Le Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec


CHAPITRE IV
EXTRAITS DES LETTRES DU M�DIUM CONCERNANT SON �TAT APR�S LA S�ANCE D'HELSINGFORS


Je consid�re comme opportun, de communiquer � l'appui de mon dire quelques-uns des extraits suivants tir�s des lettres de Mme d'Esp�rance � mon adresse ; on y reconna�tra, comme dans un miroir, l'image fid�le de son �tat physique et moral, durant cette derni�re ann�e.

Gothenbourg, 7 janvier 1894

�...Les s�ances � Christiania, dont je vous ai parl� [1], ne sont pas encore en train, car ma m�diumnit� n'est pas encore revenue depuis la derni�re s�ance en Finlande, et je crois que, pour bien des gens, il serait pr�f�rable qu'elle ne revienne pas, puisqu'elle est, pour beaucoup, une cause de si grands troubles et de si grande indignation.
� Pour moi cela n'a pas d'importance, car je n'ai personne qui d�pende de moi ; mais toute cette publicit� dans les journaux et ces articles malveillants jettent aussi un soup�on sur ceux qui me d�fendent. M. Fidler [2], et sa famille sont englob�s dans la col�re et les injures qui, en r�alit�, me sont destin�es. Non seulement cela les peine, mais encore cela leur porte un pr�judice p�cuniaire � cause de l'antipathie que beaucoup �prouvent � continuer des relations d'affaires avec des gens si intimement li�s � une fourbe telle que moi ...
� Je me suis tr�s bien port�e depuis que je suis de retour de Finlande. La singuli�re sensation d'une perte dont je ne puis me d�barrasser m'inqui�te et m'oppresse. Je ne sais ce que j'ai perdu, sinon ma m�diumnit� ; mais c'est un sentiment d�primant et singulier. Je pense toujours encore qu'elle reviendra ; peu importe que je le d�sire ou non !...

Gothenbourg, 30 janvier 1894

� Non ! Ma m�diumnit� n'est pas revenue ! J'ai tent� plusieurs exp�riences, pour en faire l'�preuve ; plus par devoir que pour toute autre cause, car elle ne semble rien apporter de bon � personne, en compensation de la grande quantit� d'ennuis qu'elle occasionne � chacun.
� C'est peut-�tre dommage que les s�ances � Christiania soient tomb�es ! Si jamais je suis en �tat de le faire, je tiendrai la promesse que je leur ai donn�e ; mais peut-�tre cela vaut-il autant ainsi.
� �J'esp�re que vous serez en �tat d'obtenir une confirmation compl�te et satisfaisante des r�sultats de la derni�re s�ance � Helsingfors ; car ce serait trop fort si j'avais perdu ma m�diumnit� ainsi que ma sant� sans aucun r�sultat. C'est, � mon avis, le fait d'avoir autoris� tant de gens � m'examiner qui a �branl� tout mon syst�me nerveux et a amen� la perte de toutes les deux...
� Je ne puis dire que je suis malade et pourtant je ne suis pas non plus bien portante et j'ai toutes les peines du monde � faire n'importe quoi exigeant la plus l�g�re r�flexion. Je pourrais rester des heures enti�res � ne rien faire du tout, si cela m'�tait permis ; mais il y a trop � faire pour se permettre de pareilles vacances... �


Gothenbourg, 6 f�vrier 1894

� �J'esp�re que vous tirerez jusqu'� un certain point la derni�re s�ance au clair. Je ne crois pas avoir jamais d�ploy� tant de peine et de z�le pour obtenir qu'un ph�nom�ne soit, convenablement confirm�, que je ne l'ai fait pour ce dernier. Et comme je sais quelle difficult� on a eu � obtenir la confirmation exacte d'autres choses au sujet desquelles il ne pouvait y avoir de doute, je serais �tonn�e si cela �tait si facile. Dans tous les cas, je regretterai toujours que cela ait eu lieu au milieu de n�ophytes tels que ceux de Helsingfors. Il ne se montre encore aucun signe de ma m�diumnit� �


Gothenbourg, 4 mars 1894

� �Vous aurez quelque int�r�t � apprendre que j'ai �t�, il y a une semaine, � une s�ance chez M. Nordmark, pr�sident de la soci�t� psycho-physique. Il y a eu l� plusieurs preuves que ma force m�diumnique �tait revenue jusqu'� un certain degr� ; nous e�mes une communication par coups frapp�s, qui s'est confirm�e depuis ; quelque chose de semblable au cas Stromberg[3] . �


Gothenbourg, 5 mai 1894

� �Ma m�diumnit� semble revenir avec l'�tat plus satisfaisant de ma sant� ; une s�ance a �t� organis�e dans la maison de M. Nordmark � 10 heures du matin. Elle a pleinement r�ussi � �


Partenkirchen, (Haute-Bavi�re) 6 avril 1894

� �Vous serez �tonn� de recevoir une lettre de cet �trange coin du monde... Une de mes tr�s ch�res amies, la baronne de Z., d�sirait depuis longtemps que je vienne chez elle ; mais je n'�tais pas assez bien, pour me mettre plut�t en route ; d�s que je me sentis assez r�tablie, elle vint me prendre et nous voici arriv�es ici... � Je n'ai donn� mon adresse � personne, parce que je voulais �viter d'�tre sollicit�e pour des s�ances. Je ne suis, pour l'instant, qu'une femme peintre, jusqu'� ce que mes forces soient tout � fait revenues. Et, comme je sais que ma m�diumnit� n'est pas perdue, je puis patiemment attendre et la laisser se remettre du choc qu'elle a re�u� � Partenkirchen, 26 avril 1894 � �Je me sens de nouveau tr�s bien et assez forte ; peut-�tre �tait-ce seulement la forte chaleur que nous avions, qui m'avait rendue si faible... �

Gothenbourg, 23 janvier 1894

� �Je suis rentr�e depuis un mois pour permettre � la caissi�re de la maison de prendre ses vacances. � Je suis maintenant tr�s � mon aise ; le s�jour en Bavi�re a fini par faire bon effet, quoique au d�but il ait plut�t paru �nervant. �

Gothenbourg, 20 octobre 1894

� ...Lorsque je vous �crivais que je me trouvais tr�s bien, cela �tait un peu pr�matur�, car j'�tais � pein� rentr�e que je commen�ai � sentir la faute que j'avais commise en quittant sit�t le district des Alpes. En effet, lorsque je me mis � reprendre le train accoutum�, je m'en sentis tout � fait incapable et, jusqu'� pr�sent, je n'ai pas encore �t� en �tat de le faire. Aujourd'hui je quitte pour la premi�re fois le lit depuis le commencement de septembre. Mon docteur vient de me dire aujourd'hui que je ne pouvais pas rester en Su�de cet hiver, mais que je devais aller aussi vite et aussi au Sud que possible. Ceci est une d�ception pour moi ; je d�sirais tant reprendre mon travail. � Villa Clarenzia, Montreux (Suisse) 29 d�cembre 1894
� ...Me voici en Suisse et je t�che de me gu�rir ; non pas que je sois tr�s malade, mais une bagatelle m'agite et m'�nerve compl�tement.
� �Oui, ce sont les suites de cette s�ance qui m'ont ab�m�e pour toute cette ann�e. Tout le syst�me nerveux souffre ; quand je me refroidis l�g�rement ou que je ne suis pas tr�s exactement mon r�gime, j'en suis r�duite au lit. Je me sentais tellement mieux, ce �t� apr�s mon long cong�, que je retournais au travail mais apr�s quelques jours d'essai je compris que j'�tais aussi peu bien que jamais auparavant et que j'�tais tout � fait incapable de quoi que ce soit exigeant la pens�e. Je fus forc�e de mettre ma peinture absolument de c�t�... � part cela je vais assez bien ; j'ai suffisamment d'app�tit et de sommeil, et peux me promener...
� �Mes cheveux n'ont pas repris leur couleur naturelle [4]. Sur tout le front et la partie sup�rieure de la t�te ils sont presque blancs, le reste est noir ; seulement, je crois que les nouveaux cheveux, qui poussent lorsque les blancs tombent, sont fonc�s ; mais ils deviennent blancs d�s que je souffre de maux de t�te nerveux que je prends � la moindre occasion. �



[1] Une nouvelle série devait commencer le 12 janvier 1894 d'après une invitation acceptée auparavant par moi.

[2] M. Fidler est le chef de la grande maison de commerce où Mme d'Espérance était employée à Gothenbourg.

[3] Voir Psychische Studien, livre de janvier 1892.

[4] Ils avaient blanchi à la suite de la séance d'Helsingfors. Voir Psych. Stud., liv d'oct. 1894.

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