Les apparitions du docteur Bayol

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Les apparitions du docteur Bayol

Ce mois-ci, nous vous présentons Les apparitions du docteur Bayol. En septembre 1899, le docteur Bayol réalise une série d’expériences avec le médium Michel Régardier, employé des chemins de fer dans les Bouches-du-Rhône, et âgé de 27 ans. Ce médecin a lu attentivement les ouvrages d’Allan Kardec, de Léon Denis ainsi que ceux de Gabriel Delanne. Il s’intéresse de près à la phénoménologie spirite et désire approfondir le sujet.

Voici ce qu’il raconte : « Je suis arrivé à Arles dans la journée et nous avons organisé des réunions spirites dans le petit village d’Aliscamps. C’est un endroit tout à fait charmant. Nous avons réalisé les séances dans une ferme. Derrière la ferme, il y a une église et attenant se trouve le cimetière.
J’ai d’abord visité très attentivement la ferme ; la salle où nous nous trouvions était carrée et assez grande. Je n’ai rien vu qui puisse présenter un truquage ; il n’y avait ni éclairage au gaz, ni électricité. J’avais avec moi deux de mes amis, avocats à Arles. Nous avons laissé cette salle telle qu’elle était et nous avons mis une table en bois de châtaignier au milieu. Pour ne pas omettre un détail, si insignifiant qu’il soit, je dirai qu’elle était assez lourde et doublée de lattes. sujet214 cimetiereB
Lors de nos évocations, nous obtînmes, au début, de nombreux coups frappés. Puis ensuite, nous sommes passés aux évocations. Une vingtaine d’Esprits différents dont nous inscrivions les noms derrière un morceau de bois se sont présentés. Une jeune femme romaine du nom d’Acella s’est manifestée à nous spontanément. Elle dit être morte quelques jours avant de se marier. Les inscriptions de sa pierre tombale, que l’on trouve au cimetière derrière l’église, sont assez curieuses : « Ici repose Acella, ma fille ; son père est mort, il est heureux et moi, sa mère, je la pleure. »
Au bout d’un certain nombre de séances, les manifestations se sont intensifiées. Après les coups, les dialogues, nous avions maintenant des apparitions.
Nous nous installions, en général, le long d’un mur de cette grande salle et nous formions une chaîne. Plusieurs de mes amis venaient assister à nos expériences. J’ai eu M. Fleury, préfet de la région, le général X.., des amis docteurs en médecine ainsi que des chirurgiens.
Ces créations se faisaient toujours dans l’obscurité. Au bout d’un certain temps, à partir du moment où le médium était endormi, nous entendions un grand bruit. La table bougeait dans la pièce. C’était très effrayant ! Nous étions presque tous saisis d’un froid intense puis il cessait et l’on avait l’impression qu’il allait se produire quelque chose. La table ne bougeait plus mais on entendait frapper trois coups formidables. Nous apercevions alors des points lumineux qui voltigeaient et qui se reflétaient dans les glaces, ce qui prouvait qu’ils étaient objectifs.
J’ai parlé à cette flamme, elle venait à moi, puis elle se promenait. Tout le monde l’a vue.
A partir du moment où j’ai eu l’idée de parler à la flamme d’une façon intelligente et que j’ai supposé qu’il s’agissait d’un début de matérialisation de cette jeune romaine, elle est venue se poser sur ma tête. Voilà un fait que j’affirme sur l’honneur.
J’ai essayé de photographier ces lumières, je n’ai pu en obtenir une bonne reproduction.
J’ai vu quelquefois dix à douze flammes qui paraissaient, la salle en était toute illuminée. Notre médium n’était pas en transe mais seulement assoupi et je puis assurer qu’il n’y avait pas là de truquage. Avons-nous été hallucinés par ces faits ? Nous avons été quelquefois dix-neuf personnes présentes et je crois qu’il est difficile d’halluciner un vieux colonial comme moi.
Un peu plus tard, nous avons eu l’expérience suivante ; le médium somnambule a eu une vision. Il me décrivit l’Esprit, c’était Acella et il la voyait jetant des roses. Il ajouta :
- Tu trouveras des roses dans la poche gauche de ton pardessus.
En arrivant à la séance suivante, j’avais mon pardessus sur moi ; au début de l’expérience, je l’ai placé à deux mètres de l’endroit où était le médium. J’ai éteint et quand les trois coups ont été frappés, le médium était sur le canapé. Je rallumai et j’éveillai le médium. Il me dit :
- C’est curieux : j’ai fait un rêve où je voyais une personne jetant des roses.
Je priai un de mes amis, M. Taillot, de prendre mon pardessus. Dans ma poche gauche, il y avait pleine de pétales de roses. »  fleurs

Tiré d’un discours du Docteur Bayol, au congrès spirite et spiritualiste international de 1900