Le Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec


Chapitre VII - Physiologie de l'âme

Comme nous l'avons fait au chapitre précédent, nous allons ici prendre à part et successivement chacun des éléments constitutifs de l'âme et étudier isolément sa physiologie spéciale.

 

A.  Ame vitale (double éthérique)

Nous savons qu'un des principaux rôles de l'âme vitale est morphogène, ce qui s'explique de soi: puisque les cellules du sarcosôme se multiplient en quelque sorte à l'infini dans l'être, elles doivent avoir tendance à déborder sa forme normale et, par suite, à la modifier ; mais cette forme est sauvegardée par l'âme vitale en dehors de qui les cellules ne peuvent vivre ; l'âme vitale peut donc être considérée comme le moule absolu du corps physique. Il se passe alors, pour les cellules vivantes, un phénomène en tout point semblable à celui du développement des madrépores dans la mer: ceux-ci, ne pouvant subsister à l'air, arrêtant leurs agglomérations pierreuses à la limite supérieure des eaux.
Nous n'insisterons pas davantage sur cette morphogénie de l'âme dont nous avons déjà eu l'occasion de parler[1].
On a vu plus haut que l'âme vitale (double éthérique) comporte en soi le double exact de tous les organes, appareils et systèmes du corps physique ; les organes éthériques sont toujours dans le même état que les organes matériels, sains et normaux si ceux-ci sont sains et normaux, déformés et lésés si tel est l'état des organes sarcosômatiques, au point qu'on a pu, à ma connaissance directe, soigner par des passes magnétiques un poumon éthérique tuberculeux, ce qui amena une réaction favorable sur le poumon correspondant du corps physique. En un mot, les deux ordres d'organes se correspondent si parfaitement que l'on peut, à l'aide d'un amplificateur de sons, percevoir les battements du coeur dans une âme vitale extériorisée du sujet. Cependant elle peut présenter, physiologiquement, des phénomènes qui lui sont propres et dont voici quelques exemples.
On a vu que les agents extérieurs, lumière, électricité, etc., amènent chez elle des mouvements réflexes destinés à la soustraire à l'action de ces agents ; mais lorsque ses efforts sont impuissants et que cette action est continue, elle amène une sorte de paralysie momentanée des mouvements.
La lumière colorée agit diversement sur l'âme vitale : toutes les couleurs d'un côté du spectre lumineux (violet, indigo, bleu) déterminent chez elle une sensation de bien-être et d'attraction ; les couleurs de l'autre côté produisent des sensations opposées, et le rouge vif surtout lui est insupportable. Je me souviens notamment qu'une fois, ayant placé la tête d'un sujet dans un bain de lumière incarnat, ce sujet s'est tordu sur son siège en poussant des cris : « Mais je brûle !... Je brûle ! ...»  Cependant la sensibilité de l'âme vitale (double éthérique) est amoindrie lorsqu'on projette une couleur quelconque sur toute sa surface.
Il en est de même quand on la place dans un milieu chaud ; par contre, le froid produit chez elle une augmentation de sensibilité qui peut aller jusqu'à la douleur. Certains métaux, surtout l'or, le mercure, l'argent et l’étain, exagèrent sa sensibilité de telle façon qu'il peut y avoir, désorganisation de la substance éthérique. D'autres, tels que le cuivre (rouge), le laiton, le nickel, le fer, diminuent sa sensibilité.
De même, certaines substances (l'os, le collodion, etc.) produisent sur elle une augmentation de sensibilité, alors que d'autres sont neutres ou amènent un résultat contraire.

L'action chimique des corps sur l'âme vitale, présente, au point de vue physiologique, beaucoup d'analogie avec celle de la lumière colorée : un corps alcalin amènera une diminution de la sensibilité et une sensation de plaisir ; un corps acide, au contraire, produira la réaction suivante : augmentation de sensibilité et sensation de douleur.

 

B.  Ame sensitive (corps astral)

Comme le double éthérique, l'âme sensitive ou corps astral possède une correspondance des organes matériels, ainsi que cela a été exposé ailleurs. Ainsi s'explique, et bien mieux que par la théorie de l'école (souvenir des sensations propres au système nerveux) le phénomène des sensations éprouvées par les mutilés dans un membre depuis longtemps amputé : l'ablation du membre matériel n'a pas amené l'ablation du membre astral, et celui-ci conserve toute sa sensibilité dont les impressions se communiquent au système sensoriel physique comme nous l'avons déjà indiqué ailleurs[2]. Contrairement aux organes éthériques qui sont intimement liés aux organes physiques et sont affectés par leur état, les organes astraux vivent en quelque sorte de leur vie propre, et sont, au moins généralement, dans un état idéalement normal. Ils peuvent être, à la vérité affectés par l'état valétudinaire du sarcosôme, mais ils ont aussi leurs maladies propres  par exemple le cancer  qui se répercutent sur le corps physique où elles suivent leur évolution, mais où elles ne débutent qu'en cas de communication directe (contamination du sang par des germes pathogènes, etc.)
Donc, le corps astral possède aussi des organes sensoriels comme le double éthérique et le sarcosôme mais la sensibilité propre de cas organes, outre qu'elle est infiniment plus développée que dans le double éthérique et que  surtout  dans le corps physique, s'exerce d'une façon particulière, c'est-à-dire sans être bornée à l'organe lui-même. C'est ainsi que, par exemple, la vision et l'audition ne sont pas limitées à l'organe sensoriel propre, mais peuvent s'exercer par des points visuels et auditifs distribués à la surface de l'âme sensitive (corps astral), parmi lesquels quelques-uns, semble-t-il, à la volonté du sujet.
L'oeil astral perçoit non seulement les couleurs simples du spectre, mais encore les radiations ultra violettes et infra-rouges jusqu'au 5 et, dans les nuances composées, il distingue les couleurs primordiales. Son champ visuel est, en outre, plus étendu que celui de l'oeil physique.
Pour l'ouïe, le sens astral est infiniment plus développé que le sens physique ; alors que celui-ci, au-delà et en deçà des sept octaves du piano, ne perçoit plus que des bruits qu'il ne peut analyser, l'oreille astrale possède la faculté de percevoir et d'analyser les sons de soixante-deux octaves ; à ce degré, il est évident que les quatre milliards et demi de milliards de vibrations qu'on atteint à la seconde ne sont plus ni du son, ni de l'électricité, ni de la chaleur, ni de la lumière, ni des rayons  X ni, en un mot, quoique ce soit de connu: et cependant l'âme sensitive les perçoit.
Il convient de dire que chez elle tous les sens semblent réunis en un seul qui, outre les cinq sens normaux en comporte d'autres inconnus de l'organisme humain : tel celui qui lui fait percevoir le magnétisme minéral dont le pôle + l'attire et le pôle - la repousse. En ce qui concerne l'ouïe proprement dite, l'âme sensitive analyse facilement les sons de quatorze octaves.
De plus, et à l'appui de ce qui vient d'être dit de la réunion de tous les sens en un seul, chez elle, l'audition est colorée ; voici, d'après les expériences de M. L. Lefranc, les rapports de cette coloration  ut, jaune  ut dièse, vert  ré, bleu verdâtre  ré dièse, bleu  mi, indigo  fa et fa dièse, deux nuancés différentes de violet  sol, sol dièse, la et la dièse, quatre nuances différentes de rouge.
Les sensations tactiles, très affinées dans l'âme sensitive se distinguent très nettement pour elle, en contact, pression et douleur ; elle localise plus aisément que le corps physique l'endroit de la sensation. Elle apprécie, bien mieux que le corps physique, une différence de quelques grammes ou de quelques millimètres.
Enfin, le contact de certaines substances est sans action sur elle ; d'autres provoquent des réactions physiologiques plus ou moins intenses ; par exemple, l'étain exagère sa sensibilité ; l'or provoque une sensation de brûlure que calment le diamant ou l'étain, etc.

 

C.  Ame intelligente (corps mental)

Les recherches faites jusqu'à ce jour au sujet de la physiologie de l'âme intelligente n'ont donné, que je sache, aucun résultat non pas, comme on pourrait le croire, parce qu'elle manque d'organes, puisque nous ayons vu ailleurs qu'elle doit logiquement comporter en soi l'aboutissement nécessaire des organes matériels qui trouvent leur correspondance intermédiaire dans l'âme vitale (double éthérique) et dans l'âme sensitive (corps astral) mais parce que la substance mentale a jusqu'à présent échappé à notre analyse. Il ne faut pas en conclure que la physiologie mentale n'existe pas, et ce serait se tromper lourdement que de produire une telle assertion au contraire, l'étude des rapports entre le physique et le moral de l'homme nous prouve qu'il doit exister, pour l'âme intelligente une physiologie très délicate, la réaction des sentiments de joie, de colère, de frayeur, etc., sur l'organisme physique nous le démontre à l'évidence mais une telle expérimentation est encore à établir de toutes pièces, et en ce moment, nous en sommes réduits aux hypothèses à cet égard.
Or je n'ai pas voulu écrire ici un livre d'hypothèses et je préfère renvoyer à une ultérieure édition de cet ouvrage l'exposé de la physiologie mentale.
En ce qui concerne les éléments supérieurs de l'âme (âmes causale, morale, intuitive et conscientielle) qui sont plutôt du ressort de l'esprit et qui n'ont d'action sur le sarcosôme que par l'intermédiaire des trois âmes inférieures, il est très vraisemblable qu'elles ne présentent aucun phénomène physiologique propre ; nous n'en dirons donc rien ici sauf un détail qui m'a été donné par mes sujets, concernant les liens en forme d'ailes qui unissent l'âme intelligente avec l'âme causale : ces « ailes » sont constituées par une série de rubans  suivant leur expression  au moyen desquels surtout s'opère la communication entre les deux âmes.

 

[1] V. le chap. Biologie organique de l'âme.

[2] V. le chap. Biologie organique de l'âme.

 

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