Le Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec


Chapitre VIII - L'homme

L'homme a-t-il été créé, tel qu'il est, ou est-il la conséquence d'une transformation progressive de son être ? L'homme, comme tous les animaux dont il fait partie, a subi et subit encore la loi d'évolution, de progression mais son essence initiale est ce qu'il a toujours été et ce qu'il sera toujours : un homme.
D'après la théorie que je vous ai exposée tout à l'heure, il est incontestable que toutes les espèces d'animaux ont commencé par un germe embryonnaire, à l'état latent dans la nature, et que l'homme n'est pas exempt de cette loi. Il semble que l'être suprême ait voulu créer des êtres qui, étant une émanation de son fluide vital, afin que ces êtres puissent le comprendre, ou du moins en aient la faculté, il ait donné à ces êtres, qui sont nous-mêmes, et que l'on appelle hommes, des dons spéciaux que d'autres animaux ne possèdent pas, et, par cela même, ait permis à ces hommes de remonter jusqu'à leur source qui est Dieu, en évoluant, en progressant par le travail.
Nous reviendrons un peu plus tard sur ces dons du Créateur, qui font de nous des êtres supérieurs, et que l'on nomme l'intelligence, le libre arbitre et la volonté. Tous les hommes, quels qu'ils soient, à quelque race qu'ils appartiennent, proviennent tous du même fluide initial ou germe unique qui les a créés. La seule différence qui existe entre eux est la différence de couleurs, de types, de mœurs et de coutumes ; la raison de ces différences, dans la même espèce, est l'influence des milieux dans lesquels sont nés, ont évolué et progressé les germes, identiques entre eux, qui ont engendré le genre humain. Les climats différents, la lutte pour la vie, ont forcé ces êtres simples, brutes, dans les premiers âges de l'humanité, à recourir à certains moyens qui, prenant corps, pour ainsi dire parmi eux, les transformèrent progressivement. Les habitudes et les besoins journaliers de la vie se sont modifiés, transformés, et des changements progressifs de cette évolution colossale, sont sortis des civilisations plus ou moins évoluées, dans l'échelle de progression de l'Humanité
L'homme est le seul être de tous les animaux qui a une religion, et qui a conscience de son état, puisqu'il est une émanation directe du créateur. Tous les autres animaux, en descendant l'échelle de progression des êtres animés, possèdent cette conscience, mais qui est plutôt l'instinct de conservation, car la faculté du moi n'existe pas chez les animaux autres que chez les hommes, même à l'état sauvage; la faculté du moi existe chez l'homme, mais ici il faut tenir compte de l'échelle de progression de l'état plus ou moins avancé de ces hommes.
Comme les animaux, ses frères inférieurs, l'homme, à l'état sauvage, comme à l'état de civilisation, possède, à l'état latent, l'intuition, la connaissance de sa force, de ses capacités et de ses facultés. Le plus fort détruit ou asservit le plus faible ; c'est la loi du plus fort qui a toujours gouverné jusqu'à ce jour. Pourquoi ? Parce que l'homme est un animal et que, comme les autres animaux, ses frères, il est dompté par la matière.
La progression, l'évolution de l'homme, dans la théorie matérialiste, ne le fait pas monter d'un échelon dans l'échelle des êtres. Il peut être un grand savant, et ignorer les lois fondamentales de la création et de la formation des mondes, et ses relations avec l'Etre Suprême, créateur de l'Univers. Si l'évolution morale est nulle chez lui, il sera un être inférieur, comparativement à un autre de ses semblables, qui, ne connaissant pas les sciences matérialistes, plus ou moins obscures, aura compris et perçu le grand problème de l'au-delà.
Les temps sont encore éloignés où les hommes comprendront ce qu'ils font, et quel est leur but. Mais ce mouvement viendra, et c'est la doctrine du spiritualisme qui leur enseignera les mystères de la nature, incompréhensibles pour la plupart d'entre eux aujourd'hui.
Quand cette doctrine aura pénétré les masses, quand les hommes comprendront ce qu'ils sont, et quel est leur but, ils marcheront tous, la main dans la main. Les races unies dans un même but commun, éclairées par le flambeau de la vérité et de la science, feront disparaître les frontières, ces barrières conventionnelles qui sont autant de causes de rivalités, de guerres acharnées qu'elles se livrent entre elles, étudieront une langue unique universelle, travailleront tous à leur émancipation morale d'un commun accord, et, sans délaisser les jouissances de la terre, enseigneront, gui­dés par les esprits supérieurs, la plus belle, la plus noble des philosophies, la morale la plus pure que le Christ ait enseignée et qui est le Spiritualisme, la Religion de l'Avenir.

 

 

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