William Eglinton

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William Eglinton

Ce mois-ci, nous vous présentons William Eglinton. Il est connu comme l'un des plus grands médiums physiques de la Grande-Bretagne du XIXe siècle et cela s'explique par la démonstration d'un large éventail de phénomènes associés à la manifestation des Esprits.

 Eglinton

Eglington est né à Islington le 10 juillet 1857 en Angleterre. C'est un enfant très imaginatif, rêveur et sensible mais, à la différence de tant d'autres grands médiums, il ne montre durant son enfance aucun signe particulier de pouvoir psychique.
Après une brève période scolaire, il entre dans l'entreprise d''éditions d'un parent.
En 1874, à dix-sept ans, Eglington participe, dans le cadre familial, à des investigations sur des phénomènes spiritualistes. Jusqu'alors, le cercle n'a obtenu aucun résultat mais quand le jeune homme arrive, la table s'élève progressivement au-dessus du sol jusqu'à ce que les participants soient obligés de se lever pour garder leurs mains dessus.
Par des coups frappés, des questions reçoivent des réponses, à la satisfaction des participants. La séance suivante a lieu le lendemain soir, le garçon entre en transe et on reçoit des messages probants de sa mère décédée.
Eglington décrit ainsi ses sentiments avant de pénétrer pour la première fois dans la salle de séance et le changement qui s'opère en lui :
« Avant cela, mes façons étaient celles d'un garçon plein de joie mais dès que je me trouvai en présence des enquêteurs, un sentiment étrange et mystérieux me gagna dont je ne pus me débarrasser. Je m'assis à la table, décidé à tout arrêter si quoi que ce soit se produisait. Quelque chose se produisit mais j'étais impuissant à l'empêcher. La table commença à montrer des signes de vie et de vigueur ; elle s'éleva soudain et commença à grimper en l'air sans arrêt jusqu'à ce que nous soyons obligés de nous lever pour l'atteindre. Cela se passa en plein sous la lumière des becs de gaz. Elle répondit ensuite intelligiblement à des questions qu'on lui posa et donna bon nombre de communications probantes à des personnes présentes.
Le soir suivant nous vit nous réunir ardemment dans l'attente d'autres manifestations, avec un cercle plus nombreux, car la nouvelle s'était vite répandue que nous avions vu des fantômes et leur avions parlé, et autres informations du même genre.
Après avoir lu la prière habituelle, je semblai ne plus être de cette terre. Un sentiment parfaitement extatique me gagna et je tombai bientôt dans un état de transe. Tous mes amis étaient novices en la matière et ils essayèrent plusieurs façons pour me faire retrouver conscience, en vain. Au bout d'une demi-heure, je repris conscience, éprouvant un puissant désir de retomber dans l'état antérieur. Nous avions eu des communications qui démontraient de façon probante, pour moi, que l'esprit de ma mère nous était vraiment revenu. Je commençai alors à me rendre compte combien fausse, combien totalement vide et dépourvue de spiritualité, avait été ma vie passée et j'éprouvai un plaisir indescriptible à savoir, sans l'ombre d'un doute, que ceux qui avaient quitté la terre pouvaient revenir et démontrer l'immortalité de l'âme. Dans la quiétude de notre cercle familial, nous appréciions pleinement notre communion avec les défunts et nombreuses sont les heures heureuses que j'ai passées de cette manière. »

En quelques mois, sa médiumnité se développe et des manifestations plus fortes s'annoncent. Sa réputation de médium s'étend et il reçoit de nombreuses demandes de séances mais il résiste à l'idée de devenir un médium de profession. Finalement en 1875, il quitte le métier d'imprimeur pour se consacrer entièrement aux manifestations.
Les séances se déroulent généralement en pleine lumière et il accepte toujours de bon gré tous les tests qu'on lui propose. Beaucoup d'hommes éminents ont pu observés et témoignés. Eglington a beaucoup voyagé et sa médiumnité s'est exercée en bien des endroits.
En 1878, il s'embarque pour l'Afrique du Sud. L'année suivante il se rend en Suède, au Danemark et en Allemagne. En février 1880, il se rend à l'université de Cambridge et donne des séances sous les auspices de la Psychological Society. En mars, il traverse la Hollande avant de se rendre à Leipzig où il donne des séances avec le professeur Zöllner. Dresde et Prague l'accueillent ensuite. Il s'embarque pour l'Amérique en 1881 et il y restera environ trois mois. En 1883, il séjourne à Paris.
Voici un exemple de sa médiumnité : « Les manches de la veste de M. Eglington étaient cousues ensemble derrière son dos près des poignets avec un solide coton blanc ; le comité chargé des liens l'attachait ensuite sur son siège, lui passant la corde autour du cou, et le déposait juste derrière le rideau (du cabinet) face à la compagnie, les genoux et les pieds en vue. Une petite table ronde avec divers objets dessus était placée devant le médium en dehors du cabinet et en vue des participants ; le petit instrument à cordes connu sous le nom de «Carillon d'Oxford » fut déposé à l'envers en travers de ses genoux, et un livre et une clochette à main furent posés dessus. Quelques instants plus tard, on jouait des cordes, bien qu'aucune main visible ne les touchât ; le livre dont le devant était tourné vers les participants s'ouvrit et se ferma (cela se répéta un grand nombre de fois si bien que toutes les personnes présentes ne purent manquer de le voir) et la clochette à main fut agitée et sonna de l'intérieur, c'est-à-dire sans être soulevée du plateau. La boîte à musique placée près du rideau, mais entièrement visible, s'arrêta et se remit en marche tandis que le couvercle restait fermé.»

Au début, les matérialisations d'Eglington sont obtenues à la lumière de la lune ; les assistants sont assis autour d'une table, il n’y a pas de cabinet et le médium est en général conscient. Un trait caractéristique de ses séances est le fait que le médium se tienne assis parmi les participants et que les mains de chacun sont tenues. On peut ainsi voir des matérialisations complètes dans une lumière suffisante pour qu'on reconnaisse les apparitions.

Pendant plus de trois ans, il donnera aussi des séances sous une autre forme de médiumnité : l'écriture sur ardoise. Une masse importante de témoignages de l'au-delà est obtenue. On utilise des ardoises d'écoliers ordinaires ; chaque participant ayant la liberté d'apporter ses propres ardoises et, une fois lavées, on place sur la surface supérieure un morceau de mine et on met l'ardoise sous le plateau de la table, appuyé tout contre, et tenu par la main du médium dont le pouce reste visible sur le dessus de la table. Très vite, on entend le bruit d'une inscription et quand le signal de trois coups est donné, on examine l'ardoise sur laquelle on découvre un message. De la même façon on utilise deux ardoises de la même taille, solidement attachées ensemble avec une ficelle.

 Ardoise

En 1885, à Paris, Eglington fait la connaissance de M. Tissot, un grand peintre du 19ème siècle. Une remarquable séance de matérialisation est immortalisée par Tissot dans un tableau intitulé « Apparition Médianimique ». Il montre deux personnages illuminés par des Esprits de lumière qu'ils portent dans leurs mains, la dame est identifiée comme une parente.

Une séance, qui a lieu en 17 février 1885, en présence de quatorze personnes montre des conditions d'expérimentations étonnantes. « Bien qu'il y a une pièce intérieure servant de cabinet, M. Eglington ne s'y tient pas, il fait les cent pas au milieu des participants qui se sont disposés en fer à cheval. Une forme se matérialise et fait le tour de la pièce en serrant la main de chacun. Puis, elle s'approche de M. Eglington, qui est en partie soutenu pour ne pas tomber par M. Rogers et, prenant le médium par les épaules, elle l'attire dans le cabinet. M. Rogers dit : « La forme est celle d'un homme plus grand de presque dix centimètres et plus âgé que le médium. Il est revêtu d'une robe blanche flottante et est plein de vie et d'animation, et s'est trouvé à un moment à trois bons mètres du médium. »

 Apparition

Eglington n'échappe pas aux attaques. En juin 1886, Mme Sidgwick, épouse du professeur Sidgwick, de Cambridge, un des fondateurs de la S.P.R., fait paraître dans le Journal de la Society un article intitulé « Mr. Eglington», dans lequel elle rapporte la description de plus de quarante séances d'écriture sur ardoise avec le médium, elle écrit : « Quant à moi, je n'ai désormais aucune hésitation à attribuer les performances à une habile manipulation. » Elle n'a aucune expérience personnelle des séances d'Eglington mais fonde son opinion sur l'impossibilité de maintenir une observation continue pendant les manifestations.
Cette attaque en règle de Mme Sidgwick contre le médium a un effet excellent parce qu'il suscite un volume entier de témoignages en faveur de l'authenticité des manifestations qui se produisent.
Comme tant d'autres médiums à manifestations physiques, Eglington a droit à ses scandales. L'un deux a lieu à Munich où il est engagé pour donner une série de douze séances. Les dix premières sont très réussies mais au cours de la onzième on découvre dans la pièce une grenouille mécanique et, quoique les mains du médium soient maintenues, on l'accuse de fraude parce que les instruments de musique ayant été secrètement noircis, on retrouve ensuite du noir sur lui. Trois mois plus tard, un des participants avoue qu'il a lui-même apporté le jouet mécanique dans la salle de séance. Aucune explication des traces de noir ne vient mais le fait que les mains du médium aient été tenues aurait dû constituer une réfutation suffisante.
Le progrès de nos connaissances depuis cette époque montre que les phénomènes physiques reposent sur l'ectoplasme et que cet ectoplasme est réabsorbé par le corps du médium, emportant avec lui tout colorant.

 Eglinton et un esprit

Les capacités de William sont surtout illustrées par des matérialisations qui ont lieu en plein air. Des ombres apparaissent et des voix directes se font entendre.
En mars 1878, un phénomène de lévitation a lieu et le médium se trouve transporter à l'autre bout du jardin.
En 1882, Eglinton rencontre Mme Blavatsky, des séances sont réalisées avec des déplacements d'objets.
En 1885, des rencontres avec le professeur Richet sont faites, il est impressionné par la force de cette médiumnité. Alfred Russel Wallace fera les mêmes constatations et plus tard ce sera le tour d'Aksakov.