Le Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec


Chapitre X - L'instinct

La première branche intellectuelle ou intelligente est ce que l'on nomme l'instinct. Quelle différence fait-on entre l'intelligence proprement dite et l'instinct ?
D'aucuns prétendent qu'il n'y a pas de comparaison, car l'instinct est la résultante des besoins matériels inhérents à la nature spéciale de chaque espèce d'animaux. (Ce sont les matérialistes qui disent cela). Cependant certains animaux ont donné des leçons à bien des hommes sous ce rapport.
L'animal a un certain libre arbitre, puisqu'il agit selon sa volonté. Il raisonne puisque, quelquefois, il est indécis de ce qu'il va faire. Il prend une détermination quelconque, mais d'où provient cette détermination. Vous me répondrez : de son instinct. Mais alors, son instinct, c'est tout simplement de l'intelligence, du libre arbitre, puisque l'animal prend une détermination sur ce qu'il veut faire. Vous l'appelez animal, parce que, dans votre orgueil, vous croyez être d'une essence supérieure à lui. C'est une erreur. L'homme est un animal aussi. S'il a la supériorité sur les autres animaux, ceci est dû à son degré d'élévation dans l'échelle de progression des animaux. Il est plus élevé dans l'échelle spirite, voilà tout.
Nous voulons bien admettre qu'il existe certains animaux, répugnants à l'homme, même à d'autres animaux. D'où cela provient-il ? Voici : Dieu n'a pas créé le mal. Le mal qui existe est la conséquence des mauvais instincts des êtres de votre planète, puisqu'elle n'est habitée que par des êtres inférieurs.
Dans les premiers temps de la création, les êtres progressaient dans le bien. Mais certains êtres, dont les fluides, moins appropriés à la progression, restaient stationnaires, furent jaloux de leurs frères et cherchèrent à leur nuire par tous les moyens. De là est sorti le mal. L'atmosphère ambiante, empoisonnée par ces fluides grossiers et morbides fit naître des êtres organiques, appropriés aux milieux ambiants, dans lesquels ils étaient destinés à vivre et finalement aboutirent à produire des espèces vouées temporairement au mal, à côté des espèces vouées au bien par leurs propres efforts, et ces deux espèces antipathiques se vouèrent dès lors une guerre acharnée.
C'est à l'intelligence raisonnée d'anéantir cet instinct grossier qui est l'apanage de la race humaine. Oh ! Hommes, mes frères, ne vouez pas une haine implacable aux animaux. Défendez votre existence, mais ne tuez pas pour le plaisir de tuer. Sachez que chaque animal est un de vos frères sur l'échelle de progression, et que votre devoir, vous qui êtes plus éclairés par le flambeau de la science, de la sagesse et de la vérité, est de l'aider à progresser, ou tout au moins de ne pas chercher à lui nuire.
Dans l'instinct des animaux, il y a plusieurs échelons. La masse ou la même espèce peut avoir les mêmes instincts, mais chaque individu possède un degré intellectuel plus ou moins développé, depuis les animaux les plus féroces jusqu'aux animaux domestiques. Tout cela dépend de la loi de progression. Le fluide vital de chaque animal ne meurt pas. A la dissolution de la matière, ce fluide ou périsprit, sert à la reconstitution d'un autre être de la même espèce, conservant sa personnalité jusqu'au dernier échelon de perfection de l'espèce à laquelle il appartient. La loi du Créateur est immuable. Tous les êtres sont perfectibles, à quelque espèce qu'ils appartiennent, et s'il a permis cette perfection à la race humaine, il l'a également donnée aux autres animaux.
Les mondes supérieurs reçoivent dans d'autres incarnations, aussi bien les animaux que les hommes. Il n'y a pas de privilèges parmi les êtres animés et ce que le Créateur a fait pour les uns, il l'a également fait pour les autres. Ce n'est pas toujours à la forme matérielle que l'on reconnaît le degré de l'émancipation de l'être, mais dans les actes intelligents de cet être, et dans ce cas, bien des animaux ont donné des leçons aux hommes, comme courage, abnégation et sacrifice, et souvent, dans bien des cas, certaines catégories d'animaux ont prouvé, par leur intelligence instinctive, leur égalité et même leur supériorité physique et intellectuelle et sachez bien que les animaux, principalement ceux qui collaborent à vos travaux, les animaux domestiques, en général, sont des frères pour vous et que vous devez traiter avec sagesse et bonté. Les châtiments que vous pouvez leur infliger doivent l'être uniquement pour les rappeler à leurs devoirs. En cela vous les aidez à progresser, à s'élever dans l'échelle des êtres spirituels. Et vous-mêmes, cela vous rappelle aux sentiments de charité, de noblesse de cœur et de compassion envers vos frères inférieurs. Dieu, dans sa sagesse infinie, vous tiendra compte de vos efforts.
Moralité : ne faites jamais de mal aux animaux. Défendez votre existence menacée, mais ne tuez pas pour répandre le sang inutilement. Plus un être a horreur du sang, plus il est élevé sur l'échelle intellectuelle des êtres animés.

 

 

 

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