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Dans la première partie de cet ouvrage nous avons traité du fluide vital universel et de ses nombreuses transformations matérielles jusqu'à la matière tangible. Nous avons vu pourquoi et comment cette matière vit organiquement, mais nous n'avons pas traité de la vie intellectuelle de cette matière. C'est le but de la seconde partie de cet ouvrage.
Nous avons vu que la matière vivait, qu'elle se mouvait, en un mot, nous avons passé en revue les transformations et les évolutions de la vie organique. Mais, cette matière étant inerte par elle-même, elle ne peut se mouvoir que si une autre force vient la solliciter et annihiler sa résistance passive, en un mot, la vitaliser. Il existe plusieurs forces qui actionnent cette matière et ces forces, nous allons les énumérer. Vous savez qu'en mécanique, pour déplacer un corps inerte, il faut une force supérieure à la résistance passive de ce corps. Cette force est donc indépendante de ce corps, et cependant, au moment où son action est en jeu, elle est solidaire avec ce corps.
Cette force dépense de l'énergie et cette énergie se transforme en travail. Le travail produit est le coefficient de la combinaison de cette force multipliée par l'énergie et qui s'énumère en kilogrammètres pour les mouvements mécaniques inconscients et conscients. Les mouvements mécaniques conscients sont réglés par une force intelligente, et cette force a des phases, des degrés différents, suivant l'affinité des fluides qui la composent, et aussi suivant la nature de la matière et les organes qui servent à faire mouvoir cette matière. Il faut bien comprendre que, dans la transformation des fluides, il y en a qui, par leur pureté, leur éclat, leur nature supérieure, restent en dehors de la matière et ne s'agglomèrent pas avec elle. Ils la pénètrent, l'entourent, mais, tout en étant solidaires avec elle, ils conservent leur indépendance. Ils servent tout simplement à diriger la matière parmi les innombrables manifestations de la vie organique. Pour que la matière se meuve, il faut, comme je vous l'ai dit, que des forces indépendantes la fassent mouvoir, ces forces sont encore des fluides, mais ces fluides, par le fait même de leur nature, ne peuvent faire mouvoir cette matière. Pour qu'il y ait mouvement, il faut qu'il y ait une intelligence qui règle ces mouvements, mais encore là, l'intelligence ne suffit pas, et pour que des mouvements inconscients se transforment en mouvements conscients, il faut une autre force, bien plus subtile, qui est la volonté. Nous y reviendrons plus tard.
Donc, voyez comme tout s'enchaîne. Un corps inerte possédant une force fluidique, inconsciente dans son essence même, en étant imprégnée, mais cette force conservant son indépendance, tout en étant solidaire avec la matière. Telles sont nos données. Mais, me direz-vous, cette force directrice, de quelle autre force est-elle redevable ? Cette force n'est redevable d'aucune force, car c'est une partie du foyer central de l'Être Suprême. C'est une émanation de la volonté divine, en un mot, c'est l'âme, et cette âme est la cheville ouvrière de tout l'organisme dont est composée cette matière quelle qu'elle soit. C'est elle qui voit, prévoit, perçoit et ordonne, mais comme son affinité fluidique est très subtile, elle ne peut pas elle-même actionner directement la matière. Elle se sert pour cela d'intermédiaires fluidiques, qui sont, comme je vous l'ai dit, l'intelligence, que l'on appelle instinct chez les animaux, mais qui n'est en somme qu'un degré dans l'échelle de progression d'évolution des êtres animés, et cette intelligence ou Instinct, comme vous voudrez, met en mouvement la force fluidique, qui s'affine avec la matière, et ce corps fluidique, par son action plus matérielle, actionne directement les organes du corps matériel et le résultat se transforme en action mécanique, ce qui fait que la matière peut se mouvoir.
Je ferai ici une comparaison mécanique fort simple des mouvements des corps matériels. Voyez une machine à vapeur. Elle est construite spécialement pour exécuter différents mouvements ou différents travaux adéquats à la nature de ses organes. La composition de la matière qui a servi à construire cette machine, le fer, provient de fluides grossiers matérialisés. Cette matière, par elle-même, vit de la vie organique inconsciente, puisqu'elle est sensible, à l'influence de la température, mais elle ne peut se mouvoir par elle-même. Pour qu'elle se meuve, il lui faut une force, une puissance, une énergie. Cette force est un fluide qui est la vapeur d'eau. Cette machine possède bien, dans sa chaudière ou générateur, cette force à l'état latent, mais elle ne se meut pas pour cela. Il faut une intelligence qui mette en action cette force fluidique, qui actionnera les organes de cette machine. Mais là encore, l'intelligence ne suffira pas. Il faudra une volonté qui ordonne à cette intelligence de mettre en mouvement la force fluidique qui actionnera les organes de cette machine, et cette volonté, cette intelligence, est le mécanicien qui est indépendant de la machine, qui en est l'âme, qui en est solidaire, puis que la machine ne peut se mouvoir sans sa volonté. Il en est de même dans tous les corps organiques innombrables qui ont été créés pour les besoins inhérents à leur nature spéciale et pour le but que litre Suprême leur a assigné par sa volonté, qui est l'émancipation intellectuelle des êtres par le travail et la loi de progression et d'évolution universelle.
Nous avons passé en revue les forces intellectuelles de la matière. Nous allons essayer d'analyser ces forces en commençant par les animaux-plantes, et en prenant des points de comparaison qui ne seront peut-être pas toujours à l'avantage de l'homme. S'étendre plus longuement sur cette chaîne intellectuelle serait dépasser le but de cette étude. Nous parlerons de la seconde phase de la vie des êtres qui comprend une infinité de variétés de sensations, de perceptions plus ou moins intelligentes, suivant le degré d'élévation de l'être dans l'échelle spirite.
Nous avons parlé des variations de la vie organique : les animaux-plantes, dans la première partie de cet ouvrage. Parlons un peu de leur vie intellectuelle et de celle des animaux en général.
Toute proportion gardée, les animaux-plantes, ou si vous voulez les zoophytes, comme les appellent les savants naturalistes, ont une âme, une intelligence, et Dieu, dans son immense sagesse, dans sa bonté infinie, a bien fait les choses. Il a permis à ces organismes embryonnaires de progresser intellectuellement comme physiquement. Pour le profane, les immenses végétations sous-marines, produites par l'agglomération de ces zoophytes, tels que les coraux, et qui, fait très curieux, ont formé des îles entières, sont tout simplement dues à la multiplicité des germes, et à la fécondité presque spontanée de ces germes qui engendrent des êtres de la même espèce; mais encore, quoique étant de la même espèce, les naturalistes ont certainement remarqué que ces êtres vivants possédaient plusieurs couleurs qui les distinguaient entre eux. Pour le vulgaire, les couleurs proviennent de causes chimiques inconnues. Mais pour celui qui comprend l'échelle de progression, ces couleurs indiquent une différence très marquée dans le degré intellectuel de ces êtres. Cette comparaison peut être prise également pour le genre humain : il est indéniable que la race blanche ait la supériorité intellectuelle sur les autres races de couleur, et cependant toutes les races proviennent de la même espèce, qui est l'humanité tout entière.
Tous les êtres animés sont intelligents, mais il y a des degrés dans cette intelligence, et quoique l'homme ait la prétention de détenir le record, il est souvent au-dessous de certains animaux.
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