Visites de l’âme dans l’espace

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Visites de l’âme dans l’espace

Ce mois-ci, nous vous présentons la suite des visites de l’âme dans l’espace En janvier 1909, à Lyon, trois dames, appartenant au groupe Allan Kardec, 13 rue de l’Alma, Mme Ambroisine Dayt, Mme Stephen Vire et Melle Claire Monin créent un journal spirite. Il est mensuel et gratuit. Il s’intitule Source de Vie Éternelle, bulletin des Invisibles à leurs frères terriens. Ce journal contient uniquement des articles reçus par voie médiumnique.

Les auteurs spirituels affirmaient appartenir à une Société Spirite de l'Espace qui avait pour tâche de propager les connaissances spirituelles. On y trouve notamment dans une cinquantaine de récits de la médium Stephen Vire hors de son corps.

Le 26ème voyage

Je sais bien que le but de mes voyages dans l'immensité est l'instruction, mais je me demande pourquoi je ne m'en souviens pas et pourquoi j'ai besoin qu'un frère ou une sœur reçoive, sous ma dictée, la description des choses que ma vue perçoit, des réflexions que je fais et des enseignements que l'on me donne. Il me semble qu'il serait plus simple que j'en garde le souvenir et que je le redise à mes frères. Il est vrai que dans le récit que j'en ferais la mémoire pourrait me faire défaut et que j'en pourrais oublier quelque fait... mais il me semble aussi que ce souvenir me serait bienfaisant puisque, sur la Terre, je pourrais conserver la vue des beautés qui me transportent de joie dans mes envolées.     .
- Il n'en peut être ainsi, me dit-on, car tes joies étant personnelles t'amèneraient à oublier ta tâche et à fuir la Terre. Or, chacun de nous en a une à remplir ! La tienne, en ces envolées, est celle qu'il te reste à accomplir sur la Terre. Elle est la conti­nuation de tes réparations et elle marqué la fin de ta carrière. Nous te l'avons dit, c'est avec acharnement que, dans le passé, tu as combattu la lumière, et aujour­d'hui, c'est avec l'ardeur que tu as mise à l'étouffer que tu dois la répandre. Dans ce but, et pour le faire plus grandement, tu as fondé l'école philosophique où, librement, tu peux faire connaître les enseignements qui te sont donnés par voie médiumnique, travail qui t'a amenée à aller dans l'espace pour y puiser la lumière. Ainsi, mon enfant, s'est continué le développement de tes facultés qui est complet maintenant, et, au lieu de prêter ton corps à l'Esprit qui venait t'enseigner, c'est ton âme qui, quittant aussi facilement son corps que tu quittes un vêtement, va puiser elle-même ces enseigne­ments dans l'espace. En cela est la récompense des efforts auxquels tu t'es prêtée.
L'oubli des belles choses que révèle l'immensité, et l'obligation de la quitter sont un sacrifice qu'accepte l'Esprit qui comprend qu'en cela est, pour lui un moyen de progresser. L'étude qu'il fait au sein de la nature quand elle est vierge de tout effort humain le grandit ! Et, quand il est, dans l'espace à l'état désincarné, tout a un langage pour lui, tout lui exprime un sentiment ! Le bois, la pierre, la feuille, la terre, l'eau semblent tous répondre aux questions qu'il se pose.
Si ces révélations lui sont données, c'est que, lorsque sa pensée se porte sur un objet, elle va dans l'immensité et fait inconsciemment appel aux Esprits avancés, désireux de l'aider et qui, quand il contemple un brin de mousse, font qu'elle semble lui dire : je suis créée par celui qui t'a donné la vie !... Nous avons tous un même Créateur, Sa main divine m'a ordonné de revêtir la pierre. Je vais donc de pierre en pierre jusqu'à ce que je trouve la place qui me convient. Lorsque je l'ai trouvée, j'y séjourne un temps de... une saison, par exemple... Je me sème à volonté ! Un coup de vent suffit pour transporter ma graine qui, étant une parcelle de moi-même, possède une parcelle de mon intelligence et s'arrête où il lui plaît. Et c'est pourquoi l'eau des rivières, la pierre, l'arbre, la feuille, enfin tout ce, qui vit semble répondre à celui qui se pose une interrogation. Mais ces réponses que se font les Esprits avancés, l'Esprit peut se les faire lui-même car, pouvant chercher dans son passé, il peut recouvrer le souvenir du temps où il fut mousse, pierre, eau, puisqu'il s'est développé dans tous les règnes de la nature. Son passé lui dira qu'il a été l'arbuste en sa hardiesse, la branche en sa souplesse, la feuille en sa légèreté... qu'il a été l'herbe du fossé comme la mousse en sa prévoyance et la pierre en sa dureté... Il lui dira qu'il a été l'eau limpide et pure du rocher et l'eau stagnante et fétide du marais... Qu'il a été l'oiseau au chant mélodieux et la vipère capricieuse qui lance son dard sur l'un et en préserve un autre... Qu'il a été le grain de sable de la mer et aussi le ver de la terre. Son passé lui dira qu'il a possédé l'aile de l'hirondelle légère, qu'il a été tout ce qui vit, tout ce qui se meut, du plus petit insecte au plus gros animal !... Du doux mouton au vampire des forêts ! Du crapaud dans le pré, à la sauterelle légère et que, cri-cri dans le bois, il a fait appel aux amoureux !... qu'enfin, avant d'être humanisé, il a été loup, renard, ours, chamois, biche légère ou singe des bois !
Et puis, qu'importe ce qu'il a été ! Puisque, sorti de si bas, il est monté si haut ! Cette gradation n'est-elle pas majestueuse !... Qu'y trouvent à redire la fourmi, le moustique, l'éléphant ou le tigre ?... Et qu'y peut trouver à redire l'Esprit qui a compris ?... Oh, rien ! Il ne peut que se dire : Aujourd'hui, je suis un être humain ! De mon regard, je puis suivre les longues étapes que j'ai parcourues !...En toutes j'ai progressé !... En toutes, j'ai acquis ! Aujourd'hui je ne m'arrêterai pas en ma marche ascendante mais je la continuerai, car devant moi s'ouvrent des horizons splendides, sublimes !... La nature me donne le spectacle des demeures grandioses qui seront ma demeure quand, dépouillé des hontes de la Terre, dépouillé de mes vices et de mes viles ambitions : j'aspirerai les rayonnements de l'esprit, les élans du coeur et les amours profonds qui font que, radieuse en ses dévoilements et en ses efforts constants, l'âme reçoit les inspirations que l'amour seul enfante et qui rapprochent de Dieu.
Oui, je continuerai ma marche ascendante ! Ma voie est tracée devant moi. Je la connais. En lettres d'or, en lettres ineffaçables ses sentiers me sont indiqués ! Ils ont pour nom : « Amour !  Justice ! Devoir ! Travail ! Soutien ! » Au plus faible, au plus petit ! Respect, amour pour tous ! Oh, respect, amour, reconnaissance à ces Esprits d’amour qui nous font connaître ta loi, ô mon Dieu, et nous facilitent le moyen de la suivre ! Quels professeurs pourraient nous enseigner ta loi, la loi de l'esprit, la loi spirituelle, en dehors de ceux qui se sont élevés par leurs efforts et ont appris à con­naître ce qui, dans l'espace, fait grand et puissant dans l'humilité.  Quel nombre de siècles nous faudra-t-il, ô mon Dieu, pour arriver à Toi ! Je ne puis le savoir. Mais ce que je sais, c'est que ta tendresse prépare tout ce qui stimule l'esprit, le porte à l'étude, à la recherche, lui en donne l'ardeur pour l'illuminer du rayon de lumière dans lequel il puise les conceptions nouvelles qui le transportent !
Ce que je sais, c'est que chaque jour me rapproche de toi, car mon regard sur mon passé me le prouve. Qu'importe donc la mesure du temps qu'il me faudra pour arriver à Toi puisque je sais que cette heure sonnera, et je le sais sans doute aucun, puisque je connais ta loi et qu'ainsi je te possède en moi.
Mais voyons, où me suis-je logée ? Ah ! Je suis étendue sur l'herbe tendre comme l'est dans son berceau l'enfant qui vient de naître... Mais j'ai la force de me relever, ce à quoi m'invite le chant de l’oiseau qui vole au-dessus de ma tête... Tout ce que je viens d'entrevoir et d'entendre est bien réel et non le fait du rêve car, je le sais bien, l'Esprit ne rêve pas, et je suis bien en état d'Esprit puisque je viens de quitter mon corps pour faire mon envolée dans l'immensité. Comme je suis paresseuse aujourd’hui ! Ai-je perdu mon agilité ou bien serais-je abandonnée ?...
Oh, quel mot ! Comment puis-je le prononcer ?... Je le retire, parce qu'il émet un doute sur la bonté de Dieu ! N'est-il pas dit celui qui me désire, me possède ! Moi, je désire plaire à Dieu et je ne veux rien faire de contradictoire à sa loi, car Dieu est mon Père ! Dieu m'a donné un guide et si je ne le vois pas, c'est que ma vue est bornée... Mais, je le sais, il est à mes côtés ! Comme je parlais ainsi, j'entendis ces paroles :
- Que fais-tu de ton passeport ?
Je l'oubliais, en effet, et je l'oublie souvent... mais aussi, pourquoi ma vue a-t-elle si peu d'étendue ?...
- Parce que tu ne l'as pas mérité, continua la voix qui se faisait entendre.
Mon passeport faisant lumière tout à l'entour, j'aperçus mon guide et mon petit camarade placés sur une branche au-dessus de ma tête : ils conversaient sans que je les entendisse.... Ils riaient de ma surprise... Je fus bientôt près d'eux. J'entendis alors un bruit semblable à celui des feuilles sèches que l'on brise sous ses pas et, regardant, je vis une troupe d'Esprits à la tête desquels se trouvait mon ami le savant, qui me dit en riant :
- Depuis ton départ de la Terre, je fais des efforts inouïs pour t'amener des frères égarés qui recherchent ceux de leurs parents, trépassés de­puis longtemps.
- A qui avez-vous demandé l'aide dont vous avez besoin pour les rencontrer, dis-je à l'un d'eux.
- A qui ? Mais à aucun ! Oh, indiquez-nous celui qui peut nous renseigner...
- En tout besoin, frère, c'est à Dieu qu'il faut s'adresser.
- Comment ? Vous, vous croyez à Dieu ! Moi, j'en ai toujours considéré l'idée comme celle d'une fable inventée à plaisir.
- Ce frère est un sans Dieu ! Pensai-je et je m'adressai à d'autres qui, honteux, baissaient la tête, n'osant m'avouer qu'eux-mêmes ne croyaient point à Dieu... La similitude de leurs fluides les avait réunis. Tous étaient des sans Dieu.
- Qu'avez-vous rencontré en vos recherches, leur dis-je ?
- Rien que des pierres, des arbres, des forêts, et ceux que voici...
Mon guide dit à ces derniers :
- A vos fluides d'égoïsme est due votre réunion à ces frères. Si vous aviez eu la pensée de Dieu, vous seriez vus au milieu de milliards d'Esprits parmi lesquels, certainement, se trouvaient ceux que vous cherchiez.
En ce moment une éclaircie se fit dans l'immensité et nous nous vîmes entourés d'une multitude innombrable d'êtres parmi lesquels les uns reconnurent des frères, des pères, des amis... De ces Esprits s'échappaient des rayons lumineux qui recouvraient « les sans Dieu » et « les égoïstes » d'une brillante clarté... Parmi ces Esprits, l'un des « sans Dieu » reconnut son père qui rayonnait d'une telle beauté qu'en le regardant il lui semblait considérer la Divinité... Et ces malheureux, qui tout à l'heure reniaient Dieu, agenouillés maintenant, élevaient vers Lui leur âme reconnaissante. Et mon guide levant les yeux au ciel dit
- Oh mon Dieu ! 0 mon Père ! Permets que chacun de ces frères voie son guide à ses côtés.
À cet appel, parut une nuée d'Esprits très beaux ! C'étaient les guides des « sans Dieu » et de ceux qui s'étaient réunis à eux. Dégageant ces frères des fluides grossiers qui les enveloppaient, ils leur imprimèrent une forte poussée fluidique qui leur fit faire une envolée qui allégea leur poids.
- Ne vous ai-je pas préparé un travail magnifique, dit mon frère le savant... Vous les amener ne se pouvait sans peine !... Oh, je suis heureux de l'avoir pu.
Nous le remerciâmes tous vivement : nous partagions son bonheur. Quand nous fûmes seuls, il me dit :
- Que penses-tu de notre dernière visite dans les planètes habitées ?
La vue de ces planètes m'a prouvé combien est grand leur degré de supériorité, degré dont nous sommes bien éloignés. Que mes envolées portent dans une planète ou dans l'immensité, je trouve partout le témoignage de notre état arriéré... Si mon jugement n'est pas flatteur pour mes frères les Terriens, j'ai bien le droit de me juger et de penser en moi-même que si, en mon état actuel, que je juge inférieur, je me reconnais une certaine somme d'intelligence, combien doivent être infé­rieurs ceux dont le coeur et l'esprit sont moins ouverts que les miens au sentiment et au jugement.
- Et que penses-tu de cette jeune fille dont l'âme quitte le corps pour deux semaines... Moi, je l'admire. Oh, ne pourrais-tu, comme elle, prolonger ton séjour dans l'espace ?
- Mon travail réclame ma présence sur la Terre, tu le sais.
- C'est vrai ! Tu dois vivre de la vie matérielle et, pour tout y apprendre, tu dois employer tout ton jour qui est de vingt-quatre heures dont tu consa­cres les heures de repos fini te sont nécessaires aux visites que tu rends en tes envolées afin de t'instruire et d'instruire tes frères... Mais, je suis persuadé que, depuis que tu es médium, tes efforts sont moins pénibles et tes travaux bien plus faciles.
- Oh, cela est si visible que parfois j'en suis confuse, car il suffit que je pense à l'objet que je veux faire pour que ma main l'exécute facilement.
- Croirais-tu que c'est ta main qui, seule, travaille si habilement. Moi, je crois que tu es un médium à effets physiques que conduisent les Esprits qui se servent de ta main comme l'ouvrier se sert de son outil.
- Je le crois aussi. Mais il n'en est pas moins vrai que si mon esprit ne dirigé pas ce travail, mes mains l'exécutent. Je prends ainsi l'aptitude de ces travaux que je dirigerai un jour. Ne tient-on pas la main de l'enfant pour lui apprendre à écrire... Eh bien, un jour, il sait écrire... Il en sera de même pour mes travaux... L'on nous aide toujours quand nous avons le désir d'apprendre pour donner. Si j'ai des aides, j'abats de l'ouvrage aussi, et du matin au soir, et du soir au matin, le travail file en mes mains ! Si donc mes mains n'agissent pas, seules, elles travaillent cependant et si ma bouche exprime les beaux sentiments et les vérités indéniables que mon âme ne connaît qu’im­parfaitement, elle les donne quand même et la lumière se répand. Je le crois, mes efforts seront comptés.
- Travailles-tu donc en vue d'une récompense ?
- Le retour que j'attends de mes efforts, ce sont des aides en plus grand nombre afin d'en faire de plus grands.
- N'as-tu pas déjà ce que tu désires ? Ne comptes-tu pas une sœur de plus pour t'apporter son aide ? D'ici, je la vois qui transcrit tes paroles et le reflet de tes pensées, pendant que ta sœur aînée, se repose en tenant tes mains pour t'apporter son aide. Elle ne se doute pas que du haut de l'immensité on bénit son repos. Jusqu'à ce jour, malgré son âge avancé, elle t'a suivie en tous tes efforts. A qui attribues-tu cette augmentation d'aide, ce nouvel écrivain, si ce n'est à Allan Kardec ? Crois-le, il n'est étranger à rien de ce qui se fait... N'est-il pas à la tête de la Société spirite de l'espace, et tous ses efforts ne tendent-ils pas toujours à la divulgation de la bannière du spiritisme !... Dieu donne tous les moyens de répandre la lumière et les facilite tous ! Parmi ces moyens, il faut citer le développement des facultés médiumniques de l'Esprit qui désire aider au progrès de ses frères. Jamais un Esprit qui a pour but le bien de l'humanité n'abandonne sa tâche ! Jour et nuit, il soutient le médium qui est dans le bien et il le garde des pièges qui le ferait déchoir ! Il vit en ce médium, et ce médium vit en lui. Il n'en peut être autrement puisque c'est, ainsi que vous possèdent les Esprits. Il en est parmi eux qui vous inspirent dans le sens du bien, et d'autres qui vous inspirent dans le sens du mal... Mais comme le bien domine toujours le mal et vains toutes les difficultés, « ce qui est nécessaire et essentiel, c'est de bien analyser ses pensées » et d'éloigner celles qui sont imparfaites pour faire place libre aux pensées qui sont conformes à la loi de Dieu et que vous donnent vos guides.
Mon guide survenant, me dit :
- Tu t'attardes, mon enfant ! La Terre te réclame.
Et, comma par un fort coup de vent, il me projeta entre mes deux sœurs aimées. Près d'elles, j'ai repris possession de mon corps, l'âme bien heureuse de mon envolée.

Le 53ème voyage

Voyons, je ne sais où je me suis dirigée, une force fluidique m'a portée là, plutôt que là-bas. Je n'ai donc pas fait d'efforts par moi-même si ce n'est le désir de partir. Qui donc m'a dirigée ?
- Un Esprit de bonté qui veut t'aider aujourd'hui.
Je répondis :
- S'il en était autrement, je serais surprise, car jusqu'alors les Esprits bienfaisants ont eu force pour me conduire.
- Eh bien, bénis Dieu !
- Je le bénis en votre nom et au mien.
- Quand on est Esprit, on a parfois des difficultés qui nous viennent de la Terre.
- Je ne comprends pas bien cela.
- C'est bien simple à expliquer. Les pensées des êtres incarnés vivant sur la Terre se reflètent dans
L’immensité, elles parcourent leur trajet, elles frappent dans le sens où elles veulent frapper ; mais elles sont souvent en contradiction avec ce que nous connaissons, nous, Esprits libres. Cette force de pensée contraire à la nôtre, nous cause parfois une grande difficulté, et nous ne pouvons faire pénétrer notre pensée. Le travail se fait entre ces deux fluides, et ce combat fluidique attire des pensées en rapport et des pensées contraires. L'une d'elles domine après plus ou moins de temps de combat, mais souvenez-vous que la pensée qui domine après un combat réitéré, raisonné, est toujours celle de la vérité. Mais de cette pensée raisonnée et bien établie, il faut maintenant pouvoir en pénétrer les frères de la Terre : la difficulté est grande et ce n'est qu'après maints efforts que l'Esprit de vérité peut envelopper un médium de droiture, et lui faire émettre une vérité si richement payée. C'est ainsi que la vérité se fait jour sur la Terre, mais il nous faut pour cela la voie de la médiumnité. La médiumnité est une chose sacrée, un don à respecter, gagné et acquis par les efforts de vos vies précédentes. Aussi combien un médium est indigne quand il altère ce qu'on lui donne.
- Mais comment ose-t-il agir ainsi ?
- Si le médium n'a pas étouffé en lui la personnalité, les ennemis de la Lumière l'entourent et font si bien, qu'ils le placent dans des conditions personnelles. Ce médium se nourrissant de sa haute personnalité, l'orgueil et la vanité s'en emparent et l'enveloppent ; alors il émet en fardant ce qui lui est donné, ou en supprimant ce qui lui déplaît. Comprenez-vous, médiums, que vous êtes les serviteurs de Dieu ? Comprenez-vous l'importance de votre mission ? Dieu ceignant votre front de la médiumnité vous donne le droit d'émettre les paroles saintes de vos frères aînés. Par la médiumnité, vous faites connaître à la terre, ce qu'elle a ignoré pendant bien des siècles. Pourquoi Dieu permet-il l'instruction ? N'est-ce pas pour votre avancement, par conséquent votre progrès ? N'est-ce pas pour vous montrer combien de fois vous faiblissez dans les pièges et les embûches des Esprits de l'au-delà ?
Ô amis, ô frères, vous assumez là une grande responsabilité ; si le médium de la Terre savait à quoi il s'expose, et combien de siècles de souffrance il se prépare, comme il se garderait de ne rien faire qui le mette en contradiction avec la loi, car tout médium qui a caché la vérité, déguisé ou vendu la vérité, se fait enserrer dans les fluides des ténèbres pendant des siècles ; nul n'a le droit d'altérer ou de vendre la vérité. Après l'avoir possédée et cachée, elle lui sera cachée, et cet être, que son orgueil et sa personnalité ont mis en contradiction avec la loi, deviendra le sujet des Esprits ténébreux ; il continuera son rôle d'Esprit du mal et tombera dans tous les pièges qu'il a préparés consciemment ou inconsciemment. Il sera ennemi de la lumière en toute sa grandeur, étant Esprit, incarné et désincarné ; il ne voudra pas entendre parler du spiritisme ; il traitera de folie toute recherche dans le spirituel ; il s'en écartera de plus en plus ; il tombera dans la fange boueuse la plus infecte ; il se vautrera dans toute perversité, et les ennemis de la Lumière qui l'ont fait tomber étant médium, se réjouiront du mal qu'un Esprit éclairé autrefois, peut faire quand il est devenu leur sujet.
0 médiums, gardez-vous de toute aberration, c'est vous garder de toute souffrance présente et à venir, et vous serez d'autant plus condamnés sévèrement que vous aviez plus de facilités pour faire du bien par la vérité qui éclairait votre route. Songez à l'honneur que Dieu fait à l'être déchu, puisque c'est au plus accablé, c'est-à-dire au plus bas tombé, que Dieu facilite plus grandement le développement de la médiumnité, car Son coeur s'émeut à la vue de tant de souffrances. Il donne à l'enfant déchu, le moyen de rénover sa vie spirituelle, en lui accordant la facilité de faire connaître les vérités qu'il a étouffées. Soyez humbles en vos facultés, médiums. Plus le développement est grand, plus vous devez de reconnaissance à Dieu, car si Dieu développe grandement en vous la médiumnité, c'est afin de vous faciliter de grandes réparations.
Haut les coeurs, enfants de la Terre ! Réveillez-vous à la vie spirituelle, et dites-vous que ce que Dieu fait aux uns, le fait aux autres. Le désir du bien pour toute l'humanité, le désir de son amélioration personnelle, le regret d'avoir mal fait suffisent pour attirer à vous des Esprits, à qui est dévolu le don de développer les facultés médiumniques, de soutenir les médiums, de leur éviter les faux-pas, de les protéger contre l'ennemi de la lumière, de développer leur coeur et leur Esprit, dans des facultés encore incomprises sur la Terre. Mais en retour, les médiums ont un devoir à remplir : c'est de faire connaître ce qu'ils savent, c'est de donner ce qu'on leur donne.
Généralement, la médiumnité se développe toujours après l'obsession et souvent obsession cruelle, et en rapport avec la compréhension de l'Esprit. Les obsessions sont divergentes, elles se portent sur différents points. Si vous avez été coupables sur tel ou tel point, la souffrance par l'obsession vous a enserrés sur ce point et vous vous demandez : « Que suis-je ? ». Là, tout se fait clair à votre vue, vous comprenez et vous faites des efforts pour vous dégager des faiblesses qui vous causent ces souffrances, cet arrêt pénible. Votre recherche vous attire vos obsesseurs plus près encore ; ils vous pénètrent par la pensée, l'intuition, l'audition, la vue, et vous ne pouvez pas moins faire que de reconnaître qu'étant unis avec ces êtres, vous avez fait infraction sur bien des points avec eux.
Vous comprenez alors comment vous avez manqué. Vous avez acquis l'expérience de la domination que ces êtres exercent sur vous ; d'ailleurs, ils vous le disent eux-mêmes et ils s'en flattent. Vous connaissez donc le pourquoi de votre souffrance, vous connaissez par-là votre infamie du passé et du présent. Vous n'avez pas été victimes, mais complices de ces Esprits. Quand on accepte le mal, on est complice, il n'y a pas de victimes. Mais, direz-vous, je ne savais pas que j'étais sous l'impulsion d'Esprits malveillants. Vous saviez que vous étiez dans le mal, par conséquent que vous répondiez à l'Esprit du mal, et que vous offensiez Dieu.
Le mal vous a donc occasionné la souffrance et la souffrance vous fait méditer que le mal conduit à toute peine, et que la sagesse conduit à tout bonheur ; alors pour vous sortir de l'état où vous vous êtes mis, Dieu vous redonne les médiumnités du passé que vous aviez profanées. Sous l'aiguillon de la souffrance votre âme grandit, votre âme se purifie, votre âme regrette et se fait horreur. Alors elle devient charitable, elle ne peut voir tomber ses frères dans la même fange, elle qui possède la certitude de sa déchéance. Elle veut l'éviter à ses frères, elle a le désir de les instruire, et au lieu d'étouffer la lumière, elle la divulgue. Elle a acquis la certitude du pourquoi de ses souffrances ; elle connaît par où elle a faibli ; elle veut éviter les faux-pas à celui qui court le danger. Tel est le devoir d'un médium. Vous devez vivre pour Dieu et pour le bonheur de vos frères, et non pour le monde.
Dieu entourera le médium de bon vouloir, de frères invisibles possédant la force de la pénétration. Ce médium aura 1a parole chaude ; il insistera et fera comprendre un point incompris ; il fera ressortir où la faiblesse existe ; il attirera ce coeur ulcéré qui se confie à lui pour obtenir soulagement, et ce coeur ulcéré s'ouvrira, il parlera, car il a hâte de dire ce qui l'étouffe, de faire connaître ses impressions et ses sensations. Cette confiance facilitera la tâche du médium qui sera bien heureux de relever ce courage abattu, de lui faire connaître que sa souffrance n'est pas une souffrance solitaire, qu'elle est connue de beaucoup d'êtres, que c'est même une des plaies de l'humanité. Alors s'ouvrira le livre de vie, où le médium puisera dans ses acquis du passé, dans ses recherches du présent et aidé par les Esprits avancés, il y trouvera la compréhension du danger auquel on s'expose si l'on s'écarte du droit chemin.
0 amis, ô frères, vous qui lirez ces lignes, cherchez l'instruction spirituelle qui vous conduira à tout bonheur spirituel, et vous facilitera votre tâche matérielle, car vos pensées de recherche vous auront attiré des Esprits instructeurs, des Esprits de bon vouloir, qui vous sauvegarderont de l'influence des Esprits matériels, jaloux ou malveillants, qui en vous donnant le mirage d'une réussite en vos entreprises, vous la font rechercher en tout ce qui fait contradiction à la loi de Dieu. Une entreprise ne peut réussir quand elle a pour base la contradiction à la loi de Dieu. Vous serez attirés dans des déceptions sans nombre, dans des désespoirs encore inconnus de vous.
Les Esprits imparfaits vous auront fascinés dans la contradiction de la loi de Dieu, en vous faisant manquer de délicatesse, de droiture, en faisant de vous des êtres personnels et égoïstes, n'ayant pour but que votre réussite personnelle, manquant de charité au point de vous faire désirer les clients de votre voisin. Quelle sécurité avez-vous avec de pareils initiateurs ? Quelle est l'ascension de votre marche ? Qu'avez-vous fait de celui qui gouverne tout, et qui exige de nous droiture et bonté ? Avez-vous songé en installant votre commerce, à demander en même temps que votre réussite, celle de tous ceux qui possèdent aussi un commerce ? N'avez-vous pas plutôt songé à cette pensée obsédante qui venait frapper votre cerveau ! Oh ! Si je pouvais faire tomber celui-ci ou celui-là, ma réussite serait assurée. Non, mes amis, le bonheur ne s'acquiert pas à ce prix. Le bonheur s'acquiert dans l'amour et la charité, dans le désir du bien pour tous. Oh, mais si direz-vous, nous voyons cependant des êtres ayant pareilles pensées réussir et même gagner beaucoup d'argent ?
La fortune est une épreuve glissante, cet argent gagné ainsi leur fera commettre beaucoup d'aberrations et beaucoup d'erreurs. Ou ils se jetteront dans le vice par la facilité que leur donnera l'argent, ou ils fermeront leur coeur à la pitié, car les mêmes ins­pirateurs seront à leurs côtés et après les avoir dirigés dans l'indélicatesse, ils sauront les faire tomber en toute clémence et, sous une apparence de bonheur, la vie sera devenue polir eux un fouet qui les flagellera, car tout se répare. Il faudra donc passer par la souffrance ; ce sera la rétribution de jouissances mal acquises. Tel est le but des Esprits qui vous conseillent pour vous faire gagner de l'argent, en fermant votre coeur à toute délicatesse et à tout raisonnement.
Si, au contraire, vous aviez attiré des Esprits bienfaisants par vos désirs droits et délicats, ils vous auraient  soutenus et auraient facilité vos gains, mais dans le but de donner à vos frères une partie du fruit de vos travaux, pour leur progrès et leur bien-être, Votre coeur se serait ouvert à la charité et vous auriez su ouvrir le coeur de vos frè­res ; le bonheur aurait été en vous et autour de vous et votre âme sereine aurait ainsi escaladé la montagne de difficultés. Chaque bienfait aurait été pour vous un escalier bienfaisant, et votre retour dans l'espace une illumination de bonheur.
O amis, ô frères, songez que vous n'êtes que de passage sur cette Terre ; vous venez y cueillir ou des roses ou des épines ; étant donné que vous venez pour réparer, tout ne doit pas être, plaisir et gaieté. Bénissez vos peines, bénissez vos tourments ; ce sont vos économies de sagesse et de bonheur. Ou­vrez vos coeurs largement à l'amour, à la vue des peines de vos frères, et vous aurez à vos côtés des soutiens solides. Ma sœur, pardonne-moi, si de toi, j'ai fait sortir les vérités que je conçois. Ce temps qu'en apparence, je t'ai fait perdre deviendra pour toi fructueux ; donne-moi ta main que je l'élève, et je dis à Dieu qui a tout entendu. Mon Père, nous bénissons la sœur qui a facilité l'instruction, donne-lui donc pour terminer son en­volée un bien mérité.
Alors le paysage paraissait disparaître et renaissait aussitôt, c'était le ciel en fête. Je n'avais rien vu d'aussi beau ! La beauté de l'Esprit grandit par les efforts qu'il fait ; l'Esprit qui a donné, reçoit la récompense du fruit qu'il a semé, et il recevra toujours plus gran­dement en raison du bien qu'il aura fait.
Faites de même, médiums de la Terre, donnez toujours ce qui vous est donné, quand le raisonnement vous dicte que c'est la vérité. Vous recevrez toujours plus grandement, car votre âme en faisant progresser ses frères, s'élève sûrement. Des points d'appui vous seront accordés sur la Terre et dans l'immensité. Le soutien ne fait palais défaut au médium qui remplit sa tâche. O médium heureux comme tu souriras quand ton regard porté sur cette Terre te rappellera ton passage, tu verras toutes tes paroles en germe, se déversant et portant leurs fruits, car l'exemple est une chose contagieuse. On aime à imiter ce que l'on voit faire. Et puis tes Esprits de soutien de la Terre ne quitteront pas leur poste parce que tu auras disparu, ils seront près de ceux qui, auront su laissé germer les enseignements que tu transmets.
Ce ravissement fait le bonheur dans l'au-delà, rendre heureux ceux que l'on a laissés, fait grandir nôtre bonheur à venir. Sortez de votre indifférence, enfants de la Terre, les joies de la Terre ne sont pas celles dont vous devez vous nourrir. Le vrai bonheur consiste à donner et à déverser la parole de Dieu quand elle vous est transmise. Donne-moi tes deux mains, et permets que je dépose sur ton front deux bons baisers, l'un pour ton guide et l'autre pour moi. Il m'a laissé sa place pour t'instruire, je le bénis !
Une voix, douce et chaleureuse se fit entendre qui pénétra tout mon être. 0h, bonheur extrême, c'était mon guide. Je ne vis autour de moi que des faces rieuses qui avaient assisté à l'instruction. Mon guide déposa sur mon épaule gauche un bouquet de rosés et d'aubépines, et il me dit en souriant après un baiser bien tendre :
- Tu sentiras la rose et tu sentiras l'épine ; toutes deux sont faites pour te faire avancer. Pour apprécier le bonheur, il faut passer par la souffrance. Le bonheur n'est compris que lorsqu'on a souffert.
Mon camarade et le savant s'approchèrent en riant et ils me dirent :
- Pour nous aujourd'hui, tout a été peine ; nous n'avons pu réussir l'entreprise commencée mais nous irons au-devant de notre amie en sa prochaine envolée, car son secours nous aurait été bien utile.
- Au revoir, leur dis-je, mes amis, j'irai où Dieu me conduira. Pour le moment, je réintègre mon corps en remerciant Dieu.

 

La médium Stephen Vire décède en mars 1911, deux ans plus tard, Mme Ambroisine Dayt décède elle aussi. Melle Claire Monin assumera la direction du groupe Allan Kardec, avec l’aide de Mme Allemand.