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Bulletin 75

Bulletin 75 - décembre 2018
Sommaire

Editorial

Que ce soit en famille, dans un centre spirite ou dans un congrès qui regroupe des âmes dans lesquelles s’éveillent les mêmes convictions de croyance au monde spirituel, une grande force d’union doit s’établir peu à peu. A chaque étape de notre vie, pas à pas, chacun doit trouver sa place, et se construire chaque jour, pour que s’établisse en chacun et entre chaque membre l’équilibre nécessaire à la construction d’une famille ou d’un groupe harmonieux.
Dans ces moments de partage, d’écoute ou de recueillement, nos Frères de l’espace se regroupent également à nos côtés. Lorsque le progrès est en marche et que les hommes sont bien au rendez-vous, alors les forces d’en haut peuvent descendre pour accomplir ce qui doit l’être. Le monde avance tranquillement mais inéluctablement vers son évolution et lorsque les forces s’harmonisent, les individus se retrouvent bien au bon moment, aux bons instants, à la bonne place pour permettre l’aboutissement d’un désir commun à nos deux mondes. Lors de ce congrès de Menton en octobre dernier, il y avait des décennies que l’on n’avait pas vu en France autant de spirites rassemblés en un même lieu. Souhaitons comme l’a dit Kardec que puisse se former dès à présent le noyau de la grande famille spirite qui unira les hommes dans un même sentiment de fraternité.

Gilles Fernandez

Le deuxième congrès spirite, le congrès de Menton

C’est dans la magnifique ville de Menton qu’a lieu le 2ème congrès spirite organisé conjointement par le Conseil Spirite Français et par l’Association Française Médico-Spirite. Notre centre s’est déplacé pour cet évènement, on peut dire, massivement puisque nous étions dix-huit personnes de Lyon ou de sa région. Certains viennent pour la première fois, d’autres sont des habitués. Certains se sont inscrits depuis des mois, d’autres ne se sont décidés qu’en toute dernière minute. Certains viennent dans le centre depuis de très nombreuses années, d’autres sont de nouveaux membres mais, quelle que soit leur situation, tous ont beaucoup apprécié ce moment de partage entre spirites. Vu le nombre de médiums présents, il nous a paru judicieux de les interroger afin d’avoir des retours les plus fidèles possibles sur cette belle expérience et d’enrichir ainsi ce compte rendu.

Est-ce pour le choix de cette ville balnéaire particulièrement appréciable en cet été indien ? Est-ce pour les opportunités d’hébergement proches et abordables ? Est-ce parce que Pierre pris en charge toute l’organisation pratique de ce congrès sollicitant les uns et relançant les autres ? Est-ce pour passer tous un moment ensemble, en dehors du centre, et de resserrer les liens ? Est-ce pour le programme du congrès ou pour voir la conférence de Divaldo ? Toujours est-il que nous nous sommes retrouvés au milieu de plus de 300 spirites, venus de toute part, en France mais aussi de pays d’Europe ou du Brésil bien sûr…
Nous sommes tous arrivés la veille, voire l’avant-veille, ce qui nous a permis de profiter du climat estival de cette magnifique arrière-saison de bord de mer et de nous imprégner des lieux ; moments très appréciés car deux jours de congrès avec un « timing » forcément très serré allaient s’enchaîner…

1er jour du congrès : le samedi 13 octobre

En effet, le lendemain, les portes du Palais de l’Europe, où se déroule la manifestation, se sont ouvertes dès 7h30 afin de pouvoir accueillir les 300 participants inscrits et leur distribuer un sac contenant tout le matériel du parfait congressiste. Richard Buono, en tant que président du CSF, a ouvert le congrès en notant la présence importante du Brésil et des pays d’Europe avant de rappeler la thématique retenue pour cette année 2018 : « Quel futur avec le mouvement spirite ? ».
C’est Yvan Doyle, venu du Canada, qui a l’honneur de présenter la première conférence en nous faisant part de sa vision du futur autour du libre arbitre et de la liberté de conscience. Selon lui, il est nécessaire de s’adapter aux lois humaines, sociales et religieuses tout en respectant les commandements de Jésus ainsi que les éclaircissements d’Allan Kardec. Partant de cartes mondiales qui indiquent où sont légalisés le cannabis, l’euthanasie ou l’avortement, il nous interroge sur notre responsabilité lorsqu’on a un peu plus de liberté. Beaucoup de ses commentaires sont tirés des Œuvres Posthumes d’Allan Kardec ce qui, soit dit en passant, a poussé plusieurs d’entre nous à retourner consulter cet ouvrage de base parfois un peu oublié...
La loi civile ne modifie pas l’essentiel, la loi morale seule peut vivifier la foi et la conscience puis la réformer. Dans La Genèse, il est écrit que l’intelligence développée ne peut se résoudre à un rôle passif. L’homme n’accepte rien en aveugle mais veut voir où on le conduit, savoir le pourquoi et le comment de chaque chose.
La troisième révélation, autrement dit celle de la doctrine spirite, devra donc être à la fois le produit d’un enseignement et le fruit du travail, de la recherche et du libre examen. L’homme trouve en lui-même tout ce qu’il faut pour suivre les lois divines. Sa route est tracée par sa conscience et la loi divine est gravée dans son cœur. Les Esprits, incarnés et désincarnés, se manifestent de toutes parts pour rappeler ces lois et pousser à les suivre. Dieu a mis des limites à la satisfaction des besoins, comme la satiété par exemple : si l’homme dépasse ses limites, il tombe malade, mais il ne peut alors que s’en prendre à lui-même. Pourtant, il faut reconnaître que nous préférons souvent enfreindre ces limites, bien qu’ayant conscience du malheur que nous créons.
Yvan Doyle nous rappelle alors les recommandations de Joanna de Angelis pour développer le sentiment d’auto-amour, car s’aimer soi-même, c’est aimer les autres et c’est aimer Dieu. C’est ce qu’a retenu Alexis, l’un des participants : « Lors de ce congrès, l'accent a été mis à plusieurs reprises sur l'estime de soi. S'aimer est indispensable pour pouvoir s'élever spirituellement, c'est même la première étape. C'est à l'inverse de ce qu'enseignent la plupart des religions qui veulent laisser croire que s'aimer est comparable au narcissisme et que pour cultiver l'humilité, il faut se rabaisser. Pour s'aimer, il faut apprendre à se connaître et à se respecter. Cela implique un travail profond sur soi-même, un travail long, qui prend de nombreuses vies. »

C’est un évêque de l’ordre apostolique des Hospitaliers de Saint Jean, Monseigneur Gérard Berrier qui prend la suite, afin de nous démontrer que nous pouvons œuvrer ensemble pour la résolution de la souffrance. Il explique sa rencontre avec Richard Buono et leurs échanges fructueux qui les ont amenés à faire des conférences conjointes, partant du principe que, de la confrontation des différences, peut jaillir plus de lumière. Si l’homme arrive à dépasser sa peur de perdre son ego, il entre dans un processus où le mental laisse place au cœur. Mettant l’accent sur nos similitudes, il nous parle de sa pratique de l’exorcisme où l’on trouve les mêmes entités souffrantes et la même volonté de les libérer des attaches terrestres comme annoncé dans l’Évangile. Selon lui, nous partageons la certitude que le monde invisible n’est que le seuil d’un autre monde situé sur un mode vibratoire différent. Exorcisme pour les chrétiens, désobsession pour les spirites, nous œuvrons parallèlement à soulager les souffrances sous toutes ses formes.
Notons, au passage, que divers religieux s’étaient déjà distingués dans le passé. Le plus célèbre d’entre eux est très certainement le curé d’Ars dont les mots enchanteurs reviennent régulièrement, entre autres, dans l’Évangile selon le Spiritisme. Mais nous pouvons citer aussi l’Abbé Petit, à qui la duchesse de Pomar avait grand ouvert les portes de ses salons, ou bien l’Abbé Marchal, auteur du livre L’Esprit consolateur, ou encore l’abbé Almignana, qui avait publié une brochure intitulée Du Somnambulisme, des tables tournantes et des médiums, considérés dans leurs rapports avec la théologie et la physique. D’après la Revue Spirite de 1858, cette brochure témoignait autant de l’érudition d’un consciencieux chercheur que de son désir de ne pas garder pour lui seul les vérités qui lui ont été révélées. Quant à l’Abbé Rocca, prêtre tolérant et profondément charitable, il prononça, au congrès spirite de Paris en 1889, un remarquable discours pour affirmer ses croyances spirites et chrétiennes.

Une fois la pause déjeuner faite, nous reprenons, pour l’après-midi, les activités. Après une présentation des centres spirites étrangers, venant du Portugal, du Luxembourg, de l’Italie ou des Etats-Unis, la conférencière Célia Diniz prend la parole. Elle évoque sa vie au Brésil.
Elle est âgée d’à peine de 18 jours lorsqu’elle rejoint l’hacienda où son père travaille avec Chico Xavier. Elle est donc tout à fait légitime pour nous raconter les fragments d’une vie auprès de l’une des plus grandes antennes psychiques et doté de toutes les médiumnités. Lumineuse, rayonnante, touchante, pleine d’humour, c’est un réel plaisir d’entendre, Célia Diniz témoigner de sa vie.
A travers de nombreuses anecdotes vécues, elle nous démontre que Chico, dans ses attitudes, était un véritable homme de bien. Certaines concernent son fils qui s’est tué en tombant du vélo conduit par la nounou. Nous comprenons alors que nous avons, face à nous, en témoignage direct, l’une des mères du film « Les mères » de Chico. Il est poignant de l’entendre raconter comment Chico l’a aidée, non seulement à surmonter ce deuil mais aussi à progresser encore plus vers l’acceptation et la gratitude.
D’autres anecdotes ont trait à la vie quotidienne dans le centre spirite de Léopoldo où travaillait Chico. José Xavier le dirigeait, puis se sont les parents de Célia qui en prirent la direction après le départ de Chico à Uberaba. Actuellement, c’est Célia Diniz qui en assure la présidence.
Loin des théories, cette conférence nous montre bien le rôle du spiritisme dans les épreuves de la vie. Un livre «Vaincre la douleur de la mort » nouvellement traduit en français raconte en détails toute son histoire.

Pour la conférence suivante, c’est le brésilien Jorge Godinho qui nous explique que « Les temps sont arrivés ». Il se base sur la Genèse d’Allan Kardec pour nous démontrer que nous traversons actuellement une série de crises qui, selon la loi du progrès, doivent nous amener à une transformation. Cela passe par la compréhension que nous n’avons pas qu’une seule vie mais plusieurs existences. Nous sommes tous encore soumis à des épreuves et des expiations et au bon usage de notre libre arbitre. La période de transition que nous vivons est prévue dans les Écritures et nous amène doucement à entrer dans l’ère de l’Esprit où nous reconnaîtrons l’amour comme seule solution. Or, le meilleur exemple d’amour qui a été donné sur Terre, c’est Jésus. Dans le futur, nous Le reconnaîtrons tous comme modèle et guide, mais surtout comme le gouverneur de cet habitat que Dieu nous a donné. Nous, spirites, sommes appelés à appliquer l’Évangile de Jésus dans notre vie quotidienne. Nous sommes invités à aimer, comme Il nous a aimés et à désirer pour autrui ce que l’on veut pour soi-même. Nous devons tous avoir comme modèle Jésus dans nos vies, pour que nos attitudes reflètent les enseignements qu’Il nous a légués et que Ses leçons nous fassent réfléchir sur le futur et sur la vie spirituelle.

Ensuite, le psychiatre Juan Danilo Rodriguez nous parle de la Mansao do Caminho dans la ville de Salvador où il travaille au côté de Divaldo. Il nous relate la fameuse anecdote du train où Divaldo a eu une vision de son futur. L’histoire commence exactement en 1948 lorsque, voyageant, Divaldo voit un lieu boisé avec de nombreux bâtiments pour accueillir des enfants mais aussi des adultes. Il y a aussi un homme de dos. Surpris, il se reconnait et il entend : « C’est ce que tu feras de ta vie. Tu devras aider environ 10 000 enfants »
Un an plus tard, lors d’une réunion spirite, un Esprit se manifeste et explique le programme spirituel prévu afin de mener à bien cette œuvre éducative. Il achètera une maison dans le quartier de Pau Da Lima à Salvador. Au fil du temps, les maisons sont remplacées par des groupes scolaires et des ateliers de formation professionnelle. La mission d’éducateur est en route. Aujourd’hui, il y a 3500 enfants et 2000 personnes qui s’activent quotidiennement sur une superficie de 80 000 m². On y trouve des écoles et des centres de formation professionnelle, une maternité et des dispensaires de soins, bref, tout ce qui peut contribuer à offrir éducation, santé et loisirs aux enfants pauvres de la région. Ils ont le privilège d’avoir la seule crèche autonome du Brésil qui fonctionne sans argent, ni crédit. Les enfants y viennent directement de la maternité voisine. Le centre fonctionne avec beaucoup de bénévolats ainsi qu’avec tout le fruit de la vente des livres de Divaldo.
Par tous les voyages qu’il a entrepris dans le monde, depuis de très nombreuses années, Divaldo a éduqué patiemment dans plus de 70 pays. Ainsi depuis 91 ans, cette pure énergie offerte laisse à penser qu’il a bien atteint le compte des 10 000 enfants à trouver et à éduquer…

La journée se termine par la conférence de Divaldo sur le spiritisme.
Au travers des enseignements de Socrate, de Platon et d’Aristote, on a bien conscience d’une vie spirituelle au-delà de la mort. Pour preuve, lorsque l’on demande à Socrate, juste avant qu’il ne meurt, où il voulait être enterré, il répond : « Où tu veux, je ne serai plus dedans » et il a même ajouté : « Maintenant, je vais enfin savoir... »
Puis, Divaldo poursuit son « voyage culturel » en donnant une définition du bonheur ou celui de ce moment éthéré où l’on est heureux ; en opposition aux pensées de Sartre ou de Beauvoir, pour qui l’être humain est un sauvage dont la finalité est d’avoir. Celui qui a, peut. Celui qui peut, achète. Celui qui achète, jouit. Mais, ensuite vient la monotonie, puis la crainte d’avoir et enfin celle de perdre… Avoir ne représente rien car lorsque l’on n’a rien, on n’a pas peur de perdre. Pour illustrer ce propos, il nous rappelle comment Diogène a su remettre à sa place Alexandre le Grand qui avait pourtant conquis le monde.
L’homme explore le cosmos mais n’a souvent pas le courage de voyager à l’intérieur de lui-même. Pourtant, comme l’affirme Allan Kardec, dans le Livre des Esprits, seule l’éducation morale aidera l’homme et libérera l’humanité.
Il poursuit en nous informant que tout l’enseignement de la Bible peut se résumer en un seul mot : «Aimer ». Celui qui aime a la santé car il produit de la dopamine, mais celui qui est jaloux, coléreux, amène son cerveau à produire des protons qui vont entraîner des troubles émotionnels.
Puis, il nous entraîne dans les débuts de Kardec avec les tables tournantes et les révélations contenues dans le Livre des Esprits sur la réalité du monde énergétique et de ces divers états : découvertes faites par Newton, puis par Marie Curie et enfin par Einstein où tout est énergie.
Il termine sa conférence par un très beau poème sur la gratitude.

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2ème jour du congrès : le dimanche 14 octobre

Les conférences du dimanche sont sur une thématique plus médicale et plus technique.
Après l’émouvante prière dite par Catherine, le docteur Nelly Berchtold, venue de Suisse, nous aide à distinguer les psychopathologies du phénomène médiumnique. En effet, lorsqu’elle était enfant, au Brésil, et que quelqu’un avait un comportement bizarre, la question était de savoir s’il relevait d’un centre spirite ou d’un asile. Partant de la classification française des troubles dissociatifs, elle en arrive aux phénomènes dissociatifs et aux troubles mentaux qui leur sont liés. Il y a encore peu de recherches mais on observe un certain regain d’intérêt pour le sujet. Le questionnaire d’autoévaluation, créé en 1986 par Bernstein et Putman, permet de constater que la plupart des états dissociatifs ne sont pas pathologiques. Ensuite, Nelly Berchtold nous expose les critères permettant de faire la distinction entre une expérience spirituelle et une manifestation psychopathologie. Puis, elle conclut que l’éclosion d’une médiumnité, hors contrôle, conduit à des angoisses, des doutes et de l’isolement. Elle nous donne l’exemple du médium Carlos Mirabelli (1889-1951), médium à effets physiques, qui lorsqu’il travaillait, voyait les chaussures voler « toutes seules » dans le magasin où il était employé.

Laurent Perini, le président de l’AFMS, Association Française Médico Spirite, prend la suite pour nous exposer les débuts de cette association et les projets qui la motivent. Elle est née en juillet 2016, suite à la rencontre de Richard Buono avec trois médecins. En France, actuellement, seuls quelques médecins, qui interviennent en fin de vie, abordent la question de la spiritualité avec leurs patients. Deux projets sont mis en place, l’un humanitaire et l’autre scientifique.
Le projet humanitaire se concrétise par de l’aide dans une petite ville proche de l’aéroport de Dakar, au Sénégal. Pour le projet scientifique, l’AFMS propose d’étudier la conscience dans diverses situations de coma. Il y a environ 230 000 cas de coma en Europe chaque année, dont 30 000 environ sont dans un état végétatif et, parmi eux, 40 % n’ont pas de diagnostic formellement établi. Il existe quatre stades de coma que sont la conscience minimum, puis l’état végétatif, suivi du coma profond, puis du dernier stade qui est la mort cérébrale. Sur le plan pratique, après la gestion pour maintenir la circulation dans le corps physique, on évalue la profondeur du coma puis on en recherche la cause. Où se situe la conscience dans ces différents stades ? Quelles sont les réactions du patient qui entend que les médecins décident de débrancher les appareils, de prélever des organes ? La médecine, malgré toutes les recherches, ne sait toujours pas où se situe la conscience.
L’imagerie médicale actuelle permet de détecter l’activité cérébrale. Partant de ce constat, l’AFMS a mis en place un protocole d’étude de la conscience chez des patients en état de coma prolongé ou en état neurovégétatif chronique. Après avoir obtenu le consentement de la famille, l’AFMS interroge le malade par l’intermédiaire de trois médiums différents qui n’ont aucun contact entre eux, dans trois villes différentes et à trois moments différents. L’expérience montre que certains malades ont conscience de leur état et ils ont peur. D’autres, au contraire, n’ont plus conscience de leur identité. Cette recherche fait naître une réflexion sur les comateux, la souffrance qu’ils traversent. C’est une belle opportunité d’aide à des Esprits en souffrance.
Pour compléter ce sujet, nous vous conseillons le film Si je reste de Cutler, sortie en 2015, qui parle de ce regard différent des êtres plongés dans le coma.

Nous poursuivons les exposés avec la présence de Sonia Dol, qui est présidente de l’AME internationale. C’est en 1995 que Marlène Nobre avait fondé l’AME, puis l’AME internationale, en 1999, avec l’arrivée de six pays. Elle compte aujourd’hui dix pays dont la France, la Suisse et le Portugal. L’AMS propose d’établir un nouveau paradigme pour reconnaître l’essence spirituelle de chaque humain. L’AME reconnaît l’intégralité corps/âme/périsprit et propose une pratique dans les domaines de santé qui prenne en considération l’existence de l’Esprit.
Le docteur Dol nous rappelle rapidement l’évolution de la médecine depuis l’antiquité. Les maladies étaient dues aux démons, les médecins étaient des prêtres et on faisait des offrandes aux dieux pour les influencer. Un premier changement a eu lieu, à partir d’Hippocrate, lorsque l’on sépare le corps de l’âme. A ce moment-là, le corps relève de la médecine, l’âme relève de la religion et ils ne se retrouveront que dans la médecine psychosomatique. Pourtant, la définition de la santé, donnée en 1946, se base sur un état complet de bien-être et pas seulement sur l’absence de maladies ou d’infirmités. Sonia Dol nous expose le changement graduel qui s’opère dans la médecine traditionnelle en intégrant, petit à petit, les médecines alternatives.
Dans le Livre des Esprits d’Allan Kardec, aux questions 60 à 70, on apprend que l’homme est constitué d’un corps physique, d’une âme et d’un périsprit. Dans Évolution entre deux mondes d’André Luiz, psychographié par Chico, on découvre tout un travail sur les processus mentaux et émotionnels qui engendrent les maladies ou qui vitalisent les centres de forces. Par conséquent, nous sommes responsables de nos maladies. Ce que nous pensons, ce que nous disons ou ce que nous faisons, structure ou non l’Esprit. Les médecins ont du mal à accepter de nouveaux concepts s’ils ne sont pas écrits dans des livres de médecine. Il faut donc faire des recherches officielles pour publier des études si on veut espérer être entendus.
Ensuite, Jorge Daher, de l’AME Internationale, développe un sujet sur la psycho-neuro-immunologie pour montrer comment le corps répond à l’Esprit. Il part de l’histoire vraie d’une femme de soixante-six ans, atteinte d’une sclérose en plaques. Elle est alitée depuis six mois. Elle ne pouvait ni se déplacer, ni s’alimenter seule. Mais, une nuit, en écoutant un chant de Noël, elle se rend compte qu’elle peut se lever et même descendre les escaliers. Le lendemain, heureuse, elle se rend chez son médecin qui lui fait faire plein d’examens. Il finit par lui faire un procès car elle l’aurait « trompé » sur sa maladie... C’est un cas très connu qui prouve bien que nous ne sommes pas encore prêts pour l’extraordinaire.
Le docteur Daher nous relate d’autres expériences positives comme le rire qui abaisse le niveau de stress. Il distingue six sortes de bien-être allant de la satisfaction matérielle à celle plus subtile de l’émotion et trois grands troubles négatifs que sont la tristesse, la peur et la colère. André Luiz, grand précurseur dans la connaissance des maladies, explique, dans le livre Libération, que nous créons des moules mentaux qui sont absorbés par nos bactéries. On y apprend, par exemple, que les influences inférieures sollicitent souvent les passions sexuelles ou la gourmandise alors que les influences supérieures développent les sentiments et la réflexion intellectuelle.
Puis, il nous démontre l’importance de l’amour puisque ceux qui ont de bonnes relations sociales, même s’ils ont des vies préjudiciables, vivent plus longtemps que ceux qui mènent une vie saine et ont des relations sociales difficiles. Et, du fait de notre époque, il nous met en garde sur les contacts virtuels qui ne sont pas des relations sociales. Pour nous aider à mieux le comprendre, il nous raconte comment il a vécu une conférence virtuelle qu’il a faite au japon. Il était mal à l’aise car cette communication à distance l’empêchait de connaître le ressenti de ses interlocuteurs.
Il termine sa conférence sur les résultats d’une étude démontrant l’absence de maladies chez les personnes qui ont une pratique religieuse. En moyenne, ils vivent six ans de plus que les autres. Quel médicament pourrait avoir un meilleur effet ?

Enfin, la journée se termine et c’est un autre médecin brésilien, Paolo Batistuta, membre de l’AME internationale, qui prend la parole. Il traite de la santé face à l’obsession. Il cite l’histoire des possédés de Morzine, petit village d’à peine 1500 habitants à l’époque, où, au XIXème siècle, il y a eu jusqu’à 160 cas de personnes possédées en même temps. Allan Kardec en a parlé dans la Revue Spirite de 1863. Région très reculée à l’époque avec de nombreux cas de consanguinités, il semble maintenant qu’une explication peut être avancée avec la présence d’un virus dans une plante de la région. La présence d’Esprits inférieurs, attirés par des mentalités étroites, ne fait cependant aucun doute.
Allan Kardec lui-même, dans le Livre des Médiums, demande de distinguer la folie pathologique, qui trouve son origine dans le cerveau et la folie obsessionnelle qui a une origine spirituelle. Le docteur Bezerra de Menezes nous amène lui aussi à voir la folie avec un nouveau point de vue.
En 1890, dans le code pénal au Brésil, on trouve l’article 156 qui légifère la tranquillité publique. Pendant longtemps, il est interdit de pratiquer le spiritisme ainsi que l’hypnose, le magnétisme animal, la magie, les sortilèges, les talismans... On instaure même une semaine sanitaire anti spirites où l’on explique que le combat contre le spiritisme doit être assimilé au combat contre la syphilis, l’alcoolisme, les stupéfiants, la tuberculose ou la lèpre, bref, tout ce qui contribue à l’anéantissement des énergies vitales, physiques et psychiques du peuple. Mais en 1933, on inaugure le premier sanatorium spirite à Uberaba.
Paolo Batistuta poursuit en racontant l’histoire d’Euripide Barsanulfo, spirite convaincu et médium à bilocation. A 19 ans à peine, il fait construire un hôpital psychiatrique, sous les consignes d’Esprits supérieurs, sans même avoir un seul médecin psychiatrique dans les lieux pendant plus d’un an. Barsanulfo, par sa puissance médiumnité, était capable de déterminer si le patient relevait d’une pathologie ou d’une obsession. Il l’orientait ensuite soit vers le médecin ou vers le centre spirite.
Cette distinction est primordiale car, encore aujourd’hui, de nombreux cas de schizophrénie ne sont en fait que des cas d’obsession. D’ailleurs, lorsqu’un médecin nous donne la liste des symptômes qui caractérisent cette maladie, de nombreux médiums peuvent se sentir concernés tellement les signes sont proches.
L’OMS propose, depuis juillet 2018, un classement des caractéristiques de la médiumnité comme il en existe pour les symptômes de la schizophrénie. Ainsi, l’académie internationale des psychiatres peut émettre des recommandations aux professionnels de la santé afin que dans leurs soins, ils tiennent compte de la spiritualité ou de la religion du patient. En respectant les convictions du malade, on peut établir plus vite une relation entre les troubles psychiatriques et les effets médiumniques. Les symptômes de la médiumnité sont un peu différents et heureusement.

Le congrès se termine...

Avec les remerciements chaleureux de Richard Buono, le congrès s’achève. Puis, la parole de fin est donnée à Divaldo pour clore ces rencontres.
Il nous rappelle que le monde spirituel est enchanté et attend que chacun de nous fasse son devoir. Il s’agit du devoir d’aimer et non de rendre le mal pour le mal. Il confirme la présence d’Esprits supérieurs dans la salle et a vu descendre un grand chandelier à cinq branches d’où jaillissaient des cascades de lumières qui tombaient sur l’auditorium.
Le spiritisme est la plus grande psychothérapie de l’humanité. Il passe par cinq phases de construction. La première est la curiosité, amplement justifiée après les premiers phénomènes puis la publication du Livre des Esprits qui ouvre tout un nouveau monde de recherche. La deuxième période est celle des luttes avec, par exemple, l’autodafé de Barcelone le 9 octobre 1861. Puis, s’ensuit une période religieuse où les gens comprennent que cette philosophie est porteuse d’une éthique morale sans trahir Jésus. La quatrième période est une période scientifique où des ponts se créent entre la science, la philosophie et l’éthique morale. La cinquième période est celle de la rénovation sociale où le spiritisme modifie les consciences. Allan Kardec confirme cette information, dans le chapitre 18 de la Genèse, où il parle d’une nouvelle ère, loin des passions perturbantes.
Actuellement, nous sommes dans une société riche en technologie mais pauvre en valeur spirituelle. Si la science étudie les effets, le spiritisme va vers les causes. Si la science peut prouver que les Esprits n’existent pas, nous abandonnerons cette théorie.
Cependant, en ce moment de rénovation sociale, il est fascinant d’observer, dans le monde, la force inexorable du spiritisme. L’homme parle à Dieu à travers la prière et Dieu Lui répond à travers l’inspiration. L’homme va alors vers son prochain par l’action et c’est le moment de l’action, de la charité morale et du changement du monde.
Tous ceux qui sont venus à Menton ou qui ont eu d’autres occasions de voir Divaldo, comprendront qu’il est très difficile de retranscrire l’atmosphère quand Divaldo parle. On peut dire les mots, mais comment rendre compte de l’émotion qui monte peu à peu, tout le monde est touché...

Le plaisir d’être ensemble

Les réactions dans notre groupe ne manquent pas. Sylvie note le témoignage hautement positif et spirituel de Divaldo, Jean-Marc parle d’un « grand moment dans la proximité, la communion et l’enseignement ». Notre jeune Armen puise sa plus belle détermination : « Pour ma première participation à un congrès spirite, j’ai eu la chance de rencontrer Divaldo, sa grandeur et sa pureté ne m’ont pas laissé indifférent. Un souvenir émotionnel qui restera longtemps gravé en moi. »
C’est aussi le plaisir de découvrir d’autres groupes et le plaisir de discuter avec des spirites de Lille, de Bordeaux, de Cannes. Nul doute que nous serons au moins aussi nombreux, à Paris, l’an prochain, les 7 et 8 septembre 2019, pour assister au prochain congrès spirite dans lequel Divaldo est déjà invité à participer...

 le groupe cslak

Les Editions Philman bien présentes

Forte d’une collection de 170 titres, les Editions Philman, présentes au congrès de Menton, ont proposé une grande variété d’ouvrages instructifs. L’ambiance, très conviviale, a permis d’échanger avec le lecteur. Tous les spirites de notre centre se sont portés volontaires pour aider à la vente de cette littérature spirite. Un bel esprit d’équipe !

Poème de la gratitude

Merci beaucoup Seigneur !
Merci pour tout ce que tu m’as donné.
Merci pour ce que tu me donnes.

Merci pour le pain, pour la vie, pour l'air, pour la paix.
Un grand merci pour la beauté vue par mes yeux sur l'autel de la nature.
Mes yeux qui regardent le ciel, la terre et la mer
Qui accompagnent l’oiseau léger qui vole doucement dans le ciel indigo et s’arrête sur la verte terre, parsemée de fleurs de mille nuances...

Merci beaucoup Seigneur !
Parce que je peux voir mon amour.
Mais je découvre sur terre ceux qui sont aveugles, qui trébuchent dans la foule, qui pleurent dans la solitude.
Je prie pour eux et je demande la miséricorde parce que je sais qu’après cette vie dans une autre vie, ils pourront voir également !

Merci beaucoup Seigneur !
Pour les oreilles que Dieu m’a données,
Mes oreilles qui entendent le crépitement de la pluie sur le porche,
La mélodie du vent sur les branches de l'orme,
Les larmes versées par les yeux du monde entier !
Mes oreilles qui entendent la musique du peuple qui chante et descend de la colline, la mélodie des immortels, qu’on n’écoute qu’une fois mais qu’on n’oublie jamais !
Pour ma joie d'entendre, pour les sourds, je prie,
Parce que je sais qu’après cette douleur, dans votre royaume de l'amour, ils entendront à nouveau !

Merci pour ma voix
Mais aussi pour la voix
La voix qui chante, qui aime, enseigne, qui nous apprend à lire et à écrire, qui fredonne une chanson
Et prononce votre nom avec une vive émotion !
Avant pour ma mélodie, je veux prier pour ceux qui souffrent d’aphasie. Ils ne chantent pas dans la nuit, ils ne parlent pas durant la
journée. Je prie pour eux parce que je sais qu’après cette épreuve, dans leur nouvelle vie, ils chanteront !

Merci Seigneur !
Pour mes mains
Mais aussi pour les mains qui labourent, qui sèment, qui donnent l’habit.
Les mains de tendresse qui libèrent de l’amertume
les mains qui serrent d’autres mains avec la charité, la solidarité,
les mains des adieux qui sont blessés, qui sèchent les larmes et les douleurs subies !
Merci pour les mains des psychographes, les mains des écrivains, les mains des chirurgiens,
Les mains qui servent la vieillesse, la douleur, le manque d'amour !
Pour les mains qui enlacent le corps de l’enfant de l’autre sans crainte !
Et mes pieds qui me font marcher sans me plaindre !

Merci Seigneur !
Parce que je peux me déplacer
Merci pour mon corps parfait
Je veux prier parce que je vois sur Terre les boiteux, les amputés, les déphasés, les paralysés, qui ne peuvent pas se déplacer.
Je prie pour eux
Parce que je sais qu’après cette expiation, dans une autre réincarnation, ils danseront aussi !

Je vous remercie finalement pour mon foyer.
Il est merveilleux d'avoir une maison !
Peu importe si cette maison n’est pas un palais et qu’elle est juste une masure ce n’est pas grave, ce qui compte, c’est qu’à l’intérieur il y a l’amour d’une mère ou d’un père, d’une épouse ou d’un mari, d’un fils ou
La compagnie d'un chien, d’un chat,
Quelqu'un pour me donner la main !

Mais si je n’ai personne à aimer
Pas même un toit pour m’abriter
Pas même un lit pour me coucher
Je ne me plaindrai pas.
Au contraire, je dirai :

Merci Seigneur !
Parce que je suis né !
Merci parce que je crois en toi !
Pour ton amour, merci !

dicté par l’Esprit Amélia Rodrigues au médium Divaldo

La grande famille spirite

Toute réunion est un être collectif dont les qualités et les propriétés sont la résultante de toutes celles de ses membres. Cela forme comme un faisceau. Si les objectifs sont communs et que les pensées sont tournées avec bienveillance dans la qualité d’une belle rencontre alors ce rassemblement aura autant de force qu'il sera plus homogène.

C’est certainement pour cette raison que Divaldo, médium voyant, durant le congrès de Menton, apercevait l’apport de forces spirituelles pour une assemblée attentive à tous les conseils des conférenciers.
A son époque, Kardec, sous les conseils des Esprits en parlait dans le Livre des Médiums : « Le spiritisme qui naît à peine est encore trop diversement apprécié, trop peu compris dans son essence par un grand nombre d'adeptes, pour offrir un lien puissant entre les membres de ce qu'on pourrait appeler une association.
Ce lien ne peut exister qu'entre ceux qui en voient le but moral, le comprennent et se l'appliquent à eux-mêmes. Entre ceux qui n'y voient que des faits plus ou moins curieux, il ne saurait y avoir un lien sérieux ; mettant les faits au-dessus des principes, une simple divergence dans la manière de les envisager peut les diviser.
Il n'en est pas de même des premiers, car sur la question morale il ne peut exister deux manières de voir ; aussi est-il à remarquer que partout où ils se rencontrent, une confiance réciproque les attire les uns vers les autres ; la bienveillance mutuelle qui règne entre eux bannit la gêne et la contrainte qui naissent de la susceptibilité, de l'orgueil qui se froisse de la moindre contradiction, de l'égoïsme qui rapporte tout à soi.
Une société où de tels sentiments régneraient sans partage, où l'on se réunirait dans le but de venir s'instruire aux enseignements des Esprits, et non dans l'espérance de voir des choses plus ou moins intéressantes, ou pour faire prévaloir son opinion, une telle société, disons-nous, serait non seulement viable, mais indissoluble.
La difficulté de réunir encore de nombreux éléments homogènes à ce point de vue nous porte à dire que, dans l'intérêt des études et pour le bien de la chose même, les réunions spirites doivent viser à se multiplier par petits groupes plutôt qu'à chercher à se constituer en grandes agglomérations.
Ces groupes, correspondant entre eux, se visitant, se transmettant leurs observations, peuvent dès à présent former le noyau de la grande famille spirite qui ralliera un jour toutes les opinions, et unira les hommes dans un même sentiment de fraternité, scellé par la charité chrétienne.
C'est vers le but providentiel que doivent tendre toutes les sociétés spirites sérieuses, en groupant autour d'elles tous ceux qui sont dans les mêmes sentiments ; alors il y aura entre elles union, sympathie, fraternité, et non un vain et puéril antagonisme d'amour-propre, de mots plutôt que de choses. Alors, elles seront fortes et puissantes, parce qu'elles s'appuieront sur une base inébranlable : le bien pour tous. Alors, elles seront respectées et imposeront silence à la sotte raillerie, parce qu'elles parleront au nom de la morale évangélique respectée de tous.
Telle est la voie dans laquelle nous nous sommes efforcés de faire entrer le spiritisme. Le drapeau que nous arborons hautement est celui du spiritisme chrétien et humanitaire, autour duquel nous sommes heureux de voir déjà tant d'hommes se rallier sur tous les points du globe, parce qu'ils comprennent que là est l'ancre de salut, la sauvegarde de l'ordre public, le signal d'une ère nouvelle pour l'humanité. Nous convions toutes les sociétés spirites à concourir à cette grande oeuvre ; que d'un bout du monde à l'autre elles se tendent une main fraternelle, et elles enlaceront le mal dans des filets inextricables. »