Le Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec


Chapitre VI - Physique de l'âme

Nous allons prendre maintenant chacune des parties, de l'âme (âme vitale, ou double éthérique  âme sensitive, ou corps astral  âme intelligente, ou corps mental) qui ont été suffisamment étudiées à ce jour de façon expérimentale, pour résumer en chacune d'elles ce que nous en savons au quadruple point de vue de la substance qui la compose, de la forme qui est sienne, de ses organes et systèmes, et enfin de ses propriétés particulières, tant physiques que chimiques[1].

 

A.  Ame vitale (double éthérique)

Substance
La substance qui compose l'âme vitale (double éthérique) est semi-matérielle, fluidique, tenant le milieu entre la matière chimique et l'éther, d'origine vraisemblablement éthérique, c'est-à-dire supérieure à la matière sensible, elle ne peut cependant traverser aucun écran matériel ; elle semble douée de qualités radio actives qu'elle est susceptible de communiquer à plusieurs corps, principalement aux métaux. Elle est diversement colorée, ce qui semble tenir à une polarisation spéciale : orangeâtre à droite et bleuâtre à gauche : dans la pratique, les deux couleurs se combinent en une nuance générale gris clair ; elle est, de plus, fluorescente dans l'obscurité ; la lumière qu'elle émet est identique à celle du soleil dont elle ne diffère que par son invisibilité résultant de la faible amplitude de ses ondes. Sa visibilité varie suivant l'hyperesthésie visuelle des assistants: elle est complète pour certains ; pour d'autres, elle donne seulement l'impression de vagues et flottantes luminosités et enfin, pour beaucoup, elle est insaisissable, et nous cherchons encore en vain le procédé à employer pour la mettre à la portée de tous. Le Colonel de Rochas a appelé du nom de lohées les radiations émises par cette substance.
A la suite de nombreuses expériences qu'il a faites à cet égard, il est arrivé à cette conclusion que les lohées  qu'elles proviennent de l'âme vitale ou de l'âme sensitive, comme nous le verrons plus loin  sont soumises à toutes les lois de la réfraction et de la polarisation.
En tous cas, visibles ou invisibles, ces radiations exercent une action sur le sulfure de calcium phosphorescent préalablement insolé et placé dans son ambiance. Il existe une photographie singulièrement probante de deux écrans au sulfure de calcium également insolés et dont un seul, bien plus brillant, a été exposé aux radiations du double éthérique.
La substance éthérique se dissout facilement dans l'eau, et, plus ou moins, dans certains liquides.
Lorsque la substance éthérique se condense hors du sarcosôme, il se produit en elle un abaissement de température plus ou moins grand, suivant des causes encore mal définies, mais qui peut, en certains cas, aller jusqu'aux environs de 0°.  Certains sujets, qui condensent particulièrement bien leur double produisent à cet égard des effets remarquables ; il me souvient notamment que, plusieurs des fois où j'ai opéré avec Mme Lambert, j'ai eu la sensation, plaçant ma main dans son double, de pénétrer dans une glacière garnie de toiles d'araignée. On sait que cette particularité fournit un moyen de contrôle.
Nous avons vu plus haut comment s'entretient cette substance de l'âme vitale, j'ajouterai qu'elle paraît être, comme celle du sarcosôme, en état de perpétuelle transformation de même que le corps physique, l'âme vitale a sa naissance, ses périodes successives de formation, de croissance, de conservation et de décrépitude ; enfin nous savons qu'elle ne survit que peu de jours au sarcosôme.
Par elle-même, la substance éthérique normale est sans action sur la matière mais organisée en âme vitale, extériorisée et bien condensée, elle peut se matérialiser suffisamment pour agir sur la matière et même, ainsi qu'il résulte de nombreuses expériences du Colonel de Rochas, de Durville, de Girod, etc., se rendre jusqu'à un certain point visible, audible et tangible ; c'est elle que certaines personnes ont vue maintes fois s'élever d'un mourant, sous forme d'un nuage légèrement lumineux, lorsque l'agonie a lieu dans l'obscurité ou la pénombre.
Tous ces faits démontrent que la substance éthérique, si quintessenciée qu'elle soit, est matérielle dans une certaine mesure. Toutefois cette matérialité semble bien être sous la dépendance de la volonté qui dirige l'âme vitale, car on a eu maintes fois à observer le fait suivant que j'ai déjà cité plus haut à propos des craintes de lésion que le sujet manifeste ordinairement pour son âme vitale. Lorsqu'on envoie l'aérosôme I, extériorisé du sujet, dans une pièce voisine, le sujet sachant que, hors du corps physique, le double isolé est par suite de son inaccoutumance, d'une maladresse insigne, préfère souvent dématérialiser son double, lui faire traverser la muraille et le reconstituer de l'autre côté, plutôt que de le faire passer par une porte au chambranle de laquelle sa maladresse le fait presque inévitablement heurter, ce qui, par suite du phénomène de répercussion, lèse le corps physique et fait crier le sujet.

Forme
Moule du corps physique, l'âme vitale, lorsqu'elle est extériorisée, conserve très exactement la forme de celui-ci, ce que nous savons non seulement par les affirmations de nos sujets de contrôle, mais encore par la méthode du pincement d'air qui nous en donne le gabarit et aussi par les photographies qui ont pu en être prises.
L'âme vitale possède donc une énergie de forme et une énergie de volume. Toutefois elle peut jusqu'à un certain point et sous certaines conditions, modifier sa forme et, son volume par exemple lorsque l'on situe le sujet dans son enfance, la taille de l'âme vitale diminue pour s'harmoniser avec l'âge où le sujet est replacé mais, contrairement à ce que nous aurons à constater en étudiant l'âme sensitive, la volonté du sujet paraît n'avoir aucune influence sur cette modification qui s'opère, semble-t-il, de façon purement automatique.

Organes
Double exact du corps physique, tant au point de vue de la forme extérieure qu'à celui de tous les appareils et systèmes qui composent le sarcosôme, l'âme vitale possède non seulement les membres du corps mais encore tous ses organes sensoriels et autres, ce dont il est facile de s'assurer en agissant sur eux, en dehors de la conscience du sujet, de façon à amener des réactions appropriées dont on constate la réalisation sur le sarcosôme. A l'aide d'un amplificateur de sons, on peut percevoir le battement du coeur d'une âme vitale (double éthérique).
Les organes sensoriels de l'âme vitale peuvent être extériorisés isolément du corps physique, expérience que j'ai vue maintes fois réaliser sur l'organe de l'ouïe[2]. En pareil cas, il convient d'opérer avec une grande prudence, parce que le lien unissant le sens extériorisé à l'organe sensoriel est à la fois très ténu et d'une extraordinaire sensibilité : son seul attouchement peut donc amener de sérieux accidents. De plus, quand il s'agit d'un organe double, comme celui de l'ouïe, il est prudent de ne pas procéder à une double extériorisation. Je me souviens à ce propos qu'un jour j'avais extériorisé le sens de l'audition à la gauche du sujet où je me tenais ; quand, après quelques expériences, je voulus procéder à la réintégration, le sens s'était éloigné, et le sujet n'entendit pas ma suggestion ; que fut-il advenu si j'avais procédé à une double et complète extériorisation ? Il fallut, pour être entendu du sujet, me porter à droite, ce qui n'allait pas sans danger, vu l'ignorance où j'étais de l'emplacement, dans l'espace, du sens extériorisé et la nécessité de ne pas, au cours de mon déplacement, léser le lien fluidique qui pouvait se trouver sur mon passage. Il est donc essentiel, quand on procède à une extériorisation partielle de l'âme vitale ou sensitive, d'agir avec une plus grande prudence encore que lorsqu'on fait l'extériorisation totale.
Outre les organes et appareils qui se trouvent normalement dans le sarcosôme, l'âme vitale comporte un lien de même substance, qui la relie au corps physique et par le moyen duquel elle demeure, extériorisée, en communication avec lui.
J'ai parlé ailleurs en détail de ce lien vital, je me borne ici à rappeler son existence.

Propriétés physiques
L'âme vitale est d'une sensibilité extrême aux tropismes ; la lumière, l'électricité et autres agents extérieurs déterminent en elle des mouvements analogues à ceux des êtres inférieurs (infusoires, etc.) qui cherchent à se soustraire à l'action de ces agents.
L'obscurité ne donne lieu à aucune réaction de l'âme vitale ; par contre, la lumière produit sur elle des effets particuliers, mais elle s'y accoutume assez facilement, pourvu que cette lumière soit faible : à mesure qu'elle s'avive, l'âme vitale a tendance de plus en plus grande à rentrer dans le sarcosôme.
La pression atmosphérique agit sur elle en sens divers : au-dessous de 760, il y a compression de la matière et augmentation de la force mécanique ; au-dessus de cette moyenne, il y a dilatation de la matière et augmentation de la luminosité. Cette particularité doit donc guider l'expérimentateur, suivant qu'il cherche à atteindre la visibilité ou l'étude des effets mécaniques.
L'humidité atmosphérique agit comme dissolvant de la substance éthérique ; il en est de même de l'eau et de la plupart des liquides, car il a été constaté que cette substance ne peut subsister au contact de tous ceux qui ont été jusqu'à ce jour essayés.
Au contraire, les gaz n'ont aucune action sur elle, et elle s'est conservée jusqu'à quarante-huit heures dans de l'oxygène, de l'hydrogène, de l'azote, etc. Quant à la matière solide, nous savons qu'elle est impénétrable à la substance éthérique[3].
Elle est bonne conductrice de l'électricité proportionnellement à son degré de condensation et à l'intensité du courant : à cet égard, certains sujets produisent un phénomène particulier, qui est à noter et qu'on obtient avec le courant de deux éléments de pile-bouteille au bi-chromate de potasse. L'aérosôme I (dont la base est l'âme vitale) venant d'être extériorisé, c'est-à-dire étant mal condensé et, par suite, mauvais conducteur, si l'on place la poignée d'un des rhéophores dans la main droite du sujet et que l'on enfonce brusquement le pinceau métallique terminant l'autre au milieu de l'aérosôme, l'aiguille du galvanomètre oscille vivement pendant une ou deux secondes, puis se replace parallèlement au courant et reprend son immobilité. Voici, à mon avis, comment peut s'expliquer ce bizarre phénomène : sous l'impression de l'introduction du pinceau métallique dans la masse éthérique, il se produit une condensation réflexe et momentanée de la substance qui alors, pendant quelques instants, laisse passer le courant, lequel est arrêté dès que le double retourne à son état de dilatation primitif.  Je dois ajouter que ce phénomène ne se produit pas constamment, fût-ce en opérant avec le même sujet, sans que je sache encore à quel motif attribuer cette différence de résultats.
L'électricité agit de deux façons sur l'âme vitale : positive, elle l'attire ; négative, elle la repousse. Il en est de même du magnétisme physique qui produit sur elle un effet d'attraction ou de répulsion, suivant que le pôle de l'aimant présenté est positif ou négatif.
Le vide exerce une action certaine sur la substance de l'âme vitale, mais à la condition d'approcher de l'absolu : une ampoule d'éclairage ou un tube de Geissler ne l'attire que légèrement un tube de Crookes amène la chute de l'âme vitale, laquelle entraîne celle du corps physique, mais, me paraît-il, pour une tout autre cause. La réaction que j'ai déjà mentionnée comme moyen d'extérioriser l'aérosôme II de l'aérosôme I est même, semble-t-il, assez dangereuse, parce que mal connue, on ne l'a pas encore essayée, que je sache, sur l'âme vitale seule et complètement isolée, mais seulement sur l'aérosôme I, c'est-à-dire sur l'âme vitale extériorisée du sarcosôme, mais unie aux éléments supérieurs de l'aérosôme et, en particulier, à l'âme sensitive. Or, à mon avis, voici la cause du phénomène, nous verrons plus loin, en étudiant la substance astrale, qu'elle pénètre la matière et est attirée par le vide ; il paraît donc, en présence d'un tube de Crookes, se produire une brutale rupture d'équilibre dans l'aérosôme I : la substance astrale se précipite dans le vide, à travers le verre que ne peut franchir la substance éthérique de là une réaction qui s'opère sur cette dernière et la repousse vivement, ce qui entraîne la chute du corps physique.
La substance éthérique se propage, comme l'électricité, bien que plus difficilement, en suivant les corps bons conducteurs : l'expérience se réalise comme sui t: prendre un conducteur de cuivre de deux mètres environ, dont une extrémité forme plateau et l'autre se termine par un faisceau de fils de cuivre dirigés perpendiculairement vers une plaque photographique plongée dans un bain révélateur, les fils métalliques aboutissant à quelques millimètres de la surface du bain ; si l'on magnétise le plateau, la plaque photographique enregistre les radiations éthériques.

Propriétés chimiques

La substance éthérique exerce une action certaine sur différents sels (notamment sur les sels d'argent qu'elle réduit) par suite de sa luminosité propre, dans certaines conditions  encore mal connues puisque, à l'heure actuelle, nous cherchons toujours la solution du problème photographique de façon à connaître sans erreur les conditions de réussite ; d'autre part nous savons qu'il est pour elle d'autres moyens plus directs d'agir sur la plaque photographique. Quant aux autres réactions chimiques que nous connaissons, elles se rapportent à la sensibilité de l'âme vitale (double éthérique) et seront mieux à leur place quand nous arriverons à l'étude de la physiologie de l'âme.

 

B.  Ame sensitive (corps astral)

Substance
La substance qui compose l'âme sensitive (corps astral) provient du plan immédiatement supérieur au plan physique. Elle est matérielle, bien que la matière en soit très subtile, la preuve en est qu'elle émet des rayons N[4] en quantité assez grande pour illuminer le sulfure de calcium préalablement insolé ; on ne se rendrait pas compte de cette action sur la matière si la substance astrale n'était pas elle même matérielle.

Forme

La forme habituelle de l'âme sensitive (corps astral) est la forme humaine, mais d'un tiers environ plus petite que l'organisme ; elle peut être changée complètement soit involontairement, soit par l'effet d'une volonté  celle du magnétiseur ou celle du sujet.
Cette modification de forme a été notée pour la première fois par H. Durville, chez qui, au cours d'une expérience, l'âme sensitive d'un sujet a pris l'apparence d'un ours. Pour réaliser et contrôler le phénomène, voici de quelle façon j'opère (j'avertis toutefois le lecteur que les résultats sont plus ou moins probants, suivant les sujets utilisés).  Il convient tout d'abord de demander au sujet quel est l'animal qu'il préfère, car c'est la forme de cet animal qu'il prendra le plus facilement. S'il répond qu'il préfère le chat, on lui demandera de donner à son âme sensitive la forme d'un chat. Sur une table à proximité du sujet, on aura établi un écran vertical, garni de papier blanc, devant lequel on a réservé un espace suffisant ; on prie le sujet de faire asseoir ou coucher cette forme de chat dans l'espace libre mais aussi près que possible de l'écran, et de la maintenir immobile. Alors, à l’aide d'un long crayon toujours tenu perpendiculaire à l'écran, on trace lentement en partant des bords supérieur, gauche et droit du papier, des lignes convergeant vers le centre. Au moment où le crayon touche la forme de l'âme sensitive, l'extrême sensibilité de celle-ci provoque un mouvement réflexe chez le sujet, et l'on arrête la ligne. Quand tout le pourtour est garni de lignes, l'extrémité de celles-ci donne le gabarit du chat. La forme de l'âme sensitive semble aussi se modifier lorsqu'elle est en mouvement, ou plutôt se compléter alors par la formation d'une sorte d'aura lumineuse qui sert peut-être à la protéger contre le choc des obstacles, et qui paraît se composer d'une série de forces circulaires, constituant un champ magnétique et superposée à un champ électrostatique composé lui-même de lignes droites rayonnantes, suivant la théorie du Dr G. Le Bon relative au déplacement, dans l'espace, d'un, corps électrisé.


Organes
L'âme sensitive (corps astral), détentrice de la sensibilité du sujet, comporte en soi, si l'on peut s'exprimer ainsi, un duplicata de tout le système nerveux physique ; elle possède donc, elle aussi, un double de tous les organes de relation et de tous les appareils et systèmes du corps matériel, mais ceux-ci, au lieu d'être, comme dans le double éthérique, de véritables reproductions en substance odique, ne sont chez lui, en quelque sorte, que le support d'une reproduction parfaite du système nerveux. C'est, si l'on peut dire, la neuricité qui forme le substratum subjectif de l'âme sensitive.  Une preuve absolue que l'âme sensitive possède réellement une sorte de duplicata des organes du corps physique, c'est que si, au cours d'une expérience, l'opérateur fait pénétrer sa main dans une partie quelconque de cet élément, le sujet accuse une douleur qu'il localise sans hésitation dans l'organe physique qui a été touché astralement.
De même que l'âme vitale (double éthérique) est réunie au corps physique par un lien d'une nature particulière, de même l'âme sensitive est réunie à l'âme vitale par un lien de substance astrale ; nous avons vu plus haut que le lien astral est beaucoup plus mince et beaucoup plus extensible que le lien vital ; j'ajouterai qu'il est très brillant, qu'en certaines expériences il paraît comme enflammé, et que sa couleur est bleu clair ; de plus, et contrairement au lien vital, il présente des noeuds ou renflements sur sa longueur. Ajoutons que, dans le cas où l'âme vitale est réintégrée au corps physique, c'est sur celui-ci, vers le coeur, qu'aboutit le lien astral.
L'âme sensitive (corps astral) est pourvue, comme je viens de le dire, des organes sensoriels normaux, mais nous verrons plus loin, en étudiant la physiologie de l'âme que leur exercice se fait de façon toute particulière et que leur acuité est différente de celle des organes physiques.
Bien qu'ayant des jambes et des bras  qui ne sont chez elle que rudimentaires et seulement en vue des existences successives ou de son union avec de la substance éthérique  l'âme sensitive (corps astral) ne s'en sert pas, normalement. Sa locomotion, notamment, se fait suivant un mode particulier : elle se meut d'un bloc et généralement en ligne droite vers le point qu'elle veut atteindre. Lorsqu'il lui faut franchir un obstacle, elle s'élève verticalement, puis reprend sa marche en ligne droite. Cependant, ayant la faculté d'interpénétrer la matière, elle peut passer à travers les obstacles interposés.
Quant à sa vitesse de translation, elle est très discutée ; les ingénieurs Matla et Zaalberg van Zelst ont indiqué une vitesse un peu supérieure à celle du son (340 m à la seconde) M. L. Lefranc a trouvé une vitesse variable : 67 mètres à la seconde aux environs du sujet, mais infiniment plus grande à de longues distances, et triplée ou quadruplée au cours du trajet de retour ; personnellement, j'ai trouvé une vitesse comparable à celle de l'électricité, mais sans avoir pu établir de chiffre rigoureux en somme, ces expériences sont à poursuivre.

Eléments physiques
Nous possédons depuis quelques années sur les éléments purement physiques de l'âme sensitive (corps astral), des données d'une certaine valeur documentaire. Deux ingénieurs hollandais, J. L. W. P Matla et G. J. Zaalberg van Zelst ont assujetti cette partie de l'âme, considérée comme un fluide ou gaz ordinaire et soumise aux conditions générales des gaz, à une rigoureuse expérimentation dont ils ont déduit les éléments physiques soit, pour les uns, par expérience directe, soit pour les autres, par des calculs basés sur les données précédemment acquises. Toutefois, comme ils ont agi sur l'âme morte, j'aurai à revenir plus tard, lorsque je publierai l'étude des possibilités de l'âme morte, à la fois sur leur façon de procéder et sur les chiffres qu'ils ont ainsi obtenus, chiffres dont plusieurs ont été critiqués par d'autres expérimentateurs ou physiciens, ou même, controuvés par mes expériences personnelles.
Quoi qu'il en soit, et sous réserve de discussion ultérieure, je donnerai ici les chiffres que sont arrivés à établir ces deux chercheurs, tels qu'ils les ont produits eux-mêmes à la suite de leur expérimentation.
L'âme sensitive constitue un être nettement délimité formé par une substance essentiellement fluidique, pondérable, obéissant aux lois générales qui régissent les gaz.
Le poids de cet être est d'environ 67 grammes[5]. Son volume, tel qu'il a été obtenu est de 52 dm3 5 et, ramené à la pression de 760 et à la température de 0°, de 49 dm3 20.
La pesanteur spécifique de cet être est 12.24 fois moindre que celle de l'hydrogène, et 176.5 fois moindre que celle de l'air.
Le volume de sa masse, obtenu en mesurant l'espace occupé par ses molécules, est de 36 m/m3 70, et le poids de cette masse, dans le vide, est de 360 mg 12.
Sa structure est atomique et ses molécules sont à la fois très petites et très pesantes, c'est leur dilatation qui lui permet de s'élever, et leur contraction de descendre.
La substance dont il se compose obéit aux lois générales qui régissent les gaz, mais, contrairement aux gaz, il possède une force intérieure qui maintient l'attraction réciproque de ses molécules et lui permet d'agir. Ces molécules se meuvent dans les intervalles moléculaires de l'air ( Ou de la substance ambiante). Par suite, sa matière n'est pas séparée de l'atmosphère par une paroi impénétrable à l'air (comme un gaz dans un ballon), mais l'être tout entier est rempli d'air à la même pression que les couches d'air environnantes, il n'a donc, pas tendance à s'élever dans un air plus raréfié : c'est une force mécanique, intérieure à l'être qui, soumise à sa volonté, dilate ou contracte ses molécules.
Ses intervalles moléculaires sont, globalement, 176 fois plus grands que ceux d'un gaz ordinaire.
Cet être peut se déplacer avec une vitesse approximativement égale à celle du son[6]. La force intérieure qui l'anime a un caractère électrique ; d'autre part l'être lui-même est de nature électrique, et bi-polaire ; par suite, il est soumis à l'induction électrique, soit naturelle, soit artificielle, il est, comme conséquence, d'autant plus attiré par la terre, qu'il est plus fortement chargé et induit par la nature.
D'autre part, ces expérimentateurs affirment que l'être en question ne saurait subsister en dehors d'une atmosphère: on verra plus tard, lorsque, dans une édition ultérieure, nous aborderons le détail de leurs conclusions que cette proposition peut être vraie pour l'entité telle qu'ils l'ont étudiée, mais est erronée dans son absolu.
Enfin, ils établissent que l'être  qu'ils appellent l’homme - Force  est capable d'évaluer les dimensions réelles des objets, de distinguer jusqu'aux nuances des couleurs, de lire dans les ténèbres, de voir à travers les corps opaques, de saisir même les pensées, et que toutes perceptions, chez lui, se produisent par des vibrations du tact.
Parmi toutes ces propositions, il en est, la plupart, qui doivent être acceptées, soit parce qu'elles ont été contrôlées, soit parce qu'elles sont conformes à la réalité telle que nous la connaissons; il en est quelques-unes qu'il convient de discuter  ou même de rejeter  parce qu'elles semblent controuvées ; nous verrons, encore une fois, plus tard ce qu'il y a lieu d'en penser.
Quoi qu'il en soit, toutes ces données, établies d'après des expériences faites sur des «âmes mortes », c'est-à-dire dénuées à la fois de leur élément vital et de leur corps matériel  et nous ignorons quelle influence peut avoir sur les conditions physiques de l'âme la destruction de ces deux importants éléments  toutes ces données, dis-je, ont besoin d'être vérifiées sur des « âmes vivantes » avant d'être absolument admises. Un contrôle général de ce genre avait été institué en 1913, mais les expériences en ont été interrompues par le trouble de l'état de guerre et nous ignorons encore les résultats qu'il a donnés C'est pourquoi je présente ici ces résultats tels qu'ils ont été acquis par ces deux ingénieurs, mais sous réserve d'une discussion qui sera établie quand je pourrai publier mes études personnelles sur l'âme morte.

Propriétés physiques

Comme nous venons de le voir l'âme sensitive produit des radiations illuminant le sulfure de calcium préalablement insolé.
Elle émane, de plus, une luminosité propre qui constitue une partie des lohées dont il a été parlé au cours de l'étude des propriétés physiques de l'âme vitale ; par conséquent ces radiations sont également soumises aux lois de la réfraction et de la polarisation.
La substance astrale passe à travers tous les écrans et interpénètre la matière.
Elle est insoluble dans l'eau pure, qui n'a aucune action sur elle, et elle ne se dissout que dans certaines eaux médicamenteuses encore mal étudiées ; par suite, elle peut traverser sans difficulté un écran de toile mouillée.
L'âme sensitive (corps astral) possède à la fois énergie de volume et énergie de forme. L'énergie de forme y est plus considérable que dans l'âme vitale, puisque non seulement sa taille peut être modifiée, mais encore sa forme peut être totalement changée sous l'empire de la volonté.
Par elle-même, l'âme sensitive est sans aucune action sur la matière, elle n'est, sauf pour les sensitifs, ni visible, ni audible, ni tangible ; mais sa substance peut très facilement se combiner avec la substance éthérique qui lui communique alors toutes ces propriétés. Cette faculté s'exerce de la façon la plus étendue, et la combinaison peut se faire non seulement avec l'âme vitale qui lui est propre, mais encore avec n'importe quelle autre, pouvant, dans son voisinage, s'extérioriser de son propre sarcosôme. Il en résulte que, près de son organisme physique, l'âme sensitive utilise sa propre âme vitale pour agir sur la matière et que, loin de celui-ci, dont l'âme vitale ne peut pas elle-même s'éloigner à plus de quelques mètres, elle peut s'assimiler, pour atteindre le même résultat, la force-substance éthérique constituant l'âme vitale d'un autre individu.
La lumière n'influe en rien sur la sensibilité de l'âme sensitive, laquelle reste égale à elle-même sur toutes ses parties, qu'elles soient éclairées ou ombrées.
Le vide, enfin semble attirer violemment la substance astrale, comme on l'a vu plus haut.

Propriétés chimiques
Nous ne connaissons encore que peu de chose des réactions chimiques auxquelles peut donner lieu la substance de l'âme sensitive ; elles paraissent généralement nulles puisque, d'une part cette substance est, sauf celle qu'elle exerce sur le sulfure de calcium, sans influence connue sur la matière, et que, d'autre part, lorsque, dans les cas de photographie, elle réduit les sels d'argent, cet effet semble provenir de la substance éthérique à laquelle elle est alliée, plutôt que d'elle-même.

 

C.  Ame intelligente (corps mental)

Substance
Nous ignorons quelle est la substance de l'âme intelligente ; nous savons seulement qu'elle se compose d'un fluide des plus subtils, mais qui est néanmoins matériel, bien que d'une matière d'extrême ténuité ; en effet, la physiologie nous apprend que le travail de la pensée, c'est-à-dire l'action du corps mental sur le cerveau se traduit par une destruction de cellules cérébrales, ce qu'il serait impossible d'expliquer si la substance mentale n'était au moins quelque peu matérielle ; d'un autre côté le phénomène de la suggestion purement mentale (transmission de pensée) dont la réalité est maintenant hors de conteste, bien que la théorie explicative n'en soit pas encore absolument assise, suppose fatalement quelque matérialité dans la pensée, c'est-à-dire dans la substance du corps mental[7]. Enfin, son action sur les sels d'argent, assez vive, montre que la substance mentale est loin de l'immatérialité absolue.

Forme
Alors que l'âme vitale présente toujours la forme humaine et que l'âme sensitive la possède le plus habituellement, l'âme intelligente (corps mental) n'a pas de forme propre. Elle constitue une sorte d'aura qui enveloppe complètement l'être humain et qui, par suite, revêt une apparence ovoïdale ou ellipsoïdale assez oblongue dont le grand diamètre est vertical.
Elle est diversement colorée, comme nous le verrons tout à l'heure ; vers les pieds, sa coloration est assez effacée, mais devient plus vive en s'élevant, et enfin produit autour de la tête une sorte de sphère lumineuse à contours indécis et s'estompant sur les bords. Je ne connais pas de photographie représentant de façon complète l'ensemble de l'aura constituée par l'âme intelligente ; mais cette sphère lumineuse supérieure a été fixée sur une infinité de clichés, notamment par le Dr Baraduc, de Paris, qui, la voyant toujours circonscrire le cerveau, lui a donné dès le principe, par intuition, le nom caractéristique de boule mentale. Quant au surplus de l'âme intelligente, on ne l'a encore photographié que partiellement.

Organes
La forme, ou plutôt l'absence de forme définie de l'âme intelligente, interdit de penser qu'elle puisse posséder des organes comparables à ceux du corps matériel et des deux âmes fluidiques inférieures ; mais il doit y avoir, chez elle, à cet égard, quelque chose d'analogue aux localisations cérébrales dans l'organisme physique, c'est-à-dire que chaque organe, successivement matériel, puis éthérique, et enfin astral, doit avoir en elle son point d'aboutissement. Mais quelque rationnelle que soit cette hypothèse ce n'est qu'une hypothèse dont l'expérimentation n'a pas encore démontré le bien-fondé.
De même, pour la façon dont l'âme intelligente est reliée aux éléments inférieurs de l'être, on a été longtemps à ne pouvoir faire qu'une hypothèse qui est celle-ci : l'âme intelligente doit être réunie à l'âme sensitive d'une façon analogue à celle qui unit cette dernière à l'âme vitale et celle-ci au corps physique : il doit exister entre elles une sorte de lien fluidique ; malheureusement les circonstances où s'est passée la seule extériorisation expérimentale de cet élément  circonstances détaillées plus haut  n'avaient pas permis d'élucider ce point ; au contraire, comme je l'ai indiqué alors, l'accès de folie furieuse que détermina la séparation de l'âme intelligente et de l'âme sensitive semblerait une raison pour conclure à l'absence de tout lien entre ces deux éléments ; malgré tout, il paraissait bien impossible qu'il n'y eût entre eux quelque moyen de communication lorsqu'ils sont séparés. Les choses en étaient là lorsque je pus enfin arriver à extérioriser l'âme intelligente de l'âme sensitive. La première extériorisation, faite par la gauche, amena des accidents  suites de la lésion de la boule mentale  qui ne me permirent pas d'étudier la nature ou même l'existence du lien dans ce cas particulier ; mais ensuite, lorsque j'effectuai l’extériorisation par le haut, les affirmations du sujet d'expériences, corroborées ensuite par celles du sujet témoin, furent très nettes : de chaque côté de l'âme sensitive se détachent des appendices en forme d'ailes très légères  une sorte de gaze diaphane et subtile, selon leur expression  qui se rapprochent au-dessus de sa tête, jusqu'au point où ils touchent, vers le bas, l'aura constituant l'âme intelligente : tel est le lien unissant ces deux âmes l'une à l'autre. Mais pourquoi est-il double ? Et le rôle des deux « ailes » est-il semblable, ou bien forment-elles une sorte de circuit, partie ascendant et partie descendant entre l'âme sensitive et l'âme intelligente ? Ce sont là encore des questions sans réponse et qui ne pourront être solutionnées que par l'expérimentation ultérieure.

Propriétés
Les réactions de l'âme intelligente (corps mental) sont de deux sortes : celles qu'il produit sur soi-même et celles qui affectent son ambiance.
Celles qu'il produit sur lui-même sont de nature toute particulière, nous le savons très diversement et très variablement coloré, et ses colorations paraissent bien provenir de ses pensées et de ses sentiments du moment. On a déjà publié des gammes de couleurs répondant aux sentiments, mais les rapports psychochromatiques sont encore peu connus  au moins d'une façon assurée  dans leurs détails. Toutefois la règle d'ensemble qui les domine semble suffisamment assise par l'expérience courante et peut se résumer en trois points :
1° Tout sentiment élevé produit une coloration bleue ou tirant sur le bleu.
2° Tout sentiment neutre ou indifférent produit unes coloration grise ou brun clair.
3° Tout sentiment bas et mauvais produit une coloration rouge ou tirant sur le rouge.
Des réactions du corps mental sur l'extérieur, nous ne savons rien, sinon qu'il a la propriété de réduire les sels d'argent, puisque la « boule mentale » a été maintes fois photographiée.
Il est toutefois indéniable qu'il exerce une certaine influence autour de lui ; nous n'avons, pour en être assuré, qu'à examiner ses rapports avec le corps physique où nous voyons les sentiments de frayeur agir sur l'intestin et les sentiments de joie influer sur les mouvements du coeur, etc.

 

D.  Les autres âmes

L'âme causale (corps causal) a été maintes fois isolée au cours de mes expériences de dissection analytique, mais sous une forme qui semble un peu différente de celle qu'amène la dissection synthétique, bien que les sujets affirment avec la dernière énergie qu'il s'agit bien du même élément. Cela tient à ce que je n’aie pu encore obtenir cette isolation avec toute la netteté de vision désirable.
Dans ces conditions, il m'a été impossible jusqu'à présent de savoir par quel procédé, par quel genre de lien cette âme est réunie à l'âme intelligente dont elle est extériorisée. Il semble bien, toutefois, qu'on puisse être assuré de l'existence d'un lien quelconque entre ces deux âmes, surtout si l'on se réfère à ce qui se passe pour les autres âmes jusqu'à ce jour isolées, qui, toutes, sont reliées à l'âme immédiatement inférieure au sarcosôme pour l'âme vitale et à l'âme immédiatement supérieure, par un organe fluidique de communication  découvrir la forme et le fonctionnement de ce lien de l'âme causale sera donc l'oeuvre de l'expérimentation prochaine.
L'âme causale (mémoire et volonté) ainsi que les éléments supérieurs de l'âme totale (âmes morale, intuitive et conscientielle) n'ayant d'action sur le corps physique et sur l'ambiance matérielle qu'au moyen et par l'intermédiaire des trois âmes dont il vient d'être question (âmes vitale, sensitive et intelligente) et se rattachant à l'esprit, leur étude ressortit non plus à la psychologie expérimentale mais à la psychologie pure et à la métaphysique ; nous n'aurions plus rien à en dire ici, puisque nous avons établi plus haut leurs formes et leurs fonctions, s'il ne nous fallait aborder une question spéciale qui va nous montrer l'existence d'une nouvelle faculté physique dans toutes les âmes particularisées, celle d'émettre une lumière spéciale à chacune d'elles et différente de la lumière émise par les autres. Dans son ouvrage capital L'âme humaine, ses mouvements, ses lumières et l'iconographie de l'invisible fluidique[8]. Le Dr H. Baraduc (de Paris) établit que l'âme produit sept lumières différentes, qu'il a captées par certains procédés photographiques et qu'il appelle :

  1. Psychextase, caractérisée par une perle à un rayon et émanant de l'esprit ;
  2. Psychaor, caractérisé par une perle étoilée à quatre rayons et émanant d'un des quatre souffles de l'esprit ;
  3. Psychob, caractérisé par une perle sans rayon et émanant d'un des quatre souffles de l'esprit ;
  4. Aor, caractérisé par une perle noire et émanant d'un des quatre souffles de l'esprit ;
  5. Psychicone, caractérisée par des images fluidiques et émanant d'un des quatre souffles de l'esprit ;
  6. Od, caractérisé par une nuée (aspir de l'âme) et émanant de la Force vitale ;
  7. Ob, caractérisé par une nuée (expir de l'âme) et émanant de la Force cohésive.

Il est arrivé, mais par induction et hypothétiquement, à faire correspondre ces sept lumières, successivement et en suivant l'ordre ci-dessus, à certains éléments plus ou moins fluidiques, qu'il appelle :  l'Esprit divin  l'Esprit angélique  l'âme spiritique  l'âme humaine  l'âme physique  la Vitalité  et enfin l'affinité moléculaire.
En ce qui me concerne, je suis parvenu à la perception directe et à l'individualisation visuelle des divers élément de l'âme : c'est dire que je donne la prééminence, sans conteste possible, à une théorie issue de l'expérimentation sur une théorie purement spéculative.
D'autre part, non seulement l'ouvrage ci-dessus cité renferme une soixantaine de planches établissant l'objectivité de chaque lumière, mais encore, j'ai vu, chez le Dr Baraduc et étudié avec lui, des milliers de clichés établis dans le même sens, et j'ai discuté avec lui ses théories, malheureusement avant que j'ai moi-même poursuivi toutes mes expériences lesquelles n'ont abouti, que des années après sa mort, à l'établissement des sept éléments de l'âme.
Or, tant de l'examen de ces innombrables clichés photographiques que des conversations que j'ai eues avec leur auteur, il résulte pour moi la certitude de l'objectivité de ces sept lumières, sous les réserves suivantes :
Les quatre lumières supérieures me paraissent bien correspondre à la réalité des faits ;
La lumière intermédiaire, caractérisée par des images fluidiques me semble quelque peu vague. Il me souvient même de lui avoir présenté à cet égard quelques objections qui lui ont paru fondées.
Il regarde la lumière Ob comme produite par l'organisme matériel, alors qu'il est vraisemblable que le corps physique ne puisse produire que de la lumière physique.
Enfin, je n'ai jamais pu comprendre  quoiqu'il ait bien voulu me l'expliquer  pour quel motif il séparait par la psychicone les trois lumières od, ob et aor qui représentent les divers degrés d'un ensemble[9]. Le système des lumières différenciées me paraissant reposer, à part les réserves exprimées plus haut, sur des bases pratiques très sérieuses, comment peut-il s'adapter à la théorie expérimentale des sept éléments de l'âme que je présente en ces pages ?
Voici, me semble-t-il, de quelle façon cette adaptation pourrait se faire.
L'esprit, comme je l'ai dit plus haut, n'a pas encore été atteint par l'expérimentation proprement dite ; mais, il a été vu par mes sujets sous l'apparence d'une flamme très douce de forte lampe, présentant des facettes lumineuses. Rien ne s'oppose donc à ce que nous lui attribuions la lumière caractérisée par les perles à un rayon.
Par suite, l'âme conscientielle serait la source de la lumière : perles étoilées à quatre rayons. L'âme intuitive produirait la lumière : perle sans rayons. Et l'âme morale émanerait la lumière : perles noires. A l'âme causale et à l'âme intelligente appartiendrait la lumière suivante : psychicones et images fluidiques encore mal définies et qu'il y aurait lieu de séparer et de différencier.
Enfin, aux deux âmes les plus proches de la matérialité seraient attribuées les trois modalités de la lumière selon le système de la kabalah : A l'âme sensitive (corps astral) correspondrait l'aor. A chacun des deux côtés de l'âme vitale[10] (double éthérique) se rapporteraient l'ob et l'od.
Il est évident que tout ceci ne constitue qu'une hypothèse dont l'ensemble et les détails restent à vérifier, mais une hypothèse en somme très acceptable, puisque ses bases se trouvent dans les travaux du Dr Baraduc ; ne m'occupant pas de la photographie de l'invisible, je me borne à présenter cette théorie aux recherches des techniciens.

[1] Parmi les chercheurs qui ont le plus expérimenté sur la série des âmes fluidiques inférieures parmi celles dont se compose l'âme humaine totale, je citerai M. L. Lefranc de qui les travaux à cet égard ont été publiés dans le Monde Psychique (années 1911-1912). C'est sur ces travaux, principalement, que va être basée l'étude qui suit, en en modifiant le résultat, dans certains cas, par celui des découvertes plus récentes.

[2]C'est le commandant Darget qui fit pour la première fois cette curieuse expérience à laquelle il fut amené par hasard. J'ai reproduit dans un autre ouvrage (Méthode de dédoublement personnel, 1 vol. in-8, Paris, 1913) la photographie qui en fut alors prise.

[3]Je prie le lecteur de me bien comprendre: je parle ici de la substance de l'âme vitale (double éthérique), qui ne peut pénétrer à travers un écran solide, alors que, au contraire, les intervalles moléculaires des corps solides sont pénétrés par l'éther cosmique, c'est-à-dire par l'attirer pur de toute condensation ou modification atomique ou moléculaire, et par l'od isolé.

[4] Accueillis d'abord avec une faveur inconsidérée, déniés ensuite avec passion, les rayons N, sans être aussi communs que le pensaient MM. Blondlot et Charpentier, ont cependant leur existence propre, qui ressort de certaines de nos expériences  notamment de celles du commandant Darget qui les appelle rayons V et sera généralement admise dans l'avenir.

[5] Ce chiffre, obtenu par les opérations faites sur une seule entité, répond assez à celui du poids moyen (environ 60 gr.) obtenu par le Dr Duncan après expériences sur un certain nombre d'entités.

[6]337 m. 20 dans l'air à 10° ; mais, comme on vient de le voir, le chiffre donné par Matla et Zaalberg est controuvé par mes expériences personnelles.

[7] J'ai montré ailleurs que la théorie de la transmission de pensée est identiquement la même que celle de la télégraphie sans fil: émission d'ondes matérielles captées par un instrument récepteur en quelque sorte harmonisé avec l'instrument émetteur.

[8]Un vol. in-8, Paris, 1890.

[9] Dans le système de la Kabalah juive, od est la lumière positive, ob la lumière négative, et aor ou aour la lumière neutre, absolue, résultant de la combinaison des deux précédentes.

[10] Le rôle de chacun de ces côtés étant très différent, il est logique de penser qu'ils doivent émaner des lumières distinctes.

 

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