l’esprit d’amour voit, lit lui-même comme vous lirez un jour toutes ses incarnations sur votre globe. Comme vous, il naquit petit en amour et en science et n’est devenu grand que par le travail.
Regardez Jésus en face, vous verrez sa voie, car en lui, dans sa projection, vous pourrez lire tout ce qui a accompli son progrès. Enfants, ne récusez jamais la parole de pardon, de pitié ou d’indulgence qui vous viendra au nom de Jésus. A celui qui vous parlera ainsi, ne jetez pas la pierre, quel qu’il soit, s’il est convaincu, car tout ce qui est amour peut venir de jésus.
Oh ! aimez Jésus-Amour ! Songez surtout qu’il est un être comme vous, puisque tout ce qui se détache de votre planète garde sa forme, forme quintessenciée, il est vrai, mais forme humaine. Lorsque vous aurez acquis davantage, lorsque l’Amour vous donnera une forme de projection plus grande et que vous serez désincarnés, le rayonnement de vos cœurs pourra descendre dans différents milieux, mais votre être intime en sera peut-être éloigné. De même Jésus, dans les profondeurs de l’espace, avec son éclat éblouissant qui le fait voir à des milliards de lieues de votre terre avant que sa personne soit encore à l’endroit où on le voit apparaître, Jésus ressemble à un homme. Il est ou il veut être, avec plus de force que tout autre homme détaché de la terre ; il est à plusieurs endroits à la fois, parce que ses effluves d’amour, envoyés dans toutes les directions, font ressentir son fluide ; et, du moment qu’il l’envoie, c’est comme s’il était là, car son amour c’est lui et c’est Jésus luimême.
ÇakyaMuni
Jésus est un esprit très élevé non point un Dieu comme le croient la plupart des hommes.
Il est venu de régions inaccessibles pour nous. Il a sacrifié sa chair et son sang à ses principes, principes d’amour, de fraternité, de justice, dont le temps n’a pu effacer la loi. Puis il est remonté bien haut !…
D’autres encore se sont élevés très haut. Je vous citerai Socrate, MarcAurèle, Vincent de Paul, etc.
Molière
Religions et néantisme
L’insensé te blasphème, et moi je te révère. Je ne
suis pas chrétien, mais c’est pour t’aimer mieux.
Voltaire
Et, si quelqu’un entend mes paroles et ne croit pas,
je ne le juge point, car je ne suis pas venu pour
juger le monde, mais pour te sauver.
Jean, XII, 47
La Société de vos jours est composée d’adeptes de n’importe quelle religion, de simples déistes et de néantistes. Ceux qui acceptent une religion suivent plus ou moins ses commandements, ses cérémonies ; ils prennent dans ses préceptes ce qu’ils peuvent, je ne puis dire ce qu’ils doivent, de principes de morale.
Le plus grand nombre de déistes affranchis de tout dogme pensent que Dieu est le fluide universel intelligent, ou la substance, et que ce fluide est le formateur de tous les mondes. Certains d’entre eux reconnaissent Dieu dans l’univers tout entier, dans l’univers indéfinissable et incompréhensible pour les êtres qui ne sont pas d’un degré éminemment élevé.
Certainement, les hommes qui s’appuient sur les religions peuvent comprendre et faire le bien, mais les hommes de pensée libre ont plus de mérite, eux, quand ils le font, car rien ne le leur impose ; ils font le bien de propos délibéré, de plein vouloir et de bon cœur ; ils le font, dis-je, le plus souvent sans s’attendre à ce que bien leur vaille une récompense dans la vie future, à laquelle ils croient à peine ou point du tout, tandis que les religions ordonnent les bonnes œuvres dans le but d’une récompense. Il y a une grande différence dans ces deux sentiments : le premier vient du cœur, l’autre est imposé.
L’homme dont l’esprit est éclairé et sans parti pris arrive, par l’étude, par la réflexion, par l’instruction, par la voix de la conscience, à concevoir l’immortalité de l’âme ; il est plus chercheur de la vérité que l’homme qui s’est jeté aveuglément dans le courant dogmatique des religions, lesquelles circonscrivent le domaine de l’idée et interdisent les recherches. L’esprit libre arrive tout seul à croire à l’immortalité.
L’existence des chercheurs est souvent tourmentée. Celui qui cherche n’a pas toujours la base sur laquelle s’appuie une conviction ; il n’a pas toujours l’intuition de la Vérité intégrale ni le rayon lumineux de l’espérance. Il cherche, il voudrait croire, et souvent il ne le peut. Ne me jugez donc pas, celui-là ; il n’est pas encore mûr pour la vérité.
Amis, celui que vous nommez Dieu, aussi grand que vous vous l’imaginiez, aussi éloigné de vous qu’il puisse paraître, est en tout et partout et pénètre tout, car il ressent les palpitations de votre cœur ; il ressent vos appels pressants et la souffrance de celui qui demande à croire. Laissez donc aux philosophes, aux chercheurs, le devoir de deviner, de comprendre, de trouver leur Devenir ; aimez-les et laissez-les libres, car la Liberté les conduit plus directement dans la voie de la Vérité.
Non ! Non ! quoique les religions anathématisent ceux qui veulent être libres croyants, ceux qui aspirent à savoir plus qu’on ne leur enseigne, les religions, dis-je, ne pourront empêcher cette soif de science, cette soif de vérité qui s’impose à l’âme ; cette soif ne vient-elle pas de l’amour pour la conquête des grandes connaissances de l’Univers ! Les hommes entendent être libres de chercher le principe de toutes choses, et on ne peut les forcer à admettre que Dieu a créé l’homme avec l’arrière pensée de le faire souffrir, de le faire mourir et puis de le livrer à des démons qui le brûleront éternellement, car, en le prenant au point de vue théologique, Dieu, dans sa sagesse éternelle, devait prévoir, devait savoir que sa créature pécherait ; Dieu serait donc plus cruel qu’une mère dénaturée ? Un Dieu qui aurait fait l’humanité sans voir dans sa prescience qu’il aurait à condamner l’œuvre de ses mains !… Est-ce à dire qu’il est de l’argile dont on l’accuse d’avoir fait l’homme ?… Ah ! ce Dieu, ne le reconnaissez point !
Non ! Dieu est plus que bon et juste, parce que sa justice n’a pas à s’exercer. Votre Dieu, ô humains, c’est la Grande Âme Universelle qui vous a faits libres comme elle l’est Elle-même ; vous êtes une partie d’Elle. Lorsque vous faites le bien, Elle vous ressent et vous inonde de fluides fortifiants, Elle vous fait goûter le bonheur d’avoir accompli un devoir. Aimez-la, la Grande Âme, car elle est la déterminante de votre progrès.
Arrivons aux hommes qui se disent néantistes. La plupart le sont à causes des absurdités enseignées par les religions. Le néantisme est un mot sur lequel ils s’appuient pour faire comprendre qu’ils ne croient en rien. Les véritables néantistes, ceux qui fondent leur opinion sur des déductions scientifiques, devraient se dire pourtant : « Il est vrai qu’aucune force ne disparaît ; dans la nature tout se transforme, le vibrion infime et le grain de sable même ; tout a donc une vie éternelle ! » Les néantistes de bonne foi se dévouent à l’humanité sans aucun calcul, sans aucun intérêt ; persuadés que pendant leur vie ou après leur mort ils n’auront aucun bénéfice d’une bonne action, ils n’en sont pas moins sensibles à toutes les souffrances humaines, et ils cherchent à les soulager. Ceux-là encore, devez-vous les juger ? Non ! Les hommes ne doivent pas juger. Si les néantistes sont septiques, c’est parce qu’ils n’éprouvent pas le besoin de croire, c’est que l’heure n’est pas venue pour eux.
La science de la terre qu’on peut acquérir dans une incarnation ne suffit pas pour pouvoir s’élever d’emblée dans les hautes régions. Non ! la science ne suffit pas. Le cœur doit s’être exercé pendant bien des incarnations pour que l’âme soit instruite et rapporte sur la terre le sentiment si lumineux de la vie de l’au-delà. Ce sentiment, cet espoir, c’est à son progrès qu’on le doit, et on n’a pas besoin d’être savant pour avoir la noblesse du cœur. Savants ?… Jadis vous le fûtes : les diverses incarnations sont faites pour acquérir les qualités qui manquent, pour embellir l’âme de facultés nouvelles. Un jour les néantistes changeront d’avis, car est-il un homme qui n’ait eu à souffrir dans ses incarnations modestes ou brillantes ! Ah ! quelque don qu’il ait eu sur terre, je parle des dons matériels, il a toujours éprouvé des déboires, des froissements de cœur ; il a toujours perdu quelque être aimé, et devant la fragilité des choses humaines, celui qui n’a aucune force sur laquelle il puisse appuyer son âme déchirée, celui qui n’a aucun élément d’espoir, rien que l’inconnu, le chaos, rien que ce qui amène le dégoût après les déceptions de la vie, celui-là est à plaindre ! éclairez-le.
Tous ceux qui souffrent de ne pas connaître la vérité doivent vous intéresser, quelle que soit leur conviction. Lorsque vous les rencontrez, discutez vos idées avec eux. Vous devez faire votre devoir, chacun selon ses moyens, lorsque l’occasion s’en présente. Elle vient souvent d’une manière tout à fait fortuite, et vous devez la saisir et en faire bénéficier ceux que des fluides de sympathie ont conduits vers vous.
Paul-Louis Courier
On a beau battre en brèche vos chères certitudes, peu à peu elles triompheront de tous les systèmes religieux que les hommes ont inventés. Les idées néantistes ne se sont répandues sur la terre que pour abattre les dogmes. Le néantisme est la greffe de l’animisme.
Ceux qui sont trop religieux ne peuvent venir à vous, la foi aveugle est une entrave ; tandis que le néantisme : débarrassant la société de ses croyances erronées, prépare le terrain pour la semence de la Vérité.
D…Y.
Catholicisme et animisme
C’est pourquoi je vous dis que le royaume de Dieu
vous sera ôté et qu’il sera donné à une nation qui
en rendra les fruits.
Matthieu, XXI, 43
La religion vit en parasite du besoin d’idéal qui est le
ferment de toute évolution humaine
vers de plus belles destinées.
Eugène Fournière
Voyez-vous là-haut sur la montagne le grand chêne au tronc desséché, desséché et pourri ? Le faite de cet arbre géant est mort depuis des siècles, et il ne porte plus ni feuilles, ni fleurs, ni fruits. Cependant, il tient encore fortement à cette terre ; il brave le temps, tel qu’il est, et la foudre du ciel, et la hache des hommes le respecteront encore. De son écorce pourront sortir, à fleur de terre quelques rameaux, dernière parure de l’arbre dégénéré de l’Eglise ; ces rameaux rappelleront les préceptes de la morale et de la vertu qu’enseignait l’Eglise primitive ; mais, comme toute chose qui ne se nourrit pas de progrès, ils dessècheront aussi, et ce qui fut le géant disparaîtra.
L’Eglise se meurt, le catholicisme est mort ; il ne vit plus que par son écorce, il ne vit plus que par son extérieur, que par ses représentations ; mais l’arbre n’a plus de sève, car cette sève qui l’alimentait, c’est-à-dire qui alimentait les forces de l’Eglise, c’était la population en masse, et elles abandonnent peu à peu les croyances dogmatiques et les cérémonies.
Bientôt, plus rien ne restera du catholicisme. Les découvertes scientifiques ont fait pâlir l’astre longtemps triomphant de cette Eglise. A sa naissance, le christianisme était grand : c’était la charité, la fraternité, l’amour humanitaire ; dans les premiers siècles, il y avait des prophètes, il avait de ces grands inspirés que les apôtres conduisaient avec eux ; mais, après que la beauté des vertus chrétiennes eût conquis le monde, l’oligarchie catholique s’établit ; les inspirés disparurent, les papes et les conciles instituèrent les dogmes et les sacrements. Ils vendirent tout ! Dans les grands actes de la vie, mettant leur veto autocratique, ils vendirent leurs bénédictions ; ils vendirent aux époux le droit de s’unir ; ils vendirent l’eau bénite aux cadavres ; ils arrivèrent même à vendre, par les indulgences, les mérites de Jésus !! Et les peuples abêtis leur ont obéi pendant tant de siècles ! C’est effrayant ! effrayant !…
On donne moins aux prêtres maintenant ; on a peur de leur influence, et on les surveille au lit des mourants. Devant l’indifférence sociale, devant la science, devant l’histoire qui condamne et flétrit les actes de tant de papes dont on n’ose même prononcer les noms en bonne compagnie, ils sont tués.
Pour conserver la constitution de l’Eglise, pour relever son prestige, un pape inventa l’Immaculée Conception et le Sacré-Cœur ; mais ces deux articles de foi, auxquels il faut ajouter l’infaillibilité, n’ont abouti à rien, et par cela même l’Eglise est tombée plus bas ; elle s’est couverte encore davantage du ridicule que les philosophes lui jettent depuis longtemps.
Il y aurait un germe, il y aurait un ferment merveilleux pour faire reprendre vie au vieil arbre qui doit tomber. Pour que les rameaux pussent reverdir encore, il faudrait à l’Eglise les phénomènes médianimiques. Si l’Eglise accaparait la production de ces phénomènes, pourquoi serait-ce, sinon pour reprendre son ascendant sur les peuples et pour exploiter encore l’humanité ! Et l’arbre presque mort verrait ses rameaux reprendre une telle puissance, qu’il s’élèverait encore plus haut que l’arbre antique ; mais le progrès de l’humanité ne peut le permettre, et les nobles Intelligences de l’au-delà retireraient leur concours, elles s’éloigneraient des lieux infestés par des hommes qui voudraient exploiter la confiance populaire et s’en servir comme d’un pavois pour atteindre de nouveau une domination fatale.
Les supra-terriens d’un ordre élevé n’assistent les hommes que si le but des phénomènes est d’agrandir les connaissances de l’humanité en ce qui touche à sa destinée, à son instruction des choses de l’avenir ; ils assistent ceux qui veulent le bien, ceux qui le cherchent et désirent la liberté pour tous, qui rêvent la grande fraternité humaine. Lorsque des hommes qui possèdent des facultés médianimiques en font un usage qui n’est pas en harmonie avec celui qui devrait en faire, de basses puissances s’emparent d’eux, et ils subissent les conséquences du sacrilège qu’ils ont commis.
Dans les temps lointains, il y avait de grands médiums. On avait recueilli leurs enseignements, et cela dès la plus haute antiquité païenne, qui, elle aussi, avait une haute antiquité à reproduire : l’antiquité indienne. Dans ces temps-là, tout le monde connaissait les phénomènes, mais le jour où les possesseurs de ces forces que vous appelez médianimiques se réunirent pour constituer une société, le peuple alla les voir, et il ne s’occupa plus rien produire par lui-même ; il oublia jusqu’à la manière d’obtenir les phénomènes. On alla dans les premiers temples voir les expériences, on y alla en foule, et les médiums devenus prêtres se succédèrent par l’initiation, dont ils gardaient jalousement le secret. La Vérité se perdit par là ! Les grandes Intelligences de l’espace abandonnèrent les prêtres, qui bientôt, n’obtenant plus de communications réelles, en donnèrent de fausses. On vit des statues par lesquelles, au moyen de tuyaux, les prêtres cachés dans des souterrains envoyaient leur voix. L’audace, la cupidité, l’hypocrisie, l’inconduite de la plupart des prêtres étaient constatées, et cependant on allait toujours au temple ; le peuple croyait aux phénomènes faux parce que ses ancêtres en avaient vus de vrais.
Ah ! qu’il nous serait pénible de voir l’Eglise s’emparer des phénomènes que nous produisons par les médiums ! L’Eglise brûlait les inspirés, ceux qu’elle appelait les sorciers s’ils ne servaient pas ses intérêts, elle les canonisait quand ils étaient dans ses rangs. Après avoir lâchement torturé ces malheureux, elle accepterait aujourd’hui nos phénomènes ; elle n’ose même presque plus dire qu’ils sont diaboliques. Prenez-garde ! Préservez vos médiums !
Bien des hommes encore, malgré leur manque de foi, persistent à élever leurs enfants dans ce qu’ils appellent « la religion » et à les faire assister à ses cérémonies. C’est de la lâcheté. Pourquoi pour leurs enfants ce dont ils ne veulent plus eux-mêmes ? C’est encourager l’hypocrisie !
Pourtant, dira-t-on, la morale souffrira ; il y aura une sorte de stagnation dans les consciences si on n’y fait plus descendre des principes de morale. Que faut-il faire pour ceux qui ne connaissent pas les lois de l’animisme et ne veulent pas de l’Eglise ? Il y a bien des hésitations sur certains hommes entre les religions qui tombent et la science psychique qui se développe…
Il faut vous hâter de répandre la Vérité, de faire savoir d’où l’on vient, où l’on va et la portée des actes de l’existence.
Ceux qui affichent leur attachement à l’Eglise, valent-ils mieux que ceux qui vivent sans aucun enseignement religieux ? Non ! ils valent bien souvent moins, car il y a un souffle d’incroyance parmi ceux qui fréquentent encore l’Eglise. On y va pour faire parade de son opinion politique, de sa toilette, et, s’il faut descendre plus bas, on y vient encore bien souvent, je vous l’assure, comme à un lieu de rendez-vous. Vos enfants, ces êtres purs et chastes, peuvent-ils être bien dans cet atmosphère ? Ne sont-ils pas imprégnés de ces fluides qui pèsent sur eux ? Ils en sont enveloppés, et, dans ces lieux qu’on appelle « saints », il court des idées bien mauvaises dont les effluves pénètrent les enfants. C’est dans la famille que la morale doit être enseignée et prêchée d’exemple. Faites de votre maison un temple de vertu ; priez par l’élan de votre cœur quand vous sentez le besoin de vous élever dans le grand esprit. L’enfant qui répète une prière ne la comprend pas, du nom de dieu qu’il apprend à adorer il ne reste encore rien dans son âme ; mais l’enfant qui grandit auprès de ses parents scrute déjà dans sa jeune intelligence leurs paroles et leurs actions ; il devine la signification des mots tombant des lèvres de ceux qui lui ont donné la vie. Pour grandir l’enfant, pour que son esprit soit prêt à s’élever aussi haut que le vôtre en conception que j’appellerai divine, il est nécessaire qu’il écoute souvent les entretiens qui touchent à notre devenir ; l’enfant s’y habitue vite, et le phénomène ne lui produit plus d’impression d’effroi, car il sait, il apprend par vous qu’il est venu de l’espace pour progresser, pour devenir juste et instruit. Ces douces et grandes pensées se gravent peu à peu dans son âme, et il saura ainsi que, s’il le fait mal, il reviendra pour le réparer ; que l’espace lumineux lui sera voilé s’il s’adonne aux mauvaises passions, et qu’il reviendra pour laisser à terre le plomb qu’il s’était mis dans l’aile. Avec ces idées, ah ! quel bien on ferait ! Que de progrès accompliraient ces jeunes êtres, qui sous votre garde reviennent s’élever et vous demander le pain qui fera vivre leur esprit par delà la vie passée auprès de vous.
Je reviens à mon sujet.
Bien qu’en principe l’Eglise admette maintenant les phénomènes, la plupart de ces hauts prélats vous excommunient ; s’ils vous maudissent, c’est qu’ils vous redoutent.
La survie prouvée changera la société. Dans combien de temps ? Cela dépendra des immortalités d’aujourd’hui par les œuvres qu’ils laisseront ; cela dépendra de leurs enfants s’ils sont élevés dans les grandes idées de la vérité.
Ah ! Ces temps si beaux, qu’il me tarde de les voir ! Chaque maison sera un temple, chaque famille appellera le concours des chers disparus, et les phénomènes se produiront partout : l’air se saturera de fluides qui permettront aux extra-terriens de se montrer, de faire constater leur présence de cent manières différentes. Alors toutes les nations, toutes les races, ne formeront plus qu’un peuple ; les hommes se donneront la main, et chacun respectera le bien de son frère. Ce sera l’âge d’or revenu ; ce sera la récompense de cette humanité qui a tant lutté et qui aura à lutter encore avant de disparaître de ce monde.
Age d’or ! Idéal d’amour, je te reverrai sur la terre.
JeanLouis Courier
Persécutée par les prêtres
Une injustice faite à un seul est
une menace faite à tous.
Montesquieu
Va-t’en !… Laisse-moi mourir tranquille ; laisse-moi entrer doucement dans le repos du dernier sommeil… Mes enfants ! mes chers enfants que j’aime de toute la force de mon âme, tu veux que je les dépouille pour orner les autels de ton Dieu farouche ? Non !
A mes yeux, tu représentes la trahison ! Tu entras sous ce toit, et tu fus admis au banquet de la famille comme un pur enfant de dieu ; toi et tes acolytes, vous avez dispersé les enfants du toit maternel, vous les avez éloignés de moi, et je me sens mourir loin de ceux qui me donnèrent tant de joie depuis que je les avais sentis palpiter dans mon sein ! Vous avez réussi à m’en priver ; vous pensiez que pour toujours mes yeux étaient fermés sur vos agissements hypocrites ; mais, en face de la tombe, mon esprit se réveille, et je vois de l’autre côté de la vie ; celui qui fut mon époux me commande de vous démasquer. Partez, partez ! Ne me parlez plus de l’intérêt de votre religion ni de votre Dieu. Ce que vous appelez le démon, parce qu’il me mettait en garde contre vous, ce prétendu démon que vous me faisiez redouter, je le vois devant mes yeux ; c’est celui que j’ai tant aimé sur la terre et qui m’a précédée dans la sphère heureuse où je vais aller le rejoindre.
Vous n’aurez rien de moi ! Allez dire à mes pareils que mes enfants reviendront sous le toit qui les a vus naître ; que c’est le toit béni par l’amour et qu’il ne deviendra pas ce que vous appelez un « asile de charité », où vous enseigneriez aux enfants déshérités le préjugé, l’erreur et la duplicité. Retirez-vous ! Mes yeux se sont ouverts à la lumière parce que celui que j’aime tant les a touchés. Je me sens forte contre vous ; j’échappe à votre domination. Oh ! Fuyez ! Vous êtes ce fantôme noir qui s’appelle nuit profonde et rancune implacable. Fuyez ! fuyez ! vous qui venez frapper une mère dans ses enfants, à ses derniers moments ! Fuyez, faux disciples de Jésus, je sens qu’il vous renie. Je sens qu’en m’échappant de ce corps, je vais vers un Dieu qui n’est point le vôtre, vers un Dieu qui condamne vos errements et repousse votre adoration…
Vous n’aurez rien de moi ! Je meurs sans votre absolution, dont je n’ai nul besoin, mais vous n’aurez pas ma fortune !…
Voulez-vous dire votre nom ?
Je m’appelle Adrienne. Oh ! soyez heureux de n’avoir pas été persécutés comme moi.
Adrienne
La mort, le jugement, le paradis, l’enfer
Prêter à Dieu l’intention de faire brûler ses enfants
pendant l’éternité pour des péchés inventés à plaisir,
est une affreuse calomnie, un crime de lèse-divinité.
Ingersoll
La mort, le jugement, le paradis et l’enfer, voilà des mots qui représentent autant de songes creux, des mots avec lesquels on a cependant conduit des générations et empêché le progrès.
La mort ? C’est la renaissance.
Le jugement ? C’est la réminiscence des autres existences par l’esprit ; c’est son jugement par lui-même
Le paradis ? Ce n’est autre chose que le bonheur intime, conséquence du bien que l’on a fait, et le séjour dans un milieu plus harmonique que notre planète avec la certitude d’un avenir encore meilleur.
L’enfer ? C’est la certitude affreuse qui fait douter de tout à celui qui a cru à un Dieu anthropomorphe, animé des mêmes colères et des mêmes idées de vengeance que les humains, et qui crée en toute connaissance de l’avenir, sa sagesse étant suprême, qui crée un être imparfait voué fatalement à la torture pour toute l’éternité.
O erreur ! erreur ! Sortez de ce dédale affreux ! Eloignez, éloignez de votre esprit ces pensées si fausses et si démoralisantes !…
Le jugement dernier ! Je veux m’arrêter sur ce prétendu jugement dernier.
Les dates classiques, les dates chronologiques de la « création du monde » ne reposent sur aucune base sérieuse ou scientifique. Pour les savants, pour les chercheurs, c’est l’inconnu ; et l’époque ou la terre finira, c’est à dire où elle n’aura plus à produire d’incarnations et de réincarnations humaines, nul non plus ne la connaît ; nous-mêmes, extra-terriens, nous ne pouvons le dire. Avec les moyens de vie que la terre possède encore, il est impossible, matériellement impossible, d’assigner une date ; elle est dans les secrets de l’âme universelle.
Nous appelons Ame universelle le résultat harmonique des forces qui sont disséminées dans tous les univers et qui se soutiennent les unes par les autres. Quand donc la terre, votre monde, ne produira plus d’incarnations d’êtres élémentaires arrivant dans l’humanité100.
Note. Communication interrompue, l’orateur ayant été obligé de quitter brusquement le corps du médium. Pour qui a eu maille à partir avec la puissance fluidique des extra-terriens opposés à cet enseignement, il y a lieu de réfléchir sur les causes possibles de cet incident se produisant juste à point pour couper court à une communication nette et catégorique dirigée contre l’obscurantisme.
Le paradis des religions
Un ciel remplirait-il une âme maternelle ?
Non ! si Dieu lui donnait le ciel sans son enfant,
Son cœur demanderait son fils ou le néant.
Lamartine
Toutes les religions de la terre promettent un lieu de délices où un bonheur sans mélange sera l’apanage des âmes qui auront vécu, non point selon les lois naturelles, mais selon les préceptes des sectes religieuses auxquelles elles appartiennent. Toutes les religions promettent donc quelque chose à leurs adeptes ; ce quelque chose est absolument indéfini comme état de l’âme et comme situation sidérale. Ni les sectateurs de Bouddha, ni ceux de Mahomet ou ceux du Christ ne pourront jamais vous prouver que leur paradis se trouve placé dans telle ou telle constellation, dans tel ou tel lieu de l’espace. Aucune place n’est assignée à ce jour de félicité suprême ; il est vague, et il faut avoir l’esprit vraiment atrophié pour croire à des choses si aléatoires et si peu positives.
La réaction s’est faite et a produit l’école du positivisme.
Voyons les croyances diverses, commençons par le Nirvâna.
Le Nirvâna c’est la fusion de l’âme dans le Grand Tout ; son bonheur, d’après cette croyance, l’absorbe tellement, cette âme, qu’elle finit par se composer elle-même une filiation d’infini. Elle devient une absorption du Grand Tout, et sa personnalité se perd, car la personnalité ne peut exister s’il n’y a pas en nous la persistance du souvenir et le bénéfice du progrès. Que peut-être une joie absorbante qui enlève même toute trace de la peine qui vous a conquis le bonheur et vous le fait mieux apprécier, une joie qui supprime le travail toujours passionnant, toujours diversifié ? Non ! le Nirvâna conduisant à l’extinction de l’être n’est point l’idéal cherché par ceux qui ont quitté ce monde depuis de longs siècles.
Quant aux musulmans, dont vous connaissez les appétits matériels, les musulmans qui sont la sensualité personnifiée, ils ne peuvent mieux rêver que le paradis des houris ; ils ne peuvent mieux rêver qu’un ciel, lieu enchanté où toutes les femmes sont toujours belles, toujours vierges, les hommes toujours jeunes, toujours pénétrés d’un fluide de virilité nouvelle pour l’amour, amour éternel mais sensuel encore. Est-ce aussi ce Paradis auquel nous voudrions aspirer ? Non ! Non !
Revenons en occident et cherchons quels peuvent être les avantages des Paradis des sectes chrétiennes, catholiques, protestantes, grecques, etc.
L’idéal des adeptes de ces sectes est un bonheur contemplatif. Mais quelle déception pour les exilés loin de leurs aimés de la terre, s’ils doivent être éternellement séparés ! Malheur à la mère qui a tendrement aimé son fils ! Malheur à l’épouse qui a passionnément aimé son époux ! Malheur à tous ceux qui ont enfreint la loi d’une Eglise qui dispose à son gré des places du ciel ! La mère qui adorait son fils jouira, elle, peut-être, de la situation des élus ; mais elle saura que son fils bien-aimé brûlera éternellement. L’épouse, arrivée dans « ce ciel » saura que son époux de la terre, son bien-aimé toujours a été jeté dans la fournaise ardente tandis qu’elle restera belle et heureuse. Heureuse ?… Est-ce possible !!!
Ah ! devant ces promesses des trois grandes religions de la terre, quel est celui de ces Paradis dont voudraient la plupart de ceux qui connaissent la continuité de l’existence ?
Etablissons maintenant la différence qui existe entre les croyances religieuses touchant un Paradis imaginaire, et nos connaissances sur l’état de l’homme dans sa vie ultra-terrestre.
D’après les croyances au Nirvâna, l’âme qui mérite d’être récompensée s’absorbe dans ses connaissances acquises et, atteignant son idéal, se dissout dans l’absolu. Nous disons, au contraire, que l’âme élevée absorbe en elle tout ce qui l’entoure dans ce sens que sa vision s’étend au loin, bien loin à travers les âges, à travers les choses qui peuplent l’univers ; c’est à dire que, au lieu de s’absorber dans ses connaissances, ce sont ses connaissances qui se gravent en elle et lui donnent la faculté de jouir de toutes les beautés de l’espace, faites pour être étudiées et aimées. Plus l’intelligence s’élève, plus prend place en elle la conception des choses qui l’entourent. L’être, en s’élevant, garde tout dans son esprit : il se voit petit par ses ramifications éloignées avec ceux qui peinent ; il reconnaît son progrès, ce qui lui donne une suprême joie ; en un mot, il se voit en même temps petit et grand, et, au lieu de s’absorber dans l’univers, comme l’enseigne le Nirvâna, c’est l’univers qui s’absorbe en lui.
Dans l’Islamisme, Mahomet vous représente un Paradis où l’amour est éternel, mais sensuel. Dans l’espace, il y a l’amour éternel, mais c’est l’amour des âmes épouses, l’amour fidèle et idéalisé. S’il n’y a point dans les marques de cet amour le rapprochement matériel qui existe sur la terre, il y a cependant une caresse d’amour, et le bonheur est infiniment agrandi et poétisé. Voyez-vous ces deux âmes épouses suivant la route que leur trace la lumière de leur progrès ? Les voyez-vous, ces apparitions suaves s’aidant l’une l’autre pour travailler à leur perfectionnement et à l’embellissement de leur amour !
Quant au ciel des chrétiens, il y a la béatitude pour les uns, il y a la tristesse pour ceux qui aiment et qui ne voient point à côté d’eux les êtres avec lesquels ils ont gravité sur cette terre. Ce Paradis n’est point un véritable Paradis, puisqu’on peut y souffrir. Non ! Il n’y a pas de séparation éternelle, il n’y a que la séparation momentanée pour grandir en revenant sur une planète d’études. Le premier arrivé, tout en étant heureux de la situation conquise, souffre cependant en attendant que l’âme ait assez progressé pour venir le rejoindre et reprendre avec lui la route vers de nouveaux horizons. Mais l’heure viendra où il n’y aura plus de séparation.
Devant les injustes conceptions des religions, devant cette existence décevante pour les esprits avancés, quelle joie ne devons-nous point ressentir de penser qu’au lieu d’un ciel restreint où l’on ne jouit que par les sens, jouissance toujours uniforme, qu’au lieu de cet autre ciel où les âmes sont séparées, où les affections laissent des deuils, des douleurs imméritées, nous ayons la révélation de la vérité. Elle, du moins, n’a aucun aléa, aucune supercherie ; elle ne donne point d’espérances vaines.
Il n’y a point de ciel. Le ciel, c’est l’espace qui est partout et comprend tout ; c’est le bonheur réalisé ; c’est l’univers avançant en progrès sans fin.
A vous de faire votre ciel ! Votre ciel, ce sera votre vision plus étendue, la compréhension des merveilles sidérales.
Cherchez votre ciel dans l’univers, et grandissez-vous pour mieux déterminer le commencement de ciel qui est en vous.
L’oriental
Mahomet savait que les hommes qui ont recherché les jouissances matérielles sur la terre les recherchent encore dans l’espace et trouvent à se satisfaire dans une certaine mesure.. De-là, son paradis peuplé de houris.
Ed
Note. Certains persistent à voir dans le Nirvâna la béatitude, une sorte de joie sensible ; on ne les contredit pas expressément. Pour devenir populaire, toute doctrine est forcée de s’accommoder au peuple, mais la conception primitive n’en existe pas moins sous les altérations qui çà et là viennent la couvrir.
H. Taine – Essais nouveaux de critique
Le ciel des messies
Dieu est l’univers infini ; mais l’âme de Dieu,
où est-elle ?… C’est la puissance vitale qui anime tout
et qui donne le mouvement de progrès à tout ce qui est.
C. M
Je salue la lumière ! Je te salue, ô Inde !… Je vous salue, peuples antiques qui avez vu descendre au milieu de vous les messies de l’Eternel ! Vers vous, vers le lointain passé, mes yeux vont se porter pendant quelques instants.
Des milliers d’années sont traversées par mon intelligence. Les temps védiques se représentent à moi, et le flambeau des grands sages m’apparaît. Brahma, Vishnou, Siva, Christna, parcelles de ce Cœur Infini que vous nommez Dieu, je vous évoque en moi. Je suis vous, vous êtes moi.
Les incarnations des Christs seront encore nombreuses, et la dernière fera la révolution de la Vérité par la Vérité dans ce monde, et les anciennes prophéties deviendront prophéties nouvelles, et la loi de sagesse de tous les enfants de Dieu, qui sont dieux, sortira de leur intelligence en langue de feu et vous donnera l’esprit de toutes choses ; le feu de l’amour embrasera les cœurs ; pères, mères, enfants, tout se confondra dans une même harmonie, et l’idéal de la famille que tous les âges ont rêvé sera vu, sera vécu sur la terre et dans l’espace qu’habitent les envolés de ce monde ; les portes seront ouvertes au ciel réel, au ciel non formé de rêves, au ciel que l’on pourra voir, au ciel où la joie découlera en purs rayons de toutes les âmes sur toutes les âmes. C’est ainsi que les habitants de la terre qui partiront en ces jours seront glorifiés : tel est le ciel qui s’ouvrira pour eux.
Mais où est ce ciel ? Tous les christs vous ont parlé de séjours heureux, mais ils ne vous ont jamais dit : les plus purs entre les perfectibles sont dans telle étoile, dans telle constellation en harmonie avec leurs connaissances. Ils ont dit : les sages sont là-haut, dans le ciel étoilé.
En effet, qu’importe le lieu et qu’importe la constellation ! Le ciel est partout ! Il contient le progrès des hommes de toutes les planètes, c’est l’Univers entier. Vous le croyez créé, et il est incréé.
On a ainsi défini le Nirvâna : « Les âmes pures s’en vont aux plus hautes altitudes ; elles dominent les mondes, toutes les choses créées, et elles vivent dans la béatitude éternelle. » On a dit aussi : » Les âmes noyées dans l’amour divin resteront dans une immobilité qui les exemptera de tout travail, et qui leur permettra seulement de jouir toujours du bonheur sans fin. » Oui, mais ceux qui pensent ainsi oublient que l’immobilité serait l’arrêt du progrès qui doit grandir toujours, le progrès est insatiable !
Le Christ qui viendra enseigner les lois éternelles prêchera, comme les christs qui l’auront précédé, mais qui n’auront pas été compris ; il prêchera le ciel de travail, le ciel de joie, le ciel d’amour, le ciel où la famille de toutes les familles sera retrouvée, où le père, la mère, les enfants de toutes les incarnations se réuniront en s’évoquant dans telle ou telle incarnation, et ils se rappelleront les luttes, les souffrances, causes de toutes les joies.
Oh ! Humanité combien je t’aime ! Que je voudrais pouvoir encore revenir coopérer à l’œuvre du dernier des christs pour faire ton bonheur, Humanité et t’emporter sur mes ailes !
O Dieu ! Toi que je nomme ainsi quand je parle par un enfant de la terre, mais pour qui je ne trouve pas de nom, tant je sens ta grandeur ! Que l’amour que j’ai pour Toi, vive dans ces enfants de la terre, comme il vit en toi qui est en moi !
Bouddha
Vérité
La Vie des univers et des âmes, qui est aussi celle
de Dieu, a été, est et sera.
Elle est bien réellement éternelle.
Dr Antoine Cros - Le problème
Vérité sans voiles qui luit dans les espaces, Vérité brutale et émouvante, j’appelle à moi tes effluves vivifiants !
Tous ne sont pas prêts pour cette embrasante lumière, et l’aveuglement serait le résultat d’une trop vive lueur ; c’est lentement et avec prudence que la Vérité doit être enseignée. Ce n’est pas le coup de foudre qui éclairera les peuples enfants, c’est la petite et constante énergie lumineuse qui triomphera des obscurantismes établis et acceptés.
Les voiles qui cachent l’avenir doivent se déchirer devant ceux qui donnent leur vie et les vies qu’ils vivent pour le progrès et l’avancement moral de leurs semblables.
O aveugles nés ! ô aveugles voulus et incapables de visions grandes et divines, que je vous plains ! Tout dans l’espace concourt à la délivrance, et vous êtes enchaînés ! Appelez à vous tous les élans vainqueurs qui font franchir les gouffres ; appelez à vous tous les espoirs qui sont des chemins sûrs vers l’éternel détachement de l’éternelle lumière.
Çakya Muni
Note. çakya Muni avait laissé des préceptes de morale, des récits édifiants… Les religieux dans leur solitude, puis dans leurs cellules, armés de la philosophie environnante et poussés par le grossissement involontaire de l’invention mystique, échafaudèrent un système de dogmes semblables à ceux d’Origène et de Denis l’Aéropage, et un système de légendes semblables à celles du Dante et de Jacques Voragine.
H. Taine – Nouveaux essais de critique et d’histoire
Aux prêtres
Prêtres !
Vous qui le front courbé derrière les autels avez été préparés depuis votre enfance à devenir des lévites ; vous qu’on a façonnés pour le sacerdoce, dont on a faussé la conscience et qui êtes encore incapables de sortir de cet état de prostration morale ; vous dont le jugement est endormi et qui, ainsi que le serf jadis attaché à la glèbe, restez attachés aux dogmes et aux fables dont on vous a bercés ; religieux de tous ordres qui vivez dans une règle étroite, qui fuyez le monde au milieu duquel vous devriez vivre ; vous qui priez avec une ferveur non feinte, avec une foi ardente et qui faites de la prière un travail, qu’êtes-vous, prêtres, qu’êtes-vous, sinon des vivants-morts au milieu des humains ? Lorsqu’on se retire de la vie sociale, qu’on se soustrait à ses devoirs d’homme et qu’on s’enterre vivant dans un couvent, c’est la mort qu’on a cherchée mort sans mérite.
Qu’attendez-vous donc comme compensation pour les souffrances, les privations que vous infligez à votre corps ? Quelle récompense attendez-vous pour des prières stériles parce qu’elles ne sont que des balbutiements répétés ?
Vous attendez une récompense suprême : le Paradis ! Hélas ! quel sera l’état de votre esprit s’il y tombe une étincelle de vérité qui vous trouble en même temps qu’elle vous permet d’apercevoir la véritable lumière ! Le Paradis ! Qu’est-ce donc suivant vous ? Un lieu de jouissances béates où l’on a la joie de contempler sans cesse « la face de Dieu ». La joie monotone de chanter perpétuellement ses louanges ! Et vous l’acceptez ainsi de confiance ! Vous vous figurez ce Dieu, que vous espérez voir assis sur un trône éblouissant comme un potentat de la terre et ressemblant… à un homme !!… Vous n’avez nulle autre idée de ce séjour que vous rêvez, vous n’en avez aucune notion, et vous attendez, vous espérez, sans connaître ce que vous attendez, sans comprendre ce que vous espérez ! Vous croyez parce qu’on vous a dit que le ciel existe, qu’il ne sera la récompense que de ceux qui auront vécu, non point selon leur conscience, mais comme le commande l’Eglise. Ce Paradis imaginaire n’est promis qu’aux fervents qui obéissent aveuglément aux commandements de cette Eglise qui dispose des biens du Ciel après avoir eu tant de force pour disposer de ceux de la terre. Pour obéir à cette Eglise, que ne feriez-vous pas, que ne seriez-vous pas, jusqu’où n’iriez-vous pas, malgré tout, malgré vous, croyant que c’est par une obéissance passive que vous serez sauvés, ayant l’idée que par l’Eglise le Paradis promis s’ouvrira de toute sa grandeur pour vous recevoir ! Mais, où est-il ? où est-il, ce Paradis ? Que l’Eglise vous le dise… enfants !! Hélas, vous attendez, et vous espérez en vous basant sur ce que l’on vous a enseigné, ce que vous enseignez à votre tour. Vous ne savez rien que par vous-mêmes ; vous ne cherchez pas à comprendre, cela vous est défendu.
Cependant, vous doutez quelquefois ; vous souffrez alors ! Il y a un trouble qui vous pénètre à son heure, et dans votre âme il descend des défaillances qui vous torturent. Mais il vous est interdit de vous laisser aller à la réflexion ; vous devez rejeter le doute de votre cœur, car vous avez si peu de liberté qu’une hésitation même serait condamnée ; il vous est défendu de discuter les dogmes. Oui, parmi les prêtres, il en est qui souffrent cruellement ! Courbés sous le joug de l’Eglise, ils sentent en eux-mêmes comme une rébellion de la conscience, mais ils manquent de courage pour s’affranchir. Où irions-nous ? Que ferions-nous ? disent-ils. Puis ils ajoutent : Nos supérieurs sont plus responsables que nous ; ce sont eux qui nous ont bercés de tous ces mensonges, ce sont eux les premiers coupables. Et ces pauvres prêtres renferment en eux les angoisses qui les dévorent. Ils vivent ainsi, priant toujours avec ferveur sans esprit ni pensée ; ils se sentent moins de zèle pour l’accomplissement de leur ministère ; cependant ce ne sont pas ceux qui doutent qui sont les moins dévoués à leurs administrés dans la mesure de ce qu’ils peuvent faire, et ils ont du moins ce mérite.
Vous tous qui souffrez ainsi, vous tous qui ne savez où vous allez, vous tous que l’incertitude fatigue et tue, vous dont la conscience s’éveille, vous que le doute commence à éclairer et qui éprouvez de la répulsion pour l’accomplissement des fonctions sacerdotales, oh ! écoutez-nous !…
Le Paradis, le Paradis promis à Tous, c’est le Progrès, le bonheur d’emporter avec soi le butin de nobles et belles actions ; c’est la joie d’une vie bien remplie. Ce Paradis promis aux êtres qui s’élèvent en sagesse est partout, il est sans limite, il est pour tous ; il est l’Eternel Devenir, et vous voyez ce Paradis d’autant plus vaste et splendide que vous êtes plus avancés. Ce Paradis est la résultante du devoir accompli en mettant en œuvre ce que votre conscience vous révèle ; chacun emporte son Paradis avec soi. L’espace a des secrets merveilleux, des choses innommables perçues avec des ravissements d’âme que rien ne peut dépeindre. Là, l’esprit voit, l’esprit comprend, et il éprouve une joie intérieure en rapport avec son état de lumière ; Ce Paradis se conquiert sur la terre par le dévouement, par l’accomplissement des devoirs moraux et sociaux, des devoirs envers la famille et envers l’humanité. O vous qui attardez votre bonheur en vous éloignant du cœur de l’humanité pour chercher un Dieu d’invention humaine, sachez que Dieu, c’est l’Eternel Progrès, c’est le déroulement infini de la vie universelle.
Ah ! Venez à notre Paradis, venez à nos joies, et vous verrez alors que le vrai paradis est bien loin des puériles conceptions des hommes ; et vous aimerez la lutte avec la liberté qui vous permettra d’acquérir des connaissances nouvelles, et vous récolterez dans l’espace, en visions enchanteresses, en compréhension infinie, plus que vous n’auriez jamais osé rêver.
Çakya Muni
Une religieuse
Et dans mes yeux mourants son image est si belle,
Que j’aime mieux l’enfer qu’un paradis sans elle.
Lamartine
Prier ! Toujours prier ! Cela console t-il ? Cela fait-il oublier ? La prière absorbe t-elle ? Ce murmure tombant de mes lèvres pendant des heures entières pourra t-il effacer le passé de mon cœur, ce passé que je ne voudrais plus sentir vivre en moi ? Prier toujours, même en marchant dans les allées solitaires du cloître, vivre dans le silence, ne parler qu’à certains instants du jour, tout cela peut-il faire évanouir les ombres du passé qui se dresse devant moi dans ma retraite ? Rêves aimés ! Pourquoi revenez-vous toujours !… toujours ! Hélas ! Je souffre, je pleure, j’avoue ma faiblesse et mon manque de courage… Ah ! (En jetant ce cri, elle s’évanouit, mais revient un instant après)
Les arbres étaient pleins de nids et de concerts d’oiseaux ; les fleurs s’épanouissaient sous les baisers du soleil printanier, la nature avait un chant mystérieux : la nature était si belle ! Sa parure était si charmante ! Les jeunes filles s’en vont rêvant ; elles rêvent ce qu’ont rêvé leurs mères : un époux, une famille. Je rêvais aussi cela, moi, et j’aimais !…
Louis était beau, il était bon, il m’aimait tant ! Mais que notre amour fut malheureux ! Son père s’était donné la mort pour échapper au déshonneur, et Louis fut repoussé par ma famille. Hélas ! pourquoi faut-il que les fils souffrent des hontes de leurs parents ?…
J’entrai dans un couvent. J’ai tant prié pour oublier ! J’ai versé tant de larmes ! J’espérais que mes larmes soulageraient ma douleur, mais les larmes ne peuvent effacer le souvenir. J’aimais toujours, je souffrais toujours, et j’appelais la mort qui met fin aux supplices. J’essayai de boire le calice des mortifications les plus outrées : privations, jeûnes prolongés, journées entières passées en adoration au pied des autels… rien ne pouvait effacer de mon cœur l’image de celui que j’aimais. Mes compagnes aussi avaient pris Jésus pour époux, mais elles savaient l’aimer, tandis que moi, c’était toujours Louis que je voyais lorsque j’appelais Jésus… O torture ! Mon cerveau troublé avait des visions étranges ; si j’évoquais Jésus, l’époux à qui je m’étais vouée en entrant au couvent, cet époux apparaissait à ma pensée sous les traits de mon bien-aimé Louis.
Un jour, un enfant glissa dans ma main un pli cacheté en me disant : « Ma sœur, c’est la mère de Louis qui vous envoie ceci. » J’ouvris la lettre ; elle contenait ces lignes : « Ah ! si vous saviez comme il souffre ! Combien je souffre aussi d’être obligée de vous dire cela ! Mais, si vous pouviez partir, vous échapper du couvent ? S’il y avait quelque moyen de fuir ?… Nous quitterions à jamais le pays. »
Mais c’était impossible ! Non ! Non ! Tout était bien fini !
Un soir, à la nuit tombante, j’allai seule sous les grands arbres du jardin, et je gagnai le coin de terre où reposaient les religieuses mortes dans le couvent. Je demandai à Dieu de me prendre, de m’appeler à lui.
Ma prière fut écoutée !… J’entendis la voix de Louis qui me disait : Viens ! viens ! Sur la terre, ceux qui s’aiment sont séparés, souvent, mais Dieu tout amour réunit les âmes d’amour ! »
Sœur Félix
Contre les cultes
Si j’étais incarné, que je visse encore des hommes se prosterner le front contre terre et adorer un Dieu à leur image, je les chasserais des temples, et l’outrage fait à Dieu, en le représentant sous une forme humaine, serait vengée, car l’idole serait précipitée au fond de la mer.
Les potentats de la terre, pour satisfaire leur ambition effrénée, ont fait exécuter de dieux de métal, de pierre ou de bois. Ils ont fait en sorte que les peuples rendus craintifs adorassent les statues ; ils se sont fait représenter eux-mêmes comme des envoyés de Dieu, ils se sont fait honorer comme si Dieu leur avait donné une suprématie quelconque sur leurs frères. Celui qui se prosterne devant un Dieu représenté par la forme humaine, celui-là a t-il le droit d’être un homme ? Non ! pour être un homme, il faut être libre, et, si l’on adore un fétiche quelconque, une représentation absurde de l’Infini peut-on représenter l’Infini ? On n’est pas un homme, on est un esclave courbé sous le joug.
Ah ! combien nous souffrons ! combien il nous est pénible de voir les humains admettre des dogmes ridicules, suivre des formules inventées par les hommes pour favoriser l’orgueil des riches de la terre, remplir l’escarcelle des pontifes de toutes les religions !
Dieu doit vous être représenté par ses lois seules. De Dieu vous n’avez d’autre révélation que la force des éléments mus par une volonté éternelle, forte et que rien ne peut dominer. Voilà comment vous pouvez comprendre Dieu. Levez donc la tête, admirez les merveilles de l’Univers et évoquez la puissance géniale qui anime toutes choses ; exaltez-vous dans la communion de l’amour de toutes les humanités terrestres et sidérales, et embrassez par votre intelligence ce que vous voyez de votre monde et même ce qui échappe à vos yeux ; alors votre âme se grandira d’elle-même ; votre prière, élan d’amour, s’élèvera comme un parfum qui ira vers les sources vivifiantes et purifiantes de l’amour universel et reviendra vous apporter des forces nouvelles.
Ne courbez le front, frères, que si le mal vous a flétri vis-à-vis de vous mêmes. Si vous n’avez pas été justes, si vous souffrez et vous repentiez de quelque faute, le seul besoin de pardon vous donne un titre à la miséricorde, et votre prière, qui sera le désir de mieux faire, régénérera votre âme devant vous-même et devant l’Infini-Amour. La prière ne doit être autre chose qu’un cri d’appel aux puissances invisibles qui viennent à notre secours quand nous fléchissons sous le poids de l’existence acceptée. Vivez libres, évoquez-nous, nous qui vivons dans l’espace et qui désirons vous secourir ; évoquez par nous la charité éternelle, et nous viendrons vers vous chargés de cette charité, mais ne vous rapetissez pas par la superstition ! Que l’on ne vous fasse point croire que l’humanité, depuis des milliers de siècles, soit toujours coupable et que, pour une faute inventée par des imposteurs, vous restiez victimes dans le présent et dans l’avenir. Secouez le joug de l’absurde. A votre naissance, vous apportez avec vous, non point la tâche d’un passé qui n’est point le vôtre, mais votre dette personnelle avec le rayon de lumière qui grandit dans votre âme afin qu’elle puisse marcher vers l’avenir radieux, qui deviendra de droit votre partage.
Faut-il que lorsque l’homme laisse tomber enfin les langes de l’enfance il soit encore assujetti ? qu’on lui dise qu’il est venu au monde coupable ? qu’il est une ignoble créature souillée de par la faute d’un autre. Ah ! foin de ces croyances qui laissent une trace d’idiotisme dans les esprits et tendent à mettre à néant l’impulsion forte et vivace que le réincarné a apportée en lui-même pour se grandir devant l’Humanité, devant l’Infini ! Quel besoin l’homme a t-il qu’on lui répète qu’il a péché soixante-dix fois sept fois ? que, quoi qu’il advienne, il péchera encore et toujours, qu’il restera une indigne créature et que toujours il faudra qu’il se courbe devant le Dieu jaloux, devant ce Dieu qui laisse le mal sur le chemin de celui qu’il sait faible et qu’il n’aide pas à triompher ?
Oh ! ce Dieu ! ce Dieu vengeur qui fait naître, qui fait procréer, qui fait prendre des germes de vie dans une vie déjà vouée à la damnation pour punir éternellement sa créature si elle s’est écartée de la route tracée par ses prétendus ministres, alors qu’il lui était impossible de faire autrement, oh ! ce Dieu, repoussez-le de toutes les forces de votre âme ! Vivez libres ! Si vous n’êtes pas assez avancés encore, si vous n’avez pas encore assez de force pour vous garantir du mal, eh bien ! évoquez-nous. Demandez d’être soutenus, et vous le serez et votre cœur sera soulagé.
Devant votre âme, qui est un temple, réglez toujours vos actions vous-mêmes et que ce qui touche à votre conscience et à la paix de votre cœur se résolve entre vous et dieu. Vous êtes tous enfants de Dieu, tous fils de son amour. Qu’avez-vous besoin d’autres hommes, plus pécheurs que vous, peut-être, pour vous servir d’intermédiaires entre vous et l’Eternel ? Quel droit ont-ils, ces hommes, de s’imposer comme arbitres des consciences ? Ils font peser sur vous leur orgueil, ils entrent dans votre vie, et, s’ils entrent dans votre famille, ils y jettent souvent la discorde ; ils font parfois de la femme l’adversaire de son mari ; ils arrachent l’enfant à la mère. Pour se soutenir, ces hommes ont armé les peuples les uns contre les autres ; ils ont pris les armes pour faire triompher leur parti et leurs croyances niaises.
Ne vous prosternez donc jamais ! Quand l’homme va droit dans la vie, son visage reçoit l’impression de son âme ; il plane au-dessus des vanités ; au-dessus des sots orgueils et de ces mille riens qui rendent l’existence insupportable. Que l’homme étudie les lois universelles, que son enfant apprenne de lui les secrets de l’immortalité sidérale, du moins ce qui peut déjà lui en être appris, il s’habituera à concevoir les grandes choses et à percevoir, pour les éviter, les mille simagrées qui sont le premier joug imposé aux enfants, par les religions. Ah ! que l’enfant aussi soit affranchi ! Placez au beau et au grand soleil de la raison ces jeunes plantes, élevées, cultivées par vos soins. Pour leur bien, à ces chères créatures, enseignez-leur de bonne heure ce qui est mystère pour tant d’hommes, et cela leur paraîtra tout naturel. Apprenez-leur les conséquences de la vie, le but des réincarnations, expliquez-leur tout ce qui, à vos yeux, prouve l’âme universelle et la fait aimer, mais ne leur montrez point à se prosterner, ne leur enseignez point qu’ils sont coupables sans qu’ils aient péché ; qu’ils ne croient pas qu’en naissant l’homme porte un tâche qui l’empêchera d’arriver à la grande pureté. Oh ! ne découragez pas ces jeunes cœurs, ne leur donnez pas cette impression que, quoi qu’ils fassent pour être bons et sincères, ils n’en porteront pas moins en eux la marque indélébile de la faute du premier homme, si le prêtre n’efface cette tache en la lavant sur leur front. Qu’on ne dise point à l’enfant qu’il est né souillé, mais qu’on lui dise qu’il est venu sur la terre pour progresser, qu’il est venu libre dans l’humanité, puisque la loi universelle lui fait oublier ses fautes passées, avant de renaître. Oh ! n’effrayez pas l’enfant ; qu’il grandisse en confiance auprès de vous, et faites son intelligence libre ; que rien ne s’impose par la force dans son cœur, dans son esprit, et il n’y aura pas de fausseté en lui, son intelligence s’enrichira mieux et grandira plus vite.
Que les enfants de l’avenir n’étudient les religions que pour savoir tout le bien qu’elles ont empêché, tout le progrès qu’elles ont entravé. Qu’ils sachent que devant Dieu, ils n’ont pas à compter avec une religion, mais directement avec leur devoir, avec leur conscience.
Abailard
Haut les âmes !
On n’élève pas les âmes sans les affranchir.
Guizot
(Celui qui vient dans le médium parle avec énergie et si vivement qu’on ne peut tout écrire.)
Elève-toi, ô homme ! Ne vit plus seulement du corps, vis de l’esprit et en esprit ; vole dans les espaces et embrasse les univers de ta pensée puissante, capable même dans un sens d’embrasser Dieu, c’est la vie doublée de la tienne. Brise les entraves de ta pensée, toujours plus forte ; entre dans la compréhension suprême du mystère de tous les mouvements des mondes, de la merveilleuse harmonie qui existe entre eux et dans la vie propre de chacun d’eux.
Pensée puissante qui pénètre tout, à laquelle rien ne résiste, pensée humaine, le plus grand signe de Dieu dans l’homme, aplanis les obstacles ; que rien ne barre la route ! Plus de préjugés ! Plus de dogmes enfantins ! Rien que cette force d’amour, impulsion sublime qui fait bondir jusqu’au cœur de Dieu, synthèse de toute force, de toute grandeur, de tout amour.
Homme, debout ! lève ton front vers l’immensité, car tu es libre, tu es ton maître, et tu peux rêver des connaissances ultra terrestres. Ne te prosterne pas. Regarde en face Dieu-Univers afin de le mieux comprendre. Marche le front tourné vers l’espace ; foule aux pieds le sol que tu quittes à mesure que tu regardes plus haut, et ne te prosterne point !! Dieu est une Majesté d’amour et non de justice ; la justice de Dieu n’est pas dans Dieu, elle est dans l’homme pour que l’homme se fasse justice en lui-même et devienne pur en devenant tout amour comme Dieu-Amour, le seul vrai.
Ne courbe point ton front dans la poussière, ne rampe pas devant Dieu comme le reptile rampe à tes yeux. Non ! non ! sois fier d’être homme parce que tu sens ta haute destinée ; brave les éléments parce que tu auras la connaissance des grands secrets de la nature et que tu entreras de plus en plus, par ce fait même, dans les secrets de Dieu, l’Ame -Universelle. Qui donc, ô homme ! peut t’ordonner de te prosterner ? Quelles sont les puissances du ciel ou de la terre qui peuvent te faire courber ainsi ? Si tu te courbes, c’est un blasphème contre Dieu, et c’est un anathème que tu portes en toi-même ! Qui courbe le front doit aussi se frapper la poitrine ; seuls les coupables doivent se courber.
Elève ta pensée, dégage-la des formules qui l’appesantissent et font de ton âme un moule à servilité. Lève ton front ! Ne sens-tu pas ce qui vient de l’espace ? Les mystérieux rayons des soleils d’univers inconnus de toi captivent ta soif de connaître ; cela et bien des choses encore emportent ta pensée et te font marcher vers le sublime qui t’appelle. Laisse enfin ce qui tient à la terre ; laisse-lui le corps, parce que le corps lui appartient et doit lui revenir ; donne à chacun ce qui lui revient : ton corps à la terre, ton esprit à Dieu-Amour.
Socrate
Quinzième série
Fanatisme et despotisme
Le fanatisme, c’est la raison subordonnée
à la volonté et à la superstition.
J. F. Shepard - Essais
Jamais on ne fait le mal si pleinement gaiement
que quand on le fait par conscience.
Pascal
Le joug des religions
N’est-il pas mieux de s’inspirer de la pensée de Jésus
pour travailler à la paix que de proclamer son nom
pour exciter à la guerre ?
C. Chaigneau
Dans le lointain des âges, lorsque nous vivions dans l’Inde, nous n’imposions pas nos croyances ; ce n’était point par le fer et le feu ni par menace que nous forcions les hommes à recevoir un baptême quelconque. Notre histoire n’est point arrivée jusqu’à vous ; mais, depuis que l’homme se connaît, depuis qu’il peut remonter aux sources de ses devanciers, il a toujours vu les religions être la cause des révoltes, des guerres, des exterminations.
Les chefs des Eglises ont élevé les bûchers et les gibets afin de triompher de ceux qu’ils appelaient les « ennemis de Dieu ». Mais la gloire de Dieu n’était qu’un vain mot pour eux ; ils voulaient abaisser l’intelligence humaine qui se révoltait contre leur despotisme. Ah ! si devant vous se dressait le fantôme de tous ceux qui ont péri victimes des atrocités commandées par les religions, vous auriez grand’peur en entendant ces malheureux torturés, demander vengeance et remplir l’espace de leurs cris ; si devant vous apparaissaient les Pontifes qui par ignorance et avidité ont tant pressuré les peuples, vous auriez horreur et pitié ! Vous demanderiez, afin que tous ces fantômes s’éloignassent, que les hommes finissent par s’habituer à trouver le temple de Dieu dans leur propre conscience pour que chacun croie sans s’incliner devant des dogmes, sans faire parti d’une secte, ce qui entraîne toujours à l’esprit de parti, à la dissension, à la guerre.
Aujourd’hui tout s’apaise. La science domine et c’est à son critérium qu’infailliblement se rapportent toutes les questions de « miracles » ou de choses incomprises jusqu’à présent. Pourtant, les religions, tout en s’éteignant peu à peu, resteront debout longtemps encore. Elles sont soutenues aujourd’hui par ceux qui en adoptent la forme plutôt que le fond ; ils conservent ce qui parle aux yeux, bien qu’ils s’affranchissent par l’esprit ; ils ont fait une ligne de démarcation maintenant ! Mais les préjugés des siècles passés sont enracinés dans certains milieux.
Laissez à chacun la liberté de croire ce qu’il veut croire. Si vous sentez que vous êtes mieux dans la voie, que vous êtes plus affranchis, que vous allez vers le progrès éternel avec plus de sérénité, avec plus de sécurité, parlez à ceux qui souffrent de ne pas savoir trouver la vraie voie ; mais, après la leur avoir indiquée, s’ils ne veulent ou ne peuvent la suivre, laissez-les. Vos idées ne doivent s’imposer en aucune façon ; vous êtes tous libres. Vous n’êtes responsables devant vos frères, après la désincarnation, que si vous leur avez servi de mauvais exemple.
J’aime la liberté ; je veux toutes les consciences libres ; mais j’aime surtout ceux qui sont chrétiens, c’est à dire ceux qui aiment Jésus et qui marchent sur ses traces. Je souffre quand je vois la foule accourir au spectacle qui frappe ses yeux ; œuvre d’une religion qui insulte Dieu. Je crie au philosophe : « Fuis, fuis ces scènes théâtrales, et cherche le silence, écoute les bruits mystérieux de la nature, ces bruits qui parlent de la Grande Ame ; cherche-le, ce Jésus qui priait aux Jardin des Oliviers ; appelle Jésus qui se transfigurait sur la montagne ; évoque ses discours sublimes ; ceux qui ont pu arriver jusqu’à nous, et donne ton cœur à ce Jésus grand patriote, grand libérateur ; appelle Jésus et mets ton cœur, ton âme, sous l’égide de cette figure humaine divinisée. »
Je suis chrétien, je le dis bien haut, et, en jetant ce cri de mon cœur, j’ai fait rentrer sous terre bien des aveuglés qui croyaient encore, malgré tout, que c’était à eux seuls que ce titre devait être dévolu. Oui, je suis encore de ceux qui diraient au Maître : « Je ne suis pas digne de délier les cordons de ta chaussure » ; je suis de ces prêtres qui, pour dominer l’humanité, n’auraient pas ambitionné une triple couronne.
Lorsque je compris que je ne pouvais être que chrétien, lorsque ma conscience se révolta contre l’abus de la confession et contre tous les crimes de l’Eglise, je me sentis devenir plus fort, et, à mesure que je m’éloignais d’elle, j’étais plus heureux.
L’Eglise a voulu alors marquer mon front d’un stigmate de flétrissure. La boue que me jette le fanatisme ne peut tâcher ma robe blanche, car elle est repoussée par le pardon que je fais à l’Eglise de ses offenses.
Je suis chrétien, je rends gloire à Dieu de m’avoir donné la force de secouer le joug devenu de plus en plus lourd à porter. Je ne hais plus l’Eglise, car la haine m’empêcherait de poursuivre ma route ; mais, à ceux qui vivent d’enseignements d’extra terre, à ceux qui évoquent la mort afin que la tombe leur apporte ses secrets, je dis : « Ne haïssez point ; combattez pour la vérité. Après la mort, la vie de l’homme reste dans l’enchaînement de tous les actes de la terre, elle est la résultante de ce qu’il fut ; l’Eglise ne peut donc rien par ses prières ni par ses malédictions ; les unes et les autres sont repoussées par l’Harmonie Universelle.
Lamennais n’a jamais eu peur des foudres de l’Eglise ! Il va vers Jésus, son Maître. Lamennais vous aime comme des frères, et il aime toute l’humanité en Jésus.
Lamennais
Il y a plus de dix-huit siècles qu’apparut en Palestine le fils d’un charpentier. Il avait une mission à accomplir : celle de réformer la loi rabbinique et d’enseigner la loi de pardon, de charité, d’amour pour tous.
Les prêtres le clouèrent sur une croix101. Comme son enseignement était appuyé par des faits matériels qu’on a appelés miracles, le nombre des disciples devint très considérable. Mais dans leur sein, s’éleva bientôt une nouvelle prêtrise ; depuis longtemps cette prêtrise a pour chef un pape qui trône au Vatican.
Les prêtres juifs ne sacrifièrent Jésus qu’une fois ; les prêtres catholiques prétendent le sacrifier à chaque instant. Il est temps, après tant de siècles de barbares superstitions, que l’humanité relève enfin la tête, regarde en face ce cauchemar qui est l’Eglise catholique, et lui demande compte, à cette Eglise, de ce qu’elle a fait des âmes et des consciences humaines.
Descends de ton trône d’or, ô pape102 ! Laisse de côté pour un moment le vain prestige des pompes qui t’entourent, et réponds aux questions que l’humanité entière te pose.
Es-tu vraiment le successeur de ce Pierre, pauvre travailleur, suivant pas à pas les traces de son maître ?
Tu prêches l’humilité, et toi-même, qu’es-tu, sinon la personnification de l’orgueil ?
Tu prêches la pauvreté, et n’as-tu pas, pendant des siècles, arraché par la violence et la torture le bien de ceux qui ne le donnaient pas de bon gré pour remplir tes coffres ?
Réponds-moi, Infaillibilité, réponds-moi !
En emprisonnant, en torturant, en brûlant ceux qui, par exemple, disent que la terre tourne, réponds-moi donc, l’as-tu empêchée de tourner, toi ? Empêcheras-tu les vérités de la science d’outre-terre de prouver que tu ne comprends même pas le nom de celui que tu as osé invoquer pendant si longtemps pour commettre tes turpitudes ?
La lumière éclate enfin sur cette terre que tu as voulu dominer ! Ce n’est pas parce que tu couvres tes acolytes de robes noires, couleur symbolique des dogmes, que tu étoufferas la vérité. Le temps est passé, tu le sais bien, où tu m’aurais fait brûler en même temps que mes livres !
Brûle ce livre, si tu n’oses le lire ! Mais je te défie de brûler la lumière qui jaillira de cette œuvre.
Voltaire
Note. Le lecteur doit se rappeler que chaque extra terrien vient parler suivant ses idées à l’époque où il était sur la terre.
Les couvents avant la révolution
La religion catholique est une instruction pour mendier
le ciel, qu’il serait trop incommode de mériter.
Les prêtres sont les intermédiaires de cette mendicité.
Schopenhauer
A quoi sert la vie des hommes cloîtrés ? De quelle utilité est-elle pour la société, l’humanité ?
A cette question, on ne peut que répondre : les hommes cloîtrés sont nuls au point de vue humanitaire ; avant la révolution, ils étaient une lourde charge pour ceux qui devaient les entretenir ; ils étaient puissants, riches, leur puissance était à tous les points de vue un danger pour la société, et leurs richesses étaient inutiles à tous, car elles étaient improductives. Les couvents, restes du fanatique moyen âge, disparurent le jour où l’on vit surgir des hommes plus grands que des hommes, des hommes de dix-huit siècles, des hommes géants par la puissance de conception et de volonté. Les couvents furent ouverts ; on décréta que tous ceux qui voudraient en sortir étaient libres ; puis on fit mieux, enfin ! on les en chassa. La terre demandait des bras pour fouiller son sein et donner ses trésors ; l’industrie, les arts, le progrès, tout appelait ces hommes pour qu’ils devinssent utiles à la patrie, au lieu d’apprendre aux générations qui devaient suivre à annihiler les forces matérielles et les forces de la pensée.
Les couvents ! Les couvents !… Peut-on s’imaginer ce qu’ils étaient au moyen âge ! Peut-on évoquer l’existence de tous ces hommes, vivant, pour la plupart enfermés dans de hautes murailles ! Ils échappaient aux yeux scrutateurs de la foule, aux yeux du peuple. Si ce peuple avait vu ces orgies, les hontes de ces hommes, il eût senti naître et grandir dans son sein ces colères vives qui produisirent plus tard la révolution ; il eût, bien des siècles avant, abattu ces hautes murailles.
Dans le passé, les moines avaient des serfs ; ils avaient de vastes enclos qu’ils leur faisaient cultiver gratuitement. Ils étaient nombreux, et il était important qu’ils le fussent pour être un Etat dans l’Etat, pour que cet Etat fût dirigeant, puisqu’ils prétendaient représenter le pouvoir spirituel.
Pour éblouir et fasciner le peuple, ils se revêtaient de pourpre et d’or dans les cérémonies ; dans les processions, pour imposer à cette pauvre foule abêtie, ils portaient les reliques avec les semblants d’un saint respect ; et le peuple s’agenouillait, courbait le front devant les ossuaires qu’on promenait dans les rues pour appeler les bénédictions des saints et leurs miracles. Tout cela était mensonge ! Tout cela s’édifiait sur une infâme hypocrisie pour extorquer des richesses et appeler les donations des mourants timorés. Vos aïeux ont vu ces files interminables de prêtres, de moines, de religieux de tous ordres, formant des cohortes imposantes. Toute la pompe que l’Eglise étalait influençait tellement le peuple, qu’il tremblait de crainte pour sa damnation, et s’amollissait dans ses forces même en présence de tout cet éclat déployé par ceux qui s’intitulaient les ministres de Dieu ! Les idées du peuple étaient faussées, et son progrès était enrayé par la superstition. Oui vraiment l’Eglise a eu le front d’attester un miracle, ce fut le peuple assez fort pour disperser les moines, fermer les couvents et anéantir tout ce fatras de cérémonies qui cachait la honte et l’énormité des vices !
Ces temps sont passés ! Ces temps sont finis ! Mais ces temps vous ont vus aussi, vous autres. Nous qui avons la puissance de les évoquer en nous-mêmes, ces temps, nous les revivons par la pensée et nous bénissons le « miracle » qui enfanta les hommes de la Révolution pour saper, pour anéantir cette puissance fatale au progrès.
Que voyez-vous aujourd’hui dans les basiliques ? Quelques évêques portant la mitre suivis de leurs chanoines et de leur clergé ; mais vos yeux ne sont plus éblouis parce que vous êtes les enfants de la science et du libre examen : l’ère de la Révolution a passé sur vous.
Gardez vos enfants dans la famille, que vous soyez riches ou pauvres, et bien plutôt si vous êtes pauvres ! Ne les mettez pas au couvent ! Gardez-les ! Ils seraient réduits à l’abjection et à l’impuissance, car on fait plier à tout, ces jeunes êtres, et on en fait les instruments de ceux qui dirigent encore dans des institutions qui ne devraient plus être tolérées. Là, si parfois une intelligence se révolte, si un cœur se soulève, si une conscience se réveille, ce sont des tortures morales sans fin pour ce pauvre être qui est au milieu d’étrangers, au milieu d’ennemis. Nul ne le console, nul n’a pitié de lui ; ses plaintes ne sont pas entendues de ceux qui viendraient à son secours.
Oh ! éloignés vos enfants des couvents ! Quelques clairsemés qu’ils soient, appelez de tous vos vœux le jour qui en verra disparaître le dernier.
L’Abbé Grégoire
Un esprit de voile
Une barque ornée de fleurs glisse doucement sur le fleuve ; elle porte des jeunes filles vêtues de blanc et qui chantent des cantiques répétés par les échos d’alentour. Les rames frappent l’onde en suivant en cadence les chants des jeunes filles.
Sur la rive, un jeune homme regarde d’un air désespéré la barque qui va disparaître.
Les cantiques continuent ; les rameurs activent la marche, on est près d’arriver au monastère, but de ce voyage.
Parmi les jeunes filles, il en est une merveilleusement parée, couronnée de fleurs, et admirablement belle sous ses longs voiles blancs de fiancée. Elle ne chante pas, elle ! Des larmes coulent de ses yeux, et le cœur se serre de voir des pleurs versés sur une robe nuptiale. Ses compagnes émues interrompent leur chant pour lui dire : « Courage, Elvire, courage ! Sèche tes larmes. N’es-tu pas bien heureuse de dire adieu à ce monde, qu’on dit si plein de dangers, pour devenir l’épouse de Jésus ? » Mais Elvire pleure toujours.
Lorsque la barque s’était éloignée du rivage, elle avait longuement regardé celui que son départ désespérait ; elle le cherche encore dans le lointain ; mais sur le bord du fleuve elle ne voit plus que des lianes, des orangers en fleurs, des roses écloses sous le baiser de mai. Dans ce moment suprême, Elvire dit adieu aux champs, aux bois, à la riante nature qui ne devait plus la convier au bonheur et à l’amour.
Et la barque glissait toujours, et déjà les grands bâtiments du monastère apparaissaient derrière un massif d’arbres sur une colline. C’était là ! là, qu’elle allait célébrer des fiançailles qui la mettraient vivante dans un cloître sombre où elle souffrirait mille douleurs ! En égrenant son chapelet, la prière glacerait ses lèvres, et l’amour brûlerait son cœur !…
O Elvire ! pourquoi as-tu aimé Luigi le Florentin ! Pourquoi as-tu aimé un artiste sans naissance ? Quelle valeur a-t-il aux yeux de ton monde, celui dont le ciseau créa les merveilles qui décorent le palais de ton père ? Cet amour-là t’a été fatal. Ton entrée au couvent en est la triste conséquence. Qu’adviendra-t-il de toi, pauvre enfant ! Tu avais courbé la tête comme une esclave soumise, mais les derniers baisers que Luigi t’a envoyés de la rive ont ravivé ta douleur et ton amour.
Et la barque glissait toujours… Elle s’arrêta enfin ! Les rameurs en firent descendre les jeunes filles. Les religieuses attendaient Elvire, qui fut conduite en grande pompe dans la chapelle du monastère, où tout était préparé pour l’abjuration du monde. La cérémonie devait avoir lieu devant son père, devant toute sa noble famille ; cette imposante assemblée venait sceller par sa présence l’acte retranchant de la famille et du monde la malheureuse Elvire, qui ne devait sortir du couvent ni vivante ni morte.
Affolée de douleur, de désespoir, Elvire ne voyait que Luigi sur le bord du fleuve ; elle n’entendait que ses sanglots, et lorsque le prêtre lui dit :
- Ma fille, abjurez-vous ? Renoncez-vous aux pompes et aux vaines grandeurs de la terre ?
Elle répondit en faisant un effort surhumain : Oui !
Voulez-vous prendre Jésus pour votre époux éternel ?
Elle demeura hésitante, chancela ; puis, se raidissant, elle s’écria d’une voix forte :
Non !… Mon époux pour l’éternité c’est Luigi !!!…
Elvire
Les sorciers
C’est mettre ses conjectures à bien haut prix
que d’en faire cuire un homme tout vif.
Montaigne
Jadis, les voyants qui nous dépeignaient tels que nous sommes, c’est-à-dire esprits libres vivants heureux dans les grands espaces, étaient impitoyablement brûlés.
Les dévots extatiques, en égrenant pieusement leur chapelet dans une monotonie de balbutiement qui magnétise et finit par dégager l’âme, voyaient, eux, les soi-disant saints qui leur recommandaient la messe et exaltaient la folie religieuse. Ces visionnaires-là étaient béatifiés, canonisés, et cependant ils n’avaient de communications qu’avec les désincarnés, bons peut-être, mais peu élevés, restant complètement dans la sphère terrienne et gardant les idées bornées qu’ils avaient quand ils étaient de ce monde.
Oui ! Quand les grands voyants du moyen âge venaient développer sur la terre le sentiment bienfaisant de la Vie Indiscontinue en apportant comme preuve de puissants phénomènes, ils étaient brûlés vifs aussi bien que les génies de la science qui ne courbaient pas devant l’autocratie de Rome ; ils étaient traqués, persécutés, mis à mort.
Il y a un lien d’amour entre toutes les intelligences de l’univers, et, si maintenant les manifestations des supra terriens sont si nombreuses, c’est que nous pouvons enfin nous communiquer sans que les êtres qui nous servent d’intermédiaires soient condamnés à avoir la langue coupée, sans que des tenailles rougies leur arrachent des lambeaux de chair !
L’oriental
Note. « Quand un individu était condamné à mort pour sorcellerie, on faisait sa toilette ; pour le rendre plus hideux, on lui arrachait les sourcils et les ongles… Le chirurgien Manoury tortura littéralement Urbain Grandier. » (Extrait de l’Hypnotisme en justice, par M. Gilles de la Tourette.)
Une sorcière
Il est dans l’erreur, celui qui pense que, lorsqu’on
est de quelque utilité à ses semblables, on doive
calculer les chances de la vie et de la mort.
Socrate
Il y a là une vieille, bien vilaine femme. Elle est toute courbée et s’appuie sur un bâton. Elle n’a pas l’air tendre ! C’est une passante.
Ed.103
(La personne qui s’incarne ensuite s’examine, regarde avec curiosité ses vêtements d’homme ; elle tient ses mains l’une sur l’autre à la manière des personnes d’un âge très avancé. Tout à coup elle pousse un cri terrible.)
Le feu ! le feu ! (C’est un tableau du passé qu’elle revoit. Nouvelle catalepsie. Enfin, elle revient à elle.)
Je hais l’humanité ! J’aimerais à faire souffrir. J’ai tant souffert moi-même, j’ai été tant persécutée que j’éprouverais, il me semble, une jouissance infinie à inventer à mon tour les plus cruels supplices pour en faire mourir les hommes qui m’ont tant torturée ! (Elle regarde autour d’elle et paraît se calmer.)
Dans quelle époque suis-je tombée ? Quels sont ces hommes vêtus si différemment de ceux dont j’ai été la victime ? Tout semble changé dans ce monde, et je crois qu’il faut me reporter bien loin de ces temps-ci pour revivre lors des moments terribles où , devant les tribunaux j’ai été amenée les mains liées comme une criminelle… Oh ! oui, mon souvenir ne me fait point défaut… Voulez-vous bien m’écouter ? Il est si consolant de raconter ses malheurs à des êtres que l’on sent compatissants ! Je voudrais vous dire tout le mal qu’on m’a fait ! … Oui, je me remets, je me retrouve, je me souviens ! Il doit y avoir de cela bien des siècles, mais je sais peu compter, je ne puis préciser.
Il y avait partout des villes naissantes que dominaient des manoirs féodaux. Des villages se formaient à l’ombre des hautes murailles des abbayes. Les nobles et les prêtres avaient tous les pouvoirs en main ; le peuple était accablé par la taille, la dîme et les corvées, et il était fanatisé. C’était effrayant !
J’étais belle à dix-huit ans. Les gars du village, l’abbé du couvent et les seigneurs du château s’arrêtaient pour me regarder ; ils voulaient tous de moi, et j’eus bien à me défendre pour ne pas tomber à la merci des uns et des autres.
J’avais aussi des facultés qu’on disait merveilleuses ; j’entendais des voix, j’avais des visions. Des êtres disparus de la terre venaient auprès de moi pendant la nuit ; il était inexplicable que je n’eusse pas peur tandis que ceux qui voyaient ces apparitions tombaient évanouis ou s’enfuyaient saisis d’épouvante.
Un soir de printemps, je m’assis sous un grand arbre où d’habitude j’entendais des voix. Un jeune homme m’apparut en costume de page ; il me dit : « Le soir tombe, rentre chez toi ; cette nuit j’irai te visiter. Je t’aime ! Cette nuit verra nos fiançailles. »
Je sais, oui, je sais que dans les couvents et dans les châteaux des démons étaient venus visiter des jeunes filles et des femmes ; que ces démons étaient des incubes, mais je suis certaine que la plupart des faits avancés étaient mensongers, et que nonnes ou châtelaines, femmes ou jeunes filles abusaient de cette croyance pour cacher leurs amours. Moi, j’étais pure, je n’avais pas d’amants.
Le beau page vint la nuit comme il l’avait dit, et je ne pus m’arracher à son étreinte ; chaque nuit, il revenait à la même heure. Il était d’une grande beauté ; il était irrésistible et je me pris à l’aimer.
Le fils du châtelain voulut faire de moi sa maîtresse. Etonné de ma résistance, il me fit espionner, et des voyants affirmèrent que chaque nuit un jeune homme pénétrait chez moi. Chacun me montrait au doigt ; il fallut s’avouer que j’aimais et comment le bien-aimé disparaissait le jour pour rester ignoré de tous.
On me chassa du village, et je passai ma vie à errer dans les bois. Les forêts étaient alors plus grandes qu’aujourd’hui, la délimitation ne semblait pas exister. Il était possible, dans ces temps, de vivre en reclus au milieu des bois et de s’y nourrir de fruits sauvages. Je m’enfonçai dans une forêt, j’y bâtis une cabane, et je résolus d’y vivre seule, loin des hommes.
Devais-je rester longtemps dans cette retraite sans voir personne ? Non ! non !… Il venait toujours et me disait : « Renonce à tes enfantines croyances ; ne t’expose plus ; on pourrait te reconnaître et te faire encore bien du mal. Tu as été chassée comme une démoniaque ; prends garde ! prends garde !
Mais d’autres voix me disaient : « Tu peux faire du bien, tu peux soulager ceux qui souffrent, tu peux guérir. Va dans un village éloigné où l’on ne te connaît point. Tu gagneras ton pain en filant de la laine et en travaillant aux champs.
Je partis. Je marchai bien longtemps, pendant des jours et des nuits. Enfin, mes voix me dirent : « Arrête-toi ici, tu imposeras tes mains sur ceux qui souffrent ; on viendra chez toi, on te fera des dons précieux, et peut-être, nous l’espérons du moins, peut-être vivras-tu tranquille et heureuse. »
Mes amis m’enseignèrent les propriétés de plusieurs plantes très communes, celles que l’on appelle des « simples ». J’imposai les mains sur les tisanes préparées par moi, et, j’ose le dire, je produisis des merveilles.
Je vécus longtemps ainsi sans être inquiétée ; mais celui qui venait toujours me visiter avait l’horreur de la confession ; il ne voulait pas que je dise à un prêtre que nous nous aimions. Hélas ! Il finit par me décider à ne plus aller à l’église ; dès lors ma situation changea. Je fus menacée ; je fus contrainte de remplir des devoirs religieux. Je me pris à souffrir, à détester de vivre. Le bruit se répandit que j’étais possédée du démon et que je guérissais par le diable. Les prêtres, que je fuyais, voyaient en moi une ennemie. Jadis, pourtant, mes visions avaient soutenu leurs miracles !… On m’enferma dans une tour où je vécu prisonnière jusqu’à l’extrême vieillesse.
Un jour de pèlerinage, un vieux seigneur vint chez les moines qui me tenaient enfermée. C’était le châtelain du village où j’étais née. Il voulut me voir pour m’insulter. Je vous pardonne, Monseigneur, lui dis-je, mais sachez qu’un grand dommage pèse sur vous, et je puis faire qu’il n’arrive point. La maladie va se mettre dans vos troupeaux, et vous perdrez un grand nombre de vos bêtes si vous ne consentez à user de votre influence pour me faire donner la liberté afin que je puisse soigner vos pauvres animaux. Vous serez le premier à reconnaître que vous me devez beaucoup, et vous me remercierez.
Pour toute réponse il me fit une menace : j’étais possédée du diable, dit-il, et, si jamais je jetais un sort sur ses bestiaux, il saurait bien se venger de moi.
Hélas ! hélas ! ses troupeaux furent atteints et décimés. Quelques temps après, on vint me tirer de la prison pour me traîner à travers les villages jusqu’à mon village natal. Les villageois m’accablaient d’injures, me jetaient des pierres. Je souffrais !… je souffrais !…
Le châtelain instruisit mon procès avec les prêtres. Ah ! ce fut bientôt fait ! et je fus brûlée vive comme une sorcière démoniaque.
Ah ! que j’ai horreur des prêtres et des seigneurs ! J’ai gardé une haine implacable contre ceux dont le pouvoir sur le pauvre peuple était illimité…
Plaignez la pauvre vieille qui est venue à vous parce qu’elle vous croit bons ; plaignez-la … Aimez-la !
Quel est ton nom ?
Appelezmoi :
La Fée d’outre-tombe
Note. Il y avait plusieurs années que cette personne était venue à moi ; le médium l’ignorait.
A propos de la communication chez les Israélites
Les défauts que vous relevez sans cesse chez les juifs
sont communs à tous les peuples, tandis que leurs
qualités sont plus rares.
Léonce Raynaud - La France n’est pas juive
Nos directeurs de l’espace ont basé leur œuvre sur l’amour pour tous sans distinction de race, de caste, de nationalité. Cela à occasionné la communication suivante en faveur des Israélites qui intéressent plus particulièrement, parce qu’ils restent persécutés à la fin du XIXe siècle ! La persécution est une des hontes de l’humanité.
Le seul étalage de sentiments humanitaire, généreux et justes n’a point de portée. Il faut savoir pratiquer nos devoirs les uns envers les autres. Aussi, tous les psychistes de cœur se joignent-ils à nous pour que nous nous conduisions de manière à nous faire pardonner notre barbarie d’autrefois. Que les Israélites ne nous gardent point rancune d’un passé dont nous ne sommes point responsables. Nous leur demandons de mettre leur main dans la nôtre ; les races sont appelées à se régénérer les unes par les autres en se confondant. Point de progrès possible sans union, sans harmonie.
La Révolution française a affranchi les Israélites. Que les républicains et les Israélites s’en souviennent. C’est dans notre cœur que doit être gravé le mot Fraternité. Il ne suffit pas de l’écrire sur le fronton de nos édifices.
Se faire le persécuteur des juifs, c’est outrager Jésus le plus beau des juifs ; Jésus, qui résumait en lui toutes les qualités de sa race et qui a voulu naître en Judée pour instruire son peuple ; c’est condamner celui qui a aimé les hommes plus que lui-même, et qui a donné sa vie pour défendre la cause des opprimés ; c’est mépriser l’enseignement du sublime missionnaire, de notre modèle qui ne s’est lassé de nous dire : Aimez-vous les uns les autres… Aimez-vous comme je vous ai aimés !
Persécuter les frères en humanité, c’est renier ces géants martyrs de la Révolution française, martyrs de la mission même qui les a fait servir d’instruments de justice pour détruire les abus, les préjugés, les usages cruels établis par un égoïsme honteux ! Oui, c’est méconnaître ces âmes vaillantes qui, appréciant les mérites des Israélites, les ont pris sous leur aile protectrice et les ont affranchis.
Persécuter des hommes, enfin, c’est déserter les rangs de ceux qui ont pris pour devise : « Amour et Liberté ». C’est souiller le drapeau de la solidarité universelle qui doit nous sauver tous.
S’il reste encore quelque tribunal sacrilège qui ose condamner Jésus dans son amour pour tous, condamner les grands tribuns qui ont éteint les bûchers, condamner les héros de l’humanité qui sont morts pour leurs frères, eh bien ! devant ce tribunal j’en appelle à tous les hommes de cœur de toutes les races, de toutes les nationalités, de toutes les religions, de toutes les convections !
Rufina Noeggerath
Les juifs
Les chrétiens ont fait brûler plus de juifs que les
Romains ont fait dévorer de chrétiens…………
…………L’existence des juifs est plus austère
que la nôtre. Nous ferions bien comme eux de
pratiquer le respect de la famille, qui est la clef
de voûte d’une nation.
Léonce Raynaud - La France n’est pas juive
L’Eglise a accablé les juifs de ses malédictions, elle les a outrageusement persécutés ; les rois ont aidé l’église à les spolier, mais, malgré les massacres et les persécutions, les Israélites se sont répandus dans le monde, et leur nombre ne fait qu’augmenter. Ce peuple tant méprisé par les peuples nouveaux, ce peuple de proscrits est encore debout et vivant ; il semble qu’une sève toute providentielle le fasse vivre ! Dispersés au milieu de toutes les nations, le Juifs vivent de part la loi des harmonies. Ils faut qu’ils restent dans le monde ; ils y resteront. Savez-vous pour quelle raison puissante ?
C’est parce que les Juifs sont la preuve vivante que Jésus est venu sur la terre et qu’il n’était point Dieu. Ils resteront pour perpétuer le souvenir vivant de celui qui prêcha la plus divine de toutes les morales. Ils sont restés sur les montagnes et dans les vallées de la Judée malgré toutes les malédictions qui ont été proférées contre eux. Ils resteront !… ils resteront, dis-je, pour protester contre l’Eglise, contre le catholicisme qui a fait de Jésus le Christ-Dieu. Ils ne croient point en Jésus comme Dieu, et dans les fils de ceux que le grand tribun, le grand philosophe étonna, il reste encore que Jésus n’était point un dieu ; que Jésus était un homme, un grand homme, mais non un Dieu. Depuis bientôt dix-neuf siècles, les Juifs sont une protestation perpétuelle contre le blasphème des chrétiens qui ont fait d’un homme… un Dieu !!! Ridiculiser, métamorphoser en idole un homme qui a porté la robe de la terre d’une manière si admirable ! On a trouvé que ce n’était pas assez que d’avoir idéalisé le plus beau type humain et donné le plus grand des exemples !
Combien les Juifs sont encore détestés dans ce siècle, et qu’on leur rend peu justice ! Catholiques, regardez-les, ces hommes que vos ancêtres ont tant fait souffrir ; ils ont pourtant du mérite. Portant en eux les stigmates du passé, que n’ont-ils dû faire pour pouvoir exister ! N’importe à quelle condition ils appartiennent, ils luttent, et ils sont les fils de leurs œuvres. Ils sont d’une grande vaillance à la peine, et ils arrivent ! Les catholiques les jalousent, parlant haut encore contre la secte méprisée, et avec quels raisonnements d’enfants !… Si Jésus en tant que dieu, avait porté malédiction contre les Juifs, y aurait-il encore des Juifs sur la terre ? Mais non ! il n’y en aurait plus !
Catholiques ! le Juif que vous avez fait dieu fait vivre les Juifs pour vous prouver que les Juifs ne sont pas des maudits, qu’ils grandissent, qu’ils progressent et que leur race s’étend de plus en plus sur la terre. Jésus maudire les Juifs ! Mais c’est vous catholiques, qui devriez être les premiers maudits, car vous avez versé leur sang, et vous les avez tant de fois volés pour vous enrichir ! Vous leur faisiez porter une livrée dégradante qui, dans la foule, les distinguait des autres hommes, et vous leur faisiez subir toutes les humiliations.
Il n’y a point de maudits ! Tous les hommes sont enfants de l’harmonie divine, et devant Elle, les Juifs sont plus grands que ceux qui les haïssent et qui, pour obtenir leur extermination, vont se prosterner devant des idoles.
Les Juifs ! les Juifs ! considérez en eux l’expression des cruelles souffrances, les traitements indignes que l’Eglise et les rois leur ont fait subir, et vous les trouverez grands, et vous les aimerez, et vous les citerez même, car ils montrent l’exemple du courage et de la persévérance dans la lutte, bien que méprisés encore au milieu du monde. Ils sont en cela des modèles à imiter, et, si tous les chrétiens étaient à la hauteur de certains fils d’Israël, ils chercheraient à se grandir par le travail et non à rester d’oisifs fils de famille inutiles à eux-mêmes, inutiles à la société, inutiles à l’humanité.
L’abbé Grégoire
Note. Dans ses conférences à Notre-Dame de Paris, en 1845, Lacordaire a dit : Le peuple Juif a été l’historien, le jurisconsulte, le sage, le poète de l’humanité. Il vit encore, il vit partout. Déshérité de son sol, il a cherché dans le commerce cette richesse mobile qui se cache plus vite que la persécution ne se montre.
Le prêtre et la juive
Pour ma part, ce martyrologe des Juifs me fait prendre
en horreur toutes les superstitions au nom desquelles
tant de crimes ont été commis.
Léonce Raynaud - La France n’est pas juive
J’étais seul ; je priais. Je songeais à l’Eternel ; j’analysais dans ma pensée ces deux mots : Justice Eternelle, Amour Eternel. Le chapelet tombait de ma main lorsque le mot justice frappait ma pensée, et je le portais à mes lèvres lorsqu’il était murmuré : Amour !
Les galeries étaient désertes. La reine des nuits trônait dans le ciel ; elle jetait ses rayons sur les statues de ceux qui avaient été des hommes, et les vitraux, harmonisant ces rayons, semblaient colorer de vie les formes de ces grandes figures. Le Vatican alors était à la tête du monde, et à cette heure le monde et le Vatican dormaient. Ceux qui recommandaient les massacres semblaient dormir du sommeil des justes ; leur repos était gardé par des hommes qui leur servaient aussi de bourreaux.
Tout à coup, j’entendis un pas furtif. Une ombre svelte se glissait parmi les colonnes, disparaissant et reparaissant entre les socles des statues échelonnées. Je crus à un fantôme… c’était une réalité, c’était une femme ! Folle de terreur, elle allait, courant partout, sans voir où, sans savoir comment : elle était Juive ; on avait tué sa mère ! Le sang coulait à Rome, et on rencontrait partout des affolés. Je m’approchai pour demander à l’infortunée comment elle était parvenue jusqu’à cet endroit et ce qu’elle venait y faire. Elle me regarda sans répondre ; ses yeux étaient remplis de larmes, ses traits étaient contractés par l’épouvante, la fatigue et la faim. Le regard de cette femme avait un éclat, je me sentis tressaillir, mes pensées se troublèrent. J’avançai davantage, et je lui pris la main. Elle me dit ces seuls mots : « Sauvez-moi ! » et elle tomba évanouie. J’appelai un garde qui m’était dévoué et la fis transporter dans une maison qui m’appartenait dans la campagne de Rome.
Je l’avais aimée dès que nos yeux s’étaient rencontrés. Je devins fou d’amour, et ma sécheresse de cœur se changea en source vive : l’amour terrestre m’avait fait comprendre l’amour divin !
J’étais prêtre !… et elle était fille de ceux qui sacrifièrent mon Dieu !!!…
Mon crime fut connu car c’était un crime d’aimer une fille d’Israël ! Il fallait la livrer ou mourir avec elle… j’aurais dû mourir pour elle, en mourant avec elle, je l’aimais !… Elle fut arrachée de la maison protectrice et livrée aux exécuteurs…
L’abandonner, c’était être coupable. N’était-ce pas pour moi un crime de n’être point mort avec elle, puisque je pouvais tenter de la défendre ? Plus de sommeil. Le monde devint pour moi une vallée de larmes. Je souffrais à la fois de honte et de désespoir. Je marchais, vide de cœur, dans la vie éternelle, et ma vie semblait devoir être à jamais un noir chaos ; aucune impression ne se produisait sur mon cœur. Je la voyais toujours devant moi, comme au moment où elle m’apparut la nuit, dans la longue galerie du Vatican, me criant : « Sauve-moi ! Ses yeux si étranges restaient fixés sur moi ; ils exprimaient l’amour, point de haine pour mon abandon, mais j’y lisais d’amers regrets.
Il fallut partir, car Rome était, ce qu’elle fut longtemps encore, un réceptacle de tous les vices, de toutes les hontes. Je m’enfuis, emportant avec moi tout ce qui pouvait servir à augmenter mes connaissances sur les lois physiques et sur la chimie. Je travaillai encore quelques années, mais Elle m’appelait toujours. Je compris qu’elle était venue sur la terre pour être mon but, et aussi mon expiation, car j’avais reconnu, après la catastrophe, qu’il m’eût été impossible de la sauver. J’avais été injuste envers moi-même. Néanmoins, je ne voulais plus retarder l’heure de la rejoindre. Pour la retrouver plus vite, je transgressai la loi, je désertai mon poste ; je me fis mourir peu à peu tous les poisons usités à cette époque m’étaient connus, et j’en savais la composition.
Mais quel châtiment m’attendait ! En rentrant dans le monde des vrais vivants, je ne devais plus revoir celle que j’aimais tant et qui m’apparaissait dans mes rêves ; il fallut qu’elle mourut de la mort des cieux pour naître encore dans ce monde où l’on ne fait que deviner l’amour. Ah ! c’est cruellement souffrir que d’avoir fait le mal jusqu’à s’ôter la vie pour une femme adorée… et la perdre au moment de l’exaltation dans l’amour !
Elle a quitté l’espace, elle est morte une seconde fois pour moi, et je l’ai cherchée en vain jusqu’à ce jour. Je la retrouve ! Je la vois sur la terre, et je ne puis plus haïr… Je ne puis plus combattre pour la foi…
Je l’ai retrouvée !… Tout le bien que j’ai pu recueillir dans mes différents passages sur la terre se réveille en moi.
J’aime !
Fernando
Protestation de Jeanne d’Arc104
En face de la torture
Si vous me deviez faire arracher les membres
et faire partir l’âme hors du corps, encore ne vous
dirais-je aultre chose, et, si je disais aultre chose,
après je vous dirais toujours que vous l’auriez fait
dire par force ; et si j’étais en jugement et que je
visse le feu allumé et les bourrées préparées, et le
bourreau prêt à bouter le feu, et que je fusse dans
le feu, encore je soutiendrais ce que j’ai dit
au procès jusqu’à la mort.
Joseph Fabre – procès de Jeanne d’Arc
Je viens dans cette séance avec de grands compatriotes ; ils se sont souvenus que j’étais femme avant d’être général d’armée, et ils m’ont donné la préséance.
Il m’est doux, oh ! oui, bien doux, d’être attirée vers la terre par ceux qui me comprennent, et surtout par ceux qui m’aiment. Il m’est doux de pouvoir parler à ceux qui foulent le sol de la patrie tant aimée ! Mais vous pensez bien que je dois souffrir en redescendant me mêler aux fluides de la terre où vous vous agitez pour le progrès au milieu de tant de défaillances et de faiblesses ! Je ne pourrais revenir que pour souffrir si ce sont mes ennemis qui me rappellent ; mes ennemis, qui veulent me canoniser !!!
J’aime la France ; et, quoique loin d’elle dans l’espace, si notre patrie est morcelée, je viens pleurer avec tous les bons Français, je viens les fortifier et partager leur douleur. Mais pourquoi me canoniser ? Qu’ai-je fait pour qu’on s’arroge le droit inique de faire croire à la foule que, de par la volonté d’un pape, je dois résider dans son ciel imaginaire ?
Dans l’espace, je suis libre, et j’y resterai libre comme tous ceux qui ont le pouvoir d’y être libres pouvoir qui s’acquiert par le dévouement. Je resterai dans la sphère qui m’est dévolue par mes travaux, mes luttes, mon long et cruel martyre.
La jeune fille des champs, qui avait en elle un courage indomptable lorsqu’elle pensait à la patrie si malheureuse, savait que par elle tout serait sauvé et pourtant elle a été brûlée comme une sorcière et relapse ; l’Eglise a fait chanter des Te Deum le jour de sa mort ; mais le honteux bonnet sur lequel étaient écrits les mots infâmes a été remplacé par une auréole où resplendissent les mots de reconnaissance de tous les cœurs français, et cela la rend bienheureuse !
Mais vous, qu’êtes-vous devenus depuis quelques siècles, prêtres qui m’avez accablée de votre haine, et qui étiez payés par l’Anglais à qui vous vouliez plaire ? Eglise ! qu’es-tu aujourd’hui ? Ont-ils grandi, les papes ? Ont-ils étendu leur domination depuis que la cour de Rome ne voulait pas s’occuper de moi ?
Que me veux-tu, pontife Romain ? Qu’ai-je besoin de l’autorité de ton sacerdoce ? En quoi et pourquoi ai-je mérité l’encens que tes prêtres veulent m’octroyer ? Jeanne d’Arc, une sainte ! Jeanne d’Arc, appartenir à l’Eglise qui l’a persécutée, à l’Eglise qui l’a brûlée, à l’Eglise qui l’a salie, à l’Eglise qui, au moment du supplice effroyable, lui a mis sur la tête le bonnet d’ignominie !!
O France ! toi si généreuse de ton sang pour les grandes causes, et surtout pour la cause de la liberté, ô France ! suis-je assez abandonnée pour que l’on puisse croire que Jeanne d’Arc ait besoin de l’Eglise, l’ennemie implacable d’autrefois, pour être honorée ? De grâce, de grâce, de grâce, Français ! je vous supplie tous. Levez-vous en mon nom pour me défendre, pour m’éviter la dernière et la plus révoltante des souillures qui puisse jamais être faite à la libératrice de votre pays, ce pays où toujours passe sur les cœurs un souffle de bravoure et d’honneur.
Oh ! oui, je vais souffrir ! je vais souffrir parce que cette fumée d’encens impur s’élevant de la terre jusqu’à moi me repoussera de cette France adorée. Ah ! de tous les humains, quel est celui qui voudrait être chanté, qui voudrait être mis hypocritement sur les pavois par son plus cruel ennemi ?
Que ces paroles ne passent point comme le vent qui emporte la feuille morte au loin dans les vallons solitaires où le silence des tombeaux est morne, et où tout bruit s’éteint ! Qu’elles arrivent sous les yeux des vrais Français, des vrais patriotes, et que, ressentant mes souffrances présentes, et m’attirant vers leurs cœurs par une douce et puissante évocation, ils me consolent de toutes les injustices que j’ai endurées ! qu’ils me consolent de cette peine immense de me sentir appelée par ceux qui ont allumé le brasier qui dévora ma chair et mon sang.
Les supra terriens qui me conduisaient sur la terre étaient puissants, et les preuves s’en virent, et mes bourreaux assumèrent une responsabilité terrible !
O pape ! souviens-toi, souviens-toi que chercher à m’attirer dans tes temples, m’y évoquer par le prisme des cérémonies de tes prêtres est un acte coupable, car tu as combiné que Jeanne proclamée sainte par ton Eglise, ce serait une gloire pour toi ! Souviens-toi que c’est un anathème que tu lances et qui pèsera sur sa tête.
Jeanne d’Arc
Note. Dans des communications antérieures, Jeanne d’Arc disait qu’elle avait pardonné ; mais, à l’idée d’être canonisée, tout son être se révoltait.
Evocation des enfants des Cévennes et de Louis XIV
Quiconque vous fera mourir croira rendre service à Dieu.
Jean, XVI, 2
Les jours sont proches où tout changera
de face dans l’esprit des nations
Quand l’amour de la justice se répandra sur la terre et que les hommes seront frères, les potentats descendront de leur trône, et ils viendront, dépouillés de leur grandeur, se mêler aux enfants de Dieu.
Pour que le règne de la justice arrive, les Grands de l’espace descendront sur la terre ; ils sépareront tous les combattants ; ils prépareront le règne de la paix. Malheur, malheur à ceux qui resteront sourds à la voix qui proclame le pardon, la miséricorde et l’amour !
(Marie s’adresse à ceux qui nous sont invisibles :)
Vous qui êtes tombés dans les sentiers poudreux, vous qui avez trouvé une mort méritoire dans les ravins des montagnes, vous que les dragons du roi ont martyrisés, levez-vous à ma voix ! Sortez des tombeaux où des mains sacrilèges vous ont couchés pèle-mêle ; accourez à la voix de votre prophétesse ; quittez les bois silencieux des Cévennes où la brise qui passe et le bruissement des ramures ont été les seuls échos de vos déchirements, de vos sanglots étouffés, de vos terribles souffrances.
J’étais venue d’Israël, et ma voix vous avait réunis. Vous avez levé l’étendard du droit contre les oppresseurs de consciences, et le signe de Dieu est marqué sur vos fronts. Oh ! venez tous ! venez tous, de la terre et de l’espace ; accourez à la voix de celle autour de laquelle vous vous ralliiez pour entendre la révélation. Que les voiles tombent ! que la lumière apparaisse à vos yeux ! Réveillez-vous de votre long sommeil, renaissez des cendres encore fumantes du passé ; mais, en revenant à la vie, ne songez pas à la vengeance ; ne voyez que des frères dans vos persécuteurs. Pardonnez ! Pardonnez ! Un nouveau règne s’établit, Israël se réincarne, non pour assouvir une soif de vengeance, mais pour aimer !
Venez ! Venez ! les papistes disparaissent, la raison les disperse. Le pape n’est plus ! Il reste de lui un fantôme sans force, sans puissance spirituelle, et son règne temporel est fini pour jamais. Il n’y aura plus de « ville éternelle », siège d’un pouvoir irrespecté. La ville éternelle fera place à un monde nouveau. Le souvenir des souillures qu’abrita la tiare est encore un affront pour l’humanité, mais les peuples s’affranchissent, mais la vraie foi et la concorde s’établissent pour leur bonheur.
(Marie se tourne dans une autre direction et évoque Louis XIV.)
O roi puissant ! toi qui as fomenté la discorde et la défection dans nos rangs pour arriver à nous vaincre, tu nous as donné le droit, à nous, tes enfants, de te jeter l’anathème de barbare et de cruel ! Je t’évoque avec tes sbires assoiffés de carnage et teints comme toi du sang des martyrs. Viens écouter, viens apprendre que ceux que tu as odieusement persécutés pour faire l’unité de la foi reviendront encore pour préparer l’avènement de la liberté qui affranchira les hommes des dogmes au nom desquels tu nous as immolés. Reste des Manichéens, reste des Iconoclastes, reste des Vaudois, reste des Hussites, nous nous étions réincarnés dans les Cévennes ; nous revenions combattre pour la liberté de conscience, et nous avons trouvé en toi, ô roi, le bourreau prédestiné ! Oui, nous avons retrouvé en toi celui qui déjà tant de fois nous avait persécutés ! Courbe-toi, maintenant ! Courbe-toi devant tes victimes. Nous sommes grands, aujourd’hui, et notre grandeur te fait petit. Tous ceux qui ont une tache de sang sur le front, quelle que soit leur gloire, quelle que soit leur puissance, quelle que soit leur science, sont plus petits devant eux-mêmes et devant tous que le plus effacé des êtres qui est juste et bon.
Les montagnards des Cévennes reviendront encore pour semer l’amour de la liberté, et cette semence portera un germe fécondé par les luttes du passé. Ce ne sera plus de l’épée qu’ils se serviront ; leur arme sera la parole, car les peuples sont prêts à écouter la nouvelle Parole. Nos interprètes, les plus inspirés d’aujourd’hui, seront alors dans l’espace ; ils nous guideront pour que notre mission ne soit plus que pour les combats de l’amour et non plus pour les luttes sanglantes. Et le règne d’Israël reviendra ! et le règne d’Israël sera pour toute la terre. Chaque homme se regardera comme un Dieu dans Dieu ; il sera son prêtre, il élèvera ses enfants dans la fraternité, dans la crainte du mal, dans le respect de la vérité.
Humains, ne faites plus entendre vos cris ! Aquilons ne faites plus entendre vos gémissements à travers les feuilles ! Cessez ouragans. Nuages, dispersez-vous ! Que tout se taise sur la terre ! Ecoutez la voix de l’Esprit !…
Israël triomphe ! Les enfants de Dieu105 grandissent de quinze coudées, et leurs rangs se remplissent. Les superbes courbent la tête devant eux ; toute la science pâlit devant leur savoir qui vient de l’Esprit, qui vient de la sagesse divine. La terre et les cieux retentissent de chants de triomphe ! Hosanna ! Hosanna à l’Eternel ! L’Eternel voit les jours de son peuple, l’Eternel reconnaît ses enfants, et ses enfants chantent, louent et grandissent l’Eternel.
Garde le silence, terre ! Qu’aucun son, que rien n’empêche de retentir dans les vallons et les campagnes les chants de triomphe de l’Esprit ! Israël est libre ! Israël n’a plus de liens ; Israël n’a plus de temple : Dieu est partout. Il est dans le passé tout entier comme il est dans l’avenir infini ; ses enfants l’adorent partout ; dans les cavernes des forêts, au bord des torrents, dans les monts et dans les plaines. Les temples où se réunissaient les fils de Baal sont renversés. Dieu est partout, son culte est partout, les enfants de Dieu prient partout, et le temple où l’idole représentait Dieu est détruit. Israël ressent Dieu de toutes les forces de la nature ; Israël travaille à la conquête des secrets qui doivent lui ouvrir la terre promise, la vraie Jérusalem céleste. Israël ne sacrifie plus au veau d’or ni sur la pierre ; Israël allume un feu d’amour dans son cœur ce feu d’amour est pour Dieu, pour ses frères. Israël est en communion avec ses frères, il communie lui-même avec Dieu. L’amour, la charité et le dévouement sont partout.
Où êtes-vous, sectaires qui prêchez un Dieu jaloux de ses prérogatives ? un Dieu qui, en punissant son œuvre, martyrisait la vie sortie de son sein ? Arrière ! vous avez calomnié le Christ en le représentant méchant. Arrière tous ! Laissez voir à Israël Jésus dans l’auréole pure de sa gloire, Jésus apôtre d’amour, personnification de la fraternité et de ce que le monde vit jamais de plus pur, de plus beau, de plus grand.
Israël ! sois libre, sois grand ! Israël ! sois tout de charité, tout d’amour ! oh ! soyez bénis, vous les enfants de Dieu et les fils d’Israël ! Vous, les précurseurs du règne de Dieu sur la terre, je vous aime !